CHAPITRE DOUZE : L'AMOUR ÇA CRAINT

Lucy Wayne

C'est qu'elle m'a saignée en me mordant la lèvre la sangsue. J'essuie le sang qui coule avec mon pull. Cette dispute était… intense elle ne m'avait jamais autant résisté. Une fois de retour dans ma salle commune calme, je m'installe dans notre salon et Jack vient s'asseoir à côté de moi. Il met son bras autour de moi et j'ai envie de lui enlever.

- Mais tu saignes Lucy !

- Oui c'est rien.

Je ne sais pas lequel de nous j'essaye de convaincre le plus, lui ou moi ? Tout ce que j'ai envie de faire, c'est de défoncer le tableau du dortoir où se trouve Clémence. Je sais que je n'aurais pas dû embrasser Jack alors qu'elle était là, mais c'était plus fort que moi. J'ai tant besoin de lui faire du mal alors… alors que je l'aime de tout mon cœur, je l'aime à en mourir.

Le problème c'est clairement moi, j'assume pas, je n'assume pas d'être tombée amoureuse d'une fille alors que je suis une religieuse. Ma famille est religieuse, j'ai lu la bible et à aucun moment j'ai lu que deux personnes du même sexe pouvaient être ensembles. Si mes parents savaient, si ma famille l'apprenait, je finirai reniée et à la rue. Clémence n'était clairement pas prévue mais c'est arrivé.

Notre relation est chaotique, on se fait tellement de mal, moi à cause de Jack et du coup elle en me le reprochant à chaque fois, avec ses paroles, ses gestes et depuis peu, ses coups. Heureusement que mes six années de Quidditch m'ont permis d'acquérir assez de force pour la maîtriser, mais je sais qu'un jour ça ne sera plus suffisant. Elle dira ce que je redoute le plus et je ne pense pas que j'arriverai à la faire changer d'avis.

Au début ce n'était que pour le sexe, le meilleur que j'ai jamais eu d'ailleurs, aucune de nous deux ne voulait sortir du placard et même encore aujourd'hui, même quand elle me menace qu'elle va le faire, je sais qu'elle bluffe. Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose lui fait peur. Enfin bref au fur et à mesure les sentiments sont apparus et j'ai pris peur. Mon père me mettait la pression, « Il faut que tu sortes avec Jack bla bla bla ». Voilà comment il est vraiment rentré dans ma vie en tant que petit-copain puisque tout ceci est une énorme farce, nous nous connaissons depuis l'enfance et puis sérieusement quoi, sortir avec le mec avec qui j'ai pris des bains lorsque j'étais une gamine... il y a que moi qui trouve ceci exagéré ou quoi ?

Je ne sais pas comment, ni pourquoi mais on a continué à se voir, mais depuis six mois c'est la descente aux Enfers. Et plus on avance plus j'ai envie de lui faire du mal parce qu'elle m'en fait, c'est triste à penser mais Clémence est la seule personne sur qui je peux évacuer ma colère alors que c'est la dernière personne au monde à qui je veux faire du mal. Comme la plupart du temps, ce cher Jack me sort de mes pensées et pour une fois, tant mieux.

- Ça te dit qu'on monte dans mon dortoir avant d'aller manger ?

J'ai pensé trop vite, il me regarde avec son sourire en coin.

- Non je ne peux pas j'ai mes règles.

- D'accord.

Il est tellement naïf quand même, il arrive à croire que j'ai mes règles deux fois par mois et fort heureusement parce que j'ai de plus en plus de mal à faire semblant le concernant et je sais qu'un jour cette excuse ne marchera plus quand il ira se plaindre à ses potes, qui par la même occasion risque de se foutre de sa gueule.

