Chapitre 12 : Entre amitié et inimitié

Lorsque Regulus ouvrit la porte de la salle sur demande le soir même du match, il fut accueilli par des pétarades et des félicitations.

- Vive l'attrapeur aux crochets pointus ! s'exclama Aurore en tirant sur un pétard surprise.

Il en sortit un chapeau siffleur qu'elle posa sur la tête du garçon.

- Et voilà le parfait serpent à sonnette.

- Et voilà la parfaite demeurée, dit-il en retirant le chapeau avant de le lui balancer à la figure. Qu'est-ce que vous fabriquez ?

- Heu... hésita Marlene qui n'osait pas tirer sur son pétard surprise.

- On fête ta victoire, bien sûr, dit Aurore. Je suppose que dans le dortoir des Serpentard c'était pas vraiment la fiesta. En tout cas, pas la tienne.

En effet. Les Serpentard n'avaient pas facilement oublié le début de match. Malgré leur victoire, Regulus avait à nouveau subi les remontrances de sa maison.

- Peu importe, dit-il en refermant la porte derrière lui. Mais je ne vois pas pourquoi tu es tellement heureuse. Serpentard est passé premier. Et Gryffondor troisième.

- Attends un peu que je gagne notre match. On verra qui sera premier dans une semaine.

- Serpentard ou Serdaigle, annonça Regulus.

- Tu plaisantes ? Je gagnerai ce match même si je dois en crever ! s'enflamma Aurore.

- C'est un peu extrême... lui fit remarquer Regulus en levant un sourcil. Mais comme tu n'as jamais joué de vrai match, je suppose que tu dois envisager le pire. Crever... ça risque de t'arriver. Non, c'est même sûr.

- Merci du soutien, se vexa-t-elle.

- Tu l'as cherché. Serpent à sonnette... marmonna-t-il avant d'aller prendre place à leur table.

- Elle s'emballe parce que Lian lui a joué un sale tour, expliqua Marlene. Et Aurore veut se venger.

- Je vais lui faire mordre la poussière ! s'exclama Aurore en serrant le poing pour montrer sa détermination.

- Un sale tour ? s'étonna Regulus.

- Intéressé ? s'amusa Aurore.

- Pas vraiment, nia-t-il en ouvrant un livre.

- Alors je ne te raconte rien.

Regulus releva les yeux vers elle. C'était inattendu. D'habitude, Aurore prenait plaisir à tout lui raconter, même ce qui ne l'intéressait pas.

- Déçu ? devina-t-elle avec un petit sourire.

- Ne raconte pas n'importe quoi, marmonna-t-il en baissant de nouveau les yeux.

- Je te raconterai tout si tu insistes.

-...

- Allez. Dis : S'il te plait, Aurore, raconte-moi ce qu'il s'est passé.

-...

- Avoues que tu meurs d'envie de savoir.

-...

- Regulus tu es vraiment...

- Lian a essayé de la noyer, déballa Marlene.

- Marlene ! se plaignit Aurore. Il allait craquer !

- Ça risquait plutôt de durer toute la nuit.

- La noyer ? s'enquit Regulus.

- Apparemment, on noie les gens dans des douches maintenant, confirma Marlene.

- Lian a voulu la noyer dans une douche ?

- Oui. Dans les vestiaires de Gryffondor. Mais elle ne l'a pas fait elle-même. Elle a demandé à ses amies de la noyer pour elle. Ce qui est d'autant plus lâch...

- Arrêtez de prononcer ce mot ! intervint brusquement Aurore hors d'elle. Je ne veux pas l'entendre !

- Désolée, s'excusa aussitôt Marlene en se rendant compte de son manque de tact.

- Quel mot ? dit Regulus perplexe. Noy...?

Il se prit le chapeau siffleur en pleine face avant de pouvoir prononcer le mot interdit.

- Devan ! s'exclama-t-il furieux en se levant d'un bond baguette au poing.

- Black ? répliqua-t-elle les mains sur les hanches.

Regulus l'attaqua à coups de sortilèges divers et elle s'amusa à les éviter. Certains ricochaient sur les miroirs, ce qu'elle semblait trouver d'autant plus amusant. Ce n'était pas le cas de Marlene.

- Arrêtez ! s'exclama-t-elle. Vous n'allez pas recommencer...

Mais comme d'habitude, aucun des deux ne l'écoutait. Et le combat s'arrêta quand Regulus parvint à stupéfixier Aurore.

- Ha ! dit-il fier de lui.

- Enervatum, soupira Marlene en annulant le sort.

- Hé ! se plaignit-il.

- Merci, Marlene, dit Aurore en se relevant. Pas de chance Reg, on est deux contre toi.

- Et tu trouves ça loyal ? demanda Marlene dépitée. En plus, tu fais erreur, vous êtes seuls à jouer les idiots.

Et d'un tour de baguette elle récupéra celles de Regulus et Aurore.

- Rends-moi ça ! s'exclama aussitôt Regulus.

- Vous allez m'écouter d'abord, répliqua Marlene. J'ai trouvé une piste hier soir pour vous, mais vous ne m'avez pas encore laissée en placer une ! Aurore, arrête de taquiner Regulus. Et toi, Regulus... ne fais pas attention à elle, dit Marlene un peu plus gênée. Depuis le départ je cherche avec vous alors que je ne suis pas champione, mais pour une fois, c'est vous qui allez m'écouter !

Les deux autres restèrent silencieux un instant. Avant qu'Aurore ne murmure :

- Wow... Marlene s'est énervée.

- N'importe qui s'énerverait ! Alors maintenant, asseyez-vous.

- Et elle n'a même plus peur de donner des ordres à Reg, pouffa Aurore en s'asseyant.

Celui-ci n'aimait pas trop ça. Et quand elle s'en rendit compte, Marlene ajouta avec un sourire crispé :

-... s'il te plait ?

Il s'assit et elle en fit de même, soupirant de soulagement. Maintenant qu'ils l'écoutaient, elle pouvait leur rendre leurs baguettes.

- Bon, dit-elle après avoir rendu précautionneusement sa baguette à Regulus. J'ai remarqué quelque chose dans Reflexion et enchantements pendant que... Regulus parlait au miroir.

L'air du garçon s'assombrit et elle enchaîna rapidement en ouvrant le fameux livre :

- Depuis le départ, on pense que l'épreuve à un rapport avec les miroirs. Alors qu'il est question de reflet.

- Un miroir nous reflète, dit Aurore.

- Mais certains sortilèges le permettent aussi. Même si ce n'est que temporairement. Je vous parle des sortilèges de dédoublement.

- Ça ne se pratique pas, dit Aurore. En tout cas, ce n'est pas enseigné ici.

- Comment tu le sais ? demanda Regulus.

