Murtagh se leva et s'habilla rapidement sans faire de bruit pour ne pas alerter Vrrana. Il monta un escalier et traversa le couloir qui le séparait des appartements de Galbatorix. Un garde l'introduit dans l'anti-chambre après l'avoir annoncé.
Au bout de quelques minutes, la porte s'ouvrit et le roi le reçu. Le jeune dragonnier lui fit un compte-rendu des audiences de la veille, du vieillard qui attendait une réponse et du geôlier attendant les ordres.
Le roi envoya un messager aux appartements de l'instructeur, et il donna une missive que Murtagh devait remettre au responsable de la prison.
Le jeune homme descendit rapidement des marches et parcouru des corridors plus sombre les uns que les autres, il traversa des dizaines de cellules avant d'arriver devant une porte gardés par plusieurs soldats.
En le voyant, ils s'écartèrent précipitamment pour le laisser passer.
Murtagh entra dans un bureau, il s'avança calmement en observant cette partie de la prison.
Le dragonnier ne se souvenait que très vaguement de sa détention ; Galbatorix l'avait rallié à lui à force de menace et de supplice. Il était torturé dans une pièce sombre, Murtagh ne se souvenait que de cela.
Un homme à la mine sombre l'interrogea sur la raison de sa présence et le dragonnier lui donna le message que le roi lui avait remis. Le soldat le salua et porta la lettre dans une autre pièce. Quand le mercenaire ouvrit pénétra dans la salle jouxtant le bureau, le jeune homme vit une main déchiquetée et sanguinolente pendant sur le bord de la table. Murtagh fit demi-tour en ignorant les souvenirs qui remontait en lui. Le dragonnier remonta rapidement les escaliers, un hurlement retentit dans la voûte surplombant les cellules. Thorn atterri souplement à ses côtés, ils se dirigèrent vers la salle du trône.
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La porteuse du médaillon agonisait, elle mourrait de soif. La faim lui labourait le ventre et ses plaies suintaient de pu. Cela faisait plusieurs heures voir plusieurs jours que personne n'était venu la torturer, elle avait perdu la notion du temps depuis trop longtemps pour pouvoir faire la différence entre les secondes et les minutes.
La porte s'ouvrit violemment et une silhouette s'approcha de la table ou la jeune fille sanguinolente avait été ligotée. Sirha sentit qu'on la détachait, ses liens était arrachés sans ménagement en emportant des croûtes et du sang séché. Elle poussa un gémissement de douleur. Plusieurs mains glacées se posèrent sur son visage. Le silence s'installa dans la salle, seul la respiration saccadée de la jeune fille était perceptible, Sirha tremblait de peur en se demandant se que l'on pouvait bien lui infliger de plus. Elle secoua la tête en tentant de se dégager, en vain, la porteuse du médaillon entendit un homme crier un ordre, de longues et lourdes chaînes furent amenée et attacher à ses poignets, ses chevilles.
De nombreux esprits plus malsains et cruels les uns que les autres s'infiltrèrent dans celui de la jeune fille, assaillis de toute parts, elle se replia dans un minuscule recoin de sa conscience tandis qu'on l'encerclait. Sirha se sentit prise au piège et manqua de céder à la panique. Ses assaillants attaquèrent les uns après les autres en tentant de la manipuler et de modifier ses souvenirs ; elle revoyait son père lui ordonnant de livrer le pendentif au roi, Jiet la supplier de céder. La jeune fille se vit également consentir totalement à partager son esprit avec Murtagh ; cette dernière vision la fit revenir à la réalité.
Elle riposta de toutes ses forces à ses ennemis sachant bien que la partie était perdue d'avance, ses maigres ressources en énergies baissèrent rapidement. Ses assaillants unirent leurs forces pour détruire toute volonté de résistances, Sirha se battit jusqu'au bout jusqu'à ce qu'une chaleur étouffante l'envahisse, elle perdit conscience.
