Bon je n'ai pas voulu vous faire patienter plus longtemps ! Sinon j'aurais été cruelle !

Tout d'abord Merci, merci pour toutes vos reviews ( insultes y comprises hihi ) ! Le dernier chapitre vous a laissé dans une forte angoisse, je vais vous donner la suite rapidement, mais avant:

MERCI à ma Bêta : Becky 0 Malet 3 Oui vénérons-là ! Merci beaucoup !

Merci encore d'être de plus en plus nombreux-ses à suivre cette fic' !

Bonne lecture !


Charles se retrouva dehors plus rapidement qu'il ne l'aurait cru possible. Il s'était réveillé à l'hôpital, perte de connaissance, dans son sac d'affaires personnelles il avait retrouvé le cadeau d'Erik. Il avait enfilé le costume taché et froissé. Il avait fui avant que la police n'arrive pour l'interroger. Il les avait entendu arriver – mentalement – et Charles avait sauté par la fenêtre du deuxième étage. Ce n'était pas haut, il avait roulé en arrivant au sol. De toute façon plus rien ne semblait l'attendre. Il avait marché, ses pas l'avaient conduit jusque chez Erik. Le portail était ouvert. Sur le perron Moira pleurait tandis qu'une ribambelle d'hommes en tenue d'officier rentraient et sortaient emportant des affaires dans l'intérieur une grosse fourgonnette. Charles se cacha et prit le contrôle de Moira. Il la fit regarder autour d'elle. Il fouilla sa mémoire récente. Il n'apprit rien qu'il ne puisse deviner. La nouvelle rongeait Moira. Charles quitta son esprit. Il s'adossa à un mur, des larmes acides dévalèrent ses joues.

Erik !

Son esprit l'implorait de ressusciter. De revenir. D'exister encore un peu. Charles ne pouvait supporter seul le poids de la mort d'Erik.

Mort

Ce mot l'accablait avec violence. Il recommença à marcher. Il arriva au foyer où vivait Raven. Il monta à sa chambre et frappa. Dans la chambre il entendit de la musique et des rires. Il voulait étouffer ces rires, il ne voulait plus jamais éprouver de joie. Comment des gens sur cette terre pouvaient encore se réjouir alors que l'amour était mort ?

Mort.

Il donna un grand coup de pied dans la porte, il se foutait bien d'avoir mal, de se briser un truc. Il voulait éprouver autre chose que cette horreur qui l'engloutissait.

Raven ouvrit la porte prête à se battre avec la tarée qui venait de shooter sa porte. En trouvant son frère, le visage ravagé de larmes, les épaules basses et son corps tremblant de sanglots, elle paniqua.

- Charles, dit-elle en l'attrapant par le coude pour le faire rentrer. Les filles on se verra plus tard hein.

Deux jeunes filles quittèrent la chambre rapidement sans poser de questions. Charles ne fit pas attention au rangement plus qu'approximatif de la pièce, ni au cendrier qui reposait sur le rebord de la fenêtre ouverte. Raven installa Charles sur son lit défait. Charles s'y allongea, se rendant compte alors qu'il ne portait que des chaussettes depuis le début. Il se roula en boule et un cri échappa à la surveillance de ses lèvres. Le cri était terrible, Raven frissonna. Elle s'assit et prit sa tête sur ses cuisses. Elle tria machinalement ses mèches brunes.

- Il t'a foutu à la porte ? Je vais aller le buter ce fils de…

- Raven, chuchota Charles.

- Attends, ce connard te brise le cœur et… Oh putain ! Il t'a battu ! Je vais le crever !

- Il est mort…

Une sueur glacée parcourue l'échine de Raven. Charles, en s'entendant prononcer ces mots cru mourir à son tour. Ce n'était pas un gouffre sous lui, non c'était une faille béante, écœurante, terrifiante. Erik était mort. Assassiné sous ses yeux. Il avait vu l'homme qu'il aimait être abattu par un autre. Il l'avait vu ! Il…

Un nouveau hurlement franchit ses lèvres. Il avait si mal si mal. Il enfonça son visage dans la peau de sa sœur. Il était une boule de douleur, martyr d'un amour perdu. Il était le seul vestige de cette empreinte si forte. Lui seul était là pour se rappeler les mots dits, les caresses éprouvés, les sourires rendus… C'était trop. Beaucoup trop pour lui. Il n'avait jamais demandé à tomber amoureux ! Il n'avait pas demandé à aimer un homme ! Et encore moins à le perdre avant que la vie ne s'offre vraiment à lui ! C'était quoi cette pute de Justice ?! On lui avait offert un avant-goût de ce qu'aurait pu être sa vie entière et là tout se dissipait entre ses doigts. Les mots d'Erik, leur avenir qu'il dessinait s'étaient volatilisés. Il… Il lui avait dit l'aimer… et l'instant d'après une balle l'achevait ! Dans le dos ! Une spirale de ténèbres avalait Charles et le faisait dégringoler sans fin.

- Charles… Je suis tellement désolée.

C'était creux, c'était vide de sens. Elle ignorait ce qui l'unissait à Erik. Charles fourra son poing dans sa bouche et hurla encore et encore. Il voulait disparaître, être enveloppé de néant et oublier.

Mort. Il est mort.

Des sanglots lourds déchiraient sa poitrine. Raven, dépassée, le tenait contre elle, des larmes lui venant aussi, elle était impuissante face à la détresse de son frère. Elle qui avait toujours été préservée et protégée par lui, aujourd'hui, elle devait lui rendre la pareil, elle en était incapable.

Dans la mémoire de Charles les souvenirs comprenant Erik se déversaient en pagaille. Il y en avait tellement si peu à la fois.

Je vais devoir vivre en sachant que j'ai perdu l'essentiel à jamais.

