Bonjour tout le monde !

Je ne pensais pas poster autre chose avant le bac (beurk !) mais tous vos encouragements m'ont fait chaud au cœur !

Je tiens à remercier Chocolate Kangoo, Baka27, , Incarndu91, VegetaYouShoulveComeOver, Yuya-Hime ma 50ième reviewveuse !

Promis, pour la centième review, je vous fais un chapitre spécial ! Si vous avez des idées, des envies, faites-moi en part ! Point de vue d'un autre personnage, situation cocasse, foire aux questions, et que sais-je d'autre, n'hésitez pas ! :D

Chapitre 11
Jusqu'en enfer.

Tremblante, j'entrepris de nettoyer le lavabo et de me laver les dents. Moins de deux minutes après ma découverte, j'étais hors de la salle de bain et dix secondes plus tard j'étais roulée en boule sous mes couvertures, dans ma chambre. Putain, putain, PUTAIN ! C'était quoi ça ? Qu'est-ce qui arrive à mes yeux ? Ils étaient normaux hier, rond et d'une couleur dégueulasse comme d'habitude ! Ça n'allait pas du tout, mais alors pas du tout ! Roulée en boule dans mon lit, je sentais une panique insidieuse remonter le long de ma colonne vertébrale. Je me mis à haleter, incapable de reprendre mon souffle, sentant des larmes cascader le long de mes joues. Au bout de vingt minutes de crise, je finis néanmoins par me calmer et, l'esprit de nouveau à peu près clair, à me mettre à réfléchir. J'écartai tout de suite les comment, pourquoi et autres questions existentielles : je connaissais parfaitement la réponse, ce qui par contre ne me permettais pas d'envisager l'avenir avec calme et décontraction. Non, le problème le plus urgent était de savoir comment diable j'allais bien pouvoir cacher ça au groupe d'AVALANCHE. Au bout de quelques secondes de réflexion, j'écartai « rester enfermée dans ma chambre », « me crever les yeux » et autres joyeusetés de la liste des solutions probables et concrètes. Bon, il ne me restait plus qu'à éviter de trop lever les yeux vers eux, et surtout d'éviter de croiser leur regard. Faisable, si je gardais une attitude décontractée à côté. Parce que sinon, bonjour les soupçons, genre « celle-là, elle a définitivement un problème », Alors calme, décontraction, et tout plein d'adjectifs que j'étais pour le moment incapable d'appliquer. Je commençai par sortir la tête de sous la couette, me permettant de respirer un peu mieux. Ensuite, je fis semblant d'être une bouddhiste convaincue : en tailleur, respirant profondément, et essayant de ne penser à rien. Autant pour le bouddhisme, ça n'avais aucun effet. Grommelant, je finis par me lever et faire les cent pas dans l'espace exiguë de la chambrette. J'en regretterais presque celle de Vincent et sa plus grande superficie, tiens ! Prenant mon courage à deux mains, je décidai de sortir de la pièce. Tant qu'à crever, autant le faire le plus vite possible. Je rejoignis bien trop vite à mon goût la pièce à vivre du vaisseau. Comme d'habitude, tout le monde vaquait à ses occupations. Tifa lisait sur le canapé, Cloud, perdu dans ses réflexions, assit en face d'elle. Cait Sith et Nanaki semblaient être en train de convaincre Yuffie de leur faire un gâteau, ce à quoi la ninja répliquait qu'elle ne connaissait aucune recette de pâtisserie qui puise donner quelque chose de comestible. Cid était à la barre du Shera, et regardait par les vitres l'immensité qui s'étendait devant lui. Et bien malgré moi, j'en eus le souffle coupé : le spectacle qui apparaissait devant moi était splendide. Oubliant toutes mes résolutions, je me perdis à mon tour dans la contemplation du paysage.

- Tu n'as jamais pris l'avion.

Ce n'était pas une question mais une affirmation. Sans me tourner, je répondis à Vincent.

- Non, jamais. En fait, je n'ai pratiquement jamais bougé de chez moi.

Je sentis son regard sur moi, mais à mon plus grand étonnement, aucune peur ne me prit au ventre.

- Tiens, ceci t'appartient. Ta planète est intéressante à étudier.

