Coucou ! Je suis désolée pour l'attente. J'ai eu du mal à finir ce chapitre-là, mais je vous promet qe vous aurez le chapitre 12 dimanche prochain. Je suis particulièrement inspiré en ce moment. A un tel point que j'ai écrit 4 chapitres en à peine une semaine et demi. Bref, je vais arrêter de blablater.
Réponses aux reviews : LittleFlicka ( Je suis désolée de m'être trompé. Je sais pas ce qui m'est passé par la tête loll. C'est vrai que si l'enfant a les cheveux noirs ça va pas être facile à expliquer, mais je suis sûre qu'Adélys va trouver une solution. Elle a toujours une solution. Merci beaucoup pour ta review, ça me fait très plaisir:D A bientôt ! )
Ginger-Furie ( Hey ! Je suis ravie que ce chapitre te plaise. J''ai trouvé aussi que c'était une bonne idée de changer un peu de point de vue, alors dans les chapitres suivants, je vais parfois un peu diversifié les POV. Je suis désolée de t'avoir fait attendre aussi longtemps. Comme je l'ai dit j'ai eu un peu de mal avec ce chapitre. En tout cas, j'espère que ce chapitre va te plaire, et à bientôt, je l'espère :D )
Miss Malloy ( Coucou ! Je suis ravie que mon histoire te plaise. Ca fait toujours plaisir de voir que son travail est apprécié. Adélys est un personnage que j'ai inventé du tout au tout, et je dois admettre que j'en suis particulièrement fière. Moi aussi, je l'apprécie de plus en plus loll. Il y aura quelques changements dans la trame, mais ça ne changera pas beaucoup de choses. Il y aura toujours autant de morts, ça je te le promet mdrrr ;) Ahah, qui a donc poussé Bran de la tour ? C'est un grand mystère que l'on apprendra pas tout de suite. Bonne lecture, et à bientôt, je l'espère)
Chapitre 11
Ce jour-là allait changer ma vie, je le sentais. Mon véritable destin commençait. Pourquoi ce jour et pas un autre ? Tout simplement parce que j'allais me marier changeant toute ma vie. Je sentais au plus profond de moi que c'était le point clé de mon destin. Ce jour était très important. C'est pourquoi je me sentais si nerveuse, même si Sansa essayait de me rassurer. Selon elle, je me traiterais d'idiote après la cérémonie pour avoir tant stressé. Elle ne comprenait pas vraiment la situation dans laquelle j'étais. J'étais enceinte d'un homme qui n'est pas celui que j'allais épouser et qui, en plus, est mon frère. Comment Jaime allait-il réagir en l'apprenant ? Je l'ignorais, mais j'en avais peur. Je n'avais pas envie qu'il me rejette à cause de ça. Et même s'il l'acceptait, comment pourrait-il élever un enfant qui n'est pas de lui ? Jamais il ne considérerait cet enfant comme le sien, et je pouvais le comprendre. Cette situation commençait à peser sur moi. Cela me faisait redouter cette journée plus que tout autre chose.
Sansa, ma suivante, Aelys, et Myrcella m'aidaient à me préparer. La reine, quant à elle, avait préféré parfaire les préparatifs. Quelle excuse ! Elle était tout simplement vexée parce que je lui avais dit devant témoin qu'elle devrait aller se laver. En fait, je l'avais fait exprès. Je voulais qu'elle ait une mauvaise réputation. C'était ma nouvelle mission. Pourrir la vie de ma reine bien-aimée.
- Adélys ! Tu rêves ou quoi ? Me demanda Sansa alors qu'elle me coiffait soigneusement.
Effectivement, je rêvais. Je devais être en plein cauchemar !
- Ah...Hum... Oui. Désolée. De quoi parlais-tu, Sansa ?
- De la vie à Winterfell. A quoi pensais-tu pour ne pas nous entendre ?
Je ne pouvais décemment pas dire la vérité devant Myrcella et ma suivante.
- Je pensais à Bran. Je suis heureuse qu'il soit réveillé, mais... Il ne pourra plus marcher. C'est affreusement triste. Je le revois encore, plein de vie, grimpant partout. Winterfell était bien vide sans son rire.
- Adélys, c'est ton mariage aujourd'hui. Ne pense pas à ça, maintenant. Penses à ton futur mari, à ta future vie, et tes futurs... enfants.
Mes enfants …. Elaenna et mon futur bébé... Petite, je rêvais déjà d'avoir des enfants, mais pas dans ces contextes-là. En fait, je me voyais plutôt marié à un homme magnifique avec une situation stable dans un château éloigné avec des milliers d'enfants qui nous ressembleraient. Au lieu de ça, j'avais un enfant de mon oncle, un de mon frère, et je me mariais avec un homme qu'on m'oblige à épouser. Vive ma vie !
- Ce jour doit être le plus beau jour de ta vie, sourit Sansa.
Elle était si naïve. Pourquoi n'étais-je pas comme elle ? Je ne me rendrais même pas compte des desseins des autres. Pourtant, ce monde n'était pas fait pour les naïfs. Sansa allait bientôt se rendre compte des choses. C'était triste à dire, mais il allait falloir qu'elle grandisse vite. Je sentais au plus profond de moi qu'elle allait vivre des horreurs. Pas comme une intuition, malheureusement. Je m'étais rendue compte que je perdais cette faculté lorsque j'étais enceinte. C'était fâcheux, mais tant pis.
- Si ce jour doit être le plus beau, pourquoi semblez-vous aussi triste ? Me demanda Myrcella en me dévisageant.
- Enfant, j'avais imaginé ma vie autrement. Et je me rends compte que mon rêve était une utopie... Il ne peut exister dans ce monde. Je suis un peu déçue, mais ça va me passer. Ce jour est très important pour moi et mon avenir. Tout commence réellement aujourd'hui.
