Coucou à toutes et à tous ! Me revoilà !
Je sais... J'ai mis beaucoup de temps pour poster ce nouveau chapitre. Je tiens sincèrement à m'excuser pour ce retard. J'ai fait un petit break, mais je ne vous ai pas oublié ! je vous remercie pour votre patiente et votre soutien via vos reviews et vos commentaires ainsi que vos favs et follows qui me boostent. Merci infiniment ! Bon ce chapitre diffère un peu des précédents, toutefois j'espère qu'il vous plaira !
Je ne peux pas vous répondre directement alors j'en profite maintenant, merci Curly et Guest pour vos reviews c'est toujours un plaisir !
Je te remercie Twincities pour ta correction !
Je vous souhaite une agréable lecture.
Playlist : Jason Walker - Echo et Teenage Dream - Katy Perry (Boyce Avenue piano acoustic cover).
Maléfice
Synopsis :
Superficiel et trop gâté, Derek, 18 ans, est le garçon le plus populaire de son lycée. Obsédé par son image et sa notoriété, il va s'en prendre à la victime de trop… Pour s'amuser, Derek cherche à humilier Lydia, une fille de son lycée, qui selon la rumeur, est une sorcière. La jeune fille décide de lui donner une bonne leçon et lui jette un sort qui le transforme en un monstre aussi hideux à l'extérieur qu'il l'est à l'intérieur. Victime du maléfice, Derek a un an pour trouver quelqu'un qui puisse l'aimer sincèrement malgré son apparence, sinon il restera un monstre à jamais. Son seul espoir repose sur une personne discrète qu'il n'avait jamais remarquée jusqu'à présent, Stiles.
Chapitre 12 : Au fil des saisons
"Quelle flamme pourrait égaler le rayon de soleil d'un jour d'hiver ?" De Henry David Thoreau.
Nous y voilà. Le 21 décembre était finalement arrivé apportant l'hiver dans son sillage comme le vent balayant les feuilles mortes. Cela faisait déjà près de deux semaines que Stiles vivait chez Miguel Juarez… Cinqua Diago. Pas facile à porter comme nom pensa Stiles encore allongé confortablement sous son épaisse couette. Il n'arrivait pas à effacer ce petit sourire sur son visage ce matin. D'une certaine manière, c'était amusant de se rendre compte à quel point on change parfois et il aimait ressentir ce nouveau sentiment. Il attrapa sa couverture et la ramena au-dessus de sa tête pour se protéger de la lumière du jour. Ses paupières se refermèrent doucement et son esprit s'envola. Tout le monde pouvait bien faire une petite grasse matinée de temps en temps.
En peu de temps, la vie de Stiles avait bien évolué. Au lycée de Beacon Hills, il était le genre d'élève fantomatique qui avait pour seul hobby de lire tranquillement dans les gradins du gymnase durant les entrainements de basketball. Les gens n'avaient pas vraiment envie de copiner avec lui. Il se demandait si ce rejet était dû à son impulsivité ou parce qu'il n'arrivait pas à se contrôler en parlant. Il avait presque fini par croire que les autres élèves ne l'appréciaient pas à cause de son hyperactivité. Cela le rendait malade, pourtant personne n'avait l'air de le remarquer. Il ne connaissait personne à qui se confier, de plus il ne souhaitait pas en parler avec son père. C'était peut-être illogique de sa part, mais il refusait de déranger le shérif avec ses problèmes d'intégration au lycée. Alors, Stiles s'était rendu à l'évidence que personne ne viendrait l'aider dans la vie. Le seul sur qui il pouvait toujours compter n'était autre que lui-même. C'était sans doute une triste vision de la vie et des relations humaines, néanmoins Stiles avait appris à vivre de cette façon. Pas d'ami ou de confident. Parfois, la solitude devenait un lourd fardeau à porter, surtout lorsqu'il croisait dans les couloirs du lycée les regards de travers des populaires.
Au lycée de Beacon Hills, les relations se basaient principalement sur votre niveau de popularité. Tout était bien ficelé, réparti adroitement en plusieurs échelons à gravir pour atteindre le sommet. Chacun appartenait à son petit groupe distinct, pas de vagues et pas de mélange. Exemple : tu aimais le sport, tu restais avec les sportifs. Ce n'était pas compliqué, pourtant Stiles ne pouvait pas s'empêcher de trouver cette situation grotesque. Pourquoi devrions-nous nous restreindre à si peu ? L'hyperactif aimait la lecture, mais cela ne l'interdisait pas d'aimer le baseball ou le basketball. Pourquoi se ranger si facilement dans des cases préétablies ? Au fond, tout le monde avait des préjugés sur tout le monde.
