Chapitre 12
L'aéroport était bruyant et bondé. Je sentis Ron se coller contre moi pour ne pas me perdre dans la foule. Mes parents étaient partis pour voir s'ils ne pouvaient pas trouver des billets pour le prochain vol en direction de Londres, et Harry, Ginny, Ron et moi attendions qu'ils reviennent pour savoir quoi faire.
- Alors, heureuse de rentrer à la maison ? me demanda Harry avec un coup de coude complice.
- Comme jamais, soupirai-je avec un grand sourire.
Puis je fronçai les sourcils et demandai, soudain anxieuse.
- Mais toi, qu'est-ce que tu vas faire, quand on sera rentré ?
- La question ne se pose même pas, coupa Ginny. Il rentre au Terrier avec nous. Il est chez lui là-bas. Tout comme toi, ajouta-t-elle avec un coup d'œil entendu.
Je lui souris et baissai les yeux.
- C'est très gentil, mais je crois qu'après toutes ces émotions, je vais rester quelques temps avec mes parents, profiter d'eux au maximum…
- Tu ne m'oublieras pas dans tout ça, hein ? me demanda Ron avec un air espiègle, quoique une lueur d'inquiétude dans les yeux.
- Bien sûr que non, tu me connais, répondis-je doucement.
- De toute façon, ma mère voulait inviter tes parents à dîner, pour faire plus ample connaissance, ajouta Ginny. Qu'est-ce que tu veux, il faut bien qu'ils apprennent à connaître leur future belle-famille.
J'éclatai de rire et sentis Ron se coller un peu plus contre moi.
Je vis mes parents arriver au loin et leur fis un signe pour qu'ils puissent se repérer. Trois jours s'étaient écoulés depuis que je leur avais rendu la mémoire et nous avions eu le temps de discuter tout à notre aise. Ils nous aperçurent et nous sourirent en se dirigeant vers nous.
- Alors ? demandai-je, impatiente.
- Alors nous avons six places pour la prochain vol en direction de Londres, qui décolle dans trois heures.
- Génial ! m'exclamai-je, heureuse.
- J'espère que la voyage ne vous a pas coûté trop cher, Mr et Mrs Granger, dit Ron avec un air soucieux que je ne lui connaissais pas.
- Ne t'inquiète pas pour ça, mon grand, répondit mon père avec un clin d'œil. Après tout ce que vous avez fait pour nous retrouver, nous vous devons bien ça…
Un énorme sourire illumina les yeux bleus de Ron, ce qui me fit rire à mon tour. Parfois, il ressemblait vraiment à un enfant.
- C'est quoi, ce truc ? dit Ron en marquant un mouvement de recul.
Nous nous trouvions devant le sas d'embarquement et il venait de s'arrêter net en me retenant par le poignet, alors qu'Harry et Ginny, cette-dernière n'ayant jamais pris l'avion non plus, bien évidemment, venaient de passer sans ciller devant nous.
- C'est dans ça qu'on monte pour embarquer dans l'avion, Ron, répondis-je de mon ton le plus patient, sans cependant parvenir à masquer mon sourire.
- Ne te moque pas de moi ! répliqua-t-il d'un air vexé
- Je ne me moque pas de toi, Ron, dis-je d'un air attendri, mais avoue qu'un grand gaillard comme toi qui a peur de monter dans un avion, c'est amusant.
Il haussa les épaules mais n'avança pas d'un poil. Les gens derrière nous commençaient à s'impatienter. Je me retournai vers eux avec un sourire désolé.
- Excusez-le, c'est la première fois qu'il monte dans un avion, il a un peu peur.
- Je n'ai pas peur ! s'exclama-t-il d'un air indigné.
- Alors prouve-le, répondis-je en levant les yeux au ciel.
Il déglutit péniblement et s'exécuta, gardant la tête haute, mais je sentis tout de même son bras se serrer sur mon poignet.
- Qu'est-ce que vous fabriquiez, tous les deux ? demanda Ginny lorsque nous fûmes arrivés à leur hauteur.
- Ron a comme qui dirait une petite appréhension…
- Je n'ai pas peur ! répéta-t-il avec véhémence.
