Me voici, dans mes délais.
Vous l'aurez noté, j'ai zappé de vous mettre les teaser parce que le chapitre n'était pas du tout près quand vous avez posté vos reviews et je n'y ai répondu que cet après-midi pour certaines...
D'ailleurs, merci beaucoup pour vos messages toujours très perplexes. Rassurez-vous. Bientôt, vous saurez. (air grave de mise) :)
Merci également aux mises en "alert" !
Réponse : vanina63 : Oui, tu as raison, une psy pour Bella ne serait pas de trop, il suffit de lire ce chapitre pour s'en rendre compte encore ! ;) merci pour ton message !
Voilà, je vous retrouve dans 7920 mots précisément :) en effet ce chapitre est aussi longs que les premiers de l'histoire, soit 2000 mots de plus que les précédents !
Chapitre 11
Bella s'installa dans les premiers rangs de l'amphithéâtre, plus près des bons élèves que des derniers de promo. Elle contempla la foule dans son dos avec une pensée pour ses années universitaires, pas si lointaines que cela. Les étudiants autour d'elle étaient légèrement plus jeunes, entre dix-huit et vingt-ans peut-être, mais sa présence semblait appropriée ici. Physiquement, elle n'avait pas l'air plus âgé qu'eux. Au milieu de cette masse de gens, elle n'avait, en fait, pas grand-chose de remarquable. Évidemment personne n'aurait pris le pari de supposer qu'elle avait déjà terminé ses cinq années d'études depuis plusieurs années, et qui plus est, obtenu deux diplômes en parallèle. Elle n'avait jamais été totalement dans la norme, elle et sa mémoire hors du commun.
Aujourd'hui était un bon jour pour engranger encore plus de connaissance dans son domaine de prédilection, la psychologie. Sa curiosité l'avait menée jusqu'ici, sur les bancs de la fac de Berkeley, San Francisco. Sa curiosité naturelle la poussait en avant, jusqu'à vouloir maitriser son sujet à fond, mais elle la menait aussi ici pour voir quel type de professeur de psychologie était Alice Brandon. On disait que la petite bonne femme était la plus douée de sa génération, ce qui excluait donc Bella, qui pourtant avait été largement première d'une des meilleures promotions du pays. Bella qui avait eu 21,37 de moyenne à ses examens de fin d'étude. Vingt et un virgule trente-sept, sur vingt. Cette pensée arracha un sourire à Bella – plutôt moqueur -. Légèrement pincée, elle serrait les lèvres en une étroite ligne retroussée aux extrémités. Soudainement, elle se mit à transpirer d'arrogance.
Non, Alice ne pouvait pas ne serait-ce que lui arriver à la cheville. Elle n'en avait pas la capacité cérébrale, ni la vivacité d'esprit, ni, il fallait le dire, l'intelligence. À moins qu'elle n'ait le talent de se cacher et duper Bella. On pouvait en douter. Alice avait bien plus l'air d'une petite créature terne et bondissante, qui s'excitait souvent pour pas grand-chose.
Au moment où Alice traversait les rangs pour rejoindre sa chaire et son microphone, Bella lui adressa un sourire, cette fois-ci plein d'impatience.
Edward et Irina étaient les parfaits représentants de l'aventure sans lendemain. Une aventure qui durait depuis pratiquement deux mois désormais. Elle embrassait littéralement la terre qu'il foulait.
Depuis deux mois également, Edward se rendait chez le docteur Carmen, à raison d'une fois par semaine. Avançait-il ? Peut-être pourtant la psychologue peinait à déchiffrer son patient, heureusement de plus en plus bavard, de plus en plus clair dans ses affirmations. Se confier était soudainement devenu plus que nécessaire c'était devenu vital. Une sorte de garantie de conserver un équilibre mental loin des radotages sinistres et des pensées morbides d'un homme à la nature à la fois sinistre et morbide, justement.
C'était une drôle de vie, remplie de souvenirs. Le passé surpassait le présent en intensité. À côté, le présent et l'avenir étaient fades, à peine colorés par la perspective de quelques verres de whisky et quelques baises passablement bonnes.
Nous étions arrivés au début du mois de juin, San Francisco transpirait à grosses gouttes, de même que ses habitants.
Edward s'apprêtait à longer les murs pour finalement rentrer chez lui, suffoquant dans l'air bouillant de ce presque zénith d'un début d'été prometteur. Seulement, une voiture chic aux allures de sportive s'arrêta lentement au bord du trottoir. La vitre automatique s'abaissa sans un bruit. Il avait eu raison d'y croire encore, Bella lui lança un « Monte ! » impatient puis ouvrit elle-même la portière côté passager. Edward se laissa glisser dans l'étroiteté élégante de la voiture. L'odeur de neuf l'envahi immédiatement, comme l'odeur de détergent asphyxie à l'entrée d'un cabinet de dentiste.
- Jolie bête, hein ? dit Bella, caressant le volant clair de son nouveau bolide noir. Je reviens juste du concessionnaire, ils l'ont reçue hier. Quel ronronnement … Ça te dit de voir ce qu'elle a sous le capot ?
De belles paroles pour un nouveau joujou, pas un mot destiné directement à Edward. Il n'aurait jamais pensé à ce genre de retrouvailles. Il laissa traîner son regard lourd sur les mains de Bella qui manœuvraient avec légèreté, la tête pleine d'interrogations. Elle ne tourna pas la tête vers lui durant les cinq premières minutes, ne lui offrant qu'un profil détendu mais concentré.
Alors qu'elle semblait l'ignorer presque totalement, elle ne pensait déjà plus qu'à lui. La grande question n'avait pas avancée, mais elle était revenue. En partie pour lui. Elle lui jeta un coup d'œil discret, prétextant de régler son rétroviseur. Le corps d'Edward était tendu inquiet de ne pas comprendre. Il brûlait de briser le silence.
Au dernier feu rouge, Bella se tourna vers Edward, l'attrapa par la nuque et l'embrassa langoureusement. Un baiser long, lent, presque paresseux, un baiser interrogateur. Bella voulait savoir. Qu'est-ce qui avait changé ? Réagissait-elle toujours aussi bien au corps d'Edward ? Pourquoi avait-elle l'impression qu'aucun baiser ne pouvait concurrencer les siens ?
Edward était à des préoccupations plus simples un peu hébété, il constata à quel point le souvenir de leurs derniers baisers lui paraissait éloigné. Ils remontaient à plus de trois mois. Cela confirmait ce qu'il pensait : le temps était long sans elle.
