Bishop passa la porte après McGee. Ziva ne les avait pas encore rejoint.
« Wahou, c'était…
-Etrange ?
-Intense. Ils avaient l'air de parler sans ouvrir la bouche »
La porte s'ouvrit brusquement et Ziva les rejoint sans un mot, d'un pas déterminé, et les dépassa pour arriver jusqu'à la voiture, où elle s'installa à l'arrière, jetant les clés à McGee. Revoir Tony avait provoqué en elle des sensations qu'elle n'avait pas ressenti depuis trop longtemps. Ces sensations, elle se les était prises en pleine figure, mais la présence de Tony avait tout anesthésié chez elle. Elle sans doute pu se prendre une balle sans s'en apercevoir. Quand elle était sortie, l'anesthésie s'était dissipée. Elle avait l'impression de se prendre un mur de sentiments en pleine face et elle avait besoin d'encaisser.
Assise sur la banquette arrière, elle ne prêta pas attention au regard inquiet de McGee. Ils durent s'arrêter faire le plein d'essence, et les deux femmes restèrent dans la voiture. Bishop se retourna, sans que Ziva le remarque. La blonde se fit la réflexion que l'air d'animal blessé qu'elle avait dans le labo d'Abby n'était rien à côté de ce qui se lisait sur son visage à ce moment. On aurait dit un animal percuté par une voiture, abandonné à l'agonie.
« Est-ce que ça va ? »
La brune bougea lentement la tête. Elle ne paraissait pas comprendre ce que Bishop avait dit. Puis, le plus naturellement du monde, en une seconde, elle redressa la tête, effaçant toute trace d'émotion sur son visage, si bien qu'on aurait pu douter qu'elle n'aie ressenti quoi que ce soit de toute sa vie.
« Oui, merci. Ca va aller.
-Vous êtes sûre ?
-J'ai juste besoin d'un peu de temps.
-J'ai pensé que vous pourriez avoir envie de parler à quelqu'un… qui ne soit pas McGee. »
La brune parût hésiter, puis sourit tristement.
« Habituellement, c'est à Tony que je parle. » Elle tourna la tête vers la vitre. « C'était à Tony. »
McGee entra dans la voiture et reprit le volant. Il aurait voulu faire quelque chose pour Ziva, mais ne savait pas quoi. Il décida que le silence était ce qu'il pouvait lui offrir de mieux.
