Chapitre 11 : Une infiltration & un Renard
Deux jours que l'ANBU s'était infiltré dans la région du centre. Deux jours que les villes à moitiés en ruine se succédaient devant les yeux des jeunes assassins. Kakashi et Iruka, qui guidaient le petit groupe, apprirent assez tôt que le reste des ANBU étaient déjà à Konoha. Asuma leur avait envoyé un message, commençant les explorations dans la périphérie de la ville, la zone où ils craignaient le moins de se faire repérer. On pouvait mettre cela sur le compte que probablement tous ceux qui avaient tenté de s'enfuir avaient été tués sauvagement, en guise d'exemple, et que maintenant, plus personne n'approchait l'immense mur gris qui entourait la ville.
Plusieurs fois en cours de route, Hinata, Sakura et Ino s'étaient arrêtées tout en restant méfiante pour aider quelques familles. Personne n'osait se rebeller, mais parfois, il arrivait tout de même que certains homme de l'Akatsuki viennent les persécuter, juste pour « s'amuser un peu ». Des enfants se battaient près des poubelles pour trouver de la nourriture, tant le ravitaillement vers ces villes et villages était compliqué à effectuer pour le gouvernement. L'Akatsuki affamait la population qu'ils martyrisaient, les affaiblissants assez pour que ceux-ci ne puissent plus refuser de travailler pour eux, construisant des infrastructures gigantesques.
Arrivés dans une ville très proche de Konoha, les assassins s'étaient arrêtés pour établir un campement en cas de replis. Tout un groupe de gens avaient déjà construit une base souterraine destinée à l'ANBU et aux nombreux hommes, soit engagés par les Uchiha, soit simplement des volontaires voulant se battre pour la paix et la liberté. Les filles, épuisées d'avoir donné des soins aux gens purent alors se reposer.
Sasuke, lui, était aussi peiné que les autres en posant son regard sur ce qui l'entourait. Des ruines. Des meubles et autres objets bouchant les rues, barricades inutiles face à l'envahisseur. Des bâtiments où parfois toute une façade manquait. Des colonnes de fumées sortant de quelques foyers où l'accès à l'eau et à l'électricité avait été coupé ou détruit et qui vivaient dans une situation de précarité inimaginable. Le chaos régnait, et rien que le silence de mort qui régnait partout en témoignait. Seuls les charognards causaient encore du bruit dans la rue, et tout le monde restait barricadé chez soi.
En ce moment, plus personne ne venait embêter les villes. L'Akatsuki était décidément belle et bien occupé à autre chose. C'est pour cela que la base était encore un endroit où le bruit se faisait entendre, où tout le monde s'afférait. Personne ne viendrait les déranger. Du moins, ils l'espéraient.
Le brun regardait ce tableau, son cœur se serrant en se rappelant qu'il était déjà venu ici, et dans certaines villes qu'ils avaient dû traverser pendant sa fuite, des années auparavant. Il était assis sur un bout de mur renversé, à quelques pas de la base, alors que le soleil se couchait, recouvrant le paysage d'une lumière rouge angoissante et funeste.
- Sasuke… dit une voix.
- Viens, Naruto.
Le brun prit le garçon dans ses bras, le laissant se blottir contre son torse. Naruto vivaient encore moins bien ce qu'il voyait, et Sasuke avait conscience que, même libéré, son existence restait pour l'instant une succession de souffrances, qu'elles le concernent directement ou pas. Ses yeux innocents arboraient parfois un regard douloureusement désabusé. Le brun avait bien réfléchi. Il devait y avoir une explication aux actes sanglants de Naruto. Pour qu'il soit aussi affecté devant le néant qui lui faisait face et les gens qui souffraient au point de parfois s'effondrer au sol en se mettant en pleurer toute les larmes de son corps, c'est qu'il connaissait la valeur de la vie.
Il entoura un peu plus fermement l'adolescent dans ses bras, lui procurant son entière présence, et commença à le rassurer en lui chuchotant à l'oreille des paroles réconfortantes tout en embrassant quelques fois le sommet de son crâne.
- Je…veux pas continuer… gémit le blond en relevant un peu sa tête, fixant le brun.
- Tout ça est horrible, Naruto, mais on ne peut pas laisser la situation s'aggraver.
