Et le 11ème sort avec un peu de retard (involontaire, je suis aux US pour 2 mois, et je viens juste d'avoir la wifi, so sorry ^^'). J'étais juste un peu déçue de ne pas avoir eu de reviews de votre part, de n'avoir aucune idée de ce qui aurait pu déplaire, mais tant pis, j'espère que cette suite vous plaira plus ^^
XI
COÏNCIDENCES
•
— Passe un bon voyage Hinata.
Hinata le remercia encore une fois et s'apprêta à rejoindre la zone d'embarcation quand Neji l'interpela.
— Et n'oublie plus ce qu'on a dit en voiture, une certaine menace était traduite par le froncement de ses sourcils. Tu risquerais de me voir trop rapidement.
— Oui, Neji, j'y veillerai, répondit-elle en ricanant.
Elle le remercia une dernière fois et le salua de la main avant de rejoindre son avion. Elle était bien chanceuse finalement, sa famille se souciait de son bien-être avant tout, au dépit de sa liberté quelques fois, malheureusement.
Elle s'installa à son siège, espérant se trouver relativement seule à cette heure, mais elle s'aperçut bien assez vite qu'elle s'était trompée quand une famille de trois générations vint occuper tous les sièges restants autour d'elle. Elle espérait dormir mais devait se résoudre à patienter jusqu'à ce que les petits-enfants se calment. Son humeur n'en fut toutefois pas atteinte, les dernières paroles qu'elle avait échangées avec sa famille l'avaient remplie d'un espoir et d'une force qui la feraient avancer les jours qui arriveraient. À sa surprise, le calme se fit assez rapidement, une dizaine de minutes après le décollage de l'avion. Le sommeil vint bientôt l'accueillir dans ses bras.
Elle passa les trois heures de vol à dormir si bien qu'elle regretta le fait d'avoir décliner la proposition de Temari : cette dernière avait proposée de venir la chercher pour l'amener chez elle. Sa tendance à ne pas vouloir déranger l'épuisait aussi bien mentalement que physiquement puisqu'elle allait devoir rejoindre un train qui l'emmènerait d'Osaka à Kyoto : elle en avait encore pour deux heures là où Temari n'en aurait mis qu'une.
C'est alors avec un grand plaisir qu'elle déverrouilla la porte de son appartement, qu'elle abandonna ses bagages et ses vêtements pour aller se coucher, enfin. Elle se réveilla assez tôt mais à la vue du temps orageux, elle profita encore de son lit et fit une grasse matinée. Ce fut finalement la sonnerie de son portable qui la réveilla pour de bon. Elle décrocha sans vraiment regarder qui l'appelait.
— Hinata ?
Il s'agissait de Temari, elle avait une voix enjouée en ce matin orageux.
— Mince, je ne te réveille pas au moins ?
— Non, non, ne t'inquiète pas, mentit Hinata, se redressant en se frottant les yeux.
Ce fut le signal de départ pour que Temari commence à raconter dans un rythme effréné la journée précédente qui fut pour elle la chance de l'année. Toutefois, au lieu d'en annoncer directement la raison, elle préféra installer ce qu'elle appelait le contexte, et parla ainsi suffisamment pour qu'Hinata émerge de son sommeil sans trop de précipitations. La brune constata qu'il était plus de midi à sa grande surprise.
— À ce moment, il me dit que ma candidature est acceptée et que je passe l'entretien d'embauche dans l'après-midi même !
— Vraiment ?
Hinata revint finalement dans la conversation à cette annonce. Elle s'en voulait de ne pas avoir tout écouté parce qu'à présent, elle ne comprenait pas tout.
— Oui, vraiment ! Enfin, je te raconterai tout ça avec plus de détails plus tard. T'es bien rentrée sinon ?
— Oui, le voyage s'est bien passée.
— Je te rejoins chez toi après le boulot ?
— Euh, non, je viendrais chez toi.
Suite à cet appel, Hinata se leva et fut occupée une bonne partie de l'après-midi par sa propre personne ainsi que l'entretien de son petit foyer. En rangeant les affaires de son sac, elle se rappela la gynécologue conseillée par son père et prit un rendez-vous pour la semaine à venir. Ayant terminé ses tâches domestiques, elle s'asseya dans son fauteuil avec un thé, pensant à cet être qui venait chambouler sa vie.
