Chapitre 11
Anna Tsuchiya - Only want you
« Un, deux, trois, quatre, tapai-je en mesure, le micro en main. »
Démétri gratta les premiers accords de notre nouveau morceau. Celui qui m'avait été inspiré par Edward. Je n'arrivais toujours pas à croire ce qu'il s'était passé la veille. J'avais enfin appris que nous deux étions bien plus qu'un misérable duo qui couchait ensemble quand bon lui semblait. Merde, nous étions devenus un couple à part entière. Ça me faisait frissonner rien que d'y penser.
Les choses n'étaient pas si différentes d'avant, en y regardant bien. Mais maintenant, je savais à quoi m'en tenir. Je savais que cette lueur brillant dans ses prunelles était un putain de symbole de son amour. J'étais enfin consciente de tout ça. Bien sûr, nous n'en n'avions pas reparlé et peut-être était-ce mieux comme ça. Ça me laissait le temps de me remettre de mes émotions, de moins être à fleur de peau et de ne pas pleurer comme une foutue midinette lorsqu'il murmurera les mots tant désirés. Un putain de je t'aime.
Une nuit blanche m'avait permis de finir cette chanson et maintenant, je me trouvais dans notre studio à chanter toutes mes tripes sur ce morceau parce qu'il avait une putain d'importance à mes yeux. Ce morceau était signe du renouveau, d'un changement radical dans ma vie. Un putain de tournant. Je ne savais pas si nous le jouerions ce soir parce que nous n'étions pas totalement prêts, mais je l'espérais. Tout ça parce qu'Edward viendrait probablement nous voir au New Moon's Pub.
« Tu devrais te poser cinq minutes, me conseilla Démétri, passant une main sur ma nuque. T'as l'air épuisée. Et pour cause, je n'avais pas fermé l'œil de la nuit, trop secouée par les événements passés. Alors j'en avais profité pour terminer la chanson, une fois Edward profondément endormi. Nous avions travaillé d'arrache-pied toute la journée pour en parvenir au résultat que j'avais en tête. C'était tout simplement incroyable.
_ Ouais, c'est vrai, mais ça va, je te jure, le rassurai-je vainement. Il me fit m'asseoir sur une chaise avant de m'apporter de quoi grignoter et de quoi boire. Pas besoin de me dorloter, tu sais, me moquai-je gentiment alors que Félix et Alec nous rejoignaient. Je sais m'occuper de moi.
_ J'en doute, marmonna-t-il dans sa barbe. Je feignis de ne rien avoir entendu et me tournai vers mes amis. Alors, ce morceau, qu'est-ce que vous en dites ?
_ Moi, je pense qu'on devrait le présenter ce soir, proposa Félix avec sérieux. Je le bénis intérieurement. On a suffisamment travaillé dessus pour assurer.
_ Tu crois ? douta Démétri, les sourcils froncés. Ça représente un risque quand même.
_ Tu plaisantes ! s'exclama Alec, les bras croisés sur son torse. On va faire un tabac avec cette chanson ! J'en suis certain. D'ailleurs, je pense même que Bella devrait écrire nos chansons à l'avenir. T'as chargé tes paroles d'émotions que tu sais retranscrire quand tu chantes. Merde, ça secoue le cœur tout ça, minauda-t-il, posant sa main sur le coeur. Je ricanai avant de lui adresser un clin d'oeil complice. Les gars me soutenaient.
_ Alors, Démétri ? Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Félix.
_ On répète encore un peu ce morceau et si tout est parfait, on le présentera ce soir, répondit le principal concerné, contrit. »
Et c'est ce que nous fîmes. Force m'était de constater que nous étions excellents et qu'il était bien plus que probable que nous présenterions ce morceau ce soir. Intérieurement, j'étais fière. Ça me prouvait que j'étais capable de faire quelque chose de bien par moi-même. Que ces foutues nonnes n'avaient pas totalement raison en ce qui me concernait. Que je valais bien quelque chose et que je n'étais pas une pitoyable merde comme elles l'avaient sous-entendu à de multiples reprises.
Nous finîmes par échouer sur la terasse d'un café, quelques rues plus loin, après que la répétition soit terminée. Nous étions prêts pour ce soir. Tout était cadré, vu, revu et sur-vu. Parfait.
Je ne vis par arriver le truc jusqu'à ce qu'Alec ne voit Tanya et l'interpelle pour qu'elle se joigne à nous. Mon cœur se serra immédiatement dans ma poitrine. Ma putain de rivale était là, plus resplendissante que jamais. Elle avait toujours eu un style décalé qui l'a mettait en valeur à un point inimaginable. Et elle était là, perchée sur ses talons hauts, dans une tenue d'écolière qui la sublimait. La plupart des gars présents dans le petit café ne se gênaient pas pour la déshabiller du regard. Ils avaient foutrement raison. Un saint se damnerait pour une beauté pareille.
« Salut les gars, leur sourit-elle chaleureusement. Ses cheveux blonds virevoltaient avec la légère brise, donnant l'illusion d'une putain de star dans un photo-shoot. Bonjour Bella, ajouta-t-elle avec la même expression. Je lui rendis son sourire, le mien étant un tantinet crispé. Elle prit place à côté de Démétri, posant son café sur la table.
_ Qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-elle, une fois installée.
_ On se détend après le dur labeur, rit légèrement Alec. Elle lui jeta une œillade moqueuse. Dieu, elle était si belle comme ça, au naturel. Mes poings se serrèrent tant la jalousie me rongeait.
_ Alec veut toujours donner l'impression qu'il se défonce pendant les répétitions, mais son jeu est toujours aussi minable, fit Félix, mine de rien. Ses yeux étaient emplis de malice. L'intéressé eut une moue consternée.