Stiles n'avait absolument rien à envier à ses camarades de classe. Il bossait comme un acharné tous les soirs pour obtenir les meilleures notes. Mais ce n'était pas suffisant pour sortir de l'ombre de la lumière du célèbre Derek Hale. Un frisson parcourut l'échine du jeune homme en repensant à ce mec de sa classe. L'hyperactif le connaissait depuis l'école primaire. En fait, Derek et lui étaient dans la même classe depuis les cours élémentaires. Quand il était plus jeune, Stiles détestait ce garçon qui avait toujours un tas d'amis autour de lui, alors que l'hyperactif restait dans son coin. Ils ne s'adressaient jamais la parole. Au fil du temps, Stiles s'était aperçu qu'au final il n'avait aucune raison de ne pas l'aimer, car tout en Derek Hale faisait en sorte de le pardonner pour ses maladresses. Même si une once de jalousie le prenait de temps en temps, Stiles rêvait à chaque fois qu'il rentrait à la maison que peut-être un jour ce fameux Derek Hale deviendrait son ami. C'était un garçon plutôt gentil qui avait constamment le sourire. Il y avait quelque chose en lui qui provoquait le respect et l'admiration malgré son jeune âge.
L'automne s'était transformé en hiver et le printemps en été.
Toutefois, Stiles n'avait plus le cœur en fête. Il l'avait perdu la nuit où la mort était venue chercher sa mère. A dix ans, ce n'avait pas été évident de comprendre qu'il ne reverra plus jamais le visage lumineux de sa mère et de ne plus jamais sentir tout l'amour qu'elle avait l'habitude de lui offrir. Le décès fut et restera une vive cicatrice ancrée au plus profond de sa poitrine. La peur et le désespoir brisèrent tout en mille morceaux sur leur passage plus vite que prévu pour lui éclater à la figure. Les jours suivants à l'école, ses camarades le regardaient de loin sans venir le réconforter. Son père lui avait promis qu'il serait toujours là, pourtant il passait ses nuits au bureau du shérif. Seul dans l'obscurité de sa chambre, l'hyperactif se réfugiait dans les bouquins, les histoires, et les contes de fée. L'imaginaire était devenu son seul moyen d'échapper à la dure et cruelle réalité. C'est ainsi que naquit sa passion pour la lecture. Il aurait voulu être l'un de ses héros aux aventures extraordinaires. L'idée de partir découvrir le monde devint en grandissant son unique obsession. A quoi bon vouloir rester dans cette ville puisque qu'il n'y avait rien pour le retenir ? Il se mit donc en tête de tout faire pour accéder à son vœu.
Six années s'écoulèrent lentement. La vie du fils du shérif n'avait pas changé depuis. Jusqu'à ce qu'il apprenne dans les journaux l'effroyable accident de Beacon Hills. Un incendie venait de décimer la famille Hale en cendres. Une tragédie sans nom qui avait fait couler beaucoup d'encre sur les causes de l'incident. Le seul survivant des flammes n'était autre que Derek Hale. Il avait réussi échapper à la mort. Lorsque Stiles l'avait recroisé dans les couloirs du collège, le jeune homme avait hésité à venir le voir. L'hyperactif mourrait d'envie de le réconforter en lui disant qu'il comprenait ce que Derek ressentait. Pourtant, Stiles avait trop peur de se retrouver nez à nez avec lui. Le garçon gentil que l'hyperactif avait connu, n'était plus que l'ombre de lui-même. Derek ignorait tout le monde. Son allure était effrayante, ses yeux vidés de toutes expressions. Stiles avait cru halluciner pendant une seconde. Mais il était déjà trop tard. Le mutisme de Derek Hale était un réflexe humain pour faire face à la tristesse. Le fils se souvint de la façon dont Derek s'était retourné vers lui. La manière dont ses magnifiques yeux verts s'étaient fixés sur lui, toujours étrangement inexpressifs. Stiles comprit alors que le regard de Derek ne lui était pas directement adressé, mais plutôt transperçant le vide.
- Qu'est-ce que tu regardes comme ça ? lui avait demandé Derek d'un ton cassant.
