Five Hundred Years After

Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages d'Irélia, Evan, Lena, Allister, Marvin, Flint, les deux inconnus, les gars de l'école et l'école elle-même -parce qu'elle n'existe pas- et tous les autres m'appartiennent (pour le moment, parce qu'il y en aura d'autres).

Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.

Cette fanfiction se déroule dans le monde de Final Fantasy septième du nom.

Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.

Chapitre Onze : Le guerrier d'Utai

« Et vous croyez que je vais accepter vos deux cabots sur mon Highwing, c'est ça ? » grogna le capitaine de l'aérostat, un gars d'une cinquantaine d'année, de forte carrure.

« Vos cabots, comme vous dites ne sont pas des créatures ordinaires. » répondit un Flint qui s'efforçait de garder son calme. « Asaki est le fils du sage Nanaki de Canyon Cosmos.

-J'accepte à la rigueur pour celui-ci, mais je vois pas pourquoi j'accepterai d'avoir un loup sauvage à bord, surtout pour qu'il pique dans les réserves.

-Si ce n'est que ça, je payerai. » intervint Irélia, peu ravie de la tournure de la situation.

Le capitaine s'énerva dix bonnes secondes tout seul, et finalement, abdiqua, en tournant le dos et en ronchonnant.

« Faites comme vous voulez.

-Merci, Monsieur. » remercia Irélia.

Cela faisait une quinzaine de minutes que Flint et Irélia débattait dans la cabine du capitaine, sans obtenir gain de cause. Même en étant le fils du président, Flint n'avait aucune autorité sur l'aérostat.

Ils sortirent de l'endroit, rassurés, puis allèrent rejoindre les deux autres Turks qui les avaient lâchement abandonné sous prétexte que ce n'était pas leur problème, et ils n'avaient pas tord. Les deux roux retrouvèrent leurs compagnons d'infortune dans l'une des salles de réunions, et ne furent pas étonnés de voir les deux Turks discuter sérieusement avec le fauve roux qu'était le fils de Nanaki. Marvin, lui, dormait dans un coin, au calme.

« Tu as quel âge ? » demanda Allister, plutôt curieux.

« Quarante-deux ans. » répondit l'animal.

« Cela correspond à quel âge pour nous ? » demanda à son tour Lena.

« Pas très vieux. Quinze ou seize ans. Mon peuple possède une grande longévité.

-Dites donc, vous deux. Vous ne venez pas nous aider, et en plus vous discuter avec lui. Vous manquez pas d'air. »

Lena et Allister redressèrent la tête, lorsque Flint les interrompit. Le blond eut son éternel sourire, comme pour se dédouaner.

« En même temps, on allait pas rester dans la même pièce et se regarder sans rien dire. » fit-il remarquer.

« Cet humain a raison. » admit Asaki.

« Okay, très bien. Bon…vous pouvez rester tous les deux sur l'aérostat. Maintenant j'aimerai des explications. Marvin est donc venu pour retrouver sa maîtresse… » commença Flint.

« Son amie. » corrigea Irélia. « Je ne suis pas son maître. »

Flint cligna des yeux, sans vraiment comprendre la différence sur le coup, puis reprit ses propos :

« Son amie, donc. Et Asaki est venu pour nous filer un coup de main…

-Un coup de patte, mon ami. Je n'ai pas ce que vous appelez des mains.

-…car il nous a espionné lorsque nous étions à Canyon Cosmos et il est donc au courant de toute l'histoire.

-Très exactement, je m'ennuyais au Canyon…et j'ai bien envie de voir de mes yeux ces enfants de Jenova. J'ai lu beaucoup de livres, chez moi, et nombreux traitaient de cette histoire. Et puis il serait indigne que mon espèce ne prenne pas position dans cette histoire.

-Et ton père, il est au courant ?

-Pas vraiment. Il comprendra ce soir, je pense. Je ne compte pas rentrer. A vrai dire, je suis bon guerrier, et je pense vous être utile.

-Tu n'as pas tort. Tu as du t'améliorer, depuis le temps, en plus. » admit le fils du président.

« Flint et toi, vous vous connaissiez ? » s'étonna Lena.