_ Incapable d'admettre que je suis meilleur que lui, c'est tout, répliqua-t-il, amusé. Démétri rit de leur jeu enfantin. J'aurais pu rire, moi aussi, si je ne me sentais pas aussi minable à côté de Tanya. Alors je préférais me tasser sur ma chaise, écrasée par sa présence. Où était donc passé mon assurance et mon air je-m'en-foutisme ? Dans la poubelle, chérie, avec tes illusions comme quoi tu pouvais la surpasser. Bon dieu de merde.
_ On ne t'a pas vu, hier soir, lança Alec, la tête penchée.
_ J'avais des trucs à faire, rétorqua-t-elle, évasive. Visiblement, elle ne voulait pas s'étendre sur le sujet.
_ T'as manqué les démonstrations bruyantes d'Edward et Bella, ricana le petit plaisantin. Je me sentis soudainement pâlir. Lui jetant un coup d'œil, je décelai le voile de tristesse dans son regard, subtil. Quasi invisible pour qui ne serait pas au courant de ses sentiments. Merde.
_ Alec, le réprimandai-je sèchement.
_ Oooh Bella ! Ne joue pas ta timide ! Démétri le foudroya du regard et il comprit sans doute qu'il s'aventurait sur un terrain dangereux. Par ailleurs, je sentis une main prendre la mienne et la presser doucement. Tournant la tête vers mon ami, il m'adressa un regard compréhensif. Lui aussi savait. Je lui rendis sa pression avec un léger sourire. J'étais foutrement mal à l'aise, là, assise avec eux et surtout elle. Démétri comprenait. Je savais que ça aurait dû me gêner de le voir prendre ma main, de le laisser me toucher, mais ça n'était pas le cas. En fait, je me sentais plutôt bien. Dieu, Bella, où est-ce que tu vas ? Cette histoire sent la merde à plein nez.
_ Tu viendras nous voir jouer, ce soir ? questionna Félix, déviant subtilement le sujet de conversation. Sans doute s'était-il aperçu de mon malaise. Ça m'étonnait toujours de voir à quel point nous étions connectés Démétri, Félix et moi. Seul Alec ne percevait pas ces choses et malheureusement pour moi, c'était le plus plaisantin de nous quatre.
_ Vous donnez un concert ? s'enquit-elle, visiblement intéressée. Où ça ?
_ Au New Moon's Pub. Ça serait vraiment sympa si tu venais. D'ailleurs, tu pourrais peut-être emmener les autres avec toi.
_ Je vais voir ce que je peux faire, répondit-elle, souriante. Je pourrais enfin voir Bella chanter de mes propres yeux, fit-elle se tournant dans ma direction. Même si sur la vidéo de votre premier concert tu étais épatante, me complimenta-t-elle, visiblement sincère. J'en étais estomaquée. Je ne pensais vraiment pas que tu avais ce truc en toi. Mon cœur eut un sursaut. Edward lui avait-il montré la vidéo ?
_ Qui l'aurait cru ? rétorquai-je avec une ironie imperceptible. Avant le karaoké qui nous a fait tous permis de nous connaître, je n'aurais jamais pensé mettre les pieds sur une scène un jour. Maintenant, j'ai du mal à m'en passer.
_ Je comprends. C'est pareil pour moi. Quand je suis sur scène avec les gars, je me sens planer, complètement déconnectée de la réalité. Ailleurs. C'est tellement grisant ce que tu ressens que ça devient vite une addiction.
_ Ouais, acquiesçai-je, en total accord avec elle. Peut-être était-ce sa manière de dire qu'entre nous, le terrain n'était pas totalement miné ? Que l'on pouvait donner l'illusion de s'entendre pour le bien collectif ? C'était peut-être mieux comme ça, oui.
_ Je vais essayer de venir, dans ce cas. J'ai hâte de vous voir à l'œuvre, sourit-elle à nouveau. »
Nous passâmes plus d'une heure dans ce café, à parler comme si de rien n'était. Comme si cette femme n'était pas amoureuse du même homme que moi. J'étais tellement mal à l'aise que j'étouffais littéralement et que je fumais clope sur clope dans le vain espoir de me détendre. Foutaises ! J'étais foutrement tendue, incapable de me relaxer. Démétri n'avait cessé de me toucher, de me caresser la main pour que je me calme. Que j'arrête de me prendre la tête pour des conneries telles que ça. Mais j'en étais incapable. Même après qu'Edward m'a avoué qu'il m'aimait – enfin, en quelques sortes – je craignais toujours qu'il ne tombe dans les filets de cette putain de créature splendide. Ça me rendait furieuse. Enfin, la colère cachait surtout la terreur que cette idée m'inspirait. Il fallait arrêter de me mentir à moi-même.
Je fis quelque chose de stupide, qui, sans doute, allait me rendre encore plus nerveuse que je l'étais, mais il fallait que je sache. Au moment où les gars partaient pour rejoindre leurs appartements respectifs, je retins Tanya, prétextant que je devais lui parler de choses que seules les femmes pouvaient évoquer entre elles. Démétri et Félix me jetèrent des regards incertains, presque anxieux, mais je n'en pris pas compte. Il fallait que je sache où elle en était avec Edward. Que je clarifie cette situation merdique dans laquelle nous étions tous les trois embourbés.
« Tu sais Bella, commença-t-elle une fois que les autres furent partis. Elle s'interrompit pour rire tristement. Même moi je perçus sa détresse. Je n'ai jamais voulu tomber amoureuse d'Edward. Mais c'était plus fort que moi. C'était lui que je voulais. Mon cœur fut écorché, saignant, totalement à vif. Je déglutis bruyamment.