- To-tout est mort… de toute façon…j'ai peur !
- Celui qui n'a pas peur face à une misère pareille serait inhumain, remarqua Sasuke tout en embrassant son blond.
- J'ai p-peur…de…de…que tu meurs.
Le brun fut touché par ces paroles. Naruto s'était tellement attaché à Sasuke, et ce dernier ressentait les choses de la même façon. Il ne pouvait plus se séparer de l'être qu'il avait découvert et qui lui avait fait ressentir l'amour, le vrai, pour la première fois. Imaginer Naruto combattre ces gens dangereux et cruels ne le rassurait pas. Il cachait ses inquiétudes au fond de son âme pour ne jamais perdre la face devant le garçon qu'il aimait et chérissait.
- Je ne mourrai pas, affirma-t-il d'une voix si sûre que le blond arrêta de pleurer.
- Alors je ferais tout pour sauver Konoha, décida Naruto, déterminé.
Naruto regarda au loin, conservant son regard peiné, avant de se resserrer une nouvelle fois contre Sasuke. Puis, ouvrant la bouche pour la refermer aussitôt, il hésita un peu avant de chuchoter.
- Mais j'ai peur…quand même.
Sasuke sourit face au blond qui ne cachait aucunement ses craintes. Il était heureux que l'adolescent ne cherche pas à enfouir son angoisse. Il le faisait, lui. Mais, égoïstement, il ne pouvait pas envisager que celui qu'il aimait lui cache quoi que ce soit, surtout ses sentiments.
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Le brun aux yeux de nacre alla chercher un à un tous ses amis, les entraînant dans un petit couloir souterrain avant de pousser une porte en métal. Une fois qu'il fut certain que tout le monde était là, il s'installa sur l'une des chaises de la pièce. Neji avait été chargé de leur transmettre les dernières informations disponible sur Konoha.
- Demain, on entre dans Konoha, déclara-t-il d'une voix très sérieuse. Le tunnel qui passe sous le mur a été sécurisé. Il a aussi été prolongé, pour qu'on arrive plus loin que la périphérie de la ville. Nous sortirons dans une échoppe toujours occupée. Le gérant de ce magasin n'est pas trop embêté par l'Akatsuki, car il rassure les gens. Cela arrange ces types, puisque du coup, personne ne fait de vague.
- Je ne pensais pas que ça arriverait si vite, fit Tenten avec un regard mélancolique.
- Moi, je suis impatient, lâcha Kiba, s'agitant sur sa chaise. On les aura tous, ces pourritures !
- Et qu'a dit Tsunade-la-folle sur notre départ ? demanda Sakura, angoissée.
- Nous partons demain matin, annonça Neji. Tôt. Vous devriez vous reposer dès la fin de cette discussion. Nous entrerons et commencerons notre mission dès que nous aurons rejoint Asuma. Kakashi, Iruka, Itachi et quelques uns de ses hommes les plus forts resteront autour du bâtiment administratif. Quant à notre chef, elle entrera un peu plus tard, dès qu'elle aura finit de vérifier l'installation des explosifs pour détruire le mur.
- Tsunade va entrer à Konoha ? s'écria Kankuro. C'est trop dangereux ! On a besoin d'elle en vie ! protesta-t-il.
- Oui, mais elle est la seule qui sache régler à la perfection un système de missiles intelligents. Or, elle ne peut pas les faire fonctionner en étant derrière le mur. Elle entrera donc pour installer le dispositif et lancera les missiles sur les bases militaires et autres bâtiments propres à l'Akatsuki qui auront été fait évacuer par le reste des hommes. D'ici là, il faudra espérer que le mur s'effondre vraiment.
- Sinon, il se passe quoi ? demanda Shino d'une voix neutre.
- Sinon, le tunnel s'effondre à la place, et nous sommes tous piégés dans Konoha avec pour seule option de détruire l'Akatsuki sans possibilité de fuite. Nous n'avons qu'une chance. Une seule, répéta Neji.
- Je vois, fit Temari. Dans ce cas, ce sera la bonne !
Sa phrase était osée, mais bizarrement, elle redonna confiance à tous les jeunes gens présents dans la pièce. Tous se levèrent, prêt à se coucher pour arriver au meilleur de leur forme dans Konoha. Choji ouvrit la porte, et les autres le suivirent. Mais avant que Sasuke et Naruto ne quitte la pièce, Neji se tourna vers eux.
