Auteur : epilogue08

Traductrice : Hermi-kô


« Ah, Shibasaki-san, » l'apostropha Komaki alors qu'elle entrait dans la petite librairie. « Comment ça se passe ? »

Shibasaki éclata de rire et leva les deux pouces. « Je l'ai appelé et lui ai demandé de venir la récupérer à l'hôpital. Il arrivait au beau milieu de notre conversation alors je suis partie. Je ne pense pas que Kasahara l'ait réalisée cependant. »

Komaki éclata de rire à son tour. « Je vois, et que s'est-il passé par la suite ? »

« C'est une bonne question. Elle était en train de parler de ses sentiments envers Dojo et tout ça. Je me demande s'il a entendu quoi que ce soit. »

« Je vois. » Komaki prit l'un des livres sur l'étagère et le feuilleta. « Enfin, je me demande si ce que nous avons fait… »

Shibasaki savait ce qu'il voulait dire. « Mais si nous ne prenons pas d'initiative, ces deux-là ne feront rien. Si tu y réfléchis bien, nous n'avons pas fait grand-chose. Nous les avons juste rapprochés, c'est tout. »

Hochant la tête, il replaça le livre sur l'étagère. « C'est vrai. » Il sourit de nouveau. « Je ne peux pas attendre de voir la réaction de Dojo face à ça. »


Noooooonnnnnnn ! Qu'ai-je fait ? S'écria mentalement Iku tandis qu'elle courait au hasard dans la rue. Après avoir réalisé que Dojo était présent durant la moitié de sa déclaration, elle était sortie en trombe sans réfléchir, le laissant choqué dans la salle à l'hôpital.

Elle s'arrêta au sommet d'un pont piétonnier, se pencha par-dessus le garde-fou et regarda les voitures en bas. Je suis trop bête ! Maintenant il sait tout ! Tout !

En repensant à ce qu'elle avait dit, Iku hurla de frustration, attirant l'attention des badauds. Elle les ignora, se fichant même d'être prise pour une suicidaire. Agrippant le garde-fou comme si sa vie en dépendait, elle hurla de nouveau.

Après quelques minutes de plus, Iku s'éloigna, ne se préoccupant pas d'où ses pas la mèneraient.

Alors qu'elle marchait, elle ralentit et sa vision fut floutée par ses pleurs. Et maintenant ? Il sait que j'ai réalisé que c'était mon prince. Et il sait que je l'ai-ai-aime. Même dans sa tête elle ne pouvait l'admettre sans bégayer.

Iku débarqua dans un petit parc et fondit en larmes parce qu'elle savait qu'il n'y avait personne aux alentours. Elle s'assit par-terre, se cachant sous le toboggan, et monta ses genoux sous son menton.

Elle resta là jusqu'à la tombée de la nuit.


Shibasaki se peignait les cheveux dans la chambre qu'elle partageait avec Iku lorsqu'elle entendit le martèlement de quelqu'un courant dans le couloir. Ah, elle est enfin de retour.

« Shibasakiiii ! » Hurla Iku dès qu'elle ouvrit en grand la porte. Ses yeux étaient gonflés et rouges et Shibasaki pouvait deviner d'un seul coup d'œil ce qui s'était passée une fois qu'elle eut quittée l'hôpital.

« Bon retour, Kasahara. » Elle lui sourit gaiement. « Tu es rentrée in-extremis avant le couvre-feu. Où étais-tu ? »

« Ce n'est pas le temps pour ça ! Pourquoi es-tu partie sans rien me dire ? Pourquoi l'Instructeur Dojo était-il là ? Savais-tu qu'il allait venir ? Pourquoi était-il là ? » Les questions jaillissaient de la bouche d'Iku.

« Wow, une question à la fois s'il-te-plait. J'ai beau être intelligente je ne peux pas répondre à toutes en même temps. »

« Ce n'est le moment de rire ! »

« D'accord, d'accord. Je savais qu'il viendrait à l'hôpital. Mais pourquoi es-tu hors de tes gonds pour ça, je ne comprends pas. » Shibasaki décida de jouer l'innocente pour l'instant.

« Il a entendu ! Tout ce que j'ai dit ! » Les yeux d'Iku s'emplirent de larmes encore une fois.

« Et qu'as-tu dit exactement ? »

Iku ne répondit pas à sa question et se concentra sur retenir ses larmes. Passant devant sa colocataire elle grimpa sous les couvertures et se roula en boule. C'est horrible ! Que dois-je faire ?