Mon Dieu, j'ai envie de retrouver la relation que j'avais avec Clémence avant que Jack ne prenne la place de mon copain. Quand il n'y avait que nous. Les élèves autours de moi s'activent ce qui me rappel que c'est l'heure du dîner. De toute façon je dispose de ma propre alarme, mon ventre n'arrête pas depuis dix minutes de faire des bruits disgracieux mais bon, je ne peux pas descendre avant car ça inclurait de manger en tête à tête avec lui. Je me demande encore comment j'arrive à tant jouer la comédie avec lui, avec tout le monde.

On est à table et je la cherche du regard mais rien, même pas chez les Serpentards. Même Valentine n'est pas là, ça se trouve elles sont encore là-haut, je n'aime pas quand elles sont que toutes les deux. Clémence a beau me répéter que ce n'est que sa meilleure amie, je n'ai absolument pas confiance en Valentine et vu que Clémence est fragile en ce moment, j'ai peur qu'elle fasse une bêtise. C'est égotiste mais je ne peux, veut pas la voir avec quelqu'un.

Le pire c'est que je dois supporter Valentine aussi à table. Pourquoi on s'assied tout le temps à côté de ses, restes ? La plupart des garçons adore leurs histoires, ça doit sûrement les exciter ou autre chose. Elle n'est pas si belle que ça en plus.

- C'est assez dur quand même le club de duel, j'ai peur de perdre ma place et puis il y a de la concurrence aussi, surtout du côté du trio, annonce Jack en jouant avec sa nourriture.

- Tout le monde à ses chances tu sais, répond Luna.

- Ouais enfin sinon l'attitude, visez comment notre préfète-en-chef maîtrise ses duels, je suis sûre qu'elle gagne la plupart parce que les adversaires ont peur d'avoir une retenue, elle est pire que Granger.

BANG ! aiie j'ai mal, mon genou me fait un mal de chien.

- Qu'est-ce qu'il y a Lucy ?

- Rien rien.

Je masse mon genou pour me soulager, je ne supporte pas qu'on dise ce genre de chose la concernant, l'un des problèmes de notre relation c'est qu'on ne se parle jamais en public, personne ne sait que nous sommes « amies » et puis, les apparences. Je ne peux pas la défendre.

On remonte en silence dans notre salle commune mais soudain ça n'avance plus, on est bloqué près de l'entrée. Qu'est-ce qui se passe encore.

- Un étudiant de première année n'arrive pas à trouver la solution de l'énigme, dit Jack.

- Mais que quelqu'un l'aide !

- Tu sais très bien que ça ne se passe pas comme ça, faut qu'il apprenne par lui-même.

Au bout de cinq minutes je m'assieds et m'amuse avec mes cheveux. Mes lèvres écorchées me rappellent Clémence. J'hésite à aller dans son dortoir, je crois qu'il faut que j'attende un peu, que je la laisse respirer. Ce n'est pas une bonne idée d'aller la voir. Au bout de dix minutes d'attente je commence à m'énerver mais quelqu'un m'empêche de me lever.

- Reste zen Lucy tu sais très bien comment ça finit pour ceux qui respectent pas cette règle, Clémence sera mise au courant.

Ce qui me donnerait une raison de me retrouver avec elle sans que cela ne soit suspicieux mais non je résiste, les élèves qui ne sont pas assidus sont mal vus et étant donné que je suis en dernière année il faut que je me contrôle.

- Merci Noah.

Finalement au bout d'une demi-heure j'entends des applaudissements, nous pouvons enfin rentrer, c'est pas trop tôt. Je m'installe sur l'un des canapés et prends un livre pour essayer de me changer les idées, mais forcément il faut toujours que j'écoute ce qu'il se dit autour de moi.

- Tu fais quoi Hanna ?

- Clémence voudra les notes de la réunion demain matin et j'ai toujours pas finit, elle aime vraiment que tout soit parfait.

C'est pas possible pourquoi tout le monde parle d'elle !

- Bon je vais me coucher, je suis crevée.

- Bonne nuit Lucy.

- Merci et arrête de bosser un peu.

- Mais j'aime trop pour arrêter.

