Un nouveau chapitre après quelques mois d'absence. Il était prêt depuis longtemps,mais l'envie m'a manqué pour le mettre en ligne. J'espère que vous l'apprécierez.

Ce chapitre est dédicacé à Redasastrawberry, ma plus fidèle lectrice! Allez lire ses fanfics, elles sont exquises

Chapitre 11

Je monte dans le train et me met en quête d'un compartiment quand Ginny surgit devant moi. Derrière elle, l'infernal trio. Sans préambule, elle me demande :

_Tu vas bien ?

_Très bien et toi ? Me contenté-je de répondre

Elle me jette un regard circonspect et s'approchant de moi, plante fermement ses yeux dans les miens. Je soutiens son regard sans ciller.

_Dans ce cas, c'est quoi cette nouvelle cicatrice sur ton cou ?

Je porte immédiatement ma main à ma gorge. Je sens peser sur moi le regard scrutateur de mes trois ennemis.

_Rien, j'ai fait une mauvaise chute en volant. Quel maladroit je peux faire, dis-je en souriant nerveusement.

_Pas étonnant vu ton niveau au Quidditch, ricane la Belette.

Mais je vois bien que je n'ai guère convaincu les autres. Ignorant Weasley, je décide de noyer comme je peux le poisson, et demande ainsi à ma fausse petite amie des nouvelles de sa mère. J'aurais aimé la remercier pour son accueil, mais sous l'emprise de l'Imperium de mon père, j'étais incapable de dire quoi que ce soit. Ginny sans se départir de son regard scrutateur me répond succinctement. Soudain, elle m'agrippe par le bras et décrète que je dois les accompagner dans leur recherche d'un compartiment libre. D'un regard elle dissuade son frère et Potter de s'y opposer. Par principe, je fais mine de refuser, mais elle déclare :

_Toi, tu n'as même pas ton mot à dire, alors viens.

J'acquiesce, trop heureux à l'idée de passer tout le trajet en compagnie de ma Miss Je Sais Tout.

Après une dizaine de minutes à chercher un compartiment vide, nous nous installons finalement en queue de train.

J'ai à peine le temps de m'asseoir, que Ginny m'ordonne de la suivre dans le couloir. De mauvaise grâce je m'exécute.

Une fois seuls, elle me lance :

_Alors il a remis ça ?

_Quoi donc ? Fis-je en feignant de ne pas comprendre.

_Ne me prends pas pour une idiote. Ton père a recommencé à te maltraiter ?

_Je t'ai dit que je suis tombé. Les accidents ça arrive, tu sais, dis-je agacé.

_Pourquoi est-ce que tu le protèges ?

_Et toi pourquoi m'obliges-tu à rester avec vous ?

_Je m'inquiète pour toi, se contente-t-elle de répondre.

_Tu dois bien être la seule, murmuré-je sans même faire attention

Elle me lance un regard triste et continue :

_Tu sais, même si tout le monde pense que tu n'es qu'une personne arrogante et insupportable, moi je sais que ce n'est qu'un masque.

_Oh, tu es psychologue maintenant ? Dis-je avec sarcasme.

_Tu as mal ? Me demande-t-elle soudain en me fixant avec ses grands yeux bruns.

Gêné, je regarde ailleurs. J'ai envie de lui parler mais ma méfiance habituelle m'en empêche.

_Draco, je suis ton amie. Tu peux compter sur moi. Arrête de tout garder pour toi, ça finira par te ronger.

_Pour l'instant, il me semble que je gère plutôt bien, dis-je légèrement amère. Etre mauvais ça aide à tenir.

_Arrête de dire que tu es mauvais, tu ne l'es pas.

_Je ne crois pas que les trois personnes à l'intérieur sont de ton avis.

_Laisse leur une chance de te connaitre.

_Mais elle ne veut pas me connaitre, Ginny ! M'exclamé-je exaspéré.

_Elle ? Relève-t-elle surprise. Ses yeux s'agrandissent de stupeur. Hermione. C'est elle alors la mystérieuse fille.

Quel idiot. J'essaye de sauver la situation en tentant vainement de me justifier :

_Ma langue a fourché c'est tout, ok ?!

_Tu es mignon, dit-elle attendrie.

_Je – ne – suis – pas –mignon, articulé-je soigneusement, mais cruel, froid, méprisant, manipulateur et totalement imbu de ma petite personne, dis-je avec une amertume non dissimulée.

_Prouve-lui le contraire ! Tu as laissé ton père te faire souffrir pour l'approcher, tu ne peux pas être quelqu'un d'indifférent. Moi au contraire je crois que tu es un grand romantique.