- Tsunade veut voir Naruto.
Et il sortit sans un mot de plus.
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Dans le bureau de la blonde, Naruto ne pouvait pas s'empêcher de trembler. Peut-être qu'elle le prenait pour un faible, et qu'elle ne voulait pas qu'il vienne demain. Si la femme lui disait cela, il avait prévu de s'enfuir. Tout plutôt que d'être séparé de Sasuke. Regardant sur les côtés, ne voulant pas croiser le regard de la blonde à forte poitrine, il tritura ses mains.
- Et bien, ce n'est pas en étant aussi tendu que tu réussiras à aider, lâcha la blonde en soupirant. Je ne vais pas te manger.
- Je s-sais… enfin je crois, dit Naruto.
- Hahaha ! Tu crois ! Bien, plus important, comment te sens-tu ? Je sais que cela doit être plutôt étrange de sortir de son esprit comme ça. Je suppose que cela doit ressembler à un réveil suite à un coma.
- Je vais bien, cria presque le blond d'une traite, refusant de paraître faible.
- Tant mieux, tant mieux, fit Tsunade en croisant ses bras, compactant sa poitrine qui paraissait deux fois plus imposante ainsi. Je ne sais pas très bien comment tu fonctionnes. Itachi m'a donné les rapports de tes examens.
- C-C'était pas des examens…c'était une prison ! s'affola le blond avec des larmes aux yeux.
La blonde, surprise, se rendit compte de la gaffe. En effet, il avait plutôt été un cobaye aux mains des Uchiha. Elle se leva alors et le serra contre sa poitrine pour le rassurer. Mais le blond étouffa au bout d'un moment et toussota, repoussant un peu la blonde, les joues rouges.
- Tu vas mieux ? demanda-t-elle.
- Oui…
- Je voulais dire, à l'époque… tu n'avais pas « fusionné » avec ton bijuu, puisque ta conscience s'était endormie.
- Kyuubi a fait ça pour me protéger.
- Oui, on me l'a dit. Mais maintenant, puisque tu comptes te servir de sa force, je voulais savoir un peu comment cela fonctionne.
- Je ne me sers pas de Kyuubi. Il m'aide. Je le laisse prendre possession de mon corps, et puis il fait des choses incroyables. C'est comme ça que j'ai pu sauter au-dessus du mur, pour rejoindre Sasuke ! déballa à toute vitesse le petit blond.
Tsunade ne savait pas à quoi il faisait référence, mais ne put s'empêcher de sourire. Ces deux là étaient vraiment très proches, et elle s'imagina bien le blond courir comme si sa vie en dépendait pour rejoindre l'Uchiha. Elle réfléchit un peu aux paroles du blond avant de reprendre.
- En gros, tu lui donne ton accord pour que vous fassiez équipe, tout les deux dans ton corps. Mais est-ce-que tu contrôle ce que tu fais, lorsqu'il t'aide ?
Le blond se tordit les mains, pas très sûr de lui.
- Je…pense. Je me sens différent. On ne forme plus qu'un, alors ce n'est pas vraiment moi, c'est Kyuubi et moi. Ca fait un nouveau Naruto.
- Un nouveau Naruto hein… tu peux t'en aller, merci. Et… bon courage pour demain. Je compte sur toi, gamin !
- Au revoir. Et aussi… j'aimerais vous reparler après tout ça.
- Si on peut, pourquoi pas, acquiesça Tsunade.
- Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas, rétorqua le blond en haussant des épaules avant de sortir.
Cet enfant était incroyable. Il réagissait d'une manière tellement innocente. Il était sûr d'en réchapper, même s'il ne devait même pas penser à l'éventualité de mourir dans ce combat. Elle n'en était pas si certaine pour son cas. Mais cette histoire de « nouveau Naruto » la laissait perplexe. Il avait tué Orochimaru comme un professionnel, Kyuubi ayant contrôlé son corps en boostant ses capacités physiques le temps de l'affrontement. Après cela, Itachi était venu lui raconter un incident qui avait eu lieu peu après l'attaque sur Konoha. Le garçon avait tué des hommes pour tenter de s'échapper. A cette époque-là, il était encore excessivement jeune. Alors elle se demandait si le petit blond un peu perdu devant lui maîtrisait encore un minimum ce qu'il se passait lorsqu'il fusionnait avec le renard. Elle n'en était pas si sûre. Pas du tout, même.