Surprise, je tournai enfin mon regard vers le vampire. Il se tenait à une distance plus qu'importante de moi, ce qui me fit penser qu'il se souvenait de ce que j'éprouvais en sa présence. Sans flancher, je récupérais le classeur qu'il me tendait, et je me permis même un grand sourire de remerciement. Bien sûr, je n'étais toujours pas à l'aise en sa présence, mais au moins je n'avais plus les genoux qui tremblaient ou les paumes moites. Il me faisait le même effet qu'un être humain normal, à présent. Il fronça les sourcils en me dévisageant, mais je baissai presque aussitôt le regard. Il dut prendre cela pour la peur que je ressentais en sa présence, car il n'insista pas. Ouf. Replongeant mes yeux bizarres dans le paysage, j'entrepris de découvrir pourquoi je n'avais plus une trouille bleue de l'homme aux yeux sanguins. La réponse fut très longue à venir. En fait, j'y réfléchissais toujours lorsque Yuffie m'appela en renfort pour l'aider à préparer un gâteau à la fraise. Apparemment, ils ne connaissaient pas le chocolat, par ici. Le geste mécanique d'équeutage des deux kilos et demis de fruits me permit de faire le point. Je pense pouvoir affirmer aujourd'hui que la réponse m'a parue tellement évidente que je faillis crier eurêka en plein milieu de la cuisine. J'en avais moins peur parce que tout simplement il me paraissait maintenant humain. Le portrait que je m'en étais fait pendant les quelques jours où j'avais attendu sa venue me décrivais une espèce de surhomme, plus proche d'un superman que d'un Clark Kent. Une espèce de monstre de puissance, prêt à tuer les adolescentes innocentes d'un coup d'épée. Maintenant, en plus de m'être aperçue que c'était raté pour l'épée puisqu'il se battait à l'arme à feu (dont la crosse dépasse de sa cuisse droite), qu'en plus il ne voulait pas me tuer, j'avais découvert hier qu'il était un homme normal, qui pouvait lui aussi tomber malade et agoniser dans un lit pendant... Moins de vingt-quatre heures. Bon, d'accord, il n'était pas tout à fait normal, mais au moins me paraissait-il maintenant un peu plus humain. Je relativisais mes propos en me disant en mon fort intérieur que ce n'était pas demain la veille que j'allais aller de moi-même engager la conversation avec lui, et que de toute façon, plus loin il se tenait de moi mieux je me porterais. La préparation de la tarte (puisque apparemment notre ninja avait décidé que ce serait une tarte) continua sans d'autres soucis que ceux liés à un Barret trop gourmand qui plongeait les doigts dans la crème dès qu'on avait le dos tourné. Après avoir argumentée pendant dix minutes avec Tifa sur la quantité de sucre qu'il fallait mettre dans ce bon dieu de gâteau, nous l'enfournâmes avant de passer à la confection du reste du repas. Au menu, cuisses de Chocobos et pâtes. Le bonheur. Je prenais bien soins de garder les yeux baissés pour que personne ne croise mon regard, ce qui était assez chiant, surtout pour se déplacer sans regarder auparavant où on allait et surtout ce qu'il pouvait bien avoir sur le chemin, comme un Cloud ou un Barret affamé par exemple...

- Alix, par pitié, regarde où tu mets les pieds !

- Désolée, Cloud !

Je mis la table en mode petite souris, faisant rire tout le monde car je n'osais pas décoller mes yeux des assiettes. Comme d'habitude, ils interprétèrent ça de travers.

- Je veux bien croire que tu es maladroite, mais tu sais, une fois sur la table, ces assiettes ne craignent plus rien ! ricana Cait Sith.

Nous finîmes malgré cela par nous mettre à table. Comme d'habitude, Tifa remplit consciencieusement mon assiette, avec une portion qui pouvait rivaliser avec celle servie au garçon et au lion du groupe. Yuffie, elle, ne mangeait presque rien à cause de son mal des transports et Tifa avait un appétit normal pour une femme de sa constitution. Bref, je passais pour la goinfre de service, vu que je mangeais plus que ce que je le devrais. Cid nous rejoignit au milieu du repas, s'asseyant au milieu d'entre nous. Je m'empressai de lui servir une bonne portion, sachant qu'il était responsable de notre survie à tous.

