On approche de la fin mes amis! Pressés de connaître le dénouement de toute cette histoire? =P


Les jours suivant furent bien plus réjouissants pour ma personne. Louis avait pu sortir de l'infirmerie au bout de trois jours, entièrement guéri mais n'ayant pas pour autant retrouvé la mémoire. Ce qui, d'après Mrs Pomfresh, n'était pas normal au vu des soins qu'elle lui avait prodigué. Bien sûr, elle ne me l'avait pas dit à moi, mais j'avais surpris accidentellement exprès une conversation entre elle et la directrice. Si vous voulez mon avis, cela ne faisait que rendre plus plausible encore l'hypothèse d'un acte criminel de Van Hogen.

Flippant.

Après avoir perdu trois semaines de mémoire, on aurait pu s'attendre à ce que Louis se mette à bosser un peu plus, au moins pour rattraper les cours dont il ne se souvenait pas. Mais ça aurait été mal le connaître. À quelques jours d'un match de Quidditch, celui-ci passait le plus clair de son temps sur son balai ou installé dans un coin de la salle commune à étudier différentes stratégies. Parfois je l'accompagnais et le prenais en photo, mais la plupart du temps je me rendais à la bibliothèque afin d'écumer les ouvrages que je n'avais pas encore étudié.

C'est ainsi que le vendredi, je pus avoir une petite discussion avec Maeko Lee-Ylang. J'étais plongée dans un gros volume de Hiéroglyphes et logogrammes magiques lorsqu'elle me rejoignit, les joues rosies, les cheveux emmêlés et un large sourire aux lèvres.

- Salut Leah ! me dit-elle en arrivant à ma hauteur avant de s'installer face à moi.

- Bonjour Maeko, répondis-je maussade. Tu as l'air de bonne humeur, que se passe-t-il ?

- Oh trois fois rien, commença-t-elle. Je... je reviens d'une balade autour du lac, il fait frais en ce moment et il y avait du vent.

- Tu te baladais au bord du lac ? répétai-je sceptique. Toute seule ? Pour le fun ?

- Euh... Bon, bon, d'accord, j'étais avec Louis, céda-t-elle en rougissant de plus belle.

- Ouuuuuh ! ne pus-je m'empêcher de m'exclamer, m'attirant les foudres de Mrs Cornwell, la bibliothécaire. Et alors, ça avance entre vous ? demandai-je plus bas

- Leah ! On est juste amis.

- Oui c'est vrai que c'est courant les balades autour du lac, main dans la main, entre amis.

- Que... Comment sais-tu qu'il m'a pris la main ? s'inquiéta-t-elle.

- Je ne le savais pas, répondis-je avec un sourire malicieux.

Elle leva les yeux au ciel en souriant avant de lancer un regard à ce que je lisais.

- Je te vois souvent ici ces derniers temps... Tu cherches à apprendre quelque chose en particulier ? me demanda-t-elle l'air curieuse. Enfin je dis cela, tu n'es jamais en train de lire un manuel de sixième année alors je me doute bien que c'est autre chose...

Je la regardai un moment, me demandant si je devais la mettre au courant ou non. Je me décidai bien vite : Maeko était mon amie et je lui faisait entièrement confiance.

- À vrai dire... je cherche des informations sur quelque chose ou quelqu'un qui aurait un quelconque rapport avec un « k » et une tendance certaine à la cleptomanie.

Je sortis le morceau de parchemin sur lequel était dessiné un dromadaire ainsi que le « k » en question et le montrai à Maeko.

- Mais jusqu'ici, tout ce que j'ai appris c'est, entre autre, qu' Elladora Ketteridge a découvert les propriétés de la Branchiflore en manquant de s'étouffer après l'avoir avalée, que le filtre de confusion est plus efficace s'il est préparé vingt-trois heures et cinquante-deux minutes avant une pleine lune ou cinq heures et dix-huit minutes après une nuit sans lune et que si j'étais née disons une vingtaine d'années plus tôt, je n'aurais actuellement plus que quatre cours à suivre puisque, avant, les seuls cours suivis après les BUSE étaient ceux qui avaient été validés par celles-ci. Je te le dis, c'était une époque bénie ! Enfin si on exclu la guerre, les Mangemorts et tout ça...