J'avais du mal à imaginer que mon véritable destin commençait ce jour-là. Que tout commence par un mariage... En principe un bon signe, mais non. J'avais un destin funeste. Si je n'étais pas coincé, je me serais enfuie sans discuter.
- Oubliez ce que je viens de dire. Je suis juste nerveuse. J'ai horreur de me retrouver devant une foule de gens et d'être au centre de l'attention. Mais je sens que je vais devoir m'y habituer.
Bien entendu, la reine allait s'arranger pour me torturer de cette façon. Je sens que j'allais vivre un cauchemar avec elle, mais je n'allais pas me laisser faire. J'avais un moyen de pression sur elle. Grâce à ma «ressemblance» avec Lyanna Stark, le roi me faisait plus confiance qu'elle. C'était un atout non négligeable. Une signification de mon crédit par rapport à elle.
- Je sais que tu penses à lui, mais oublie-le pour la journée, me murmura Sansa dans l'oreille. Sinon, tu seras triste toute la journée.
Je ne pensais pas du tout à Jon, mais maintenant qu'elle le disait... Merci de me le rappeler !
- Je n'y pensais pas jusqu'à maintenant, dis-je à voix haute.
- Ah ! …. Je suis désolée. Je devrais me frapper pour ma bêtise.
Je souris. Ce n'était pas une énorme bêtise. J'allais juste pensée à Jon toute la journée. En fait, c'était une grosse bêtise ! Mais bon... Sansa était pardonnable. Elle n'avait pas fait exprès. Enfin, me semble-t-il.
- Ce n'est pas très grave, la rassurai-je.
Elle s'activa à finir ma coiffure. J'avais choisis une coiffure très simple, et typique de Daenerys. Autant dire qu'il y avait des tresses partout. Je n'avais pas envie de me coiffer comme une sudiste, puisque j'en étais pas une. Je préférais largement les coiffures de ma tante. Nous avions décidés avec Sansa et ma suivante de laisser mes cheveux libres et de faire quelques tresses sur les côtés de mon crane pour les réunir derrière. Lord Stark m'avait offert une magnifique pince venant de Lyanna. Elle était en argent et en forme de papillon. Nous avons donc réunis toutes les tresses avec la pince. Le résultat était... Parfait !
- Qu'en penses-tu ? S'enquit Sansa en me montrant le résultat grâce aux nombreux miroirs de la pièce.
- C'est parfait. Merci, Sansa.
Elle m'adressa un sourire joyeux.
- Il est temps de mettre ta robe et ton manteau.
Ma robe... Elle était beige et marqué à la taille par une ceinture marron. Le haut était en forme de cœur et épousait parfaitement mes formes. Les manches étaient en dentelles. Quant au manteau, il était à l'effigie de la maison Stark. C'était obligé de porter un manteau à l'effigie de sa maison. Durant la cérémonie, l'époux devait enlever le manteau de la mariée et le remplacer par un de ses couleurs. Cela signifiait que la femme était libérée de la protection de son père pour être protéger par son époux. J'aurais préféré porter un manteau à l'effigie des Targaryens, mais ce n'était pas prudent. Dans une cité pareille, je n'aurais pas été en sécurité si tout le monde savait qui j'étais réellement.
- Tout va bien se passer, tenta de me rassurer ma suivante.
Je souris gentiment. J'adorais ma faculté de sourire alors que je n'en avais pas envie. Sansa revint au même moment avec mes habits en mains.
- Et voilà ! Enfile tout ceci et tu seras presque prête.
Je n'avais pas envie d'être prête pour quoi que ce soit. J'aurais préféré me terrer au fond d'une forêt. Mais je n'avais pas le choix. Merci à la reine ! Je me suis donc levée de ma chaise et me suis glissée derrière un paravent. Sansa me passa les vêtements. J'ai enlevé la robe que je portais et j'ai enfilé ma … robe de mariée. J'ai fait attention à mes cheveux durant le processus. Je n'avais pas trop envie de demander à Sansa de recommencer ma coiffure. Une fois ma robe mise, je déposai le manteau sur mes épaules, comme il se doit. Lorsque je sortis, la porte s'ouvrit. Je levai les yeux vers la personne qui entrait, mais... en fait, j'ai dû les baisser.
- Tyrion ! M'écriai-je en courant vers lui.
Je me suis abaissée à sa hauteur et l'ai pris dans mes bras, manquant de l'étouffer. Il me rendit mon étreinte avec un beau sourire.
- Adélys, tu... m'empêches de respirer.
Je le lâchai en riant.
- J'avais peur que tu n'arrives pas à temps. Le roi en avait marre de t'attendre ! Nous lui avions dit d'attendre un mois mais tu ne te montres qu'au bout de deux mois ! Je suis heureuse de te voir !
- De même. Jaime va être fou en te voyant comme ça. Tu es magnifique dans cette robe.
Je le remerciai d'un sourire en me relevant.
- Adélys, nous n'avons pas finie ! Me réprimanda Sansa.
Venant d'une fille plus jeune que moi, cela me fit bien rire, mais j'obtempérai et me suis rassise.
- Lady Sansa, ravi de vous revoir, la salua Tyrion en esquissant un petit sourire.
- De même, Lord Tyrion.
Mon futur frère vint embrasser Myrcella sur les deux joues. Je savais bien qu'il l'adorait malgré ses mauvais rapports avec sa mère. Pendant ce temps, Sansa et ma suivante me maquillèrent légèrement. Un peu de poudre pour unifier mon teint, du fard à joue pour me donner un peu de couleur et du rouge à lèvres rose.