Dérouté, Stiles ne sut pas quoi lui répondre à cet instant, laissant ses lèvres entre-ouvertes comme unique réponse. C'était la première fois, en près de dix ans que Derek Hale lui avait parlé. Un flot de phrases émergeaient de son esprit, cependant aucunes d'entre-elles n'avaient de sens. L'hyperactif avait peur de tout gâché, alors il était resté ainsi sans lui dire quoique ce soit. Il se remémorait les sourcils froncés du Hale qui dissimulaient ses émotions par la colère. Un moyen efficace de cacher ses faiblesses. Les mots n'avaient plus d'importance pour eux, finalement Derek avait tourné les talons pour quitter les lieux, les mains dans les poches. Quelques temps plus tard, Stiles eut vent que le Hale préparait une méga fête, mais il n'avait pas reçu de carton ou de message d'invitation. Le lendemain, il avait appris que Derek avait humilié deux élèves de leur classe, Sofia Spencer et Andrew Terris. La raison de cette humiliation publique était selon Derek qu'ils étaient soit disant trop moches pour rentrer chez lui. Ce gamin qu'il admirait tant dans le passé, s'était transformé en un véritable monstre d'arrogance. Il était le successeur de la fortune de l'industrie cosmétique des Hale. Ce type avait absolument tout ce qu'il désirait. Les filles, l'argent, la popularité, la beauté et un sacré leadership. Derek Hale faisait rêver les autres élèves du lycée attirés comme des mouches. C'était peut-être ça la différence entre eux… Stiles n'avait rien à offrir aux gens pour être aimer, contrairement à Derek.
Sous sa couverture, Stiles sentait le parfum des roses offertes par Miguel. Par une association d'idées, la fragrance des fleurs lui rappela la soirée du bal du lycée. Ce soir-là, il aurait dû rester seul à la vente des tickets d'entrée pour se faire un peu d'argent. Encore une fois, il avait loupé une bonne occasion de s'amuser et de profiter de cet évènement pour danser. Toutefois, il ne s'était pas attendu à revoir son agresseur des couloirs : Derek Hale. L'hyperactif l'avait repéré à l'instant même où Erica et lui se disputaient dehors. Celle-ci lui criait dessus pour une raison qu'il lui était inconnue. Erica s'était précipitée pour rejoindre ses amies, tandis que Derek ramassait tristement une fleur tombée par terre. Le cœur de Stiles s'était serré si fort quand le Hale en costard cravate s'approchait du comptoir. Le beau ténébreux ne l'avait pas encore remarqué comme d'habitude. Maladroitement, l'hyperactif s'était retourné pour vérifier qu'Erica se trouvait toujours dans la salle. Evidemment, elle l'était. Stiles se retrouvait donc seul à seul avec le beau Derek Hale. Il se frappait mentalement pour trouver un sujet de conversation. Quand tout à coup ses yeux se posèrent sur la broche dans la pochette du cavalier solitaire.
- Jolie broche, avait-t-il commenté.
Désormais, il ne pouvait plus faire machine arrière. Derek avait doucement relevé la tête pour planter ses yeux verts dans les siens. Stiles commençait déjà à perdre tous ses moyens rien qu'avec un regard. Sans lui répondre, Derek avait tourné la tête en direction de sa prétendue cavalière. Naturellement, le Hale l'ignorait toujours. Qu'avait-il pu espérer de sa part ?
- Tu la veux ?
Son cœur venait de rater plusieurs battements. Seigneur, il venait de lui répondre ! Toutefois, l'hyperactif restait sur ses gardes, il connaissait bien l'animal. Il savait que Derek ne ratait jamais une occasion d'humilier quelqu'un pour son plus grand plaisir. Et puis cette broche était destinée à sa partenaire.
- Ce n'est pas très sympa, avait-il rappliqué.
- Quoi ?
Vu l'expression faciale de son interlocuteur, il avait compris que Derek avait été surpris par sa réponse sincère.
- Me la donner pour mieux me la reprendre après, ce n'est pas très sympa, lui avait-il expliqué.
- Ce n'est pas mon but. Ma copine n'en veut pas, elle n'aime pas la couleur. Autant que quelqu'un en profite avant que cette rose ne crève.
Dans ce cas rien ne retenait Stiles.
