AKIRA ET TOKITO
Chapitre 12 : Après-midi ensoleillé
Ils arrivent à la plage en début d'après-midi. Ils installent leur serviette près de la mer et s'assoient dessus.
Akira : – Voilà, on y est enfin…
Tokito : – Quel sens de la déduction ! Tu m'impressionneras toujours !
Akira : – Rhhh, t'es bête, je voulais dire que ça fait du bien d'y être !
Tokito : (rire moqueur) – Je sais. C'était juste pour t'énerver, tu pars au quart de tour, c'est trop facile !
Akira : – Et apparemment très drôle aussi, vu ton rire strident !
Tokito : (énervée) – Mon rire n'est pas du tout strident ! Sale minable !
Akira : (sourire du vainqueur) – Trop facile…
Tokito : – Hn hn.
Tokito, vexée de s'être fait avoir, sort la crème solaire du sac, tourne le dos à Akira et commence à se crémer sans un mot. Ayant presque terminé, elle se demande comment elle va faire pour le dos, se refusant à demander de l'aide à ce minable. Elle n'a pas le temps d'y penser plus longtemps. Elle frémit lorsqu'elle sent les mains d'Akira parcourir son dos, y étalant lentement de la crème. Elle n'ose pas se retourner, profitant plutôt des sensations, et se sent rougir seconde après seconde. Elle recouvre finalement ses esprits.
Tokito : (surprise) – M… Mais…Mais qu'est-ce que tu fais !?
Akira : – Je savais que tu ne me le demanderais pas. Sauf qu'avec cette chaleur tu aurais fini en écrevisse !
Tokito : – Je t'ai rien deman... ! Je… Merci.
Akira : – De rien.
Tokito : (rouge +++) – J'imagine que tu veux que je fasse le tien ?
Akira : – Seulement si tu veux. Ou tu préfères peut-être me laisser devenir une écrevisse !
Tokito : – Ahhh ! Ne me donne pas de si bonnes idées ! Comment veux-tu que je résiste après ?!
Akira : (pensées : parce que tu m'aimes ! (Du moins j'espère…) Mais qu'est-ce que je raconte !) – …
Une fois qu'Akira a fini (après avoir fait bien durer), c'est au tour de Tokito. Elle commence timidement avant de finalement (elle se l'avoue honteusement) prendre goût à cette tâche pour le moins agréable… jusqu'à ce qu'elle s'arrête, ayant terminé.
Akira : – Je savais que tu aimais me torturer…
Tokito : – Euh… je crois que le reste, tu peux le faire tout seul. (pensées : si j'en crois ses mots, c'est une torture de m'être arrêtée… Peut-être qu'il m'aime vraiment… Arghhh c'est gênant !)
Akira : – Oui, merci.
Ils s'allongèrent ensuite quelques minutes sur leur serviette.
Tokito : – J'ai envie d'aller me baigner !
Akira : (s'assayant) – Oh non, pas maintenant…
Tokito : (grand sourire) – Allez, s'il te plaît ! C'est nul toute seule !
Akira : – J'ai pas envie… en plus, les gens disent qu'elle est très froide.
Tokito : – C'est ce que disent tous les gens qui mettent les pieds dans la mer ! Minable ! Puisque c'est comme ça, j'y vais toute seule.
Elle s'éloigne, met un pied dans l'eau.
Tokito : (pensées : Ah la vache ! Elle est froide ! … Oh, j'ai une idée (sourire diabolique)… Attends, tu vas voir, espèce de mioche capricieux aux fesses bleues !)
Elle rassemble tout son courage pour se mouiller jusqu'aux cuisses, puis jusqu'au ventre, puis enfin, entièrement, se retenant chaque fois de pousser un cri. Une fois complètement mouillée, cheveux dégoulinants compris, elle se redirige vers la plage. Elle s'approche innocemment d'Akira.
Akira : – ARGH ! Tokito ! tu m'envoies plein d'eau ! C'est glacé !
Tokito : – Qui croirait que ce sont les paroles d'un samouraï de la glace… (pensées : tu n'as encore rien vu… mwahaha)
Avant qu'il n'ait le temps de la voir, Tokito se précipite sur lui, lui attrape le bras et l'entraîne vers l'eau. Il résiste tant bien que mal, mais elle est forte, et décidée. Elle le traîne à reculons tandis qu'il résiste jusqu'à ce qu'enfin elle arrive au bord de l'eau. Elle tient absolument à le mettre à l'eau d'un seul coup. Lorsqu'ils ont de l'eau jusqu'aux genoux, Akira qui commence à comprendre ce qui l'attend, redouble d'efforts pour lui échapper, mais elle l'entraîne dans l'eau, les déséquilibrant tous les deux. Tokito tombe en arrière et il tombe dans l'eau sur elle.