- Oui j'avais entendu parler de ça, la première réforme de l'éducation magique anglaise depuis des lustres. La guerre avait laissé tellement de traces qu'ils ont remanié les examens et leurs conséquences pour que tout le monde ait un « niveau minimum » dans certaines matières en sortant de Poudlard.

- Humpf, répondis-je peu convaincue.

Maeko attrapa le morceau de parchemin froissé et se mit à l'observer.

- C'est normal que tu ne trouves rien, me dit-elle au bout d'un moment. Ce n'est pas un « k » mais un kappa.

- Pardon ? répondis-je, éberluée.

- Un kappa, la lettre grecque, continua-t-elle comme si elle parlait à un enfant. Tu sais, ça vient de l'alphabet grec. Enfin en l'occurrence, je pense que ça fait plutôt référence à la CAPA.

- La CAPA ? répétai-je sans réellement comprendre.

- Oui, la Confrérie Anonyme de la Pierre d'Augure. C'est un genre de société secrète rassemblant des sorciers ayant un but commun : trouver une pierre qui soit disant permettrait de voir l'avenir, entre autre, et qui selon la légende aurait été dissimulée quelque part à Poudlard. Ils signent d'un kappa rouge les salles du château qu'ils ont déjà fouillé, ça ressemble un peu à ce qu'il y a sur ton parchemin.

- Mais... mais Maeko, si tu savais tout ça pourquoi tu n'as rien dit à la directrice ? demandai-je perplexe.

- La CAPA est un mythe Leah, un peu comme le père Noël pour les Moldus, mes parents me racontaient cette histoire quand j'étais petite mais je n'y ai jamais réellement cru. Il s'agit sûrement de personnes qui ont déjà entendu ce mythe et qui s'en servent pour brouiller les pistes et qu'on ne les accuse pas.

Cela se tenait. Et puis à la réflexion, si je comprenais l'intérêt de marquer les pièces déjà fouillées pour s'y retrouver, je ne voyais pas celui de voler des affaires telles qu'un collier de perle ou une peluche. Je me retrouvais donc à nouveau à la case départ : je n'avais aucun suspect plausible.

Mais voyons le bon côté des choses : finies les longues heures de recherche à la bibliothèque, j'allais pouvoir me consacrer pleinement à mes entraînements.

Enfin presque.

En effet, notre première sortie à Pré-au-Lard était prévue pour le lendemain du match de Quidditch, et lorsque je n'avais pas la motivation pour m'entraîner – c'est-à-dire la plupart du temps – je me mettais à rédiger des listes de choses indispensables à acheter. Comme un miroir de poche farceur – ceux qui vous renvoie une image horrible de vous même, pour remplacer subtilement celui de Louis, ha ha ha – ou des quantités astronomiques de Chocogrenouilles. Indispensable.

Le jour du match, je n'avais donc pas fait grand chose de constructif. Mais qu'importe, j'avais d'autres préoccupations en tête.

- Nous devons gagner est-ce que c'est bien clair ? vociférai-je le matin, dans la grande salle uniquement peuplée de Poufsouffle et de Serdaigle. Cette année, nous aurons cette fichue coupe ! Je ne veux voir aucun d'entre vous se tourner les pouces sur le terrain vu ?

- Leah... ce n'est pas censé être moi qui dit ça ? intervint Axel Hopkins, accessoirement capitaine de l'équipe de Poufsouffle.

- Mais j'espère bien que tu le feras aussi ! m'exclamai-je. T'es le capitaine, fais leur peur, sinon ils se relâchent et c'est à ce moment que les ennemis attaquent ! Alors je vous préviens tous, le premier qui laisse l'avantage aux Serdaigle de quelque manière que ce soit, je lui fait manger son balai d'accord ?

Je les toisai un par un de mon regard le plus noir. Louis, Axel et Amy Dubois, les trois poursuiveurs, qui étaient déjà dans l'équipe depuis plusieurs années, ne furent pas très impressionné. À vrai dire je leur faisais le coup avant chaque match et cela faisait même plutôt rire Louis. Par contre, Magui Tiara et Maxwell Asus, les deux batteurs, ainsi que Violett Davies, l'attrapeuse, et Jimmy Griffiths, le gardien, virèrent au blanc verdâtre et me dévisagèrent un long moment.