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Naruto était à présent couché à côté du brun, sous des couvertures peu agréables, dans une pièce étroite et quasiment pas éclairée. Il était revenu comme si de rien n'était du bureau de Tsunade, ce qui réconfortait Sasuke. S'il n'était pas plus affecté, c'est qu'ils n'avaient pas dû discuter de quelque chose de grave. Tout de même poussé par sa curiosité, il entama la discussion avec le blond.
- Alors, pourquoi Tsunade voulait te voir ?
- Pour Kyuubi ! répondit Naruto d'une voix enfantine.
- Hn… et que voulait-elle à Kyuubi ? demanda le brun en souriant légèrement.
- Elle voulait savoir comment se passait notre fusion, quand on est tous les deux présents.
- Votre fusion ?
- Oui. Quand on combat, on fusionne, expliqua le blond sans pour autant donner plus de détail.
- Je pensais qu'il te prêtait simplement sa force, pas qu'il prenait une partie de ton esprit.
Mais Naruto n'ajouta rien, et enfouit sa tête dans le cou du brun. Celui-ci le laissa faire avant de s'écarter. Puis il posa son index sous le menton du blond pour lui faire lever la tête, et prit possession de ses lèvres. Après un baiser tendre partagé, les deux garçons s'endormirent, leurs rêves étant hanté par leur appréhension. Leur lendemain était incertain, après tout.
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Quand la petite troupe entra dans le tunnel étroit et puant, ils leur semblaient qu'ils allaient droit à l'abattoir… pour ne pas dire l'enfer. De l'eau filtrait parmi les crevasses des murs, rendant le sol humide, et ils durent faire la majeure partie du trajet agenouillés. Le temps s'éternisa, comme si jamais ce couloir sombre et puant l'humidité ne prendrait fin, comme si la sortie était inexistante. Temari et Tenten tentaient tant bien que mal de maintenir le moral des troupes en s'amusant un peu, sans en faire trop tout de même.
Ino et Sakura gémissaient tous les trois pas, jouant avec les nerfs de Neji qui était juste derrière elles. La tension semblait augmenter à chaque mètre parcouru, et ne se relâcha que lorsqu'un rai de lumière éclaira le tunnel.
- Nous sommes bientôt arrivé, murmura Gaara qui était en tête de file.
- Ouf, je commençais à étouffer dans ce truc ! marmonna Chouji, dont le ventre gargouillait depuis quelques secondes.
Tout le petit groupe entra dans une pièce poussiéreuse qui semblait être la cave du magasin que leur avait indiqué Neji la veille. Ils vérifièrent qu'ils avaient chacun leur sac puis attendirent un moment. Kankuro vérifia l'heure sur sa montre.
- Asuma ne devrait pas tarder à venir, dit-il.
Restant silencieux, évitant le regard des autres, chacun essayait de rester professionnel et sérieux. Puis ils entendirent la porte qui séparait la cave du rez-de-chaussée s'ouvrir en grinçant un peu. Tous se mirent sur leurs gardes.
- Les gosses ? fit une voix.
- Nous sommes là, Asuma, lâcha Hinata de sa petite voix.
- Et les autres ?
- Kakashi a dit qu'ils arrivaient bientôt.
- Bien. Suivez-moi. Le magasin est fermé aujourd'hui, expliqua l'adulte en repartant en haut.
Tous le suivirent. Ils arrivèrent alors dans une pièce qui devait être l'arrière-boutique à en juger par toutes les étagères recouvertes de nourriture soigneusement emballée. La pièce était sombre, et un homme s'afférait à ranger quelques produits, et à en apporter dans la boutique en passant une porte doublée d'un rideau à franges. Asuma leur expliqua succinctement leur itinéraire caché, dans les égouts, pour arriver jusqu'au bâtiment administratif. Entre temps, Kakashi, Iruka, Itachi et les autres hommes arrivèrent, et partir en avant, pour sécuriser le périmètre.
