Warning / Mise en garde : Attention, si vous n'aimez pas le YAOI, ne commencez pas cette histoire.
Naruto, son univers et ses personnages ne m'appartiennent pas.
P'tit message de l'auteur (moi ^^) : Je tiens à m'excuser pour le retard dans la publication de mes chapitres, mais je suis en plein déménagement… Je vous promets de poster de nouveau plus régulièrement sitôt que je serais installée correctement dans mon nouveau chez moi. Mais, pour le moment, il me faut mettre tout mon bazar en carton.
Bonne lecture à toutes et à tous !
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XI – Tours de garde – 1
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1er quart - Sasuke et le cuistot
Sasuke n'avait pu s'empêcher de ressentir de la frustration en regardant Naruto partir se coucher. Il savait bien que, pour le moment, la mission était prioritaire à toute autre chose mais ça ne l'empêchait pas de regretter de ne pouvoir mettre ses priorités ailleurs… vers une certaine tête blonde aux mèches folles… Il avait suivit la silhouette musclée et pourtant si gracieuse du ninja jusqu'à ce qu'il ait disparu sous la tente qui leur était dédiée – mais dans laquelle ils ne pourraient hélas pas être en même temps… Il avait ensuite soupiré et avait reporté son attention sur les arbres qui les entouraient et s'enfonçaient dans la pénombre jusqu'à disparaître.
Un craquement sec le fit sursauter et il se tourna vivement vers la source du bruit, manquant lancer l'un de ses kunaï en plein milieu du front du cuistot. Sasuke jura entre ses dents et fit tourner l'arme entre ses doigts avant de la ranger. L'homme n'avait même pas remarqué qu'il venait de frôler la mort, occupé à mettre une casserole à chauffer sur le feu. Rapidement, une odeur de thé noir aux effluves boisées vint titiller les narines de l'Uchiwa.
Soupirant pour la énième fois ce soir, il se dit que la nuit s'annonçait longue et ennuyeuse au possible. Un regard vers les trois tentes formant un arc de cercle devant la voiture des jumelles et il dû résister à la subite envie d'aller se glisser sous celle au milieu. Le simple fait d'imaginer le corps aimé allongé non loin, accéléra les battements de son cœur et sa respiration se fit plus lourde. Non, ce n'était pas le moment de rêvasser.
S'ébrouant pour chasser les images – si peu sages, en vérité – de Naruto qui venaient de se former dans son esprit, le ténébreux ninja se tourna et vint s'accroupir près du feu. Quelques minutes passèrent en silence avant que le cuistot ne lui tende une tasse fumante.
« Vous savez », commença l'homme, « je suis très impressionné par les ninjas. La façon dont vous vivez est tellement… excitante ! L'aventure, tout ça… Moi, je ne pourrais pas. Je ne pourrais pas tuer quelqu'un. Ni supporter d'avoir la responsabilité de la vie d'une autre personne. En fait, quand j'étais petit… »
Sasuke n'écoutait déjà plus, laissant le monologue de l'adipeux personnage devenir une sorte de ronron, lointain bruit de fond. Son attention était de nouveau braquée sur les ombres des arbres. Celles-ci semblaient plus noires, ou était-ce un effet de son imagination ?