Je crus même que Davies allait rendre le peu qu'elle avait avalé tant elle était pâle.

- Non mais je ne vous ferais peut-être pas manger vos balais, tempérai-je. Enfin je veux dire, il faudrait vous les repayer et je n'en ai pas les moyens, alors... Mais peut-être que je vous balancerais dans le saule cogneur si on perd par votre faute, continuai-je avec un large sourire.

Cette fois-ci, Louis éclata franchement de rire.

- Il faudrait déjà que tu y arrives ! s'exclama-t-il entre deux gloussements.

- Ce qui veut dire ? m'indignai-je.

- Que tu fais à peine la moitié de la taille de chacun des membres de cette équipe par exemple, répondit-il du tac au tac.

- Nia nia nia, eh ben je n'aurais aucun mal à trouver deux ou trois Poufsouffle grands et forts pour m'aider ! répliquai-je, approuvée par les quelques élèves déjà présents à notre table.

Lorsque nous sortîmes de la grande salle, l'équipe était déjà de meilleure humeur. Je pris la direction des gradins tandis qu'eux se dirigeaient vers les vestiaires.

- Le sort de notre maison repose maintenant sur vous, soyez-en conscients, lançai-je cependant avant le les quitter.

Une fois installée à proximité du compteur de points, je n'attendis pas bien longtemps avant que Valda ne vienne me rejoindre, son écharpe rouge et or enroulée autour du cou. Nous fîmes rapidement les essais de sons, puis élèves et professeurs commencèrent à affluer dans les gradins.

Je me rongeais distraitement les ongles, observant la foule qui se pressait à présent sur les bancs. On pouvait remarquer à la couleur des écharpes une très forte tendance à soutenir les Serdaigle plutôt que les Poufsouffle.

Agacée, je me mis à tapoter nerveusement la balustrade en bois de mes doigts. Il me restait à espérer que nos quatre nouvelles recrues ne le remarqueraient pas, où tout du moins n'en seraient pas déconcentrées.

- Arrête ça ! s'exclama Valda en posant fermement sa main sur la mienne. Tu stresses comme si c'était toi sur le balai. Respire et profite du spectacle, de toute façon tu ne pourras pas changer l'issue du match.

Prenant une grande inspiration je détournai les yeux des gradins. Le match allait commencer d'ici cinq, quatre, trois, deux, un... Maintenant.

- Bonjour à tous et à toutes ! s'exclama Valda de sa voix amplifiée. Vous êtes sur le point de voir le deuxième match de Quidditch de cette année.

- Match qui opposera l'équipe de Serdaigle celle de Poufsouffle, plus redoutable encore que l'année dernière, continuai-je avec enthousiasme. Tremblez bandes de piafs !

- Leah... commença Val'.

- Oui, je sais, je suis censée être impartiale, tu me le dis à chaque fois, n'empêche que tu fais pareil quand Gryffondor joue.

- C'est faux ! Je... Oh, l'équipe de Serdaigle vient d'entrer sur le terrain ! En tête, leur capitaine Dorian Fell, suivi des joueurs Croft, Cartage, Stetson, White, Gibson et Jones, récita Val' en lisant le morceau de parchemin sur lequel j'avais écrit les noms des joueurs de Serdaigle.

- Et c'est maintenant à la meilleure équipe d'entrer sur le terrain, repris-je sur le même ton, m'attirant un soupir réprobateur de la part de la directrice. C'est d'abord le capitaine de l'équipe de Poufsouffle qui s'envole, j'ai nommé Axel Hopkins, il est suivi de Dubois, Weasley, Asus, Tiara, Griffiths et Davies !

Mais je déchantai assez vite. Les joueurs de Poufsouffle ne semblaient pas dans leur assiette. Seuls Louis et Dubois semblaient à l'aise. Les deux batteurs étaient si crispés que Tiara lâcha sa batte et dut se reposer pour la récupérer, Griffiths s'était placé devant les mauvais anneaux et Davies était si stressée qu'elle n'avait même pas décollé. Quand à Axel, il volait autour de ses joueurs en poussant des hurlements hystériques.

Je me passait une main sur le visage, affligée.