Cette pensée atroce finit par achever sa volonté et Charles pressa deux doigts contre sa tempe. Il s'endormit immédiatement. Raven n'avait pas eu le temps de réagir. Charles dormait d'un sommeil lourd sans rêves, libéré de sa mémoire infernale.


Cinq ans étaient passés. Charles venait d'avoir son diplôme. Il faisait laid dehors, il ne voulait pas sortir pour fêter ça. En réalité il ne savait pas à quoi son diplôme allait bien pouvoir lui donner accès. Il avait atteint son but. Désormais il ne savait plus quoi faire de sa vie. Cinq ans avec ce seul objectif en tête, pour s'obliger à ne pas penser à lui. Cinq ans c'est court et affreusement long à la fois. Charles vivotait avec Raven dans un petit logement sans prétention dans le centre-ville. Voilà, il allait rentrer, boire un verre en compagnie de sa sœur et dès demain il chercherait quoi faire de sa vie… Une vie sans Erik. Rien que de penser à lui, Charles sentait son corps se crisper… Il était en sueur… On le secouait.

- CHARLES !

Il ouvrit les yeux. Raven était debout devant lui. Il faisait encore jour. Charles avait mal à la joue, mal à la tête, mal au ventre.

- J'ai dû te gifler pour te réveiller. Tu m'incluais dans ton délire, expliqua Raven en lâchant un sac de course.

- Il est quelle heure ?

- Une heure de plus que tout à l'heure !

- Ne parle pas si fort s'il te plaît.

- Je parle fort si je veux Charles !

Charles se retourna et s'enroula dans son peignoir. Le canapé un peu défoncé, grinça sous le mouvement de Charles.

- Tu vas rester encore combien de temps dans cet état ? soupira Raven en ramassa ses courses pour aller les ranger dans la petite cuisine.

- Fous moi la paix.

Raven disparue dans la pièce attenante. Charles ferma les yeux. Il puait l'alcool, ses joues étaient râpeuses, depuis quatre jours il portait la même tenue : un pyjama dépareillé et son peignoir en éponge. Il refusait de quitter son canapé. Il ne se levait que pour l'essentiel : boire, manger, uriner. Le reste, il refusait de bouger.

Raven revînt et se planta devant lui les poings sur les hanches.

- Merde Charles ! Ça ne peut plus durer ! Tu es une vraie loque !

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?!

- Trois semaines que tu es là, complètement amorphe !

- Déjà trois semaines…

Le souvenir de cette terrible soirée lui remonta à la mémoire. Il agrippa nerveusement la bouteille de gin qu'il avait laissé au pied du canapé. Raven fut plus rapide et s'en saisit la première.

- Plus question de te laisser te bourrer la gueule à onze heure du matin Charles ! Les premiers jours je veux bien, mais maintenant…

- Maintenant quoi ? Maintenant je dois avoir fini mon deuil ? Maintenant j'ai moins mal ? Maintenant je t'emmerde ! Si je veux être bourré en me levant je le suis ! Raven ! Donne-moi cette bouteille.

Charles lisait dans l'esprit de Raven la désolation et la pitié qu'il lui inspirait. S'en était trop. Il prit le contrôle de Raven et lui fit rendre la bouteille. Tel un automate sa sœur lui obéit. Il déboucha le gin et bu rapidement l'alcool. Raven gardait la pose en souriant bêtement. Charles relâcha la pression après avoir dévalé la fin de la bouteille.

- Charles ! éructa-t-elle.

- Raven ! répliqua Charles sur le même ton outré.

- Tu crois que c'est ce qu'Erik aurait voulu que tu deviennes ?

- Erik aurait voulu vivre ! dit sur un ton agressif Charles en se redressant d'un coup.

Sous ses pieds le sol tangua, il chancela, mais ne faiblit pas dans son regard.

- Je ne te reconnais plus.

- Tu sais quoi Raven ? Moi non plus…

Charles se vit dans le reflet de la vitre ouverte de la fenêtre. Il ne ressemblait à rien.

- Je veux juste, juste oublier…

- Je sais, mais ce n'est pas la solution, dit doucement Raven en sentant l'ouverture de Charles.

- Je ne sais plus quoi faire pour… m'en sortir.

Charles se dégoûtait, il se répugnait.

- Une bonne douche pour commencer, suggéra Raven.

- Oui, sûrement, mais après…

- Après quoi ?

- Après ma sieste…

Il se rallongea dans le canapé, l'ivresse montait rapidement, il souriait doucement.

- Je vais juste… Dormir encore un peu…

Le réveil brutal tira Charles hors de sa rêverie. Raven avait fourré Charles sous la douche, non sans mal, et l'arrosait largement avec le jet glacé. Charles bondit en hurlant, mais Raven le maintenait fermement plaqué contre le sol de la douche.

- Mais tu es dingue !

- Et toi un poivrot ! Bonjour la famille ! cria Raven en coupant la douche. Alors grand frère tu vas m'écouter et très attentivement : tu vas te laver, parce que tu pues c'est atroce, on dirait un putois mort dans le salon ! Tu vas te raser ! La barbe je n'aime pas ! Tu vas t'habiller, faut brûler ces trucs maintenant et pour l'amour de Dieu, tu vas venir manger un vrai truc ! Tu as tellement maigri que tu me fais clairement peur ! Pour finir on ira prendre l'air ! Tu en as besoin !

Charles se redressa maladroitement, empêtré dans ses vêtements trempés.

- Tu vas rester à me regarder me mettre nu ? demanda-t-il amer.

- S'il le faut !

- Dégages et je ferai ce que tu demandes.

- Okay.

- Tu es la pire des aides qui puisse exister en ce monde !

- Je m'inquiète pour toi ! Abruti !