_N'importe quoi. Et je n'ai jamais dit que mon père m'avait fait souffrir ou quoi que ce soit.

Oublié mon besoin de la convaincre qu'Hermione ne m'intéresse pas. Après tout au point où j'en suis.

_Il l'a pourtant fait, se contente-t-elle d'affirmer.

Et soudain en moi quelque chose se brise. Toute la douleur et la honte que je garde au fond de moi s'écoulent brusquement. Une plaie suintante de pue. Il n'avait pas le droit de me faire ça. Quel père traite ainsi son fils unique ?! Les larmes me brûlent les yeux, mais je m'interdis de les laisser couler. Un Malfoy ne pleure pas. Je sens mon monde s'effriter sous mes doigts alors qu'au prix d'un effort surhumain pour garder une voix assurée et afficher un pâle sourire, je me contente de répondre :

_C'est juste que je suis incapable de répondre à ses exigences.

Elle veut me prendre dans ses bras mais je la repousse. J'ai besoin d'être seul un instant. Elle me fait un signe qu'elle comprend et regagne le compartiment. Dès qu'elle a disparu de mon champ de vision, je me laisse glisser le long de la paroi. Assis par terre, j'essaye de me calmer. Mais impossible de me reprendre. Trop d'émotions se bousculent en moi. Il faut que je me calme. La tête entre les mains, je tente de mettre de l'ordre dans mes pensées, mais une voix me fait soudain relever la tête :

_Tu vas bien ?

Hermione.

Je me contente de hocher la tête. Elle s'approche et s'assied en face de moi. En d'autres circonstances, j'aurais exulté, mais là dans l'immédiat, je n'ai aucune envie qu'elle me voit dans un tel état.

_Je suis désolée.

Etonné je la dévisage et lui demande pourquoi.

_J'ai été cruelle chez les Weasley.

_Tu n'as pas à t'excuser d'avoir été sincère, dis-je légèrement amère.

_Mais quand même…, commence-t-elle doucement avant de s'interrompre.

Elle reste là quelques minutes sans rien dire, comme perdue dans ses pensées. Puis elle se relève et part sans un mot. Après quelques pas, elle se retourne finalement et me lance avec un timide sourire :

_C'était sympa en tout cas de découvrir un autre Malfoy.

Interloqué, je reste sans voix. Je rêve où elle vient de me faire un compliment. Et sans un mot de plus, elle lève la main en guise de salut et s'en retourne au compartiment. Peut-être que finalement elle a envie de me connaitre.

La vie a repris son cours normal à Poudlard. Les semaines s'écoulent dans une morne quiétude. Ou presque. Je peux sentir une certaine méfiance de la part de mes camarades. J'ai trahi notre maison en présentant aux yeux de tous une Gryffondor comme ma petite amie, et je commence à en payer le prix. Ginny et moi n'avons pas mis fin à notre accord. Pas encore. Elle a besoin d'un peu plus de temps avec Potter. Mes parents quand ils l'ont su, ont commencé à me mettre de sérieux bâtons dans les roues. J'ai eu le déplaisir de voir ma chambre privée m'être retirée. Retour au dortoir. Pas terrible pour accueillir d'éventuelles nouvelles conquêtes. Je me demande parfois pourquoi je supporte tout cela, alors que de mon côté, je piétine. Je crois que j'aime bien Ginny. Pas d'amour entre nous, mais une sorte de respect mutuel et un début d'amitié. C'est de mieux en mieux, en plus de pactiser avec l'ennemi, je me prends à l'apprécier. Le seul avantage de notre accord réside en le fait que je peux approcher Granger sans que cela ne paraisse trop suspect. Mais malgré ses excuses dans le train, rien n'a vraiment changé entre nous. Je peux bien voir son animosité envers moi se faire chaque jour un peu moins violente, mais doucement, très doucement. A ce rythme, dans exactement dix ans trois mois et vingt-huit jours, elle n'aura plus la moindre envie de me faire payer les cinq années de misère que je lui ai fait subir. C'est encourageant…

J'ai envie de presser les choses, mais je sais que cela risquerait d'anéantir tout ce que j'ai patiemment construit jusque là, alors je ronge mon frein. Déjà trois semaines que nous sommes revenus des vacances de Noël. Combien de temps devrai-je encore attendre ?!

