Bon, je récapèpète en vitesse, vu que j'update tous les quatre mois : Severus a accepté (quelle bonne âme) de donner des cours à Harry (rhôô ça sent le gros prétexte), après que celui-ci, bourré, ait voulu l'embrasser, et…heu pourquoi je fais le résumé rien n'a vraiment changé par rapport au chapitre précedent ?? Bon je ferme ma g…rande bouche et je vous laisse baver devant les deux plus beaux hommes de Poudlard… arf
Si vous êtes prêt : le garçon ne doit pas savoir.
Chapitre 7 : Curiosité.
Il opte pour le plancher ce soir, se plaignant que la chaise que j'ai apportée du manoir est aussi inconfortable et vieux jeu que j'essaie de l'être. Je le foudroie du regard en entendant son commentaire, mais il devine le sourire derrière mon expression. Il sourit.
« Il y a un superbe bureau juste ici, si les fournitures mises à votre disposition ne vous plaisent pas. » Il roule des yeux et se rassied sur la chaise qu'il vient juste d'insulter. Une chaise qui est dans ma famille depuis des siècles – probablement parce qu'elle est à ce point inconfortable que personne ne peut y rester bien longtemps. Jusqu'à ce que Potter investisse ma vie, cette chaise me convenait à merveille.
Un confort paisible, étrangement naturel, s'installe entre nous. Harry Potter est devenu une part de mon quotidien, à un tel point que je me rappelle rarement sa présence. Dans mes moments de lucidité (qui se font trop rares ces jours-ci), je me remémore l'année passée, me demandant comment diable j'ai fait pour me retrouver ici. Ou plutôt – comment diable il a pu se retrouver ici. En classe, nous continuons à jouer nos rôles de professeur détesté et d'étudiant adoré, mais j'arrive à peine lui adresser des regards haineux comme autrefois. Et à certains moments, lorsque ma conscience retrouve sa voix, je me rappelle avec une indifférence variable ma vie avant qu'il ne s'y immisce.
Je m'assieds dans la chaise et l'observe lancer le charme de Concentration rudimentaire que je lui ai appris, avant de se plonger dans les profondeurs de son texte d'Histoire de la magie. Il a progressé. Je me félicite moi-même pour du travail bien fait. Ses résultats se sont améliorés ces trois derniers mois, et je suis certain que ses Buses seront parmi les plus hauts de la classe. Il a même réussi à me détromper quant à son incapacité en cours de potions. Ce n'est pas sans une certaine fierté que j'entends le fan-club de Potter discuter de sa guérison miraculeuse. Bien sûr, ils n'ont aucune idée des raisons qui sont derrière tout ça. J'ose même dire qu'aucun d'entre eux ne s'intéresse vraiment à ce qui a pu arriver. Tout ce qui compte, pour eux, c'est que ce soit arrivé. Et leur jeune héros à été restauré sur son piédestal.
Le changement n'est pas seulement apparent en classe. Je me surprends moi-même en me réjouissant de le voir conspirer gaiement avec ses deux ignares qu'il appelle ses amis. Extérieurement, il est redevenu le même gamin arrogant et joyeux qu'il était. Je suis le seul à remarquer les ombres qui semblent avoir élu résidence derrière ces yeux, qui ne sont plus aussi brillants qu'autrefois. Ses joues sont creuses et il y a toujours une pointe de tristesse derrière ses sourires. Ceux qui l'aiment semblent ne pas tenir compte de ce qu'il est, mais de ce qu'il était. Ils ont choisi d'ignorer l'ombre que ses expériences lui ont laissé.
Je suis le seul à apprécier réellement ce qu'il est devenu.
Il mordille inconsciemment son pouce tout en suivant son texte des yeux. Lorsque ses sourcils se froncent que son nez se retrousse, je suis soudainement assailli par une image de James – avant Gryffondor, avant le Quidditch, avant Black. Mais non. A part l'apparence, quelques tics nerveux, et une certaine tendance à l'imprudence, il n'est en rien comme son père. James était un Potter jusqu'à la racine : un Gryffondor privilégié, désespérément optimiste, se faisant confiance aveuglément, dont l'air indifférent était toujours rehaussé d'un soupçon d'arrogance. Et bien que Harry possède tous les attributs d'un Gryffondor, il y a quelque chose – une sorte de ténacité maladive et de profondeur angoissante qui sont suffisamment Serpentard pour que je sois tenté de le comparer à moi.
Il est tout ce que j'aurais aimé que James soit.
Je me surprends moi-même en riant à cette pensée, non sans une certaine amertume. Je le dédie à ceux qui dirigent ma vie tourmentée de là-haut, et qui m'offrent ce que je désirais presque un quart de siècle plus tard. Ma soudaine explosion réveille Potter, qui m'observe d'un air intrigué. J'essaie de me reprendre, mais sans que je sache pourquoi, je suis emporté par l'hilarité de la situation. Je reprends mon souffle.