- Qui t'amène à l'autel ? Me demanda Tyrion.
- Lord Stark, bien entendu.
Il acquiesça.
- Ça y est, s'exclama Sansa. Tu es prête à être mariée !
Voilà venu le moment que je redoutais le plus. Bon sang, j'aurais donné n'importe quoi pour être loin d'ici ! Lord Stark choisit ce moment pour entrer. Il s'arrêta net en me voyant.
- Tu es exactement comme elle, affirme-t-il.
Il parlait de Lyanna, bien entendu. Tout le monde me le disait. Sauf que personne ne pouvait me dire si elle était ma mère ou pas.
- Viens, il est l'heure, dit-il.
J'hochai la tête et me suis levée. Il me proposa son bras que je pris avec plaisir. Nous sortîmes de la pièce. La tour de la main étant très proche du septuaire, le trajet allait être court, malheureusement. Moi qui voulais me préparer mentalement à ce que j'allais vivre... Je n'aurais pas beaucoup de temps.
- Lord Stark, merci d'être là. C'est très important pour moi. Je suis ravie de ne pas être seule face à mon destin. Ce jour est vraiment très stressant pour moi. J'ai peur que la reine ne fasse quelque chose contre moi. Elle en est bien capable. Je suis même certaine qu'elle le ferait avec un très grand plaisir. C'est une garce. Elle veut ma chute. Sauf que je ne la laisserais pas gagner. Elle veut jouer, on va jouer. On verra qui va gagner.
- Ne penses pas à ça pour l'instant.
Nous descendîmes les escaliers pour atterrir dans le hall d'entrée de la tour de la main. Nous traversâmes la pièce en silence. Une fois dehors, le stress monta. Lord Stark le vit bien.
- Ne sois pas si nerveuse, Adélys. La reine pourrait en profiter.
Cela eut un effet immédiat. La colère remplaça le stress.
- Si elle fait quoi que ce soit, je lui enlève les yeux à la petite cuillère, grognai-je alors qu'il souriait.
- Je ne pense pas que les gardes soient d'accord.
J'ai levé les yeux au ciel. Bien sûr qu'ils ne seraient pas d'accord. Les reines n'étaient jamais faciles à tuer. Les rois, non plus. Ils étaient bien trop protégés.
Le septuaire se rapprochait... Bon sang !
- Lord Stark... J'espère vraiment être de votre famille. J'ai longtemps imaginé mon père comme étant généreux mais ferme, prévenant, protecteur... Quand je suis arrivée à Winterfell, j'ai trouvé en vous la figure paternelle qui manquait à ma vie. Remplissant le vide qu'il y en avait en moi depuis longtemps.
- Je suis ravi que tu me voies comme tel. J'aurais aimé avoir une fille comme toi. Tu es comme Lyanna. Forte, belle. Je t'admire autant que je l'admirais.
Je lui adressai un sourire lumineux. Arrivés devant le septuaire, nous échangeâmes un regard complice.
- Il est temps de te marier, soupira-t-il. Es-tu sûre de ce que tu fais, Adélys ?
- Je ne peux plus reculer. Il est trop tard. Et puis, si j'abandonne Jaime, la reine va dévoiler mes secrets avec une grande satisfaction. De toute façon, je ne ferais pas ça à Jaime.
- Tu tiens à lui ?
- Il n'est pas celui que l'on croit être. Sa sœur l'a longtemps perverti.
Il ne parut pas convaincu. Je savais très bien qu'il n'appréciait pas Jaime. Pourquoi ? J'avais ma petite idée là-dessus.
- Allons-y !
Il ouvrit la grande porte du septuaire. Des centaines de personnes se tournèrent alors vers nous. Mon stress augmenta encore. Tout au fond de la salle, mon futur mari et le grand septon m'attendait. Lord Stark, voyant que je n'avançais pas, me poussa dans la salle. Il me fit ensuite avancer doucement. Nous remontâmes l'allée, sous les regards des gens venus assister à mon mariage. J'ai repéré Varys et Littlefinger dans la foule. Il ne manquait plus que ces deux-là ! Les voyant me sourire, je détournai le regard. Je concentrai plutôt mon attention sur Jaime. Les autres m'importaient peu. Près de lui se trouvaient nos deux familles. De son côté, les Lannister avec Cersei et ses enfants, Lancel, Tyrion et Tywin Lannister. Du côté que j'allais occupée, il y avait Sansa et Arya habillait comme une dame, m'étonnant. Septa Mordane avait dû l'obliger à porter une robe. Arya détestait ça alors cette idée ne pouvait pas venir d'elle.
Quant à Sansa, elle était magnifique, comme toujours. Sa robe d'une belle couleur verte mettait ses longs cheveux roux en valeur. Je lui souris.
Je relevai ma robe lorsque je dû monter des petits escaliers pour rejoindre Jaime. Une fois près de lui, je lâchai le bras de Lord Stark pour prendre les mains que Jaime me tendit. Je jetai un regard mauvais à la reine, qui me fit un sourire moqueur. Sale garce ! J'avais très envie de lui faire ravaler son sourire. Elle avait gagné ! Elle avait réussi à me manipuler et elle en était ravie. J'avais une envie fulgurante de la tuer ! De prendre une lame et de lui passer à travers le corps, sentant sa chair s'arracher, ses os se brisés et son cœur s'arrêter. J'aurais tellement aimé lui arracher les yeux et la bouche pour plus qu'elle me regarde en souriant avec satisfaction.
- Ne fais pas attention à elle, ma belle, me murmura Jaime, détournant mon attention de la reine.