Plongé dans mes pensées, je ne me rends même pas compte que j'ai les yeux rivés sur ma proie tout réduisant en bouillie mes céréales. C'est ce crétin de Goyle qui en me bousculant me le fait remarquer. Je lui jette avec mépris que je cherche un nouveau moyen de faire de la vie de cette chère Sang-de-Bourbe un enfer. Mon explication suffit à son cerveau de troll et il me félicite avec un enthousiasme qui me donne envie de mourir. Pourquoi suis-je obligé de supporter la compagnie d'êtres aussi limités. Je me prends à envier la table des Gryffondor, mais secouant la tête, je reprends mes esprits. Bon sang, Draco, tu es un Malfoy, un Serpentard. Tu n'as juste rien en commun avec ces stupides Gryffondor. Mais au fond de moi, je sais que je partage avec ces idéalistes bien plus qu'avec les idiots qui me servent de lieutenants. Un tintement sur un verre m'arrache à mes réflexions. Je tourne la tête vers la table des professeurs et vois le directeur sur le point de faire un discours. Intrigué, je pose ma cuillère et attend qu'il commence. Il ne prend jamais la parole inutilement. Quelque chose d'important ou de grave a dû se produire. Comme toujours, il commence par quelques banalités avant d'en venir au sujet principal : l'école fête apparemment ses mille ans le mois prochain. L'occasion selon lui d'organiser une semaine de festivités qui sera clôturée par un bal. Alors que des applaudissements accueillent la nouvelle, je me mets à réfléchir à toute allure. C'est peut-être le moment idéal pour enfin faire avancer les choses.

Voilà deux jours que Dumbledore a annoncé la tenue du bal et toutes les filles de l'école sont sur le qui-vive. Elles sont en chasse d'un cavalier. Malgré ma popularité sur le déclin depuis que je me suis affiché comme maqué avec une Gryffondor, je ne peux marcher tranquillement, sans me faire agresser par des groupies en folie me suppliant de les choisir comme cavalières. Impressionnant comme elles ne parviennent pas à concevoir que théoriquement, je ne suis plus sur le marché, mais au moins j'ai de quoi me mettre sous la dent. Depuis que je suis officiellement casé, je n'ai pas eu l'occasion de satisfaire mes envies. Entre Hermione qui souffle le chaud et le froid, enfin en ce moment, on est plus en mode pôle nord qu'autre chose et Ginny qui n'est qu'une complice et donc pas un exutoire possible, je ronge mon frein. Ce bal est en train de tout changer. Je n'ai jamais autant visité la salle sur demande. Mes nuits sont agités, mes entre-cours aussi, il ne me reste plus beaucoup de temps à me consacrer à mes devoirs ou à mes entrainements de Quidditich. Le prochain match se tiendra d'ailleurs juste après le bal. Il opposera notre équipe à celle de Gryffondor. Rien qu'y penser me déprime. On va perdre comme les années précédentes. Pas moyen de l'emporter face à ce petit salopard de virtuose du vol. Le seigneur des ténèbres aurait pu faire correctement son job et me débarrasser de ce petit prétentieux qui me relègue au rang d'amateur.

J'ai les nerfs en pelote. Je suis encore plus agressif et mauvais que d'ordinaire. Le manque de sommeil et la frustration accumulée commence à se faire sentir. Toutes ces filles qui peuplent mes nuits ne sont que des pis-aller. Elles ne me soulagent en rien. Une fois l'acte fini, je suis dégoûté de moi, d'elles, de tout. Ca se finit toujours pareil. Elles n'ont même pas le temps de reprendre leur esprit après la jouissance qu'elles se retrouvent déjà à la porte, leurs vêtements dans les bras. Il me LA faut ! C'est vital, ou je vais vraiment finir par sombrer dans la folie. Ajouter à cela, les Beuglantes quotidiennes de mes parents, et vous aurez un aperçu de ma vie. Pas étonnant que je compense en insultant et en terrorisant ceux qui ont le malheur de se trouver sur ma route. Je sais que ça dessert mes intérêts plus qu'autre chose, mais je ne peux m'empêcher. Toute la haine et la frustration accumulée s'écoulent. Plus moyen de la canaliser. Ginny m'en a fait le reproche, mais j'ai feint de ne pas l'écouter. Qu'elle s'occupe de mettre Potter dans son lit. Nous avons d'ailleurs décidé de nous séparer. Avec le bal qui approche c'est préférable pour nos deux projets. Elle m'a accordé de faire passer cette rupture, pour ma propre décision et non un accord mutuel. Elle a quasiment ce qu'elle veut, alors que moi je n'ai rien, absolument rien. Elle pouvait bien me laisser ma fierté de ne pas passer pour le pauvre petit Serpentard quitté par une Gryffondor. Mon orgueil déjà bien éprouvé ces dernières semaines ne l'aurait pas supporté.

La suite est prête mais votre fidèle serviteur étant (très) lunatique, je ne sais pas quand elle sera publiée.