Posté le : 6 Janvier 2011. Arf, j'ai du mal à mettre 2011. Ça sonne mes dix-neuf ans, ma prochaine ménopause, le retour des Beatles et des chevaliers de l'Apocalypse, la déchéance des Drarry et l'inflation du marché du citron et de la limonade. Souhaitez-moi bonne chance pour mon partiel de ce soir... =/

Note de moi-je à votre alter-ego diabolique : Bientôt 200 reviews ? Je ne vois même pas le temps passer avec cette histoire, tant j'en suis passionnée. Je remercie chaque personne ayant apporté sa petite touche. Cela m'a aidé à construire une suite et des sous-intrigues rien que par vos messages. J'essaie de rendre la suite toujours intéressante, et ce n'est pas aisé de capturer l'attention des lecteurs. En tout cas, je tenais à préciser que quasiment tous les chapitres à venir sont réservés au couple principal de cette histoire. Beaucoup se demandaient s'il y aurait réellement un DM x HP et désespéraient un peu. Mais je suis plutôt du style à faire languir le lecteur. Je n'aime pas les histoires trop faciles. Autant lire un bon Oui-Oui avant d'aller roupiller dans ce cas x)'

Post-it collé sur une bouteille de lait : Aleks, mon dernier post-rectum c'était de l'humour, voyons ! Nous ne sommes pas dans une dictature marxiste ici. Aucune censure possible x)' (Et puis, j'adore trop tes reviews pour te soumettre à la Gestapo) ET, (oui, j'ai pas fini de déblatérer) avec Livioute nous avons terminé d'écrire notre coécriture Sensitive Polaroïd qui est également un DM x HP. Donc si vous êtes en manque de lecture allez y faire un tour, les derniers chapitres sont déjà écrits et seront postés régulièrement. ET (oui, j'ai encore des trucs à dire) j'écris en ce moment une parodie DM x HP avec Lula's Lullaby portant le titre de Serpiputes. ET (oui, je vais me taire bordel !) je vais bientôt entammer une nouvelle coécriture avec, cette fois, Sebbarya ! De nombreux projets en tête... Cette fois je me tais et je vous laisse lire !

LE BLABLA EST VANITE.


ROCKRITIC

Chapitre 11 : « Behind The Scene »


Draco Malefoy savourait son café brûlant en survolant le journal du matin, debout au bar de sa cuisine. Il était déjà habillé quand Matheus le rejoignit :

- Déjà debout ?

- Je vais au studio aujourd'hui, répondit-il sans quitter des yeux son journal.

- Et pourquoi portes-tu tes Ray-Ban ?

- Je veux cacher mes affreux cernes : j'ai passé la nuit derrière l'ordinateur. L'inspiration, tu vois ? Bon... ne m'attends pas ce soir. Il y aura certainement beaucoup de travail qui m'attendra. Profite bien de... euh... du soleil.

- Ouais, c'est ça. Casse-toi.

- Voyons, ne sois pas aussi médisant, plaisanta Draco en l'enlaçant. C'est quoi qui te gêne dans le fait que j'aille travailler ? Tu voulais être l'homme dans le couple c'est ça ? Bah, c'est raté ma jolie... C'est complètement raté.

- Tu vois quelqu'un d'autre.

Draco roula des yeux, ce que ne put voir son compagnon. Il enfila sa veste et en rajusta les manches.

- Si je t'avais trompé Matheus, tu ne l'aurais pas su. Je sais mentir, dit-il en plantant ses yeux gris dans les siens. Mon coeur ne bat pas plus vite, je n'ai pas le regard fuyant, je ne bafouille pas, je ne fais pas de lapsus révélateur. En bref, on peut me faire subir mille et une tortures, si je me tiens à une version : on croira que je dis la vérité. Je ne te trompe pas, OK ? Et là, tu devras te contenter de ça - mensonge ou non.

- Cela va bientôt faire un an qu'on vit ensemble... et tu me dis que tu ne m'as jamais trompé.

- Il y a bien eu deux ou trois écarts de conduite mais rien de grave, prononça-t-il avec un large sourire. Bon... Je sais que ça peut paraître bizarre mais c'était une année bien remplie : donc non, je ne t'ai pas trompé. Pas encore, si ça peut te rassurer.

