Note de l'auteur : MOUHAHAHA Ça y est, voilà ENFIN le chapitre 12 o

Eclatons-nous D

Linda Linda ! Chapitre 12 : Retour inattendu

Reita

Uruha va mieux, c'est rassurant. Je retourne m'assoir à côté d'Aoi, qui sourit de soulagement, alors que la voix entame les dernières mesures de la chanson.

"Hey, je t'assure, on aurait vraiment dit que la chanson parlait de toi !"

La voix d'une femme qui passe pas très loin.

"Alors je considère que c'est toi qui me l'a chantée," rétorque une voix féminine connue et riante aux côtés de la première.

Nous nous retournons tous vers elle.

Linda.

C'était bien le moment.

"Ah, salut, Linda."

La voix d'Uruha est calme, assurée, à croire que la chanson n'est jamais passée.

Linda sourit.

"Salut, Uruha, et salut tout le monde !"

Elle rit, demande si elle et sa copine peuvent s'assoir à la table. Je m'inquiête, peut-être à tort, pour Uruha, et cherche à nouveau du réconfort sous la table.

La main d'Aoi attrappe la mienne, et je dois avouer que je lui en suis bien reconnaissant.

"Merci."

Un murmure, mais qui suffit à le faire sourire.

L'ex-petite amie d'Uruha fait les présentations, l'autre s'appelle Layla. Inconsciemment, mes doigts se posent sur la table, se déplaçant comme sur un piano, jouant silencieusement les notes de Reila.

Aoi

Il se mit à rire doucement, reconnaissant les notes de Reila, tant il avait observé Reita les jouer. Il conaissait la position exacte de chacun des doigts du bassiste. Les autres ne comprenaient pas, ils ne voyaient pas, ils ne se préoccupaient que de Linda et Layla. Les autres ne voyaient pas Reita comme lui le voyait. ILes autres ne voyaient pas Reita s'inquiêter. Les autres ne savaient pas que quand Reita jouait la partie piano de Reila, ça voulait dire qu'il n'allait pas bien.

"Qu'est-ce qu'il y a, Rei ?" demanda finalement le guitariste brun, sortant le bassiste de sa torpeur.

"Ah... Rien, tout va bien..." répondit simplement Reita.

"Tu mens, Rei.

- Non.

- Si.

- Non.

- Je le vois dans tes yeux, tu mens.

- ..."

Reita n'avait pas su quoi répondre. Aoi lança un sourire vainqueur et s'enquit de savoir où était le problème.

"Je suppose que tu te doutes déjà que c'est au sujet d'Uruha."

Le brun baissa tristement la tête et la hocha. Evidemment, il n'y en avait que pour Uruha. Il se sentait bête d'avoir cru que Reita pouvait vouloir de lui.

"Il avait l'air d'aller mieux, l'autre jour, mais j'ai peur que de revoir Linda..."

Le blond fut interrompu.

"Uruha va TRES BIEN," fit Aoi. "Tu vois pas qu'il est HEUREUX ? Il s'est senti mal tout à l'heure à cause de la chanson, parce que quand il l'a chanté il était BOURRE, il va BIEN."

Il était énervé, jaloux, que Reita prenne soin d'Uruha.

'Moi en revanche je vais pas bien. A chaque fois que je crois avoir atteint son coeur, il s'éloigne subitement encore plus.'

Reita semblait méditer sur ce qu'il venait de dire, tête baissé, regard triste. Aoi se leva.

"Excuses-moi, Rei, j'vais aux toilettes."

Le guitariste s'y dirigea en effet, se rinça abondamment le visage, penché au-dessus de l'un des lavabos. Il se regarda dans la glace. C'était parfait, on ne verrait pas ses larmes, et pourtant, dieu seul savait qu'elles coulaient, ces foutues larmes. Il sortit des toilettes, rejoignant Reita, titillant son piercing.

Uruha

Il avait du mal à s'y faire. Linda, SA Linda, à Okinawa, et qui plus était avec sa copine. Se rappelant ce qu'il avait décidé, il discutait avec elles comme avec de vieilles amies, mais les membres du groupe sentaient toujours une certaine tension, et il le savais. Après tout, ils avaient passé quatre belles années ensemble; il avait même choisi la bague qu'il allait lui offrir pour faire sa demande n mariage, quand Layla avait fait irruption, lui prenant sa Linda et son bonheur.

D'autant plus que Linda était une fille adorable, que tous les membres de GazettE adoraient. Ruki agissait gentiment avec elle, comme auparavant, et le guitariste l'en remerciait. Il en était de même pour Kai, mais la situation lui sembla différente du côté des deux autres, notemment de son collègue. Celui-ci jouait avec son piercing, comme chaque fois qu'il était angoissé, et avait le visage trempé. Reita, lui, jouait nerveusement des doigts sur la table. Etrange, ça ne lui ressemblait pas.