"Parce que j'ai fini mes études et qu'on ne m'a jamais appris un tel sort à Poudlard. Encore le problème du : Tu n'es pas censée le savoir."

- À Beauxbâtons, on nous a parlé de certains sorts existants mais interdits à l'enseignement. Ils ne sont pas aussi dangereux que les sortilèges impardonnables mais... on ne nous les apprendra pas parce qu'ils relèvent en partie de la magie noire. Et ils sont source d'abus. Par exemple, le sortilège de dédoublement nous permettrait d'être à deux endroits en même temps. Parfait pour un alibi en cas de crime.

"C'est aussi le cas des miroirs à double sens. Pouvoir se passer aussi facilement des informations à distance... ce serait parfait pour les espions de Voldemort. Au fait, je devrais m'entraîner encore à lancer ce sort. Je suis sûre que d'ici l'épreuve j'aurai oublié le mouvement. Pourquoi quand il s'agit de magie noire tout est si compliqué ?"

- Les professeurs Français semblent vous apprendre pas mal de choses très vite, remarqua Marlene. Je ne pense pas qu'on nous en aurait parlé avant notre 7e année ici. Et tu maîtrisais déjà super bien le sortilège que McGonagall t'a demandé d'exécuter devant tout le monde.

- En France on ne perd pas de temps, dit Aurore avec un sourire crispé.

- À Durmstrang, on leur apprend facilement ce genre de sortilèges, intervint Regulus. Le sort de dédoublement... c'est du gâteau pour eux.

- Et pour toi, devina Aurore avec un petit sourire malicieux. Tu sais lancer ce sort, n'est-ce pas ?

- Peut-être bien.

- C'est vrai ? s'impressionna Marlene. Même dans ce livre ils n'y a pas d'explications dessus. Il en est seulement fait mention.

- Je suis un Black, dit-il fièrement. Je sais bien plus de choses que vous ou que les auteurs de ces bouquins.

- Je ne pense pas qu'on vous demandera de lancer ce sort lors de l'épreuve, continua Marlene sans faire cas de sa vantardise. Mais vous pourriez y être confrontés.

- Tu crois qu'ils vont nous obliger à nous battre contre nous-même ? demanda Aurore. Il faudrait donc qu'on découvre nos propres points faibles, réfléchit-elle. "Moi c'est l'eau".

- Exactement, approuva Marlene. Les découvrir et les surmonter.

- Tu es un génie ! s'enthousiasma Aurore en lui sautant au cou. Je suis certaine que l'épreuve aura un rapport avec tout ça. Cette histoire de reflet. Ce sera forcément le notre.

- Mouais... dit Regulus vexé d'avoir été mis de côté subitement.

- Allez Reg ! l'encouragea Aurore. Lance le sort.

- Pourquoi je ferais ça ?

- Ne sois pas mauvais comme ça, soupira-t-elle. On doit s'entraîner à s'auto-vaincre.

- Je peux m'entraîner seul.

- Hé ! s'énerva Aurore. On est alliés, oui ou non ? Ne fais pas ton radin. En plus, on t'a encouragé et préparé une petite fête pour ta victoire.

- Tu appelles ça une fête ? Et est-ce je vous ai demandé quelque chose ?

- Ha... soupira-t-elle. Pourquoi les Black sont tous comme ça ? Allez, Reg, s'il te plait.

- Je ne vois pas l'intérêt.

- Parce que tu crois que tu n'as aucune faiblesse ? devina Aurore.

- Exactement.

Aurore et Marlene levèrent les yeux au ciel.

- Quoi ? lança-t-il en fronçant les sourcils.

- Rien, monsieur l'orgueilleux, répondit Aurore. Dépêche-toi de lancer ce sort.

Il fallut pas mal de temps aux filles pour convaincre Regulus de coopérer. Et elles durent même passer par l'étape : flatter l'égo de Regulus en le suppliant. Mais au final, ce qui comptait, c'était qu'ils aient réussi à s'entraîner. "Se battre avec soi-même... c'est vraiment bizarre" pensa Aurore alors que son double disparaissait après 5 minutes de combat acharné.

- Ça ne peut pas durer plus longtemps ? demanda-t-elle à Regulus.

- Non... dit-il essoufflé.

- Tu es fatigué ? s'inquiéta-t-elle. C'est le sort qui...?

- Je ne suis pas fatigué, éluda-t-il.

- Vous devriez arrêter, dit Marlene. Et il vaut mieux rentrer avant que Lily ne pique encore une crise.

- Tu as raison, approuva Aurore. On se revoit dans deux jours, Reg. Repose-toi bien d'ici là.

- Je ne suis pas fatigué ! s'obstina-t-il.

- Bien sûr que si. Tu n'as pas eu une journée facile. Je n'aurais pas dû te demander de venir ce soir. Désolée.

- Oh, Devan. Tu m'entends quand je te parle ? fulmina-t-il.

- À plus tard, dit-elle en sortant avec Marlene. Fais un bon gros dodo.

- Devan ! s'exclama-t-il en la voyant pouffer de rire.

Le lendemain, Regulus lui offrit un regard assassin lorsqu'ils se croisèrent dans les couloirs. "Il a l'air en pleine forme" pensa-t-elle satisfaite en souriant.

- Pourquoi tu es si contente ? lui demanda James. On a métamorphose...

- Sûrement à cause de l'article, pensa deviner Lily. John a su quoi faire pour qu'elle le pardonne.

- Je vais l'accrocher au plafond de mon lit ! s'exclama Aurore en serrant l'article contre son cœur.

- Déchire d'abord le haut de la page, dit Sirius.

- Ouais...

Le haut de la page... la partie qui parlait de la victoire de Serpentard et surtout de Regulus. "Pas question que je le déchire. Je dois garder une trace de la victoire de mon nouveau meilleur ami" pensa-t-elle amusée. "Mon ami prétentieux et irascible".

- Je peux le faire pour toi si tu veux, proposa Sirius en tendant la main vers le papier.

- Non ! s'exclama-t-elle en le mettant hors de portée.

- Qu'est-ce qui te prend ? dit-il surpris.

- J'ai... je n'ai pas besoin de toi pour déchirer un morceau de papier, répondit-elle gênée.

- Oh. Baisse d'un ton, tu m'en dois une.

- Et je m'arrangerai pour effacer cette dette le plus tôt possible, promit Aurore. T'être redevable, ça doit être épuisant. Tu es du genre à profiter de la situation, hein ?

- Tu me prends pour un Serpentard ? marmonna-t-il.

- Les fourbes existent partout. Pas seulement à Serpentard, lui fit-elle remarquer.

- Qui est fourbe ? demanda-t-il la poussant.

- Toi, qui d'autre ? répondit-elle en le poussant à son tour.

Ils se chamaillèrent ainsi tout le long du chemin vers la salle de métamorphose.