« Oui. Il n'était pas rare que le président de la Shin-Ra vienne pour des raisons politiques et diplomatiques au canyon. Flint finissait toujours dans mes pattes. Cela fait un bout de temps que nous ne nous sommes pas vu, cependant. Une dizaine d'années. »

Le fils du président discuta quelques minutes avec le fauve de Canyon Cosmos, en compagnie des deux Turks curieux. Quelques histoires furent racontées, ainsi que quelques exploits. A côté, le loup gris les observait, silencieux. Irélia s'était assise à ses côtés, et fixait la scène avec un sourire. La famille s'agrandissait. Sauver un monde, prendre des risques, frôler la mort, qu'est-ce que c'était, lorsqu'on voyageait en bonnes compagnies ? Tout était plus léger.

« Il faut que je mette dans un coin cette mauvaise vision de l'humanité que j'ai longtemps pu avoir… » murmura la jeune femme, adossé au mur de la salle de réunion.

La tête du loup pivota sur elle, comme étonné des propos. Irélia eut un sourire un peu forcé.

« Je suis pas très douée pour les relations avec les gens. » admit-elle, sans aller plus loin dans ses explications.

Elle erra dans ses souvenirs, avant de se retourner vers son compagnon d'infortune.

« Et toi, tu t'ennuyais tant que ça ? »

L'animal bailla, comme pour souligner les propos de la jeune femme. Elle sourit avant de passer une main dans les poils de l'animal.

« Contente de te revoir. »

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Une paire de lunette sur le bout du nez, une terrienne rousse fixait l'océan turquoise qui s'étalait sous ses yeux. Bien qu'elle connaissait le lieu à travers l'écran d'un ordinateur, elle n'avait pas imaginé un seul instant que, cinq cents ans plus tard, l'endroit aurait fleuri dans tous les sens, tout en gardant sa beauté sauvage. Véritable petit paradis, Costa Del Sol était la place forte des vacanciers de ce monde.

Les gens allaient et venaient sur les ruelles en briques, une glace à la main, surveillant leurs enfants qui s'amusaient ensembles, même s'ils ne se connaissaient pas. Plus loin, les surfeurs passaient, leurs planches sous le bras, les cheveux décolorés par le sel et le soleil.

Malgré l'ambiance, les gens évitaient toujours avec soin la rouquine, qui ricanait intérieurement, accompagnée de deux gardes du corps de marque : un loup gris et un chien rouge de Canyon Cosmos, tous deux très hauts sur pattes, qui intimidaient sans problème l'assemblée.

"Ca t'amuse ?" plaisanta Asaki, aux pieds d'Irélia.

"Plutôt. J'admets que vous êtes impressionnants, tous les deux."

Marvin se frotta à son amie, qui tituba sous la force du loup sauvage, un sourire aux lèvres. Plus tôt, le petit groupe était arrivé à Costal del Sol, comme prévu, à la recherche d'informations sur les deux frères en liberté. Visiblement, ces derniers ne s'étaient jamais aventurés jusqu'à la ville estivale, mais par bénéfice du doute, ils avaient décidé de se séparer afin d'enquêter. S'ils ne trouvaient rien, alors ils rebrousseraient chemin, jusqu'à Corel.

Après quelques longues minutes de marches sous le soleil brûlant, les trois compagnons s'étaient finalement assis sur des rochers, au bord de l'eau. Leur recherche n'avait pas été fructueuse, loin de là. Dans un sens, ce n'était pas plus mal : avoir des nouvelles des fils de JENOVA apportait généralement une vague de mauvaises surprises.

La mort trainait sur leur passage.

"Flint m'a dit que tu avais renoncé à tes souvenirs." expliqua le fauve roux, qui se raffraichissait au bord de l'eau.

Irélia redressa la tête. Ces quelques mots laissaient annoncer des questions supplémentaires, et le félin ne semblait pas dupe.

"Oui. Comme tu as renoncé à ta tranquillité." répondit Irélia.

"Tu marques un point, une fois encore. J'aimerai seulement savoir ce qui te motive ?"

La rouquine soupira, passa ses doigts dans la fourrure douce de Marvin, qui lui jeta un coup de tête, comme s'il désirait également la réponse. Irélia fit une moue.

"Tu peux parler : je te signale que tu as quitté ta forêt pour me suivre." râla Irélia, les yeux fixés sur l'animal.

"Comment comprends-tu ce loup, qui plus est ?"

Les yeux rivés vers Marvin, Irélia céda, surprise par la question, se retournant progressivement vers Asaki, sans comprendre.

"...c'est logique ?" demanda-t-elle.