Charles attendit qu'elle sorte avant de commencer sa toilette. Il se déshabilla. Constata à quel point elle avait raison pour sa maigreur. Il voyait ses côtes et les os de ses mains saillissaient de manière inquiétante. Il se lava. Deux fois. En sortant de la douche, il mit à la poubelle son pyjama et le peignoir puant. D'un geste lent il essuya la buée sur le miroir fatigué de la salle d'eau. Il trouva un rasoir et de la mousse. Il s'occupa de sa barbe. Il fuyait son regard, ses yeux bleus n'étaient plus aussi limpides et le sourire qui avait toujours sa place sur son visage n'avait laissé que des rides. Allait-il encore pouvoir rire et sourire ?

Il s'habilla d'une chemise propre et d'un pantalon beige. Raven les lui avait déposés devant la porte. Le pantalon tombait un peu et la chemise était trop ample. Il quitta son refuge et se rendit dans la cuisine. Raven avait préparé un plat chaud et consistant. Charles picora. Il devait faire des efforts. Il en était conscient. Mais c'était si dur pour lui. Si dur de passer après le traumatisme de la perte d'Erik.

- C'était quoi ton rêve cette fois-ci ?

- Je venais d'avoir mon diplôme et je ne savais pas quoi faire de ma vie… Ce n'est pas un rêve, mais une prémonition.

- Bah voyons !

Charles picora dans son assiette. Il n'avait pas faim. Il se forçait pour sa sœur. Il ne pouvait pas devenir une loque humaine, Raven avait raison, Erik ne l'aurait pas toléré. Pour plaire à Raven, Charles accepta de sortir prendre l'air. Une première depuis trois semaines. Il n'avait même pas été à l'université pour lire les résultats de ses examens. Raven travaillait les après-midi, elle gardait des enfants en vacances. Charles l'accompagna à la maison où elle avait des jumelles à surveiller. Il faisait chaud. Juillet touchait à sa fin. Charles n'en avait pas profité. Le soleil frappait son visage avec violence. Il ne l'avait pas ressenti depuis longtemps. Charles décida de se rendre à l'université. Il marchait doucement. Rien ne l'obligeait plus à se dépêcher. Il devrait réviser ses cours pour la rentrée, mais toutes ses affaires étaient chez Erik. Il avait tout perdu. Il allait devoir tout racheter. L'université accueillait chaque été les cours de rattrapage, tout était ouvert. Charles rentra sans difficulté sur le campus et se dirigea vers son bâtiment. Quelques jardiniers prenaient soin des massifs de rosiers et des pelouses malmenées par des étudiants en quête d'ombrage. C'était désert. Charles trouva l'affichage en question à l'entrée de la salle principale de l'auditorium de science. Il trouva son nom, sans surprise en dernier – Xavier – et lut ses résultats. Ils étaient bons, voire très bons sur certaines matières. Charles ne souriait pas pour autant. Il soupira.

Et maintenant je fais quoi ?

Une main s'abattit sur sa bouche et le tira en arrière. Brutalement il fut emporté sans qu'il puisse comprendre, vers un ailleurs. Dans un écran de fumée la vision de l'université se dissipa pour laisser place et lieux à un appartement silencieux. Charles fut libéré, immédiatement il porta ses doigts à ses tempes et se retourna en prenant le contrôle de cet autre. C'était Azazel. Enfin le pantin d'Erik. Charles déglutit, pourquoi le tueur à gage d'Erik l'avait enlevé ? Et comment avait-il fait cela ? La raison lui sauta aux yeux, c'était un téléporteur ! Un autre mutant !

- Charles.

Une main glacée s'empara de son âme et vint l'arracher de sa poitrine. Derrière Azazel se tenait Erik. Droit, fier, beau, vivant. Tout le corps de Charles trembla, il relâcha la pression mentale d'Azazel. Celui-ci se tourna vers Erik, qui lui fit un signe de la tête, Azazel se volatilisa. Charles avait les yeux ancrés à ceux d'Erik. C'était impossible, il l'avait vu mourir ! Il…

Erik fit un pas en avant sortant de l'ombre d'un meuble pour se montrer dans la lumière du jour. Le souffle de Charles accéléra. Il avait cru avoir tout perdu, jusqu'à sa raison. Oui il devait être devenu fou, ce n'était pas possible ! Erik avança encore, Charles recula, cette réalité n'était pas envisageable. Des larmes remplissaient ses yeux sans s'écouler pour autant. Charles recula tant qu'il se cogna à une table.

- Non, je… Je t'ai vu mourir… Je…

- Je ne suis pas mort Charles, dit doucement Erik.

Il s'était attendu à ce que Charles lui saute dans les bras, pas à ce qu'il le fuit de la sorte. Il avançait précautionneusement, ne voulant pas le brusquer, ni l'effrayer d'avantage. Il vit Charles, son Charles, n'être qu'une ombre. Il avait les cheveux en bataille, rasé à la va-vite, portant des habits d'occasions trop grand pour lui, et son regard si bleu, si pur, voilé de larmes et d'autre chose encore.

- Je dois encore halluciner. Je dois rêver… Oui c'est ça…

- Charles, écoutes-moi, tu ne rêves pas. Je suis bien là avec toi vivant.

- Impossible…

Erik s'arrêta à un mètre de Charles. Il mourait d'envie de l'embrasser, de ressentir sa peau, son souffle. Il avait les joues creusées et le teint d'un couleur étrange.

- Je suis vivant, Charles.

D'un geste rapide et sûr il prit la main de Charles et la déposa sur sa poitrine. Charles ressentit le cœur d'Erik frapper régulièrement. Charles trembla encore, les larmes glissèrent, il déposa sa deuxième main sur Erik. Oui il était là, il bougeait, il parlait, il respirait, il vivait.