Bella retourna à sa conduite sans mot dire, clairement satisfaite de son petit jeu et de son comportement d'adolescente indécise. Elle aurait voulu embrouiller Edward, elle n'aurait pas choisi un autre moyen. Un baiser, pas de mots et beaucoup de questions sans réponses. Un jeu où il fallait confondre son adversaire…
La voiture grimpa les collines, s'éleva au-dessus de San Francisco. La ville scintillait mais les deux occupants de la voiture étaient trop tendus pour s'arrêter à ce genre de détail.
Une fois rangée sur le bas-côté caillouteux, après s'être penchée à la recherche de cigarettes dans la boîte à gants, Bella s'extirpa souplement de l'habitacle. Elle portait un jean foncé, très serré et un débardeur blanc qui laissait voir ses bras et ses épaules bronzés. Son teint avait pris une jolie couleur cuivrée et Edward était persuadé que sa peau sentait encore le soleil.
Elle alluma sa sacro-sainte cigarette et examina la vue.
- Où étais-tu ? s'enquit Edward en la rejoignant. Il n'osa pas enlacer ses épaules, ou franchir le bon mètre qui les séparait comme une barrière.
- Ici et là … L'Amérique du Sud, l'Asie … J'ai visité quelques pays que je n'avais jamais vu. – Ses lèvres formèrent un sourire joyeux et elle se tourna vers Edward. – Est-ce que je t'ai manqué ?
- Non, mentit-il.
Il avait compris que dire qu'elle lui avait manqué le ferait passer pour un être faible et dépendant. Mais il savait aussi, par expérience, que Bella gagnait toujours. Tôt ou tard, il recommencerait à se soumettre à ses exigences.
Bella sourit encore plus, même avec les yeux, ce qui était rare. Elle pétillait.
- Vraiment ? Tu n'as pas du tout pensé à moi ?
- Ç'aurait été plus facile si tu avais donné quelque signe de vie …
Elle ignora la remarque et, riant désormais s'exclama :
- Quel affreux menteur …
Edward lui renvoya la balle.
- Et toi ? Tu as pensé à moi ?
- Quelquefois, je l'avoue, dit-elle avec une expression angélique sur tout le visage. Pourtant, j'ai essayé de me distraire …
La voix s'en allant vers le chuchotis, l'attitude incertaine, le refus de croiser le regard d'Edward, Bella se sentait perdre pied tout en admettant qu'Edward restait maître de ses pensées depuis trois mois.
Elle rebondit rapidement.
- Alors, ton travail te plaît ? demanda-t-elle, ouvertement moqueuse.
- Ça peut aller …
- Et ta psy ?
Edward fronça les sourcils et répondit : « Elle est sympa … ».
Et, oui. Bella savait toujours tout, sur tout le monde. Edward aurait dû se douter que ses cachotteries lui claqueraient au nez. Il avait été naïf de croire qu'absente, Bella n'en saurait pas autant que si elle s'était cachée derrière chaque pan de mur pour l'épier.
- Je dois te ramener, fit-elle en se penchant pour examiner l'horloge de la voiture.
Elle redescendit lentement les collines, jusqu'à être de nouveau prise dans les embouteillages. Elle taquinait joyeusement son accélérateur. La petite auto bondissait au moindre effleurement. On s'écartait sur son passage.
- Viendras-tu, demain ? Le temps sera encore splendide, et la piscine est brûlante.
Edward n'eus pas le temps de répondre, Bella se gara devant le bar en face du garage. Il resta muet de stupeur.
- Je t'invite à déjeuner, à propos, annonça Bella.
Et elle sortit, attendant qu'il fasse de même pour verrouiller la voiture et entrer. Ce choix venant de Bella n'était pas un hasard. Au regard qu'elle lança à Edward, il sut qu'elle avait connaissance de sa liaison avec la serveuse. Elle le laissa entrer en premier, souriant trop poliment pour être sincère. Edward repéra immédiatement Irina, qui se dirigea vers lui.
- On est deux, marmonna-t-il en sentant son estomac se nouer.
- J'arrive.
Bella regarda la blonde s'éloigner nerveusement, avec un air pensif. Au dernier moment, avant d'entrer en cuisine, Irina se retourna et croisa le regard appuyé de Bella. En se tournant, celle-ci plaça deux doigts sous son menton et remarqua la sueur qui coulait sur les tempes d'Edward. Elle le regarda ensuite longuement et lui chuchota : « Détend-toi un peu ».
Ensuite, Irina revint, armée de deux menus et d'une bouteille d'eau fraîche.
- Où sont les toilettes ? fit subitement Bella, en se dressant de toute sa hauteur devant Irina. Je prendrais la même chose que toi, Edward.
L'apparence simple de Bella contrasta immédiatement avec le pomponnage d'Irina, de même que leurs couleurs de cheveux opposées. Yeux gris coléreux. Yeux verts ombrageux. Le charisme et la présence de Bella écrasèrent Irina, une étrange énergie semblait émaner d'elle.
- Au fond à côté de la caisse.
Bella disparut en une seconde. Edward vit un sourire pernicieux s'ébaucher sur son visage avant qu'elle ne tourne le dos.
- Est-ce que … c'est la fin ? demanda Irina.
Edward prit une inspiration pénible.
- Oui. C'est sa façon de me mettre devant le fait accompli. Je suis désolé.
- Pas tant que moi, répondit sèchement la serveuse. Tu aurais pu éviter de l'amener ici avec toi.
Elle le regarda, ne parvenant pas à le fusiller du regard comme elle l'aurait souhaité. Elle ne sut que le fixer, puis se mit à haïr la brune qui effaçait l'autorité d'Edward par sa seule présence. Edward qui ne s'apercevait toujours pas que ce qu'il appelait respect était en fait de la soumission. Le caractère d'Edward était dissous par l'autorité de Bella. Il la vénérait tant qu'il se pliait comme un roseau à son approche.
Bella revint, arborant son attitude la plus satisfaite, et constata qu'Edward n'avait pas bougé.
- Tu n'as rien choisis ? remarqua Bella, rieuse. Elle avait envie de rire, oui. Elle se félicitait pour sa petite mise en scène.
Ce fut Bella qui commanda, sans un autre regard pour Irina qui la fixait toujours. Puis elle la congédia froidement : « C'est tout ! ». Irina déguerpit.
Bella frappa ses deux mains l'une contre l'autre et appuya le bout de ses doigts sur ses lèvres pour masquer son sourire. Puis elle s'appuya à son dossier. Son comportement effara Edward, qui était toujours tendu comme un arc.
- Bien. Une bonne chose de faite.
L'air environnement paraissait de plus en plus lourd à Edward. Il baissa les yeux pour ne plus croiser ceux de Bella.