"Les humains n'ont généralement que peu d'empathie animale, tu sais. Que je le comprenne est un fait, mais qu'une humaine le puisse également, ce n'est pas courant. Tu ressens ses mots et ses sentiments dans ses yeux, n'est-ce pas ?"

Irélia cligna des paupières, surprise, puis se retourna à nouveau vers Marvin. Elle plongea son regard dans le sien, et après quelques secondes de silence, se redressa, surprise et dérangée. Elle "ressentait" à travers le regard du loup. Sa curiosité, sa joie de la retrouver, sa soif d'aventure. Elle frémit et se retourna violemment vers Asaki, complètement sous le choc.

"Tu ne t'en étais pas rendue compte, c'est ça ?" soupira Asaki.

"Je pensais que j'imaginais ses réponses, vis-à-vis de son comportement.

-Entre-autre, aussi.

-Comment est-ce possible dans ce cas ?

-Je ne sais pas." admit le fils du sage de Canyon Cosmos. "Parfois, il peut s'agir de l'animal qui ensorcèle un être en qui il a confiance, et l'autorise à rentrer un peu dans son esprit. Nous sommes tous constitués de la puissance de la rivière de la vie, après tout."

Marvin tourna l'encolure vers Asaki. Les deux fauves échangèrent un regard, avant qu'Asaki ne laisse échapper un soupir. Irélia redressa un sourcil, surprise. Le fauve rouge lui expliqua alors :

"J'ai tapé juste : il partage son essence avec toi, pour que tu puisses le comprendre."

Les doigts dans la fourrure douce, de l'animal, Irélia resta consternée quelques instants : ce monde la surprendrait de jour en jour. Elle en découvrait un peu plus chaque jour, et le lien que Marvin partageait avec elle l'émerveillait.

"Et alors, ces souvenirs ?

-Je pense qu'il y a plus important que de courir après le passé, non ?" murmura la rousse, en jetant un regard vers l'océan.

Elle mentait, certes, mais dans sa tête, la phrase fut traduite différemment : "La vie vaut la peine qu'on se batte pour elle."

Le fauve de Canyon Cosmos n'insista pas.

Les trois compagnons rejoignirent l'autre groupe, et comme aucune trace des deux frères n'avaient été relevée, ils quittèrent la petite ville paradisiaque, se doutant qu'ils ne pourraient pas profiter d'un tel petit moment de calme à nouveau avant longtemps.

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Le petit groupe s'était divisé en trois : Flint et Asaki du côté Sud du village de Corel, après une longue marche vers la ville bordant le désert. Allister et Lena du côté Ouest, et pour finir Irelia et Marvin vers le nord, près du pont qui menait au mont Corel.

Vêtu juste d'une petite chemise blanche, sous le soleil brûlant qui sévissait depuis plusieurs jours dans la région, l'ex-vice-président de la Shin-Ra passa une main à son front, en sueur, peu habitué à une telle hausse de température. A ses côtés, le chien rouge de Canyon Cosmos riait de la situation.

"L'air climatisé des bureaux de la Shin-Ra te manque, Flint ?" railla Asaki.

"L'air climatisé, oui, la paperasse beaucoup moins." admit le roux, en continuant sa marche jusqu'au bas du village.

Plus en contrebas, se trouvait un regroupement d'une dizaine de maisons, à peine deux kilomètres plus loin. Une bonne quinzaine de minutes de marche les attendaient, sous le soleil insupportable.

"Tu t'es entouré de gens bien, Flint.

-Des gens en qui j'ai confiance." admit l'envoyé diplomatique.

"Irélia est une étrange bout de femme.

-Elle est une énigme.

-Comment cela ?

-Elle et Evan, dont tu as entendu parler, ont été retrouvé au même endroit. Et tous les deux possèdent la capacité d'utiliser une magie élémentaire sans la moindre matéria. Des cas uniques, et la coïncidence est trop grosse. Irélia a perdu sa mémoire, mais je suis persuadé qu'il y a un point commun entre elle et Evan. Je pense qu'elle s'en est également rendue compte."

Ils avancèrent sur le petit sentier. Asaki était perplexe sur certains détails soulevés par le vice-président.

"Cette histoire de magie sans matéria me rappelle autre chose, mais je suis incapable de me souvenir quoi." admit le félin rouge.

"Si ça te revient, fais signe. Ça pourrait servir à Irélia."