- Vous vous entendez vraiment bien, dit soudainement Alice.

- On a l'air de bien s'entendre ?! répliquèrent-ils en même temps alors qu'ils étaient aux prises l'un avec l'autre.

- Hum... je ne sais pas où tu es allée pêcher ça Alice, dit Mary dubitative.

- Entrez en silence, intervint McGonagall debout devant la porte de sa salle de cours.

Passant devant elle, Sirius et Aurore continuaient de se donner des coups de coudes et Aurore faillit percuter le professeur.

- Désolée, s'excusa-t-elle alors que Sirius ricanait derrière elle.

Pour se venger, elle lui donna un coup de pied discret dans le tibia, et son rire se transforma en plainte.

- Espèce de... marmonna-t-il en l'attrapant par le bras. Ça fait mal, Devan !

- Je sais, Black, dit-elle en se tortillant pour qu'il lâche prise.

Exaspérée par leur comportement, Minerva les sépara elle-même.

- Assez ! Mr Black, Miss Devan... quel âge avez-vous ?

- 16 ans, soupira Sirius en voyant où elle voulait en venir.

- 17, répondit Aurore. "Plutôt 18 en fait".

- Exact et vous n'êtes plus des enfants. Vos petites chamailleries sont ridicules. Étant plus âgée, Miss Devan, j'aurais espéré que vous feriez preuve d'un peu plus de maturité. Vous êtes déjà majeure et donc adulte.

- Et je dois prendre soin des petits enfants ? dit Aurore en narguant Sirius.

- Toi... marmonna Sirius en faisant un pas vers elle.

Mais Minerva l'arrêta de nouveau.

- Assez ! répéta-t-elle furieusement. Je vous retire 10 points chacun ! En tant que directrice de Gryffondor, cela me peine de devoir retirer des points à ma propre maison. Alors cessez d'agir comme des enfants et comportez-vous en adultes ! Miss Devan, vous me décevez. Je vous rappelle que vous êtes championne de Gryffondor. Vous êtes censée faire gagner des points à notre maison. Pas en perdre.

- Je sais professeur. Je suis désolée.

- Maintenant, allez vous asseoir, dit-elle en les poussant à l'intérieur.

Sur le chemin jusqu'à leurs places, soit à côté de Remus pour Aurore et à côté de James pour Sirius, les deux jeunes continuèrent malgré tout de se disputer tout bas.

- C'est de ta faute, l'accusa Aurore.

- Non c'est la tienne, répliqua Sirius.

- Assis ! leur ordonna Lily tout bas.

- Tu nous prends pour des chiens ? lui demanda Sirius.

"Parce que ça te gêne ?" pensa Aurore. "Par contre, je n'aime pas ça du tout, Lily".

- Tout de suite, précisa la préfète dangereusement.

Ils s'exécutèrent en soupirant de frustration.

- J'arrive pas à y croire, soupira Lily. 20 points en moins !

- Je croyais que vous vous étiez réconciliés, dit Remus.

- Je ne suis pas non plus sa meilleure amie, répondit Aurore en haussant les épaules.

- Pareil ici, ajouta Sirius juste devant eux.

- Un coup vous vous disputez, un autre vous vous entendez, résuma James. Vous jouez au yo-yo ?

- Jusqu'où tu es allé faire des recherches sur le monde Moldu ? lLui demanda Lily surprise de l'entendre prononcer le mot "yo-yo".

- Je t'impressionne encore ? dit-il fier de lui.

- Dans tes rêves, marmonna-t-elle.

- Bon ! intervint Minerva en ayant regagné son bureau. Il est temps de commencer. Aujourd'hui nous allons étudier les animagi. Je pense que vous savez tous de quoi il est question.

Et la seconde d'après, leur professeur avait disparu, laissant place à un chat tigré assis sur le bureau. "Toujours la même" pensa Aurore amusée. Minerva repris forme humaine et précisa :

- Les animagi sont le plus souvent des personnes douées pour la métamorphose.

Elle avait dit cela en fixant directement Aurore. Laquelle se tassa sur sa chaise. "Je ne suis pas douée, je ne suis pas douée" pensa-t-elle en boucle, espérant que son professeur comprendrait enfin et lâcherait l'affaire.

- Mais chacun peu y parvenir. À condition d'y consacrer le temps et le travail nécessaire. On ne devient pas animagus en un claquement de doigts. Même en ce qui concerne les gens doués.

Regard pesant, planant de nouveau sur Aurore. "Je vous dis que je ne suis pas douée !"

- L'apprentissage est assez difficile, continua le professeur. Et dans la majeure partie des cas, c'est une personne elle-même animagus qui enseignera à une autre le processus. Devenir animagus seul, sans conseils et sans directives... c'est très rare et très dangereux.

Aurore jeta un œil aux Maraudeurs. Ces idiots avaient l'air tellement fiers d'eux. "Elle vient de dire que c'était dangereux..."

- Il y a eu beaucoup de cas où les personnes sont restées bloquées entre deux formes, ajouta McGonagall. Bloquées pour toujours.

Les garçons perdirent de leur superbe. "Vous l'avez échappé belle !"

- C'est pourquoi le principe du maître enseignant à son élève est très important. Mais je vous préviens. Ne venez pas me demander d'être votre maître. Ce n'est pas comme ça que ça marche.

- Qui voudrait l'avoir comme maître ? demanda Sirius à James.

- Mr Black, l'interpela Minerva. Puisque vous semblez avoir envie de parler, dites-moi comment se passe la rencontre entre un maître animagus et son élève.

- Heu... dit-il gêné.

Bien sûr, les Maraudeurs n'avaient pas eu de maître. Sirius ne pouvait donc pas connaître la réponse. "Et personne d'autre dans cette salle d'ailleurs" pensa-t-il exaspéré. "Est-ce que ça l'amuse de poser des questions en sachant qu'on ne peut pas répondre ?"

- J'attends, Mr Black. Vous avez sûrement une idée.

Non. Il n'en avait aucune. Et il était sur le point de le dire au professeur quand un ruban rouge apparut juste derrière Minerva. Plusieurs élèves sursautèrent. Et d'autant plus lors que le ruban se tordit pour former des mots. Il s'agissait de la réponse à la question.

- Heu... dit Sirius. C'est le maître qui choisit son élève ?

- Exact, confirma-t-elle en fronçant les sourcils. Et comment le choisit-il ?

- Grâce à son instinct, lut-il les nouveaux mots formés par le ruban. Un maître sent quand une personne est prête à devenir animagus. Et il... le prend sous son aile ?

-...

Les sourcils de Minerva se froncèrent encore plus. Et lorsqu'elle remarqua que beaucoup d'élèves avaient les yeux fixés sur le tableau, elle se retourna. Mais le ruban avait disparu en un quart de seconde. Il ne restait que le tableau noir.

