A/N: Haaaaa semaine sans Bones :'( Je hais le baseball.

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Chapitre 12 : Le dernier bain

Il avait pris des photos d'elles toutes. Toutes étaient épinglées sur le mur. Pas n'importe comment, oh non. Elles méritaient mieux que ça. Chacune avait sa place. Une photo, une bougie. Lilas, Violette, Azalée, Vanille, Framboise, Cerise, Lavande, Jasmine, Rose, Orchidée. Parfois, il en allumait une en particulier, parce qu'il se languissait de sa senteur, en particulier, ou qu'il avait besoin de penser à elle, en particulier. D'autres fois, il les allumaient toutes.

Et c'est ce qu'il fit ce jour-là, bien qu'il eut une pensée spéciale pour l'une d'entre elles. Celle qu'il n'avait pu sauver. Avec elle, tout avait été différent. Il savait que, plus encore que les autres, elle avait besoin qu'il pense fort à elle. Et cela lui brisait le cœur.

Mais ce soir-là, il avait pris sa décision. Les dernières entailles, les dernières blessures. Tout serait bientôt fini.

Le dernier bain. La dernière fois.

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Brennan raccrocha son téléphone. Angela se sentait coupable de laisser seule son amie et l'appelait pratiquement toutes les deux heures. Elle le reposa sur la table à côté d'elle et se remit à étudier la pile de dossiers ouverts sur ses genoux. Elle avait dû insister encore et encore avant que Booth n'accepte de lui laisser des copies des éléments de l'affaire. Elle avait dû utiliser tout ce qui lui était passé par l'esprit.

Elle avait commencé par lui offrir son plus joli sourire, car elle savait que lui parvenait toujours à obtenir ce qu'il voulait avec le sien. Ensuite, elle avait mis au point une démonstration logique visant à lui prouver qu'elle pouvait aider et qu'elle n'avait de toute façon rien d'autre à faire. Après cela, elle avait proféré des tas de menaces, y compris celle de ne plus jamais retourner avec lui sur le terrain et celle, terrifiante, d'appeler Cullen pour lui expliquer qu'il refusait son aide alors que le temps leur était compté. Et elle avait fini par le supplier.

Alors, au bout du compte, il lui avait donné ce qu'elle voulait, même s'il savait parfaitement qu'elle dépenserait toute sa précieuse énergie à travailler sur l'affaire plutôt que de prendre le repos dont son corps avait besoin. Et la suite lui avait donné raison, puisque la nuit qui avait suivi, elle n'avait pas dormi du tout. Lorsque l'infirmière s'en était rendu compte le lendemain, elle l'avait réprimandée bruyamment, comme elle l'aurait fait pour un enfant. A partir de là, Brennan fut forcée de prendre des somnifères chaque soir, et la femme surveillait qu'elle les avalait bien, la regardant avec les bras croisés et un air peu commode. Au moins, elle pouvait désormais dormir sans avoir à endurer d'affreux cauchemars, et ne se réveillait que lorsque la lumière du jour avait déjà empli la pièce.

Les coups à la porte la firent sursauter. Elle sourit lorsqu'elle vit Booth entrer avec un large sourire qui était probablement lié à la lourde sacoche qu'il tenait à la main. Essayant de deviner ce que cela pouvait bien être, elle fronça légèrement les sourcils lorsqu'il posa délicatement le sac sur la table et commença à l'ouvrir.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle curieusement, tendant le cou pour mieux voir.

« Eh bien, tu vois, je passais pas loin de chez toi et je me suis souvenu de ce que tu as dit avant-hier. »

Il lui fit un clin d'œil avant de sortir l'ordinateur portable hors de son sac et de le poser sur ses genoux.

« Merci Booth! Tu me sauves, là. »

Ses yeux brillaient de reconnaissance, et son sourire… Son sourire… Booth la regarda tendrement. Quand il la voyait comme ça, il avait envie de lui sauter au cou.

« Hier, j'ai visité tous les hôpitaux de la région. Puisque le tueur utilisait du Miaced, on a supposé qu'il pouvait y avoir facilement accès du fait de son travail, certainement. Evidemment, il aurait tout aussi bien pu travailler dans un laboratoire pharmaceutique… Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. »

« J'ai étudié les dossiers que tu m'as laissé. J'ai trouvé un lien possible entre certaines des victimes. Ici, c'est bien l'hôpital de la Pitié ? »

Booth acquiesça. « Hum hum. »

« Louise Simmons a été hospitalisée ici plusieurs fois de juin 2004 à septembre 2005", explica-t-elle pendant que Booth s'asseyait à côté d'elle. « Multiples contusions et fractures, comme des côtes et un poignet cassés. Shelly Wald a été hospitalisée ici après sa tentative de suicide en décembre 2005. Le mari et la fille d'Alexandra Nass ont été transportés ici après leur accident de voiture en juillet 2006. Et Beth Collins a travaillé ici pendant environ un an, avant qu'elle ne décide de démissionner en octobre 2006. Il semble qu'elle avait une liaison avec l'un des chirurgiens. »

« Comment peux-tu savoir ça, ça n'est même pas dans le dossier ? » s'étonna Booth.

« J'ai du temps et j'ai découvert que les infirmières adoraient bavarder. En tous cas, voilà pourquoi je pense que nous devrions nous concentrer particulièrement sur le personnel de cet hôpital. Quelque chose m'ennuie, toutefois… Je n'ai pas trouvé de lien entre Ashley Porter et cet hôpital. Mais je pense que le tueur a eu accès à l'école, qu'il était connu là-bas. Autrement, il se serait fait remarquer. Et comme je doute qu'il ait quitté son travail à l'hôpital pour continuer à voler du Miaced, je pense que nous… »

« … recherchons quelqu'un qui a deux emplois. »

Ils se sourirent.