_ Quand nous étions gamins, on était complices, mais pas de la complicité dont je voulais, reprit-elle après un court silence. Plutôt du lien qui unit un frère et une sœur. Ça n'a pas changé avec le temps. Edward prend soin de moi, il me conseille, il m'aide, mais seulement comme un grand frère le ferait pour sa sœur et pas comme un putain d'amant. Je vis son menton trembler l'espace d'un instant. Elle détourna la tête pour que je ne voie pas sa tristesse mais je la ressentais dans tous les pores de ma peau. La vérité était que ça me tordait les tripes de l'entendre parler de lui comme ça. Pourtant, j'avais une curiosité presque morbide. Je voulais tout savoir.
_ Je suis désolée, fut tout ce que je trouvais à dire. J'appelais un serveur pour qu'il nous serve un autre café, au bord de l'asphyxie. Bien que nous fussions dehors, j'avais la cruelle impression de manquer d'air. Comme si l'air se raréfiait dans mes poumons. Putain de clopes à la con. Je devais vraiment arrêter de fumer.
_ Le premier soir, je t'avais vu le dévisager comme s'il était un ange descendu du ciel. Tu ne pas savoir combien j'ai eu envie de t'étrangler pour avoir posé le même regard illuminé que moi, sur lui. Je t'ai haï dès la première seconde. Je ne grimaçai même pas. Comment aurait-il pu en être autrement ? Nous aimions le même homme. Mais quand il t'a vu, quelques mois après, j'ai su que c'était terminé pour moi. Que j'étais out. Tu m'avais coiffé au poteau avant même de lui avoir parlé, murmura tristement Tanya. J'eus envie de poser ma main sur son épaule comme pour soulager sa peine, mais ça aurait pu paraître ridicule puisque j'étais la cause de tous ses malheurs.
_ Ce soir-là, continua-t-elle à nouveau, il n'a pas décroché un seul mot, trop obnubilé par toi, complètement soufflé. Et la haine que j'éprouvais s'était transformée en envie presque dévorante. Tu ne peux pas savoir combien je t'envie, Bella, même à l'heure d'aujourd'hui. Edward est à toi, littéralement. Quand on a quitté Seattle, il a progressivement changé. Sa musique n'était plus la même, plus mélancolique, plus triste. Et c'était parce que tu n'étais pas là qu'il était comme ça. Désintéressé de tout. Presque vide. Pour sûr, il continuait de jouer comme un dieu, mais la passion avait disparu de ses yeux. Quand il venait aux répétitions, on avait l'impression qu'il ne venait que parce qu'il y était obligé. J'ai détesté le voir comme ça. Ça me faisait mal. Moi, je ne trouvais rien à dire, complètement soufflée par ses paroles. Ainsi, Edward avait été dans le même état catatonique que moi, après son départ de Seattle. Merde. Pourquoi ne nous étions-nous rien dits ? Pourquoi nous sommes-nous laissés dépérir, loin l'un de l'autre ? Mais au fond, savoir qu'il était blessé lui aussi me mettait du baume au cœur. Ça me laissait espérer que ce que nous étions n'était pas une vulgaire amourette, mais quelque chose qui méritait d'être vécu pleinement. Que l'on parlait de l'amour avec un grand A. De ce putain d'amour que tout le monde rêve de connaître un jour.
_ Ça n'aurait rien changé que je vous suive là-bas, lui appris-je. Je ne supporte pas de dépendre de quelqu'un et ça aurait été le cas si j'étais venue à Boston.
_ Je sais. Même s'il l'on ne parlait pas beaucoup toi et moi, je peux anticiper certaines de tes réactions. »
Nous nous interrompîmes pour laisser le serveur déposer les tasses fumantes devant nous. Ça me permettait de penser à autre chose, l'espace de quelques secondes. Parce que là, j'étais au bord de l'implosion. Tanya provoquait des sentiments en moi, telle la jalousie ou la possessivité vis-à-vis d'Edward. Cette connerie de conversation me tuait à petits feux. Je savais que ça faisait partie de mes plus sombres côtés. De mon caractère si emmerdant, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Il était à moi. Edward était acquis. J'eus presque envie de rire cyniquement face à mes pensées. Merde, qui étais-je donc pour penser comme ça ? Pour croire que je pouvais garder dans le même jardin tout ceux qui me tenaient à cœur ? Parce que je savais que tôt ou tard, tous s'échapperaient, hors de ma portée. Un trou béant se creusa dans mon cœur.
« Si ça peut te rassurer, je ne tenterais rien. A ces mots, je tournai brutalement la tête dans sa direction, me tordant à moitié le cou, pour la dévisager.
_ Pourquoi ? ne pus-je m'empêcher de demander. C'était me faire du mal intentionnellement. J'étais vraiment dérangée comme fille.
_ Bella, soupira-t-elle, la douleur emplissant soudainement son somptueux visage. Même si vous veniez à ne plus être ensemble, je resterais une sœur à ses yeux. Il n'en sera jamais autrement, souffla-t-elle avec peine. Et si c'est le seul moyen pour rester dans sa vie, alors je préfère ne rien changer. Ne jamais rien lui dire de ce que je ressens. Tu le rends heureux, tu sais. Ça ne fait qu'une semaine que l'on est là, et il change déjà. Il redevient l'Edward que j'ai connu, passionné, vivant. Tu le refais vivre, Bella et rien que pour ça, je ne peux te haïr. Tanya me parlait à cœur ouvert, faisant fi de nos différents et ça me touchait. C'était une putain de femme bien. Elle en valait la peine. Rien que pour ça, elle était à mon plus haut niveau d'estime. Alors à mon tour, je me laissais aller et lui parlais avec mon cœur.