- On arrivera à Nibelheim demain en fin de matinée, si tout se passe bien.

Sa déclaration fut suivie de réactions plus ou moins heureuses. Yuffie sautait presque de joie alors que Vincent et Cloud faisaient clairement la gueule.

- Vous pensez vraiment que toutes les réponses se trouvent dans ce village ? finis-je par demander.

- Il y a des chances, répondit Barret, puisque les autres ne semblaient pas vouloir s'étendre sur le sujet. Si on ne trouve rien sur comment te faire rentrer chez toi, on trouvera bien quelque chose capable d'expliquer la suractivité des monstres.

Je n'osais lui dire que la seule personne détenant le moyen de rentrer chez moi était une morte qui ne pouvait plus le mettre en action pour je ne sais quelles raisons stupides, et que du coup il fallait que je cherche par moi-même. Je pense qu'ils n'auraient pas apprécié le fait que, de un, j'ai rencontré Aerith et de deux qu'elle ne m'ait pas renvoyé chez moi quand elle le pouvait. Quoiqu'ils m'auraient peut-être traitée avec plus de considération. Je les laissais bavarder joyeusement, reprenant une nouvelle portion de viande. Rien de tel qu'on bon steak pour se remettre d'aplomb, comme dirait Yan. Sauf que pour le coup, c'était plutôt un bon morceau de cuisse de Chocobo et qu'en plus je la trouvais trop cuite, mais bon, on ne peut pas tout avoir dans la vie. Je fus bien entendu de corvée de vaisselle en compagnie de Cloud, qui semblait s'ennuyer à mourir sur ce vaisseau. Puis je partis me réfugier dans ma chambre, mon classeur de sciences à la main. D'ailleurs, j'avais été étonnée de le trouver dans les mains de Vincent, ce matin. Quand il m'avait dit qu'il me le prendrait quand il irait mieux, je pensais au moins qu'il me le demanderait, pas qu'il profiterait que je dorme pour se barrer avec ! Secouant la tête, j'entrepris de reprendre mes esprits : voilà que je faisais une crise de possessivité pour un classeur de la matière que je haïssais le plus au monde. Bon, d'accord, j'adorais les sciences de la vie, mais les sciences de la terre et moi, c'est comme les chats et l'eau : ils l'évitent quand ils le peuvent. Ronchonnant, je me laissai tomber sur mon lit, les bras sous la tête. Je restai la journée entière planquée dans cette pièce, jetant de temps à autre un regard par la fenêtre pour observer le paysage. Je finis par rejoindre la civilisation pour aider en cuisine, gardant comme toujours les yeux baissés. Nous mangeâmes en silence, dévorant les entrecôtes de porc et les légumes. Stressée, je ne parvins néanmoins qu'à avaler la viande, que j'avais pris soin de faire moins cuire qu'à midi. Le soir tombant, je rejoignis de nouveau ma chambre, prête à céder à Morphée.

-A-

Autant vous dire que, le lendemain, je connaissais mon cours de science par cœur. Je l'avais relu avant de me coucher, en espérant que ça me barberait assez vite et que je m'endormirais en quelques minutes. Échec complet. Je ne m'étais pas endormie avant trois heures du matin, et encore, et j'étais debout sur le coup des sept heures, les nerfs à fleur de peau. Hagarde, je pris mon petit déjeuner en compagnie des autres lèves-tôt (c'est à dire Cloud, Vincent et Cid, qui ne dormait pas beaucoup pour conduire le Shera à bon port) en silence et à grand coup de caféine, plus pour me motiver que pour me réveiller, car étonnement, j'étais en pleine forme. En pleine forme mais à deux doigts d'étriper quiconque viendrait m'adresser la parole. Peu désireuse de passer ma colère sur quelqu'un, je partis prendre une douche en espérant qu'elle me remettrait les idées en place. Peine perdue. Mon reflet me renvoya un regard aux pupilles maintenant clairement fendues et aux iris verts presque blancs aux reflets métallisés. Et vu mes sautes d'humeur, j'étais presque sûre d'être enceinte, surtout que j'avais repris de la poitrine. Beaucoup, beaucoup de poitrine. Je ne concurrençais certes pas Tifa (et que les Dieux m'en préservent !) mais j'affichais clairement autre chose que le 80A que j'avais obtenu après mon régime. Je n'osais pas jeter un regard à mon ventre, de peur de fondre en larme. Manquerait plus que ça, tiens. Je pris ensuite grand soin d'éviter tout le monde jusqu'à que Cid hurle qu'il fallait qu'on vienne tous puisqu'on allait atterrir. Je pris grand soin d'arriver la dernière et de me mettre en retrait, me faisant toute petite dans mon coin. Peine perdue car tout le monde tourna sa tête vers moi, me dévisageant avec étonnement.