« … c'est pour que je lui ai dit de ne pas s'en faire, que c'était le métier idéal pour moi ! Il n'était pas très content, vous vous en doutez ! Mais, finalement, aujourd'hui, il est plutôt fier de moi. Je travaille pour quelqu'un d'important, j'ai un bon salaire. Ne manque plus qu'une petite femme pour que ma vie soit parfaite ! Mais, je parle, je parle, et je ne vous ai toujours pas demandé pourquoi vous avez insisté pour que nous vous tenions compagnie à vous et votre ami. Monsieur Uchiwa ? »
« Hum ? », fit distraitement Sasuke. Il lui fallut presque une minute entière avant de réaliser que l'homme attendait une réponse à une question qu'il n'avait pas vraiment entendu. Il ne savait pas non plus de quoi il lui avait parlé n'ayant entendu que quelques mots épars comme « père », « viande », « femme », « idéal »…
« Je vous demandais pourquoi vous nous avez demandé de participer à vos tours de garde. Parce que vous avez peur de vous endormir si vous êtes seuls ? », demanda l'homme en fronçant les sourcils. « Non, ça ne peut pas être ça », enchaîna-t-il aussitôt en secouant la tête, « sinon, vous nous l'auriez aussi demandé pour les nuits précédentes. Parce que, vous savez j'ai tou- »
« Non, non, rien de tout ça », l'arrêta vivement Sasuke avant que l'homme ne se lance dans un nouveau discours soporifique sans fin. « Plus nous approchons, plus les personnes peu désireuses de voir ces mariages se faire risquent de se manifester. Et deux paires d'yeux et d'oreilles valent mieux qu'une. Mais surtout, si je vous ordonne d'aller réveiller Naruto, même si vous ne voyez ni n'entendez rien, faites le immédiatement. C'est compris ? »
L'homme se tassa sous l'effet de la voix autoritaire et froide de Sasuke.
« Oui, monsieur », répondit-il d'une petite voix craintive qui aurait mieux convenu à un garçonnet de cinq ou six ans plutôt qu'à un gros bonhomme d'une trentaine, frisant la quarantaine.
« Bien. »
Le silence s'étira entre eux, chacun plongé dans ses propres pensées, buvant leur thé à petite gorgée. Sasuke vit l'homme ouvrir la bouche à plusieurs reprises, sur le point de dire quelque chose mais se ravisant chaque fois. Il ne fit rien pour aider l'homme à s'exprimer, faisant comme s'il n'avait pas remarqué ses tentatives désespérées. Enfin, l'homme se lança, bégayant stupidement.
« Heu… Je peux vous demander… si… Heu… vous demander… Si on est att- attaqué…. Je ne sais pas ce que je dois faire… Je veux dire… a-a-après avoir réveillé m-monsieur Na-naruto… Et, heu… Je ne crois pas être d'une grande aider en cas… heu… d'att-… de problème… »
Des yeux noirs fixèrent le cuisinier des filles, le détaillant de la tête aux pieds et des pieds à la tête. Sasuke semblait soupeser ses capacités et l'homme eut un petit sourire qui disait combien il était désolé de n'être utile qu'aux fourneaux.
« Vous n'aurez qu'à réveiller vos amis et ensuite rester avec les filles. Garder vos casseroles avec vous, vous pourrez toujours assommer ceux qui approcheraient trop. Mais ça n'arrivera pas. Nous vous protégerons. »
Le ninja étudia le cuisinier et retint un sourire légèrement moqueur en voyant le soulagement éclairer les traits bouffis du bonhomme. S'il y avait une taupe dans le quatuor, ce n'était certainement pas lui : trop lâche et couard. Bien sûr, il faudrait tout de même le surveiller jusqu'au bout : s'il avait été menacé par une tierce personne, il pouvait très bien, par peur, avoir accepté de donner des informations sur leur trajet ou sur Naruto et lui.
Soupirant, il se détourna pour scruter de nouveaux les arbres encerclant le camp, s'interrogeant de nouveaux sur les frères siamois qu'il avait aperçu plus tôt dans la soirée. Il était partagé entre le désir que rien ne se passe et celui d'un bon combat. Il avait besoin de se défouler pour évacuer sa frustration d'être dans l'incapacité de profiter de son adorable blondinet.
L'homme se remit à parler de tout et de rien – et surtout de rien – tandis que Sasuke grognait ici ou là sans écouter le moindre mot. Il commença à supplier mentalement leurs attaquants de passer à l'acte pour qu'il n'ait plus à l'entendre…
Ce tour de garde promettait d'être le plus long que Sasuke ait jamais connu !
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À suivre
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