"Il est temps, on doit retourner à l'hôtel," dit alors Linda.

Uruha releva la tête.

"On a une soirée, là-bas, mieux vaut qu'on soit prête avant," expliqua la brune, très brune, trop brune Layla.

Elles partirent, et deux pensées s'entrechoquèrent dans l'esprit du blond. 'Enfin !' et 'Déjà ?'. Devait-il les retenir ou les laisser partir ? Kai donna la solution en lui passantlsa main devant les yeux.

"Uruha ! Youhou, on se réveille ! Elles sont parties et notre journée est pas finie !"

Le guitariste sourit, comme chaque fois que Kai l'y incitait sans trop le vouloir.

"Va le dire aux deux autres, là-bas, qui sont dans un état bizarre," rétorqua-t-il en riant.

Kai

Il soupira, rejoignant Aoi et Reita qui ne se regardaient même plus. Il sentit son coeur se serrer. Il aurait voulu aider le guitariste brun, mais le bassiste semblait récalcitrant.

"Eh, les gens, on continue notre ballade," lança le leader, espérant faire fondre le bloc de glace qui semblait s'être installé.

Aoi eut un faible sourire en relevant la tête, et Reita acquiesca. Ils se levèrent d'un même geste, et le batteur vit leurs mains se frôler, provoquant la naissance d'une larme sur la joue du guitariste. Son coeur s'en retrouva encore plus serré.

"Allez, un peu de nerf," dit-il. "Ça va pas vous tuer !"

Il fit un grand sourire à la Kai et prit Aoi à part.

"Ça va aller ?"

Le guitariste hocha tristement la tête.

"J'vais bien," assura Aoi, "c'est rien. J'suis juste un peu fatigué à cause du concert d'hier..."

Kai, qui n'en croyait pas un mot, lui fit un gros calin.

"J'te resouhaite bonne chance, ça a pas l'air d'avoir trop marché hier," fit-il en riant.

Il lâcha le guitariste et rejoignit les autres. Lorsqu'ils eurent épuisé toutes les attractions du parc, ou plutôt lorsque le parc ferma, ils optèrent pour un dîner simple à l'hôtel et quelques jours de vacances sur les îles, après tout, leur prochain concert n'avait lieu qu'une semaine plus tard. Kai avait envie de retourner là où il avait habité, et le lendemain, ils se retrouvèrent tous à visiter la partie la plus chaude de l'île. Et en plus c'était...

"Au bord de la mer...?"

La voix d'Aoi sonnait comme une mélodie, une fois portée par le vent. Kai sourit en se rappelant que le guitariste n'était pas allé à la mer depuis une éternité. Depuis leur dernière tournée, en fait.

Kai

Il allait beaucoup mieux. Uruha avait arrêté de boire et lui avait pardonné, il avait réussi à s'auto-pardonner, et en plus il était au bord de L'EAU. Il avait été le premier à se jeter à la mer, et tentait à présent d'emmener les autres se baigner. Uruha fut le premier à le rejoindre, et le chanteur sourit.

'Il va mieux, on dirait.'

Un vague plus puissante que les autre arriva, emportant Ruki au large. Il suffoquait, tentait de nager, mais le courant semblait trop fort. Il sentit de longs bras enserrer son torse et se retrouva sur le sable avant d'avoir pu dire "eau".

"J'ai pas tout compris," fit-il, l'esprit encore embué.

"Uruha vient de te sauver la vie, Ruki, tu peux l'en remercier," fit Kai.

On venait de lui sauver la vie. Et par chance, ça n'était pas son amour qui l'avait fait, sinon il aurait été prêt à se suicider.

"Ah, merci Uru-chan..." murmura-t-il entre deux souffles.

Son esprit s'embuait. Il sentait sur Uruha l'odeur qui l'avait enivré pendant tout le séjour. Ça n'était pas celle de Kai ? Il jeta un regard surpris au guitariste blond qui ne semblait pas comprendre, et respira encore une fois cette odeur.

'Merde... Ce parfum qui me rend dingue, dont j'ai besoin tout le temps... C'est celui d'Uruha ?' se demandait-il.

Il n'avait pas remarqué qu'il était installé sur le sable, les yeux grands ouverts, depuis cinq minutes, et que l'ex-alcoolique passait une main devant ses yeux.

"You-hou, Ruki, réveilles-toi ! Tu reviens te baigner ?

- J'veux pas mourrir.
- Tu mourras pas, je suis là !" rétorqua Uruha en éclatant de rire.

Le chanteur tourna la tête vers lui avec un air ébêté.

"Ouais, c'est vrai..." fit-il avec un sourire.