Bonjour à tous. Je poste le nouveau chapitre qui sert de lien entre l'arc de Marisa et la situation de Sakuya.
Avant toute chose, je réponds à ceux m'ayant gentiment laissé quelques reviews. Pour Rock, je précise ne pas être un fan de Remilia, mais je ne pouvais pas ne pas la faire apparaître, étant donné son rôle. Mes personnages préférés sont, il est facile de le deviner, Mima, Flandre, Mokou, Marisa, Alice et Yûka. Autant dire des personnages incroyables, sadiques, avec une vie de merde, ayant suffisamment de charisme et de puissance pour faire passer Chuck Norris pour une moule.
Pour Anonyme (ça me fait bizarre de t'appeler ainsi), je te remercie de ton petit roman, ça fait super plaisir. En ce qui concerne la vie de Remilia, j'avoue ne pas avoir été très inspiré, puisque la vidéo à été un grand support que j'ai allègrement pompé (oui, j'ai honte). Pour l'apparition de Mima, je me sentais obligé d'aborder mon personnage préféré, étant donné ses liens avec Marisa. Les nostalgiques des séries PC-98 savant de quoi je parle, espérant la revoir à chaque nouvel opus. Pour son histoire, j'ai essayé de composer avec les caractères donnés et les maigres infos que nous avons.
En ce qui concerne les transitions, je suis d'accord, je vais un peu vite. A chaque chapitre (ou duo de chapitres), je veux montrer un aperçu des protagonistes principaux. J'essaye de faire avancer l'histoire en un seul temps, afin d'éviter de devoir faire de multiples retours en arrière. Le système choisi peut être assez étrange, mais je connecterai chaque personnage à la trame principale. Exception faite d'un ou de deux chapitres qui servent de transition, afin de glisser (pas subtilement du tout) des intrigues mineures sur des personnages secondaires.
Pour le duel entre les Scarlet sisters, il m'a fallu du temps pour l'écrire. Amener les pensées de Flandre selon une logique absolument illogique pour quelqu'un de sain d'esprit est assez déroutant. J'ai choisi les spellcards qui me paraissaient les plus intéressantes et les plus utiles à jouer dans leur situation, afin de faire ressortir la puissance des deux vampires (Je pense à Lävatein qui est particulièrement chiante à esquiver). Evidemment, QED, Ripples of 495 years était inévitable.
Je ne sais pas si je vais traiter du passé d'autres personnages que ceux déjà amenés. Il est évident que Sakuya va y passer aussi, j'ai même quelques idées sur sa vie avant d'entrer au service de Remilia. En fait, peu de nouveaux personnages vont apparaître désormais (exception faite bientôt, avec un petit Yûka/Wriggle) puisque je vais explorer les sentiments de ceux déjà existants. Pour moi les couples les plus logiques sont ... Oh, je ne vais rien dire, c'est plutôt facile à deviner maintenant.
Allez, j'arrête ma réponse et je vous laisse lire le nouveau chapitre. Read and enjoy !
Disclaimer : Touhou project appartient à ZUN
Chapitre 12 : La marionnettiste arc-en-ciel et sa chère sorcière en noir et blanc
De toutes les personnes que Marisa connaissait, Alice Margatroid était surement la plus discrète.
Alice est une ermite vivant isolée, souvent recluse dans sa demeure enfoncée au centre de la forêt de la magie. Cette femme était connue pour sa discrétion, son calme et son obsession maladive pour les poupées et les marionnettes qu'elle concevait. Plus que de simples armes projetant de dangereux faisceaux magiques, plus que des servantes obéissantes, ces poupées étaient sa famille. Même si elle avait créé ces objets à partir de bois et de métal, elle avait réussi à leur offrir un semblant d'âme. Chacune avait sa propre personnalité, sa voix unique et ses émotions propres. Sans leur obéissance inconditionnelle et le besoin d'être raccordées à Alice pour survivre, ces poupées auraient pu être considérées comme des êtres vivants à part entière.
Enfermée au milieu de ses grimoires poussiéreux et de ses potions bouillonnantes d'un vert vénéneux, Alice cherchait désespérément comment donner une vie complète à ses créations. Toute son existence était entièrement tournée vers la découverte de ce secret que sa maîtresse avait emmenée dans la tombe. Les yeux orangés d'Alice, qui tiraient légèrement vers le vert quand on les scrutaient, ne laissaient pas présumer de la raison profonde la motivant à chercher ce secret.
Après tout, personne ne devait jamais le savoir. Alice avait beau ressembler à une fillette blonde revêtue d'une robe bleue couverte par un gilet blanc accompagné de fanfreluches, elle était un yôkai avec tout ce que ça implique comme particularités. Malgré son aspect humain et son corps de chair et de sang, Alice savait qu'elle était différente.
Si elle cherchait comment créer la vie et l'offrir à un être inanimé, c'est parce qu'elle avait été élevée par Shinki, une entité résident dans le Pandémonium, au cœur du Makai. Etant donné la puissance de cette être qui était recluse dans le monde infernal inaccessible, Alice était taraudé par une série de questions. Etait elle née en tant que simple humaine ou comme yôkai ? Shinki était elle sa vraie mère biologique ? D'ailleurs, était elle née d'une façon naturelle ? Ne serait elle pas également une création de la déesse Shinki ? Ne serait elle pas … une marionnette ?