Asuma guida les assassins jusqu'à l'endroit où se terraient les chefs de l'Akatsuki. Ils arrivèrent au premier étage – le bâtiment en contenait 4 – et l'homme brun leur précisa que certains hommes étaient déjà au rez-de-chaussée, et qu'aucune présence n'avait été détectée. Il était en effet très peu utilisé, les gens dans ce bâtiment sortant par une passerelle au troisième étage qui menait au bâtiment d'à côté, qui se trouvait être une usine désinfecté, surement réaménagée puisque des containers y étaient entreposés.
Puis les adolescents formèrent des groupes. Shikamaru, Tenten, Temari et Neji pour la première équipe, Kankuro, Ayako, Choji et Kokoa pour la deuxième, Ino, Sakura, Gaara et Hinata pour la troisième, Kiba, Shino, Sasuke et Naruto pour la dernière. Ils avaient beau être jeunes, ils en étaient néanmoins les meilleurs éléments de l'ANBU. Mais pour leur dernière mission, peu importe l'issu, ils avaient choisis de se regrouper par affinités. Après tout, ils n'étaient que des gamins, pris dans la destruction lente et douloureuse de leur pays.
Certains hommes engagés par les Uchiha suivaient chacune des équipes de loin, prêts à les aider. Toutes les mesures avaient été prises pour que la chance soit de leur côté. L'équipe de Kankuro partit explorer l'étage même. Les trois autres montèrent au deuxième étage. Une équipe par étage, c'était le plan. L'équipe de Shikamaru resta à cet étage, celle d'Ino au troisième étage qui était un vrai labyrinthe de couloirs et celle de Sasuke était au dernier étage. Ils étaient quatre, contre chacun des hommes les plus dangereux du pays.
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Ayako avançait prudemment de son côté, et vérifiait tout comme ses coéquipiers que chacun des box de l'ancienne salle de travail était bien vide et ne renfermait aucun piège ou explosif. La tâche était minutieuse, d'autant plus que l'étage comportait très peu de salles, toutes étant des salles de réunions placée sur les côtés, le reste n'étant d'un immense couloir couverts de box. Tout était calme, mais le silence était pesant. La lumière filtrait très mal entre les rideaux couverts de poussières, et il fallait être attentif au moindre mouvement suspect. La petite rousse ouvrit une nouvelle salle, où devait se trouver auparavant un bureau d'un employé chargé de superviser les autres. Elle prit la poignée et la fit tourner silencieusement. La salle était plutôt spacieuse par rapport aux autres. Le bureau avait été enlevé, mais il restait les étagères, où étaient rangées des tonnes de dossiers. Puis, elle remarqua sur une console un ordinateur allumé. Pourtant, la lumière de la pièce était éteinte. Elle s'approcha de l'écran, tentant de lire ce qu'il y était écrit.
- Intrus trouvé, souffla une voix dans son oreille.
Une main s'était posée sur son épaule avant qu'elle n'ait eu le temps de lire toute la page qui semblait être une autorisation pour un quelconque déchargement. Ses yeux s'agrandirent d'un coup. Comment avait-elle pu être surprise ? Elle n'avait sentit aucune présence s'approcher.
Kokoa se demandait pourquoi sa sœur n'avait pas plus avancé, voyant qu'aucune croix rouge n'avait été marqué sur les murs des box, indiquant qu'ils étaient vérifiés.
- Mince, qu'est-ce-qu'elle fiche !
Elle envoya un message sur vibreur à Kankuro et Choji pour les prévenir. Puis elle fit demi-tour, afin de revenir à l'endroit où sa sœur jumelle avait laissé des croix. Les deux garçons ne tardèrent pas à la rejoindre. Ils arrivèrent devant une porte entrouverte. En silence, Kankuro poussa la porte.
- Personne, souffla-t-il.
- De ce côté, lança une voix sadique.
Tout les trois, dans un mouvement identique et parfaitement synchronisé, tournèrent la tête sur leur gauche. Un peu plus loin se tenait dans l'allée un homme aux cheveux gris plaqués en arrière. Un grand sourire ornait son visage, tandis qu'à l'aide d'une faux, il menaçait de tuer la jeune fille rousse qui se débâtait faiblement sous son emprise.
- Ayako ! s'écria sa jumelle.
- Hahaha ! Alors les enfants, on ne vous a pas apprit qu'aux échecs, il faut d'abord s'attaquer aux pions avant de défier les fous ?
