Il suivit McGonagall jusqu'à l'infirmerie ou l'attendaient Mrs Pomfrey, Snape, Lucius, Lockhart et Rusard…
-Gilderoy l'a trouvé alors qu'il descendait aux cuisines pour avoir une tasse de chocolat…
Harry lança un vague regard à Lockhart, qui semblait faire de son mieux pour ne pas paraître trop fier, comme si il attendait des félicitations. Il l'ignora.
Sur le lit devant lui se trouvait Colin Creevey, figé, froid comme la glace et pâle comme la mort, son appareil photo dans les mains et placé devant son œil. Même après que Harry l'ai ensorcelé, il avait continué à l'emmener partout avec lui. Et il s'obstinait à l'utiliser, il le faisait juste moins souvent. Harry n'était pas si méchant. L'appareil prenait la photo, mais il ne supportait pas les flashs incessants. Le fait que Colin se les prenne dans la figure avait freiné sa propension à photographier tout et n'importe quoi. Il ne capturait que les choses qu'il jugeaient réellement importantes maintenant…
-Il l'a vu à travers son appareil, commenta Harry.
-C'est ce que nous pensions, répondit McGonagall.
-Je me demande si il a réussi à prendre une photo du Basilic, commenta l'infirmière.
Harry prit l'appareil photo des mains de Creevey et l'ouvrit. Un nuage de fumée s'en échappa et une horrible odeur de plastic brûlé se répandit dans l'air.
-Probablement, répondit Harry. Mais la pellicule à fondu…
-Il semblerait que la Chambre des Secrets ait donc bel et bien été ouverte… Renchérit Snape.
Harry hocha la tête.
-En effet. Si Miss Teigne aurait pu être ensorcelée par un -certes, puissant- idiot qui voulait faire parler la Légende, maintenant, le doute n'est plus permis. Mais cette fois encore, la victime est vivante. Pétrifiée, mais vivante, dit-il en lançant un regard appuyé à Rusard.
Il savait que le pauvre homme faisait le guet, toute la journée, assis sur une chaise, dans le couloir ou son pauvre chat avait été agressé. Il lui faisait de la peine…
Harry frissonna.
-Je vous dois d'être honnête. Je pense que l'élève possédé est en danger, je pense qu'il est en train de perdre son énergie vitale… La suite logique voudrait que l'élève soit tué, tandis que Voldemort pourrait revenir…
McGonagall poussa un petit cri. Miss Pomfrey sursauta. Snape resta impassible, et Rusard pâlit, tandis que Lockhart essayait de se faire oublier…
-Nous ne pouvons laisser cela arriver ! S'exclama McGonagall.
-En effet, répondit Harry. Cependant, je persiste à penser que cela fait deux fois déjà que Voldemort « manque son coup ». Admettez-le, il est curieux que sur les deux victimes, aucune ne soit morte ! Pourquoi faire en sorte que l'élève lâche le Basilic sur ses cibles, lorsqu'il est évident que toutes les conditions ne sont pas réunies pour les tuer ? Creevey, passe encore : il aurait très bien pu avoir assez peur pour oublier son appareil, mais pour Miss Teigne ? Elle marchait dans l'eau, elle est la chatte du concierge, entraînée pour détecter les anomalies, et de plus, un chat à les yeux très proches du sol, et les animaux sentent le danger. Sans compter que l'élève possédé aurait pu se douter que Miss Teigne ne regarderait pas forcément le Basilic dans les yeux car, excusez-moi, mais vous devez bien comprendre que si il dort dans la Chambre depuis plus ou moins un millénaire, il doit faire quelques dizaines de mètres de longs et avoir également une certaine hauteur…
-Merlin nous vienne en aide ! S'exclama McGonagall.
-Et là encore, croyez-bien que je m'en veux de poser cette question, mais pourquoi Miss Teigne, et non pas Rusard lui-même ? Demanda-t-il en relevant les yeux vers le concierge.
Même dans l'obscurité, il le vit distinctement déglutir…
-Ou voulez-vous en venir ? Demanda Snape.
-Je pense, encore une fois, que Salazar essaye de communiquer avec moi. Cela veut dire qu'il va posséder cet élève longtemps, multiplier les attaques, jusqu'à ce qu'il ai assez de forces pour attirer l'élève dans la Chambre, pour me pousser à y pénétrer, et enfin le rencontrer…
-Et vous voulez que nous laissions cela arriver… Conclut Snape.
Harry hocha la tête.