Komaki était assis dans la chambre de Dojo à nouveau, buvant. « Pourquoi tu ne dis rien, Dojo ? »

« Je n'ai rien à dire. »

« Je vois, » sourit suspicieusement Komaki. « J'ai entendu dire que tu étais allé à l'hôpital chercher Kasahara-san. Je suis content que tu ne l'évites plus. »

Dojo s'immobilisa et Komaki ne manqua pas la petite rougeur qui apparut sur son visage.

« Euh… ouais. » Dojo continua de boire après avoir grommelé une réponse.

Komaki cacha un sourire alors qu'il buvait lui aussi. Il n'y a pas de doutes possibles. Il est au courant des sentiments de Kasahara-san.

Une fois Komaki parti, Dojo s'assit sur son lit, repensant à ce que Kasahara lui avait accidentellement dit. Il avait des difficultés à l'admettre, mais en l'entendant, il avait été content. Plus que content d'ailleurs.

Mais bon, il ne comptait pas le dire à haute voix.

Sauf que désormais, le problème était Kasahara. Dès qu'elle s'était enfuie, il savait que c'était pour aller quelque part pleurer. Choqué par ce qu'il avait entendu, il ne l'avait tout de suite suivi. Quand il était revenu à lui, elle, l'une des sportives les plus rapides de la base, avait depuis longtemps disparue.

Dojo s'allongea sur son lit et passa un long moment à décider quoi faire par la suite.


Au matin, Iku se leva avec réluctance Elle se regarda dans le miroir et ne fut pas surprise de voir que ses yeux étaient tous gonflés. En soupirant elle attrapa sa serviette avec l'intention d'utiliser de l'eau froide pour remédier au problème.

Iku s'immobilisa en réalisant que ses yeux gonflés étaient le dernier de ses soucis. Qu'allait-elle faire par rapport à Dojo ?

Lorsqu'elle arriva au bureau une heure plus tard, elle jeta un rapide coup d'œil circulaire, contente de ne pas le voir. Iku se dépêcha d'aller s'asseoir, se demandant comment elle allait bien pouvoir l'éviter pour le reste de la journée.

« Kasahara-san, bonjour. »

Iku, qui ne s'attendait pas à ce que quelqu'un lui parle, faillit hurler.

« In-instructeur Komaki ! » Soupira-t-elle de soulagement. « Bonjour. »

Il sourit avec optimisme. « Tu es à l'heure aujourd'hui. Continue comme ça. Tu ne voudrais pas que Dojo te crie encore dessus. » Komaki remarqua qu'elle fit la grimace à la mention de son nom.

« Komaki, Kasahara, » les interpella Dojo alors qu'il se dirigeait vers eux. Komaki eut un sourire démoniaque. Parfait timing, Dojo. Il inventa une excuse sur-le-champ.

« Dojo, il faut que j'aille voir le Major Genda. A tout à l'heure. » Iku paraissait sur le point de s'évanouir lorsque Komaki les laissa tous les deux seuls. Dojo fronça les sourcils, sentant quelque chose de suspect avec lui, mais tourna son attention vers Iku.

Elle déglutit, recula d'un pas et puis se retourna avec l'intention de continuer à travailler.

« Kasahara. » Elle s'arrêta. Zut, c'était si près ! Argh, je ne veux pas lui parler maintenant.

Iku se força à le regarder mais pas directement dans les yeux.

« Reste après le boulot aujourd'hui. Nous avons quelque chose à voir, » dit Dojo en remarquant que ses yeux étaient un peu rouges et gonflés. Il serra les poings, conscient qu'elle avait passé toute la nuit à pleurer.

A cause de lui.

« O-oui monsieur ! » Iku salua et puis retourna à son bureau. Ils ne se parlèrent pas pour le reste de la journée.

Mais malheureusement pour Dojo, il y eut une réunion entre tous les chefs d'équipe de la base à la fin de la journée. Quand Iku entendit la nouvelle, elle s'avachit sur son bureau de soulagement. Elle avait réussi à ne pas lui adresser la parole pendant un jour entier.

Iku ferma les yeux de fatigue. Pendant combien de temps encore devrais-je faire cela ?


Note de la traductrice : Et revoilà un chapitre pour cette super fic ! Je suis navrée, Tigrou19, je t'avais dit qu'il serait disponible lundi mais j'ai été retardé avec mon travail scolaire. J'espère que tu me pardonneras et aimeras ce p'tit chapitre. Nous arrivons au sommet de l'histoire^^ Bonne lecture à tous les fans de Library Wars de !

*Hermi-kô***