- C'est tout ? répéta Edward, la voix sourde.
- Oui. Je voulais juste régler ce détail.
Elle sourit et posa ses doigts sur la main d'Edward à plat sur la table.
- Je ne t'en veux pas d'avoir abusé de cette pauvre fille.
- Je n'ai pas ...
Bella le coupa.
- Mais bien sûr que si … Elle finira bien par comprendre que si les hommes la veulent c'est pour son cul et uniquement pour ça. Et si en ce moment même elle est en train de chialer c'est parce que tu lui as laissé croire qu'elle te plaisait et que tu voulais plus que tirer un coup !
Edward ravala ce qu'il voulait répondre devant la prétendue leçon féministe de Bella.
Le cuistot apporta lui-même les plats et l'addition, comme une invitation à lever le camp rapidement.
- Tu sais très bien que les femmes t'aiment, et tu ne devrais pas en jouer, Edward.
Elle se penchait en avant et parlait d'un ton qui rappelait celui d'une mère gronda son enfant.
- Est-ce que je t'ai déjà fait des reproches à ce sujet ? se défendit brusquement Edward.
- La différence c'est que moi, je suis très claire avec tous les hommes qui passent dans mon lit, répondit calmement Bella.
- Pas avec moi.
Elle baissa la tête et voulut clore la conversation.
- Je sais.
- Pourquoi à ton avis tous ces hommes veulent-ils coucher avec toi ? sous-entendit Edward. Tu crois que ce n'est pas pour ton cul à toi aussi ?!
Bella lui renvoya un regard peu amène. À sa réponse, sa voix siffla et s'accorda avec le vert réfrigérant de son regard.
- Je te l'ai expliqué une fois tu te souviens ? … Quand on a de l'argent, on a des tas d'amis. Et si on veut, des tas d'amants…
Edward regarda l'heure, ayant hâte de s'échapper. Il la regarda hargneusement. Il lui restait dix minutes, et il ne voulait pas les passer avec cette personne désagréable et dominante face à lui. Il se leva, jeta trois billets sur la table et quitta le café sans un mot de plus. Cette fois-ci, il risquait vraiment de se mettre en colère.
- Je t'attends demain, dit Bella, sûre d'elle, en le rejoignant. Elle avait repris son ton bon enfant avec une aisance que seul confère l'entraînement.
- On verra, claqua Edward.
Évidemment, le lendemain, Edward n'y tint pas et prit sa voiture pour rejoindre Stinson. Il y trouva le portail grand ouvert. La maison aussi était grande ouverte, mais il ne trouva trace de Bella qu'à l'arrière, étendue sur un matelas au beau milieu de son immense piscine. Elle se laissa glisser dans l'eau et sortit quand elle le vit.
- Viens te baigner, l'encouragea-t-elle, d'excellent humeur.
Edward retirait à peine ses chaussures et son tee-shirt qu'elle plongea en l'aspergeant. Il marmonna un « gamine » agacé en sortant son portable et ses cigarettes humides de sa poche.
Bella remonta sur son matelas et regarda Edward en maillot.
- Tu as les jambes blanches, lui lança-t-elle en riant. Le commentaire joyeux n'avait rien de méchant, contrairement aux insinuations de la veille. C'était la Bella d'ordinaire, celle qu'il avait appris à aimer. Pas la garce froide et revancharde qu'elle devenait parfois. Edward se souvint de leur première rencontre, quelques heures après la mort de James, Bella avait été parfaitement insupportable. Ensuite, il songea à leur rencontre suivante, le jour de l'interrogatoire. Elle avait habilement joué de ses intonations, de ses gestes, calme, déterminée, alternant entre chaleur excessive et froid glacial. Contrôlait-elle parfaitement ses humeurs ou les laissaient-elles divaguer librement ?
Edward chassa ces pensées, il s'attarda sur les courbes attirantes de Bella que sa peau halée rendaient encore plus désirables.
- Je n'ai pas pris de longues vacances contrairement à toi.
Il sauta dans l'eau à son tour. Elle avait raison, c'était presque assez chaud pour un bain juste assez frais pour rafraîchir la peau.
- Ce n'étaient pas des vacances … le contredit-elle.
- Du travail alors ? Tu n'es pas restée enfermée, tu as l'air de revenir d'un séjour à Hawaï.
- J'ai terminé mon bouquin. Presque cinq-cents pages.
- Et comment est la fin ?
- Morbide.
Pourquoi avait-elle l'air de le regretter ?
- Aucun changement. Elle le tue ?
- Oui.
- Pauvre gars…
- Elle pense qu'il fallait qu'elle le fasse.
- Elle est folle alors ! s'exclama Edward.
Bella sourit et ferma les yeux.
- C'est presque certain.
- C'est probablement ce qui fait que tes romans sont si bons, supposa Edward, pensif.
- Et c'est bien la première fois que tu me fais un compliment la dessus !, dit sèchement Bella.
Edward plongea sous l'eau et remonta sous le matelas. Bella tomba dans l'eau et ne remonta que quelques secondes après en recrachant de l'eau.
- C'est moi que tu traites de gamine ?! s'écria-t-elle en projetant des gerbes d'eau autour d'elle.
- Je manifeste mon mécontentement.
- Tu as toujours réponse à tout !
- Je me demande à qui j'ai pris ça … Et puis … je suis en colère pour hier. Je n'ai pas aimé la façon dont tu as agis.
Il pointait son index sur elle, remarquant à peine à quel point c'était malpoli. Bella leva les yeux au ciel.
- Il fallait que tu fasses comprendre à cette fille qu'elle ne t'intéresse pas.
- Je ne l'aurais pas revu sachant que tu étais là…
Edward s'approcha de Bella, mais elle l'évita en se rendant du côté opposé.
- Ça aurait traîné des semaines, tu te serais senti désolé… C'est mieux comme ça.
- C'était … blessant. Pour elle, autant que pour moi.
- Dans ce cas … Tu n'es pas obligé de rester avec moi si tu ne veux pas, fit-elle, en détournant la tête.
- Je veux être avec toi, assura Edward.
Bella sourit.
- Attrape-moi alors.
Quelques brasses suffirent, il la poussa contre le rebord et elle glissa ses mains derrière sa nuque. Il se rapprocha assez pour remarquer qu'elle avait semé son bas de maillot sur le chemin.
- Tu ne perds pas de temps… murmura-t-il près de son oreille.
- Jamais.