- Qui a jeté un sort de confusion à mon équipe ? geignis-je, déclenchant les rires des élèves venus voir le match.

Le match débuta tout de même dans le pire des capharnaüm possible et je regrettais sérieusement de leur avoir mis la pression. Louis et Dubois faisaient leur possible pour sauver les meubles, malgré la rafale de Cognards qui s'abattaient sur eux, quand à Axel, il était au bord de la crise de nerf et volait en tout sens, tentant de remettre un peu de cohésion dans son équipe.

Inutile de dire que les Serdaigle menaient très largement et que Davies était d'une telle lenteur qu'elle était aussi prête d'attraper le vif que Flitwick d'entrer chez les Harpies de Hollyhead...

Au bout d'une demi heure de jeu, il ne manquait plus que cinquante points aux Serdaigle pour gagner le match. Lorsque Louis manqua de se prendre un énième Cognard en pleine tête, je perdis patience.

- Mais bon sang ! hurlai-je. Sortez vous les doigt du nez ! Je vous en supplie, essayez de faire au moins aussi bien qu'à l'entraînement !

Il y eut un léger moment de flottement durant lequel Serdaigle marqua dix points de plus. Puis un groupe de Poufsouffle se mit à protester sur le même ton et ce fut bientôt l'ensemble des supporters des Poufsouffle qui clamaient leur indignation.

Serdaigle eu le temps de marquer à nouveau vingt points avant que Davies ne fasse une accélération fulgurante. Elle parcourut un large cercle puis se mit à décrire une suite de descentes en piqué et de remontées vertigineuses.

L'attrapeur de Serdaigle, Hassan Jones, avait tout de suite repéré ce changement d'attitude et tentait tant bien que mal de la suivre. Malheureusement pour lui, il était moins habile que Davies et celle-ci menait le mouvement d'une bonne longueur de balai. Soudain, elle effectua un demi-tour si violent que Jones perdit l'équilibre en essayant de la suivre et manqua in extremis de tomber de son balai.

Une trentaine de secondes plus tard, elle se posa au sol, brandissant la petite balle doré, sous les acclamations des Poufsouffle. Axel descendit en piqué et la souleva du sol avant de la faire tournoyer autour de lui. Il était visiblement soulagé par ce revirement de situation.

- Ouiiiiii ! scandai-je pour clore le match. À vingt points près, vous êtes dégoûtés hein les piafs ? Ha ! Vous avez crû qu'ils étaient mauvais, eh ben non ! Je vous l'avais d... Eh !

Je ne continuai pas ma tirade parce qu'une bande de Serdaigle s'était mise à me jeter des objets à la figure.

En sortant du stade, j'étais euphorique et serrais dans mes bras tous ceux qui passaient à ma porté... Enfin presque. Disons que quand Higgs passa a côté de moi, je ne me précipitai pas pour partager ma joie avec lui...

Le reste de la journée passa à une vitesse folle. Je restai avec Val', Lily étant avec Hugo et Louis ayant disparu de la circulation – avec un peu de chance, il fêtait sa victoire avec Maeko. Nous passâmes une après-midi agréable, à rire de tout et de rien, comme à chaque fois que nous étions ensembles.

- Ok, donc si j'ai bien compris, une bande de sales rats s'amuse à piller tous les élèves de cette école en se faisant passer pour une sorte de société secrète légendaire... résuma Val' alors que je lui racontait ma conversation avec Maeko.

J'acquiesçai. Elle resta un moment silencieuse, le regard dans le vague avant d'émettre un « hmm » pensif.

- Je crois que le mieux à faire serait d'en parler à un professeur, finit-elle par dire. Il n'y a qu'eux qui pourront t'aider de toute façon.

Je réfléchis à mon tour. En parler à un professeur, voilà une sage décision à laquelle je n'avais pas encore songé. Cependant, cela ne ferait qu'ajouter un objet de plus à la longue liste des vols ayant eu lieu ces derniers temps. Et ça ne me garantissait en rien de revoir Droma un jour.

- À part ça, ça avance comment entre Louis et Maeko ? me questionna subitement Val', un large sourire espiègle sur les lèvres.

