Retrouver mon frère, retrouver ma vie.
Chapitre 12.
Point de vue d'Isabella :
Finalement, le jour du procès de Sirius arriva trop rapidement à mon gout. J'étais une boule de nerfs. Je ne savais pas trop quoi penser de ce procès, mais une chose que je souhaitais fermement et avec certitude, c'était que tout allait bien se passer. J'avais espoir que Sirius ressorte du Ministère un homme tout à fait libre.
En ce moment, j'étais en route pour le Ministère avec Harry et Monsieur Wesley, tandis Sirius était déjà partit en compagnie de Kingsley, Tonks et Alastor.
Finalement, Harry et moi, nous nous fîmes escorter à la salle d'audience où aurait lieu les procès de Sirius, mais aussi de Pettigrow. Bien sûr, nos baguettes furent enlevées.
En entrant dans la salle, je fus choqué de voir Sirius assit sur une chaise, au milieu de la salle et devant l'estrade où se situait les membres du Magenmagot, avec ses chevilles et ses poignets attachés avec des chaines. Harry dut me retenir par le bras afin que je n'aille pas là-bas et libérer moi-même Sirius. Ça me rendait dingue qu'ils le traite comme un criminel après les souvenirs de son innocence qui avaient été fournis.
Suivant Harry à contrecœur, j'allai m'assoir avec lui dans les gradins où devait aller les témoins et les personnes assistant au procès. Je m'installai alors entre Harry et Alastor, qui me salua d'un simple hochement de tête, tandis que Tonks et Kingsley se trouvaient sur chaque côté de Sirius.
« Bien… Nous allons pouvoir commencer… En ce jour, nous sommes tous présents pour assister au procès de Sirius Orion Black, accusé de trahison et de meurtre… » Annonça Fudge avant de frapper son marteau sur son pupitre annonçant le début du procès.
« Où est Dumbledore ? » Demandais-je d'une voix très basse à Alastor.
« Je ne sais pas. Je ne l'ai pas encore vu. » Répondit-il sans me regarder.
« S'il ne se montre pas, je vais lui arracher la tête quand je le croise. » Grognais-je sous mon souffle.
Après cela, je me concentrai sur le procès en cours ainsi que l'audition de Sirius.
« Auror Kingsley… Allez-y… » Invita Fudge d'un geste de la main.
« Sérum de vérité. » M'informa Alastor en remarquant mes sourcils froncés.
« Êtes-vous Sirius Orion Black ? » Demanda Fudge après avoir attendu quelques minutes que la potion fasse effet.
« Oui. » Répondit machinalement Sirius d'un ton plat.
« Connaissez-vous James Godric Potter ? » Continua Fudge.
« Oui. » Répondit une nouvelle fois Sirius.
« Quelle était la nature de votre relation ? » Demanda Fudge avec un regard d'excuse pour mon frère et moi.
Fudge n'était pas un mauvais homme. Il ne faisait ce qu'il devait. Je ne pouvais pas lui en vouloir, même si ça faisait mal que mes parents devaient être mentionnés. Ça faisait aussi mal qu'il devait aller fouiller dans le passé, dans des plaies à peine refermées. En tout cas, pour moi, elles n'étaient pas complètement cicatriser. Je ne savais pas si elles le seront un jour.
« James était mon meilleur ami. » Répondit Sirius.
« Etiez-vous le gardien du secret des Potter ? » Le questionna Fudge.
« Non. » Répondit Sirius avec assurance.
« Pourtant, dans nos documents… Il est noté que vous l'êtes… Pouvez-vous m'expliquer ce fait ? » Continua Fudge, tout en jetant un coup d'œil sur une pile de parchemins.
« À l'origine, j'étais le gardien du secret, mais, par la suite, il a été changé. Je l'ai fait changer par James au cas où j'étais capturé par les mangemorts et qu'ils trouvaient un moyen de me faire parler involontairement, car, jamais, je n'aurais révéler quoi que ce soit. J'aurais préféré mourir que trahir James et Lily. » Expliqua Sirius.