Il me fit approcher du grand septon qui nous attendait. Je ne l'avais jamais vu, ce qui m'étonna puisque j'avais rencontré toutes les personnes importantes de Port-Réal. Mais je n'eus pas le temps de me questionner bien longtemps. Le septon me fit signe de commencer l'échange des consentements. Je me plaçai bien en face de Jaime lui serrant plus fort ses mains.
- Par ce baiser, je vous engage mon amour et vous prends pour mon seigneur mon époux, récitai-je en le regardant dans les yeux.
Il sourit.
- Par ce baiser, je vous engage mon amour et vous prends pour ma dame épouse.
Le grand septon éleva son cristal à sept faces tout en disant :
- En ces lieux, au regard des dieux et des hommes. Je déclare solennellement que Jaime Lannister et Adélys Stark sont tous deux, mari et femme, une seule chair, un seul cœur, une seule âme, à présent et pour jamais, et maudit soit ceux qui se mettraient entre eux !
Jaime m'attira à lui et m'embrassa comme jamais il ne l'avait fait auparavant. J'aurais tellement voulu que ce soit Jon à sa place. Ce n'était pas infaisable. Si j'imaginais Jon à la place de Jaime... Oui, mais ce ne serait pas honnête. Je n'ai donc rien imaginé restant face à la réalité. J'ai donc répondu au baiser de Jaime comme il se devait. Nous nous séparâmes après quelques secondes. Tyrion donna un manteau à l'effigie des Lannister à Jaime, qui me le posa sur les épaules. Symbolisant mon acceptation dans ma nouvelle famille et le fait que Jaime remplacera désormais mon «père». Lorsque nous nous tournâmes vers la foule, main dans la main, nous reçûmes un tonnerre d'applaudissements. Je jetai un coup d'œil à la reine qui me fusillait du regard. Jalouse !
- Ça va ? Me demanda mon... mari.
Oui, j'aurais du mal à m'y faire. Moi qui tenais à ma liberté...
- Je vais très bien.
J'étais mariée... Bon sang ! J'appartenais maintenant à un homme. J'appartenais à Jaime Lannister, l'homme qui était censé être mon ennemi. Etais-je la seule à ne pas y croire ? Etais-je en train de rêver ? Non, tout cela me semblait bien réel. Je me sentais prise d'un vertige tout d'un coup.
- Il faudra qu'on parle une fois seuls, lui annonçai-je d'une voix neutre.
- C'est important ?
- Oui, mais je ne peux pas t'en parler en public sinon je suis finie.
Il acquiesça. Il me prit délicatement la main et me fit descendre les escaliers.
- Souris, Adélys, me dit-il.
J'obéis et souri en parcourant l'allée au bras de mon mari sous les applaudissements de la foule. Tout le monde nous regardait avec un grand sourire, me mettant mal à l'aise. Je détestais ça ! Après tout, qui aimait être au centre de l'attention ? La reine, sûrement. Elle me l'avait prouvé quelques fois. Surtout si elle était exclue de la conversation... Pauvre chérie !
Le roi vint nous féliciter, bientôt suivit de Tywin Lannister, Tyrion, Sansa, Arya, Lord Stark et... La reine, même si elle ne le fit que pour les apparences. Je savais très bien que mon très lumineux sourire la mettait mal à l'aise. Elle ne s'attendait pas à me voir sourire alors que je venais de perdre ma liberté. Dommage pour elle, je savais très bien sourire sans en avoir envie. C'était quelque chose que nous avions en commun. J'ai adoré la voir nous féliciter du bout des lèvres. Lorsqu'elle s'écarta avec un faux sourire peu convaincant, Joffrey s'approchait avec une expression... comme sa mère, en fait. Il arborait un sourire forcé tout aussi peu convaincant. Apparemment, c'était quelque chose que Cersei lui avait transmis. Chez les Lannister, seuls Myrcella, Tommen et Tyrion nous félicitait avec sincérité. J'aimais bien ces trois-là. Ils m'appréciaient réellement pour ce que j'étais. Myrcella appréciait me raconter l'histoire des Lannister et des Baratheon. Elle ne ressemblait pas du tout à sa mère, ce qui était une bonne chose.
- Allons boire à notre santé, ma chère femme, me sourit Jaime.
Il était très heureux, bien entendu. Je savais très bien qu'il désirait ardemment m'épouser. Il avait complètement craqué pour moi dès notre rencontre malgré que je sois méfiante envers lui. Après tout, il était l'assassin de mon grand-père, le roi Aerys II Targaryen. Seulement, en interrogeant certaines personnes sur le roi défunt, j'avais appris que c'était un être complètement fou et paranoiaque, qui appréciait brûler ceux qui lui déplaisait. Ainsi avait péri Rickard et Brandon Stark, le père et le frère de Lyanna et Lord Stark. Après une longue réflexion, et après qu'il m'ait raconté les circonstances de la mort de mon grand-père, j'en ai conclu qu'il avait eu raison. J'ai laissé tomber ma méfiance envers lui pour apprendre à le connaître.
- Bien sûr, mon cher mari, ris-je en prenant le bras qu'il me proposait.
Il nous fit sortir du septuaire assez rapidement en jetant un regard moqueur à sa sœur, qui se fit violence pour rester impassible. Une fois dehors, nous fîmes face au peuple qui nous acclamer. Bien sûr, puisque ce n'était pas un mariage ordinaire. Une bâtarde avec le Régicide …. Pas du tout ordinaire, en effet.
- Nous aiment-ils ou font-ils semblant ? Lui chuchotai-je à l'oreille.
- Je crois qu'ils nous aiment. Comment ne pas t'aimer ?
Nous échangeâmes un regard complice. Il nous fit éviter la foule en passant par un petit passage afin d'atteindre la salle du banquet.