Son regard se fit plus vif, définitivement licencieux. Edward tira lentement la ficelle qui retenait son haut. Bella l'embrassa à pleine bouche, elle taquina ses lèvres un long moment puis trouva sa langue et ne la lâcha plus. Lorsqu'elle l'abandonna, il descendit ses lèvres jusqu'à son cou et l'embrassa, le caressa, jusqu'à ce que la peau soit rougie par ses mordillements et le frottement de ses joues légèrement râpeuses. Bella ferma les yeux un long moment et se laissa porter par la bouche et les mains d'Edward. Sa bouche qui descendit jusqu'à ses seins, et leur offrit un traitement tout aussi franc. Les soupirs de Bella prirent de l'intensité rapidement, ses doigts éloignèrent Edward de sa poitrine à contrecœur. Elle se hissa sur ses bras et attrapa une serviette avec précipitation. Edward la rejoignit et les y enveloppa tous les deux, puis il posa ses mains sur ses fesses et la souleva pour qu'elle noue ses jambes autour de lui.
Leurs yeux impatients se cherchèrent un instant.
- Y'a des capotes dans la chambre du bas.
Edward passa la porte vitrée et allongea Bella sur le lit, dans l'une des trois chambres qui ne servaient jamais qu'à quelques coups d'un soir. D'où le paquet de préservatifs.
Il l'embrassait avec impatience. Il s'était frustré seul à penser sans cesse à elle, à ses mains, à son toucher. Il finit par se serrer contre elle, à les en étouffer l'un et l'autre. Leurs peaux humides se frottaient, se collaient plus que d'ordinaire, comme si elles s'attiraient l'une à l'autre. Malgré ces trois mois, ils connaissaient encore sur le bout des doigts, savaient comment faire frissonner l'autre. Bella taquinait déjà Edward à l'en rendre fou. Elle promenait ses doigts sur lui, sur son ventre sensible. Il voulait lui hurler de descendre ses doigts, mais elle prenait désespérément son temps pour le toucher. Il déglutit quand il sentit la main de Bella remonter. Elle s'approcha doucement de ses lèvres et les caressa des siennes, ne faisant qu'attiser des désirs déjà trop ardents. Brusquement, elle redescendit sa main, avec un sourire trop coquin pour être honnête. Elle passa sous le maillot de bain d'Edward, le descendit et effleura ses fesses. Toutes les femmes vouaient un culte aux fesses d'Edward, Bella comprise. Et lui voulait prendre cette main, et ordonner à Bella de lui faire du bien. Il voulait que Bella fasse ressortir son côté canaille, sauf qu'elle était déterminée à le torturer en prenant son temps. Il chercha la friction en s'appuyant plus fortement contre elle. Elle gémit en sentant la grosseur de son amant contre sa peau nu et repoussa Edward pour qu'il se débarrasse de son maillot. Elle le poussa à se mettre sur le dos et prit le membre gonflé entre ses doigts pour le choyer un instant. Rapidement, le désir prit le pas et elle couvrit le sexe d'Edward d'un préservatif avant de le pousser en elle. La respiration d'Edward, coupée une seconde, reprit à un rythme haché. Le rythme des mouvements langoureux de Bella sur lui. Il aimait définitivement qu'elle domine leurs ébats ainsi. C'était elle qui lui faisait l'amour et qui les menaient au plaisir absolu. Il ne pouvait que se laisser faire et admirer le corps en mouvement au-dessus de lui. Les fesses de Bella étaient à portée de ses mains, il les caressa, la rapprocha encore plus de lui puis lui imposa un mouvement plus rapide. Les seins de Bella n'étaient qu'à quelques centimètres, ils les lécha, les mordilla, les titilla à tour de rôle en la regardant soupirer. Jusqu'à ce qu'elle se resserre sur lui, jouisse silencieusement et l'entraîne avec elle au septième ciel. Il ne pouvait pas résister, elle entraîna son orgasme à lui aussi, inévitablement. Edward ferma les yeux en se libérant, Bella semblait être incapable d'arrêter les frémissements de son corps et lui envoyait de nouvelles décharges de plaisir. Il plana une minute ou deux comme enrobé dans du coton.
Bella effleura une dernière fois ses lèvres puis s'allongea à ses côtés maladroitement. Elle avait gardé les yeux fermés, son corps étaient encore tendu, il fourmillait des restes de son orgasme.
Comme toujours, la sensation ne dura pas, quoi qu'ils fassent pour la prolonger.
Edward avait clos ses paupières et se rassasiait du simple contact de la jambe de Bella contre la sienne. Il était heureux, simplement il se disait qu'il n'aurait pu avoir passé un meilleur moment au creux des bras de la femme qu'il aimait et que, même s'il n'était pas certain qu'elle lui retourne ses sentiments, il savait néanmoins deviner aux tortillements de plaisir brut de Bella que cette étreinte ne serait pas la dernière. Mais, il gardait espoir, peut-être que Bella surmonterait ses craintes et lui dirait les mots qu'il voulait entendre. Il était quasiment persuadé qu'elle pensait ces mots depuis longtemps déjà. Ou alors, rien.
Il aurait voulu l'aider, lui donner confiance. Il souhaitait désespérément qu'elle l'aime au point d'en souffrir comme lui-même en souffrait. Il désirait qu'elle sente ses entrailles la brûler de passion, qu'elle bouille de jalousie, qu'elle sente son cœur éclater d'un trop plein d'amour destructeur. Lui, ressentait cela, comme jamais auparavant.
Il tourna la tête quand elle remua. Elle ne partait pas, elle cherchait des cigarettes comme toujours. D'un même mouvement, elle remit sur la table la boîte de préservatifs qu'ils avaient entamés.
Une véritable invitation.
- Je préfère sans, chuchota Edward à l'oreille de Bella.
Bella fumait d'un air absent, la tête encore palpitante de plaisir. Elle passa distraitement ses doigts dans les cheveux d'Edward.
- Tu feras un test, répondit-elle.
Edward se sentit vexé qu'elle ne le croie pas capable de prendre ses précautions.
- Toi aussi.
Bella poussa un long soupir résigné et se tourna vers Edward. Elle le fixa.
- Il n'y a aucun risque … parce que je n'ai couché avec aucun homme depuis … mon départ.
Edward haussa les sourcils, plein d'espoir. Il eut une pensée amère. Serait-elle finalement devenue monogame ?
Finalement, elle cessa de le regarder, elle lui tourna le dos. La façon dont il interpréta ce geste se révéla très juste. La honte. Bella avait honte de ne plus désirer que lui, et plus encore d'avoir changé son mode de vie à cause de lui.
- C'est pour ça que j'étais en colère quand j'ai su pour Irina. Je sais qu'on n'était plus vraiment ensemble … marmonna-t-elle, si doucement qu'il put à peine distinguer ses mots.