Elle avait revu son père qui était mêlé à l'histoire d'entreprise de sa ville. Le destin lui jouait de drôle de tours, comme si l'apparition de l'Uchiwa signifiait entre autre qu'elle devrait un jour avoir affaire avec lui, et lui dire. Elle laissa sa tête tomber en arrière et regarda son plafond. Uchiwa n'était autre que le PDG d'Amaterasu, ancien propriétaire de l'usine de Wakkanai. Ne penserait-il pas à un autre coup monté ? C'était bien possible avec tout ce qu'il avait déjà vécu. Sa situation était vraiment chaotique. Et que dire des actions du groupe pharmaceutique Senju ?
Elle ramena sa tête et but quelques gorgées de son thé. Posséder ces actions l'aiderait financièrement, ce serait bête de ne pas en profiter, mais il faudrait s'en occuper, et s'arranger avec sa soeur qui ne céderait certainement pas leur propriété. Hinata allait devoir s'intéresser bien rapidement aux fonctionnement du conseil d'administration. Et pourquoi pas dès aujourd'hui ? Elle aurait l'impression d'avancer un peu dans la résolution de la montagne de ses problèmes. Elle partit donc chercher le dossier que son père lui avait transmis et y plongea les heures restantes avant de rejoindre Temari.
Ce domaine ne lui était pas complètement étranger ; effectivement, elle avait côtoyé l'expérience des avocats d'entreprises. Néanmoins, le dossier de son père lui était bien utile pour entamer sa réflexion. Elle avait ainsi appris qu'il avait un rôle assez particulier au sein de Senju. Son titre était à la fois honorifique, sa part de capital apporté n'étant pas suffisante pour faire partie du conseil d'administration, et à la fois influent. En effet, la création de Senju était fortement liée à la famille Hyûga.
Tout avait commencé en 1791, à Osaka, lorsqu'un médecin eut décidé d'ouvrir une boutique de remèdes traditionnels. Ce médecin, un Senju, était en lien étroit avec une certaine famille, qui n'était autre que les Hyûga, lesquels venaient couramment se servir chez lui, ou lui quémander des consultations. Ce lien fut entretenu jusqu'au massacre du clan Hyûga, perpétué en 1820. Ne restait que la mère et le fils héritier, pris en charge par ce médecin qui avait alors une soixantaine d'année. L'héritier refonda le clan Hyûga et il se désigna en tant que première génération. Les liens entretenus avec les Senju se resserrèrent, d'autant plus que les filles du Hyûga aidèrent plus tard à la recherche de remèdes ainsi qu'au développement de l'entreprise Senju.
Toutefois, dès la troisième génération de Hyûga, de nouveaux conflits éclatèrent, aboutissant à une scission du clan. Le cadet avait hérité de la position de Chef de Clan, ce qui blessa fortement l'orgueil de l'aîné qui disposait pourtant des meilleures capacités de combat. Mais, le shoguna aboli depuis une vingtaine d'années, l'ère des glorieux guerriers étaient révolus, faisant plus que jamais place à celle de la politique, domaine dans lequel le cadet était plus compétent. Ne supportant pas ce qu'il jugea comme sa propre disgrâce, l'aîné s'exila le plus loin possible, à Wakkanai, en 1888. Là-bas, il fonda sa propre école et finalement, il fut le seul à perpétuer l'héritage guerrier Hyûga. Il fut par ailleurs également celui qui conserva le lien étroit avec les Senju.
Ainsi, depuis sa création, les Hyûga étaient conviés aux grandes décisions qui concernaient l'entreprise. Aujourd'hui, Hinata se trouvait confrontée à ce lourd héritage. Mis à part ce précis historique, elle put lire en détail les tâches que son père avait pu occuper. Il avait participer à des rencontres entrepreneuriales, à certaines réunions et apportaient non pas un vote personnel – ne connaissant pas suffisamment le domaine du pharmaceutique – mais un soutien à la famille Senju face à la multiplication des divergences à la direction. Son rôle, si elle prenait possession de ces actions, seraient alors de soutenir les Senju. Finalement, elle était soulagée ; ce rôle ne semblait pas être le plus compliqué.