- Tu fais ta timide ? me demanda nonchalamment Nanaki.

« Non, crétin, je me planque ! » eus-je envie de crier. À la place, je baissai les yeux et me rapprochai d'eux en traînant des pieds. Yeux qui s'arrondir d'étonnement quand je vis à peu près où on allait atterrir. Dans un coin perdu au milieu de nul part, à flanc de montagne, se dressait un petit village surplombé d'un immense manoir, château, habitation lugubre (barrez la mention inutile). Le choc du Shera touchant terre me fit reprendre mes esprits, et je regardai le petit groupe s'organiser.

- Qui fait quoi, alors ? demanda Cait Sith.

- Je descends au sous-sol du manoir déclara sombrement Cloud. S'il y a des informations, elles sont quelque part dans les archives. Vincent, tu viens avec moi ?

- Oui. Je t'aiderai à fouiller.

- Tu n'es pas obligé tu sais, Vincent. Personne ne te jugera si tu refuses d'y retourner, lui dit doucement Tifa.

Le vampire lui fit signe que ça irait, alors que je ne comprenais rien, comme d'habitude.

- J'irais avec eux ! s'exclama Yuffie.

Je traduisis sa phrase par un « je vais avec Vincent » quelque peu ironique.

- Bien, je pense que je vais aller poser des questions aux habitants, pour savoir s'il y a eu de l'activité autour du manoir ces derniers temps. Et savoir s'ils n'ont pas trop de problème avec les monstres, déclara Tifa.

- Bien je viens avec toi dans ce cas, lui répondit Nanaki. Cait Sith ?

- Je vous suis.

- Moi, je vais dormir un bon putain de coup, déclara sobrement Cid.

Et tout le monde se sépara sur ces paroles.

- Heu, et moi ? fis-je d'une toute petite voix.

Tout le groupe se retourna pour me dévisager. Ils m'avaient oublié, à première vue.

- Tu viens avec nous, déclara froidement Vincent, comme si c'était évident.

Yuffie me jeta un regard noir. Je sentis qu'il fallait très vite que j'aille lui assurer que je ne marcherais pas sur ses plates-bandes, et que l'espèce de vampire dont elle était apparemment éprise ne m'intéressait pas le moins du monde. Mais bon, ce n'était pas trop le moment, puisque à peine la sentence de Vincent prononcée le groupe se remit en mouvement. Cid avait posé, comme à son habitude, le vaisseau à bonne distance des habitations et nous dûmes marcher une bonne vingtaine de minutes avant d'atteindre les premières maisons de Nibelheim. Le groupe se scinda à ce moment-là, Tifa et les deux étranges animaux partant dans une direction, alors que je suivais de mauvaise grâce les trois zigotos que je devais accompagner. Autant dire que notre groupe était très silencieux, alors que l'on se dirigeait vers l'habitation à l'écart du village contenant peut être des informations sur ma provenance et sur les monstres. Arrivée devant, je pilai net en jetant un regard apeuré aux deux garçons du groupe.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? me demanda Cloud, agacé.

- Il a l'air hanté, votre manoir !

- Mais non, me répondit Yuffie. On n'y croise que des montres, aucun fantôme je te le jure !

