Après l'amour... Le temps des réflexions ?

Voilà donc Hermione et Severus, dont les corps sont rassasiés, mis devant le fait accompli, et devant les réflexions que cela engendre.

Je tiens à le préciser : je sais très bien où je vais avec cette histoire. Certains passages peuvent paraître déroutants, mais ils serviront pour plus tard. Rien n'est fait au hasard (tout comme les citations de début de chapitre, révélatrices de ce qu'ils ressentent) !

En tout cas, merci de suivre cette histoire ! Si vous avez des questions, des doutes, n'hésitez pas à m'envoyer un PM ou autre, je réponds quasi systématiquement (soit en privé, soit ici).

D'ailleurs, petit chat aux yeux bleus, le "Rated R" faisait référence à l'ancienne grille de , où le R équivalait à un -18 en quelque sorte. Mais oui, rated M aurait pu passer également. :D Eileen, non, ce n'était pas un rêve... Quelle chanceuse cette Hermione ! Et bienvenue à notre nouvelle lectrice, Lilisnape !

Bonne lecture !


XII. A l'aube de nos sentiments

"Tous les sentiments ont ceci de particulier que l'on croit les éprouver seul."

- Jean-Paul Richter


Un énième coup d'oeil à l'horloge qui faisait face à son lit lui confirma à Hermione ce qu'elle pensait : le temps n'avançait pas. Il n'était que six heures du matin, et le jour peinait à se lever sur Londres. Un épais brouillard s'accrochait à ses fenêtres, et elle remonta instinctivement la couette au niveau de ses hanches.

Cela faisait plus de deux heures qu'elle était réveillée et ne parvenait plus à trouver le sommeil. Elle avait passé une heure, allongée sur le dos, à s'écouter respirer, pensant se calmer de cette façon. Peine perdue. Elle avait alors allumé sa lampe de chevet, relisant distraitement l'ensemble des notes qu'elle avait prises depuis le début de son apprentissage. Mais Hermione avait le plus grand mal à se concentrer, perturbée par les souvenirs de la nuit précédente qui revenaient la hanter. Il ne s'agissait pas simplement du moment d'intimité qu'elle avait partagé avec son ancien professeur, mais également de la demande pour le moins inattendue dont il lui avait fait part.

Il voulait procéder à une résurrection.

Hermione secoua la tête, toujours sous le choc de cette révélation. Il ne lui avait pourtant pas fallu beaucoup pour céder et répondre par l'affirmative à cette demande incongrue. Son envie d'être proche de lui, de lui faire plaisir autant qu'elle voulait qu'il lui fasse plaisir d'une certaine manière avait pris le pas sur sa raison qui lui avait pourtant crié d'y réfléchir à deux fois. La jeune femme devait se l'avouer : elle avait plus pensé à l'expérience grisante qui les attendait s'ils s'aventuraient sur ce chemin ensemble - elle connaissait la passion de Severus pour l'art des potions poussé à son extrême -, plus qu'à la finalité de cette aventure. Car il s'agissait ici de faire ce qu'aucun sorcier n'avait réussi à faire pendant des siècles : faire revenir une personne décédée parmi les vivants.

Bien sûr, elle s'était intéressée au sujet, et ce à de multiples reprises. Lors de sa première année tout d'abord, l'immortalité apportée par la pierre Philosophale se rapprochant finalement de cette capacité à ramener les morts sur Terre. Mais elle n'avait pas à l'époque assez d'éléments pour démontrer la possibilité d'une telle chose. Ni pour démontrer le contraire d'ailleurs, pensa-t-elle. Certes, il était facile de dire qu'une telle chose n'était pas possible, mais c'était une autre chose de le démontrer. Le monde sorcier fonctionnait d'une manière totalement différente du monde moldu, elle le savait. Alors qu'une telle chose était réellement impossible dans le monde duquel elle venait, le monde sorcier n'avait jamais entièrement fermé la porte à cette possibilité. Les Reliques de la Mort par exemple, étaient vues par beaucoup comme un simple conte pour enfants il y a encore quelques années, mais tous savaient désormais que ce n'était pas le cas. Alors pourquoi pas ?

Mais Hermione se rendait désormais compte de ce qu'une telle résurrection impliquerait si tant est qu'elle soit menée à son terme et qu'elle réussisse. Il s'agissait là de Lily Potter, la mère de son meilleur ami. Elle savait à quel point le fait d'avoir grandi sans ses parents avait affecté Harry, et il en souffrait encore aujourd'hui même s'il parvenait à mieux accepter ce manque. Comment réagirait-il à une telle annonce ? Et surtout : devait-elle lui en parler ?