Aussitôt, je me mis en mode commérage : yeux au ciel, mains à hauteur d'épaules – oscillant de manière saccadée entre la verticale et l'horizontale – et voix de pitoyable hystérique.

- Non mais je ne t'ai pas raconté ! m'écriai-je avant de tout lui déballer d'une traite.

Cette attitude était soit-disant typique des Poufsouffle. Il n'empêche que les élèves des autres maisons étaient bien contents de se tenir informés des derniers ragots de l'école. Au moins, cela pimentait leur longue et barbante existence. Qu'est-ce qu'ils se seraient ennuyés sans nous !

- Dommage, ça s'annonçait bien pourtant... me lança Val' une fois que je lui eut tout raconté en détail.

-Comment ça ? questionnai-je, perplexe.

-Ben... je crois que la victoire lui a fait reprendre ses mauvaises habitudes, répondit-elle seulement en m'indiquant une direction que je m'empressai de suivre des yeux.

- Nom d'un troll qui sent bon ! m'écriai-je aussitôt.

Louis se tenait à une dizaine de mètres de nous, tout sourire et entouré de cinq filles dont deux étaient pendues à ses bras, visiblement sous le charme si on se fiait à leurs sourires niais. Voilà qui risquait de réduire tous mes efforts à néant.

Je bondis vers l'avant, jetant des coups d'œils de tous les côtés, redoutant d'apercevoir Maeko. Ce qui en soit était idiot puisque ça devait faire un petit bout de temps qu'il se pavanait ainsi et que les chances pour que Maeko ne l'ai pas remarqué étaient bien minces.

- Dégagez, y a rien à voir ! sifflai-je à l'intention des cinq énamourées.

J'attrapai aussitôt Louis par le bras et le traînai jusqu'à une salle vide. Val' entra à son tour et referma derrière elle.

- Mais... Pourquoi ? réussis-je seulement à articuler tandis que Louis se massait le bras.

- Pourquoi quoi ? répondit-il en grimaçant.

Je poussai un long soupir, débattant mentalement de ce qui serait le plus douloureux entre l'éviscération et l'immolation. Aussi, Val' répondit pour moi.

- Pourquoi tu continues à te comporter comme un parfait abruti avec les premières filles que tu trouves alors que Maeko commence à peine à te faire confiance ? lâcha-t-elle avec une moue dédaigneuse.

Je crois que Val' n'a jamais vraiment apprécié Louis. Elle le supportait quand il était avec moi mais son attitude trop sûr de lui la dégouttait.

- Comme elle dit, grommelai-je en fixant Louis d'un air lourd de reproches.

- Alors c'est juste ça ! s'exclama-t-il en levant les yeux au ciel. Mais lâchez moi un peu, Maeko ne veut pas sortir avec moi, point barre, je ne vais pas lui courir après toute ma vie !

- Quoi ? m'étonnai-je. Mais juste hier vous faisiez une balade romantique main dans la main autour du lac donc je pensais...

- Eh bien justement, me coupa-t-il avec humeur. Après ça elle est partie. On ne s'est même pas embrassés, on s'est juste tenu la main, puis elle a filé en m'adressant juste un sourire. Ça veut bien dire ce que ça veut dire.

Val' et moi nous regardâmes, consternées.

- Ça, pour vouloir dire ce que ça veut dire... ricana Val'.

- Je dois le prendre comment ? répondit Louis en croisant les bras.

Je me pinçai l'arrête du nez entre le pouce et l'index.

- Rassure-moi Louis, tu ne penses pas sérieusement ce que tu dis... Enfin je veux dire, pour toi, une fille qui ne se jette pas sur toi dès qu'elle en a l'occasion et qui se montre un peu plus... subtile n'a tout simplement pas envie de sortir avec toi ?

- Oui, répondit-il brusquement. Enfin peut-être... j'en sais rien ! Je ne sais même pas à quoi ça ressemble une fille qui ne veut pas sortir avec moi !

À ces mots, Val' retint un « hmpff » méprisant avant de lever les yeux au ciel. Quant à moi, je me forçait à respirer lentement.

- Laisse moi t'expliquer les choses de la vie mon petit Louis. Maeko aimerait sortir avec toi. Elle attend seulement de savoir si tu ne te fous pas d'elle, et non, ne me regarde pas comme ça, avec toi il y a de quoi se poser des questions. La preuve : tu lui prends la main et deux jours après tu te pavanes devant cinq pimbêches prêtes à tout pour avoir ne serait-ce qu'un regard de ta part.