Mes parents éclatèrent de rire et nous firent signe de les suivre pour ne pas, encore une fois, bloquer le passage.
Lorsque nous entrâmes dans l'avion, Ron gémit de nouveau :
- C'est quoi ce truc ?
L'hôtesse sourit et nous désigna nos sièges. Ron et moi avions des places côtes à côtes, Harry et Ginny se trouvaient en face de nous tandis que mes parents étaient installés une rangée derrière.
- Tu veux te mettre côtés couloir ou au milieu ? demandai-je, provoquant le sourire de l'homme d'âge mur qui était déjà installé près du hublot.
- Quel est l'endroit le plus sûr si jamais on a un accident ?
- Ron ! m'exclamai-je en levant les yeux au ciel. Cesse un peu de faire ton trouillard, et choisit une place !
L'homme toussa pour essayer de masquer un éclat de rire. Ron haussa les épaules, blessé dans son amour-propre et me fit signe de passer devant lui pour m'installer sur le siège du milieu :
- Les dames d'abord…
- Je ne te savais pas si galant, plaisantai-je alors qu'il s'installait à côté de moi.
Il croisa les bras et détourna le regard vers Harry et Ginny qui discutaient entre eux.
- Ne joue pas au susceptible avec moi, ajoutai-je en riant. Je sais bien que, au fond, tu es heureux de rentrer à la maison…
Comme il ne réagissait toujours pas, je passai ma main derrière sa nuque et l'embrassai doucement sur les lèvres. Il sembla se détendre d'un coup.
- Ce n'est pas du jeu, se plaignit-il, mais son sourire démentait ses paroles.
La voix d'une hôtesse coupa court à la conversation lorsqu'elle entreprit de nous montrer les premiers geste a avoir en cas d'urgence. Ron se pencha vers moi et murmura :
- Tu vois, qu'il y a de quoi s'inquiéter…
- Tais-toi et regarde, si tu as si peur ! lui rétorquai-je.
Il ouvrit la bouche pour réponde mais je le devançai :
- Je sais, tu n'as pas peur…. Il est vraiment impossible pour toi de te concentrer sur quelque chose ?
Il me donna un petit coup de poing sur l'épaule en guise de vengeance et tenta en vain de fixer son attention sur l'hôtesse. Lorsque, enfin, elle eut fini, le commandant de bord prit la relève pour nous demander d'attacher notre ceinture et de nous tenir prêts au décollage. Dès que l'avion se mis à bouger, Ron m'agrippa la main comme si sa vie en dépendait.
- Détends-toi, dis-je avec un sourire. C'est juste le décollage, ça va aller…
- Je déteste ça, grommela-t-il entre ses dents. Si ça n'était pas pour toi, jamais je ne serais monté dans un engin pareil.
- Et ça n'a même pas encore quitté le sol ! marmonnai-je à mon tour. Regarde Ginny, elle est parfaitement calme, elle !
En effet, mon amie se contorsionnait pour tenter de regarder par le hublot malgré la jeune femme qui était installée sur la siège à côté d'elle et lui barrait la vue.
- Ce n'est pas pareil, tu sais bien qu'elle est folle, Ginny…
- J'ai entendu, tu sais ! répliqua-t-elle d'un ton neutre sans le regarder.
J'éclatai de rire alors que la main de Ron se resserrait encore sur la mienne. Cette fois, je ne dis rien, consciente qu'il avait réellement peur de ce qui allait arriver. Lorsque l'avion quitta le sol, je crus entendre ses dents crisser dans sa mâchoire.
- Regarde, dis-je après quelques minutes en lui montrant le hublot.
- Tu rigoles ou quoi ? Tu veux me tuer ?
- Allez Ron, regarde, c'est magnifique.
À regret, il jeta un bref coup d'œil par le hublot et il entrouvrit la bouche d'un air surpris. Nous survolions l'océan et la vue était merveilleuse.
- Tu vois que c'est beau ! dis-je d'un air victorieux alors qu'il lâchait ma main pour croiser les bras sur son torse.