A cette question primordiale venait s'en ajouter une autre. Elle savait que Severus n'était pas désintéressé dans cette démarche. Elle avait compris avec le temps et grâce à des discussions qu'elle avait eues avec Harry que son Maître avait été éperdument amoureux de Lily lors de son adolescence et que cet amour à sens unique avait perduré au-delà de la mort de cette dernière.

A sa plus grande surprise, elle ressentit soudain un léger pincement au coeur. Non, bien sûr, elle n'était pas amoureuse de Severus, non, se dit-elle en ramenant ses jambes près de sa poitrine. Comment aurait-elle pu, elle le connaissait à peine. Certes, elle éprouvait du désir à son égard, et la nuit qu'ils avaient passée ensemble n'avait pas eu l'effet escompté. Au fond d'elle, une petite part de son être aurait voulu que ce moment passé ensemble l'aide à oublier cette envie insensée qu'elle avait de se retrouver dans ses bras. Mais cela n'était pas le cas. Au contraire, elle avait été déçue de voir qu'il ne voulait pas dormir à ses côtés après avoir partagé ce moment avec elle.

Avec un soupir, Hermione se leva de son lit, essayant de faire le moins de bruit possible. Après avoir enfilé son débardeur et son short, elle déposa les parchemins qu'elle avait étalés sur son lit sur son bureau et ouvrit doucement la porte de sa chambre afin d'aller prendre une douche. La salle de bain se situait à côté de la chambre de Severus, et elle ne voulait pas le réveiller. D'ailleurs, voulait-elle vraiment le voir après ce qui s'était passé la veille ?

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Severus entendit la porte de la salle de bain adjacente à sa chambre grincer lorsqu'il sortit de sa propre salle de bain. Il se sécha rapidement les cheveux, une serviette négligemment posée autour de ses reins, et observa le soleil se lever sur Londres à travers la fenêtre de sa chambre.

Il n'avait pas trouvé le sommeil de la nuit, et au lieu de rejoindre sa chambre directement après avoir quitté celle de la jeune femme, il était descendu à son bureau, passant sa nuit à rechercher un moyen alternatif à la réussite du rituel. Mais cela n'avait rien donné, et il commençait à se dire qu'il ne trouverait jamais rien de probant, et que la mise en danger de la vie d'Hermione était une condition sine qua non pour que la résurrection de Lily Potter arrive à son terme.

Il soupira en faisant tomber la serviette à ses pieds, nu comme au premier jour. Il enfila rapidement un boxer et une robe propre, noire, comme à son habitude. Un rapide sortilège eut raison de l'humidité de ses cheveux, et il s'assit sur le rebord de son lit, se sentant soudain las. Comment allait se passer sa journée en compagnie de celle qu'il avait tenue dans ses bras quelques heures auparavant, de celle qui s'était donnée à lui avec une candeur propre à son jeune âge ?

Même s'il le voulait, il n'arrivait pas à regretter ce qu'il avait fait. Il en avait eu envie, désespérément envie, et il savait qu'Hermione avait éprouvé ce même désir à son égard. Cependant, une petite voix lui murmurait que c'était lui, Severus Snape qui avait instillé cette idée dans l'esprit innocent de son ancienne élève, en la droguant à son insu, lui faisant connaître ses propres rêves, ses propres désirs.

Et puis... Le regard plein d'attente qu'elle lui avait lancé alors qu'il s'apprêtait à quitter sa chambre n'arrivait pas à s'effacer de son esprit. Il avait lu tant de choses dans ce regard, de la surprise, de la peine... Il connaissait ce regard. Il avait eu ce même regard le jour où Lily Evans lui avait dit qu'elle ne pouvait plus être son amie, ce jour où elle l'avait abandonné. Jamais il n'aurait pensé revoir ce même regard chez quelqu'un, et surtout pas chez Hermione Granger, la femme la plus sûre d'elle qu'il connaissait.

Peut-être ne la connaissait-il pas autant qu'il le prétendait finalement... Peut-être avait-elle développé des sentiments déplacés à son égard. Des sentiments qu'elle n'aurait sûrement pas ressentis s'il lui avait expliqué la place qu'elle occuperait lors du rituel.