Murtagh, assis à la droite de Galbatorix, broyait du noir, les fêtes et les festins l'agaçaient profondément, l'hypocrisie qui y régnait l'ennuyait. Le pire était que toutes les nobles, mariées ou pas, lui tournaient autour. Malgré les critiques et les paroles plus sèches les unes que les autres, elles le harcelaient sans répit de questions sur ses derniers combats. Pendant qu'il faisait semblait de suivre une conversation avec une idiote de haut rang, Thorn, assit derrière lui, demanda :
« Tu ne peux pas leur dire que tu es soufrant ? »
« Tu plaisante ! Tu crois vraiment qu'elles vont me croire ? »
Quand la femme se détourna pour parler avec le roi, Murtagh reporta méthodiquement son regard sur son verre de vin. Il s'ennuyait horriblement lorsque son dragon lui transmit une idée, le jeune homme la dédaigna. Thorn répéta sa requête avec tant d'insistance que le dragonnier dut céder. Il étendit discrètement sa main sur son verre et murmura :
« Draum kopa »
Une minuscule lumière rouge parcourue sa paume en un léger frisson, la surface du liquide devint noir et son ami pencha sa lourde tête au dessus de lui pour mieux voir.
Ils distinguèrent une silhouette ensanglantée, Sirha agonisait, se vidait de son sang. Des cicatrices, des croûtes et des marques de coup de fouet parcouraient son ventre, ses bras et ses jambes. Ses épaules déchirées se zébraient de longues éraflures violacées et son avant-bras gauche formait un angle inquiétant. Sa lèvre inférieur, gonflée, était recouverte d'hématomes et sa paupière gauche, parcourue de veines noires. Ses yeux étaient à peine ouverts.
Le dragonnier y découvrit un regard à la fois suppliant et résigné, il maintint la vision jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que le mari de la noble qui l'avait courtisé le regardait avec un air suspicieux. Il relâchât la magie pendant que Thorn retroussait les babines pour menacer l'homme. Dès qu'ils furent tranquilles, les deux amis reprirent leur conversation :
« Shruikan va mieux ? »Demanda Murtagh.
« Son état stagne toujours, je vais rester avec lui cette nuit »
Le dragonnier retint son agacement, quand Thorn n'était pas avec lui, il soufrait de solitude -bien qu'il ne veuille pas l'admettre. Ils attendirent la fin des festivités en silence.
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Le sommeil de Saphira et de son dragonnier s'agitait et le rêve qu'ils n'avaient pas vu depuis plus d'une semaine réapparut.
Un pare terre de coquille d'œuf recouvrait le sol la vision resta immobile quand le dragonnier perçut enfin la les colorations des morceaux, il y en avait des noires, parcourue de veines plus sombre les une que les autres, et des rouges, qui se déclinait en pourpres à l'infinie. D'autres fragments de trouvaient dans un recoin de la pièce et Eragon n'arrivait pas à distinguer leurs couleurs.
Ils se réveillèrent en sursaut, et après avoir échangé un regard lourd d'inquiétudes, ils attendirent l'uns contre l'autre que l'aube arrive.
La porteuse du médaillon crachat et tenta désespérément de se détourner, on lui enfonçait un tissue mouillé dans la bouche pour l'empêcher de mourir de soif, signe qu'on allait de nouveau la torturer. Elle secoua la tête mais une main puissante la plaqua contre la table en pierre dure et froide. Des chaînes invisibles et d'autres liens avaient complétés les menottes et les entraves qui lui meurtrissaient les poignets, les chevilles et le cou.
Un bruit lourd résonna dans la pièce à côtés et ses tortionnaires apparurent de nouveau. La journée se termina dans des hurlements de douleurs et des coups de fouets.
Eragon se tenait debout au bord de son arbre, il ne parvenait pas à dormir.
Le dragonnier passa sa main le long du tronc transformé élégamment en une ouverture. Le bois, que n'importe être humain aurait trouvé parfaitement normal, courait sous ses doigts et le jeune homme sentait la moindre excroissance bien que la plus grande partie avait été lissé soigneusement par le biais d'un complainte ou d'un chant, si pure que les noeux avaient pris l'apparence d'une dentelle couleur caramel.
Le jeune homme s'appuya sur le bois chaud et souple pour s'asseoir sur le bord de l'ouverture en laissa pendre ses jambes. Il entendit Saphira se réveiller et le rejoindre lentement sans parler. Eragon senti son souffle chaud sur son épaule, il leva la tête et contempla le ciel endormit.