« C'est un livre intéressant ? » Il regarde le titre du livre que j'ai en mains, Produits de beauté : recueil d'essais sur l'éthique des potions d'altération de l'apparence. Il lève les yeux vers moi d'un air douteux. « Ca a l'air marrant. Pourquoi est-ce que vous rigolez ? »
« J'étais simplement en train de penser à vos chances de réussir l'examen. »
Il feint un regard indigné. « Très drôle. Justement, si vous arrêtiez de glousser, je pourrais peut-être étudier.
« Si vous aviez correctement effectué ce charme de concentration vous n'auriez pas remarqué. » Je hausse un sourcil et il sourit.
« J'ai fini le chapitre. Je pensais juste que vous seriez content de pouvoir m'admirer un peu plus longtemps. »
Je le fixe bêtement, me demandant comment je vais bien pouvoir démentir son accusation. Son sourire s'élargit et je me maudis de ne pas être capable de lui balancer une remarque acerbe qui le lui effacerait du visage.
« Ca me calme », je réponds avec sarcasme, espérant qu'entendre sa propre excuse lui fera clôturer le sujet. Il ouvre sa bouche pour dire quelque chose, puis il rigole nerveusement. Je lui envoie un regard interrogateur, mais il a déjà reporté son attention sur son cartable. Il en extrait un jeu de tarots et commence à battre les cartes. Je grogne avec dédain, considérant comme ridicule l'idée de devoir jouer les diseuses de bonne aventure pour gagner ses points, alors qu'il commence à arranger les cartes au sol, devant lui.
« Vous savez, c'est assez intéressant », dit-il, avant de lever la tête et de m'offrir un pâle sourire, puis de prendre son journal pour noter ses résultats.
« En effet. J'espère que vous ne croyez pas réellement toutes ces sottises. Je devrais vous expulser directement de mes appartements, par principe. » La magie, ce n'est pas de jolies images sur des cartes. Leur place est dans ces boutiques moldues où de vieilles fraudeuses comme Trelawney peuvent se faire de l'argent en racontant aux gens ce qu'ils veulent entendre.
Il hausse les épaules. « Je ne pense pas que ça dit le futur, en fait. » Il me regarde avec incertitude avant de retourner aux cartes étalées devant lui. Il continue. « Mais j'ai remarqué…je ne sais pas…ces dessins. Chaque carte a une description, pas vrai ? Et c'est à vous de les appliquer à votre vie. Dans le fond, elles vous aident juste à penser de façons différentes. » Il a sorti ses arguments en regardant ses genoux, et je me demande si oui ou non je dois le relever. C'est plutôt courageux de sa part d'oser me contredire. Mais s'il est assez fou pour essayer, c'est mon devoir de le démolir.
« Vous vous leurrez vous-même, en transposant ces signes à votre vie et en prétendant que cela a un sens. Vous y voyez ce que vous voulez y voir. Les cartes vous sembleront fiables parce que vous voulez qu'elles le soient, pas parce qu'elles le sont. Les utiliser à but introspectif est très dangereux. Si la carte que vous choisissez vous dit que vous êtes triste, vous vous débrouillerez pour trouver de la tristesse en vous, même si vous ne l'étiez pas du tout avant cela. »
« Ca peut aussi vous aider à trouver de l'espoir alors que vous pensiez qu'il n'y en avait plus », il réplique sèchement. Il se calme puis secoue la tête. « Vous avez peut-être raison. Mais parfois, elles sont foutrement utiles. »
Je souris avec dérision. « Hm. Dans ce cas, dites-moi, qu'est-ce que les cartes vous ont prédit ? »
« Comme si j'allais vous le dire », se moque-t-il en roulant des yeux. Ses joues se colorent de rouge. Evidemment, je suis intrigué. Je m'agenouille à côté de lui, observant attentivement ses cartes. Il me regarde avec appréhension.
« Vous n'avez pas étudié la divination, n'est-ce pas ? »
« Non, Potter. Contrairement à vous, je m'intéresse à des matières utiles. » Le soulagement que je vois dans son expression ne fait que renforcer ma curiosité. Je ramasse le livre de référence qui gît au sol avant qu'il ne puisse l'éloigner de moi. Il ferme rapidement son journal et le cache derrière lui. Je devine que ce petit jeu de cartes lui tient bien plus à cœur que ce qu'il veut bien admettre.