- Je suis vivant et je t'aime Charles.

Ils se regardèrent. Charles se jeta dans ses bras et l'agrippa de toutes ses forces, de toute son âme lapidée. Il s'accrocha à Erik comme un noyé à sa bouée. Des larmes d'une douleur incommensurable dévalèrent son visage. La joie recommençait à briller là où tout était devenu mort. Erik pressait Charles contre lui, il embrassa son crâne, le tenait ferment contre lui. Charles était si faible, Erik sentait qu'il pouvait s'écrouler à tout instant.

- Je croyais que… Tu es là ? Tu es bien là ?

- Oui, Charles, je suis là.

- Dis-le moi encore…

- Je t'aime Charles.

Ils restèrent soudés l'un à l'autre de longues minutes. Lorsque la première vague d'émotions fut passée Charles renifla et redressa son visage vers Erik. Il souriait, depuis des semaines, il souriait enfin à nouveau. Erik lui rendit un petit sourire tendre. Il se pencha sur lui et déposa ses lèvres sur les siennes. C'était doux. Charles retrouva le parfum d'Erik, la pression de sa bouche sur la sienne, son goût. C'était bien lui. Ce n'était pas un rêve.

- Tu dois avoir un million de questions.

- Tu es vivant c'est tout ce qui compte.

- Tu ne veux rien savoir alors ? s'amusa Erik.

- Si…

Charles lui donna un coup de poing dans l'angle de l'épaule et se recula.

- Pourquoi as-tu joué au mort aussi longtemps ! J'ai cru mourir moi-même !

Une flamme brillait à nouveau dans le regard de Charles. Erik sourit. Voilà la réaction à laquelle il s'attendait le plus.

- Je voulais te retrouver dès le lendemain, mais tu es parti si vite de l'hôpital. Ensuite, tu as comme qui dirait disparu de la circulation. Azazel a passé ces derniers jours à te chercher partout ! Il a même été jusqu'à fouiller ton manoir…

Charles déglutit.

- Mon manoir… Aux Etats-Unis ?

- Oui.

- Oh non, souffla-t-il.

- Tu étais introuvable ! J'étais inquiet ! J'ai fini par penser que tu ne devais pas être aussi loin. Azazel a alors surveillé les endroits que tu as l'habitude de fréquenter et aujourd'hui bonne pioche tu t'es rendu à l'université.

- Est-ce que Kurt a vu Azazel ? Est-ce qu'il lui a parlé ?

- Kurt ?

- Mon beau-père, expliqua Charles nerveusement.

- Non. Juste fouillé. Est-ce que ça va ?

- C'est juste que… Je ne veux pas qu'il me retrouve.

Erik fronça les sourcils et prit à nouveau Charles contre lui. Il était devenu raide.

- Je ne le laisserai pas te faire de mal, lui promit-il.

Charles ferma les yeux, il chassa Kurt et Caïn de ses pensées, Erik était là, bien vivant, rien d'autre ne comptait plus.

- Expliques-moi cette histoire, reprit Charles en déposa son oreille sur la poitrine d'Erik.

Il avait envie d'être bercé par les battements de son cœur.

- Logan est un agent qui me traque depuis des années, il veut me faire tomber pour meurtre. Pas un méchant bougre en soit, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il réussisse à me coincer, ni à ce qu'il trouve des preuves accablantes à mon sujet. Bref… Maintenant c'est réglé, Azazel l'a débarrassé de ce trop-plein d'indices. Il n'a plus rien contre moi, cependant… Je ne peux pas réapparaître aussi facilement. Donc je me cache ici en attendant que cela se tasse. Je suis tellement désolé d'avoir dû te laisser croire à ma mort. Je pensais que tu savais que j'étais en vie et que tu te cachais également.

- Comment veux-tu que je sache cela ?!

- Tu pouvais suivre la trace de mes pensées non ? Si j'étais mort sur le coup mon cerveau n'aurait plus émis.

Charles ouvrit la bouche devant l'évidence.

- Je me suis évanoui, finit-il par dire la bouche sèche.

- Oui, Azazel me l'a dit. J'ai cru que c'était une diversion de ta part pour ne pas avoir à répondre aux questions de Logan.

- Je ne suis pas aussi malin que ça on dirait.

- Quoi qu'il en soit, tu vas bien, c'est tout ce qui compte pour moi. J'étais mort d'inquiétude à ton sujet.

- Et moi je te croyais mort !

- Ce n'était pas mon intention.

Erik attrapa son menton et l'obligea à le regarder.

- Je n'ai jamais voulu que tu souffres Charles.

Ils se regardèrent.

- Je sais.

- Bref, continua Erik tendrement, Tu es là, tu vas bien, je suis soulagé.

- Est-ce que Logan a des « preuves » sur moi ? demanda Charles.

- Non, Azazel a récupéré tes affaires à la maison avant qu'ils n'y fassent une descente. Je compte bien tout récupérer. Cependant Charles, j'aurais une demande à te formuler.

- Oui.

- Tu ne sais même pas ce que…

- Je suis télépathe Erik.

- Oui… Justement.

- C'est d'accord.

- Tu es certain, je ne veux pas t'obliger à faire quelque chose avec lequel tu n'es pas en accord.

- Erik. Il n'y a rien que je ne ferai pas pour toi.

Erik embrassa Charles. Il le savait, il l'avait toujours sur Charles était sa salvation, son îlot de bonheur, son réconfort. Charles était son tout.

- Alors, comment on s'y prend pour effacer la mémoire de ce Logan ?