Il déposa un léger baiser sur ses lèvres. Il riait presque. Ca l'amusait de voir les autres jaloux pour si peu. Deux cernes et cela avait suffi pour qu'il se mette dans un état pareil. Il prit ses clefs dans le cendrier et sortit de son loft, ses papiers et son notebook sous le bras. Sa voiture grise était toujours dans son box et le moteur ronronna doucement lorsqu'il mit le contact. Draco fredonna Love Foolosophy tout au long du trajet.

Le studio avait été déplacé vers les docks de Londres. Ils commençaient à monter le décor pendant que les recruteurs finissaient de faire les castings. Draco entra sur le plateau en évitant de peu de se cogner à une planche en bois. Il tenait fermement ses affaires contre lui, parfois, une ou deux feuilles tombaient et il devait se baisser pour les ramasser. Il ne comptait même pas ses fréquents arrêts. Ses yeux cherchaient des yeux la silhouette du cinéaste.

Finalement, il dû se résoudre à admettre qu'il n'était pas encore là. La chaise hollywoodienne portant son nom au dos était vide. Alors Draco s'avança vers la chaise, posa ses affaires sur la table à côté où était posée une bouteille d'eau et s'assit à la place de Potter. C'était confortable. De là, il avait l'impression d'être le patron.

Pendant un quart d'heure, il pianota des messages sur son Smartphone et joua à quelques jeux, un sourire en coin.

- Vous voulez que je vous apporte quelque chose ? demanda une voix familière.

Potter posait ses deux grands yeux vert sur lui et souriait avec malice.

- Eh bien, je n'osais pas demander, mais un paquet de bonbons ça serait bien. Et un grand verre de coca. Je n'ai pas dormi de la nuit.

- Une amante ? taquina le cinéaste en débouchant sa bouteille d'eau. Ça doit être une vraie tigresse pour ne pas vous avoir laissé un moment de répit.

- Plus du genre lente à la détente si vous voyez ce que je veux dire...

- Préliminaire qui dure trois heures ? Ouais, moi aussi j'ai connu ça. Au fait, vous savez que c'est malpoli de parler avec des lunettes de soleil ?

- Je n'ai pas envie d'imposer ma sale gueule au monde.

- C'est déjà fait, malheureusement. Sinon, que faites-vous ici ? Je veux dire... qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis à l'idée de remettre les pieds au studio ?

- La nuit porte conseil, répondit Draco en posant ses mains sur la caméra.

- Mmh, je vois. Vous... vous voulez que je vous apprenne à filmer ?

- Oh, non... je ne suis pas trop...

- C'est hyper simple : si moi j'y suis arrivé, un type talentueux tel que vous peux également y arriver. Alors, d'abord, pour l'allumer... il faut... Regardez devant vous, pas moi.

- Ouais, mais si vous expliquez il faut bien que je vois de quel côté vienne les ordres.

- Vous avez réponse à tout, hein ?

- Réponse à tout c'est mon deuxième prénom, plaisanta-t-il.

Pendant près de vingt minutes, Harry Potter lui expliqua la magie d'être derrière la caméra, différents procédés techniques et comment rouler sur les rails de gauche à droite et surélever le siège ainsi que la caméra de plusieurs mètres pour avoir une vue en contre-bas - ce qui amusa beaucoup Draco.

- Je ne pensais pas que filmer pouvait être aussi... fun, souffla Draco en replaçant quelques mèches de cheveux. J'avais l'impression d'être sur un manège. Vous croyez que ça fait aussi siège éjectable ?

- J'en sais fichtrement rien. Je n'ai pas encore trouvé de petit bouton rouge avec marqué juste en-dessous "appuyer en cas d'extrême urgence".

- J'adore votre métier, prononça l'autre en un murmure tout en se laissant aller dans son siège. Dites, c'est tous les jours comme ça où vous avez aussi le droit à votre jour de galère.

- Même Dieu a eu le droit à son jour de galère : alors pourquoi pas moi ?

Harry Potter écrivait sur un bloc-notes en regardant tout autour de lui. Draco avait ses bras appuyés sur la caméra et le regardait faire. C'était drôle de voir les autres faire leur travail. Ca changeait de ce à quoi on avait l'habitude. Finalement, le cinéaste fit volte-face et se rendit compte que Draco le filmait depuis plusieurs minutes. Il grinça des dents en cessant d'écrire :

- Dites-moi, est-ce que je vous fais chier au boulot ? Est-ce que je suis derrière vous à sortir la fanfare et à jouer à l'enfant ?