Oui moi aussi je l'aime trop pour arrêter.

Le lendemain matin, et les jours suivants nous ne nous sommes pas vues. Ça fait cinq jours que l'on ne s'est pas parlé et ils sont les cinq jours les plus longs de ma vie. Le pire c'est que je ne peux aller la voir dans son dortoir car le mot de passe a changé puis bien évidemment ce foutu tableau ne veut pas me dire le nouveau et impossible d'approcher Ernie.

Je suis en cours de DCFM et je n'arrive pas à suivre, étonnamment, mais ça se comprend, c'est le cours le plus calme que nous avons. Personne ne se précipite sur ses questions. Je dois dire que des fois ça fait du bien. On a trop cet esprit de compétition. Je n'arrête pas de jeter des regards en coin à Clémence. Elle est tendue mais je ne saurais dire si c'est à cause de moi. J'aimerai tellement qu'elle se confie de nouveau à moi, qu'elle me parle de sa famille et que nos discussions arrêtent de se transformer en dispute à chaque fois, mais si on se bat tout le temps, c'est de ma faute. Il faut que j'arrive à lui parler, il faut que je dépasse ma peur.

- Dis, ce soir ça te dis qu'on passe la soirée que tous les deux ?

Je lui réponds sans même le regarder.

- Je ne peux pas ce soir.

- Mais je te parle pas de sexe, juste une soirée tous les deux, ça fait longtemps.

- Ah… Je dois peut-être faire quelque chose avec une copine, je te dirai.

- Encore ! Mais où tu vas tout le temps comme ça ?

J'ouvre la bouche pour répondre quelque chose de cohérent mais rien ne me vient en tête, heureusement Severus nous fait une remarque. C'est tellement rare que tout le monde se retourne pour voir qui a perturbé le cours et quand je croise le regard de Clémence mon cœur se serre dans ma poitrine, j'ai l'impression qu'une main invisible le tourne dans tous les sens. Elle détourne le regard et je peux enfin essayer de me calmer.

À la fin du cours, voir Clémence marcher devant nous, loin de moi m'énerve.

- Jack, j'arrive, j'ai une idée pour la salle commune je vais en parler à Clémence.

- D'accord, ne reste pas trop longtemps loin de moi mon amour.

Je déteste quand il m'appelle comme ça, je ne suis pas son amour ! Je remonte la file d'élèves assez rapidement pour arriver au niveau de Clém. Je suis sûre qu'elle m'a repérée car elle accélère le pas sans raison évidente. L'interpeller pour parler règlement est la seule solution que j'ai si je ne veux pas qu'elle me laisse en plan. Son rôle de préfet passe avant beaucoup de chose et puis autour de tant de monde, je cours moins de chance d'être snobée, bien que ça ternirai son rôle de préfète en chef parfaite.

- Clémence j'ai une idée pour améliorer la salle commune.

Elle ne me regarde toujours pas.

- C'est sérieux.

- Clémence je crois qu'il y a Lucy qui essaye de te parler.

Ah merci Tom ! Je t'aime bien toi ! Du coup elle est obligée de me porter attention.

- Oui ?

Son ton ne pouvait pas être plus glacial mais au moins son regard n'est pas chargé de haine ce qui est plutôt bon signe. Doucement mais surement je l'éloigne des oreilles indiscrètes et le fait qu'elle se laisse plutôt faire me donne de l'assurance.

- Tu me manques Clém, je veux te revoir dis moi le nouveau mot de passe.

On marche côte à côte et j'ai du mal à voir son expression mais j'ai l'impression que son visage se durcit.

- Laisse-moi Lucy.

- S'il te plait, s'il te plait !

Je ne lui dirai pas exactement pourquoi je veux la voir, que d'être loin d'elle me pourrit mon oxygène et que je suffoque. J'ai besoin d'elle et pas seulement que pour le sexe. Elle me regarde de nouveau et semble surprise, c'est la deuxième fois dans une conversation que je lui demande poliment, d'habitude j'attaque et elle subit. On arrive bientôt à la table et on ne mange jamais ensemble, c'est maintenant ou jamais.