Heu, youpi ? C'était ce que j'étais censée répondre à ça ? «Alix le poids mort, le retour » grommelai-je dans ma barbe. Je dus néanmoins ne pas le grommeler assez bas puisque Vincent me jeta un drôle de regard après ça. M'enfin, ce n'est pas lui qui allait se pisser dessus de peur tout le long de la descente aux enfers. Je ne pus tergiverser plus que ça car nous rentrâmes dans l'habitation. Un grand hall lugubre, présentant un imposant escalier, nous accueillit. Couvert d'une épaisse couche de poussière et de nombreuses toiles d'araignées, il avait la mauvaise tête des maisons hantées de films d'horreurs. Malgré tout, on pouvait apercevoir dans les vieilles pierres la majesté que devait posséder la bâtisse lors de sa construction. J'emboîtai le pas aux membres d'AVALANCHE, collant littéralement aux basques de la ninja. Ils semblaient parfaitement savoir où aller puisqu'ils se dirigèrent vers les marches en face de nous. Peine perdue, puisqu'on n'eut pas le temps de faire cinq mètres que déjà un groupe de trucs bizarres nous barra le passage. En fait, ils se balançaient au sommet de l'imposant lustre qui était censé à la base éclairé la pièce. S'aidant d'immenses chaînes, ils descendirent devant nous. Chaînes pourvues de lames à leur bout, je tiens à préciser. J'en dénombrai cinq, ce qui représentait un groupe plutôt restreint par rapport à ceux qu'on avait affronté les jours précédents.

- Qui fait quoi ? demanda Yuffie.

Son intonation laissait penser qu'on allait ramasser des champignons et non pas se battre contre des monstres.

- Je prends ceux de gauche, lui répondit le vampire.

- Hum, moi celui de droite, continua Cloud.

- D'accord, je m'occupe de ceux du milieu, finit Yuffie.

- Et moi je pars en courant le plus loin possible... Grommelais-je.

- Si j'étais toi, je resterai plutôt parmi nous, me répondit Cloud.

Yuffie se tourna vers Cloud, étonnée. Apparemment, elle n'avait pas entendu ma réplique, contrairement à l'homme blond. Vu les oreilles supersoniques que semblaient posséder les deux hommes, il allait falloir que j'apprenne à marmonner moins fort que ça. Pas cool. Je n'eus pas le temps de réfléchir plus à la question que je bondis sur le côté, tirée par la ninja, pour éviter un coup de hache des monstres en face de nous. Sans plus attendre, Cloud tira son épée de son fourreau et bondit sur la créature. Vincent, calme, dégaina son pistolet. Enfin, si on pouvait appeler ça un pistolet puisqu'il présentait clairement trois canons. Yuffie me lâcha presque aussitôt pour bondir près du vampire et se placer entre le porc-épic et lui, dégainant elle aussi son arme (dont je ne lui avait toujours pas demandé le nom, d'ailleurs. Une espèce de Shuriken géant, de ce que je pouvais en voir.) et de la lancer en direction des deux monstres du milieu. Le combat engagé, je remarquai de suite une immense différence par rapport à ceux qui s'étaient déroulés avant qu'on ne monte dans le Shera : les monstres semblaient plus puissants, et plus malin aussi. Ce qui n'était pas pour nous avantager, je dois dire. L'assaut de Cloud entailla violemment le monstre, sans pour autant le mettre à terre (et le faire disparaître dans une étrange lueur violette). Vincent tira un premier coup de feu qui me fit sursauter. Le monstre le prit en pleine poitrine, mais il devait avoir raté le cœur puisqu'il continua d'exister. L'arme de la ninja lui revint en main tout aussi rapidement qu'elle l'avait lancé, alors que son ennemi hurlait, un bras en moins. Je me tenais en arrière derrière les combattants, à l'abri, Contrairement aux moments où j'accompagnais Tifa, les monstres étaient assez occupés par ce qu'ils avaient devant eux pour ne pas venir chercher la petite bête de mon côté. Je supposais également que les membres d'AVALANCHE présent ne se donnaient pas vraiment à fond et qu'ils avaient des moyens plus... définitifs pour mettre fin au combat, et qu'ils voulaient seulement se défouler un peu. Cette étrange impression ne m'empêcha pas de me replier sur moi même lorsque la créature juste en face de moi attaqua Yuffie, la blessant à l'épaule. D'un même mouvement, Cloud et Vincent changèrent de cible. Le pauvre monstre se prit un coup d'épée et une balle en pleine tête, ainsi qu'un coup de… truc de Yuffie. Il rendit l'âme sans plus de cérémonie. Et oui, on ne touche pas à un membre du groupe sans en pâtir. Je me serais bien reconvertis en pom-pom girl, pour le coup, tiens. La jeune fille râla pour la forme, et reprit de suite l'assaut sur le monstre d'à-côté. Sans grande surprise, le combat tourna rapidement en faveur des membres d'AVALANCHE, sous mon regard attentif. Le dernier monstre tombé, ils rangèrent leurs armes dans des mouvements démonstratifs de leur fierté (non mais pourquoi Cloud faisait-il tourner son épée comme ça ?).