« D'accord. Je vous le dirai. Rendez-moi juste le livre. » Je mets le livre hors de sa portée et souris malicieusement. Il mord sa mâchoire et me fusille du regard. « Sale type. »
« Si vous étiez plus intelligent, vous auriez inventé quelque chose au lieu de me faire une scène et d'éveiller ma curiosité. »
« Si vous dites quoi que ce soit d'horrible, j'arrête. Et vous devrez vous débrouiller tout seul. » Il me sourit avec arrogance, s'imaginant que je n'en suis pas capable. Je le regarde d'un air mauvais. « Je ne suis pas vraiment doué pour ça. Bon…cette carte représente mon état actuel. Ou du moins avant que vous ne commenciez à vous conduire comme une tête de mule. » J'ignore son insulte et fixe à nouveau la carte. Dix tasses le mot « satisfaction » est écrit en bas. Je ne me préoccupe même pas de réprimer mon sourire.
« Et bien, Potter, serions-nous satisfait ? »
« Rogue. » Il me met en garde et je dois m'empêcher d'éclater de rire. Je mords ma langue et le laisse continuer dans son délire. « Je pense que ça veut dire que je suis heureux – émotionnellement. Je suis entouré par des gens qui prennent soin de moi. Le livre dit qu'il faut faire attention à ne pas en abuser. D'ailleurs, puisqu'il y a dix…ça ne durera pas. Une fois que vous avez atteint le sommet, vous ne pouvez que redescendre. » Sa figure prend une expression concentrée et ses yeux glissent sur les autres cartes. Il soupire. « Cette carte, ici…La lune. C'est un obstacle. Il peut soit m'aider, soit m'empêcher d'avancer. Ca veut dire…je ne sais pas, en fait. C'est peut-être des rêves, ou l'obscurité. Ou alors un secret que quelqu'un me cache. En tout cas, c'est lié à cette carte-ci... »
Il arrête de parler, mais sa bouche reste ouverte. Il lève les yeux vers moi avec une expression étrange. « Ecoutez, vous avez raison. C'est de la connerie. » Il étudie à nouveau la carte avec attention. Je fais pareil, cherchant ce qui peut le troubler à ce point. L'image se fixe dans mon esprit juste avant qu'il ne rempile toutes ses cartes et un tas avec un rire nerveux. Je le regarde, essayant d'apaiser la crainte qui s'étend en moi. « Que croyez-vous avoir vu, Potter ? » Il hausse les épaules et je le vois reprendre le contrôle de ses expressions.
« Comme d'habitude : je vais me faire écraser par une météorite juste après que mon meilleur ami ait volé ma copine et sauté mon chien. » Il rigole. Pas moi.
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Me maudissant de toutes mes forces, je me dirige vers la tour Nord à la recherche de ma collègue. Deux jours après, les images sont toujours ancrées dans mon esprit et continuent à m'obséder. Je ne m'en souviendrais probablement plus si Potter n'avait pas semblé aussi affecté par ce qu'il avait vu. Il est resté fort réservé depuis jeudi. Bien qu'en apparence, il soit toujours cet arrogant petit emmerdeur, j'aperçois parfois la même expression qu'il avait juste après avoir vu ce qui l'attendait. Je suis à la fois curieux et irrité, au point de sacrifier mon précieux samedi après-midi à essayer de découvrir ce que Potter a en tête.
Je suffoque dès que j'entre dans la pièce et haleter est le mieux que je puisse faire pour capter le peu d'air qui reste ici. Cette femme devrait être virée pour essayer d'asphyxier ses élèves. Je commence à me demander si elle est là, puis je me rappelle qu'elle ne descend jamais de sa tour. Le reste de cette école et moi-même ne nous en sommes d'ailleurs jamais plaints.
« Severus », chante-elle, surgissant hors d'un nuage de fumée, flottant presque comme un fantôme. « Quel bon vent vous amène ? » J'ai soudainement envie de lui faire remarquer qu'elle devrait déjà le savoir, mais je m'en empêche. Si je veux obtenir ce pourquoi je suis venu, je vais devoir la jouer gentil. Je frémis et maudis Harry Potter avec presque autant de colère que je me maudis moi-même.
« Bonjour, Sybille. Je me demandais si vous accepteriez de me faire partager vos talents. » Le sarcasme que j'ai essayé d'extraire de ma voix résonne entre mes mots. Elle est apparemment trop loin pour remarquer.
« Oh oui, bien sûr. Je suis toujours présente pour aider un collègue. Une tasse de thé, peut-être ? »
J'accepte son offre gracieusement, espérant que la caféine éclaircira cette fumée envahissante qui me chamboule les sens. « J'espérais pouvoir vous convaincre de m'interpréter un jeu de tarot », je lui dis une fois que nous sommes tous les deux assis autour d'une petite table ronde. Elle me lance un regard curieux avant de faire venir ses cartes avec sa baguette. « Quel genre de lecture aimeriez-vous ? Dans le domaine sentimental, peut-être ? ». Elle me sourit avec indulgence et je réalise soudainement que les boules de cristal feraient de parfaits boulets de canon si je pouvais seulement avoir un petit moment pour les trafiquer.