- Surprise.

Et elle s'éloigne de moi rapidement, merci ! Merci ! Même si le fait qu'elle ait acceptée de me voir n'est pas forcément bon signe, ça se trouve c'est pour me quitter, je rayonne de bonheur en pensant que ce soir au moins, je pourrai la regarder sans me sentir coupable. Une fois assise à ma table je me sers de pratiquement tout ce qui se trouve en face de moi me valant des regards choqués de mes camarades de classe, quoi ? Parce que je suis une fille je suis sensée manger des légumes et du blanc de poulet tous les jours ?

Après m'être rassasiée, je m'installe pensive en cours et bien évidement à côté de Jack. Les heures à cette pendule n'avancent vraiment pas vite, en plus nous sommes en Histoire de la magie avec les Gryffondors ET les Serpentards. Du coup Clémence est à côté de Valentine. Elles semblent être en pleine conversation et je me demande bien de quoi elles parlent. Je n'arrête pas de me tortiller sur ma chaise et de regarder par-dessus mon épaule. Et pourquoi elles se mettent toujours au fond hein ?!

- Tu ne prends pas de notes chérie ?

- Si si ! J'ai juste, non rien.

Au fil du temps il a appris quand il fallait éviter de me parler. Pauvre mec et surtout pauvre moi de faire souffrir deux personnes parce que je suis faible de chez faible pour ne pas pouvoir tenir tête à mon père. Je bouillonne de l'intérieur. Enfin on peut partir j'ai cru que ça n'arriverait jamais !

Étant donné que j'ai dit à Jack que je ne le verrai pas ce soir mais qu'il est beaucoup trop tôt pour aller voir Clémence à cause de ses options, je choisis une table éloignée à la bibliothèque pour travailler seule, j'ai envie d'être tranquille. Enfin c'est ce que je croyais.

- Hey je peux me joindre à toi ?

Je me vois mal lui dire non, elle est assez timide et est souvent seule ce qui se comprend étant donnée qu'elle est nouvelle ici.

- Bien sur Caileigh, tu bosses quoi ?

- Arithmancie, cette matière demande trop de travail et j'aurais pu bénéficier d'une salle commune vraiment plus calme l'année prochaine si j'avais été préfète mais ce n'était pas possible, même si je l'étais dans mon ancienne école, enfin d'après ce que le directeur m'a dit.

- Il dit pleins de choses pas cohérentes des fois.

Et moi où je serai l'année prochaine ? Mariée à ce cher Jack ? Enceinte ? Dépressive ? Alcoolique ? Aucune de ces propositions ne me parle. Je ne veux qu'une chose : Clémence. Je regarde l'heure mais il est encore un peu tôt et puis merde, j'ai trop envie de la voir.

- J'y vais à tout à l'heure, bosse bien.

- Merci.

Je range mes affaires maladroitement dans mon sac et marche tranquillement vers ses dortoirs alors que je n'ai qu'une envie, courir. Devant je donne le mot de passe et le tableau semble déçu. Quoi il a droit d'avoir une opinion sur ce que je fais ? Je sais que c'est mal ! Une fois devant sa porte je prends une grande inspiration et frappe mais pas de réponse. J'attends au cas où ou elle serait occupée mais au bout de dix secondes j'ouvre la porte à la volée. Personne. Je commence déjà à me dire qu'elle ne veut finalement pas me voir quand j'aperçois un morceau de parchemin sur son lit.

« J'ai une réunion de préfet à vingt heures, je suis partie à l'avance ».