Mais Severus savait qu'il ne devait rien lui dire avant d'être sûr qu'il n'y avait pas un autre moyen lui permettant de ne pas risquer sa vie. Grâce à la complexité des ingrédients utilisés, ils avaient encore au moins deux mois devant eux avant la réalisation du rituel. Deux mois pendant lesquels ils allaient travailler ensemble. Deux mois auprès d'elle. Deux mois.

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Hermione descendit rapidement les escaliers, et s'arrêta devant la porte du laboratoire de Severus. Elle respira profondément avant de ramener sa main près de la porte et de cogner deux coups. Elle entendit la porte se déverrouiller, et elle la poussa lentement, habituant ses yeux à la pénombre qui régnait dans la pièce. Severus lui tournait le dos, assis sur un tabouret, avec ce qui semblait être un livre posé sur la table qui lui faisait face. Hermione déglutit difficilement en s'avançant au milieu de la pièce, n'osant pas le déranger. Que pouvait-elle bien lui dire d'ailleurs ?

Au bout de quelques secondes, il finit par se retourner vers elle, une expression impassible sur le visage. Hermione reconnut immédiatement le regard perçant qu'il lui avait lancé quelques heures auparavant alors qu'il s'apprêtait à...

- Bonjour, Hermione.

Sa voix suave interrompit le cours de ses pensées, et Hermione se rapprocha d'un pas.

- Bonjour, Severus.

Ce dernier se leva, son livre à la main, et se dirigea vers elle. Hermione retint sa respiration, se demandant ce qui allait se passer, et ne put s'empêcher de ressentir un certain désappointement lorsqu'il passa à quelques centimètres d'elle sans un geste à son égard. A quoi s'attendait-elle ? A un baiser peut-être ? Elle secoua vivement la tête comme pour oublier de telles pensées, un geste qui n'échappa à Severus qui s'apprêtait uniquement à ranger l'ouvrage qu'il lisait quelques minutes plus tôt. Il s'arrêta à mi-chemin, près de la jeune femme.

- Quelque chose ne va pas ?

- Non, non, tout va bien. Tout va très bien..., ajouta-t-elle dans un souffle, gênée par la soudaine proximité de son Maître.

Severus la dévisageait, et il avança soudain sa main droite vers son visage. Hermione entrouvrit la bouche, tandis que son coeur battait de plus en plus vite dans sa poitrine. Allait-il... La toucher ? Elle ferma les yeux lorsque son pouce se déposa délicatement près de sa bouche, la caressant doucement. Cependant, il ôta rapidement sa main, et Hermione ouvrit les yeux, étonnée de ne plus sentir sa main sur elle. Un léger rictus se forma sur la bouche de Severus qui lui montra son pouce blanchi.

- Un reste de dentifrice je suppose..., murmura-t-il, l'air amusé.

Hermione rougit intensément, gênée comme elle ne l'avait été. Elle recula rapidement, mettant de la distance entre elle et la seule personne capable de lui faire perdre ses moyens avec une telle facilité. Elle se mordit la lèvre inférieure et se dirigea vers les fioles qu'elle rangea distraitement, sentant des larmes lui monter aux yeux. Pourquoi réagissait-elle ainsi ?, pesta-t-elle contre elle-même. Il n'y avait aucune raison de pleurer, vraiment, et pourtant. La situation était compliquée, et le fait de n'avoir jamais ressenti de telles choses pour un homme y était sûrement pour beaucoup. Elle avait envie de quitter ce laboratoire, de rentrer chez ses parents, d'oublier ce qui s'était passé, d'oublier les attentes qu'elle avait...

Mais il avait besoin d'elle.

- Hermione...

Une main se posa alors sur son épaule, la forçant à se retourner, ce qu'elle fit. Elle baissa cependant la tête, ne lui donnant pas l'occasion de rencontrer son regard embué de larmes.

- Hermione..., répéta-t-il.

N'obtenant aucune réponse, il passa délicatement une main sous son menton, afin qu'elle relève la tête vers lui. Une fraction de seconde plus tard, ses lèvres étaient contre les siennes, et Hermione sentit une larme couler le long de sa joue. Une seule. Le reste ne fut que sensation, caresses et baisers.

La journée commençait finalement mieux qu'elle ne l'avait espéré.


Au programme du prochain chapitre : quelques discussions, ce chapitre en manquant cruellement !

A très vite (probablement lundi) !