- Yuffie, ton épaule ? s'enquit Vincent.

- Une égratignure ! répondit-elle joyeusement.

Curieuse, je jetai de loin un coup d'œil à la plaie. Elle était superficielle, mais ça devait horriblement lui lancer. Sans plus de commentaire, le vampire lui saisit le bras de sa main gantée d'or et fouilla dans une de ses poches de l'autre. Il en sortit une matéria verte (« de soin » corrigeais-je aussitôt dans ma tête) qu'il plaça au-dessus de la blessure. Une lumière verte en sortit et je vis la plaie se refermer. Vincent lâcha alors son bras pour faire glisser la lumière vers l'endroit où il la tenait quelques secondes auparavant. Étonnée, je vis qu'en effet de légères égratignures s'y tenaient.

- C'est quoi ça ? fis-je, un peu horrifiée tout de même.

- Les griffes de sa greffe sont un peu aiguisées, ça arrive de temps en temps ! m'expliqua Yuffie, heureuse que le brun s'occupe d'elle.

- Greffe, quelle greffe ?

Je reçus cette fois-ci des regards noirs de la part de la ninja et de Cloud, alors que Vincent ne bronchait pas, comme d'habitude.

- Tu n'es quand même pas idiote au point de croire qu'il se balade avec un bras en métal pour le plaisir, cracha presque Yuffie.

Si apparemment. Je baissai les yeux, honteuse, sentant le regard scrutateur du vampire sur moi. Au bout de dix secondes, il reprit la parole.

- Tu ne pars pas en courant ?

Je dus avoir l'air sérieusement perdue car Yuffie retrouva aussitôt le sourire.

- Je te l'avais dit Vinnie, il y en a qui s'en fiche que tu ais une greffe en métal à la place du bras gauche !

Et ils reprirent leur route sans plus d'histoire. Une greffe à la place du bras, alors. Je me sentais bien conne de ne pas avoir trouvé ça bizarre qu'il n'enlève jamais son « gant » doré. J'étais à deux doigts de me taper la tête contre le mur : ce ne devait pas être agréable d'avoir à expliquer ça à une inconnue. Mais en même temps, je ne pouvais pas savoir, moi ! Mais la réplique qu'il m'avait envoyé après m'avait surprise : pourquoi serais-je partie en courant. Après tout, Barret avait une arme à la place du bras, et je l'avais parfaitement accepté, même si la première fois que je l'ai vu je m'étais planquée derrière le comptoir du Seventh Heaven. Pour ma défense, j'avais eu la même réaction en voyant Nanaki et Cait Sith. Et puis sérieusement, pouvoir remplacer un bras perdu par quelque chose d'aussi fonctionnel, c'était vraiment très bien ! Même si le concepteur était plus proche de la vision que je me faisais d'un auto-mail à la mode Fullmetal Alchemist que d'une greffe en bonne et due forme. Créée pour être une arme de combat, sûrement. Nous montâmes les escaliers avant de nous engager dans un couloir lugubre vers la droite. Sans ralentir, ils entrèrent dans une pièce qui devait être une chambre dans le temps, puis dans une autre, avant de stopper devant un mur incurvé. Ils se lancèrent un regard entendu avant de traficoter quelque chose. Sans grande surprise, je vis un pan du mur s'écarter pour laisser place à une ouverture. On était dans un vieux manoir, il possédait forcément des passages secrets. Je déglutis vivement en voyant l'escalier en colimaçon qui s'enfonçait loin dans les ténèbres.

- « Par moi on va dans la cité dolente, Par moi on va dans l'éternelle douleur, Par moi on va parmi les âmes errantes. Vous qui entrez, abandonnez toute espérance. » (1)

Cette fois-ci j'assumai parfaitement les regards surpris de tout le monde. J'en étais presque fière, les yeux rivés au sol pour cacher leur nouvelle couleur et forme. Cela devenait lassant à force, mais je n'avais pas le choix.