Le firmament, teint d'un bleu nuit, se parcourait de veinures grises et blanches qui avaient été anciennement de nuages. Les étoiles brillaient d'un doux éclat et la lune, immaculée, projetait son ombre mystérieuse sur les pins du Duweldenvarden, Les rares bosquets de caducs avaient perdu toutes leurs feuilles et de minuscules tourbillons en soulevaient en les entraînant dans une danse automnale.
Au bout de plusieurs minutes, Eragon demanda :
« Un jour, nous devrons dire adieu à toute cette paix. Je me sens bien ici. »
Saphira garda le silence mais le dragonnier su que son amie pensait à la même chose que lui. Elle murmura :
« Quand je pense que… »
« Moi aussi, il m'est difficile de penser qu'un jour nous devrons capturer ou tuer Murtagh »
« Je ne parlait pas de ça ! Enfin… Je me demandais juste ce que Galbatorix avait pu lui faire subir pour qu'il devienne si arrogant, si vaniteux… »
« Ce n'est pas dure à imaginer ! »
Saphira abaissa sa lourde tête et grogna :
« Ne nous apitoyons pas sur son sort, cela pourrait nous affaiblir l'esprit la prochaine fois que nous combattrons contre lui de nouveau ! N'oublie pas qu'il a tué ton père adoptif ! »
« Je sais, à l'avenir il faudra nous montrer plus méfiants et plus résistants ! Mais il faudra tout tenter pour le sauver, l'Alagaesia ne peut se permettre de perdre un autre dragon»
« Sauf Shruikan ! »
« Sauf Shruikan, même s'il a été soumis à Galbatorix, il l'a aidé à tuer de nombreux dragons ! J'espère quand même que nous n'aurons pas le malheur de le trouver sur notre route car nous ne seront pas en mesure de l'affaiblir assez pour le tuer ! »
Un silence s'installa sur la forêt pendant plusieurs minutes.
« Nous devons parler à Oromis pour voir s'il acceptera de nous révéler des choses qui pourrai nous aider ! » s'exclama Saphira
« C'est vrai que j'ai l'impression de ne pas progresser –sauf avec Vanir- je voudrais du nouveau mais je ne peux pas lui demander de m'apprendre ce qu'il ne m'a pas juger apte à supporter ! »
« Pose lui des questions sur tes doutes, parle lui de tes suppositions, fait quelque chose, ne reste pas comme ça à t'ennuyer ; demain il faudra que tu lui parles ! »
Elle posa sa tête sur son épaule et lui dit :
« Il faut dormir le soleil ne se lèvera pas avant plusieurs heures. »
Ils retournèrent se coucher l'un contre l'autre.
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Sirha toussa quand son tortionnaire retira le linge mouillé de sa bouche, pendant qu'elle luttait contre l'étouffement, le soldat sortit de la pièce. Enfin seule.
La jeune fille n'en pouvait plus, elle attendait la délivrance, ses forces diminuaient et sa tête, douloureuse, ne demandait qu'une chose, que l'on abatte n'importe quel objet dessus pour qu'elle puisse s'endormir en paix. Son corps tout entier réclamait le coup fatal, le sort ou la torture qui l'enverrait enfin dans le monde de l'au-delà.
Plusieurs personnes entrèrent dans la pièce et encerclèrent la table où était allongée la porteuse. Les hommes s'immobilisèrent et attendirent, Sirha se demanda pourquoi ne l'achevaient-ils pas. Leur silence l'inquiétait et ne présageait rien de bon, elle voulait juste qu'on la laisse mourir.
La porteuse s'agita légèrement et les tortionnaires ne bougèrent pas d'un pouce.
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Murtagh secondait de nouveau le roi au trône et il s'ennuyait. De nombreux plaignant s'était présenté devant lui et leurs flatteries ou les marques de politesse appuyées l'agaçait plus qu'autre chose -bien que la moindre marque d'irrespect aurait été châtié par la mort ou bien pire.