Louis ne répondit pas immédiatement. Il semblait préoccupé, comme s'il se rendait compte qu'il venait de gâcher en dix minutes ce sur quoi il travaillait depuis des mois.

- Elle n'avait pas l'air contente... murmura-t-il d'une voix sourde.

- Tu veux dire qu'elle t'as vue ? questionnai-je.

Il n'eut pas besoin de me répondre, le regard qu'il me jeta à ce moment là était bien trop éloquent.

- J'en connais un qui va passer sa journée de demain à recoller les morceaux, déclara Val' d'un ton taquin.

- Mais demain je devais... commença Louis.

- Eh bien maintenant tu ne dois plus, le coupai-je sans pitié. Mais quoi qu'il arrive Louis, surtout, surtout ne l'emmène pas chez Mme Pieddodu.

Le lendemain, lorsque je descendis dans la salle commune, Louis semblait être déjà parti. Je haussai les épaules et vérifiai que je n'avais rien oublié – manteau, argent, autorisation de sortie – avant de descendre à mon tour. Mais Louis était également introuvable dans la Grande Salle. Cela ne m'étonna pas. Son petit-déjeuner se composant d'une pomme, il ne durait généralement pas plus de cinq minutes lorsqu'il n'avait pas à m'attendre. Je m'installai donc joyeusement en face de Val' et Lily, interrompant leur conversation avec David Cain.

- Alors, quel est le programme ? lançai-je.

Ils me répondirent tous trois une chose différente avant de se regarder puis de changer chacun d'avis. Quand il s'agissait des sorties à Pré-au-Lard, chacun avait son propre programme et personne n'était jamais d'accord de toute façon.

Mais je n'avais pas pensé que cela jouerait en ma défaveur.

Nous descendîmes à Pré-au-Lard tous ensemble, soit Lily, Val', Hugo, David Cain, Logan Ashton et moi. J'avais aperçu Louis un peu plus tôt, lancé dans une conversation agitée avec Maeko. Je supposais donc qu'il était soit en train de flâner avec elle après avoir réussi à la convaincre de venir avec lui, soit en train de broyer du noir dans une ruelle sombre. Je devrais attendre le soir pour le savoir.

Quand nous arrivâmes sur la place centrale de Pré-au-Lard, Lily fut la première à partir. Elle devait rejoindre Dominique chez Fleury et Botts pour s'acheter je ne sais plus quel livre.

- Bon, ben moi il faut que j'aille chez Honeydukes, on se retrouve ici plus tard, annonça Val'. Logan, David, vous venez avec moi ? ajouta-t-elle en les empoignant par le bras avant de les entraîner sans scrupule vers le magasin de friandises.

- Eh, mais on devait... s'exclama alors Hugo en direction de ses amis. Aller me racheter un balai, finit-il d'une voix étouffée alors que Val', David et Logan disparaissaient au coin d'une rue.

Il resta silencieux. Pour ma part, je n'en croyais pas mes yeux. Se pouvait-il que par un miraculeux hasard, je sois sur le point de passer un moment seule avec Hugo ? À faire autre chose que des devoirs à la bibliothèque ? Un sourire niais devait me manger la moitié du visage à présent... un sourire niais qui ne dura cependant pas bien longtemps.

- On dirait qu'il ne reste plus que nous deux, lança Hugo avec un sourire visiblement forcé.

Traduction : je ne veux pas te laisser toute seule parce que ça ne se fait pas, mais ce n'est pas pour me plaire.

Mon ego venait d'en prendre un sacré coup.


Y voualaaaaaaaaa =D Alors alors alors? Rappelez vous que... la review, ceylebien =P Et puis ça me permet de savoir un peu ce que vous pensez de tout ça, et ça m'aide pour l'écriture de la partie 2 (si si!)

ATTENTION, ceci est un avertissement! Le prochqin chapitre dégouline de guimauve T-T D'ailleurs, il s'appellera "Chocolat viennois", ça en dit long, pas vrai ? J'espère que ça ne vous rebutera pas trop ^^'