Elle avait terminé la lecture du dossier juste à temps ; elle devait se rendre chez Temari à présent. Elle se vêtit d'un ciré rouge vif, se chaussa de bottes brunes afin d'affronter la pluie qui avait suivi l'orage
Après un trajet d'une quinzaine de minutes, elle était chez son amie. La blonde l'avait accueillie à bras ouverts, des bras qui s'étaient vite refermés sur elle dans une étreinte énergique.
— Alors, alors ? Comment s'est passé le retour au nid ? s'enquit Temari en installant une serpillère sous le porte-manteau.
— Superbe, j'ai bien fait d'y être allée. Je suis devenue tata !
Elles allèrent s'installer dans le salon de la blonde au décor moderne en partageant la joie de cette naissance. Hinata montra les photos de son neveu mais cela ne dura pas, Temari la questionna en montrant du menton son ventre.
— Et avec le tien, c'en est où ?
Après un soupir, Hinata se lança dans le récit de sa semaine. Elle raconta son aveu à son père suite à l'accouchement de sa soeur, sa réaction qui l'avait touchée, mais aussi et surtout l'agitation économique de la ville autour de la négociation qui avait eut lieu pour le maintien de l'usine principale de Wakkanai, décision qui tenait entre les mains des groupes Amaterasu, Akatsuki et celles de son père.
— Donc, si j'ai bien compris, l'usine est au service d'Akatsuki maintenant.
— C'est ça, les emplois ont donc été sauvés.
— J'en suis contente, mais qu'est-ce que ça à avoir avec toi ?
Hinata lui expliqua alors que le lendemain, elle se chargea de tenir le comptoir du gîte, lequel avait logé le PDG d'Amaterasu et son second. Elle avait ainsi une certaine pression, son père lui avait bien rappelé de faire bonne figure si elle venait à les voir. Mais quelle était sa surprise de découvrir que le PDG n'était autre que…
— Attend, attend, attend, s'exclama Temari, tu es en train de me dire que : le PDG du groupe qui a posé tant de problèmes à ta ville natale, que celui que ton père déteste forcément, que ce mec, c'est celui de Macao !?
— Oui… répondit piteusement Hinata.
— C'est le père de ton gosse ?!
— Aussi.
Temari lui parut presque autant chamboulée qu'elle avait pu l'être, cette dernière l'avait regardée tout au long de l'histoire et l'effarement qu'elle manifestait à présent par un regard estomaqué s'était imprimé sur son visage de façon croissante. Elle se redressa soudainement et partit dans sa chambre.
— Temari ? appela Hinata se demandant ce qu'elle allait faire.
— Deux secondes, faut que je vérifie un truc.
À peine trente secondes après, elle était de retour avec une carte en main qu'elle montra à Hinata. Cette dernière vit tout d'abord le visage souriant de Temari, son nom ainsi que sa fonction d'avocate d'affaires. Après ce rapide coup d'oeil, elle remarqua un dessin stylisé d'une déesse qui intégrait des caractères désignant un nom qu'elle connaissait que trop bien. Temari apporta finalement la dernière pierre à l'édifice que constituait ses problèmes.
— J'ai intégré l'équipe d'avocats d'Amaterasu hier.
— Temari ? souffla Hinata, les yeux sur le logo de l'entreprise.
— Oui, Hinata.
— Je crois que je vais commencer à croire au destin.
La blonde se laissa tomber dans le canapé et posa la carte sur la table basse lorsque Hinata lui expliqua qu'elle venait d'être engagée par l'entreprise de l'Uchiwa en particulier. Le silence régna quelques instants avant que le rire de Temari ne le chasse. Hinata aurait aimé rigoler aussi, mais là, elle trouvait que c'en était trop.
— Hina, je pense qu'un bon blockbusters ne nous ferait pas de mal.
— Je pense aussi.
Elles se retrouvèrent ainsi devant le dernier Marvel de sortie, mangeant une pizza chacune, laquelle termina au fond de la cuvette pour Hinata. Cette dernière ne parvenait à oublier devant le film. Elle ne cessait de penser à cet enchaînement de coïncidences mais aussi à l'absence de Temari le lendemain, quand elle reprendrait le travail. Un building se fait ravager par un combat titanesque entre les héros et les menaces extraterrestres. La brune fondit en larme devant cette destruction, interpelant Temari qui lui demanda ce qui se passait.