- Vu comme ça…
Impossible. Oui, le fils du shérif était incapable de refuser ce cadeau venant de Derek. Jamais une telle occasion ne se représenterait dans sa vie, alors autant en profiter. Il avait donc pris la magnifique rose blanche entre ses doigts. Aux anges, il arborait joyeusement un sourire qu'il n'avait pas fait depuis bien longtemps.
- Elle est superbe, merci.
- De rien.
Sur ces mots, le ténébreux commença à s'éloigner pour se diriger vers la piste de danse. Certainement pour retrouver sa cavalière. Mais Stiles avait comme la certitude qu'il ne pouvait pas en rester là. Il devait faire quelque chose. Alors, sans prendre la peine de réfléchir, il avait suivi son instinct. Stiles lui avait crié de l'attendre, puis il se mit à rougir comme un fou. Son cœur battait la chamade, son estomac était noué. Pourtant, il avait réuni tout son courage pour lui demander… une photo. Bon sang, de toutes les idées stupides celles-ci était la meilleure du pire. En plus, il ne pouvait plus s'arrêter de parler et de raconter tout ce qu'il lui passait par la tête. Néanmoins, Derek avait accepté. L'hyperactif n'avait pas capté sur le moment, mais Derek lui avait dit « oui ». Il se souvenait du rapprochement de Derek. L'odeur de son parfum, le son de sa voix, son souffle sur sa peau. Cette dangereuse ou délicieuse proximité. Comme par magie, après la première photo le cavalier solitaire était resté à ses côtés, lui proposant de prendre encore de nouvelles photos. Stiles avait bien senti le regard de Derek se poser sur lui, mais il n'osait pas le regarder en face de peur de flancher devant lui. Le temps avait été comme suspendu, jusqu'à l'arrivée de Lydia Martin à la soirée.
A cet instant, tout était soudainement revenu comme avant. Derek semblait de nouveau l'avoir oublié en voyant Lydia à l'entrée. Boum. Retour sur Terre.
Stiles avait immédiatement compris que la cible de la soirée n'était autre que la jeune fille. Pourtant, elle n'avait rien de méchant. Elle était juste différente des autres et le fils du shérif trouvait ça classe. Elle se démarquait de la masse, malheureusement ce n'était pas du goût du Hale. C'était très difficile pour Stiles de cerner le comportement de Derek. Il pouvait être si gentil et la seconde suivante un être au cœur de pierre. D'ailleurs la question de Lydia était bizarre elle aussi… « Est-ce qu'on t'a déjà dit que tu avais le cœur pur ? ». Cette soirée devenait de plus en plus étrange.
Il ne s'était pas trompé, quelques minutes plus tard Derek et Lydia étaient en pleine confrontation publique. D'un côté, il l'humiliait gratuitement devant tout le lycée. De l'autre, elle restait impassible et forte. Cette histoire n'était pas prête de se terminer si facilement entre eux. La foule insultait Lydia de cinglée, mais l'expression de l'orgueilleux avait subitement changé. Il avait peur d'elle. Stiles s'était secoué la tête de droite à gauche en se disant qu'il devait se tromper. Derek Hale avoir peur ? Impossible.
Après le bal du lycée, le fils du shérif n'eut plus jamais de nouvelle de ce cher Derek, qui selon les rumeurs, avait été transféré dans un internat. Alors Stiles n'avait plus que la rose et ses photos pour ne jamais l'oublier. Elles étaient la preuve que cette soirée n'avait pas été un rêve mais bien une réalité.
Depuis ce temps-là de l'eau avait coulé sous les ponts…
Tout à coup, quelqu'un toqua contre la porte de la chambre de Stiles, le sortant par la même occasion de sa rêverie. L'hyperactif repoussa vivement la couverture de l'autre bout du matelas. D'un bond, il sortit de son lit douillet. Il accourut jusqu'à la porte pour ne pas faire attendre la personne qui se trouvait de l'autre côté. Le jeune homme n'était ni coiffé, ni habillé convenablement, autrement dit avec le bas de pyjama lui tombant sur les hanches et un t-shirt rouge laissant apparaitre son abdomen plat. La main enfin sur la poignée, il hésita une fraction de seconde. Il y avait encore une bonne semaine, Stiles serait resté enfermer ici sans dire un mot à qui que ce soit. La peur et l'appréhension avaient désormais disparu à l'égard de son sauveur et hôte. Pour tout dire, il commençait à bien s'entendre avec lui. C'était la première fois que Stiles ressentait ce genre de sentiment pour quelqu'un. Bizarrement, il n'avait aucun indice sur l'identité de la personne qui avait toqué à sa porte. Mais au fond de lui, Stiles s'était quand même précipité pour pouvoir lui ouvrir en espérant tomber sur celui qui avait su égayer ses journées.