- C'est exact... dit-elle en se tournant lentement vers Sirius. Mais savez-vous comment une personne devient soudainement prête à être animagus ?

Le ruban réapparut et Sirius répondit :

- La personne peut avoir subit un choc ou un bouleversement dans sa vie. Devenir animagus peut l'aider à surmonter ça.

Minerva se tourna de nouveau. Mais le ruban avait encore disparu. Et elle demanda sans se retourner :

- Qu'est-ce qui conditionne la forme qu'il prendra ?

Là, Sirius n'avait besoin de l'aide de personne. Et il répondit sans hésiter :

- Son caractère, son passé, ses objectifs.

- Hum... marmonna-t-elle en se retournant finalement. Comment savez-vous tout cela sur les animagi ?

- Je... trouve ça intéressant.

- Je vois... 10 points pour Gryffondor.

- Géant, murmura James. Je me demande qui...

- Miss Devan, dit soudainement le professeur en tendant le coup. Qu'est-ce que vous avez dans les mains ?

- Rien... juste ma baguette.

- Et pourquoi l'avez-vous sortie ? demanda-t-elle suspicieuse.

- Je pensais qu'on ferait des travaux pratiques.

- J'ose espérer que cela n'a rien à voir avec le soudain intérêt de Mr Black pour les animagi.

- Pardon ? dit innocemment Aurore.

- Je pense avoir été claire.

- Pourquoi est-ce que j'aiderais Black ? Je ne le supporte pas. Vous l'avez bien vu.

- En effet, approuva-t-elle bien que toujours certaine qu'Aurore avait aidé Sirius d'une façon quelconque. Maintenant, rangez votre baguette. Avant que je ne décide d'utiliser le prior incanto.

Aurore grimaça et rangea rapidement sa baguette. Quant à Sirius, il s'était à demi retourné et fixait la jeune fille d'un air perplexe. "Pourquoi elle a fait ça ?" Il n'eut la réponse qu'à la sortie du cours :

- C'est un remerciement pour m'avoir aidée dans le vestiaire. Je paye ma dette.

- Mais je t'ai sauvé la vie, lui fit-il remarquer.

- Oui, mais tu as vu quelque chose que tu n'aurais pas dû voir, alors on est quittes.

- Je n'ai pas demandé à voir...

- Alors tu avoues que tu as tout vu ! s'exclama-t-elle.

- Heu... on va être en retard pour le prochain cours, dit-il en pressant le pas.

- Reviens ici Sirius Black ! cria Aurore en lui courant derrière.

- Comment Aurore savait toutes ces choses ? demanda Lily perplexe à Remus.

- Aucune idée.

- On leur apprend aussi ça avant la 6e année à Beauxbâtons ? marmonna Marlene surprise. Qu'est-ce que c'est ? Une école d'élite ?

- En tout cas, j'avais raison, dit James. Ils jouent au yo-yo.

- Du moment qu'on a au moins récupéré 10 points, dit Lily. La championne qui fait perdre des points à sa maison... ce n'est pas sérieux. Ils m'énervent ces deux là à se disputer constamment.

- Moi je trouve qu'ils s'entendent vraiment bien, insista Alice.

- Oh, ouvre les yeux, Alice, soupira Mary.

- Moi aussi, je trouve qu'ils... commença Marlene.

- Tu es jalouse, Mary, la coupa Alice. C'est à toi d'ouvrir les yeux. Pas à moi.

- C'est fini entre Sirius et moi ! s'exclama Mary en rougissant.

- Mais tu n'aimes pas voir ton ex-petit ami aussi proche d'une autre fille.

- Ils ne sont pas proches !

- Pourtant ils viennent de partir ensemble pour le prochain cours, lui fit remarquer Alice.

- Ils sont partis en se disputant.

- Seuls et ensemble.

- Rah ! Tu m'énerves ! soupira Mary en accélérant le pas.

Il était évident qu'elle espérait rattraper Sirius et Aurore. Quand à Marlene, elle ne prononça pas un mot de plus. Si elle avait approuvé Mary... Alice et tous les autres se seraient peut-être rendus compte qu'elle-même éprouvait un peu de jalousie envers la pseudo relation qui existait entre Sirius et Aurore. Ce n'était pas du tout une relation amoureuse bien sûr. Rien à voir, ils étaient constamment en train de se disputer. Même si dernièrement, les disputes étaient moins violentes. Et il leur arrivait maintenant de discuter calmement. Une relation tout de même donc. Marlene avait l'impression qu'Aurore était plus proche de lui qu'elle alors que la nouvelle élève et Sirius se détestaient. "Il n'y a rien de logique là dedans... pourtant je ne peux pas m'empêcher d'être frustrée. C'est idiot. Aurore est mon amie. Et elle se doute de mes sentiments. Elle ne ferait rien pour me blesser. J'en suis sûre".

Quelques jours plus tard, assise dans les gradins de Gryffondor, Marlene n'était plus certaine de rien. Elle assistait avec les autres au dernier entraînement de Gryffondor avant le match contre Serdaigle. Aurore et Sirius avaient oublié leurs querelles. Et ils semblaient s'entendre à merveille.

- Ne t'occupe pas des cognards, dit Sirius en voyant qu'Aurore se crispait dès qu'elle en entendait un approcher. C'est mon boulot de les dévier.

- Ça me fout quand même les boules de les entendre...

- Ne t'en fais pas, j'en laisserai pas passer. Et Frank non plus.

- Ouais. D'accord, dit-elle en essayant de faire abstraction de ce qui l'entourait pour se concentrer sur la balle dorée.

- Fais gaffe quand même ! s'exclama Sirius une minute plus tard alors qu'elle avait failli lui rentrer dedans.

- Désolée.

- Tiens bien le manche. Tu ne dois pas trembler ou ton balais risque de faire des écarts. Et ça t'évitera aussi de glisser ou de tomber.

- Ok.

- Si jamais ça arrive quand même, hurle le plus fort possible pour que l'un de nous te rattrape. On n'entend pas grand chose avec le bruit des supporters.

- D'accord.

- Et concentre-toi sur le vif d'or. Sur ça et rien d'autre. À part tes trajectoires...

- Je ferai attention à ne pas vous rentrer dedans, rit-elle.

- Ce serait pas mal, rit-il à son tour.

- Bon sang... marmonna Mary assise juste derrière Marlene. Alice a raison.

- Il vaut mieux qu'ils s'entendent pour jouer le match, lui fit remarquer Lily. Et je croyais que tu n'étais pas jalouse.

- Hum... marmonna-t-elle en détournant la tête.

- Ne t'en fais pas. Je te parie qu'ils sortiront du stade en se hurlant dessus.

Et ça ne loupa pas. Ils venaient de rejoindre les joueurs sur le terrain à la fin de l'entrainement quand Sirius cria :

- Quoi ? Tu as déjà oublié comment faire ?