Je lui tends la main et demande : « Puis-je ? ». Je désigne les cartes qu'elle tient et elle me les tend à contrecoeur avec une expression perplexe. Je suis heureux de la décevoir cette sale petite fouineuse. J'examine les cartes, extrayant celles que Potter a tirées. Cela prend un moment pour bien me concentrer sur les images, afin d'être sûr d'avoir toutes les cartes placées dans le bon ordre. Une fois que je suis certain d'avoir juste, je tourne la table jusqu'à ce que les cartes soient étalées devant elle. Elle les étudie avec attention avant de me regarder avec une expression bizarre.
« Est-ce votre tirage ? »
« Non. »
Elle pince ses lèvres puis demande : « Connaissez-vous la question que le Quémandeur a posée ? »
Je secoue la tête. A vrai dire, je ne savais même pas qu'il fallait poser une question.
« Dans ce cas, je crains de ne pas pouvoir vous donner une interprétation exacte sans connaître le sujet. Cependant, je peux voir une personne qui a du passer par une longue période de solitude, mais qui va mieux à présent. Il y a eu récemment une stabilisation dans sa vie, mais il ne l'admet pas encore. Il s'attend à ce que tout change brusquement. A la base de cette stabilité est un homme qui est très important pour lui. Un homme plus âgé. Un professeur qui le guide intellectuellement et spirituellement. » Je grogne presque à l'idée d'être considéré comme un mentor spirituel puis je chasse cette pensée. La carte doit probablement se référer à Dumbledore. Je me console ensuite mentalement en me disant que cette carte pourrait bien s'appliquer à n'importe qui.
« Cette personne qui a aidé le Quémandeur est la base sur laquelle l'état de bien-être émotionnel de celui-ci est construit. Le mentor, ou professeur, est directement lié à cette carte-ci. » Elle tapote une carte et je l'examine. Deux poissons se tiennent têtes-bêches, enlacés. De l'eau sort de leur bouches et tombe dans une coupe. Le motif au dessus de l'image représente deux coupes, l'Amour. Ma bouche s'assèche et je m'étrangle presque avec mon cœur, qui est remonté jusque dans ma gorge.
« Voici la carte de l'amour parfait. Les deux indiquent une union – l'amour est réciproque. La propre introspection du Quémandeur l'aidera à se rendre là où il veut aller. Normalement, la Lune n'est pas une carte favorable, mais dans ce cas-ci elle peut l'aider à atteindre une meilleure compréhension de ses objectifs. Il ou elle passera bientôt par une période de dynamisme et d'inspiration. Il mettra ses idées en action. Ce qui fonctionnera plutôt bien. L'étoile est dans son futur proche. Les rêves du Quémandeur deviendront réalité. » Elle sourit.
Mon cœur fait une descente spectaculaire de ma gorge à mon estomac. Je vais vomir. Je bois ma tasse de thé pour ravaler la bile. Je pose ma tasse dans ma soucoupe et Trelawney la ramène près d'elle d'un air absent. Je me demande vaguement pourquoi elle fait ça mais je suis bien trop absorbé par mon cauchemar pour y prêter attention plus que ça. Une part de mon esprit essaie de me raisonner en me disant que tout ceci ne veut rien dire. Ce n'est qu'un stupide attrape-nigaud, et j'ai moi-même interprété ces cartes de cette manière.
« Le Quémandeur recherche la satisfaction spirituelle et physique, c'est son but. » J'essaie de ne pas m'étrangler. Je ne peux pas m'empêcher de remarquer que les coins de sa bouche semblent réprimer un sourire. Je contracte ma mâchoire afin de réfréner une autre envie de commencer à crier. « Finalement, nous avons le Fou. » J'acquiesce silencieusement. Elle continue. « Le Fou commence un nouveau voyage vers une destination inconnue. Bien, sûr cela peut être purement métaphorique. Je dirais que votre ami, qui aura vu ses rêves se réaliser, trouvera une nouvelle renaissance dans son aboutissement. » Je rigolerais presque, mais je suis bien trop malade et effrayé par la connaissance de la double signification de ceci. Non, mieux vaut ne pas penser à la mort de Potter. Métaphoriquement ou d'une autre manière.
Elle soupire joyeusement pour signifier que son explication est terminée. J'essaie de rassembler suffisamment d'énergie pour hocher la tête avec reconnaissance. Prenant une logue bouffée de cet air pollué et irrespirable, je croasse : « Merci, Sybille, c'était… », la pire expérience de ma vie, « instructif ». Je veux me lever mais elle m'arrête.
« Un moment, Severus. » Elle reprend ma tasse de thé et je me pétrifie avec horreur. « Ah. Je vois un voyage dans une région montagneuse. » Je soupire, et remercie Dieu du fait que cette femme soit aussi peu habile à lire dans les tasses de thé. « Vous ne serez pas seul. » Elle sourit malicieusement. Je hausse un sourcil.