Pendant que le dragonnier recevait un noble, un soldat s'approchât discrètement et lui remis une missive. Le jeune homme arrachât le cachet de cire d'un coup sec et lu le message inscrit dessus. Il leva un sourcil, étonné d'apprendre que la porteuse du médaillon vivait toujours. Murtagh releva la tête et haussa le ton pour se faire entendre du mercenaire :
« Très bien, je m'acquitterai de cette tâche, sortez maintenant ! »
Le soldat s'inclina et reparti rapidement au pas de course.
Il écouta patiemment la requête du noble avant de sortir de la salle, fatigué d'avoir eu à écouté des gémissements toute la journée.
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Sirha tournait douloureusement la tête de tous les côtés pour tenter d'apercevoir ou de croiser le regard d'un des hommes habillé en noir qui l'encerclaient. A travers ses paupières gonflées, elle entraperçue l'expression d'un des tortionnaires ; attendre, juste attendre. Mais la porteuse ne voulait pas attendre, la jeune fille avait déjà trop patienté, Sirha agonisait depuis plus de deux semaines et la mort ne voulait toujours pas d'elle. Quelque chose l'empêchait de sombrer dans le repos éternel. Le médaillon avait besoin d'un porteur et ne laisserait pas partir son propriétaire sans avoir tout tenté pour en avoir un autre.
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Eragon méditait depuis plus d'une heure, d'un commun accord avec Saphira, ils avaient décidés de ne pas faire une seule requête à leurs maîtres sans avoir progressé un minimum dans leur méditation. Malheureusement, le jeune homme regrettait presque de ne pas être directement questionner Oromis, car ses raisonnements n'avançaient pas d'un poil.
Au bout de plusieurs minutes, une idée frappa brusquement le dragonnier :
« Saphira… »
« Quoi ? »
« Qu'est ce qui fait éclore un dragon destiné à un dragonnier ? »
« La magie ! »
« Qu'est ce qui relit et maintient en vie un dragon à son dragonnier ? »
« La magie… »
Le silence s'installa et le jeune homme sentit son être se gonflé d'une satisfaction et d'une fierté qu'il n'avait pas ressentit depuis bien longtemps.
« Eragon… » Murmura la dragonne.
« Allons voir Oromis ! »
« Je te rejoint dès que j'ai terminée ma leçon ! »
Eragon se mit à courir, pas seulement parce qu'il était pressé de rapporter ses pensées à l'elfe, mais aussi parce qu'il prenait plaisir à sentir le vent frôler son visage et voir les feuilles mortes s'envoler sous ses pas. Il traversa rapidement les bois en s'attardant légèrement sur l'odeur de pin mêlée à celle des champignons.
Le dragonnier se faufila entre les arbres rapidement et débouchât sur la plaine où la cabane du maître se dressait.
L'elfe méditait, assis en tailleur sur un pare terre d'aiguille de conifère. En sentant sa présence et en l'entendant s'asseoir devant lui, Il ouvrit lentement les yeux :
« Qu'il y a-t il ? »
Son visage rayonnait la douceur et il semblait déjà savoir ce qu'Eragon s'apprêtait à lui dire. Celui-ci prit la parole, Sa dragonne lui ayant signalé qu'elle ne pourrait pas tout de suite être présente :
« Maître, nous avons longuement réfléchit lors de notre méditation, et nous avons imaginés…
L'élève ne savait pas vraiment pas par où commencer, il reprit donc la marche qu'il avait fait suivre à sa moitié :
- Puisque que c'est la magie qui fait éclore un œuf destiné au dragonnier, le lien qui les unit est constitué aussi de magie, Saphira et moi nous nous demandions si… »
Eragon s'interrompit en apercevant les deux dragons au loin. Ils atterrirent dans un nuage de poussières. Le dragonnier s'installa contre son amie et continua son rapport :
« Nous nous demandions si il n'était pas possible que Galbatorix nourrisse son dragon avec de la magie… Cela paraît absurde mais…
- Bien, coupa brusquement son maître avant de reprendre un ton plus doux, vous avez su réfléchir et méditer avec application, vous pouvez aller vous reposer. Demain, tu n'iras pas méditer, le reste de la semaine non plus. Tu combattras seulement avec Vanir.