Puis il attrapa de sa main libre la tête d'Ayako, et s'abaissa au niveau de son visage, avant de lui lécher la joue perversement.
- Hidan pour vous servir, fourmis.
Kankuro, perdant toute raison, furieux de voir quelqu'un se comporter d'une manière aussi dégradante avec sa petite amie s'élança en criant. Il n'eut même pas le temps de remarquer que l'homme appelé Hidan avait changé de place. Il reçut un coup violent dans le dos. La peau se déchira. L'homme réapparut derrière lui, sa faux à la main, le cou de la rousse qui hurlait le prénom de son copain dans l'autre.
- Kankuro, ressaisit-toi ! En position, enchaîna subitement Choji.
L'autre garçon se releva, faisant abstraction de la douleur qui lui déchirait le corps. Les capacités de cet homme étaient presque surnaturelles. Il bougeait trop vite pour que cela soit normal. Les quatre jeunes gens remarquèrent alors que la peau de l'homme était devenue noire. Il balança le corps d'Ayako au loin, mais celle-ci se réceptionna, en se mettant en position, tout comme ses camarades. Ils encerclaient l'homme à présent.
- Je vois, vous n'êtes pas des gosses pleurnichards. Intéressant, susurra Hidan. Vous allez avoir la meilleure occasion de votre vie de vous confronter au pouvoir des bijuu.
Kankuro pensa alors que, oui, l'Akatsuki possédait des hommes redoutables, et qu'ils s'étaient bien servis de la puissance du bijuu qu'ils avaient capturé, non pas pour en faire des armes, mais pour améliorer leur corps en le dotant d'une force extraordinaire. D'un signe de tête, il lança le signal à ses amis. Tous les quatre se lancèrent sur l'homme qui riait à gorge déployée.
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Shikamaru était pensif. Le bâtiment était totalement désert. Pourtant, l'Akatsuki n'avait pas l'air de manquer d'hommes. Ils étaient restés, Temari, Tenten, Neji et lui au premier étage qui se trouvait être celui de l'archivage. Des couloirs se succédaient entre les bibliothèques, quelques espaces étant dégagés pour travailler autour d'une table de bois vieillit, ainsi que le couloir central qui était beaucoup plus large que les autres.
L'étage sentait la poussière à plein nez, et une faible lumière filtrait par les fenêtres hautes et longilignes de la pièce. Cela donnait à l'endroit une atmosphère ancienne, comme dans un grenier antique. Le garçon à la coupe d'ananas avait alors conclut que l'endroit n'était pas utilisé, bien que rien n'ait été déplacé. Lui et ses amis s'étaient séparés. Lui et Temari qu'il ne pouvait s'empêcher de surveiller de loin étaient devant, vérifiant les allées latérales, tandis que Neji et Tenten surveillaient leurs arrières par précaution.
Soudain, sans prévenir, une explosion retentit, et de la fumée se dispersa sur tout l'étage.
- Regroupement, cria Shikamaru.
Aussitôt, les quatre compagnons se regroupèrent dans l'allée centrale, en position de croix pour prévenir l'attaque, peu importe sa provenance. Mais l'attaque ne vint pas. C'est alors que des bruits de pas lents se firent entendre, se rapprochant. Temari, qui était devant, face au reste de la gigantesque bibliothèque qui n'avait pas été contrôlée, aperçut une ombre. Quelqu'un approchait, et…marmonnait ?
- De l'art… C'est de l'art… Ah ! L'art est explosif. Vous allez le voir. Le sentir. Hahaha… de l'art.
Incrédule, les jeunes changèrent leur position. Neji, Temari et Shikamaru était face à l'homme tandis que Tenten était de dos, prévoyant la possible rapidité de leur ennemi, ou bien des renforts. Puis, les trois assassins lui faisant face distinguèrent ses traits. L'homme qui approchait sans leur prêter plus d'attention que ça avait une queue de cheval haute et blonde, et portait un long manteau noir avec des motifs de nuages rouges. Dans sa main, il faisait rebondir une petite boule de pâte fait d'une matière inconnue, blanche.
- Ah ! Vous voilà, mes chers spectateurs. Vous êtes venus trop tôt mais… vous aurez le droit à une représentation en avant-première, spécialement réservée pour vous.