- Non, dit Draco entre deux rires. Mais je suis chiant. On ne change pas les bonnes choses. Et puis, vous filmez tout le temps mais personne ne vous filme. Je veux vous rendre justice.

- Très honorable de votre part.

- Ne bougez pas : j'essaie d'avoir votre plus beau profil, taquina l'écrivain en appuyant sur un bouton pour incliner la caméra.

Harry leva les yeux au ciel et continua de griffonner. Il notait les paramètres à prendre en compte pour le début du tournage : l'arrivée de lumière, l'espace, le décor, les angles... Et Draco qui s'amusait comme un enfant à tourner à 180°.

- Vous savez... dit-il pendant qu'il continuait de tourner. Hier soir... on a parlé de tellement de choses... que ça m'a fait... du bien... beaucoup de bien...

Harry appuya sur le bouton d'arrêt et plaça ses bras sur les deux accoudoirs.

- Moi aussi ça m'a fait du bien.

- Et ça ne vous gêne pas de pactiser avec l'ennemi ?

- Satan était un fidèle bras-droit avant de devenir celui qu'il est. De même pour Judas. Vous connaissez le principe de la rédemption ?

- J'ai donné mon sang à Satan et mes couilles à Judas. Je ne peux pas me repentir. Je l'ai dans le baba.

Harry sourit de toutes ses dents : c'était encore mieux de se lancer des pics dans la réalité que par mails.

- Et à qui avez-vous léguer votre sexe ?

- J'en ai plus depuis qu'un drag-queen m'a mordu la queue dans un backroom.

Le cinéaste ne pu s'empêcher d'éclater de rire. En toute réponse, Draco lui donna un léger coup de poing dans le ventre :

- Quoi ? C'est vrai en plus ! Vous voulez que je vous montre les dégâts ?

- Non, ça va aller, dit-il entre deux hoquets.

- Couille molle, argua Draco.

- Où est passé le type qui parlait divinement bien derrière son écran ?

- C'était un pervers sexuel qui empruntait mon adresse email par intérim.

- Donc c'était vous.

- On peut dire ça comme ça, grinça Draco. Comment se passe les castings ? Vous avez réussi à trouver mon sosie ?

- On a trouvé un petit du tonnerre : il est australien. Il est venu spécialement pour le casting et il a bien fait. Je pense qu'il a de bonnes chances d'être retenu. Il est vraiment marrant. J'ai assisté à la séance et ça m'a rappelé la vidéo que j'avais vu de vous pour Woodstock, Terre de Feu. Il est piquant.

- Je croyais que l'adjectif piquant était uniquement destiné aux maîtresses. Vous vous l'êtes tapé ? Vous n'avez pas honte ? Et puis, il a quel âge d'abord ?

- Dix-neuf ans. Il s'appelle Caleb. Un petit gars comme on les aime au cinéma : consciencieux, possédé et attentif. Son seul défaut ? Il est brun aux yeux marron. On doit lui teindre les cheveux de votre couleur et lui mettre des lentilles pour qu'il vous ressemble. Mais, on a bon espoir pour qu'il soit exactement comme vous après un bon lifting.

- Je vous emmerde ! Et je ne suis pas si vieux que ça d'abord... J'ai juste... vingt-quatre ans.

- Vous puez tellement le mensonge que cela risque de m'intoxiquer.

- Et vous ? Vous avez quel âge d'abord ?

- J'aurais soixante-trois ans le mois prochain. N'oubliez pas de m'envoyer des fleurs.

- Très drôle, sérieusement : soit vous ne faites pas votre âge, soit vous ne vieillissez pas ou soit vous avez un très bon plasticien. Et si c'est le cas, je veux ses coordonnés...

- Je suis allé voir les ingénieurs du son tout à l'heure : ils travaillent en ce moment même sur l'idée de votre mash-up.

- Ne changez pas de sujet, perfide individus ! tonna Draco en se levant d'un bond.

- Vous me donnez quel âge vous ? demanda le cinéaste en croisant les bras.

- Pas plus de quarante. Du genre fossile bien conservé au musée.