Akira : – Ahhh ! C'est froid ! Tokito ! Tu ... ! (réalisant leur position) Euh... Je… Tu…
Tokito : – Tu voudrais peut-être t'excuser pour m'être tombé lourdement dessus ?
Akira : – Hein ? C'est toi qui m'a tiré pour aller dans l'eau ! (Devient rouge en sentant la poitrine de Tokito contre lui.)
Tokito : (réalisant également la sensation du poids d'Akira son corps, non pas que ça lui déplaise, devient rouge.) – Hn hn.
Akira se relève d'un bond. Ils n'osent plus se regarder. Tokito, à genoux dans l'eau, bien qu'encore troublée, décide de ne plus y penser et lui arrose la figure. Avant qu'il ne puisse riposter, elle s'enfuit, quelques mètres plus loin, l'obligeant à se mouiller. Il la pourchasse donc en se plaignant que l'eau est froide et qu'elle n'est vraiment qu'une gamine capricieuse.
Tokito : – Exactement ! D'ailleurs, puisque tu aurais pu me tuer en tombant sur moi, tu vas te faire pardonner !
Et c'est ainsi qu'elle se retrouve sur le dos d'Akira, le dirigeant un coup à gauche un coup à droite, un peu à la manière d'un cheval, prenant ses cheveux pour des rênes (non mais je vous jure…). Pour se venger, il attend qu'elle soit à peu près sèche grâce au soleil pour la lancer dans l'eau. Mais lorsque Tokito sort la tête de l'eau, la bouche pleine de jurons à son égard, il n'est plus là.
Elle attend donc qu'il réapparaisse, les bras croisés, impatiente de se venger, de quelque manière que ça soit. Mais il ne revient toujours pas. Elle commence quand même à s'inquiéter un peu. Elle attend encore quelques seconde avant de s'imaginer le pire, et elle est tout d'un coup assaillie par un mauvais pressentiment.
Elle se penche près de la surface pour essayer de l'apercevoir lorsqu'elle reçoit de l'eau en pleine figure. Elle rouvre les yeux et découvre le visage d'Akira, qui venait de sortir d'on ne sait où, à deux centimètres du sien.
Tokito : (pensées : Oh mon Dieu… Mais… Mais d'où il sort d'abord ! Quand je pense que je me suis vraiment inquiétée !)
Akira : (pensées : Est-ce que c'est ça le bon moment !? Ça semble trop inattendu quand même comme situation !)
Tokito : (se reculant pour qu'il se relève complètement) – Mais d'où tu sors !?
Akira : (se redressant) – De sous l'eau.
Tokito : – J'avais compris ! Mais bon sang, mais qu'est-ce que tu faisais là-dessous ? Combien de temps est-ce que tu peux rester en apnée toi ? C'est pas humain comme truc, non mais franchement ! En plus je vois absolument pas l'intérêt ! Oh, si ça y est, j'ai compris ! Tu voulais me faire peur, c'est ça ? Et ben c'est ra…
Akira : (lui met une main sur la bouche pour qu'elle se taise) – Tokito…
Tokito : – hai guesh gue tu hai !? (traduction : mais qu'est-ce que tu fais !?)
Akira : – Tu fais trop de bruit. (pensées : elle s'est vraiment inquiétée pour moi…) (il enlève sa main)
Tokito : – Pff, minable. Au moins moi je ne me prends pas pour un poisson ou une écrevisse ! Pour te faire pardonner cette attitude, tu vas aller acheter des glaces. J'en veux une cookies/litchies. Débrouille-toi pour la trouver.
Akira : – Et puis quoi encore ! Je ne suis pas ton chien ! Ni ton cheval d'ailleurs ! Je n'y peux rien si tu es morte d'inquiétude quand je disparais quelques secondes de ta vue !
Tokito : – Rhhh. N'importe quoi ! Ne soit pas si narcissique ! En plus quoi ! T'as peur d'aller voir le marchand ?
Akira : – Tu es ridicule !
Tokito : – Alors vas-y ! Cookies/Litchies ! Souviens-toi !
Akira : – Oui c'est cela. Tu m'envoies les chercher alors je reviens avec ce que J'AI envie.