-Mais… protesta vivement Eragon avant de se reprendre en voyant Glaedr découvrir ses longues dents blanches acérés, bien maître. »
Ils partirent en direction de la rivière, le dragonnier interloqué, ne savait plus quoi dire :
« Je… je pensais qu'ils allait nous dire … »
« Nous dire quoi ? » rétorqua Saphira, un brin énervé par l'obstination de leurs maîtres à les laisser dans l'ignorance.
« Je n'en sais rien ! Quelque chose, n'importe quoi ! » Répliqua le dragonnier, à moitié éberlué et partiellement en colère.
Il sauta prestement sur une pierre situé au bord du ruisseau en s'asseyant dessus.
« Eragon, il ne t'ai pas venu à l'esprit qu'Oromis et Glaedr tentent de nous protéger d'un savoir qui nous écraserait ? » Murmura Saphira
« Si, mais… »
« Mais quoi ? »
« Je, je voudrais savoir tellement de chose ! Ne me dit pas que tu ne veux pas obtenir les connaissances qui nous permettrons de détruire le roi le plus rapidement possible ! »
« Je suis aussi impatiente que toi ! Mais il vaut mieux que tu te concentre sur ce qui est à ta porté, ce n'est pas en nous plaignant que nous arriverons à progresser ! »
Eragon se releva et murmura en pensées :
« Tu as raison, de toute façon, nous n'obtiendrons rien avant la fin de la semaine ! »
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Murtagh écarta les draps pourpres pour prendre place dans le large lit. Il s'apprêtait à s'y allonger quand il se souvint de la requête que le soldat lui avait fait lors de la journée. Le jeune homme poussa un long soupir et s'assit pour accomplir sa tâche, il n'avait pas besoin d'aide mais Thorn joignit son esprit au siens pour savoir se qu'était devenu Sirha. Après l'avoir localisé, il rapprochat son esprit de celui de la mourante.
Sirha sentait ses yeux se fermer quand elle perçut un esprit frôler le sien.
Au contact de cette conscience, la jeune fille s'aperçu qu'elle appartenait au Murtagh. L'agonisante se demanda ce qu'il lui voulait, elle répugnait tout contact avec lui et au lieu de résister elle réfugia la plupart de ses pensées dans un recoin de son esprit.
Murtagh fut légèrement intrigué quand la jeune fille n'opposa aucune résistance, il commença à fouiller l'esprit de la jeune fille pour trouver se que ses tortureurs n'avaient su déceler. Il ne trouva que souffrance, résignation et colère.
Quand Sirha sentit l'esprit du dragonnier se mêler aux siens un mélange de colère, de pudeur et de supplications bouillonna au fond d'elle, la porteuse attaqua brusquement la conscience de son adversaire. Qu'il la laisse tranquille, qu'il la laisse mourir, juste mourir, seulement mourir. Le peu de chose qu'elle pouvait voir se troublait et le monde dansait autour d'elle. La mort arrivait enfin, la jeune fille, soulagé, adressa un message au dragonnier en frôlant son esprit, elle plongea dans un coma destructeur.
Il entendit la jeune fille prononcer le nom de son cheval et son esprit se dérobât, Murtagh, légèrement paniqué tenta de la soutenir pour la maintenir en vie mais il sentait la vie de la jeune fille s'éteindre. Il tenta tout ce qui était en son pouvoir pour la sauver, sinon le roi l'aurait sévèrement puni. Au final il cessa toute tentative, après tout, c'était le roi qui, responsable de ses tortures, devrait payer les conséquences du médaillon, pas lui. L'existence de cette fille lui importait peu, de toute façon, sa vie, trop endommagée, lui échappait. Le dragonnier la laissa sombrer dans le prélude de la mort et prévint les tortionnaires de son état.
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Les hommes vêtus de noir resserrèrent le cercle autour de la torturé, l'un prit son pouls et adressa un signe de tête au plus grand d'entre eux ; il fallait agir vite avant que le médaillon disparaisse. Il s'avança auprès de la jeune fille et sortit un long couteau extrêmement fin de son fourreau, la lame scintilla à la faible lueur des torches ténébreuses. Le meurtrier enroula ses longs doigts autour du cou de la jeune fille et le découvrit pour bien voir le pendentif. Il leva lentement le bras au dessus de la gorge de Sirha et abattu son arme dans son buste et commença à découper les contours de la pierre dans la chair.