_ J'ai toujours été mal à l'aise quand tu étais dans les parages, avouai-je, la tête baissée. Au départ, je ne me suis pas aperçue que tu étais amoureuse d'Edward. En fait, j'étais trop absorbée par lui pour remarquer quoi que ce soit d'autre, ris-je, amère. La vérité, Tanya, c'est que moi aussi je t'envie. Elle écarquilla les yeux, abasourdie. J'étais déjà trop loin dans mes révélations pour m'arrêter. Alors je continuais ma diarrhée verbale, déballant tout ce qui me hantait depuis longtemps. Toutes mes envies, toutes mes peines. Tout mes putains de sentiments qui me rongeaient jusqu'à la moelle.
_ Je n'ai jamais compris pourquoi Edward s'intéressait tant à moi, continuai-je, mon regard se faisant fuyant. Ce qui faisait qu'il tenait à nous, à ce que nous étions. J'ai un caractère merdique. Je ne suis pas le genre de fille que l'on remarque non plus. Je ne suis pas toi, tout simplement. J'aurais aimé être de ces filles qui sont si belles que l'on ne peut s'empêcher de se retourner sur elle. Ce que tu es, toi. Mon enfance m'a profondément marqué et je suis devenue si caractérielle après ça que je me demande parfois comme j'ai pu faire pour avoir des amis. Je ne suis pas une fille qui en vaut le coup, en conclus-je, le cœur en lambeaux. Une larme coula le long de ma joue et je l'essuyai prestement. Maintenant, elle savait. J'avais l'impression de me sentir mieux. Que le fait de m'être confiée à Tanya allégeait ma peine.
_ Tu te trompes, l'entendis-je murmurer. Ils t'adorent, tu sais. Emmett, comme Jasper. Je n'ai jamais vu Emmett aussi sérieux que lorsqu'il a vu les photos de toi, dans le carton que ton amie Alice a donné à Edward. Il souriait, content d'avoir de tes nouvelles. Content de voir que tu allais bien et que tu t'en étais sortie de ton côté. Jasper a accompagné Edward quand ils sont partis voir ton amie. Et puis, en ce qui concerne Démétri, Félix et Alec, ça ne fait aucun doute. Rosalie, je crois, hésita-t-elle une seconde, et Alice t'aiment. Tu ne dois pas douter de ça, parce que ça se voit. Peut-être as-tu l'impression d'être minable au fond de toi, mais ne crois pas que ça soit vrai. Edward ne t'aimerait pas comme un dingue si tu n'en valais pas le coup. Je plantai mon regard dans le sien, profondément touchée. Qui aurait cru que Tanya en viendrait à me consoler, moi, la fille qui lui avait piqué le mec de ses rêves ? Alors, je me contentais d'acquiescer, reconnaissante. Elle me sourit faiblement avant de porter la tasse de café à ses lèvres. Je n'arrivais pas à me faire à l'idée qu'elle ne me détestait pas. Que nous pouvions avoir une conversation sans que je n'ai envie de l'étrangler parce qu'elle était amoureuse d'Edward. Comment en étais-je arrivée là ? Je la vis consulter sa montre avant de reposer sa tasse vide sur la table.
_ Je suis désolée, mais je dois y aller, m'apprit-elle. Notre manager songe à me créer un nouveau style vestimentaire. Elle rit. Moi je trouve ça stupide mais c'est une de ses nouvelles lubies, alors. Elle haussa les épaules avant de déposer quelques pièces sur la table. Pièces que je lui rendis.
_ Je te l'offre. Elle opina avant de se lever et d'attraper son sac à main.
_ On se voit ce soir, alors, sous-entendit-elle et je lui répondis d'un signe de la tête. Bien. A tout à l'heure.
_ Tanya, attends ! la retins-je brusquement par le bras. Elle m'observa de ses prunelles acier, surprise.
_ Merci, murmurai-je. Merci pour tout. Je lui devais bien ça. Tanya se sacrifiait pour moi, me laissant la place aux côtés d'Edward. La remercier était la moindre des choses. Pour toute réponse, elle eut une sourire triste.
_ Ne t'en fais pas. Tout va bien. J'espère juste que l'avenir sera plus clément avec moi. »
Elle quitta le café, ses talons claquant contre le carrelage. Mon bras retomba mollement sur l'accoudoir. Cette conversation m'avait perturbé plus que ça ne l'aurait dû. Je devais simplement savoir de quoi il en retournait, à la base, et voilà que nous nous étions confiées l'une à l'autre, sans tabous. Je savais qu'elle allait mal. Je pouvais le voir sur son visage. Je n'osais imaginer combien son cœur devait être meurtri avec toute cette histoire. J'aurais été détruite, anéantie, si jamais j'avais été à sa place. Mais Tanya, elle, était forte. Elle ne montrait rien à personne, souffrant dans son coin, en silence. Dieu, comment cette femme faisait-elle pour tenir le coup ? Pour taire ce qui lui brûlait les lèvres, chaque jour ?
Je jetai quelques billets sur la table avant de regagner le duplex, la mort dans l'âme. Cette conversation m'avait épuisé tant physiquement que moralement. Entendre la vérité était dur, mais nécessaire. Histoire de me remettre les idées en place. De m'apercevoir que la possessivité maladive était un défaut de plus à ajouter à la longue liste qui me caractérisait. Mais le pire dans tout ça, c'était sans doute de réaliser que j'étais égoïste au point de faire souffrir une fille qui valait la peine qu'on se batte pour elle. Et Tanya ne me haïssait même pas, comble de l'ironie.
Je soupirai de soulagement lorsque je vis qu'Edward n'était pas dans l'appartement, quand j'y pénétrai. Alice et Rosalie étaient là, elles, tournant autour d'un mannequin installé dans le salon, à retoucher une tenue tout en parlant chiffons. Elles ne m'avaient pas entendu rentrer.
« Légèrement plus froncé au niveau de la poitrine, suggéra Rose, l'air concentré. Alice s'exécuta, armée de sa machine à coudre et de tous ses instruments de travail. Lorsqu'elle eut finit de trifouiller au haut, elle le brandit devant Rose qui secoua la tête. Encore un peu plus, grimaça-t-elle. Nouvelle manipulation.