Il ne répondit rien, mais je vis dans ses yeux qu'il trouvait ça magnifique. Certes, il avait déjà volé maintes fois en balais, mais ce n'était pas pareil, et on ne pouvait pas aller aussi haut.
Heureuse, je me penchai pour prendre un livre dans mon sac sous le regard surpris de l'homme à mes côtés qui se demandait sûrement comme je pouvais mettre un gros bouquin pareil dans un si petit sac. Je lui fis mon sourire le plus innocent et me plongeai dans ma lecture en essayant d'oublier la nervosité de Ron qui finissait par me rendre moi aussi anxieuse.
- Mesdames et Messieurs, nous entrons dans une zone de turbulence. Veuillez attacher vos ceintures de sécurité…
Je reposai le livre que j'étais en train de lire depuis des heures et me tournai vers Ron qui venait de s'éveiller en sursaut.
- C'est quoi une zone de turbulences ? demanda-t-il d'un air tendu.
Soudain, l'avion eut un trou d'air et Ron agrippa de nouveau mon poignet, les yeux exorbités de terreur. Je lui souris d'un air penaud.
- C'est ça…
- Par Merlin, on va se crasher…
- Mais non ! dis-je d'un air rassurant.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Ron… dis-je en plantant mes yeux dans les siens et en serrant à mon tour ses doigts dans les miens. Tu me fais confiance ?
Il hocha la tête et avala difficilement.
- Alors écoute-moi. il n'y a rien à craindre, ça arrive tout le temps. Je te le promets.
Il inclina la tête sur le côté puis la secoua de nouveau pour me montrer qu'il avait compris. Je soulevai l'accoudoir qui séparait nos deux sièges et me blottis contre lui. Je sentais son cœur battre vite à travers son t-shirt, et je m'en voulais de l'avoir entraîné là-dedans. Il semblait vraiment effrayé, et ça me faisait de la peine.
- Calme-toi, murmurai-je. ça va aller, tu ne risques rien…
- Je dois dire que je suis quand même content d'être sorti de là ! s'exclama Ron en s'étirant.
Un rayon de soleil lui tombait droit dessus et ses cheveux semblaient comme enflammés.
Nous étions assis sur un muret et attendions que mes parents reviennent. Ils étaient partis chercher un taxi, vu qu'ils avaient laissé leur voiture devant la maison qu'ils avaient quittée pour aller en Australie. Par Chance, ils n'avaient pas vendus la maison et nous allions pouvoir rentrer chez nous sans problème.
- Tu ne m'en veux pas trop de t'avoir obligé à monter là-dedans ? dis-je d'un air penaud.
- Bien sûr que non, Mione. Je suis bien conscient que c'était la seule solution…
- Et puis tu ne l'a pas vraiment obligé ! répliqua Harry en baillant. On a toujours le choix, il aurait pu dire non…
- C'est vrai, ça, ajouta Ron avec un grand sourire. En attendant, je suis bien content de rentrer à la maison… vous voulez venir tous les trois au Terrier, un de ces jours ? dis Ron un ton plus bas à mon intention. Ma mère voudrait vous inviter à dîner…
- Bien sûr, je suis sûre que mes parents en seront enchantés ! répliquai-je avec un grand sourire….
- Je t'enverrai un hibou ...
- Sinon, tu peux transplaner jusque chez moi, ça nous ferait une après-midi ensemble, proposai-je.
Ses yeux semblèrent s'illuminer, comme s'il avait peur que je l'oublie après avoir retrouvé mes parents, que je le laisse de côté en oubliant tout ce qu'on avait vécu ensemble, en oubliant qu'on s'aimait…
Mes parents revinrent quelques minutes plus tard et nous conduisirent jusqu'à mon ancienne maison. Là, sur le seuil, je dis au revoir à mes amis avant qu'ils transplanent jusqu'au Terrier, non sans émotion. Après des jours et des jours passés côtes à côtes, j'eus l'impression qu'une partie de moi disparaissait avec eux lorsqu'ils s'évanouirent devant mes yeux.
.didier : Merci beaucoup pour ta review, j'espère que ce chapitre t'auras tout autant plu!