- D'où on nous a sorti ce malade ? railla Temari, n'en croyant pas ses yeux.
- Un malade ? Mais que dis-tu, chère enfant ? s'exclama théâtralement l'homme. Tu as devant toi le plus grand artiste que ce pays ait jamais vu ! Mon art, tu apprécieras mon art. Il est… explosif ! Haha…hahahaha !
Il rit de plus en plus fort, un sourire fou étirant ses lèvres avant de revenir subitement à son état normal, les fixant sans bouger.
- Dites-moi quand est-ce-que je peux commencer, je vous en pris.
- Eh, l'artiste il a pas de prénom ? beugla Temari, passablement énervée par l'attitude du blond hystérique qui se tenait devant elle.
- Oh, mais si, mon nom, le nom d'un artiste. Deidara, jeune demoiselle. Deidara de l'Akatsuki, et puisque vous êtes en avance comme il l'avait prédit, je vais vous épater ici-même… la destruction de ce monde est reportée !
La boule que le blond faisait sauter dans sa main depuis tout à l'heure voltigea dans les airs, se transformant en araignée rondelette, avant de tomber sur le sol. Puis, elle gonfla progressivement. Shikamaru, intrigué, observa l'araignée, et comprit à ses mouvements ce qu'elle était vraiment avec horreur.
- Dispersion ! DISPERSION ! hurla-t-il.
L'araignée explosa aussitôt, détruisant des bibliothèques dans la zone de l'impact, faisant voler dans la salle une multitude de livres et de dossiers, comme un ballet funeste virevoltant dans les airs.
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Le troisième étage du bâtiment administratif était occupé par des laboratoires qui avaient été aménagés. Certaines pièces renfermaient des cages où des animaux avaient été abandonnés et piaillaient. Des flacons divers étaient disposés sur des tables ou des étagères de chimistes. L'équipe chargée de cet étage avait entrepris, au cas où, de prélever des échantillons des contenus de toutes les fioles et bouteilles contenant des solutions et autres produits ne portant pas d'étiquette. Sûrement des mélanges qui avaient été créés ici-même.
Ino, Sakura et Hinata, étant plutôt callées en médecine, se chargeaient des prélèvements, tandis que Gaara feuilletait en diagonale les livres posés sur les tables, ou les cahiers remplis de formule de chimie. La tâche était laborieuse, et ils avaient décidé de progresser salle par salle en restant groupés. Ils avaient à l'esprit l'affaire des Bijuu, et celui que l'Akatsuki avait possédé. Il se pouvait donc que ce qu'il découvraient là soit une preuve de l'implication de l'Akatsuki dans la recherche sur les forces que détenait ces animaux à travers la personne faisant office de réceptacle pour l'un d'eux.
Puis, alors qu'ils étaient presque arrivés à la fin de l'étage en ayant minutieusement relevé les échantillons et autres donnés trouvées dans les laboratoires, une explosion se fit entendre. Elle venait d'un des étages inférieurs, mais avait été assez puissante pour que le son parvienne à leurs oreilles. Hinata regarda avec des yeux angoissés son petit ami, se faisant automatiquement un sang d'encre pour tous ses amis qui étaient partis explorer les étages inférieurs.
- Oh… il semblerait qu'ils aient commencé, je suis en retard…
Hinata se retourna violement pour se retrouver pile en face d'un garçon aux cheveux roux et au regard distrait, vide, qui l'expulsa à l'autre bout du couloir, lui faisant désencastrer la porte du laboratoire où elle se trouvait. Il sortit à son tour d'un pas traînant pour la rejoindre, la main levée devant lui. Il s'apprêta à faire un mouvement quand un poignard siffla à côté de son oreille. Se retournant lentement, il fit face à la jeune fille aux cheveux roses.
- Ne compte pas toucher à Hinata aussi facilement, espèce de monstre ! grogna-t-elle.
- Oh… les intrus sont du genre agressif. Vous avez l'air sûres de ce que vous faites.
- Evidemment, lança Ino qui arriva en vitesse à côté d'Hinata pour l'aider à se relever.
- Quelle dommage… de ne pas se rendre compte de son erreur. Je suis Sasori, et votre vie se termine ici-même.