Charles était nu. Il était allongé sur le ventre, épuisé. Ses cheveux collés de sueur à son crâne, sa peau encore secouée de frissons délicieux, le corps engourdit. Oui, il avait eu mal, mais le bonheur de sentir Erik en lui valait toutes les peines du monde. Il avait cru ne plus jamais sentir cette extase. C'était plus fort que lui, il avait insisté pour qu'il le prenne. Ici et maintenant, alors qu'ils n'avaient rien pour le préparer. Charles savait à quoi il s'engageait. Il s'en foutait la douleur était salvatrice, Erik était vivant. Charles avait jouit vite, trop même. Son excitation était montée si vite. Erik avait souri, comme si c'était sa première fois. Charles avait jouit une seconde fois lorsqu'Erik l'avait pénétré en douceur. Les baisers étaient venus apaiser une faim de l'autre. C'était bon. Si bon. Charles somnolait, voguant entre rêve et réalité, les paupières mi-closes les yeux roulants dans ses orbites. Il respirait profondément, le visage enfoui dans l'oreiller d'Erik, le nez rempli de son odeur. Charles s'y plongeait avec bonheur, comme un enfant à son doudou. Il était rassuré, tranquillisé.

Erik se tenait assit dans l'angle de la pièce, il rédigeait un dossier qu'Azazel allait ensuite placer dans la pile de Logan. Ses yeux étaient attirés de façon quasi systématique sur la silhouette endormie de Charles. Il l'avait retrouvé, enfin. Il avait eu si peur. Il avait cru en premier lieu que Logan l'avait retenu en tant que témoin incriminant, ou complice. Oui il avait eu peur que les prédictions de malheur de sa foutue fausse femme allaient se réaliser. Il n'en était rien. Charles était là. Erik était à demi nu, il avait repassé un sous-vêtement de manière pudique, pas pour lui, ou pour Charles, non, mais pour Azazel si jamais le téléporteur arrivait à l'improviste, Erik n'avait pas envie qu'il puisse le voir dans sa tenue d'Adam. Il avait craint qu'il n'arrive pendant qu'ils faisaient l'amour, heureusement cela ne s'était pas produit. Azazel était un homme avisé, il avait dû s'attendre à ce qui allait arriver après leurs retrouvailles. Erik avait trouvé Charles très maigre, il n'avait rien laissé paraître, il n'avait pas lui-même un corps irréprochable, la peau bardée de cicatrices, de marques, de tatouages… Mais Charles était si pur. Là Erik aurait pu compter ses os, il avait vu ses tendons jouer et les muscles rouler. Dans l'haleine de Charles il avait senti le mauvais alcool. Oui, Erik était responsable de cet état. Il s'en voulait. Il avait promis à Charles d'être là pour lui. Il avait manqué à sa promesse. Charles se reposait, Erik travaillait, presque tout était revenu à la normal, sauf…

Azazel apparut dans un nuage de fumée qui s'évapora presque aussitôt. Il jeta un coup d'œil vers Erik, il ne fit aucun commentaire. Erik se leva. Il reposa son stylo sur le dossier. D'un pas léger il se rendit au chevet de Charles et remonta la couverture qui avait glissé à ses pieds. Il couvrit Charles jusqu'aux épaules et caressa du but des doigts ses cheveux. Azazel regarda ailleurs en attendant. Erik lui fit signe de le suivre. Ils passèrent dans la cuisine. Azazel s'installa contre le plan de travail, Erik se servit un verre d'eau et le descendit rapidement.

- Il est d'accord ?

- Oui.

- Quand est-ce que l'on s'y prend ?

- Le plus tôt sera la mieux. Que suggères-tu ?

- Chaque soir il va au pub The Bottle of Blood. Il y reste tard et boit seul.

- Je ne sais pas si Charles peut agir dans une foule.

- On pourra l'attirer au-dehors.

- Comment ?

- Tu me sembles être un appât de choix.

Erik fit la grimace.

- Bien. Tu peux lui trouver des habits pour ce soir ?

- Oui.

- Prends deux tailles en dessous.

Azazel leva les sourcils d'étonnements.

- Oui ?

- Ton garçon n'est pas en forme ?

- Charles a passé un sale temps. Il m'a cru mort…

- Vraiment ? Je croyais qu'il pouvait sentir ton esprit et qu'il…

- Il a perdu connaissance avant de me sentir encore vivant.

Azazel esquissa un sourire malingre. Erik fit comme s'il n'avait rien vu.

- On se donne rendez-vous pour vingt-trois heures au pub.

- Bien, je ferai déposer les vêtements en début de soirée.

- A ce soir, dit Erik d'un ton qui concluait toute leur conversation.

L'instant d'après Erik était de nouveau seul dans sa cuisine. Il but à nouveau. En retournant dans la chambre Charles était assis au milieu du lit.

- Déjà réveillé ? sourit Erik.

- Désolé, j'ai écouté.

Erik s'approcha du lit et enveloppa Charles de ses bras.

- Tu sais à quel point tu m'as manqué ?

Charles respira le cou d'Erik.

- Encore ce matin, je ne me voyais plus d'avenir.

- Et maintenant ?

Charles embrassa le torse d'Erik.

- Tu es revenu, je ne veux plus te quitter, jamais.

Erik l'embrassa. Sa bouche trouvant celle de Charles sans qu'il oppose la moindre résistance. Sa langue venait déjà à sa rencontre. Charles caressa la langue d'Erik et goûta à la fraîcheur de l'eau qu'il venait de boire. Charles allongea Erik sur le lit et s'installa sur lui pour l'embrasser tout son soul.

- Encore ?

Je ne veux jamais m'arrêter. Je veux t'aimer toute ma vie.

Erik entendit le message de Charles comme s'il lui avait chuchoté dans son esprit. Il sourit. Charles frotta son corps à celui d'Erik.

- Je ne veux pas te fatiguer…

- Je m'en fous.

- C'est ce soir que l'on doit agir.