— Tant de gens ont dû mourrir à cause de ce combat, expliqua-t-elle en reniflant. Et moi, je regarde ça après avoir vomi ma pizza, alors qu'il y a tant de personnes dans le monde qui meurent de faim, je regarde ce film alors que je ne sais même pas comment je vais me débrouiller avec mon enfant, alors que son père pourrait…
— Ouh, Hina, on arrête et on va se coucher, la coupa Temari en éteignant la télé.
Elle vint prendre son amie perdue dans ses bras et la laissa pleurer les larmes qu'elle avaient retenues. Une fois que la crise se termina, elle se recula légèrement et la regarda tendrement. Hinata s'essuyait les yeux et s'excusait. Temari l'emmena dans la salle de bain et lui ordonna presque d'aller de se préparer et d'aller se coucher dans son lit. Hinata commençait à avoir honte de son comportement qu'elle jugeait infantile.
— Merci Tema pour tout ce que tu fais, mais je travaille demain, il faut que je rentre.
— Non ! Tu restes ici, tu sors pas dans cet état. Et il n'y a pas de mais qui tienne. Passe moi tes clés que j'aille chercher tes affaires chez toi.
Le ton autoritaire et à la fois maternelle de son amie la fit sourire. Elle ne protesta pas et fit ce qu'elle demandait, acquiesçant à nouveau lorsque Temari précisa qu'elle voulait la trouver coucher une fois qu'elle serait de retour. Elle la regarda partir et se dirigea dans la salle de bain afin de prendre une douche fraîche.
En y repensant, tout ce qu'elle avait pu dire lors de sa crise de larmes était sincère, même le moment de la destruction du building. Elle se savait sensible, mais à ce point ? Elle comprenait enfin complètement ce que pouvait ressentir une personne surchargée d'hormones, et de tracas aussi. La fatigue lui tomba dessus d'un seul coup à la simple idée, mais elle essaya d'appliquer cette phrase que Neji chérissait tant : elle devait se réjouir des roses portées par les épines. Alors qu'elle sortait de la douche et se dirigeait vers l'armoire de la blonde pour en tirer un large t-shirt jaune, elle discerna ce qu'il y avait de positif dans l'annonce de Temari. Si cette dernière travaillait à Amaterasu, Hinata pourrait obtenir plus d'informations sur l'Uchiwa et éviter de mêler son père ou sa famille pour prendre contact avec lui. Les voilà les roses, leur fragrance serait certes assez âpres, mais elles lui permettraient d'avancer un tant soit peu.
Elle s'installa finalement dans le lit de Temari avec une note plutôt positive. Installée sur le dos, elle ferma les yeux et posa une main sur son ventre, se le caressant délicatement. Ce petit être n'avait pas encore la taille d'une cerise mais était déjà source de nombreux maux et tracas.
— Mais ne t'inquiète pas, je vais trouver des solutions. Et puis, tu sais, je suis bien entourée.
Elle passa encore sa main quelque fois sur son ventre avant de s'endormir. Temari arriva une dizaine de minutes plus tard et put constater que son amie dormait à poing fermé. Elle alla la rejoindre assez rapidement tout en ayant le sentiment de border la petite soeur qu'elle n'avait jamais eu, mais qu'elle avait tant désirée.
Le réveil fut particulièrement difficile pour la brune. Elle avait peut-être dormi huit bonnes heures mais il lui semblait qu'elle en avait à peine fait quatre. Mais le plus dur était de voir son amie qui pouvait encore continuer à rester dans les bras de Morphée en ce début de week-end.
Hinata se résolut à sortir des draps et à se préparer pour rejoindre le cabinet ; elle avait accepté de travailler exceptionnellement en ce samedi et ne devait pas le regretter.