- C'est quoi, ça ? me demanda Yuffie, curieuse.

- Une citation de La Divine Comédie, de Dante, aussi connue sous le nom de La Descente Aux Enfers De Dante.

Et oui, à force de jouer à Devil May Cry, on finit par avoir des séquelles. M'enfin, je n'en étais pas peu fière, de celle-là. Nous commençâmes à descendre, Yuffie ouvrant la marche, suivit par le vampire puis par moi, Cloud fermant la marche. Je sentais d'ailleurs son regard me trouer la nuque.

- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demandai-je sans me retourner.

Il ne me répondit pas tout de suite.

- Rien, lâcha-t-il enfin. C'est juste que tu me rappelles quelqu'un. Un SOLDAT.

Je haussai les épaules, peu concernée et plus concentrée sur mes pieds et les marches irrégulières que sur sa remarque. La descente me parut longue, malgré le fait que je commis l'exploit de ne pas trébucher une seule fois. Une fois en bas, nous ouvrîmes une énième porte pour atterrir dans un immense passage creusé à même la roche. Il fallut que Cloud me pousse sèchement dans le dos pour que j'accepte de m'y engager, tellement l'endroit me paraissait malsain. Il semblait en être de même pour les autres, car ils accélérèrent le pas. Nous fîmes à peine une vingtaine de mètres avant d'être bloqué par un groupe de monstres bizarres. Bon, d'accord, je sais qu'ils sont tous étranges, anormaux, pas sympas et tout plein d'adjectifs dévalorisants, mais alors des napperons blancs brodés pourvus de tête de citrouilles creusées comme celles de Halloween, c'était la première fois que j'en croisais des comme ça. Ils étaient une dizaine, ce que Cloud accueillit avec un soupir.

- Des Figures Comiques. Reculez, je vais faire le ménage.

Les deux autres obéirent sans protester et vinrent se placer à ma hauteur. Je regardai avec appréhension le blond face à tous ces monstres qui ricanaient sournoisement. Lui, par contre, semblait parfaitement calme. D'ailleurs, il se contenta de mettre son bras droit en avant, comme s'il avait décidé de les arrêter par la seule force de sa volonté. Puis, brusquement, une onde électrique s'abattit sur tous les monstres présents, me faisant dresser les poils sur les bras. Une épouvantable odeur de chair brûlée emplit l'air alors que six des monstres disparaissaient dans le flash habituel. Ce fut Vincent qui acheva les quatre derniers d'une balle en plein crâne.

- Heu, waouh ! fis-je, encore sous le choc.

« Cloud, attaque Tonnerre ! » fit mon cerveau. Je souris à cette pensée, et les suivis jusqu'à une nouvelle porte qui semblait marquer la fin du tunnel. Cloud l'ouvrit brusquement, nous conduisant dans une petite salle. Un horrible frisson me remonta le long de l'échine quand je vis la table au milieu. Sans savoir pourquoi, elle me rappelait celle du laboratoire. Sans plus attendre, Vincent et Cloud se dirigèrent vers les immenses étagères pleines de dossiers, alors que Yuffie et moi restâmes sur le pas de la porte, ne sachant pas trop quoi faire. Le brun nous rejoignit quelques minutes plus tard, une pile de dossiers sous le bras « normal ».

- Épluchez ça et voyez si vous ne trouvez pas d'informations sur la multiplication croissante des monstres de ces derniers temps.

Je regardai le premier fichier de la pile pour voir qu'il y était écrit en effet en gros : « Monstres ». Je fronçai les sourcils et je dis, en évitant le regard du vampire.

- Je ne peux pas chercher un moyen de rentrer chez moi, plutôt ?

- Non.

- Comment ça, non ? m'indignai-je.

C'était mon moyen pour rentrer chez moi, dans ma maison, alors il n'avait aucun droit de m'interdire de le chercher.

- Écoute Vincent, Alix. Il a forcément de bonnes raisons de te l'interdire, essaya de me raisonner la ninja.