Tant de questions à jamais sans réponses.
Tant d'interrogations qui faisaient qu'elle vivait recluse dans la section sinistre de la forêt. Cet endroit isolé était tranquille pour faire ses recherches. La vue des multiples poupées inachevées qui entouraient la maison était suffisamment effrayante pour que les rares personnes à s'approcher de la résidence fuient rapidement. Alice est satisfaite d'elle-même et de son stratagème, les regards vides des pantins à moitié achevés sont très dissuasifs.
Quelque soit sa réputation colportée par les ragots, elle s'en fiche. Après tout, les rumeurs sont plutôt flatteuses. Son indifférence glaciale et son obsession pour la magie font que la blonde inaccessible passe pour personne sûre d'elle, ayant une volonté inébranlable. Sa puissance supposée fait frémir, étant donné qu'elle ne se bat jamais à pleine puissance et qu'elle ne se protège jamais des coups.
En réalité, Alice est une personne lâche et presque sans cœur, doublée d'une fainéante de première, car elle a même tenté de créer des poupées pour assurer l'entretien de sa maison et ne pas s'épuiser. Sa force moyenne est compensée par sa dextérité et par l'armada de poupées tueuses trimballée à chacun de ses déplacements. La plus grande faiblesse d'Alice est sa défense lacunaire. En combat, la manipulation des poupées demande une concentration extrême et si elle est blessée, elle aura du mal à utiliser ses armes. Quant à la raison pour laquelle elle ne se sert pas de ses poupées comme boucliers, c'est parce qu'elle les aime trop pour les endommager sciemment. Alice considère ses créations comme ses enfants à chérir et elle préfère prendre les coups que de blesser ses poupées.
Le mystère sur le fait qu'elle ne se bat jamais à fond possède une réponse très simple, même évidente. Si jamais elle était battue en utilisant son potentiel maximum, cela signifierait qu'il y existe une personne plus puissante et plus apte qu'elle à répondre à ses interrogations.
Cela, Alice ne le supporterait jamais. Elle préfère perdre une bataille que de perdre son illusion au sujet de sa quête.
Pourtant, malgré son caractère ombrageux, ça ne l'empêchait pas d'avoir une personne très chère à son cœur.
Sa première rencontre avec Marisa Kirisame était due à un pur hasard. Les violents vents d'automne qui provenaient de la montagne des tengus étaient particulièrement redoutables et la sorcière avait perdu le contrôle de son balai volant. La blonde s'était écrasé dans le jardin de la marionnettiste, se plantant dans le sol dans une position plutôt honteuse. Lorsque Alice vit les sous vêtements de dentelle de Marisa, la magicienne lui fit immédiatement penser à une poupée grandeur nature.
Depuis ce jour, Alice a appris à s'ouvrir légèrement aux autres. Il serait utopiste de croire qu'elle est devenue une optimiste qui aime tout le monde, mais elle ne ressemble plus au glaçon d'autrefois.
Lorsque la marionnettiste entend quelqu'un frapper à sa porte, elle pose calmement ce qu'elle tient dans ses mains et un sourire s'affiche sur son visage. Il n'y a qu'une seule personne au monde pour tambouriner comme ça et elle sera toujours la bienvenue.
- Bonjour Alice-chan ! pépia gaiement Marisa, en se jetant au cou de l'autre blonde.
Alice rougit, heureuse de pouvoir passer un moment avec sa seule véritable amie. Maintenant que Marisa était là, elle allait pouvoir se détendre et stopper ses recherches. La sorcière en robe noire est la seule qui réussit à forcer Alice à arrêter de travailler pour s'octroyer un bon moment de détente. Le reste du temps, la blonde étudie sans arrêt, ne mangeant que vingt minutes par jour et ne dormant qu'une dizaine d'heures par semaine. L'avantage d'être un yôkai réside dans la résistance à la fatigue, mais on voyait bien que la marionnettiste arc-en-ciel atteignait les limites du supportable pour son corps.
- Fatiguée-ze ? interrogea Marisa avec toujours le même tic de langage dans sa voix enjouée et chaleureuse.
Alice ne répondit rien, mais le bâillement qu'elle tenta d'étouffer ne passa pas inaperçu.
- Tu as encore trop forcé, la sermonna Marisa. Combien de fois devrais-je te répéter de passer un peu moins de temps à travailler-ze ?
Alice ne répondit rien, sachant très bien que Marisa pouvait être une vraie mère poule et qu'elle allait bien finir par trouver un autre sujet d'inquiétude. D'ailleurs, c'était étonnant qu'elle soit devenue intime avec une personne si différente. Peut être que leurs passés semblables les rapprochèrent. Après tout, lorsqu'elles sont à l'abri dans le Makai, Mima et Shinki ont pour habitude de descendre plusieurs litres de saké ensemble, en parlant pendant des heures de leurs filles respectives.
- Tu es bien pâle, je trouve, tu manques de vitamines. Je vais te faire un bon plat, tu vas te régaler !