Le fils du shérif ne fut donc pas déçu en ouvrant de découvrir derrière sa porte celui qui avait le don de chambouler sa vie. Miguel eut un petit sursaut de surprise quand Stiles se décida à apparaitre dans l'encadrement de la porte qui les séparait il y avait encore quelques minutes. Pour une raison qu'il lui échappait, Stiles n'avait plus peur de faire face à son hôte. Malgré son apparence, il n'était plus effrayé par le visage de la bête. Si on lui avait déjà dit que l'amour rendait aveugle, alors Stiles aurait voulu répondre que le mépris, les craintes et les préjugés n'étaient pas différents de cet état d'esprit. Les traits bestiaux dessinés sur le visage de Miguel pouvaient bien le rendre impressionnant à première vue. Néanmoins, lorsque l'hyperactif osait plonger ses yeux dans ceux de celui qui l'hébergeait, le jeune homme avait la nette certitude qu'il n'avait jamais rien vu de plus humain. Lui, le fils du shérif avait déjà croisé toutes sortes de regards depuis son enfance, mais jamais comme ceux que lui adressaient Miguel. Non jamais. Alors que dire quand on voyait en face de soi une bête imposante perdant tous ses moyens devant une personne aussi « ordinaire » comme se qualifiait Stiles.
Ils restèrent là, l'un devant l'autre en se jaugeant du regard comme s'ils se rencontraient encore pour la première fois. Miguel passa sa patte pour se frotter la nuque, puis il baissa les yeux vers ses chaussures. L'hyperactif n'était pas dupe, quelque chose avait l'air de le préoccuper pour une raison encore inconnue. Le silence entre eux devenait de plus en plus pesant. Presque insupportable pour quelqu'un comme Stiles qui réfléchissait à cent à l'heure pour comprendre la venue de Miguel.
- Bonjour Miguel, commença Stiles en callant son épaule contre la bordure de la porte.
- Euh bonjour Stiles…, lui répondit le maudit en continuant de fixer fermant le sol.
Intrigué par le comportement de ce dernier Stiles croisa les bras contre son torse, tout en levant un sourcil. Il avait l'intime conviction que Miguel lui cachait un truc. Pourquoi était-il si distant alors qu'il était monté exprès pour le voir ? L'hyperactif continuait toujours de l'observer intensément.
- Pardon je n'aurais dû te déranger, marmonna la bête.
Cette fois-ci les sourcils de l'hyperactif se froncèrent sous l'incompréhension totale. Stiles ne savait pas quelle heure il était, mais une chose était sûre : Miguel ne le dérangeait pas le moins du monde. Pourtant en voyant l'expression de dispersion sur le visage du maudit, il devait sans doute penser l'inverse. La seconde suivante, Miguel tourna les talons et s'éloigna dans un silence presque religieux. Le cerveau de Stilinski allait bientôt exploser. Il détestait voir les gens avoir de la peine et les épaules courbés vers l'intérieur montraient bien que son sauveur n'était pas dans son assiette. Cependant, ce que Stiles détestait plus que tout, c'était de rester sans la moindre réponse. Dans un élan presque instinctif, le fils du shérif s'empressa de rattraper Miguel. Le jeune homme lui attrapa vivement le poignet et le força à se retourner vers lui.
- Miguel… Est-ce que tout va bien ? demanda Stiles avec une pointe d'inquiétude dans la voix.
Les lèvres de l'animal restèrent entre-ouvertes, tandis que ses yeux se braquèrent sur la main de l'hyperactif qui ne lui avait pas lâché le poignet. Quoi qu'ils en disent, Stiles venait de le retenir. Cette idée et ce soudain contact entre eux contraignaient par la même occasion de faire apparaitre quelques rougeurs sur les pommettes du maudit. Ce qui n'échappa pas à l'œil de lynx du fils du shérif qui retira immédiatement sa main. Puis il regarda ailleurs.
- Oui je vais très bien c'est juste que…
Il ne termina pas sa phrase. Stiles se rapprocha d'un pas vers lui, mais Miguel semblait déjà ailleurs dans ses pensées.
- C'est juste que quoi ? l'interrogea Stiles doucement.