« Je vous assure que je n'ai nullement l'intention de voyager. Bonne journée, Sybille. » Je me lève et me dirige vers la sortie.
« Severus. » Je me tourne avec impatience pour la voir observer ma tasse avec attention. « Juste un conseil. Vous êtes en train de vous battre contre quelque chose. N'essayez pas de résister. Le coup n'en sera que plus dur si vous perdez. Et vous perdrez. » Elle a dit ces mots avec un sourire neutre et je cligne des yeux.
« Je suis sûr que vous n'avez aucune idée de ce dont vous êtes en train de parler. »
« Si vous le dites. » Elle plisse ses yeux et pendant un bref instant de terreur, je ne suis pas loin de croire qu'elle sait tout. Puis je me rappelle que je n'ai rien fait de mal et que ce n'est qu'une vieille mythomane. Je lui souhaite à nouveau une bonne journée et je pars, retrouvant de l'air frais au point d'en être intoxiquant.
En descendant les escaliers, j'essaie de réfléchir à ce tirage de cartes aussi objectivement que possible afin de voir ce qui a pu mettre Potter aussi mal à l'aise. Je n'ai pas beaucoup progressé à ce sujet lorsque je suis soudain assailli par une pensée alarmante : son journal. Il aura probablement dû tout noter dedans. Aurait-elle reconnu ses cartes ? Bordel, comment puis-je être aussi inconscient ?
Je commence à jouer avec l'idée de m'arracher le cœur, afin de ne plus jamais avoir à me laisser diriger par lui.
******************
J'ai ressorti la bouteille de scotch.
Le premier verre évacue la sensation d'appréhension que cette lecture a laissée derrière elle. La seconde calme la terreur qui n'a pas cessé de remuer mon cœur dans tous les sens. Le troisième verre diminue l'amertume des regrets – regret d'avoir été inconscient au point de révéler mon sacret d'hétérophobie pourtant bien gardé jusque-là. Le quatrième, que je sirote lentement pour mieux apprécier la douce saveur de l'oubli, me permet de rire aigrement de ma totale confusion.
J'ai presque oublié qu'il devait venir lorsque je l'entends s'extirper de la cheminée. Son regard passe de moi à la bouteille. « Mauvaise journée ? » Il me regarde avec sympathie et je grogne, replaçant le bouchon. Dieu merci, j'ai la présence d'esprit de remettre la bouteille à sa place. Ensuite, je pose ma baguette sur la table et soupire.
« Vous n'avez pas besoin de vous arrêtez à cause de moi », fait-il avec un large sourire. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Est-ce qu'il faut absolument que quelque chose aille mal pour boire ? ». Je vide ce qui reste dans le verre.
« Non, je ne pense pas. » Il s'assieds jambes croisées à mes pieds et me fixe avec détermination. « Mais…vous allez bien ? Vous avez l'air…qu'est-ce qui est arrivé ? »
Tu es arrivé. Va te faire foutre.
« N'avez-vous rien à faire ? »« Si. Je dois découvrir ce qui vous tracasse. »
« Rien ne me tracasse. Et quand bien même, cela ne vous regarde pas. Si vous n'avez rien de mieux à faire que m'ennuyer avec des questions sans importance, vous pouvez retourner dans votre salle commune. » Son visage se ferme et je m'en veux, ce qui m'écoeure encore plus. Je commence à chercher la bouteille, avant de me souvenir que je l'ai déjà rangée dans le cabinet. Je tends la main vers ma baguette pour la faire apparaître, puis je me rappelle la raison pour laquelle j'ai commencé à boire.
« Avez-vous complété votre journal de Divination ? », je lui demande le plus naturellement possible.
Il fronce les sourcils avant d'avoir un sourire en coin. « Non, je dois le rendre pour lundi, pourquoi ? »
Je respire avec plus de facilité, avant d'essayer de décider comment je vais le convaincre de ne pas le faire, sans révéler que je suis un mêle-tout. « J'étais curieux de savoir comment Trelawney réagirait à propos de Weasley qui a fait des choses pas très religieuses avec votre parrain…je veux dire, votre chien. » Je souris largement.
« Oh. » Il baisse les yeux puis les relève, me regardant avec cette même expression étrange. Comme s'il essayait de vérifier quelque chose…oh. Merlin, aidez-moi. Il est en train de décider si oui ou non l'amour est réciproque. Le sale petit merdeux. Je durcis mon regard. Ca ne l'est certainement pas.
« J'ai oublié ce tirage. C'était vraiment que des conneries. » J'aurais bien rigolé avec joie, mais je ne le fais pas. Joyeusement, ou d'une autre manière. Je suis soulagé, c'est tout ce qui compte.