- Je ne l'aurai jamais touché si j'avais su que … finalement, tu crois à l'exclusivité…
- J'y crois uniquement parce que je ne veux pas qu'une autre te touche. Je suis désolée de t'avoir trompé.
Elle ne vit pas Edward sourire, mais le bras affectueux qu'il passa autour d'elle la réconforta un peu.
- Pas de coucheries à droite et à gauche, alors ?
- Je te le promets.
Les lèvres d'Edward s'étirèrent, puis il les posa plusieurs fois dans le creux du cou de Bella. Il la renversa doucement sur le dos et se plaqua à elle pour coller leurs fronts.
- Si tu es là, je n'ai pas besoin d'un amant supplémentaire, reprit-elle, une lueur dans l'oeil. Regarde-toi, à ton âge, tu bandes encore aussi vite qu'un adolescent !
- Quoi mon âge ? s'offusqua Edward.
Pourtant, la paix était revenue.
- J'ai faim, couina Edward, bien après l'heure du repas de midi qu'ils avaient sauté.
Edward était arrivé à la villa aux alentours de onze heures. Ensuite, ils ne s'étaient pas baignés longtemps, puis étaient passés à un autre genre d'activités, plus prenantes.
En fait, Edward, contrairement à Bella, tenait à ses trois repas par jour sans compter que son estomac de « mâle » criait famine après certains « efforts intenses ». Il déambula jusqu'à la cuisine, croisa Carlo, qui miaulait devant sa gamelle vide, nourrit le chat, et prépara un plateau avec ce qu'il put trouver.
À son retour, le lit était désert mais la douche coulait dans la salle de bain attenante. Il passa la porte, animé par quelques intentions pas tout à fait louables et rentra directement dans la cabine embuée en attrapant Bella par la taille. Elle rinça ses mains pleines de shampoing avec un claquement de langue agacé et le repoussa en dénouant ses mains. Edward rigola, toujours de bonne humeur et revint se placer derrière elle.
- Tu es tellement belle quand tu es toute mouillée comme ça, lui chuchota-t-il à l'oreille, la voix pleine de désir.
- Edward, soupira-t-elle. J'ai fini.
En réponse, il sourit et colla son érection aux fesses de Bella. Il lui suffisait de la soulever un peu pour la pénétrer.
- Tu m'as excité, il faut régler le problème maintenant.
Il fit une nouvelle tentative et l'attrapa doucement pas la nuque. Il voulait gouter une nouvelle fois à la peau humide de son cou et sentir ses formes mouillées bouger contre lui.
Elle gâcha son fantasme : « Branle-toi. Tu t'es excité tout seul. »
Edward porta sa main à son membre dur en lançant un regard joueur à Bella. Il commença à se caresser mais elle l'ignora avec dédain en continuant à essorer ses cheveux.
- C'est vraiment étrange, les femmes adorent faire ça sous la douche d'ordinaire…
- Je n'aime pas, je vois pas ce qu'il y a d'étrange à ça.
- Est-ce que je peux espérer te convaincre ?
- Je ne crois pas. Je ne supporterai pas … les carreaux aux murs. Je ne peux pas les toucher. C'est rectangulaire … c'est lisse … Je pense à des glaçons … Je déteste les glaçons, les normaux, ceux des bacs … tout carré… C'est une phobie.
Edward la regarda, elle rentrait légèrement la tête dans ses épaules, avait du mal à s'expliquer, ses sourcils se fronçaient face à cette peur infondée. Peur des glaçons et des carrelages de douche… C'était trop bizarre pour en rire.
- Tu ne plaisantais pas quand tu as dit que tu n'aimais pas ce qui était lisse, comme les glaçons ?
- Non, c'était vrai. Ma mère avait une peinture, quand j'étais enfant… un iceberg, totalement lisse et rectangulaire … un gros glaçon. Il était en face de la douche, dans la salle de bain. Un jour, le verrou de la salle de bain s'est coincé, et la lumière s'est éteinte. Je suis restée dans cette minuscule salle … je touchais les murs … j'avais l'impression d'être dans l'iceberg. J'étouffai… J'étais vraiment claustrophobe étant petite, et j'ai cette impression d'être enfermée quand je touche de la glace ou ce qui peut s'y apparenter… C'est totalement fou, mais tu ne me feras jamais toucher ce mur.
Elle sortit - sans s'approcher des parois glacées -, se drapa d'une serviette et attrapa un peigne à larges pics.
Edward récapitula pour lui-même, une nouvelle fois. Cette fille-là, a la trouille des glaçons et des salles de bain. Il se frotta l'arrière du crâne, espérant sortir de sa transe et se dire qu'il avait mal compris.
- Tu dois me prendre pour une cinglée cette fois …
- Et bien … je pense que tu devrais … sérieusement … - Il hésita. - Que dit la psychologie de ton étrange phobie ?
- Je suppose que je devrais me convaincre que cette peur est irrationnelle et que mon imagination me joue des tours.
- L'inconscient, tu sais … C'est un peu n'importe quoi, fit Edward en se rappelant ses cours de philosophie.
- Et les psychologues sont des charlatans, plaisanta Bella.
- C'est certain. Des putains de charlatans qui coûtent cher ! – Complice, il esquissa un sourire. - Et sinon, tu sais … On n'était pas obligé de faire quoi que ce soit. Je veux dire … généralement, les filles aiment les massages, qu'on leur frotte le dos … ces choses-là. Il suffisait de me dire que tu n'aimais pas toucher les carreaux …
- J'avais fini de toute façon. De quelle fille parles-tu ?
- Hum … Toutes.
Bella eu comme une vision d'horreur. Edward et Rosalie enlacés, sous le jet. Rosalie criait, pendant qu'il bougeait derrière elle par mouvements saccadés.
Elle repoussa cette idée, mais se sentit le besoin de contrattaquer. Elle avait dévoilé une fragilité, et ne voulait pas paraître fragile. La facette la plus impitoyable de son caractère fit surface.
- Dis-moi … tu as aimé baiser Irina ? Tu as aimé la faire crier, la plaquer contre ton mur comme une pétasse … Est-ce que tu l'as prise par derrière ? demanda-t-elle, d'une voix égale aux inflexions pourtant vulgaires.
- C'est vrai qu'elle a crié, fanfaronna Edward.