_ Et maintenant ? s'enquit Alice, les sourcils froncés.
_ Parfait ! Le lutin tapa dans ses mains, sautillante.
_ Bien. Il ne me reste plus qu'à décider pour la veste et Bella sera tout simplement PAR-FAI-TE ! Je haussai les sourcils à l'entente de mon prénom. De quoi diable parlaient-elles encore ? Alice s'éloigna du patron pour aller farfouiller dans une malle posée sur la table à manger. A ton avis, cravate ou nœud papillon ? demanda-t-elle sans se retourner. Cette fois-ci, je louchai pour de bon. Ça allait beaucoup trop loin à mon goût. Nœud papillon, sérieusement ? Où allaient-elles chercher leurs idées ? Je me manifestai par un raclement de gorge, les bras croisés sur ma poitrine.
_ Ah Bella, tu es là ! s'exclama Alice, visiblement contente de me voir. On parlait justement de la tenue que allait porter ce soir ! A chaque fois que nous donnions un concert, ma styliste d'amie se mettait en tête de me confectionner de nouveaux vêtements et de me créer des ensembles hors du commun. C'est vrai que ça me donnait un style très personnel et qui plaisait au public, mais à mes yeux, c'était se donner du mal pour rien. Enfin, j'aurais dit ça à Alice qu'elle aurait voulu m'arracher la tête. Le professionnalisme, disait-elle à chaque fois. Pense au professionnalisme, bon sang ! Elle était hilarante quand elle s'énervait.
_ Qu'est-ce que tu as encore inventé, cette fois ? pestai-je faussement, récoltant un de ses regards à vous glacer le sang.
_ Ne critique pas mon art, s'il te plaît ! me pria-t-elle d'une voix haut perchée. Rosalie éclata de rire.
_ Moi je pense que tu vas adorer celle-là, fit remarquer Rose.
_ Ah ouais ? doutai-je, le nez froncé.
_ Oooh Bella, ne sois pas si septique ! s'emporta Alice, secouant les bras dans tous les sens. T'ai-je déjà prouvé que tu ne pouvais pas avoir confiance en moi ?
_ Non, soupirai-je, levant les yeux au ciel. C'est juste que tu te laisses parfois « emporter », mimai-je avec mes doigts, et bien que tes fringues soient magnifiques, jamais je ne porterais tes trucs loufoques, créées dans un moment de pure folie artistique. Pour toute réponse, elle me lança une œillade meurtrière auquel je répondus par un froncement de sourcils quelque peu dédaigneux. Rosalie rigola devant notre bataille visuelle pour savoir qui de nous deux détournera le regard la première.
_ Et si vous vous penchiez sur la tenue de Bella au lieu de vous battre comme des gamines ? proposa notre amie. »
Alice grogna à mon intention avant de se détourner et de repartir farfouiller dans sa malle. Je me contentai de m'approcher de l'ensemble accroché sur le patron. Mes yeux s'élargirent de stupeur. C'était tout bonnement splendide. Tellement classe que je m'étranglais devant. Dieu, ces fringues relevaient de l'élégance à l'état pur, tout en gardant une bonne dose de ma personnalité. Mes remontrances pour les frasques stupides d'Alice me semblaient tellement fausses à cet instant que j'ouvris la bouche pour me faire pardonner, mais la refermai aussi sec. Je détestais demander pardon.
Le haut était un chemisier noir, froncé au niveau de la poitrine. Ça donnait un air ancien dont je tombais littéralement amoureuse. Le col était relevé, comme la plupart des gars voulant frimer le mettait. Alice y glissa une cravate en soie rouge et en noua le nœud pour que je vois l'effet final. Elle rajouta une veste qui complétait la tenue. Mais ça n'était pas n'importe quelle veste. C'était une putain de veste d'un rouge vif, si éclatant que j'en restai béate d'admiration, le souffle coupé. Pour une fois, je ne portais pas de pantalon mais une jupe noir, droite, arrivant à mi-cuisse. Une paire de bas résille était là, par terre, ainsi qu'une paire de Doc Martens, impeccablement cirées. Merde, j'étais totalement subjuguée par cette foutue tenue.
« Alice, murmurai-je doucement. Elle me jeta un regard victorieux auquel je ne répondis même pas. Je suis … je butai sur le dernier mot. Encore un foutu défaut, bon sang ! Je suis … répétai-je à nouveau. Désolée, hurlai-je intérieurement. Bordel, pourquoi n'arrivais-je pas à m'excuser ?
_ Je sais, répondit-elle avec un sourire. Elle passa sa main sur mon épaule avant de la presser. J'opinai pour toute réponse, reconnaissante.
_ Oh et regarde ce que je t'ai déniché ! s'exclama Rose, sortant une de ses boites à bijoux. Je l'observais, perplexe. J'avais suffisamment de boucles d'oreilles et de piercings pour qu'elle n'en rajoute une couche. Elle sortit une chaine reliant une boucle d'oreille et ce que je devinais être un piercing à la lèvre. Enfin, là, c'était plutôt un anneau. Je la regardais, abasourdie. Où était-elle partie cherche un truc pareil ?
_ Je pense que tu vas avoir un look d'enfer avec ça ! s'écria-t-elle, visiblement heureuse de sa trouvaille.
_ Sauf que je n'ai pas de piercing à la lèvre, me trouvai-je obligée de lui faire remarquer. Je trouvais pourtant que l'absence de piercing sur ma lèvre était assez visible.
_ Idiote ! gronda-t-elle, me fusillant du regard parce que je me moquais d'elle. C'est un faux. »
Je ris de son air pincé et elle attrapa un coussin pour me le lancer à la tête. Alice nous observait en souriant.