-En effet. Je suis conscient de ce que je vous demande, mais j'aimerais que nous laissions les choses se faire. J'aimerais parler à Salazar. Il ne ferait pas quelque chose comme ça si ce n'était pas son souhait. Si il ne voulait pas me rencontrer physiquement. Autrement, il aurait agi pour tuer, ou bien il lui aurait suffit d'ordonner à l'élève de me donner le Horcruxe…
-Vous voulez que nous prenions le risque de perdre un élève et de voir revenir un Mage Noir !? S'exclama McGonagall, outrée.
Harry grimaça.
-Oui. Je suis conscient que je vous demande quelque chose d'horrible, mais oui…
-Et je suppose que vous avez une bonne raison pour faire cela ? Interrogea Snape. Car nous ne pouvons décemment pas prendre ce risque simplement pour que vous conversiez avec votre âme sœur…
Harry baissa les yeux, la mort dans l'âme.
-J'ai une autre raison de vouloir voir Salazar. J'ignore si elle est bonne, mais dans tous les cas, elle est simple : si il est toujours maléfique, je devrais le tuer. Cela me tuera moi-même sans aucun doute, mais je me mettrai alors en quête des Horcruxes pour les détruire, et je mettrai ainsi définitivement fin à notre existence à tous deux : aucun de nous n'a eu de descendant, -du moins, je ne crois pas qu'il en ai eu-*, la Magie ne pourra donc pas nous ramener, puisqu'elle n'aura pas perpétué notre lignée… Et il est évident que je ne survivrai pas, si je dois le tuer une seconde fois…
Un silence de plomb tomba sur le groupe rassemblé autour du lit de Colin.
-Vous êtes prêt à faire ça… Murmura finalement Lucius Malefoy.
Harry leva les bras au ciel dans un geste d'impuissance et se retint de hurler de dépit.
-Que puis-je faire d'autre ? C'est à cause de moi si Salazar est mort en premier lieu ! C'est à cause de moi si il a attendu si longtemps avant de se réincarner ! C'est à cause de moi qu'il a dut se tourner vers la Magie Noire pour survivre et m'attendre ! Le Monde Sorcier paye le prix de MES erreurs ! La moins que je puisse faire, c'est de les réparer ! Et tant pis si je dois pleurer sur ma bêtise au Purgatoire pour l'éternité…
Après cette tirade, plus personne n'osa discuter. Tout le monde se retira progressivement dans sa chambre. Harry pressa brièvement le poing serré de Colin en murmurant un « désolé », avant de s'en aller et de retourner se coucher.
Le lendemain, la nouvelle de l'attaque s'était déjà répandue comme une traînée de poudre ! Harry soupçonnait Lockhart d'y être pour quelque chose, mais même sans cela, les portraits auraient donné le même résultat.
Harry soupira en voyant Ginny Weasley, blanche comme un linge, qui peinait à manger au petit déjeuner. Il savait que la jeune fille avait pleuré après l'attaque de Miss Teigne. Percy avait attribué cela au fait que sa sœur adorait les animaux. Et depuis l'annonce de la nouvelle attaque, les jumeaux ne cessaient de se cacher derrière les armures pour lui faire peur, ils ne s'arrêtèrent que lorsque Percy les menaça d'écrire à leur mère, parce que Ginny faisait des cauchemars…
Un marché noir d'amulette sembla se développer à Poudlard. Les Sang-Mêlés et les Nés-de-Moldus, en particulier, semblaient terrifiés. Même Neville, bien que Sang-Pur, se laissa attraper. Tout le monde savait qu'il était presque Cracmol, disait-il. Harry le frappa à l'arrière de la tête en entendant ça. Depuis l'année dernière, la garçon avait fait des progrès phénoménaux, et le pire était qu'il ne s'en rendait pas compte…
De toute façon, Harry voyait cette histoire de trafic d'un très mauvais œil. Il eût tôt fait d'y mettre fin, en faisant une petite visite à la salle commune des Serpentard. Qui de mieux pour exploiter la peur des Sang-Mêlés que des Sang-Purs ? Il les prévint que si ils continuaient, Poudlard remplaceraient leurs lits confortables en paillasses comme celles sur lesquelles leurs acheteurs devraient probablement dormir si ils continuaient à les ruiner. Car il était évident que les Serpentard vendaient leurs produits à prix d'or, à des gens qui ne disposaient parfois que d'une bourse d'étude. Bizarrement, le trafic s'arrêta rapidement après ça, et Harry chargea les tableaux de le prévenir en cas de problèmes…
*Oui, je sais, Harry Potter et l'enfant maudit nous a donné plus de précisions sur ce sujet… Et bien tant pis, na ! C'est ma fic, j'fais c'que j'veux ! Et puis de toute façon, si on se base sur l'âge de Delphini, Voldy l'a eue sous sa forme de serpent dégueulasse, donc c'est la deuxième guerre… Bellatrix est vraiment une tarée !