Tokito : – Ne te perds pas en route… (il s'éloigne) (pensées : Oh là là… il était si près de moi… et puis rhhh quand je pense qu'il est resté sous l'eau juste pour me faire peur ! Il m'énerve ! … Mais en même temps, je ne peux pas nier que j'ai eu vraiment peur pour lui… Grhhh. Je l'aime trop. C'est bizarre de penser ça quand même… mais c'est vrai.)
Elle s'assoie dans l'eau et joue avec le sable qui est au fond en attendant Akira. Il y a des vagues de plus en plus grosses. Puis, sans qu'elle s'y attende, une vague bien plus grosse que les précédentes l'entraîne vers la plage, jusqu'à qu'elle percute de plein fouet des jambes inconnues. Elle se relève précipitamment. L'inconnu se révèle être un beau jeune homme portant un short orange avec des flammes dessinées dessus. Il porte également des lunettes de soleil, ainsi qu'une casquette orange, encore avec des flammes. Mais Tokito est surprise de voir qu'il a également de longs cheveux noirs, noués en queue de cheval dans sa nuque.
Tokito : – Excusez-moi, je ne vous ai pas fait mal ?
Inconnu : (voyant la beauté de Tokito) – Ah, mais non pas du tout !
Tokito : – Ah bon, tant mieux. Je suis désolé, je me suis fait emporter par les vagues. Bon ben je vais retourner tripatouiller mon sable alors. Désolée de vous avoir dérangé.
Inconnu : – Attendez, ne partez pas tout de suite !
Tokito : – ?
Inconnu : – Je vous ai vue tout à l'heure, en train de « tripatouiller » votre sable comme vous dites. Êtes-vous accompagnée ? Parce que, tout de même, je trouve étrange qu'une si belle demoiselle soit seule à la plage.
Tokito : – Ah, euh… non, je ne suis pas seule, j'attends mon… mon… (pensées : comment le qualifier ? D'ailleurs… il me drague lui ou quoi…)
Inconnu : – Votre ?
Tokito : Mon homme.
Inconnu : – Oh, non… S'il peut vous garder loin de lui si longtemps dans un cadre pareil c'est qu'il est indigne de vous !
Tokito : (pensées : mais qu'est-ce qu'il me veut celui-là ? Il commence à m'énerver ! D'ailleurs, sa voix me dit quelque chose…) – Vous vous trompez. C'est moi qui lui ai demandé de me chercher quelque chose. Ne vous permettez pas de juger quand vous ne connaissez pas.
Inconnu : – Au temps pour moi. Toutes mes excuses. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Tokito : (sourire à ce souvenir) – Dans un autre monde, à une autre époque. J'imagine que c'est le destin.
Inconnu : – Voilà qui est bien vague, et qui ne me dit rien qui vaille. Alors que c'est la mer qui vous a menée à moi, l'eau, un des quatre éléments, n'est-ce pas plutôt ça, le vrai destin ?
Tokito : (pensées : Non mais pour qui il se prend lui ? Je suis sûre d'avoir déjà entendu sa voix. Mais je ne connais personne qui s'exprime comme ça !) – Manque de chance pour vous, vous semblez plutôt être branché « feu ».
Inconnu : – Ah, oui, à cause des vêtements que je porte. Ma foi, l'eau n'est pas mon ennemie.
Tokito : – Oh, formidable. Maintenant si vous permettez, je vais accomplir mon destin en retournant « tripatouiller » mon sable, en attendant mon homme.
Inconnu : (air de souffrance) – Que voilà des paroles bien dures ! N'ai-je pas le droit à une chance ?
Tokito : (rire ironique) – Non, certainement pas.
Inconnu : – Vous ne pouvez pas vous permettre de me juger car vous ne me connaissez pas, vous l'avez dit vous-même tout à l'heure.
Tokito : – Ça n'a rien à voir !
Inconnu : – Laissez-moi vous inviter à diner !
Tokito : (rire moqueur) – Je ne crois pas non. (pensées : Il va me lâcher ou quoi !)
Inconnu : – À boire un verre en attendant votre homme, alors !
Tokito : – Bon, écoutez, je ne sais pas qui vous êtes, mais vous commencez à mettre mes nerfs à l'épreuve ce qui n'est pas bon signe pour vous. Je ne vous connais pas, et je n'ai aucune envie de vous connaître. Dommage, aujourd'hui j'étais de bonne humeur, pour une fois…
À quelques mètres de là, Akira n'en croit pas ses yeux (si l'on peut dire). Il n'entend pas leur conversation mais le sourire de Tokito ne trompe pas.
Akira : (pensées : je la laisse seule pour aller chercher sa foutue glace parce que je sais que ça lui fera plaisir et elle…)