« Et bien, je ne me débarrasserais pas de toutes ces absurdités si j'étais vous. Vous n'auriez plus rien à remettre. »
Sa bouche se tord en un signe de frustration. Il grogne avant de regarder vers le bas et de commencer à enlever des peluches de sa robe. Pour une fois, je me sens bien mieux. Non seulement Trelawney ne sera pas capable d'établir un lien entre Potter et moi, mais au moins celui-ci a rejeté l'idée ridicule que je l'aimais.
« Je ne vais pas vous voir cet été, n'est-ce pas ? »
Cela me prend un moment pour émerger de ma béatitude et m'apercevoir de la gravité de son ton. Il parle du donjon – j'ai été relevé de mes fonctions, je me rappelle. Je n'ai pas encore pensé à ce qui se passera aux prochaines vacances d'été. « Je n'ai aucune raison de retourner là-bas. Vous n'avez plus besoin d'entraînement. »
« Alors, qu'est-ce que vous allez faire ? Vous partez quelque part ?» Sa voix est sèche et neutre. Il essaie de sourire, comme si c'était une question tout à fait normale, mais sa crainte est visible.
« Je n'ai encore rien planifié. Mais je suis quasi sûr de ne pas être autorisé à m'éloigner de Poudlard. Du moins pas tant que je resterai un des éléments de la liste des choses à faire de Voldemort ». Ou peut-être que j'irai dans une région montagneuse, je songe avec dérision. Il n'y a pas de mages sombres en Suisse cette année. Bien sûr, il n'y a rien d'autre non plus. Ou ai-je mis ce scotch ?
Vous ne serez pas seul.
En effet. Qui d'autre pourrait m'accompagner ? Sur la liste de mes connaissables, les rares personnes qui ne souhaitent pas me voir mort sont mes collègues et parmi ceux-ci, il n'y en a aucun pour lequel je ferais quoi que ce soit qui me récompenserait du sourire indulgent et malicieux avec lequel Trelawney m'a donné son interprétation du jeu de cartes. Non. Aussi pathétique que cela paraisse, ma seule possibilité de relation sentimentale en 10 années est un garçon de 15 ans qui dieu merci sera bouclé quelque part dans un donjon. Seul.Mon ventre se crispe à cette constatation. Dumbledore ne le laisserait sûrement pas se débrouiller seul durant tout l'été ? Je suis presque surpris par le fait que le directeur ne m'ait pas encore demander de lui tenir compagnie. Le trimestre se termine dans deux semaines. Je note mentalement de lui parler de ses plans futurs lorsque nous nous réunirons demain pour discuter des progrès de Potter.
Je remarque que le gosse a pali et qu'il mordille sa lèvre inférieure. Il a ramené ses genoux contre sa poitrine et il regarde ses pieds. Il doit penser à la même chose que moi. « Potter, je suis certain que le directeur a mis les choses au point. Il ne vous laisserait certainement pas tout seul. »
« Non. Il a demandé à Sirius de venir. Au moins pour les trois premières semaines. »
Mon estomac se crispe avec haine et je sens mon visage se tordre à l'évocation de ce nom. Black. Une main glacée agrippe mon cœur et je l'assimile presque à de la jalousie. Mais c'est ridicule.
« Professeur…tout ira bien pour vous, n'est-ce pas ? Je veux dire… » Il s'arrête et cela me prend un moment pour comprendre ce qu'il est en train de dire. Bien sûr. La dernière fois qu'il est revenu, Hagrid avait été tué. C'était un manque de tact de ma part de parler de Voldemort aussi légèrement.
« Le fait que vous vous intéressiez à mon bien-être est très touchant, Potter, mais vous feriez de vous inquiétez pour
vous-même, et du taré lunatique avec lequel vous allez être enfermé. »
Le sang afflue sur sa figure et ses yeux brillent avec rage. Je suis content de lui avoir fait changer d'idée. Il secoue sa tête comme pour disperser sa colère et j'applaudis son self-control.
« Pourquoi est-ce que vous vous détestez tant, tous les deux ? »
« Cet homme a essayé de me tuer. Est-ce que j'ai besoin d'une autre raison pour le haïr ? »
« Mais pourquoi ? Je veux dire, il ne l'aurait pas fait sans raison. »
Les psychopathes n'ont pas besoins de motifs. Voilà pourquoi ce sont des psychopathes. « Vous ne vous attendez certainement pas à ce que je sache ce qui sa trame dans sa tête. Vous feriez mieux de lui demander directement pourquoi il a essayé d'assassiner quelqu'un. »
Je regrette ses mots dès qu'ils sortent de ma bouche. Il lui demandera. Et Black le retournera contre moi. Black ne lui dira pas la vérité. Black ne connaît pas la vérité.