- C'est passé plus vite que ce que je m'attendais, remarquai-je.
- Je dois bien admettre que c'est vrai. Je m'attendais à une cérémonie plus longue. Mais bon... C'est mieux ainsi. Tu as dû te sentir mal à l'aise, toi qui déteste être le centre de l'attention.
- Non, ça a été. J'ai été plutôt à l'aise. En fait, j'ai pris sur moi pour que Cersei ne soit pas satisfaite de mon malheur, qui n'en est pas vraiment un. Elle est illogique. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle m'a obligé à me marier avec toi, alors qu'elle t'aime encore.
Il nous fit stopper et regarda autour de lui pour voir s'il y avait quelqu'un. Voyant qu'il n'y avait personne, il se tourna vers moi.
- Je sais pourquoi, admit-il. Même mariée à Robert Baratheon, nous avons continué de nous voir. Je pense donc qu'elle envisage de me séduire à nouveau. Ainsi, tu seras bloquée ici ou à Castral-Roc, malheureuse, avec un mari ayant des relations incestueuses avec sa sœur. Seulement, ça n'arrivera pas, je te rassure. Nous sommes mariés, dorénavant. J'ai prononcé mes vœux pour toi et je ne les briserais pas.
- Tu m'as déjà dit que les vœux sont faciles à briser, lui fis-je remarquer.
Il ne s'attendait pas à ce que je lui rappelle cette phrase puisqu'il arborait une expression surprise.
- Je parlais de mes vœux à la Garde Royale, Adélys. Avec toi, c'est différent. Tu es ma femme. Je te suis dévouée. Je ne te ferais pas ça, ma belle. Ma sœur ne me récupérera pas. Elle et moi, c'est de l'histoire ancienne. Je me suis rendue compte de ce qu'elle est réellement. Cersei est détestable, manipulatrice, garce, vaniteuse et séductrice. Je suis tombée dans son piège et j'ai mis beaucoup d'année à m'en libérer. J'étais naïf avec elle. J'aurais dû me rendre compte de ses actes bien avant.
- Tu étais sous son emprise, tu n'y peux rien. Elle t'a manipulé, comme elle manipule tout le monde. Elle est maligne et sournoise. Tu es son jumeau, alors elle te connait mieux que quiconque. Elle sait comment te contrôler et elle n'hésite pas à s'en servir. Mais... Je crois qu'on devrait changer de sujet, et rejoindre la cours extérieur. C'est notre mariage et nous parlons de ta sœur... Ce n'est pas convenable.
- Tu as raison. On ne devrait pas parler du passé aujourd'hui. En fait, on devrait ignorer Cersei, et faire comme si elle n'était pas là. Qu'en dis-tu ?
- Difficile à faire quand elle veut me rendre folle de rage, mais je pense pouvoir y arriver. Rien n'est impossible dans la vie. Ce n'est pas une reine manipulatrice, sournoise et énervante qui va me faire perdre patience. Heureusement que je suis patiente, sinon je l'aurais tué depuis longtemps.
Depuis le jour où elle m'a appelé dans sa chambre avec Jon et Jaime et qu'elle m'a forcé à me fiancer avec Jaime et qu'elle a obligé Jon à prendre le noir.
- Ce n'est pas moi qui t'en empêcherais, sourit-il.
Il recommença à nous faire avancer tout doucement en souriant comme un bienheureux. C'était sûrement le plus beau jour de sa vie... chanceux ! C'était loin d'être mon meilleur et ce n'était pas difficile à comprendre. Après tout, c'est Jon qui aurait dû être à sa place. Jon... Chaque nuit, je pleurais pour lui. Devoir le quitter avait été très dur, mais être séparé de lui chaque jour l'était encore plus. Je donnerais n'importe quoi pour le voir rien que 5 minutes. Ce serait merveilleux !
- Je ne tuerais pas ta sœur, lui annonçai-je. Quelqu'un d'autre s'en chargera.
- Intuition ?
Déconcertée, j'ai tourné vivement la tête vers lui. Ça ne pouvait pas être une intuition, tout simplement parce que j'en avais plus depuis que j'étais enceinte. Il ne le savait pas encore et lui annoncer allait être difficile. Je redoutais sa réaction plus que tout autre chose.
- Je... Non, lui répondis-je. Je suis sûr que quelqu'un d'autre le fera, vu le nombre d'ennemis qu'elle a.
Je n'avais pas envie de me salir les mains pour elle. J'avais assez tué dans ma vie. Pourtant, l'image dans ma tête montrant Cersei étant torturé et tué par mes soins était plaisante. Plaisante, mais impossible. Il était impossible pour moi de la tuer, dorénavant. C'était ma belle-sœur et la sœur jumelle de mon mari. Elle était de ma famille, même si je ne l'avais pas voulu. Bon sang, j'avais pour belle-sœur une garce !
- Je croyais que tu rêvais de la tuer ? Me demanda Jaime en fronçant les sourcils.
- Non, parce que... Elle est de ma famille, maintenant. C'est ma belle-sœur, même si ce lien entre elle et moi me déplaît fortement. En plus, c'est ta sœur jumelle. Comment pourrais-tu rester avec la femme qui a tué ta sœur ? Certes, tu la méprises, mais au fond de toi, tu l'aimes. C'est ta sœur ! Vous avez vécu ensembles depuis la naissance. Penses-tu que sa perte ne te ferait rien ? J'aurais aimé lui faire payer ce qu'elle m'a fait subir, mais je ne peux pas. J'ai assez tué dans vie. Je suis déjà hanté par ceux que j'ai tué alors je n'ai pas besoin qu'elle me hante, elle aussi. Elle ne restera pas impunie, je l'espère. Ça serait dommage qu'elle ne paye pas pour ses crimes.