- Ne me hurle pas dessus ! répliqua Aurore. C'est très compliqué à mémoriser !

- C'est simple, tout est dans le geste !

- C'est justement le geste qui est compliqué !

- Eh bien tant pis pour toi. Je ne te remontrerai pas comment faire.

- Ah oui ?! cria-t-elle furieuse. Ben, peu importe ! De toute façon, je suis sûre que tes miroirs ne m'auraient servi à rien !

- Quoi ? tiqua Sirius.

- Exactement ! Je n'ai pas besoin de ton aide pour remporter l'épreuve !

- Ça m'arrange ! Parfait !

- Parfait !

Et ils partirent chacun dans une direction différente après avoir poussé un petit soupir méprisant.

- Qu'est-ce que je disais ? demanda Lily à Mary.

- Oui. Je pense qu'il n'y a pas à s'inquiéter. De toute façon, même s'ils venaient par miracle à se mettre ensemble, ils ne tiendraient pas deux jours. Qu'est-ce que tu en penses, Marlene ?

- Sûrement... murmura celle-ci en regardant les deux autres s'éloigner d'un pas furieux.

Mais contrairement à Mary, Marlene n'était absolument pas rassurée. Et les mots s'ils venaient par miracle à se mettre ensemble, lui tournèrent en tête tout le reste de la journée. Comme Mary l'avait dit, ça ne durerait sûrement que quelques jours. Mais là n'était pas le problème. Peu importe la durée, ce qui la blesserait ce serait le fait qu'ils décident de se mettre ensemble. "Mais ça n'arrivera pas. J'ai confiance en Aurore. Elle et moi, on se comprend". Marlene avait traîné à cause de cette petite déprime et Aurore était partie en premier rejoindre Regulus. Maintenant, Marlene courait pour gagner la salle sur demande, ne pensant qu'à une chose : nous sommes amies.

- Désolée ! s'exclama-t-elle en entrant brusquement dans la salle sur demande. Je suis en...

Elle s'arrêta brusquement lorsqu'elle aperçut Aurore et Regulus. Les deux jeunes semblaient dormir à poings fermés. Assis à la table, Regulus avait la tête posée sur le livre qu'il devait lire avant de s'endormir. Quant à Aurore, sa tête reposait sur l'épaule de Regulus. Elle avait la bouche ouverte et sa respiration lourde faisait penser à de petits ronflements.

- En retard, finit Marlene en souriant et fermant la porte derrière elle.

Puis elle s'approcha d'eux et demanda en mettant ses mains sur ses hanches :

- Alors voilà ce qui se passe quand je ne suis pas là pour vous surveiller ?

Soudain, Aurore remua. Et se collant un peu plus à Regulus, elle marmonna dans son sommeil :

- Maman... j'ai froid.

- Je vais... fermer la fenêtre... répondit Regulus en remuant légèrement la tête à cause des cheveux d'Aurore qui lui chatouillaient le nez.

Marlene se retint d'éclater de rire. "Maman ? Quelle fenêtre ?"

- Je vous jure, pouffa-t-elle en retirant sa cape.

Elle la déposa délicatement sur leurs épaules avant de s'asseoir en face d'eux. "Regulus doit être épuisé à force de s'entraîner au sort de dédoublement. Et Aurore... elle a sûrement profité du fait qu'il dormait pour piquer un somme elle aussi. Tout pour éviter de faire ces recherches ennuyeuse. Vraiment..." pensa-t-elle amusée.

- Du coup, je n'ai pas le choix. Je vais travailler pour vous, bande de flemmards.

Ouvrant l'un des livres, Marlene ne se rendit pas compte que Regulus avait entrouvert les paupières. La soudaine chaleur de la cape l'avait réveillé. "Elle va nous laisser dormir et chercher toute seule ? Elle est bête ? C'est nous les champions, pas elle. Moi je ne me serais pas gêné pour les secouer. Mais bon... au moins, il fait un peu plus chaud" pensa-t-il en resserrant discrètement la cape autour de ses épaules. Regulus ne fit rien pour se redresser. Aurore semblait dormir comme une souche. "Qu'est-ce qu'elle fout sur mon épaule ?" Il aurait bien voulu se lever d'un coup pour la faire tomber. Mais il n'avait pas envie de reprendre leurs recherches ennuyeuses. Alors il décida de faire une exception pour cette fois et continua à faire semblant de dormir.

Dans la salle commune de Gryffondor, Sirius tapotait impatiemment l'accoudoir du fauteuil dans lequel il était assis. Sur ses genoux étaient posés deux miroirs.

- Qu'est-ce qu'elle fabrique ? Le couvre-feu est passé depuis plus d'une heure.

- Elle révise avec Marlene, répondit Alice assise sur le canapé avec un livre sur les runes anciennes ouvert sur ses genoux. Comme la plupart des soirs.

- Elles sont à la bibliothèque alors ? dit-il en se levant.

- Non.

- Comment ça ? s'étonna-t-il.

- Elles ne révisent pas là-bas. Dernièrement, je passe plus de temps que d'habitude à la bibliothèque et je ne les y ai pas vues une seule fois.

- Alors où elles sont ?

- Je n'en sais rien. Mais j'ai cru les entendre parler du 7e étage un jour.

- Le 7e étage ? dit-il surpris. Pourquoi elles iraient là-haut ?

- Je n'ai pas réponse à tout, lui fit-elle remarquer. Je suppose qu'elles veulent éviter de réviser en présence des autres champions. Une classe vide, c'est plus discret que la bibliothèque.

- Hum... je vais voir ça, décida-t-il en prenant le chemin de la sortie.

Alors qu'il parcourait les couloirs, il rumina tout seul :

- Je décide finalement de lui remontrer comment faire et mademoiselle ne rentre pas. Elle compte me faire poireauter toute la nuit ? D'accord, elle ne sait pas que je l'attends, mais quand même !

Il venait d'atteindre le 7e étage lorsqu'il se figea brusquement. Il se passait quelque chose juste sous ses yeux et il n'arrivait pas à y croire. Aurore et Marlene avançaient vers lui. Mais elles n'étaient pas seules. Non... elles marchaient en compagnie de Regulus. Et leur conversation n'avait rien de froid ou méprisant. Ils riaient ?

- Ton épaule était très confortable, Reg, dit Aurore en s'étirant.

- Tu n'as pas intérêt à recommencer. C'était dégoûtant de te voir baver, plaisanta-t-il.

- Je ne bavais pas ! s'exclama-t-elle en lui donnant un tape sur le bras. Pas vrai, Marlene ?

- Non, tu ronflais, rit celle-ci.

Cela fit pouffer Regulus et Aurore s'offusqua :

- Vous vous liguez contre moi, c'est ça ? Attention, je ne préparerai plus de fête pour toi, Reg.