Bella balança sa serviette dans la baignoire, suivie de près par sa brosse elle entra de nouveau dans la douche et fourra littéralement sa langue dans la bouche d'Edward avec colère. Elle se jeta sur lui, ses pieds ne touchaient même plus le sol. Ils s'embrassèrent un moment… Son doigts effleura malencontreusement le mur, elle le retira, sentant la sensation de froid se propager en elle jusqu'à son épaule. Elle l'ignora et relâcha Edward pour lui tourner le dos. Elle se pencha en avant jusqu'à sentir le membre d'Edward sur le point de la pénétrer. Mais il caressa sa chute de rein et s'immobilisa malgré son désir.
- Alors quoi ? Tu hésites ? Tu ne veux pas me baiser comme ta petite pute blonde ? le défia-t-elle.
- Bella, ronchonna-t-il en traînant sur le 'a'.
- Quoi ? C'est bien ce que tu veux ! T'es compliqué parfois.
Elle secoua la tête et sortit de nouveau. Elle retrouva son calme et son humeur habituelle.
- Ta moralité te perdra, rigola-t-elle en retournant à son brossage de cheveux.
- Et toi, ce sera ton impulsivité et tes sautes d'humeur. Et ta phobie bizarre.
Elle rit doucement. Edward sortit à son tour de la douche et enroula une serviette autour de ses hanches.
- Qu'est-ce que tu aurais fait si on avait vraiment baisé sous cette douche, Bella ? Si je t'avais poussé contre ce mur … lui demanda-t-il en regardant d'un œil vicelard sa chute de rein penchée vers l'avant par-dessus l'évier.
- Je te jure que si je touche ce truc glacé … je pique une beuglante … Puis j'aurai fait la gueule, répliqua-t-elle, ne riant plus du tout.
Elle vit qu'il prenait sa réponse à la légère.
- Et la grève, ajouta-t-elle sèchement. Je t'aurais tellement allumé que tu te serais payé une chatte en plastique sur le net.
- Celle-là au moins ne remue pas comme un ver la nuit ! la taquina Edward.
- Je ne me tortille pas ! rétorqua Bella. Méfie-toi que je ne te remplace pas par une bite en silicone, abruti. Ce genre de truc ne laisse pas de poils dans la douche !
Edward haussa un sourcil, puis se tourna vers la cabine. Il fit grise mine quand il remarqua qu'hélas, elle avait raison.
L'après-midi, puis le début de soirée filèrent à toute allure pour Edward. Une balade sur la plage grappilla une heure, puis ils remontèrent dîner doucement. Ils s'étaient pris la main et ne se lâchèrent pas. Ensuite, Bella rentra sa voiture au garage, en passant un petit coup de chiffon maniaque sur les traces de doigts de la portière. La Ferrari blanche délaissée allait dormir dehors, à côté de l'affreuse bagnole déglinguée d'Edward.
La soirée débuta au whisky, continua au whisky, et termina à la marijuana expressément ramenée d'Amérique du Sud. Allongée sur le canapé du salon Bella fixait le plafond, traitant tranquillement avec sa petite fumette, alors qu'Edward sirotait un verre de whisky écossais.
Elle se tourna soudainement vers lui, lorsqu'il se dirigea vers le congélateur.
- Edward, si tu à l'audace de mettre des glaçons dans ce whisky ci, je te jure que je te plante ton fichu pic à glace entre les deux yeux. Si tu veux des glaçons, tu prends une bouteille de Jack à vingt dollars mais pas mon whisky pur malt !
Les paupières de Bella s'étaient abaissées, et elle suivait les mouvements d'Edward d'un regard venimeux, il ralentit ses pas à l'approche de la cuisine, et fit demi-tour, complètement soumis par les yeux mauvais de la maniaque qui le regardait. Apparemment, elle se foutait qu'il boive son whisky à prix d'or, mais il fallait qu'il le boive bien : sans glaçon, sans soda, nada, rien. Whisky sec, pas comme ils buvaient tous deux leur Jack Daniel's d'habitude. Edward était bon élève, il n'aurait fait d'outrage ni à cette bouteille de dix-huit ans d'âge, ni à Bella.
- Tu n'oserais pas quand même ?
Elle le regarda, amusée, un sourire un peu tordu aux coins des lèvres.
- Non. – Elle marqua une pause – Dieu merci, je ne suis pas aussi retors que mes personnages.
Seulement, elle avait réussi à l'angoisser, en les replongeant dans le sinistre sujet « pic à glace meurtrier ».
Pourtant, l'air de rien, pas en colère pour deux sous, Bella était retournée à son joint et à ses éléphants roses. Sa menace en l'air avait rendu Edward morose, mais elle ne s'en aperçu qu'à peine.
Vu de l'extérieur, par vous chers lecteurs, et par moi, votre narratrice, ils ont un fort air de drogués : deux arsouilles de drogués. Pas très joli à voir, n'est-ce pas ? Ça commence avec d'innocentes petites baignades, quelques taquineries, ça passe par la case chambre à coucher, puis, on entame le lourd : l'alcool et le cannabis. Vous êtes d'accord, dans Basic Instinct aussi bien que ici dans Acid Instinct, aussi géniales que le soient Catherine Tramell et Bella Swan, aussi naïvement innocent que puissent l'être Nick Curran et Edward Cullen … - Sex, drugs, and rock 'n roll - ils sont loin d'être des modèles à prendre.
Justement, Edward se demanda qu'elle genre de vie il avait, et comment Bella tenait une demi-bouteille de Jack Daniel's avec ses cinquante-cinq kilos toute mouillée. Le fait est que le style de vie qu'elle menait la déprimait de jours en jours, la rendait irritable et agressive. Par moment, elle réalisait qu'elle était incapable de s'occuper d'elle-même, parce que lorsqu'elle n'était sous l'effet d'aucun excitant notoire, elle se plongeait corps et âme dans ses livres jusqu'à en oublier de manger. Et, encore, elle se persuadait qu'elle n'était dépendante de rien, alors qu'il lui était arrivé de piquer des crises lorsqu'on l'avait empêché de boire et de fumer. Elle remplaça son joint par une simple cigarette et monta sur les genoux d'Edward. Il se mit à rigoler comme un con.
- Tu viens d'avoir une importante révélation ? fit-il en étudiant la mine sérieuse de Bella.
Ce n'était pas la réaction qu'elle attendait.
- Tu deviens intelligent quand tu bois ?
- Tu réponds à une question par une autre question ?
Elle soupira.
- Je crois que je vais arrêter de fumer, éluda-t-elle.
- Toi ? s'exclama Edward, renversé. Je te rappelle que c'est par ta faute que j'ai recommencé, tu ne peux pas me faire ça.
- Je ne t'ai poussé à rien, nia-t-elle.
- Tu crois que j'ai oublié ? : « Qu'est-ce que vous allez faire ? M'inculper pour fumage ? », dit Edward, se remémorant la scène.