La tête du maudit se releva subitement pour planter ses yeux dans ceux de l'hyperactif. Puis, Miguel gêné détourna une nouvelle fois le regard.
- Tu vas peut-être trouver ça bizarre ou ridicule de ma part…, lâcha la bête.
Mais Stiles restait concentrer.
- Je… en fait… je…, hésita le maudit en se mordant la joue. Il est bientôt midi et je… comme tu n'étais pas descendu aujourd'hui… je me suis inquiété pour toi.
A peine les mots étaient-ils sortis de sa bouche que Miguel réalisait ce qu'il venait de dire. Une lueur indescriptible brillait dans les yeux de Miguel. Ses lèvres ne formaient plus qu'une ligne et il se couvrit aussitôt le visage de sa main. Il recula puis avança d'un pas, avant qu'il ne retire sa main de sa bouche. Son regard avait l'air sincère et paniqué à la fois. Tout l'air contenu dans les poumons de Stiles s'était échappé d'un seul coup. L'espace d'un instant, le monde semblait se figer. L'hyperactif n'en revenait pas. Miguel s'inquiétait pour lui ? Pourquoi faisait-il tout ça pour lui ? Pour quelle raison voulait-il l'aider ? Un tas de questions qui brulaient les lèvres du fils du shérif, tandis que Miguel regardait autour de lui comme s'il voulait s'enfuir. Quand Stiles retrouva l'usage de la parole, il dit doucement :
- OK.
C'était tout ce qu'il avait réussi à sortir.
- Pourquoi tu t'inquiètes toujours pour moi ? demanda tout à coup Stiles.
- C'est sans importance, murmura le maudit.
Sans importance ? Vraiment ? L'hyperactif était perdu désormais. Il n'arrivait définitivement pas à cerner son hôte. Il pouvait être si cassant parfois. Il n'y avait peut-être pas d'explication pour décrire le caractère de la bête, c'était comme ça.
- Je… J'ai promis à ton père de veiller sur toi, poursuivit Miguel. Je crois que j'ai eu peur qu'il t'arrive quelque chose.
Il avait l'air si peu sûr de lui que Stiles fondait littéralement. Le jeune homme acquiesça.
- Je suis désolé, s'excusa Stiles. J'ai dormi plus longtemps que prévu et je ne voulais pas t'inquiéter.
- Ce n'est pas grave. C'est ma faute.
- Non, laisse-moi me rattraper.
Les yeux de Miguel s'écarquillèrent de stupéfaction. Stiles souhaitait réellement se rattraper, il ne voulait pas blesser Miguel à nouveau avec son comportement. Il lui devait bien ça.
- Euh… On pourrait… enfin je veux dire, si tu en as envie… tu… hum… tu pourrais…, bégaya Miguel en ferment ses paupières pour tenter de trouver ses mots. Est-ce que tu veux nous rejoindre pour le diner ?
- Oui.
- Quoi ?
- Oui je veux venir manger avec vous, évidemment. Mais…
- Mais ? sourcilla Miguel.
- Mais avant je vais aller me changer, répondit Stiles en lui souriant.
Le visage de Miguel s'illumina instantanément. Voilà qui était bien mieux, Stiles le préférait ainsi. Il n'aimait pas le voir triste. Une part de Stiles se reflétait en Miguel et il le savait. Tous les deux se ressemblaient beaucoup plus qu'ils ne l'imaginaient. Ils n'avaient plus de famille, ni pas de véritable ami sur qui compter. A cause de son apparence, Miguel était contraint de rester exclu du reste du monde pour se cacher. Ils connaissaient aussi bien l'un que l'autre le goût âcre de la solitude. Stiles n'avait rien à lui offrir en échange de sa protection et de tout ce confort. Mais s'il y avait un moyen d'apporter un peu de bonheur et de joie de vivre au maudit, alors Stiles n'hésiterait pas une seconde à lui en faire cadeau. C'était compliqué à expliquer, c'était la première fois que Stiles avait créé un lien avec quelqu'un. Il refusait tout simplement de le rompre.
J'espère que vous avez appréciez ce chapitre, n'hésitez à me donner vos impressions. Je vous répondrai soyez en sûr(e) !
Ce nouveau chapitre est beaucoup plus centré sur Stiles cette fois-ci et son passé. Un moyen de mieux cerner le personnage.
Je vous dis à la prochaine pour la suite, je vous adore !
Câlins, lapins et tous ce que vous voudrez !