- Disons que j'ai entre vingt et quarante ans : le bel âge pour l'homme. Et ça me convient. Et puis qu'est-ce que ça change mon âge ?

- Cela change plein de choses !

Harry Potter marcha en long et en large dans le studio qu'ils étaient en train d'aménager. Beaucoup de personnes travaillaient dans un tohu-bohu incroyable.

- Les Red Hot Chili Peppers.

- Pardon ?

- Hier soir, reprit le cinéaste, vous avez oubliés de citer les Red Hot Chili Peppers.

Ils traversèrent le plateau en discutant avec animation des mails qu'ils avaient partagé la veille. Ils restèrent plantés devant le buffet et grignotèrent des viennoiseries en parlant de leur métier respectif.

- Je croyais que vous faisiez parti de ce genre de personne à faire attention à leur ligne, dit finalement Potter.

- Je croyais que je serai incapable de tenir une conversation courtoise avec vous, rétorqua l'autre. Et pour votre information, je ne fais pas vraiment attention à ce que je mange. Enfin, avant oui. Maintenant, je m'en contrebalance un peu puisqu'une voyante m'a dit que je mourrai à quarante-quatre ans.

Draco se baissa jusqu'à son oreille et murmura :

- Je vais mourir à quarante-quatre ans dans un motel près d'Oxford, foudroyé par un orgasme. Elle m'a même fourni les détails de mon autopsie rien qu'en lisant les lignes de la main.

- Vous êtes complètement pété, diagnostiqua le cinéaste en observant ses pupilles dilatées. Marijuana, coke, joint ? Dès le matin en plus : vous m'épatez.

- Je ne suis pas pété !

- Combien font trente-six plus trente-six ?

Draco pointa un doigt accusateur vers lui, le regard un peu vide. Il se balança d'avant en arrière sur ses talons et déclara :

- Tout le monde sait que ça fait quatre-vingt-huit.

Harry Potter leva les yeux au ciel et lui servit un verre d'eau :

- J'y crois pas : je discute avec un camé depuis près d'une heure et c'est seulement maintenant que je m'en rends compte. Asseyez-vous. Mais quelle idée de venir au travail dans cet état...

- Je ne travaille pas : moi, je m'amuse, rétorqua Draco après avoir bu son verre d'eau. J'ai juste prit un joint... rien de méchant. Ca redescend juste maintenant. Et arrêtez de me faire chier ou je vous fait un anulingus, menaça-t-il d'un oeil sévère.

Harry lui prit le visage entre les mains et inspecta le fond de ses iris. Draco semblait avoir un peu de fièvre, mais rien de bien méchant. Mais la drogue semblait accentué le côté original et chieur de sa personnalité : depuis près d'un quart d'heure, l'écrivain babillait des imbécilités.

- Excusez-moi, nous vous attendons pour la réunion d'harmonisation, déclara une voix claire derrière le dos du cinéaste.

C'était une jeune femme tenant une pile de dossiers entre ses mains. Elle était plutôt jolie et son carré plongeant lui donnait un air sérieux qui se mariait parfaitement avec son tailleur. Le cinéaste fronça des sourcils et la jeune femme lui tendit la main :

- Samantha, directrice du studio. Je regrette que nous n'ayons pas été présenté avant. Et, vous devez être... Draco Malefoy, n'est-ce pas ?

Le concerné arqua un sourcil et sortit de la poche intérieure de sa veste une flasque remplit d'un liquide d'alcool fort. Harry l'attrapa de justesse et la reboucha.

- Oui, c'est bien lui. Je n'avais pas été mis au courant pour cette réunion.

- Oh, ça ne durera pas très longtemps : juste de quoi faire le point avant le premier jour de tournage, informa-t-elle.

- Pitié, fourrez-moi cette lesbienne pour qu'elle se taise ! J'en ai marre d'entendre sa voix suraiguë, s'écria Draco en se bouchant les oreilles.

Samantha pinça ses lèvres et fit demi-tour.

- Cela va bientôt commencer. Mr Malefoy vous êtes également convié à nous rejoindre, prononça-t-elle en s'éloignant.