Charles arrêta son mouvement lascif. Ce soir ? Il était encore épuisé, mais son corps réclamait plus. Erik lu son regard. Comme il lui avait manqué. Cette complicité, cette facilité entre eux, cette communication silencieuse.

- Si on recommence, je ne pense pas que tu puisses encore marcher demain, susurra Erik.

- Vantard ! se moqua Charles en mordant la joue d'Erik.

- C'est faux peut-être ?

Charles colla un doigt sur la tempe d'Erik et lui fit ressentir son corps. Erik plongea dans cette sensation incroyablement enivrante.

- En effet, tu ne pourras pas assurer ce soir si je recommence.

- Et ça te fait plaisir on dirait !

- Ça veut dire que j'ai bien travaillé, répondit Erik dans un sourire carnacier.

- Travaillé ? Je suis un job pour toi ?

Erik plaqua Charles contre lui et l'embrassa langoureusement.

- Tu es tout pour moi.

Charles souriait à s'en faire mal aux joues.

- Tu veux prévenir ta sœur pour ce soir ?

- Non, si elle l'apprenait elle m'en empêcherait.

- Tu peux encore dire non.

- Je veux t'aider.

- Tu n'as peur de rien toi.

- Ce n'est qu'un peu de manipulation mentale, rien de sorcier. Je l'ai déjà fait.

- Ah oui ?

- Oui.

- Tu peux me donner un exemple ? demanda Erik en embrassa Charles dans le cou et les clavicules.

- En faisant en sorte qu'un millionnaire tombe éperdument amoureux de moi.

Erik s'arrêta. Charles était capable de faire ce genre de chose ? D'imposer des émotions aux autres ?

- Ne fais pas cette tête, je plaisantais.

- Tu n'as pas de limite à ton pouvoir ? questionna Erik les yeux brillants.

- Je suis limité physiquement. Je pourrais contrôler le monde, ou écouter les pensées de chaque personne sur cette terre, si j'en avais l'amplitude.

- C'est une idée à creuser.

Charles s'écarta d'Erik.

- N'importe quoi. Bon même si je ne vais pas avouer à Raven que ce soir je vais trafiquer la mémoire d'un agent de la CIA pour éviter que mon…

- Amant ? proposa Erik amusé.

- Amant je prends. Donc pour éviter que mon amant se retrouve en prison pour des meurtres qu'il a commis, je dois tout de même lui dire que tu es en vie… Je n'oublie rien ?

- Tu préserves ainsi toutes les personnes que j'ai aidées en tuant des salopards.

Charles se rallongea dans le lit. Il avait une grosse responsabilité sur les épaules. Il savait qu'il en était capable. Il n'avait pas peur non… C'était plus sa moralité qui lui chatouillait l'esprit. Il savait que ce qu'il allait faire n'était pas une bonne idée, que c'était la solution de facilité, que rien ne serait vraiment réglé et qu'il ne ferait que du rafistolage. Le danger pour Erik serait toujours présent, cependant, il se devait à cette tâche. Il devait le faire, il devait aider Erik. Il ne connaissait rien de ce Logan et ce soir il allait lui changer la vie. Ce n'était pas rien.

- Tu veux que je t'accompagne ?

- Pardon ?

Charles était dans ses pensées, il n'avait pas vu Erik se lever et se rhabiller.

- Tu veux que je vienne avec toi voir Raven ?

- Je ne sais pas si elle sera heureuse de te voir.

- Ce n'est pas le sujet.

- Elle ne t'aime pas beaucoup.

- Là non plus ce n'est pas le sujet.

- Je ne veux plus me séparer de toi.

- Alors nous sommes d'accord. Vas prendre une douche, je vais voir si tes nouveaux habits sont arrivés.

- Mes nouveaux…

- Oui. Pas question que tu sortes avec ces horreurs !

Charles se mit debout, ses orteils, sur la moquette, s'étirèrent.

- Tu ne viens pas avec moi ?

- Il ne vaut mieux pas… je vais finir tranquillement ce dossier.

Charles se dirigea vers la salle d'eau. Il revînt sur ses pas et avec toute son audace retrouvée il lança :

- Ce soir, quand on aura fini, tu me baiseras dès que l'on passera la porte d'entrée.

Erik ouvrit grands les yeux et laissa un sourire infini s'étirer sur ses lèvres dévoilant sa dentition impeccable.

- Je ne vois pas comment je pourrais résister.

Charles disparut dans la pièce d'à côté, Erik mit quelques secondes avant de réussir à se pencher à nouveau sur les dossiers qu'il falsifiait, car une crampe dans son bas ventre le brûlait délicieusement.


Raven était inquiète, déjà une heure qu'elle était rentrée et toujours pas de Charles en vue ! Elle craignait le pire ! Elle n'aurait jamais dû le laisser sortir sans elle ! Si jamais il avait fait une bêtise ?! Une bêtise du genre définitive !

Elle se rongeait les sangs, l'incertitude la broyait. Elle crut exploser de soulagement lorsque la porte d'entrée s'entrebâilla pour laisser passer Charles. Mais il n'était pas seul, aussitôt elle serra les poings. Qui ramenait-il avec lui ?

- Charles ? demanda-t-elle en prenant une allure plus menaçante.

Lorsqu'elle reconnut la stature, qui succédait son frère, elle eut le souffle coupé.

- Il est mort ! s'écria-t-elle.

- Je me suis taillé une sacrée réputation chez les Xavier on dirait, répliqua Erik mordant.

- Mais, mais… Tu m'as dit qu'il… Mais…

Charles prit la main de sa sœur et lui envoya une onde de paix, elle se détendit, affichant un sourire de quiétude.

- Cool que tu sois revenu parmi nous, fit Raven en donnant une petite tape sur l'épaule d'Erik.

Erik leva un sourcil en direction de Charles.