Thorn entra dans la salle des dragons en faisait cliqueter ses griffes pointues. Chacun de ces pas résonnait en rebondissant sur l'immense voûte et quand il traversa le minuscule rayon de lumière zébrant la pièce, ses écailles scintillèrent tour à tour en projetant des étoiles de rubis semblables à des diamants sur les murs ténébreux. Une forme sombre remua dans un coin, les frontons du château semblaient s'animer, un corps énorme se détacha des murailles et une fine membrane passa devant les meurtrières. D'immenses pics noirs avec de minuscules veines blanches s'alignèrent avant que l'axe formé par ceux-ci ne ploie et dessine un arc de cercle atteignant presque un dixième de la pièce démesurément grande. Un long cou tenait une tête aussi lourde que grande, la mâchoire, puissant était sertis de dents blanches acérées sur lesquelles couraient de vaisseaux noirs. Deux yeux ténébreux allumés d'un feu étrange se fixèrent sur l'arrivant d'un air impénétrable.
Thorn grogna pour saluer Shruikan.
Il s'approchât du dragon et s'assit paresseusement en face de lui. Le monstre noir prit la parole et sa voix sombres résonna en un écho infini :
« Qu'en est-t-il du médaillon ? »
« Les soldats tente le tout pour le tout ce qui signifie que la porteuse est sûrement morte. »
L'énorme dragon noir poussa un rugissement de colère tellement puissant que Thorn sentit les pics parcourant son corps se dresser.
Une colère aveugle s'empara de Shruikan, la perte du médaillon l'irritait au-delà du raisonnable. Une porteuse ? On ne lui avait pas signalé que c'était une femelle qui l'empêcherait de retrouver la santé, de plus comment se faisait-il qu'elle n'avait pas cédé aux tortures de Galbatorix ? Cette question resterait sans réponse jusqu'à ce qu'il reprenne contact avec son dragonnier, en effet, il avait cessé de tout partager avec le roi quand il commençait à dépérir de cette maladie inconnue. Les braises lui servant de pupille s'éteignirent brusquement, à près tout, il ne se l'était jamais avouer auparavant, mais, au plus profond de lui-même, le dragon savait que le chemin où il marchait se révélait être une impasse.
L'homme à la dague poussa un juron en s'apercevant que, bien que la cicatrice était toujours présente, il ne sentait pas le médaillon. Un messager couru prévenir le roi que tout était perdu, au bout de plusieurs minutes le chef du groupe mourut d'en d'atroces souffrance en crachant du sang.
Le messager courut et, en bousculant quelques nobles au passage, il parvint jusqu'à Galbatorix. Il s'agenouilla, tremblant et tout essoufflé il murmura :
« Mon roi, les hommes que vous avez engagés n'ont pas pu sauver le médaillon… »
Le roi abattu son poing fermé sur l'accoudoir et poussa un hurlement de rage. Comment cette chose avait pu lui échapper, à lui le roi le plus puissant qu'il n'ait jamais existé ? Sa rage était sans borne, il crachât quelque mot en ancien langage et un cri d'homme qui agonisait résonna dans toute l'aile du palais. Sa main tremblait tellement son irritation avait atteint son comble. Il frôla l'esprit de Shuirkan avant de sentir son humeur : il savait.
Le roi reporta son attention sur le soldat effondré à ses pieds, attendant la sentence que méritait le messager d'une aussi funeste nouvelle. L'homme monstrueux souris d'un air cruel :
« Faites ce que vous voulez avec le corps, je ne veux pas qu'il soit enterré. »
Après s'être intérieurement félicité de cette ingénieuse idée, il sourit de nouveau et ordonna :
« Non, n'en faîtes rien, offrez la à Shruikan, après tout n'est-il pas juste que celle qui l'empêche de demeurer l'aide à survivre plus longtemps en lui servant de repas ? »
Un rire diabolique s'échappa de sa bouche déformé par des cicatrices, le mercenaire se releva brusquement en hochant la tête pour affirmer à Galbatorix que sa logique était totalement… logique.
Le roi redoubla ses ricanements et son rire fou résonna dans la salle pour se propager dans tout Urû'baen.