Un coup percuta l'arrière du crâne de Sakura à une vitesse incroyable, puis quelque chose fondit sur Ino et Hinata qui esquivèrent de justesse. Intrigué, le garçon qui se tenait devant eux s'arrêta. A côté de lui se tenaient deux autres personnes.
- Ils sont trois ? fit Ino, choquée.
- Non, lâcha Hinata. Regarde bien, ce sont des pantins.
- Quelle petite demoiselle observatrice, lâcha Sasori.
Puis il s'écarta sur le côté pour éviter un coup venant du plafond. Gaara avait fondu sur lui, mais fut arrêté par les pantins qui bloquèrent le passage, protégeant l'autre rouquin, qui lâcha un faible sourire.
- Un petit futé. Tu aurais dû manier les pantins, toi aussi.
- C'est toi qui les manie ? s'étrangla Gaara, interloqué.
- Pourquoi faire le sale boulot de ses propres mains…?
Et les pantins se remirent en mouvement, plus rapides que jamais.
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Sasuke et Shino s'élancèrent dans les airs dès que le coup s'abattit là où ils s'étaient trouvés quelques secondes plus tôt. Ils atterrirent en souplesse chacun d'un côté de l'immense salle du quatrième étage dont le sol en marbre faisait refléter la lumière claire et vive qui venait des baies vitrées. Les rais de lumière atterrissaient sur les colonnes et la grande table dressée au centre de la pièce.
- Intéressant, mais pas suffisant, lâcha une voix enrouée.
- Qu'est-ce-que…? balbutia Kiba, surpris.
Un homme portant un long manteau noir avec des nuages rouges avançait vers eux. Il avait dans l'une de ses mains un sabre imposant complètement momifié. Le plus intriguant devaient être sa couleur de peau. Seule sa tête était libre, mais son visage était bleu, étrangement mais indéniablement bleu. Il semblait être venu d'une autre planète ainsi.
- Alors les moucherons, prêt à donner le meilleur de vous ?
Naruto grogna subitement, les lèvres retroussées comme un animal sauvage.
- Il semblerait, nota l'homme à la peau bleu, amusé par le comportement de Naruto qui réagissait directement à la menace que cet homme représentait pour Sasuke.
Les trois compagnons se mirent en position, prêt à affronter l'homme devant eux. Ils protégeaient également Naruto qui, pour l'instant, même si la colère habitait son visage, ne semblait pas avoir fusionné avec le renard Kyuubi. Sasuke se demanda pourquoi tous les deux n'avaient pas encore fusionné, s'inquiétant pour la sécurité du blond, d'autant que leur ennemi semblait extrêmement puissant.
- Un protégé qui grogne ? Voilà qui est intriguant ! s'exclama leur ennemi. Il va pourtant falloir que votre attention se porte uniquement sur le combat. Je n'aime pas les choses bâclées. Je suis Kisame, et attaquer l'Akatsuki est un affront. Préparez-vous, moucherons !
Les coups commencèrent aussitôt à s'enchaîner, sans pour autant que le dit Kisame ne se serve de son étrange sabre. Il portait pourtant des coups puissants, et les trois assassins présents se rendirent compte que la tâche était sans doute trop hardue pour leur niveau. Ils se buttèrent néanmoins toutes leurs forces pour ne pas perdre face à cet arrogant. – ca, c'est plutôt la pensée du dédaigneux Sasuke en fait –.
Seulement, au bout de quelques échanges, Kisame avait regroupé ses ennemis sur un bord de la salle sans qu'ils ne puissent envisager de reprendre du territoire. Cet homme était terriblement puissant.
- Là, on va s'amuser, souffla-t-il, cruel.
Et, empoignant fermement son sabre, il battit l'air, qui souffla une bourrasque énorme, emportant les trois assassins à travers l'une des baies vitrées dont le verre explosa. Tous trois traversèrent violemment le toit du bâtiment annexe, l'usine désinfectée, pour atterrir au troisième étage de cet endroit mystérieux.
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Le combat commence ! Je les trouve plutôt drôle, pour le moment, les membres de l'Akatsuki :P C'est vraiment des personnages que j'apprécie, Masashi Kishimoto a fait un tellement bon boulot avec eux !
Alors, Naruto est-il maître de sa conscience ou non ?
Merci à tout ceux qui suivent et mettent l'histoire en favoris ! Merci d'avoir lu ! :D
A demain !