Asaki eut un bref mouvement d'encolure, acquiesçant aux propos de son ami. Ils marchèrent quelques minutes de plus, et finalement, après quelques petits détours afin d'éviter des rochers un peu trop imposants, le duo arriva sur le petit village au Sud de Corel. Ils espéraient, comme les autres, y trouver quelques informations sur leurs ennemis.

Cependant, ce qu'ils y trouvèrent dépassèrent de loin ce qu'ils avaient prévu, et ce, à leurs plus grands regrets.

Flint se figea, à peine le pied posé dans le petit village, portant une main à ses narines, nauséeux. Une étrange odeur s'échappait de la place, et il avait été assez entraîné pour reconnaître la nature exacte de celle-ci. Les poils rouges d'Asaki s'étaient hérissés sur son dos, prêt à se défendre.

"...du sang..." grogna le fils de Nanaki.

"...des cadavres, pour être exact." réfuta Flint, en sortant son fusil.

Ils avancèrent, prudemment, dérangés par l'odeur qui leur retournait le ventre. En arrivant sur la grande place, ils constatèrent la présence d'une quinzaine de corps. Hommes, femmes et enfants. Aucune différence n'avait été faite, et ces derniers baignaient dans un liquide carmin. Flint resserra ses doigts sur son arme, furieux, tant et si bien que ses jointures devinrent blanchâtres.

"Eisen et Seamus." ragea le vice-président.

Ils firent le tour de la place, tout en appelant les deux autres groupes, et la police locale, mais ils ne trouvèrent pas âme qui vive. Ni survivant. Ni les tueurs. Rien. Juste un village fantôme. Ils étaient arrivés trop tard. Peut-être une journée, peut-être six heures.

Asaki et Flint s'éloignèrent légèrement de l'endroit, afin de respirer un peu d'air frais. Ni l'un ni l'autre n'avait partagé un mot sur les évènements. Il n'y avait que le silence. Un silence empreint d'émotions.

Quelques minutes passèrent, lorsque les deux compagnons furent alertés par quelques sons étranges au-dessus de leurs têtes. Asaki se redressa sur ses quatre pattes, le museau rivé vers les toits des habitations, tandis que Flint avait redressé son arme, près à tirer.

Le rouquin se figea, resta immobile pendant quelques instants et finalement baissa son arme.

Sur le toit de la maison près de laquelle ils s'étaient posés, un enfant se trouvait là, une dague à la main, les yeux rougis, entouré d'une cape beige de voyage.

Il ne s'agissait pas d'un enfant de Corel, son teint étant bien trop pâle pour être un enfant du coin. En effet, ce dernier avait le teint blanc, des cheveux noirs d'ébènes et un visage fin. Il devait avoir autour d'quinzaine d'années, au grand maximum.

Flint baissa son arme, et tendit ses bras pour aider l'enfant à descendre du toit, sans se faire mal. L'enfant grimaça, et sauta avec aisance en contre-bas, en ignorant l'aide du vice-président.

"Je peux me débrouiller." réfuta l'enfant.

"C'était par gentillesse." maugréa Flint, légèrement vexé. "Que fais un enfant dans les parages ?"

Il y eut un silence. L'enfant fixa Flint, surpris, puis fronça les sourcils, visiblement en colère.

"Je...ne...suis pas...un enfant." râla le garçon, en prenant soin d'articuler distinctement chaque mot.

Flint soupira. Asaki, lui, resta silencieux.

"Qu'est-ce que tu fais là ?" demanda finalement Flint, qui avait perdu sa compassion.

"La même chose que vous, je suppose, monsieur le vice-président de la Shin-Ra." railla l'enfant.

L'enfant tourna autour du roux, se moquant de lui. Visiblement, même à ce jeune âge, il semblait connaître les visages de quelques éminentes personnalités. Flint serra les dents et attrapa la cape de l'enfant entre ses doigts, furieux.

"Nous ne sommes pas là pour jouer, gamin.

-Moi non plus, Vice-Président."

"Je m'appelle Flint." réfuta le roux.

"Et moi, Agehus." grinça l'enfant.

Flint lâcha la cape, et finalement Agehus se posta devant eux, perdant son air moqueur, et redevenant sérieux.

"Je suis Agehus, et je suis venu enquêter sur les différents meurtres étranges qui sévissent dans le monde. Si vous avez quelques informations, je serai ravi que vous me les communiquiez.