Grandement à l'avance il est la demi ! Mais ça m'étonne pas d'elle. Bon du coup j'ai plus du tout envie de travailler, je décide de prendre une douche en attendant. Heureusement qu'Ernie travaille tout le temps à la bibliothèque. Je vois que mes produits de douche sont toujours là ça veut dire qu'elle compte me garder. Enfin j'espère. Quand je suis de retour il est vingt heures pile. Je ne sais pas dans quelle position attendre. Assisse, debout, sur le lit ? Je me prends trop la tête pour des détails sans importance.

Je suis beaucoup trop stressée pour faire quoi que ce soit, même lire n'est pas envisageable. C'est tellement calme que je pourrais entendre un insecte voler. Enfin la poignée de la porte se tourne et mon cœur s'arrête. J'essaye de parler mais toute l'assurance dont je dispose d'habitude pour l'amadouer est à zéro. Elle pose son sac à l'entrée et croise les bras, elle se protège. Je prends une grande inspiration, il est temps de faire le premier pas si je veux la garder.

- Merci… pour le mot de passe.

Ma voix tremble trop, elle n'entend quasiment jamais ce ton venant de moi et c'est confirmé puisqu'elle hausse un sourcil. Tout mon corps me fait mal.

- Tu voulais sans doute me parler ? Me dire une bonne nouvelle pour changer ?

Elle m'agresse à moitié et je n'ai pas envie de la charmer pour éviter le sujet, non si ce soir on doit faire l'amour je veux que ce soit sans disputes, sans coups, comme dans les premiers jours.

- Je n'ai pas de bonne nouvelle.

- Alors tu sors !

Ça fait mal mais je prends sur moi, il faut que je me contrôle si je réponds à sa provoque j'ai peur que ce soit la goutte de trop qui fasse déborder le vase. Je me lève pour lui faire vraiment face et elle recule, en temps normal j'aurais adoré mais pas ce soir.

- Est-ce qu'on peut retourner à la relation qu'on avait au début ? Quand il n'y avait que toi et moi ?

- Tu sais très bien que ce n'est pas possible Lucy, tant que tu sortiras avec ton copain.

Je déteste quand elle dit ceci. Le truc c'est qu'elle ne sait pas vraiment pourquoi je sors avec lui, je n'arrive pas à lui avouer la vérité, exprimer mes sentiments n'est pas quelque chose pour laquelle je suis douée. Il faut néanmoins que je me dévoile pour la convaincre que ce n'est pas un jeu même si notre relation est vouée à l'échec. Je l'aime trop pour la laisser partir, je ne suis pas encore prête. Je commence à parler avec une voix manquant terriblement d'assurance.

- Ces cinq jours sans toi ont été horribles, je pense tout le temps à toi, j'ai besoin de toi et de sentir l'odeur de ton corps !

Au fur et à mesure de mes mots, j'avance progressivement. Une fois devant elle je peux sentir son souffle parfumé à la pêche, elle me rend dingue. Quand je sens cette odeur émanant de sa bouche, je ne peux plus me contrôler. J'effleure ses lèvres mais elle attrape mes cheveux avant que je n'ai pu les toucher complètement et me tire en arrière, j'adore mes cheveux mais ils commencent sérieusement à m'agacer. J'essaye de résister mais ça fait trop mal mais si je capitule, c'est mort et à présent j'ai trop envie d'elle. Tant pis pour la tendresse on repassera une autre fois.

Je la tire alors vers moi et on s'écrase sur le sol, j'ignore la douleur dans le bas de mon dos et essaye d'atteindre de nouveau ses lèvres mais contre toute attente elle se baisse pour m'embrasser. La première bouffée me fait un bien fou mais il m'en faut plus. Notre baiser de loin pourrait ressembler à une lutte, on veut toutes les deux garder le contrôle sur l'avancement. Mon cœur bat trop vite, beaucoup trop vite. Elle se relève et me relève aussi pour me pousser sur son lit violemment. Heureusement qu'elle a réussi à insonoriser sa chambre en suppliant le directeur, prétextant vouloir être au calme pour réviser comme l'année dernière.