Elle fut l'une des premières à arriver au cabinet, enfin c'est ce qu'elle pensa jusqu'à ce qu'elle prenne conscience que seul Haku et Saï travaillaient le samedi. Elle remercia silencieusement Haku de sa présence, elle ne savait pas si elle aurait pu tenir toute une journée seule avec Saï. Ce dernier était venu lui demander des banalités professionnelles qu'elle pouvait gérer sans problème. Sa journée se passait ainsi sans difficulté et elle ne vit presque pas de modifications qui accompagnaient son changement de statut, enfin si, on ne lui demandait plus d'aller chercher une quelconque boisson. C'était leur façon de montrer qu'il reconnaissait ses capacités professionnelles. Hinata estima tout de même que c'était triste de devoir en passer par l'officiel pour avoir cette reconnaissance, mais il lui semblait que le monde qui l'entourait suivait de plus en plus cette voie-ci : les papiers officiels formataient les comportements exigés, la personne qui en était propriétaire se trouvait seulement derrière.
Juste avant la pause du midi, elle reçut un bien épais dossier, amené par Saï. L'impressionnante épaisseur avait de quoi décourager avant même de connaître la tâche qui y était attachée. Elle se focalisait néanmoins dessus afin de ne pas penser à la personne qui l'apportait.
— J'avais oublié, mais monsieur Sarutobi voudrait que tu puisses lui rendre au plus vite une synthèse de ce dossier.
Elle le feuilleta et put constater qu'il faisait bien une centaine de pages. Elle avait en outre remarquer qu'il s'agissait d'une affaire confiée par Akatsuki. Le destin existait, elle devait s'y résoudre.
— Il t'a donné d'autres précisions ? demanda-t-elle à Saï en commençant à surligner les principales thématiques.
— Hier, il a été contacté par Akatsuki qui a besoin d'effectuer au plus tôt le transfert d'une usine. Mais l'entreprise veut d'abord vérifier s'ils ne peuvent pas trouver un moyen de faire quelques profits en plus sur le dos de l'ancienne propriétaire.
Elle commençait à ressentir une envie hystérique de rire qu'elle eut du mal à contenir par la suite. Saï retourna à son bureau tout en apportant une précision qui termina de l'achever.
— Monsieur Sarutobi veut ton rapport au plus tard pour lundi matin.
Elle inspira pour calmer son esprit qui s'emballait et parvenir à se concentrer uniquement sur le contenu du dossier et ne pas extrapoler sur ses problèmes personnels. Elle avait du pain sur la planche, sa pause midi se résumerait à de simples nouilles chauffées sur le bord du bureau.
— Hum, Hinata ?
Saï l'avait fait sursauter alors qu'elle versait l'eau bouillante sur ses nouilles. Elle s'était reculée juste à temps pour éviter que l'eau ne la brûle, se retrouvant contre le brun. Ce dernier s'était projeté en avant pour soutenir la bouilloire qu'elle avait presque lâchée, se brûlant légèrement au passage.
— Je suis désolé, tu ne t'es pas brûlée j'espère ? lui demanda Saï.
— Non, non, c'est bon, répondit Hinata tout en s'éloignant le plus vite possible de l'homme.
Elle était bien embarrassée de la situation, son contact l'avait gênée mais elle s'en voulait qu'il se soit brûlé par sa faute d'un autre côté. Il lui assura qu'il allait bien en voyant son regard s'attarder sur son poignet que les gouttes bouillantes avaient touché. Un silence prit place, Hinata ne savait pas où poser son regard alors que Saï avait repris une expression indescriptible, semblant attendre quelque chose d'elle. Mais quoi ? Il était venu lui parler, et à bien y réfléchir, c'était la première fois depuis Macao qu'elle se retrouvait ainsi en face de lui, seule, sans personne et surtout pas Temari pour construire le dialogue. Hinata prit toutefois son courage à deux mains et plongea ses yeux dans les siens, prononçant avec une fermeté, qui la surprit elle-même, les mots suivants :
— Saï, je regrette cet incident, mais si vous voulez bien m'excusez.
Elle tourna les talons afin de rejoindre son bureau, avec son bol de nouilles rempli à moitié. Mais à peine fut-elle assise que Saï l'avait déjà rejointe, la bouilloire à la main et ce sourire qu'elle détestait à présent, celui qui n'avait aucune signification mis à part celle de vouloir paraître agréable. Elle allait lui dire de la laisser mais il prit les devants et, tout en versant suffisamment d'eau pour ses nouilles instantanées, il déclara avec une voix étonnamment coupable :
— Hinata, je suis sincèrement désolé. Non, je devrai dire : je te prie de d'accepter mes excuses. Il posa la bouilloire et installa une petite assiette sur son bol de nouilles tout en continuant.