- Je n'ai pas besoin de tes fêtes pourries.

- Tu n'as toujours pas digéré le serpent à sonnette ? rit-elle.

- La prochaine fois que tu me mets un chapeau siffleur sur la tête, je...

Il fut coupé par un bruit de verre se brisant au sol. Les deux miroirs venaient de glisser des mains de Sirius. Et ils le remarquèrent enfin. Marlene retint une exclamation de surprise et d'angoisse. Et elle fit même un pas en arrière, comme si elle se demandait s'l valait mieux déguerpir. Sirius ne l'avait peut-être pas encore reconnue ? Mais ses espoirs étaient vains. Car il murmura :

- Qu'est-ce que vous faites ensemble, tous les trois ?

- Sirius... murmura Aurore en sentant la colère dans sa voix.

- J'ai dit... qu'est-ce que vous faites ensemble ?! s'exclama-t-il durement.

- Ce... ce n'est pas... dit Marlene sans savoir où se mettre. On était juste...

- Juste quoi ?

Marlene déglutit et n'osa pas ajouter un mot de plus. Puis Regulus soupira, et mettant ses mains dans ses poches il marmonna :

- Ça devient chiant.

Et il avança vers Sirius pour rejoindre les escaliers. Lorsqu'ils se croisèrent, les deux frères se lancèrent un regard glacial. Et Sirius le regarda disparaître à l'étage du dessous avant de se retourner vers les filles.

- Alors ? Est-ce qu'il y en a une qui va m'expliquer ce qui se passe ? Ne me dites pas que... vous veniez ici presque tous les soirs pour le rejoindre ? Lui ?

- Eh bien... murmura Marlene les yeux baissés.

- Oui, avoua Aurore.

Marlene releva aussitôt la tête, un masque de terreur sur le visage.

- Aurore ? dit-elle angoissée.

- Il nous a vues Marlene. C'est inutile de nier. Oui, on venait rejoindre Regulus pour réviser.

- Répète-moi ça ? dit dangereusement Sirius.

- On a décidé de s'entraider après la première épreuve. Pour ne laisser aucune chance à Poufsouffle et Serdaigle.

- S'entraider ? Toi et ce Serpentard ?

- Moi et Regulus, corrigea Aurore. C'est ton...

- Je sais qui c'est ! cria Sirius hors de lui. Et c'est bien ça le problème !

- Ne t'énerve pas et écoute-moi...

- Il n'y a rien à écouter ! Tu te rends compte de ce que tu fais ? Tu aides l'ennemi !

- L'ennemi ? On est dans une école, pas sur un champ de bataille. Et il m'aide aussi, lui apprit Aurore.

- Ah oui ? Pourtant c'est toi qui lui a sauvé la mise pendant la première épreuve. Il profite de toi.

- C'est faux...

- Et toi ! s'exclama-t-il en se tournant brusquement vers Marlene. Tu les as laissés faire sans rien dire ? Tu les aides aussi ?

- Je... je...

- Réponds ! cria-t-il.

Marlene recula encore d'un pas et elle se ratatina sur place.

- Ne t'en prends pas à Marlene ! s'emporta Aurore. Elle n'y est pour rien. C'était mon idée.

- Mais elle t'a laissée faire.

- Non, elle était contre dès le départ.

- Peu importe. Elle ne vaut pas mieux que toi.

En voyant les larmes monter aux yeux de Marlene, Aurore vit rouge.

- Marlene vaut bien mieux que n'importe qui dans ce château ! Tu peux m'insulter moi, mais pas elle !

- Eh bien, tu es une inconsciente ! lui lança Sirius. Réviser avec lui... C'est un fourbe, un menteur et il vous trahira à la moindre occasion !

- Non, il n'est pas comme ça.

- Je le connais mieux que toi ! Il n'est pas digne de confiance ! C'est un Serpentard.

- Où est le mal ? répliqua Aurore. Tous les Serpentard ne sont pas à mettre dans le même panier. On travaille ensemble depuis des semaines. Il n'a rien dit aux autres.

- Il attend le bon moment pour le faire. Une fois qu'il aura eu tout ce qu'il voulait.

- Il n'est pas comme ça ! insista Aurore.

- Qu'est-ce que tu sais de lui ? J'ai vécu des années avec lui. Je sais à quoi m'en tenir. Il adore Tu-Sais-Qui. Il n'aime que les sang-purs. Il pratique la magie noire...

- Toi aussi, lui fit-elle remarquer en désignant les miroirs brisés du menton.

Le visage de Sirius se crispa et il serra les poings.

- Toi... pourquoi est-ce que l'urne t'a choisie ? Tu ne devrais pas être notre championne. Une championne de Gryffondor ne ferait pas ce genre de choses. Une alliance avec Serpentard...

- Tu as mis mon nom dedans, lui rappela-t-elle.

- J'aurais mieux fait de me couper la main ce jour là. Quand les autres apprendront ça...

- Tu ne peux pas leur dire !

- Ah non ? Et qui va m'en empêcher ?

- Sirius... réfléchis, lui conseilla Aurore. Si tu en parles, Gryffondor ne s'en remettra pas. L'enjeu ne repose pas seulement sur moi. C'est un travail d'équipe. Si tu leur dis, on perdra la coupe, c'est certain.

- Non, on choisira seulement un nouveau champion. Ça aurait dû être James !

- On ne peut pas revenir en arrière. Dumbledore m'a lancé un sort...

- Tu peux bien rester liée à ce château pour le restant de tes jours ! Pour ce que j'en ai à faire, dit-il en se retournant.

- Sirius attends ! s'exclama Aurore en lui courant derrière.

Marlene n'osa pas les suivre. Elle ne pouvait pas. Son corps refusait de bouger. Que faire ? Sirius ne lui pardonnerait jamais une chose pareille. Ses chances avec lui venaient de tomber à zéro. Et ses espoirs brisés comme les éclats de verre éparpillés au sol sous ses yeux.

Quant à Aurore, elle rattrapa Sirius dans la salle commune. Plus personne n'était là. Même Lily avait renoncé à les attendre.

- Attends ! cria-t-elle en l'attrapant par le bras.

Il se dégagea d'un coup sec et continua son chemin vers l'escalier du dortoir des garçons.

- J'ai dit attends ! s'emporta-t-elle en se jetant sur lui.

Ils tombèrent sur les marches en poussant des gémissements de douleur.

- Qu'est-ce que tu fous ? marmonna Sirius en se redressant.

- C'est ta faute. Tu ne voulais pas t'arrêter.

- Dégage, dit-il en la poussant.

- Non, répondit-elle en lui attrapant fermement le bras.

- Devan, arrête ça tout de suite ! la prévint-il.

- Jure-moi d'abord que tu ne diras rien aux autres.