Ah voilà, elle avait trouvé. De toute façon, Alice le sentait venir, elle commençait à bien la connaître, sa Marisa. Une sorcière totalement maladroite, optimiste et dont le coté sérieux était caché par cet aspect infantile si craquant. Ce savant mélange donnait à Marisa une personnalité irrésistible, avec un léger grain de folie et c'était exactement ça qui avait fait craquer Alice. Sans oublier le fameux culot de la blonde, une vraie sans gêne !
D'ailleurs, Marisa était actuellement en train de fouiller dans les placards, en quête d'instruments de cuisine.
- T'as pas autre chose que des boîtes ? grogna Marisa en éparpillant les conserves soigneusement rangées par la marionnettiste maniaque.
Pour la forme, Alice ronchonna devant le désordre, mais elle savait comment la soirée allait finir. Elle allait se régaler de ce plat et elle remercierait longuement sa compagne. Elle savait très bien comment montrer sa gratitude à sa sorcière bien aimée. Alice aimait enlacer le corps nu de Marisa, la caresser, la faire gémir et la garder contre elle, bien au chaud dans son lit, comme sa poupée préférée.
Malheureusement, tout ne se passa pas exactement comme prévu. Alice était parti faire quelques courses à Eientei pour se réapprovisionner en produits chimiques et pharmaceutiques. Bien sûr, elle avait été rapidement au courant de la patiente qui était toujours dans la clinique d'Eirin.
Selon les dernières nouvelles, Sakuya Izayoi se serait réveillée, mais resterait totalement amorphe. Un simple pantin désarticulé, au regard vide et sans plus aucune réaction. Elle ne vivait pas, elle n'en avait plus la volonté. Elle survivait, essayant tant bien que mal de fuir la réalité en s'enfermant dans ses propres illusions, son âme broyée enfermée au plus profond de la prison de chair qu'est son corps. Il semblait que la servante soit victime d'un violent traumatisme et que sa conscience ait déserté son poste. Seul un grand choc psychologique serait en mesure de la ramener dans le monde des vivants. Quoique il était plus que douteux que Sakuya veuille réellement revenir, si c'était encore pour souffrir inutilement.
Lorsque Marisa avait été mise au courant, elle se leva de table avec brutalité, sans même toucher au dessert. Alice fut stupéfaite de ce mouvement d'humeur, incapable de bouger face au sérieux qui s'était instantanément affiché sur le visage de Marisa. A ce moment là, la magicienne n'avait plus rien de la gentille fille maladroite et timorée que l'on connaissait. Non, cette Marisa était différente et la fureur sur son visage était terrifiante. Les yeux d'or brillaient de détermination, tandis que ses mains étaient crispées sur la table.
- Sakuya est une amie, dit elle avec une colère à peine contenue. Même si je ne la connais pas autant que toi, je ne peux la laisser dans cet état.
La blonde en robe noire comme de l'encre saisit son balai et remit son chapeau pointu sur ses cheveux couleur paille. Avec cette tenue, elle était vraiment le stéréotype de la sorcière. D'ailleurs, lorsque Alice avait demandé à Marisa pourquoi utilisait elle un balai alors qu'elle pouvait voler d'elle-même, la magicienne avait répondu « pour le style ».
- Marisa, ou vas-tu ?
Sans se retourner, la sorcière lui répondit avec un ton glacial.
- Je vais rapporter un livre que j'ai « emprunté » chez Remilia.
Alice savait que Marisa ne rendait jamais rien. Il était rare qu'elle soit bien accueillie, même si les choses disparues réapparaissaient souvent au bout de quelques mois. Cependant, le fait était que la sorcière kleptomane voulait aider Sakuya et qu'elle s'apprêtait à aller "discuter" avec le démon écarlate. Ca promettait encore de violents combats, puisque entre l'arrogante Remilia et la si peu diplomate Marisa, les frictions multiples dégénéraient rapidement.
Lorsque la magicienne enfourcha son balai, son amante la héla une dernière fois.
- Marisa-chan, avec qui je vais dormir ce soir ? demanda l'ermite avec un regard suppliant.
- On aura notre nuit à deux une autre fois, répondit calmement la sorcière. Si tu ne veux pas être seule, endors toi avec Shanghai. A la prochaine-ze, finit elle par dire avec un clin d'œil.
Alice avait bien vu que la blonde s'était forcé à sourire pour la rassurer. Elle prenait conscience qu'il y avait une facette effroyablement sérieuse de Marisa qu'elle n'avait jamais vue. Elle se fit mentalement la remarque qu'il était même préférable de ne jamais voir son amante en colère.
Lorsque la marionnettiste aux sept couleurs se coucha dans son lit, elle prit Shanghai avec elle. Dévêtue, elle retira les habits de sa toute première poupée et se blottit contre le corps chauffé par l'énergie magique qui circulait dedans. Ce n'était pas tellement désagréable, mais Alice savait qu'il manquait beaucoup de choses.
- Bof, soupira l'ermite avec de la déception dans sa voix et une pointe de tristesse dans le regard. Je préfère quand c'est avec toi, Marisa.