-Quel âge as-tu ?" répéta Flint, surpris qu'un enfant prenne des risques aussi inconsidérés.

"Son âge n'a pas d'importance, Flint." coupa Asaki, exaspéré par les deux autres. "As-tu vu les deux hommes, Agehus ?"

A la grande surprise du duo, l'enfant acquiesça.

"Dans le désert, je les ai rencontrés.

-Rencontrés ?" souligna Asaki.

L'enfant soupira et redressa son bras gauche, hors de sa cape de voyage. Le bras était recouvert d'une multitude de bandage, et par endroit, une étrange couleur carmine avait tâché ces derniers.

"Rencontrés." affirma l'enfant.

Flint grimaça, presque hors de lui qu'on puisse traiter un gamin ainsi, mais l'enfant reprit sans se soucier des étonnements du vice-président. Il croisa les bras et clarifia certains aspects :

"Je suis le meilleur pisteur de mon village. Et également le plus rapide. J'ai réussi à m'enfuir juste à temps. Ils ont suivis l'odeur de mon sang pendant plus de deux jours, et j'ai réussi à leurs échapper en trouvant une nappe souterraine et en m'y réfugiant. J'ai atteint un village voisin en passant sous l'eau, et ils ne m'ont pas suivi."

Asaki s'inclina devant l'exploit. Pas plus haut que trois pommes, Agehus avait fait face au danger. Courage ou inconscience, nul ne le savait.

"Vous connaissez ma partie, alors à vous maintenant. Je suis sûr que vous savez qui sont ces deux hommes. N'est-ce pas, vice-président ?"

L'enfant avait souri, goguenard. Flint grinça des dents, énervé par le comportement aussi téméraire d'Agehus.

"Nous sommes à leurs poursuites. L'histoire est un peu longue, mais nous allons te la conter, pendant que nos autres compagnons arrivent.

-Je suis tout ouïe."

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Allister, Lena, Irélia et Marvin s'étaient retrouvés sur le chemin qui menait au village au Sud de Corel. Flint les avait appelé, une quinzaine de minutes plus tôt, leurs annonçant le massacre du village tout entier. Irélia passa ses doigts dans le pelage du loup gris, pour passer son stress. Elle n'avait jamais vu de cadavre de sa vie, et se rendre au village ne la réjouissait guère.

Pourtant, une étrange scène se déroula sous ses yeux lorsqu'ils rejoignirent enfin Flint et Asaki : en effet, le roux était en train d'être tourmenté par une jeune personne, portant une cape beige, et qui semblait prendre un malin plaisir à tourner en bourrique le vice-président, pourtant si calme et si composé.

"Qu'est-ce qu'il se passe ?" s'étonna Allister, lorsqu'ils arrivèrent enfin à leur rencontre.

"Ce gosse m'énerve !" râla Flint.

"Ce gosse ?" s'étonna Irélia.

La Terrienne posa ses yeux sur l'enfant, légèrement étonné que quelqu'un puisse mettre Flint dans un tel état. Elle cligna des yeux, et l'enfant se posa devant elle, un sourire aux lèvres.

"Je suis Agehus, enchanté."

Irélia eut un sourire en retour, et s'inclina.

"Irélia." se présenta-t-elle.

Irélia fixa le fils du président, puis Agehus, et ne put retenir un petit rire, que Flint ne réussit pas à interpréter.

"Il ne faut pas lui en vouloir." rajouta Irélia à Agehus. "C'est quelqu'un de très gentil.

-Irélia, tu ne vas pas t'y mettre ?

-Héhé, désolée, Flint."

Le rouquin prit une grande inspiration, et finalement détailla aux nouveaux arrivant les évènements. Il avait pris le temps d'expliquer plus tôt la situation à Agehus, lui rendant une partie des informations, et l'enfant raconta sa rencontre avec Eisen et Seamus.

"Tu es sûr qu'ils remontaient vers le nord ?" demanda finalement Lena.

"Oui.

-Pour autant, nous ne les avons pas croisés sur le chemin de Costa Del Sol menant vers Corel. Cela voudrait dire qu'ils auraient traversé les montagnes pour se rendre le plus rapidement au nord ?" s'inquiéta Flint.

Tous, ils échangèrent un regard. Les deux frères courraient vers le nord. Il n'y avait qu'une seule signification à cette direction. Les membres d'Irélia frémirent, une fois de plus.