« Bones, tu es un génie ! »

« Qu'est-ce que vous pensez fichre, là, les gens ? »

Brennan reconnut la voix de Betty, l'infirmière qui ressemblait à Caroline. Elle pénétra dans la chambre, l'air sévère et les poings sur les hanches.

« Au cas où vos cerveaux seraient incapables de comprendre les règles de la maison, je vais être assez gentille pour vous les rappeler : les visites se sont terminées il y a plus d'une heure. Alors je vous conseille de bouger vos jolies petites fesses d'ici avant que j'appelle la sécurité. »

« Oui, mais, euh… Désolé Madame mais je suis du FBI et étant donné que nous sommes en plein milieu d'une affaire criminelle, nous avons besoin de… »

« Vous faites ce que vous voulez pendant les heures de visite, c'est-à-dire entre 10h et 18h. »

Il se leva et se tourna complètement vers elle, utilisant son sourire charmeur en dernier recours.

« Je comprends bien, mais vous voyez, j'ai vraiment besoin de… »

« Les règles s'appliquent à tout le monde ici, FBI inclus. Votre petite amie a besoin de repos. Et manifestement, elle en a pas tant que vous êtes dans le coin. En tout cas, je sais qu'à sa place, j'en aurais pas. »

« Euh, on n'est pas… »

« On est co-équipiers », précisa rapidement Brennan.

L'infirmière fixa Booth un long moment, durant lequel aucun des partenaires n'osa ouvrir la bouche. Puis, elle tourna son regard vers Brennan, avant de laisser échapper une sorte de gloussement.

« Ouais, et moi je sais danser comme Britney Spears. »

Elle vérifia rapidement la perfusion de sa malade, dans un silence parfait qui ne fut rompu que par son propre soupir.

« Je vous donne une demi-heure. Et vous, monsieur FBI, apprenez à lire. »

Sur quoi, elle leva les yeux au ciel.

« Co-équipiers, mes fesses, oui », marmonna-t-elle pour elle-même en quittant la pièce, secouant lentement la tête.

« Et me faites pas de trucs que vous voudriez pas que votre maman voit », ajouta-t-elle avant de claquer la porte derrière elle, ce qui entraîna un bruyant éclat de rire de la part des agents postés dans le couloir.

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Il balaya la pièce du regard. Les vêtements étaient pliés méticuleusement sur la chaise, près de la porte. Il sourit de satisfaction et prit le temps de savourer le calme de l'appartement. Il aimait cela, lorsque le silence n'était brisé que par le bruit de l'écoulement de l'eau. C'était tellement réconfortant, relaxant. Il détestait être interrompu par n'importe quel autre type de bruit. Il haïssait en particulier la sonnerie du téléphone. Ca l'agaçait au plus haut point. Mais cette fois, il savait qu'il ne serait pas interrompu. Il s'en était assuré.

Il plongea sa main dans l'eau chaude. La température était parfaite. Il était temps, cette fois. La dernière fois.

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Brennan s'agita dans son lit. Elle était plus bouleversée et nerveuse qu'elle ne voulait bien le montrer. Elle jeta un œil au réveil. 10h13. Elle savait que Booth était en train de parler avec ses collègues dehors, dans le couloir. Qu'est-ce qu'il fabriquait ? Elle pouvait les entendre, mais elle ne saisissait que certains mots ou bouts de phrases, comme « une seule correspondance », « croquis », « marche » ou « casier », ce qui ne fit qu'ajouter à son anxiété.

Lorsque la porte s'ouvrit enfin, elle retint son souffle, attendant patiemment que Booth s'assoie et parle, ce qui lui sembla durer une éternité.

« On a une correspondance. Keith March, 29 ans. Il travaille comme employé de maintenance à la fois dans cet hôpital et à Saint Gabriel. Sa mère s'est suicidée en 1989. Si j'en crois le dossier, il l'a trouvée morte, les poignets ouverts, dans sa baignoire. Quatre tentatives de suicide en 1994, 1995, 1997 et 1999. Hormis ça, il a l'air d'un gars normal sans casier judiciaire. »

Il fallait que ce soit lui. Tout était parfaitement logique.

« J'ai un portrait. Tu es prête ? » demanda-t-il d'un air inquiet.

Elle acquiesça vigoureusement. « Oui oui. »

Il lui tendit un fin dossier. Elle l'ouvrit lentement et détailla longuement le croquis.

« C'est lui », annonça-t-elle simplement avant de refermer le dossier.

« Nous savons qu'il ne travaille pas à l'hôpital à cette heure-ci. »

Il se pencha sur elle, la fixant intensément. Leurs nez se touchaient presque.

« On va l'attrapper, je te le promets. »

Brennan le suivit du regard alors qu'il quittait rapidement la pièce. Puis elle reposa son dos sur les oreillers et dirigea ses yeux vers le plafond, d'un air absent.

Elle ne pouvait plus rien faire d'autre qu'attendre.

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Le sang gicla de nouveau. Aucune importance, il y était habitué. La douleur n'était rien. La dernière entaille, la dernière fois. C'était presque fini. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire paisible et serein. Le dernier bain, la dernière fois. Plus le sang se déversait, plus il se sentait bien.

La douleur n'importait pas. La liberté et le soulagement étaient tout près.

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A/N : Je vais essayer de traduire un autre chapitre demain.