Bella ricana sans modestie.
- Une des meilleures répliques de toute ma vie
- Je sais, j'ai adoré la leur ressortir quand ils m'ont interrogé… Bref, tu as tout fait pour que je me remette à fumer, il y a eu : « vous voulez une cigarette Edward ? », railla-t-il.
- C'est vrai ? Ils ont dû adorer ! Mais tu crevais d'en prendre une. Tu étais à deux doigts de me l'arracher, j'avais presque de la peine pour toi, se justifia Bella.
- Sainte Bella, sourit Edward.
- J'étais très en forme ce jour-là.
- Oui. Newton était au bord de l'infarctus. Surtout quand il t'a demandé si tu prenais de la drogue, et si tu aimais attacher les gens à ton lit.
- James était tellement drôle quand il était drogué… Il lui venait toutes sortes d'idées étranges, se remémora Bella.
Edward se tordit en une grimace écœurée.
- Mort, il était bien moins drôle.
- C'est certain… Totalement inutile.
- Tu l'aimais bien alors ?
- Oui. J'aimais bien coucher avec lui, dit Bella, citant ses propres paroles.
Elle regarda Edward dans les yeux. Il crut revoir le même regard vert déterminé et joueur que ce jour où il était venu la chercher ici, avec Emmett, pour l'emmener au poste et essayer de la coincer en la plaçant devant l'escadron entier de canards boiteux qu'ils étaient tous. Lui, Emmett, Walker, Newton et le Capitaine Talcott. Il se souvenait l'avoir ramené dans sa maison de San Francisco, il pleuvait ce soir-là. Ils avaient parlé de son absence de sous-vêtements.
Bella le ramena au présent, elle souleva sa main et la porta à ses lèvres pour embrasser ses doigts.
- James aimait trop se servir de ses mains. Ç'aurait été criminel de l'attacher. J'adore les mains, les doigts … lui murmura-t-elle suavement en lui embrassant ensuite le creux du cou.
Elle se citait encore, se rappelant précisément chaque mot qu'elle avait prononcé ce jour-là. Elle avait adoré l'expression des hommes dans la salle à ce moment précis. Ils avaient tous eu la même image en tête, forcément. Ils avaient tous eu envie de se jeter sur elle. Ils s'étaient tous vu près d'elle, lui prodiguant milles douceurs.
- On dirait que tu aimes jouer, s'exclama Edward en se levant et en écrasant Bella de son poids. Tu ne penses qu'à me mettre dans ton lit depuis le début.
- Vrai.
Il fit glisser ses mains dans le pantalon de Bella et empoigna ses fesses durement. Il la souleva et la laissa tomber sur le lit qui avait accueilli leurs précédents divertissements, à quelques pas à peine.
- J'espère vraiment que mon personnage meurt d'une façon intéressante !
- Et bien, en vérité, j'ai longuement hésité. J'hésite toujours, dit Bella, sérieuse malgré la position d'Edward au-dessus d'elle. Je vais présenter deux versions à mon éditeur.
- Quelle version à ta préférence en ce moment ?
- Elle l'étouffe avec sa propre ceinture, fit Bella, en dénouant celle d'Edward de son pantalon et en faisant un nœud coulant avec.
Edward lui caressait le ventre doucement et se pencha pour l'embrasser.
- Il n'y a que toi pour avoir des idées pareilles. Et cet imbécile se laisse faire ?
- Exactement. Il ne se doute pas qu'il ne devrait pas lui faire confiance. Ils sont en train de faire l'amour, il est distrait, elle passe la main sous le lit, attrape la ceinture et la passe d'un coup sec autour de son cou. Elle ne serre pas au début, mais ensuite elle attache la ceinture au lit et tire. Elle le laisse crever d'asphyxie au-dessous d'elle…
Edward la souleva et lui enleva son tee-shirt et son pantalon. Il retira son boxer et son tee-shirt et se replaça entre ses cuisses. Bella lui caressa les cheveux tendrement. Une minute après il la pénétrait.
Après quelques mouvements en elle, il sentit la main de Bella se placer sous son menton et le lui relever, puis d'un coup, la ceinture nœud-coulant se dressa et le captura. Il s'arrêta de respirer et de bouger. La main de Bella folâtra sur sa joue et son torse et elle donna un coup de hanche vers lui.
- Continue, bouge, maugréa-t-elle, la voix brumeuse de plaisir.
L'adrénaline prit possession du corps d'Edward et son désir monta en flèche, il ne put qu'obéir à Bella.
Elle jouit mais pas Edward, alors, elle desserra la ceinture et la jeta par-dessus son épaule. Edward haletait au-dessus d'elle et encore en elle. Il se retira et s'assit, mais déjà elle s'installait sur ses genoux et s'empalait de nouveau sur lui, lui tournant le dos cette fois-ci.
- Tu vas me rendre fou, Bella, dit-il contre son oreille alors qu'elle reprenait ses mouvements de haut en bas.
Il referma ses mains sur ses seins, comme s'il se l'appropriait.
- Fou de désir, dit-elle difficilement entre deux respirations précipitées. Fou de moi.
- À en crever !
Il poussa un râle de plaisir. Encore insatisfait pourtant, il n'arrivait pas à se rassasier d'elle.
- Si tu savais le bien que tu me fais … Je suis tellement dur … Tu me sens dans ta chatte … ? Tu sens comme ma bite est dure et comme j'aime te baiser … ? T'es tellement mouillée …
Il lui attrapa les poignets et donna un coup de rein en avant pour qu'elle se mette à genoux. Sans sortir d'elle, il la poussa à se mettre à quatre pattes complétement et approcha de nouveau sa bouche de son oreille.
- Bordel de merde… J'arrive pas à croire que t'ai pu m'exciter comme ça … Je vais devoir te baiser encore et encore Bella, chaque fois que je vais y penser je vais devoir te baiser.
Maintenant, il peinait à contenir le chevrotement de sa voix, abimée par les prémisses de son plaisir imminent.
Une minute plus tard, il jouit à grands jets, entrainant Bella avec lui.
- On a oublié la capote, rigola-t-il.
Il effleura les traits pensifs de Bella, elle était ailleurs. Probablement encore au paradis. Elle songeait que le paradis ne serait pas digne de ce nom si, là-haut, un Edward ne lui chuchotait pas des mots cochons en s'enfonçant en elle à grands coups de butoir.
- Et dans l'autre version ? Comment le tue-t-elle ? s'enquit-il soudain, afin de connaître le fin mot de l'histoire.
- Quelques coups de pic à glace… dit Bella, sortant de sa rêverie érotique.
Edward leva les yeux au ciel.