"La matéria noire." murmura la rouquine.

Un lourd silence s'imposa de lui-même. Seul Agehus semblait ne pas comprendre ce qu'impliquait la révélation, puis il se souvint de la discussion qu'il avait eu plus tôt avec Asaki et Flint, sur les deux tueurs en série.

"La magie de destruction finale..." murmura l'enfant, en grinçant des dents.

Flint se redressa d'un coup, plus remonté que jamais.

"Cap sur le continent Glaçon."

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Irélia était allongée sur l'un des divans de la salle détente du Highwing, qui était venue les récupérer directement à Corel, quelques heures plus tôt. La nef volante faisait désormais cap vers le continent glaçon. Sur le tapis, au pied de la banquette, Marvin s'étirait de tout son long, loin de comprendre tous les tracas qui s'opposaient au monde dans toutes leurs subtilités.

Irélia, elle, n'était pas tranquille. Elle avait vu ce que le météore pouvait détruire. Se reposer sur la rivière de la vie pour la contrer à nouveau n'était pas une option envisageable. Ils devaient à tous prix retrouver la matéria avant leurs adversaires.

"Ca va ?" s'inquiéta une voix masculine, à l'entrée de la salle, un dossier sous le bras, comme s'il avait remarqué la présence d'Irélia lorsqu'il était passé devant la porte.

Irélia soupira, et Flint fit un crochet quelques minutes pour s'asseoir sur la petite table basse, devant le canapé.

"Je crois." répondit-elle finalement.

"Dans ce genre de mission, on a rarement le temps de céder au doute, ou à la panique. Pour autant, on ne s'empêcher de penser aux pires alternatives dans les moments d'attentes, comme celui-ci." murmura Flint, en laissant échapper un léger soupir.

Irélia se rendit compte qu'elle n'était pas la seule à réfléchir à tous les évènements.

"L'échec n'est pas une option, n'est-ce pas ?

-Non." confirma Flint.

Irélia ferma les paupières, pensives. Pour une rare fois, elle laissa sa palissade tomber : en temps normal, elle serait restée, devant les autres regards, complètement inébranlable. Mais Allister, Lena, Flint, Asaki étaient un peu plus que de simples étrangers. Même Agehus, qui était monté à bord, sous la demande de Flint afin que l'enfant soit protégé, n'était pas un étranger.

"Tu devais sans doute mener une vie tranquille. Un job bien payé en robotique ou en mécano, sortir avec tes amis le soir, rentrer avec ton petit ami. Faire les courses tes jours de congés, penser à économiser pour une petite maison en campagne." déballa soudain Flint.

Irélia rouvrit un oeil, puis le referma. Flint essayait de faire travailler ses souvenirs, qu'elle avait toujours. Certains aspects étaient cohérents.

"...je menais ma vie tranquille d'étudiante, avec la peur de l'humanité ancrée dans mes veines, à suivre deux fois par semaine des cours d'escrime, sortant de temps en temps avec mes potes d'école de robotique. Certains soir je rentrais chez moi accompagnée, d'autres soirs, non."

S'il n'y avait pas eu ce mensonge sur ses souvenirs, elle lui aurait répondu ces propos, mot pour mot. Mais elle ne le pouvait pas. Sinon, elle devait expliquer d'où elle venait, ce qui restait inconcevable.

"...tu ne dois pas être loin de la vérité." admit-elle simplement. "Mais je ne regrette rien.

-Et si un petit ami t'attendait, quelque part ? Tu ne regretterais toujours pas ? »

« …je n'ai pas de petit ami. » murmura Irélia.

Elle avait parlé en toute franchise. Dans son esprit, le mensonge avait assez duré.

« Comment peux-tu en être sûre ?

-…parce que je ne suis peut-être pas si amnésique que ça. » avoua Irélia.

En avouant cet aspect d'elle-même, elle ne pouvait s'empêcher d'appréhender la suite des évènements. Elle redressa la tête vers Flint, en serrant les dents. Ce dernier fixa Irélia, sans un mot. Il essayait, tant bien que mal, de cacher un mince sourire, à la grande surprise de la rousse.

Irélia fronça les sourcils, en tiquant sur un détail :

« Tu savais. » murmura-t-elle.

« De quoi tu parles ? » demanda innocemment l'ex-vice président.