- Elle paiera pour ses crimes. Un jour, elle paiera pour ce qu'elle t'a fait. Rien ne reste impuni.
Si seulement ça pouvait être vrai. Malheureusement, en ce monde, seuls les plus malins s'en sortent toujours bien.
- Jaime, tu as tort. Cersei est maligne. Elle sait toujours se dépêtrer des pires situations. Comme les mauvaises herbes, elle repousse toujours.
Il sourit à la comparaison. J'avais raison de ne pas la sous-estimer. La reine était une bonne adversaire. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle savait jouer. Étant une bonne joueuse moi aussi, je m'amusais comme une petite folle.
- Tu n'as peut-être pas tort, mais toi et moi, on pourrait faire en sorte qu'elle ne reste pas impunie.
- Oh, crois-moi, Jaime, je vais lui pourrir la vie. Son cauchemar... Ce sera moi. Je suis très forte à ce genre de jeux. Pourrir la vie des gens est quelque chose que je sais très bien faire. Elle ne va pas s'en sortir comme ça.
Il sourit face à ma détermination. Il savait très bien à quel point j'avais envie de me venger. Je n'étais pas du genre à me laisser faire. C'est quelque chose qu'il admirait chez moi. Il n'était pas le seul, d'ailleurs. Viserys avait longtemps aimé ma détermination à me venger de ce qu'il me faisait. En fait, pour me venger, je contrecarrais ses plans pour reprendre Westeros. Ce n'était pas du tout mon but que les Targaryens reprennent Westeros, au contraire. Je voulais juste le pousser à bout. De plus, je n'avais pas envie qu'il devienne roi. Il n'en était pas digne. Il aurait été un vrai tyran. Un peu comme Joffrey le serait. Enfin, Joffrey serait peut-être pire, quand même. Il était déjà un tyran rien qu'en étant prince. Qui sait ce qu'il serait s'il venait à devenir roi... Le peuple vivrait sûrement un enfer, et ceux qu'ils ne l'aimaient pas encore plus.
- Si tu le dit, c'est que c'est vrai, sourit-il. J'ai hâte de voir ça.
Oh, moi aussi, j'avais hâte.
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Cela faisait des heures que l'on était à table et je commençais à en avoir marre. Bon, je buvais du vin, me remontant un peu le moral. Je discutais un peu avec Tyrion, qui s'était assis à côté de moi. J'étais heureuse qu'il soit avec moi. C'est dingue ! Il y a quelque mois encore, je considérais tous les Lannister comme des ennemis, et là, je suis marié à l'un d'eux et très amie avec un autre. C'est fou ce que les choses peuvent changer en si peu de temps. J'ai changé.
- Adélys, ça va ? S'enquit Tyrion, me sortant de mes pensées.
- Je crois que je devrais arrêter le vin épicé, mais ça va. Cersei n'a rien fait contre moi pour l'instant. J'espère que cette situation va durer parce que je n'ai pas envie de me battre contre elle pour l'instant.
- Montres-lui que ce qu'elle fait contre toi a de l'importance, et elle continuera. Si tu veux être tranquille, fais comme si tu ne remarques pas son petit manège.
Il avait raison ! Ce conseil allait beaucoup m'aider. Je l'ai remercié chaleureusement.
- Tu es vraiment très rusé, le complimentai-je. Je suis sûr que personne ne connaît tes réelles capacités.
Il haussa les épaules. Jaime choisit ce moment pour attirer mon attention.
- J'ai appris quelques choses sur Lyanna, hier, en discutant avec le roi, m'annonça Jaime, attisant immédiatement ma curiosité. Robert ne la connaissait pas si bien que ça. Il ne voyait que sa beauté, pas son fort caractère. Mais, il savait bien qu'elle ne voulait pas se marier avec lui. Parfois, son attitude envers lui était froide, et dure. Lorsqu'il a vu Lyanna se faire couronné reine d'amour et de beauté par Rhaegar. Il a compris qu'il avait de la concurrence, étant donné qu'elle n'était pas trop d'accord avec leur mariage, elle pourrait s'enfuir avec le prince dragon. Il avait raison, mais il espérait que ça change. Il s'est rebellé contre les Targaryens parce qu'il la voulait à tout prix, même si elle n'était pas vraiment d'accord. Il ne tolérait pas que quelqu'un d'autres puisse l'avoir.
- Comment as-tu appris tout ça, Jaime ?
J'étais agréablement surprise. Reconstituer la vie de Lyanna n'était pas facile, et voir qu'il était là pour m'aider me faisait très plaisir.
- Robert est très bavard lorsqu'il boit, sourit-il avant de boire une gorgée de vin épicé.
Lui aussi, il était malin. Pas autant que Tyrion, mais il l'était.
- Donc, Rhaegar ne l'a pas enlevé ? Intervint Tyrion qui avait tout entendu.
- Probablement pas, lui répondit son frère.
J'en étais déjà certaine avant qu'il ne me l'apprenne. J'ai quand même remercié Jaime pour les informations.
- Il y a aussi autre chose que j'ai appris, ajouta Jaime. Selon mestre Pycelle, ma mère aurait été violée.
- Quoi ?! S'exclama Tyrion, visiblement choqué par la nouvelle.
- Oui. Elle a été voir mestre Pycelle après que ce soit arrivé, et il a confirmé ses dires. Il ignore l'identité du violeur puisqu'elle a refusé de lui dire.
Joanna Lannister, la mère de Jaime et Cersei, et Tyrion, avait été violé ! Qui aurait osé faire ça ? Sûrement un fou.
- Quand est-ce arrivée ? Demanda Tyrion.
- Quelques mois avant ta naissance.