- Charmant …
- Imaginatif, corrigea-t-elle.
- Deux personnes sont déjà mortes ainsi.
- Trois, en vérité.
- Ah oui … Hockley, Boz et … Em-Emmett … hésita Edward, Ça doit faire un mal de chien, marmonna-t-il ensuite.
- Ils n'ont pas eu le temps de sentir grand-chose, en fait.
Il lui jeta un coup d'œil. Elle fixait le vide, le visage impassible.
- Il faut avoir le cœur plus dur qu'une pierre pour pouvoir faire ça, continua Edward.
Bella acquiesça elle attrapa machinalement son paquet de cigarettes, puis se souvenant de son désir d'arrêter cette cochonnerie, elle le lança à l'autre bout de la pièce d'un geste sec et enfoui son visage dans l'oreiller.
- Bella, appela soudain Edward. J'ai peur que ça ne soit pas fini. J'ai peur qu'on se soit trompé d'assassin, et que ça n'ait jamais été Rosalie, mais une machination. J'ai rendu visite à Tanya, et elle avait reçu des livres, qui parlaient de meurtres, des romans noirs. Et il y avait un message, sur Car Crash. Je crois que c'étaient des menaces, que j'étais le seul à pouvoir interpréter. C'était signé d'un pic à glace.
- Qu'est-ce que ça disait ?
- Ça me disait de ne pas essayer de la revoir, et je crois … que la menace était de provoquer un accident de voiture.
Bella se dressa sur ses bras en une seconde, les yeux presque écarquillés, elle sauta vivement du lit, et se précipita hors de la pièce. Un instant plus tard, elle jetait un exemplaire d'Iceberg sur le lit. Elle souleva la couverture et la tint devant les yeux d'Edward. Il sentit son cœur battre à s'en déchirer la poitrine.
« Je n'en n'ai pas fini. » disait la note.
- Je croyais que c'était de mon éditeur … J'ai vu la dédicace … Je n'ai pas … Bon sang !
- Quand ?
- Pendant mon absence. Il y a une date sur le paquet….
Ils se penchèrent sur le papier avec urgence.
- Il .. il a été posté une semaine après la mort de Rose…
Bella s'assit sur le lit. Tremblante, elle referma le livre du bout des doigts et se couvrit du drap. Edward aussi avait senti un courant glacé passer au-dessus d'eux, une ombre, qui peut-être les surveillait maintenant.
- Ce n'est pas fini.
Elle avait enfoui sa tête dans ses mains et cherchait ce qu'elle devait éprouver en cet instant. Elle n'éprouvait rien. Toute émotion l'avait désertée.
Le surlendemain, Edward reçu un paquet semblable. Un exemplaire d'Iceberg lui aussi. Avec une mention différente : « Trop tard pour te retirer du jeu. Cherche-moi. Moi, je ne vous oublie pas. »
Il se précipita vers la fenêtre, chercha à croiser un regard dans la rue, une personne qui attendrait de voir sa réaction à l'ouverture du paquet. Rien.
Le regard déterminé de Bella le surprit. Il resta bouche bée quand elle fit trois pas en arrière, puis sortit en un coup de vent. Il l'entendit dévaler les escaliers, se demanda où elle courrait ainsi, puis téléphona à sa psy pour avoir un rendez-vous rapidement.
Alice avait deux heures avant d'aller travailler, elle terminait ses cartons. Elle déménageait de son appartement pour un autre dans une grande tour moderne, juste au-dessus de son cabinet.
D'un coup d'œil circulaire, elle examina l'état de son salon : un vaste chantier. Tout était emballé mis à part le canapé. Sortant l'aspirateur, elle passa soigneusement entre les coussins avant de les retirer et de les emmailloter de plastique. Au milieu de quelques moutons de poussière et près d'un stylo, elle tomba sur un petit cahier. Elle ne l'avait jamais vu. Elle en souleva la couverture usée et fut attirée par une note manuscrite.
« Pour tes 20 ans cher Jasper. Puisse ce carnet être un meilleur confident que moi. »
Et en dessous, quelques mots de l'écriture penchée de Jasper :
« Journal secret d'un musicien torturé. Interdit à tout le monde sauf à moi ».
Une larme coula le long de la joue d'Alice et s'écrasa sur le prénom : Jasper.
Mais ce qui attira le plus l'attention d'Alice fut un morceau de papier plié sous la couverture. Un ticket de caisse de chez Wallmart.
WALLMART San Francisco Center
QUINCAILLERIE
PIC GLACE $ 1
PIC GLACE $ 1
PIC GLACE $ 1
PIC GLACE $ 1
PIC GLACE $ 1
PIC GLACE $ 1
= TOTAL ( 6 art. ) $ 6
Espèce $ 50
** Rendu monnaie $ 44
27/08/2011
Qui d'autre que l'assassin au pic à glace aurait pu en acheter 6 exemplaires ?
Alice tourna les pages du carnet avec frénésie, et s'arrêta aux derniers mots de Jasper.
Il faut que j'éloigne Edward d'elle ... Il ne se rend pas à compte à quel point tout cela pourrait devenir dangereux.
Voilà pourquoi Jasper avait tenté d'intimider Edward au volant de la voiture de Bella.
Voilà.
Je me suis lâchée sur le lemon là ! Oulaaaaaaaa ! De vrais chauds lapins !
Bon, et bien il semblerait que le mystère soit encore entier ... et que Jasper ai su qui était l'assassin ... (Ce n'est pas lui, rappelons que notre assassin possédait une charmante paire de seins qui plaisaient beaucoup à James ^^)
Comme toujours, à vos reviews ... suppositions, idées, suggestions ... Certaines personnes se rapprochent de la vérité. De toute façon il ne reste que peu de chapitres.
Vous êtes contentes que Bella soit revenue ? Et qu'elle ait .. gentiment débarrassé Edward d'Irina ..
J'espère aussi que vous avez fait le lien avec la première fois d'Edward et Bella dans cette histoire .. où elle s'était également amusée à lui foutre les chocottes ...
La petite partie où je parle d'Acid Instinct et de Basic Instinct m'ai venue comme ça, il était deux heures du mat'. Ouais, c'est mon grain de sel dans cette histoire, mon petit commentaire personnel. J'avais envie de donner mon avis ^^
A bientôt ! Au prochain chapitre, nous verrons probablement un peu mieux ce que contient le journal de Jasper ... et ce qu'il avait trouvé sur l'assassin. Nous aurons d'ailleurs rendez-vous avec une psy. C'est vrai, il est temps de voir ça de plus près !
A vos reviews !
Demandez le teaser !
Le 01/09/2012.