- Elle est relaxe, dit Charles en levant les épaules. Raven, je suis venu te dire que ce soir je sors avec Erik, je passerai te voir demain avant ton travail.

- Ouais, pas de soucis, la vie est courte, chantonna Raven.

- Un peu trop détendue non ? demanda Erik en regardant Raven caresser son torse.

- Ça ne lui fait pas de mal, elle était très…

- T'es un mec super mauvais pour Charles, mais putain t'es sexy à mort, du genre : méga sexy, dans le sens que si tu veux te taper toute la famille, je serais ravie de…

- Oui trop détendue, beaucoup trop ! s'écria Charles en plaquant ses mains sur la bouche de Raven.

- Hey !

- Allez Raven, reprends-toi ! ordonna Charles en lui rendant un peu de bon sens.

Raven rougit brutalement devant un Erik goguenard, elle se tourna vers Charles et lui assena une gifle bruyante. Erik cessa de rire.

- Charles ! Tu ne dois JAMAIS me manipuler !

- On va dire qu'on est quitte, dit Charles en essayant de ne pas souffrir du choc.

- Et toi pourquoi tu as fait croire à mon frère que t'étais un putain de macchabé ?! Il a failli en crever ! T'es vraiment un beau salaud de le laisser croire que t'es mort pendant presque un mois !

- Je n'ai pas eu…

- Le choix ? Connerie ! C'est pas toi qui as dû ramasser Charles à la petite cuillère ! Ce n'est pas toi non plus qui a dû l'écouter hurler de douleur chaque nuit, le laisser sangloter contre toi et le regarder se…

- Merci Raven, merci pour tout encore, coupa Charles en s'interposant en eux.

La tension était électrique, Erik regardait Raven avec la même violence qu'elle.

- Tu as quelque chose à ajouter ?

- Non, elle n'a rien à ajouter de plus, n'est-ce pas Raven ? supplia du regard Charles.

Il n'avait pas envie qu'Erik entende la loque qu'il était devenu en son absence.

- J'aurais bien d'autres choses à dire, mais Charles ne veut surtout pas que tu apprennes qu'il est devenu un alcoolique durant ton séjour au cimetière ! cracha Raven.

- Raven !

- Charles !

Erik sentait ses muscles jouer sous sa peau, il mourait d'envie de donner une bonne raclée à cette petite peste, cependant ce qu'elle disait était vrai. En disparaissant, Charles était devenu l'ombre de lui-même. L'entendre de la bouche de Raven lui fit du mal. Il s'en voulait d'avoir été absent pour l'homme qu'il aimait. Il allait tout faire pour se rattraper… Bon en commençant par l'entraîner dans un plan plus que foireux mettant en scène un agent de la CIA…

- Raven, je suis venu te dire que…

Charles était rouge, tendu, en colère. Raven lui décrocha un regard venimeux.

- J'ai entendu la première fois que tu l'as dit ! J'étais shootée –par toi -, pas sourde ! Et sache grand frère que ça suffit ! Stop ! Je ne suis pas celle vers qui on vient quand on est en galère ou perdu ou merde ! Je ne suis pas là que pour ramasser les pots cassés par l'autre grande tige là ! Toi Erik de mon cul ! T'as failli bousiller mon frère avec tes magouilles de merde ! Tu sais quoi j'en peux plus de vos conneries ! Je ne suis bonne qu'à ça : passer après ! Non ! C'est assez ! Charles, tu vas mieux d'un seul coup de baguette magique, ou d'un seul coup de…

Charles ne savait plus où regarder. Erik affronta son regard sans ciller. Il avait des torts, mais cette gamine se prenait pour une diva de pacotille. Il n'avait pas peur des mots.

- … BITE ! Ce matin tu étais ivre au petit déjeuner et ce soir tu pètes la forme avec ce grand débile à la gueule de mannequin des pays de l'Est ! Charles ! Je te croyais plus malin ! Au moins quand tu étais mort, Erik, j'étais soulagée ! Oui parce que comme ça Charles n'aurait plus à souffrir pour ce que tu allais lui faire. Il morflait une bonne fois pour toute et c'était réglé ! Mais non ; Il a fallu que tu te la joues Messie ! Alors tu sais quoi ? Prends Charles ! Barrez-vous avec vos conneries de mecs amoureux et bla bla bla ! Moi j'en peux plus ! Charles tu reviendras me voir soit quand tu auras compris que ce mec est nocif pour toi, soit quand je serais calmée ! Mais là c'est trop pour moi ! Alors maintenant, Erik tu prends Charles sous ton bras de pitbull et vous sortez de chez moi !

Raven poussa Charles contre Erik sans douceur et les raccompagnant à la porte. Erik tendit la main et récupéra un objet juste avant que la porte ne se claque. Charles resta interdit le nez collé au linteau. Erik fourra dans sa poche l'objet et renifla longuement.

- Bon, au moins elle ne s'est pas opposée à ta soirée, nota Erik placidement.

- Elle m'a foutu dehors… ma propre sœur ! Elle m'a foutue dehors alors que lorsqu'elle venait à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit avec les pires ennuis du monde je l'accueillais toujours ! Alors que c'est en partie pour elle que j'ai accepté ta proposition !

- Fais-moi penser à lui envoyer des fleurs alors, sourit Erik.

Charles laissa un petit rire lui échapper.

- Pourquoi je ris ? C'est tout sauf drôle !

Ils prirent la direction de la rue. Erik enfila sur sa tête un chapeau à bord court, assorti d'une paire de lunettes, alors que le soleil venait de se coucher.

- Au fait, tu n'as pas encore ouvert mon cadeau ?

Erik tendit à Charles le boîtier qu'il venait de récupérer en catastrophe chez Raven. Charles regarda l'objet en souriant.