« Il a dit que vous les aviez suivis, pas vrai ? Pour essayez de les faire exclure. C'est ce qu'il a dit dans la Cabane Hurlante. »
Il étudie ma réaction. Je frémis en me rappelant cette nuit et je resserre mes dents en songeant à cette haine ancestrale. Je voulais qu'ils soient exclus. Ils méritaient de l'être. Mais les gentils petits Gryffondor le sont rarement. Ca n'a pas changé.
« Très bien, d'accord. Vous avez vos raisons. » C'est la seule raison qu'il a besoin de savoir, je me dis en moi-même, priant pour que cela lui suffise.
« Pourquoi vouliez-vous les faire renvoyer ? »
« Potter, ce sont des choses qui se sont produites il y a longtemps. Je vous demanderais de ne pas fourrer votre nez dans mon passé. Mieux vaut qu'il reste caché. » Je m'en fous une mentalement. Avoir avoué qu'il y a effectivement quelque chose à découvrir ne fera que l'encourager à essayer de trouver ce que c'est. Il s'agit de Harry Potter, le Sherlock Holmes du monde sorcier. J'aurais aussi bien pu l'inviter à venir visiter ma Pensive.
« Vous vouliez me renvoyer aussi. » Ses yeux croisent les miens avec défi. « Je ne suis pas fâché. Je veux juste savoir pourquoi. »
L'explication a été utilisée tellement souvent que je n'ai même pas besoin d'y réfléchir. « Vous êtes un insolent petit fouineur qui dépasse sans arrêt les bornes. »
« Vous avez peut-être raison. » Sa voix ne contient aucune émotion. Je suis étonné par le fait qu'il soit d'accord avec moi. Il continue et ma satisfaction s'atténue. « Mais il y a plus que ça. Vous m'avez haï dès le premier instant où vous m'avez vu. »
Ma douce indifférence vire brusquement à la rage. « A moins que vous ne souhaitiez que les choses ne redeviennent comme avant, Potter, je vous demanderais de la fermer. »
« Qu'est-ce que mon père vous a fait ? Je veux dire, une haine pareille, ça ne peut pas simplement venir d'une jalousie au Quidditch. Vous êtes trop intelligent pour ça.
« Foutez le camp. »
« Quoi ? »
« Partez. »
« Mais…pourquoi ? »
« J'ai dit PARTEZ ! » je hurle. Je sens une veine palpiter à ma tempe et ma figure virer au rouge. S'il ne cesse pas de me fixer bouge bée et qu'il ne fait pas dégager son petit cul par cette cheminée je le frappe.
« J'essaie juste de comprendre. »
« Bordel de merde. Potter, si je vous ordonne de foutre le camp je vous demanderai de respecter le peu d'autorité que j'ai acquis durant cette vie. Est-ce clair ? »
« Très bien ! » Il se met debout avec difficulté et se tourne vers la cheminée. Agrippant dans le pot pour en prendre de la poudre de Cheminette, il le renverse. Il lâche un cri de frustration et tombe à genoux, rassemblant la poudre avec ses mains. Je l'observe pendant un moment avant de rire amèrement de ma chance.
Je ne sais pas pourquoi j'essaie. N'essayez pas de résister. Le coup n'en sera que plus dur si vous perdez. Cette phrase décrit à merveille toute mon histoire avec ce petit imbécile.
« Potter - »
« Je pars. Donnez-moi juste une minute. »
Soupirant d'exaspération, je lève ma baguette. « Ramassio. » La poudre revient dans le récipient et il me regarde d'un air embarrassé. Il peut être. « Vraiment, Potter. Je sais que vous avez été élevé par d'ignorants moldus, mais j'espérais que vous aviez tout de même acquis quelques réflexes de sorcier. »
« Ouais, de toute façon j'ai la réputation de ne jamais faire les choses comme il faut, pas vrai ? » Il soupire et se remet sur pieds. « Je suis désolé de vous avoir mis en colère. » Il se dirige vers la cheminée et prend une poignée de poudre. Je le maudis pour son insistance à rester en bons termes avec moi. Stupide gosse.
« Potter, asseyez-vous. » Et vous perdrez.
Il se tourne vers moi puis s'assied rapidement, comme s'il craignait que je change d'avis. Il me regarde avec intérêt. Je le regarde d'un air mauvais alors que je répertorie mentalement les détails qui ne sont pas faits pour les oreilles sensibles. Je souhaiterais soudain avoir l'habilité remarquable de Dumbledore pour parler tout en donnant l'air de répondre à la question sans toutefois donner aucune indication d'aucune sorte. Je commence avec prudence. « Ce qui s'est passé entre votre père et moi était une simple chamaillerie entre adolescents. Nous étions tous les deux jeunes et nous avons fait des choses dont nous nous repentirions sûrement si nous en avions la chance. Vous aviez raison en prétendant que le Quidditch n'était pas la seule cause de tout cela. Et je vous remercie de me laisser le bénéfice du doute… » Je veux continuer mais il me stoppe.