Je le vis blêmir. Cela pourrait dire que Tyrion... n'était peut-être pas le fils de Tywin Lannister. Oh, oh !
- Je pourrais demander des informations à Lord Stark, leur fis-je. Il sait beaucoup de choses, et je suis sûre qu'il pourrait nous aider. Il me répondra.
Ils hochèrent la tête. Nous avions besoin de réponses. Elles étaient nécessaires. Grâce à elles, nous pourrions découvrir ma véritable identité et peut-être des vieux secrets enfouis depuis longtemps.
- Que voulais-tu me dire tout à l'heure ? M'interrogea Jaime avec une certaine curiosité.
- A moins que tu ne saches parler le haut valyrien, je ne peux pas te le dire en public.
Il parut déçu, mais acquiesça quand même. Je ne pouvais pas dire mon secret ici alors que tout le monde pouvait nous entendre.
- Tu me diras tout à l'heure.
- Dire quoi ? Intervint... La reine, qui passait derrière nos chaises.
Oh, pas elle ! C'était la dernière personne que j'avais envie de voir.
- Ce ne sont pas tes oignons, répliqua mon mari en la fusillant du regard.
- Je vois... Adélys, le roi n'est pas loin, alors dis-moi. Ce serait dommage qu'il découvre toute l'histoire ce soir alors que tu viens de te marier.
J'ai dû me faire violence pour ne pas la frapper.
- Je voulais dire à Jaime que je comptais te dénoncer au roi.
- Me dénoncer à propos de quoi ?
- Lancel, bien sûr.
Elle resta impassible mais j'étais sûre et certaine qu'elle devait fulminer. Pauvre chérie ! Tyrion cacha son sourire satisfait à l'aide de son verre de vin, alors que Jaime ne le cachait pas.
- Fait, donc ! Il ne te croira, et puis, il déteste les Targaryens, non ?
- J'ai plus de crédit que toi pour le roi. Devine pourquoi ? Ah oui, je ressemble à Lyanna.
Un sourire en coin étira mes lèvres. Je prenais le dessus sur elle. Quelle idée de génie !
- Si tu fais ça, ton identité ne sera plus secrète, dit la reine avec une voix qui se voulait intimidante.
- Ne te gêne pas. Je suis sûre que ton inceste fera plus polémique que le fait que je sois Targaryen.
Elle eut une idée. Je le savais grâce à son maudit sourire en coin. Elle approcha sa tête de la mienne.
- Toi aussi, tu as eu une relation incestueuse, chuchota-t-elle. Avec ton frère, n'est-ce pas ? Ça serait dommage que tout le monde le sache. Je suis sûre que ça ferait polémique aussi. Dis quoi que ce soit sur moi, et ton inceste ne sera un secret pour personne. Je suis sûre que le roi serait ravi de t'exécuter après cette révélation, même si tu ressembles à cette puterelle de Lyanna Stark.
Oui, bon... Elle m'avait battu. Et puis, elle aimait me pousser à bout. Dire que Lyanna était une puterelle n'était pas malin de sa part, mais assez pour me mettre réellement en colère. J'ai voulu la frapper, mais Jaime retint ma main. Tyrion, quant à lui, regardait sa sœur avec un air de dégoût.
- Lyanna n'était pas une puterelle. En fait, je crois que vous prenez votre cas pour une généralité... Ma reine, fis-je avec une colère bien camouflé. En fait, au lieu d'être reine, vous auriez dû travailler dans un bordel. Vous auriez été dans votre élément.
Jaime et Tyrion pouffèrent, attirant un regard mauvais de leur sœur.
- Ne joue pas trop avec moi, Targaryenne. Ici, il suffit d'une mauvaise parole pour que tu sois assassinée. Ça serait bien dommage que Jaime soit veuf aussi tôt. Je crois que ce brave Jon Snow serait attristé par ta disparition.
Quelle garce !
- Est-ce une menace ? Parce que si c'est le cas, crois-moi, tu devrais te méfier aussi. Je ne donne pas cher de ta peau. Lorsque ma famille reviendra, tu ne nous échapperas pas. Ta fin promet d'être tout sauf douce.
- Je les attends avec une grande impatience.
Et elle partit avec un sourire sans joie sur les lèvres. Je la suivi du regard en me demandant pourquoi je m'étais promis de ne pas la tuer. Elle avait un don pour m'énerver.
- Ne l'écoutes pas, me conseilla Tyrion. Si tu révèles ce que tu sais, elle risque gros. Elle serait décapitée pour infidélité et inceste.
- Elle a déjà perdu sa tête, ricana Jaime.
Il n'avait pas tort. Cette femme était une folle. Folle, mais intelligente. Elle était vraiment redoutable. En fait, elle n'était pas une mauvaise herbe mais une vipère venimeuse. Je devais éviter ses crochets si je ne voulais pas être empoisonnée.
- Elle a un pouvoir sur moi que je ne peux pas contré, leur fis-je remarquer. Elle sait trop de chose compromettante sur moi. Quoi que je puisse dire, elle a le dessus, pour l'instant. Je ne peux rien y faire. Il faudrait que je trouve autre chose sur elle.
- Je m'en charge, dit Tyrion. J'ai juste à manipuler un peu Lancel. Comment crois-tu qu'il réagira quand je lui dirais que je compte tout dire au roi ? Il me demandera de le laisser faire n'importe quoi pour moi en échange de mon silence. Je n'aurais qu'à lui demander d'espionner Cersei.
- Tu es tellement malin, souris-je.
Il n'y avait que Tyrion pour avoir des plans aussi géniaux ! Grâce à lui, j'aurais peut-être une chance d'échapper à l'emprise de sa sœur. S'il y arrivait, je lui en serais infiniment reconnaissante.