Lorsqu'elle fut suffisamment loin d'eux, Harry s'agenouilla et se mis à la hauteur de son collaborateur :

- Tu es vraiment chiant. Tu le sais ça ? Bon, écoute, pendant cette réunion il y aura le gratin. Contente-toi de répondre par oui ou par non vu ton état. Ne fais pas de trop longues phrases sinon tu vas gerber. Et si tu as envie de gerber... fais-le plutôt de mon côté, OK ? Bien, allons-y.

Il lui tendit la main et l'écrivain se releva. Ils marchèrent jusqu'à la salle de réunion se trouvant sur la passerelle au-dessus du plateau. Il y avait déjà une dizaine de personnes autour d'une grande table ovale. On leur serra la main puis ils s'assirent aux deux sièges encore vides. Draco se laissa retomber lourdement et ferma les yeux.

- Donc, nous étions en train de dresser un tableau prévisionnel. Vous pensez qu'on aura fini le tournage dans combien de temps ?

- Je dirai dix mois, répondit calmement Harry Potter.

Ils discutèrent pendant près de vingt minutes de budget, décors, paperasse. Draco s'ennuyait ferme et faisait tourner un stylo trouvé sur la table entre ses doigts. Samantha ne cessait de lui jeter des coups d'oeil agacé auquel il répondait par des sourires charmeurs.

- Vous savez quoi ? prononça finalement l'écrivain. Il y avait plus d'animation à ma dernière soirée goudou. Sans offense, Sam.

Harry lui envoya un regard éloquent avant de se racler la gorge pour poursuivre :

- Et donc, je pensais que nous pourrions partir tourner à Woodstock dès la saison prochaine comme ça, nous aurons déjà fait le plus gros du travail...

- Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? demanda Draco à brûle-pourpoint. Tout le monde ici se rend bien compte que cette réunion est aussi longue et chiante qu'une messe.

Le gérant financier du film jaugea Draco et répliqua :

- Ecoutez, vous êtes peut-être bon dans l'écriture mais on ne vous a rien demandé. Alors votre égo mal placé d'enfant gâté, vous pouvez vous le garder.

- Du calme, Rocky. Si je n'avais pas chié ce bouquin tu n'aurais pas ton boulot aujourd'hui, formula l'écrivain en se laissant aller dans son siège. C'est quoi ton problème au juste ? Tu ne te tapes plus ton facteur ?

Les collaborateurs autour de la table se regardèrent incrédule face à la puérilité manifeste de l'écrivain :

- Hum, donc pour l'acteur principal vous hésitez encore ? Pour départager Willis et Caleb nous devrions leur faire passer une dernière audition auquel tout le monde devrait assister - y compris Mr Malefoy qui...

- Laissez-moi faire mon Shâhada [1] en paix, grogna Draco en déposant sa tête contre la table. Ce joint ne passe pas. C'est horrible.

Samantha leva les yeux au ciel en rangeant ses papiers.

- Je vais proposer une date à Caleb et Willis. Je vous enverrai un mail groupé pour connaître les dispositions de l'équipe artistique.

- Parce qu'on fait de l'art maintenant ? Je croyais qu'on parlait fric ? Enfin, du moins que je reçois mon joli chèque au final... prononça Draco en se redressant.

- Mais je vais finir par devoir te tenir en laisse, gronda Harry Potter en se penchant vers lui.

- J'aime ça : dominez-moi, Maître, susurra Draco en mordillant son stylo.

Le cinéaste décida de l'ignorer superbement étant donné que l'écrivain n'était pas dans son état normal. Pendant un quart d'heure ils essayèrent de trouver un accord concernant le casting final - exempt du premier rôle. Ils montrèrent sur un diapo des photos et vidéos alors qu'ils avaient éteint la lumière. Tout à coup, un bruit de haut-le-cœur se fit entendre suivit par celui caractéristique d'un vomissement. Samantha se précipita vers l'interrupteur et alluma la lumière : Draco Malefoy finissait d'asperger de vomi un de leur plus gros sponsor du film. Ce dernier était figé en une grimace. Foutu le costume à deux milles dollars.

- Il paraît que ça porte bonheur, dit Draco en s'essuyant la commissure des lèvres. En tout cas, ça va un peu mieux. On peut continuer ?

- Je vais vous chercher une serviette, s'excusa Samantha en se précipitant vers la sortie avec une moue dégoutée.

L'homme était rouge de fureur et contemplait ses genoux avec hargne.