« Tout compte fait, professeur, je ne suis pas sûr de vouloir tout savoir. Je veux dire, je – c'est mon père. Et je ne veux pas entendre de mauvaises choses sur lui. Ou Sirius. Vous avez raison. Ce sont vos affaires. Alors…je suis désolé de remuer tout ça. » Je hoche la tête et le remercie silencieusement. « Mais vous savez, ce n'est pas juste d'être détesté pour des choses qui sont arrivées avant votre naissance. »
« Il me semble avoir déjà éclairci cela, Potter. Ma haine envers vous est entièrement de votre faute. »
Il sourit. « Haha. Vous savez ce qu'on dit, professeur…entre l'amour et la haine - »
« Si vous finissez cette phrase, je vous jette un sort. »
Il rigole. « Vous savez, vous êtes tout le temps en train de me dire que je dépasse les bornes. »
Mon regard menaçant perd de son authenticité lorsqu'un éclat de rire m'échappe. Ce petit emmerdeur est malin.
Quelque chose en moi me dit qu'une nouvelle frontière vient d'être franchie, et ma conscience décroissante me regarde avec colère du coin minuscule où elle a été retranchée.
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Graouuu ! Rogue qui s'énerve….*bave*
Eka: "Pretty"?? C'est po le mot que j'aurais employé....(du moins pas pour la suite) lol
Alexiel: Bé vi 37 chapitres...n'est pas co au bout (m'enfin, tant mieux je dirais) ^-^
Mangafana: Heu...j'avoue que sevie/Cornelius j'ai des doutes...encore que y a moyen, c'est pas ça, mais...qui serait assez fou?? Quoique j'ai lu une fic pas mal entre Arthur weasley et rogue...vachement bien écrite, mais j'arrive pas à y croire....m'enfin Rogue ne se tape po n'importe qui non plus!! (la preuve, moââ...) mdr Mé c'est vrai qu'il faut suivre....déjà que j'update rarement, si en plus on a les flashback...po facile!
Siria Potter: "Rapidement"...c'est loupé, même avec une motivation *wwooaarf* comme la...*baille* mienne....zzzz
Arcadiane: "Son sadisme tourne au masochisme"...j'aime cette phrase....(héhé sadomaso-fan here) mdr Limite je me demande pq je traduis, tt le monde la lis en anglais (quoiqu'en général je fais la même chose avec les autres fics traduites)...mais au moins vous entretenez le suspense, c'est sympa (enfin, si qqn n'a pas encore lu la fin...m'étonnerait, mais sait-on jamais...) lol Flute là tu parles de belge exilé au USa...me souviens pu faut que je rerouvre une nouvelle fenêtre..pppf...argh MAIS OUI!! TU CONNAIS PO JEAN CLAUDE VANDAMME??? Malheuleuse!! Allez, file dans ta chambre! ;)
Miya Black: Console-toi..z'ont fermé msn chat..snif...minute de silence...(m'enfin nous reste tjs messenger, c'est qnd meme le principal...)
Aurelia: Long?? Rhaa toutes des obsédées...prenez même pas le temps de vivre, vous les jeunes, toujours aller au but pour vous.....(rhôô la vieille de...ha flute chuis meme po co majeure ce ne le fait pas mes vieilles critiques de l'ancien temps) Mais parce que je suis gentille....le chapitre 9....crois-moi tu ne t'en releveras pas! (eux non plus) ;)
Kaima: Argh vont plus se repousser bien longtemps j'espère...Au fait le retour du roi va sortir, je sens que l'inspiration va augmenter en flèche en décembre!! lol (en plus, nous avons un guerrier elfe - chais pu son nom - qui va se ramener, sans compter les deux fils de mon Elrond....bcp de belles oreilles pointues en perspective!!) *rr*
Shiva: ton pseudo...final fantasy? ^-^
Cassandre: bon...si ca t'interesse j'ai un livre de magie noire...ca marche assez bien...(encore que ds mn cas ca n'a duré que 3 jours avec le gars que j'aimais, mé...c'etait deja ca!) lol
Blue Nessae: Lol on se faire le club des "Village peoplettes" du ffnet!!
Nakhemda: Bouuuuh lancez-lui des tomates!! Bwourf! *s'en prend une ds la tronche* Mé non...pas moi.... Wouaaaah :'( Attend, heu...tu AIMES seamus?? Mon dieu je t'aime aussi, perso j'adoore les moches (c'est meme po ironqiue, plus qqn est laid plus j'ai de chance de tomber amoureuse) Mais Seamus...faut que tu me dises cmt tu fais....dis c'est que ta 1ère année d'anglais?? et tu comprends deja tout??? O_o