- Pourquoi je ferais ça ? dit-il en se tordant pour lui échapper.

- Parce que tu te soucies de la victoire de Gryffondor, répondit-elle en tenant bon. Et des sentiments de James.

Sirius cessa instantanément de se débattre. Il la fixa les yeux écarquillés avant de murmurer :

- Toi... tu ne recules devant rien, hein ? Tu n'as pas honte ?

- Tu sais que j'ai raison. James attend beaucoup de notre victoire. Il n'a pas pu être champion mais il veut qu'on gagne pour faire plaisir à Lily. Et... on doit gagner.

- On doit ? Parce que c'est une question de vie ou de mort maintenant ?

- Oui. "Même si je ne peux pas te dire pourquoi. J'ai besoin de cette victoire pour rapprocher James et Lily. Je ne peux pas me permettre d'effacer Harry de l'histoire".

- Oui ? Et qui va mourir ? s'enquit Sirius. Toi ?

- Peu importe. Ne leur dis rien.

- Tu ne manques vraiment pas d'air. Je suis censé faire tout ce que tu me dis sans broncher ? Rien ne m'y oblige, d'accord ? Comme rien ne m'obligeait à t'apprendre le sort des miroirs. Et quand j'ai finalement décidé de te remontrer comment faire... je te retrouve avec lui ? Tu viens me demander des conseils mais c'est avec lui que tu révises ! Tu aurais aussi bien pu lui demander de t'aider pour le miroir à double sens. Tu te doutes bien qu'il connait ce sort, lui aussi.

- C'est toi qui es venu me proposer de me l'apprendre en premier. Je n'avais aucune raison de le demander à Regulus.

- Regulus ? Ou Reg ? Je t'ai entendue, lui fit remarquer Sirius. Tu lui as même donné un surnom ? Ne me dis pas que tu es allée jusqu'à tomber amoureuse de lui.

- Bien sûr que non. C'est pour plaisanter, il a horreur de ça. On est amis.

- Amis ? Tu crois que tu peux être amie avec lui ?

- Il n'est pas marqué dans le règlement que les champions doivent se faire la guerre ou se haïr.

- Il n'est pas non plus marqué qu'ils peuvent s'allier. Surtout avec lui. Ses seuls amis sont des futurs mangemorts. Tu comptes devenir mangemort, comme lui ?

- Ne mélange pas tout. Tu penses vraiment que ton frère a envie de devenir mangemort ?

- Bien sûr, il l'annonce dès qu'il ouvre la bouche.

- Eh bien, tu es le seul à l'avoir entendu. Et ça prouve que tu ne le connais pas si bien que ça.

- Quoi ?

- Tu t'es fait une idée sur lui et tu ne veux pas en changer. C'est de la fierté mal placée et rien d'autre. Pareil pour lui.

- Ferme-la, dit-il dangereusement. Mêle-toi de ce qui te regarde.

- Ce qui me regarde, c'est la victoire de Gryffondor. Alors jure que tu ne diras rien.

- Seulement si tu jures de ne plus le revoir. Tu dois arrêter ce petit jeu tout de suite.

- Hors de question, refusa Aurore.

- Quoi ?

- Je continuerai à réviser avec lui. Jusqu'à la fin. Jusqu'à ce que Gryffondor gagne.

- Et je suis censé vous regarder faire en silence ? devina Sirius.

- Oui. S'il te plait.

- Pas question, articula-t-il.

- Je t'en prie ! Pense à James.

- Arrête de le prendre comme excuse ! Et jure de ne plus t'approcher de Regulus !

- Non.

- Non ?

- Non, confirma-t-elle.

- Alors lâche-moi, je n'ai plus rien à te dire, dit-il en la poussant plus brutalement qu'avant.

Aurore se cogna contre le mur d'en face alors qu'il montait les marches deux par deux.

- Sirius ! s'exclama-t-elle en se massant l'arrière de la tête.

Mais elle ne reçut en réponse que le claquement de la porte de la chambre des 6e années. Aurore soupira et, tournant la tête, elle vit Marlene entrer dans la salle commune. La brune marchait lentement, les bras ballants et le regard trouble. Perdue dans ses pensées.

- Marlene, l'appela Aurore.

Enfin, elle fut remarquée et Marlene s'arrêta. Puis Aurore tapota la marche à côté d'elle et son amie la rejoignit.

- Aurore... qu'est-ce qu'on va faire ? lui demanda Marlene en se prenant la tête dans les mains.

- Rien du tout, répondit Aurore en passant un bras autour de ses épaules. On va attendre. Et faire confiance à l'amitié de Sirius pour James.

- Son regard... il était méprisant.

Aurore savait que ce soir, son amie avait été vraiment blessée. À cause d'elle, Marlene avait déçu le garçon qu'elle aimait. "Mais je ferai tout pour arranger ça. C'est moi qui t'ai entraînée là dedans".

- Tout ira bien, Marlene, lui assura Aurore en posant sa tête contre la sienne. Je suis la seule responsable. Alors ne te fais pas de soucis.

- Il ne nous pardonnera pas... dit-elle la gorge serrée.

Aurore la serra un peu plus et elle ne put que répéter :

- Tout ira bien.

C'était vite dit. Car dans la chambre des garçons, Sirius faisait les cent pas. Il voulait hurler, s'allonger, marcher, dormir, prendre l'air, s'asseoir, réveiller tout le monde, frapper quelqu'un, se défouler. Tout ça en même temps. Autant dire qu'il était au bord de l'explosion. Et sa seule pensée était : comment ose-t-elle nous faire ça ?

- Comment ose-t-elle ! cria-t-il finalement en donnant un coup de pied dans sa table de nuit.

Le meuble trembla dangereusement et tout ce qui était posé dessus tomba au sol. En même temps, les autres garçons se réveillèrent et ouvrirent leur rideaux.

- Sirius ? dit Peter d'une voix ensommeillée.

- Dors, toi ! lui ordonna Sirius.

Peter se cacha instantanément derrière ses rideaux.

- Qu'est-ce qui t'arrive, Sirius ? demanda James en mettant ses lunettes. Quelque chose ne va pas ?

- Rien ne va ! Elle... elle...!

- Encore Aurore, devina Remus. Qu'est-ce qu'elle a fait cette fois ?

- Et bien ça fait des semaines qu'elle...!

Il se tut brusquement en croisant le regard perplexe de James.

- Qu'elle... dit-il perdu.

- Qu'elle quoi ? demanda James. Vas-y on t'écoute.

Sirius serra les dents et les poings. Il tremblait de rage. Il devait le dire. Mais il ne pouvait pas. Sirius ne voulait pas le reconnaître mais Aurore avait raison. Si ça se savait... les Gryffondor perdraient leur combativité. Et ça blesserait James.

- QU'ELLE ME GONFLE ! hurla-t-il finalement en donnant un coup de poing dans le montant de son lit.