- Je lui avais dit de vomir de mon côté si l'envie se faisait sentir, plaida Harry. Mais encore une fois il ne m'a pas écouté.

- Arrête de faire ton lèche-cul Potter, formula Draco en se servant un grand verre d'eau. Enfin, ce petit épisode vous apprend que je ne suis pas... tenable. Il faudra vous y faire Rocky.

Samantha revint quelques instants après et tenta de nettoyer leur sponsor. Harry en profita pour faire sortir Draco hors de la salle de meeting. Il l'entraîna un étage en-dessous, dans la cuisine aménagée en cafétéria. Le cinéaste ferma la porte à clef et se laissa tomber sur une chaise, dépité :

- Tu viens de foutre en l'air des mois de travail.

- On n'avait pas qu'à m'inviter ! s'écria Draco. C'est de votre faute ! A Samantha aussi !

- Mais as-tu seulement conscience de ce que tu as...

- J'ai vendu ma conscience à Santa Barbara pour quarante-deux dollars et vingt-cinq cents : juste de quoi faire le plein, rétorqua-t-il. Alors ne viens pas me faire le discours moralisateur digne d'une homélie de Socrate.

- Ce n'est pas que je te déteste Malefoy, c'est juste que je ne t'aime pas. Tu... tu as le chic pour tout foutre en l'air en quelques foutues phrases.

- C'était un peu mon boulot de journaliste : il doit certainement y avoir de vieux restes. Tu sais quoi ? J'ai l'impression que les joints diminuent mon désir sexuel. Enfin, pourquoi te parler de ça vu que ta bite est à jeun depuis ton divorce.

- Très drôle, Malefoy. Bon, tu as entendu ce qu'a dit Samantha ? Il faut que tu viennes pour délibérer avec nous de qui aura le premier rôle entre Caleb et Willis.

- Tu ne m'as pas parlé de Willis. Tu ne l'aimes pas ?

- Il... Il n'est pas encore prêt. J'hésite à lui donner sa chance. Il est prétentieux et déjà trop sûr de lui.

- Oh, je sens que je vais l'adorer, gloussa l'écrivain. Il a quel âge ?

- Il a deux ans de plus que Caleb, soit vingt-et-un. Il a joué dans une série B aux Etats-Unis. Franc succès. Couverture de magazines. Contrat de mannequinat. Belle gueule quoi. Mais trop pédant.

- J'irai lui parler à Willis.

- Pas de préférentisme !

- Et c'est toi qui me dit ça, s'offusqua Draco en ouvrant une canette de soda. Mmh, au fait t'as un chewing-gum : ce n'est pas glamour le vomi.

Le cinéaste lui envoya un paquet de chewing-gum que Draco attrapa au vol.

Finalement, l'heure du déjeuner arriva et ils durent ouvrirent la porte. Tout le monde se servit à manger et les cuisiniers faisaient des va-et-vient dans la salle. Le restant de la journée se passa vite et, à la stupéfaction de Draco, il ne vit pas les heures passer. A 19h, Harry enfila sa veste et ils se dirigèrent vers la sortie :

- Bah, c'était pas trop mal ce premier jour, lâcha l'écrivain en fourrant ses mains dans ces poches.

- C'est vrai : ça aurait pu être pire. Tu aurais toujours pu essayer de faire un cuni à Sam contre sa barre chocolaté.

Draco lui envoya un coup de coude en réprimant difficilement un sourire. Il sorti les clefs de sa voiture et ouvrit automatiquement les portes. Les phares clignotèrent plusieurs fois et il se faufila jusqu'à la portière côté conducteur. Draco regarda une dernière fois Harry avant de monter à bord.

- Je ne couche pas pour réussir, dit-il. Ce sont les gens ayant réussi qui couchent avec moi.

- Dois-je donc en déduire que j'ai toutes mes chances ?

- Envoie-moi tes relevés fiscaux et je te donnerai mon avis, répondit Draco en fermant sa portière.

Il démarra et disparu loin des docks de Londres. Harry le vit tourner une dernière fois à gauche. Un sourire naquit sur les lèvres du cinéaste tandis qu'il s'approchait de sa Mustang : il valait mieux avoir Rockritic comme ami que comme ennemi.

A suivre


[1] Shâhada : Acte de confession de ses pêchers dans la religion musulmane. Pour plus d'info, voir Wiki mon ami !