« Tu savais et tu n'as rien dit !

-J'attendais que tu l'avoue par toi-même. » admit Flint.

L'apprentie Turk se redressa du canapé et se rendit vers l'évier de la salle détente, afin de s'asperger le visage d'eau, pour calmer sa surprise. Puis, après quelques secondes, elle se retourna vers Flint, qui semblait apprécier la situation.

« Tu as déjà recensé toutes les disparitions et kidnapping du monde entier pour trouver des cohérences sur les agissements de Lyriks. Tu as également cherché si une disparition ne me correspondait pas, au passage, ce qui n'était pas le cas…et qui plus est...je ne suis pas recensée dans les fichiers. Je suis inconnue de toutes vos bases. Aucun compte bancaire, rien. Je suis une énigme. Tu en es donc venu à une seule et unique conclusion…

-Irélia Ereline n'existe pas. » termina Flint. « Il n'y a aucune trace d'une femme portant ce nom dans aucun des fichiers du monde entier. Pas plus qu'un Evan Caffrey. Evan n'était pas amnésique, et a menti en disant qu'il venait de Kalm. Aucun de vous deux n'a eu un discours rationnel. Mais tu as été la seule à admettre qu'il s'agissait d'une supercherie. A nous faire confiance. »

Voyant que la rousse ne savait pas sur quel pied danser, Flint se releva, passa une main sur sa nuque et exposa son point de vue :

"Peu importe ton passé Irélia, nous sommes dans le même bateau maintenant. Et te protéger passe aussi par une confiance mutuelle… " murmura Flint.

La terrienne reprit doucement ses émotions en main. Elle ne savait pas depuis combien de temps Flint s'était rendu compte du mensonge, et elle se doutait qu'il avait gardé l'information pour lui.

« …merci d'avoir attendu que je te le dise. » admit Irélia, reconnaissante.

Le vice-président resta un instant silencieux.

"...merci de me l'avoir avoué. Je me sens mieux, à vrai dire." admit le vice-président."Je ne te demanderai pas quel est ton passé et pourquoi tu t'es protégée avec ce mensonge, tout comme Evan s'est protégé avec le sien. Il y a une raison, et elle ne me regarde pas. Je voulais juste que tu sois honnête avec nous."

Irélia laissa échapper un soupir, les yeux rivés vers Marvin, qui n'avait pas bougé, laissant les deux humains se débrouiller entre eux.

"Je hais l'humanité, Flint. Cela fait longtemps que j'ai perdu confiance en elle.

-Que fais-tu là, alors ?" souleva Flint.

"...peut-être que certaines personnes m'ont redonné foi en elle, récemment. Assez pour que je ne lui tourne pas le dos."

Flint eut un sourire rassuré. Irélia n'avait pas dit grand-chose, mais cela l'aidait à comprendre son comportement.

"Tu hais l'humanité pour la cicatrice sur ton thorax, n'est-ce pas ?"

Quelques images désagréables revinrent à l'esprit d'Irélia, qui détourna le regard.

"C'est un fait."

Flint acquiesça, mais ne demanda pas plus. Il se redressa simplement, et reprit son chemin.

"Merci, Irélia.

-Merci à toi aussi, Flint."

Le vice-président était sur le point de quitter la pièce lorsque son PHS sonna. Il décrocha aussitôt, et, spectatrice de la scène, Irélia n'entendit que les propos de Flint, qui furent assez pour comprendre la situation :

"Oui, Flint Shin-Ra à l'appareil. A qui ai-je l'honneur ?"

La réponse vint, au bout de quelques secondes. Le vice-président pâli légèrement.

"Comment ça, la dirigeante d'Utai souhaite nous rencontrer ?!" s'étrangla Flint.

Irélia releva un sourcil, intrigué.

Il semblait que leur destination avait quelque peu changé, finalement.

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Habillé de son éternel ensemble noir et blanc, Flint entra dans la salle de bal, où tous les Utaïens s'étaient réunis. La demande soudaine d'intervention au sein du pays indépendant ne l'enchantait guère, mais il n'avait pas le choix, diplomatiquement parlant.

Il pénétra dans l'immense salle, et resta quelques instants ébahi par le spectacle. Autour de lui, tout était en mouvement : des gens dansaient, d'autres s'occupaient de la musique, et au centre de la pièce, une femme l'attendait.

Le papillon.