« Et maintenant, qui c'est les gamines ? nargua-t-elle Rosalie, de son petit sourire mutin. »
L'après-midi se finit dans le même climat de complicité et j'avouais adorer ça. Ça me permettait de ne plus penser à ma conversation avec Tanya et aux sentiments que ça suscitait en moi. L'heure de monter sur scène vint rapidement et nous gagnâmes le pub sans plus tarder. Dieu, quand je m'étais regardée dans la glace, mon cœur avait bondi hors de ma poitrine. Je m'étais sentie si élégante, si belle que j'en avais été la première étonnée. J'avais insisté pour me maquiller seule, ce que je faisais avant de les connaître et qu'elles ne se mettent à jouer à Barbie Bella. Ça m'avait rendue un peu nostalgique d'ailleurs, comme si ces moments-là remontaient à il y a une éternité.
Ce soir était spécial à mes yeux. Pas seulement parce qu'Edward était là, mais parce que j'avais un putain de pressentiment. Quelque chose allait changer. Peut-être était-ce crucial ou au contraire, insignifiant, mais il allait se passer quelque chose. J'en étais certaine. Je me sentais si à l'aise dans cette tenue que les filles n'en étaient pas revenues. Bien sûr, j'aimais porter quelques créations d'Alice parce que j'étais foutrement fière de la représenter à travers ses vêtements, mais là, c'était différent. Un petit je-ne-sais-quoi sur lequel je n'arrivais pas à mettre de nom.
« Tu es superbe, me chuchota Démétri à l'oreille, lorsque nous fûmes dans notre loge. Je lui souris.
_ Belly Jean va encore faire des ravages ce soir, soupira Félix, presque théâtral.
_ Arrête de te plaindre, ricanai-je avant de lever les yeux au ciel. Surtout que ce sont mes prétendants qui te paient toutes tes bières, je te signale. Il se mit à rire.
_ C'est vrai, acquiesça-t-il, rieur.
_ Je ne sais pas si vous avez vu la salle ce soir, souffla Alec, visiblement impressionné, mais elle est pleine à craquer. Merde, j'ai jamais vu autant de monde ! Je suis certain que l'on ne peut plus s'asseoir nulle part et encore moins marcher dans le pub !
_ Sérieusement ? demandai-je, étonnée. Il était vrai que le New Moon's Pub marchait bien, mais la salle n'était jamais remplie au point que l'on ne puisse plus se balader entre les tables. Ça me paraissait bizarre.
_ Pas étonnant, rétorqua soudainement Démétri. Souvenez vous de qui nous avons invité à venir, ce soir. Je me tapai le front avec la main. Putain, bien sûr. Les Spunk Ransom étaient là. Il devait sûrement y avoir eu des fuites sur leur présence et tout le monde voulait absolument les voir. »
Je n'eus pas le temps de répliquer que le groupe avant nous s'arrêta de jouer et qu'une grésillement m'apprit que Jacob allait prendre le micro. Je l'entendis grimper sur scène, avec ses grosses chaussures et sa voix rauque me parvint aux oreilles. Dieu, je détestais ce mec !
« Alors, vous êtes chauds ce soir ? lança-t-il fortement. La foule lui répondit par un tonnerre d'applaudissements et de cris, mêlés aux sifflements. Ça faisait un sacré boucan, nom d'un chien ! Le pire était sans doute que nous devions passer juste après. Mon cœur fit une embardée. C'est bien, rit-il, visiblement satisfait de la réponse du public. Le groupe qui va suivre, vous le connaissez. Ils ont fait leurs débuts dans ce bar, il y a environ un mois et demi. Ça fait déjà aussi longtemps ? me demandai-je, surprise. Je ne voyais plus le temps passer. Et là, il se passa un truc complètement incroyable. Un truc qui remua mon cœur au point que je ne puisse plus respirer, tant j'étais émue. Le public se mit à scander notre nom.
_ RIBSON KEANE ! hurlaient-ils. RIBSON KEANE ! RIBSON KEANE ! RIBSON KEANE ! Je jetai un regard complètement ahuri à mes amis. Ils eurent tous un sourire entendu.
_ Je crois que c'est à nous, plaisanta Alec, avec sa bouille de gamin fendue d'un sourire si large que je crus halluciner.
_ Vous les avez demandés, les voilà ! cria Jacob dans le micro. »
Démétri avait voulu innover, en matière d'entrée en scène. Même si j'avais été surprise au premier abord, j'avais adopté cette nouvelle manière de faire. L'idée était que je serais la toute première à entrer sur scène, les rideaux étant fermés derrière moi. Et là, je chanterais a cappella un de nos morceaux. Enfin, juste le premier couplet. Quand j'arriverais au refrain, les rideaux s'ouvriraient brusquement tandis que les gars se mettraient à jouer, m'accompagnant dans la chanson. Cette chanson était d'ailleurs différente de notre style habituel, mais je l'aimais tout autant à ma manière. Parce que je pouvais dire ce que je voulais, quand je le voulais et surtout à qui je le voulais. Et ça, Félix avait voulu le souligner dans ses paroles.
Les lumières et les projecteurs s'éteignirent brutalement alors que les rideaux retombaient pour cacher la moitié de la scène. Et là, le silence se fit dans la salle. Pas une personne ne parlait et ça me secouait les tripes plus que je ne l'aurais voulu. Inspirant un bon coup, je grimpai sur scène et fit face au public qui m'observait. Dieu, Alec n'avait pas lésiné sur les mots ! La salle était véritablement pleine à craquer. La masse noire de foule était partout avec cette putain de multitude d'yeux posés sur moi. Alors je fis ce que j'avais à faire, le cœur battant à toute allure. J'attrapai le micro et me mis à chanter.