Je n'ai même pas le temps d'enlever les cheveux dans mon champ de vision qu'elle tire mon bassin vers elle et m'embrasse à nouveau, qu'est-ce que ça m'avait manqué. Notre échange est toujours un peu brutale et quand elle mordille ma lèvre inférieure au point d'avoir mal, je la pousse à mon tour et lui enlève d'un coup sa jupe et son shorty. Pendant que j'enlève moi-même mes vêtements pétant par la même occasion un bouton de ma chemise toute neuve, elle enlève toute seule le reste de ses vêtements restants.

Maintenant c'est à celle qui résistera le plus longtemps mais cinq jours c'est long, trop long pour elle et moi et on se jette dessus en même temps. Je me laisse tomber sur le dos pour qu'elle commence. Sentir sa langue dans ma bouche m'allume encore plus que je ne le suis déjà, nos respirations s'accélèrent et pas longtemps après nos gémissements se mêlent à elles. Chaque contact, chaque caresse me fait crier encore plus fort. J'y suis presque juste encore un peu, elle le sent car elle descend l'une de ses mains vers mon entre jambe tout en faisant toutes ces choses avec sa langue contre mon cou et c'en ai fini de moi.

À mon tour de la faire gémir, rien que l'entendre émettre ses lamentions m'excite énormément. Je commence à me frotter à elle doucement tout en la regardant droit dans les yeux, ses yeux chocolat sont si ensorcelants et c'est surtout grâce à eux que je sais quand changer de rythme.

- Hum plus vite Lucy plus vite !

Tes désirs sont des ordres mon amour. J'accélère donc le rythme et elle ferme progressivement les yeux jusqu'à se mordre la lèvre ce que je préfère. Elle commence à hurler de plus en plus en fort et j'ai du mal à éviter de crier plus fort qu'elle, ça en est tellement bon qu'elle me griffe dans le dos avec ses ongles, mon Dieu que c'est douloureux mais mon plaisir est dix fois plus fort que la douleur issue de ses griffures. Elle met toujours plus de temps que moi à partir saluer le petit Jésus. Non ! Faut pas que je pense à Dieu, faut pas !

Je descends vers son entrecuisse et commence ce qu'elle adore, son corps est dorénavant chaud. Lentement et rapidement, quelques minutes plus tard c'est l'explosion. Nous faisons l'amour pratiquement toute la nuit.

D'habitude je retourne toujours dans mon dortoir avant la levée du jour mais cette fois-ci, je veux rester jusqu'au bout.

Le lendemain matin, je me réveille avant elle, l'habitude de devoir me faufiler dans les couloirs avant que Rusard ne soit debout. Elle dort face à moi de côté. Elle est tellement belle, je sais qu'elle aimerait que je lui dise tout ça, comme avant mais je ne peux plus. Ça serait encore plus dur après. Peu de temps après elle se réveille et quand elle ouvre les yeux je lui donne mon sourire le plus sincère.

- Bonjour mon amour.

En me voyant elle me sourit à son tour et je peux voir qu'elle est surprise de me trouver là. Elle s'étire de tout son long en faisant du bruit, ça fait une éternité que je ne l'avais pas vu faire ceci et j'avais oublié à quel point, j'aimais rester auprès d'elle. Elle s'approche de moi et m'embrasse pour me dire bonjour. Je me penche un peu pour pouvoir voir l'heure sur son réveil, nous avons exactement une heure vingt avant le début des cours mais sachant qu'elle arrive toujours à l'avance ça nous laisse quoi, une demi-heure, on a déjà fait moins…

Une fois notre câlin terminé, je sors du lit mais elle se met à crier légèrement, je me retourne de suite pour essayer de comprendre pourquoi.

- Ton dos, il est... tout rouge et rempli de griffures.

- Beaucoup ?

Je m'approche de son miroir et essaye de voir les dégâts par moi-même et j'aperçois qu'elle rigole en silence derrière moi, non elle n'aurait pas osé !

- Tu l'as fait exprès c'est ça ?!