Mais je voyais bien qu'elle était elle aussi surprise de la décision de l'homme. Elle me saisit alors par le bras et me força à m'asseoir à même le sol, dans la couche de poussière dantesque qui recouvrait le sol. Rechignant, j'empoignais tout de même le premier dossier. Et au bout de trois pages, je compris brusquement pourquoi il ne voulait pas qu'on y touche, au reste des fichiers. Si ce qu'ils racontaient était vrai et qu'ils faisaient la même chose aux êtres humains qu'aux créatures vivant dans ce pays de fous, et bien j'étais bien contente de ne pas avoir à les lire. Dégouttée, je m'appliquai néanmoins à essayer de trouver des indices sur la croissance exponentielle des populations monstrueuses du pays. Je ne trouvai rien de bien captivant, à par des indications sur ce qu'il se passait lorsqu'on coupait ceci à tel montre, ou si on modifiait cela chez un autre. Je ne savais pas qui était en charge de ce laboratoire, mais c'était un fou dangereux à enfermer le plus vite possible. Au bout d'une heure et de trois dossiers, je finis par relever la tête pour croiser le regard dégoutté de Yuffie, ce qui me força à baisser les yeux presque aussitôt. Au moins, je n'étais pas la seule à me sentir mal, ce qui me remit du baume au cœur en le faisant passer pour une horreur sans nom dans mon for intérieur. Nous tournâmes dans un ensemble parfait notre tête vers les deux garçons qui nous accompagnaient. Ils étaient plongés dans une autre pile de dossiers qui devaient les passionner car ils n'avaient pas bronchés depuis notre arrivée ici. Nous finîmes par nous y remettre aussi, et ce fut le bruit d'un truc lourd que l'on posait violemment sur le sol qui finit par nous ressortir de nos recherches, deux bonnes heures plus tard.

- Il est une heure de l'après-midi. Allons manger, nous continuerons plus tard.

Nous acquiesçâmes de concert à la déclaration de Cloud, qui avait en fait lâché le tas de paperasse qu'il venait d'étudier. Nous refîmes le chemin inverse de tout à l'heure, empruntant le même tunnel obscur et humide. En passant, je remarquai une petite porte, dissimulée sur le côté droit. Je vis d'ailleurs Vincent lui jeter un coup d'œil agacé, avant de reprendre sa route au pas de charge. Pressés d'aller manger, ce fut Cloud qui se chargea des monstres à coup d'éclair, aidé par le vampire et la ninja pour les finitions. Nous ressortîmes sans trop d'encombres du Manoir, et nous traversâmes le village tranquillement. Yuffie engagea la conversation sur le repas du midi, et je m'empressai de la suivre, trop heureuse d'avoir quelqu'un avec qui discuter au milieu de ces types coincés de la conversation. Nous atteignîmes le Shera au bout d'une vingtaine de minutes, comme à l'allée, et nous nous précipitâmes presque dans le salon, pour y être accueilli par l'air préoccupé d'une Tifa stressée.

- Les gars, on a un problème, nous annonça-t-elle.

Fin du chapitre 11

(1) Il s'agit bien sûr d'un extrait coupé, si on prend la citation en entière, cela donne ça :

Par moi on va vers la cité dolente
Par moi on va vers l'éternelle souffrance
Par moi on va chez les âmes errantes.
La Justice inspira mon noble créateur.
Je suis l'œuvre de la Puissance Divine,
De la Sagesse Suprême et de l'Amour.
Avant moi, rien ne fut créé
Sinon d'éternel. Et moi, je dure éternellement.
Vous qui entrez, abandonnez toute espérance.

Pour la petite histoire, Dante se rend en Enfer en compagnie de Virgile pour se repentir de ses péchés. L'Enfer étant constitué de neufs cercles concentriques, de plus en plus étroits au fur et à mesure que l'on s'enfonce, d'où le rapport avec les escaliers en colimaçon, ils sont obligés de tous les traverser avant de remonter à la surface en escaladant Lucifer. Voilà un (très) rapide résumé du truc.

Sinon, un chapitre assez long, je n'en suis pas peu fière. Comme d'habitude, si vous avez des questions, des réclamations, ou si encore vous trouvez les personnages OOC ou si vous remarquez des incohérences, n'hésitez pas à le signaler ! :)

L'action reprend fortement au prochain chapitre, qui va sûrement être le plus long que je vais écrire depuis le début de cette histoire :D

Sinon, chapitre écrit avec Russians, de Sting.

A après le BAC les gens :)