Get up &ready (Lève-toi et sois prêt)
Get up &ready (Lève-toi et sois prêt)
Oh, I'm ready to leave this fuckin' town (Oh, je suis prête à quitter cette putain de ville)
Get up &ready (Lève-toi et sois prêt)
Get up &ready (Lève-toi et sois prêt)
Run to where you'll not need to shield your eyes (Cours là où tu n'as pas besoin de protéger tes yeux)
I'm getting sick of this ordinary day (Ce jour ordinaire me rend malade)
Get up your courage (Rassemble ton courage)
Get up your courage (Rassemble ton courage)
It's time to remove the fear from your eyes (Il est temps d'ôter la peur dans tes yeux)
Et comme nous l'avions prévu, les gars se mirent brusquement à jouer, m'accompagnant dans cette nouvelle chanson. Démétri et Alec s'éclataient tandis que Félix secouait la tête dans tous les sens, suivant le rythme de la batterie. Le public hurla quand mes amis entrèrent en scène. Finalement, il n'y avait pas que moi qui avait des admirateurs, songeai-je avec amusement.
Je repérais Edward ainsi que le reste de Spunk Ransom au loin, isolés dans une sorte d'alcôve ou peu de gens pouvaient vraiment les voir. Il souriait. Pas d'un sourire doux ou tendre, non. D'un putain de sourire fier qui me mettait du baume au cœur. Ses yeux pétillaient, mais même si je n'arrivais pas à savoir pourquoi, le voir dans cet état fit battre mon cœur plus vite. L'ignorant délibérément et adressant des sourires aguicheurs à la foule, je continuai la chanson.
Get a bad review (Avoir une mauvaise critique)
Get a bad review (Avoir une mauvaise critique)
Oh, everybody is envious of your luck (Oh, tout le monde envie ta chance)
Get a bad review (Avoir une mauvaise critique)
Get a bad review (Avoir une mauvaise critique)
Hell no. I'm just doing what I want (Par l'enfer, non. Je fais ce que je veux)
I'm getting sick of arcane realty (Ce mobilier mystérieux me rend malade)
Get up&ready (Lève-toi et sois prêt) Tortured by a guilty conscience (Torturée par un esprit coupable)
Get up &ready (Lève-toi et sois prêt)
Oh, I'm ready to be Queen of the rock. (Oh, je suis prête à être la reine du rock.)
What is wrong (Qu'est ce qui ne va pas)
What is wrong (Qu'est ce qui ne va pas)
What is wrong (Qu'est ce qui ne va pas)
You can't control me (Tu ne peux pas me contrôler)
HEY. I'm just doing what I wanna (HEY. Je fais ce que je veux)
Show your skin (Montre ta peau)
Let's get drunk and (Saoulons-nous et)
Beat them up (Bats-les … ?)
Lay your hands and (Tends tes mains)
Fight for free (Bats-toi pour la liberté)
Nasty girl, crazy girl (Fille mauvaise, fille folle)
I'm queen of the rock (Je suis la reine du rock)
Break your mirror (Casse ton miroir)
Die your hair pink and (Coupe tes cheveux rose)
Shake your head (Secoue la tête)
Let's get psycho (Devenons psychopathes)
Rock on with me (Rock avec moi)
Nasty girl, crazy girl (Fille mauvaise, fille folle)
I'm queen of the rock (Je suis la reine du rock)
Démétri se déchaîna à la guitare, entamant un solo du diable. Je l'observais, éblouie par ses prouesses musicales. Ce mec avait vraiment la musique dans la peau. Le public était en délire, pour couronner le tout. L'ambiance était à son comble, le solo de guitare étant ponctué de cris et de sifflements. Mes yeux cherchèrent à nouveau Edward qui nous observait de l'alcôve où il se trouvait avec les autres. Enfin, il ne nous observait pas nous, mais Démétri, avec un putain de trouble dans le regard. Ce que je ne compris pas, d'ailleurs, car même si mon ami était un excellent guitariste, à mes yeux, il ne parviendrait jamais à la cheville d'Edward. Je finis par hausser une épaule et reprendre ma chanson.
Why don't you like me (Pourquoi tu ne m'aimes pas)
Why don't you like me (Pourquoi tu ne m'aimes pas)
Tell me am I so different from you? (Dis-moi en quoi je suis différente de toi ?)
Why don't you like me (Pourquoi tu ne m'aimes pas)
Why don't you like me (Pourquoi tu ne m'aimes pas)
Please don't judge what you don't understand (S'il te plait, ne juge pas ce que tu ne comprends pas)(Dans ce mensonge vivant)
I don't believe anything (Je ne crois plus rien)
Liberate your mind (Libère ton esprit)
Liberate your mind (Libère ton esprit)
Feel the light from your eyes &find the truth (Sens la lumière et trouve la vérité)
So baby, tell me what am I supposed to be (Alors bébé, dis-moi ce que je suis suppose être)
Tortured by a guilty conscience (Torturée par un esprit coupable)
What is wrong (Qu'est ce qui ne va pas)
What is wrong (Qu'est ce qui ne va pas)
What is wrong (Qu'est ce qui ne va pas)
You can't control me (Tu ne peux pas me contrôler)
HEY. I'm just doing what I wanna (HEY. Je fais ce que je veux)
Put on your dukes and (… tes ducs et)
Bang your fist on (Frappe ton poing dessus)
Die your hair pink and (Coupe tes cheveux rose)
Shake your head (Secoue la tête)
Let's get psycho (Devenons psychopathes)
Rock on with me (Rock avec moi)
Nasty girl, crazy girl (Fille mauvaise, fille folle)
I'm queen of the rock (Je suis la reine du rock)
Show your skin (Montre ta peau)
Let's get drunk and (Saoulons-nous et)
Beat them up (Bats-les … ?)