- C'est pas nouveau, lui fit remarquer Frank en refermant ses rideaux pour se recoucher.

- Oui, tu pourrais t'arranger pour ne pas exploser en pleine nuit, ajouta Remus en faisant de même.

- Ne fais pas attention à elle Sirius, lui conseilla James. Tu vas te ruiner la santé à force de t'emporter comme ça. Tu veux que je t'aide à ramasser tes affaires ?

- Non. Tu peux te rendormir, soupira-t-il frustré.

Lorsque James fut recouché, Sirius se baissa pour ramasser tous les parchemins, livres et autres objets tombés au sol. Il remarqua soudainement que quelque chose manquait. Le flacon contenant les cheveux de Vélane. Il s'allongea par terre pour chercher sous les lits et le retrouva sous celui de Remus. Se relevant, il soupira de soulagement. Juste avant de froncer les sourcils. "Pourquoi je suis soulagé ? Ce ne sont que des cheveux". Et il reposa le flacon sur sa table de nuit avant de s'allonger sur son lit. Il resta ainsi une minute avant de saisir de nouveau le flacon. Il n'arrêtait pas de penser : elle m'énerve, elle m'énerve, elle m'énerve ! Et bizarrement, lorsqu'il observa les cheveux à la lueur de la lune, sa frustration s'envola. Avaient-ils un pouvoir apaisant ? C'était de très beau cheveux. Ils brillaient. Mais à part ça ? Était-ce vraiment des cheveux de Vélane ? Peu importe, du moment qu'ils lui permettaient de réfléchir posément. "Cette fille est une inconsciente. Une traitresse. Elle veut me faire croire qu'elle fait ça pour le bien de Gryffondor ? N'importe quoi ! Comment une alliance avec lui pourrait être bénéfique pour qui que ce soit ? Et je suis censé me taire... La regarder nous trahir ? Bon sang ! Pourquoi elle fait tout pour m'énerver ? Il a fallut qu'elle le choisisse lui. Pourquoi elle ne s'est pas alliée avec Amos ? Même Lian vaut mieux que Regulus ! Satanée championne... elle sera bien contente demain quand elle verra que je n'ai rien dit aux autres. Ça m'énerve ! Et ça m'énerve d'être énervé par elle ! Pourquoi je suis frustré à chaque fois que je la croise ? Pourquoi je prends toujours tout aussi mal quand il s'agit d'elle ? Elle ne me lâchera jamais la grappe ? J'en ai marre d'être tout le temps énervé à cause d'elle !" Et il se reconcentra sur les cheveux. "Si vous êtes vraiment des cheveux magiques, rendez-moi service, faites disparaître Aurore Devan de ma vie".


bon, je vais commencer par là : ne me bousculez pas ! xD
Je sais que vous voulez des réponses à vos questions et vous les aurez. Mais il faut laisser l'histoire suivre son cours. Comme ça je pourrai mieux vous surprendre le moment venu. Vous verrez, ce sera mieux que si je vous avais débalé tout dès le début.
déjà, vous aurez la traduction de l'inscription du sablier dans le prochain chapitre. je suis gentille non ? lol
En tout cas, j'espère que le chapitre vous a intéressés. La fin n'est pas très encourageante pour Aurore et Marlene. Mais Sirius tiendra sa langue, c'est déjà ça ^^
sinon, je ne vous demande pas de parier sur la victoire de Serdaigle ou Griffondor, je sais déjà ce que vous allez me dire. Les griffons en force ! mdr. match à suivre ;)
bisous !

Réponse aux reviews :

Nayla-HP : vive Regulus mdr. oui, les pauvres, elles sont mal. youhou ! je fais de mon mieux pour vous ! ;) biz et merci

Lila de Jarjayes : disons des prémices d'amour ^^ des réponses bientôt ! T'en fais pas pour les filles. ça va être dur mais elles s'en sortiront. biz !

brilou : ooolé ! tu as écris le 100e commentaire brilou ^^ un passage symbolique dans ma fic. merci ! Oui, tu as vu ils commencent à bien s'entendre ;) une touche entre marlene et reg ? En tout cas pas maintenant. Marlene est à fond sur sirius. tu as raison, il ne faudrait pas qu'elle disparaisse. Même si c'est ce qui est annoncé dans le résumé... aïe aïe aïe ! tu crois que les cheveux ont un super pouvoir et qu'on se rendra compte qu'Aurore a disparu dans le prochain chapitre ? xD a+ pour la suite !

Rose d'Epine : ah oui ? ce sont ces couples-là qui te feraient plaisir ? malheureusement, je ne pourrai pas satisfaire tout le monde. Je sens déà qu'il y en a pas mal qui vont me haïr à un certain passage... Pour les serpentard, petite précision. C'est Sirius et la majorité des griffondors qui pensent ainsi. Pas Aurore. pour l'instant en terme de serpentard "salauds" je cite les autres membres de l'équipe de serpentard. quant aux autres, ils ont un peu peur de ces 6 là pour agir "gentillement" comme Regulus qui ne s'est pas rebellé quand Rosier l'a menacé ou encore severus. ce ne sont pas des méchants pourtant ils suivent quand même le mouvement. c'est aussi ainsi que je vois une grande partie des autres serpentards. bien sûr il y a des cons partout, même dans les autres maisons (puis-je citer Lian ? xD) t'en fais pas pour Regulus il s'en sortira parfaitement bien ^^ merci et bisous !

Git : bonsoir ! j'aurais voulu être à la place de Marlene quand elle les a trouvés endormis xD j'espère aussi que ça va s'arranger pour elle ;) pour les animagus, j'ai tout inventé. Ce serait pas mal si ça se passait comme ça, non ? J'aime bien le concept du maître et du disciple. genre maître et padawan xD les maraudeurs se sont débrouillés tout seuls comme des grands ^^ allez ! que la force soit avec toi et à bientôt pour connaitre le secret des runes. biz

MaliceM : normalement tout devrait s'arranger. Même si il risque d'y avoir encore des dérapages... gros bisous et merci !

laloudu77 : merci ! à bientôt ;)

GoldenHarlequin : merci de t'être arrêtée sur cette fic ^^ Si Aurore et Sirius te plaisent, ça me rassure. Ils sont le coeur de l'histoire après tout. surtout Aurore. Non, Sirius n'est pas un courreur de jupon. On voit ça dans trop de fic, je suis overdosée et en plus je ne l'imagine pas en train de sauter sur tout ce qui bouge. Sirius peut avoir la cote mais garder du mystère ! Il EST beau et mystérieux ^^ et c'est pas un garçon facile, loin de là. pareil pour son frère (que j'adore aussi !). Marlene est le genre de personne sur qui on peut toujours compter. quelle que soit la situation. Bisous ! ;)