Habillée d'un kimono traditionnel Utaïen, une magnifique jeune femme se tenait devant lui, un masque noir et blanc sur le visage représentant les ailes d'un papillon, la peau pâle, presque blanche, les lèvres rouges.

Ses longs cheveux ébène s'écoulaient sur ses épaules, donnant l'impression qu'elle sortait tout droit d'un autre monde.

Flint s'inclina aussitôt, une fois à son niveau, impressionné par la prestance de la dirigeante d'Utaï. Des protocolaires restèrent à son niveau, tout autant diplomate que garde du corps.

"Le Papillon d'Utaï."

La femme s'inclina à son tour, puis tendit une tablette électronique, qui s'illumina devant Flint.

Le vice-président s'empara de cette dernière, et lu le document officiel qui s'y trouvait. Le papillon d'Utai était plus un symbole qu'un dirigeant, et n'élevait jamais la voix.

"Au nom d'Utaï, moi, Le Papillon, propose mon aide à la Shin-Ra pour mettre un terme aux sévices des deux meurtriers." lut Flint à voix haute.

Il resta ébahi. Utai avait donc également suivit de près les évènements. Il continua à lire les propos, légèrement déstabilisé :

"Le meilleur combattant d'Utaï vous accompagnera pour mettre un terme aux agissements de notre ennemi commun. Signé : Le Papillon"

Flint s'inclina à nouveau, cachant sa surprise.

"Mademoiselle Le Papillon, je ne vous remercierai jamais assez de votre soutient, et c'est avec plaisir que j'accepte votre proposition."

L'un des diplomates à côté du Papillon éleva la voix :

"Nous demandons également le maximum d'informations sur le sujet, afin que nous puissions vous aider, à l'aide de quelques-unes de nos dernières technologies."

Flint acquiesça, puis, le Papillon se retira dans ses quartiers, fidèle à la tradition d'apparat.

La soirée continua, et finalement, après quelques heures d'échanges, Flint retourna sur l'Highwing qui s'était posé quelques heures plus tôt à Utaï. Il ne s'était pas attendu à une rencontre d'aussi bon augure.

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Le vice-président se rendit dans l'une des salles de réunion, où Asaki l'attendait, silencieux.

"Alors, cette rencontre ?

-Je n'avais jamais rencontré l'un des Papillons de ma vie." admit Flint.

"Et ?

-Sa prestance est...impressionnante." admit Flint.

"Que voulait-elle ?

-Elle nous fournit l'un des meilleurs combattants d'Utaï et quelques technologies de leurs pays. Le genre de chose à laquelle je ne me serai jamais attendu. Je me demande comment ils ont su ? Est-ce que les Utaïen enquêtaient également sur le sujet en même temps que nous ?"

Asaki haussa l'encolure, bien qu'il avait une très bonne idée du pourquoi du comment, mais n'en fit pas part de suite à Flint.

La porte de la salle de réunion s'ouvrit soudain, laissant entrer Agehus, haut comme trois pommes, un sourire aux lèvres.

"Salut !

-Tu ne devais pas rejoindre ton village ?" s'étonna Flint, qui pensait ne jamais revoir le jeune garçon, lorsqu'ils avaient débarqués sur le territoire Utaïen.

"Désolé de te décevoir, Shin-ra, mais on m'a donné une nouvelle mission.

-Oh ?

-Et bien...en tant que meilleur combattant d'Utaï, je dois vous accompagner."

Il y eut un silence. Flint cligna des yeux, puis fronça les sourcils, se sentant incroyablement stupide, tout d'un coup.

"...je sais comment Utaï a eu toutes ces informations..." ragea Flint.

"Tu es lent à comprendre, parfois." confirma Asaki.

Le vice-président soupira, forcé d'admettre son erreur.

Agehus fut pris d'un fou rire, et l'équipe fut à nouveau composée de six membres. Flint ne put rien dire, bien qu'il ait quelques doutes sur les compétences du combattant le plus fort d'Utaï.

"Comment ça se fait que tu sois considéré comme le combattant le plus fort d'Utai ?" s'étonna finalement Flint.

"J'ai battu le maître de la pagode. Je suis l'une des personnes les plus rapides d'Utaï."

Flint le jeta un regard sceptique, mêlé à la curiosité. Pour le moment, il devait reprendre le cap vers le continent Nord. Ils avaient pris bien assez de retard.

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