Lay your hands and (Tends tes mains)
Fight for free (Bats-toi pour la liberté)
Nasty girl, crazy girl (Fille mauvaise, fille folle)
I'm queen of the rock (Je suis la reine du rock)
Notre prestation fut ponctuée d'applaudissements qui firent chavirer mon cœur. Alors nous ne nous arrêtions pas en si bon chemin et continuons le concert comme il se le devait. Les chansons se succédèrent et la salle ne se désemplit, toujours dans une folle ambiance. Mon cœur se soulevait de bonheur à chaque fois que j'entendais leurs cris. Nos fans. Nos putains de fans. Merde, ça me faisait bizarre de me dire que l'on commençait vraiment à se faire un nom dans le milieu. Ça me laissait rêveuse quant au fait de dépasser un jour les Spunk Ransom, ce qui était mon rêve ultime. C'était comme une sorte de poison qui me bouffait l'organisme, s'infiltrant dans l'ensemble de mon corps à travers mes veines. Je le devais. Rien que par amour propre. Parce que même si Edward et moi étions réconciliés, son départ m'affectait encore. Ça serait ma vengeance personnelle, en quelques sortes.
« Oh bordel, jura Alec alors que nous regagnions la loge qui nous était réservée. Vous avez vu ça ?
_ Ils étaient surexcités ce soir, commenta Félix, un sourire en coin. Ce sourire n'était pas aussi splendide que celui d'Edward, ne pus-je m'empêcher de remarquer. Dieu, ce mec avait contaminé toutes les fibres de mon corps. Je ne pensais plus que par lui. J'en devenais carrément pathétique.
_ On commence à se faire quelques fans fidèles par ici, souligna Démétri, en écho avec mes pensées. C'est une bonne chose. »
J'attrapai une bouteille d'eau et la vidai presque aussitôt, étanchant ma soif. Nous étions tous posés là et là dans la loge, reprenant nos esprits. Merde, cette soirée avait été incroyable ! Mon coeur battait la chamade, l'euphorie encore dans mes veines.
Et soudain, on frappa à la porte. Jacob passa sa tête par l'entrebâillement, nous observant à tour de rôle.
« J'ai ici quelqu'un qui voudrait vous rencontrer, sourit-il, m'adressant un clin d'œil aguicheur. Je levai les yeux au ciel. Je peux le faire entrer ?
_ Allez-ici, répondit Démétri un peu durement. Il le fusillait du regard. J'étouffai un ricanement. »
Black s'écarta pour laisser entrer un homme. Force m'était de reconnaître qu'il était charismatique ; je me sentais vraiment ridicule à côté de lui, fringuée avec ma tenue de scène. Il posa un regard critique sur nous avant de s'adoucir à vue d'œil. Son regard réfrigérant fondit pour devenir presque chaleureux. Je laissais mes poumons se vider de leur air.
« Bonsoir à vous, commença-t-il d'une voix virile. Je m'appelle Aro Volturi. Je travaille pour la maison de disques Relentless Records. Je sentis mes yeux s'écarquiller. Une maison de disques ? Dieu, j'allais tomber dans les pommes. J'étais présent, ce soir, comme vous pouvez vous en douter, continua-t-il, imperturbable. Et j'ai été très surpris par votre prestation. Vous êtes un groupe qui mérite d'être connu, à mes yeux. C'est pourquoi je souhaiterais vous donner rendez-vous demain, au studio. Mes supérieurs pourront voir de quoi vous êtes capables. Et s'ils sont satisfaits, nous en rediscuterons, sourit-il, bien plus amicalement. Qu'en dites-vous ? Je me retenais pour ne pas laisser éclater ma joie et sauter dans les bras de ce pauvre homme.
_ Nous serons ravis de venir dans vos studios demain, répondit Démétri, calme. Mieux valait le laisser parler. Il a toujours été le plus professionnel d'entre nous.
_ Bien. Venez pour quinze heures. »
Il nous salua avant de quitter la pièce. Il eut à peine fermé la porte que je me mis à hurler, me jetant dans les bras de Démétri. Il me serra contre lui, riant à gorge déployée. Dieu, nous avions un putain de rendez vous dans une maison de disques. Je n'en revenais pas. Ça me paraissait si improbable qu'un homme de cette importance vienne dans un bar de banlieue que je doutais vraiment. Mais les lèvres de Démétri se posant sur mon front me sortirent de ma léthargie. Non, c'était bien réel. C'était foutrement réel.
« Ce soir, c'est tournée générale les amis ! s'exclama Alec, se frottant les mains. »
Un nouveau chapitre avec l'entrée de Tanya en la matière. D'ailleurs, je me tâte à savoir si le prochain chapitre sera un Tanya's POV ou bien la suite. Qu'en pensez vous ?
Petite précision, les paroles données sont celles de la chanson Queen of the rock, d'Anna Tsuchiya.
J'attends vos avis, suggestions, critiques ...
Encore merci à toutes celles (Je n'ai pas encore détecté de garçons ^^) qui laissent des reviews. J'essaie de toutes vous répondre. Jamais je ne vous remercierais assez pour me lire.
N'oubliez pas ; Review = Teaser !
Bien à vous. C.
Réponses aux non-inscrit(e)s :
Cendrillon49 : Eh bien je suis contente de voir que Notre adieu te plaise autant. J'espère qu'il en sera autant par la suite !
Soleil83 : Pour savoir si Tanya mettra son grain de sel dans l'histoire d'Edward et Bella, seules les suites te répondront ^^. Quant à savoir pour le nombre de chapitres de cette fiction, honnêtement, pour l'instant, je n'en ai aucune idée. J'écris au feeling, je ne peux pas te dire. Désolée.
Marion : Merci de me suivre depuis le début et de laisser une petite review à chaque fois :)