- Non, je n'en avais pas la force.

- Et maintenant ?

- J'en meurs d'envie.

- Qu'est-ce que tu attends ?

Ils s'arrêtèrent sous un lampadaire, qui clignotait de manière aléatoire, signe avant-coureur que l'ampoule allait bientôt lâcher. Charles se mordit la lèvre inférieure et souleva enfin le claquet. Il découvrit finalement ce qu'Erik lui avait offert. Charles sortit de son écrin la montre à bracelet de famille. Elle était en or blanc et acier, le métal était émaillé, rayé par endroit. La trotteuse se déplaçait agilement sur le cadran, la vitre avait été remplacée, les chiffres peints à la main avec minutie étaient rédigés en romain. C'était une G. Gerlach du début du siècle ! Charles tenait dans sa paume une pièce d'histoire et un gage d'amour. Il leva ses yeux vers Erik, souriant, ému.

- Elle n'est pas de toute première main, pourtant je trouve qu'elle a du charme, expliqua Erik en aidant Charles à la passer au poignet.

Charles était ému, il contempla la montre, puis leva un regard bordé de larmes délicates.

- Je l'adore.

Erik se rapprocha de Charles.

- Si tu savais comme j'ai envie de t'embrasser, là, maintenant tout de suite.

Le sourire que lui arracha cette phrase, fit couler deux larmes à Charles.

- Eh bien t'attends-tu pour le faire ? chuchota Charles les lèvres tendues.

- Pas ici.

- Au contraire.

Charles monta sur la pointe des pieds et frôla la bouche d'Erik, tout en collant deux doigts sur sa tempe.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Erik d'une voix rauque.

- Pour les voyeurs, tu vas embrasser une jolie brune, un peu petite…

Erik sembla hésiter encore une seconde avant de grogner et de lâcher :

- Je n'ai pas embrassé de femme depuis les années cinquante…

Au début le baiser était tendre, un brin romantique, presque un clicher de cinéma. L'odeur des voitures, la douceur du soir, la lumière épileptique, rien ne les dérangea. Charles mordit la lèvre d'Erik, celui –ci s'empara de son corps, il capta sa chaleur, sa légèreté. Leurs lèvres s'appelaient et se répondaient en même temps, leur langues sortaient léchant, parcourant, explorant. Les badauds rougissaient devant ce baiser osé, donné en pleine rue par ce couple parfait : un beau blond à l'allure impeccable, tenant dans ses bras une sublime brune aux cheveux mi longs, au corps tout en rondeurs. La température entre eux grimpa rapidement lorsque la main d'Erik inclina le visage de Charles pour lui dévorer la gorge de baiser. Les yeux d'Erik étincelèrent en cet instant.

- Charles, je ne crois pas que les femmes ont des érections.

- Erik, je ne crois pas que me le faire remarquer m'aide énormément.

- « Énormément » vraiment ? sourit Erik.

Ce sourire donna des pulsions sexuelles torrides à Charles. Il se foutait bien d'être en taule pour dépravation, tant il mourrait d'envie de se mettre nu au beau milieu de la rue.

- On a le temps ? gémit Charles en ondulant imperceptiblement contre Erik.

- Je ne pense pas… Mais… je peux te…

- Non. Je te veux en moi ou rien.

La pression artérielle d'Erik prit un coup violent. Entre ces mots dans la bouche de Charles c'était comme prendre de la drogue. Il planait, il avait une envie fulgurante d'exaucer ses paroles. De voir Charles jouir encore, mais leur plan ne tolèrerait pas d'escapade. Erik s'obligea à garder la tête froide. Charles lut en lui, il se résigna, conscient des enjeux encourus. Ils se séparèrent, tous deux rouges, haletant, fiévreux.

- On va y aller en marchant, décida Erik pour respirer un peu.

- Pas de refus.

Charles respira doucement et força son rythme cardiaque à redescendre, ainsi que le sang à circuler de nouveau. Après quelques pas en silence, chacun dans ses émotions, Charles relâcha sa tempe. Aux yeux de tous il redevint un jeune garçon brun aux yeux d'un bleu incroyable, les joues rouges et la démarche étrange.

- Tu es sûr que le fait de changer la mémoire de ce seul type va pouvoir te dégager de toutes implications ?

- Non, mais c'est un bon début. Les autres sont corruptibles, ou jugent notre action bonne, pas Logan. C'est un américain. Il s'imagine au-dessus de tout le monde.

- Il te traque depuis longtemps ?

- Des années je dirais… Charles tu peux toujours refuser.

- Jamais. Je veux t'aider.

- Cela ne va pas à l'encontre de tes discours pacifistes ?

- Au contraire, on ne va pas le tuer, on va le laisser vivre, avec un mensonge implanté dans le cerveau, c'est moins cruel.

- Le crois-tu ?

Ils arrivèrent en vue du pub. Charles avait son pouls qui battait comme un beau diable. Ce soir il allait enfreindre la loi morale qu'il s'était imposée. Son don ne devait pas changer la vie des hommes de manière néfaste. Il se devait d'aider et de servir… ce soir il allait aider Erik. Il allait l'empêcher de finir en prison pour meurtres… Où était la justice ? Charles n'avait plus le temps de s'interroger, au loin, il vit le fameux Logan rentrer dans le « Bottle of Blood ». Erik crispa son visage, il rabattit son chapeau sur son nez. Charles laissa filer un soupire particulièrement bruyant. Il emmagasina la détermination d'Erik et s'engouffra à sa suite dans l'établissement.


Voilà rassurée ? Erik n'est pas mort :P

J'espère que ce chapitre vous a plu et n'hésitez pas à commenter, ainsi qu'à louer les mérites de ma Bêta ! :D

Des bisouuus!

A TRES VITE !