Elle le regardait faire alors qu'il reprenait la parole. Elle fut alors spectatrice d'un discours élogieux et contrit, livré par Saï qui présentait ses plus plates excuses quant à ce qui s'était déroulé à Macao. Il lui expliqua même en détail ces retrouvailles avec Ino, une chose qu'il aurait cru impossible. Elle l'avait ébloui, elle était sa muse, une femme qu'il décrivait avec tant d'émerveillement dans les yeux qu'Hinata fut attendrie malgré la trahison qu'elle avait pu ressentir. Elle s'aperçut alors qu'elle ne lui en voulait plus tant que ça. Finalement, c'était mieux que cette mésaventure entre elle et Saï soit arrivée avant que leur histoire ne prenne un tournant plus sérieux. Certes, elle avait souffert, énormément, elle avait eu l'impression qu'elle ne trouverait jamais un homme qui lui conviendrait. Mais le voir finalement aussi vivant en parlant de cette femme confirmait à Hinata qu'elle ne lui en voulait plus. Elle esquissa un sourire, emprunt d'une certaine tristesse derrière la tendresse, et, le coupant dans son monologue, elle déclara sincèrement :
— Saï, merci de tes excuses. Mais n'en parlons plus, finalement, on s'est juste éloigné plus tôt, et c'est tant mieux, ça a permis de briser le moins de choses possible.
— Hinata…
— Cette relation que tu as avec Ino, je dois t'avouer que je la jalouse un peu, avoua-t-elle en baissant la tête. Elle semble être la seule qui puisse te faire rayonner de vie. Une muse, c'est vraiment très beau… murmura-t-elle avant de relever la tête et de lui offrir un dernier sourire avant de prendre les nouilles qui devaient être prêtes.
Saï avait été surpris apparement par ce qu'elle venait de déclarer. Mais assez rapidement, ses traits se transformèrent et ses yeux se plissèrent avec le sourire qui parcourut ses lèvres. Il était heureux de ce dénouement, et ne voulant pas le rompre, il préféra laisser planer les derniers mots d'Hinata. Il s'inclina une dernière fois et rejoignit son bureau mais avant de s'asseoir, il énonça cette phrase qui lui vint spontanément, sans la moindre préparation :
— Hinata, tu n'es peut-être pas la mienne, mais tu seras une muse pour quelqu'un, j'en suis convaincu.
La concernée préféra ne rien répondre et sourit juste à l'idée que ce qu'il disait puisse être vrai. Elle posa une main sur son ventre, elle essaierait au moins d'être une bonne mère pour son enfant. Le silence régnait à présent dans le bureau mais fut vite brisé par la voix d'un de ses collègues, dont la présence avait été oublié au cours des dernières minutes.
— Vous avez bien de la chance que ce soit moi qui ait assisté à tout cela, je ne sais pas comment les autres aurait réagi. En tout cas, merci pour cette scène digne d'une comédie romantique.
Hinata sortit la tête de ses classeurs qui lui obstruaient la vue pour dévisager Haku, pleine d'embarras. Elle se cacha bien vite derrière ces mêmes classeurs, provoquant le rire de l'avocat. Elle l'avait vraiment oublié, mais comme il l'avait dit, heureusement que c'était lui et pas un autre. Il saurait garder cela confidentiel, enfin, elle l'espérait. Elle secoua légèrement la tête pour essayer de retrouver une certaine contenance en même temps que sa concentration. Un lourd dossier attendait qu'on le lise.
Et voilà, ce chapitre vous-a-t-il plus ? Même si ce n'est pas le cas, dîtes-le que je puisse savoir quoi améliorer, soyez sans crainte ^^
Bon, sinon, que pensez-vous du passé des Hyûga ? Des coïncidences ? De la réconciliation de Saï et Hinata ?
Allez, je vous laisse avec mes questions et à la prochaine
Bisous !