- Je crois que nous allons devoir nous éclipser, ma chère, me souffla Jaime en voyant qu'il commençait à faire nuit.
J'acquiesçai en revêtant mon sourire.
- Tyrion, j'aimerais avoir une longue discussion avec toi dès que possible, fis-je. J'irais voir Lord Stark, demain, pour voir s'il sait quelques choses sur... ce qui est arrivé à votre mère, et je te dirais ce qu'il m'aura appris. Je suis sûre qu'il pourra nous éclairer sur cette histoire.
- Pas de problème. Tu sais où me trouver de toute façon. Merci.
- Oui, à la bibliothèque. Tu sais, tu n'as pas à me remercier. C'est plutôt moi qui devrais.
Il me sourit franchement, ce qui était assez rare.
- Bonne nuit, nous dit-il avec un clin d'œil.
J'ai dû rougir. En fait, j'en étais sûre. Mais... Tant pis. Cela m'importait peu. Jaime se leva alors je fis de même avec mon fameux sourire. Tout le monde nous regarda, ce qui me mit profondément mal à l'aise. Heureusement, nous ne nous attardèrent pas.
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Nous entrâmes dans la chambre. Je me sentais un peu nerveuse, et ce n'était pas difficile à comprendre. J'allais devoir lui annoncer la nouvelle et j'ignorais comment il allait réagir. J'avais peur, il fallait l'avouer. Peur qu'il me rejette et se jette dans les bras de sa garce de sœur.
Il alla s'asseoir sur le lit et m'invita à faire de même, ce que je fis.
- Ce que tu voulais me dire, commença-t-il, ce n'est pas ce que tu as dit à Cersei, n'est-ce pas ?
- Non. J'ai dû improviser avec elle. Je n'avais pas l'intention de révéler quoi que ce soit maintenant. Surtout, je ne veux pas qu'elle sache ce que je vais te dire tout de suite, sinon elle saura que... Elle aura un autre moyen de pression contre moi. C'est pour ça que j'ai dû mentir. Ce que je vais te dire... ne sera pas facile à encaisser, alors j'espère que … Tu ne m'en voudras pas et que tu me rejetteras pas. Si tu me rejettes, je ne t'en voudrais pas. Tu aurais bien raison.
Cela ne fit qu'augmenter sa curiosité. Il me poussa à continuer.
- Je... Je veux que tu me promettes de ne pas te mettre en colère, d'accord ?
- Je te le promets.
Bon, le moment que je redoutais venait d'arriver. Bon sang, j'aurais fait n'importe quoi pour être ailleurs. Bon, il fallait que je sois forte !
- Je... Je suis enceinte.
Il y eut un très long silence qui me mit très très mal à l'aise. Il était sans voix. Je pouvais comprendre pourquoi mais j'attendais qu'il dise quelque chose. En fait, je priais pour qu'il dise quelque chose.
- Tu... Tu... Je..., hésita-t-il.
Visiblement, il ne s'attendait pas du tout à ça. A sa place, je pense que j'aurais été dans le même état.
- Tu attends un enfant... Je... Je suis vraiment stupéfait.
Oh oui, ça se voyait.
- Il est de Jon.
Ça ressemblait plus à une affirmation qu'une interrogation. Je confirmai en opinant de la tête.
- Depuis quand le sais-tu ? Me demanda-t-il.
- Depuis que je n'ai plus d'intuition. Depuis notre arrivée à Port-Réal.
- Si longtemps... Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?
Je baissai la tête vers le sol, honteuse. Je ne lui avais pas dit parce que j'avais peur.
- Je suis une lâche, avouai-je sans relever la tête. J'avais peur de ce que tu dirais. Sansa m'a dit que j'aurais dû te le dire plus tôt, mais je n'ai pas réussi à le faire. Aujourd'hui, je n'avais plus le choix. Je devais te le dire quoi qu'il arrive. Je suis désolée d'avoir attendu si longtemps.
- Il ne fallait pas voir peur de ma réaction. Ce n'est peut-être pas mon enfant que tu portes, mais je le considérerais comme tel. Cet enfant sera une part de toi, et tu es ma femme, alors ce sera mon enfant. Il faudra juste sauver les apparences. De combien de temps crois-tu être enceinte ?
De combien de temps ? J'étais encore à Winterfell alors ça remonte un peu. Il releva ma tête du bout des doigts et m'obligea à le regarder.
- Je dirais trois mois, mais c'est peut-être plus. Je ne suis pas très sûre. Nous sommes dans la mouise, n'est-ce pas ? Personne ne croira que cet enfant a été conçu cette nuit.
- Non, j'ai une idée. On aura qu'à dire que nous l'avons conçu à Winterfell. Ce n'est pas tellement faux. Comme dirait Tyrion, «pour un bon mensonge, il faut une part de vérité».
- Tu ferais ça pour moi ? Je ne le mérite pas.
- Je le ferais parce que c'est toi. Je ne te laisserais pas tomber, Adélys. Jamais.
Je n'arrivais pas à y croire. Comment pouvait-il faire ça pour moi ? Pour une fois, il me surprenait.
- J'ai de la chance de t'avoir, souris-je avant de l'embrasser.
Il répondit immédiatement à mon baiser. Je passai mes bras derrière sa nuque et le rapprochai de moi. Il posa ses mains sur ma taille avant de les faire remonter jusqu'à mes épaules. Il stoppa le baiser, le temps de me renverser sur le lit... Il était temps de fêter notre nuit de noces...
Alors, que pensez-vous de ce chapitre ? Du mariage ? De ce que dit Adélys, et ce qu'elle apprend ? Du moment avec la reine ? Dites-moi tout !