Elle rigole et j'ai ma réponse.

- Au moins je sais que tu ne coucheras pas de sitôt avec lui.

J'essaye de ne pas m'énerver car moi non plus je n'ai pas envie de coucher avec lui et avoir un vrai prétexte m'aide à mieux mentir donc au lieu de m'engueuler avec elle, je lui demande de passer l'une de ses crèmes dans mon dos pour me soulager. Parce que maintenant qu'elle l'a signalé j'ai mal. Malgré la douleur, la douceur de ses mains me fait du bien. Il nous reste une-demi-heure pour nous préparer.

Je vérifie qu'Ernie ne se trouve pas dans le salon et me dirige vers la salle de bains et Clémence me suit. C'est rare que l'on prenne des douches ensemble car en ce moment c'est rare que l'on soit dans une bonne phase de notre relation. Une fois fini je lui emprunte des vêtements et lui laisse mon pull. Je sais qu'elle aime bien avoir mon odeur avec elle toute la journée et après ce que je lui fais, c'est la moindre des choses bien que ce ne soit pas assez suffisant pour faire partir son mal être et avant de quitter sa chambre, je l'embrasse comme si c'était la dernière fois.

C'est fou comme je me sens mieux, savoir qu'elle est heureuse même si elle ne l'est pas complètement, me permet d'affronter le reste, mon père et bien évidement Jack que je dois supporter toute la journée en cours. Sans elle je ne suis plus rien, dorénavant, je compte toujours me mettre à côté d'elle en cours de métamorphose, ici on peut être à côté.

Une fois les cours finis je vais directement dans son dortoir, elle compte arriver après la fin de ses cours soit dans deux heures ce qui me laisse le temps de travailler un peu. Après avoir rédigé le parchemin pour Rogue, je referme mon livre et m'installe sur son lit. Une demi-heure après elle arrive et sourit en me voyant, mon cœur bat la chamade. Elle dépose son sac près de l'entrée et me rejoint tout de suite pour se blottir contre ma poitrine.

- Les deux derniers cours se sont bien passés ?

- Oui mais l'Arithmancie commence vraiment à me donner du fil à retorde et faut dire que c'est à cause de toi.

Je ne réponds rien face à son affirmation pour éviter que l'on se dispute encore, à la place je lui demande de se mettre sur le dos et attrape au passage les cours de potion pour qu'elle puisse s'avancer dans ses révisons. Je sais qu'elle devient hystérique quand elle ne révise pas, malgré ma présence.

Tout en la massant je l'aide à réviser, après une heure et surtout parce que je commence à avoir mal aux jambes à force de rester dans cette position, je me lève. Quand je reste dans le dortoir de Clémence, on ne descend pas manger dans la Grande Salle car ça inclurait d'encore se séparer.

Je m'allonge de nouveau à côté d'elle et on reste à parler jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller dormir. Ça fait je ne sais pas combien de temps qu'on avait plus passé de soirée comme celle-ci et bien évidemment, ça m'avait manqué, tout me manque.

Cette fois*ci à contre cœur lorsque mon horloge interne me réveille, je me rhabille le plus doucement possible et sors de sa chambre. Aujourd'hui je sais que les couloirs sont privatisés non pas que par Rusard mais aussi part d'autres professeurs. À force de devoir me promener de beau matin dans le château je connais chaque recoin, chaque couloir et pratiquement tous les raccourcis pour atteindre ma salle commune. Une fois arrivée, je ne suis pas étonnée de voir des élèves de septième année travailler alors qu'il reste encore deux heures avant le début des cours.

Je file directement dans les douches pour me réchauffer, devoir rentrer en chemise me refroidis tout le temps. Sans pourvoir m'en empêcher je me demande bien ce que Jack va me demander aujourd'hui, qu'est-ce que la lettre de mes parents va raconter et du coup qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire à Clémence.


Vous en pensez quoi ? Prochain POV sur Hermione.