« Dans ce cas… Qui était le gardien du secret ? » Demanda Fudge.
« Peter Pettigrow. » Répondit Sirius.
« Que s'est-il produit la nuit où James et Lily Potter ont été tué ? » Questionna Fudge.
À cela, je pris la main de mon frère et fermai les yeux. Je ne voulais pas être présente, mais je voulais être là pour soutenir Sirius. Je pris une profonde inspiration, puis je ré ouvris les yeux.
« Tout s'est passé rapidement. J'ai entendu parler de l'attaque de Frank et Alice Londubat par des mangemorts. Je me suis immédiatement rendu chez Lily et James parce que je savais qu'ils seraient la prochaine cible. Lorsque je suis arrivé sur place, la maison était partiellement détruite. Il n'en restait pas grand-chose et elle tenait à peine debout. Je suis entré dans la maison afin de découvrir ce qui s'était passé, même si au fond de moi, je savais. En entrant, je suis tombé sur James. Il était couché immobile. Il était mort. J'ai alors fait mon chemin dans le reste de la maison à la recherche des corps de Lily, Isabella et Harry. Je pensais à cette époque que personne n'avait survécut, mais je devais m'en assurer. Lorsque je suis arrivé à l'étage, j'ai pu voir la porte de la chambre des enfants en morceaux partout sur le sol. Je suis entré dans la pièce pour tomber sur le corps de Lily. C'est seulement parce que j'ai entendu un gémissement, que je suis allé jusqu'au lit d'Isabella où, Harry et elle, se trouvaient. Je ne sais pas comment, mais ils étaient tous les deux en vie. Je les ai pris dans mes bras et je suis sorti de la maison aussi vite que je le pouvais. En sortant, j'ai croisé Rubeus Hagrid et je lui ai confié les enfants afin qu'il les met à l'abri. Je me doutais que le secret avait été révélé et je me suis décidé d'aller confronter Pettigrow. C'était un piège. Lorsque j'ai trouvé Pettigrow, je n'ai pas eu le temps d'agir parce qu'il a tué ces moldus, puis il s'est trancher un doigt et s'est transformer dans sa forme animagus de rat. Après cela, il s'est volatiliser et les Aurors sont juste arrivés à ce moment-là. Ils m'ont arrêtés et m'ont amenés à Azkaban. » Déclara Sirius avec toujours une voix mécanique.
« Avez-vous tué Peter Pettigrow ? » Demanda Fudge après un moment de silence.
« Non. » Répondit automatiquement Sirius.
Après cela, Sirius fut escorté dans la première rangée des gradins avec Kingsley et Tonks à ses côtés où il était encore attaché comme un forcené. Hagrid fut questionné, puis les souvenirs de Sirius furent visualisés par les membres du Magenmagot. Lorsque cela fut fait, le ministre et le reste du Magenmagot s'isolèrent de quelque peu en installant un sort de silence sur eux et ils se mirent discuter. Certainement afin de se mettre d'accord sur le verdict.
À cette réalisation, Harry et moi, nous nous resserrâmes la main dans le soutien, mais aussi dans l'espoir de la liberté définitive d'un homme important à nos yeux, même si Harry et moi voyons Sirius différemment par rapport à l'autre.
Je ne savais pas dire depuis combien de temps nous étions en attente dans cette salle, mais j'avais l'impression que nous étions ici depuis une éternité. J'avais qu'une envie, c'était de sortir. Je me sentais étouffé et je commençais tout doucement à perdre patience. En cet instant, Harry mit une main sur ma jambe afin que j'arrêter de faire sautiller mon pied dans l'impatience et dans l'ennui. J'arrêtai alors et lui fis un sourire penaud.
Enfin, après ce qui me parut de longues heures, le ministre et le Magenmagot tournèrent leurs attentions vers Sirius. À cet instant, je me tendis dans l'appréhension et j'en oubliai presque de respirer. Sans le contrôler, mon pied se remit à taper nerveusement sur le sol de lui-même. J'étais à bout de nerfs et je ne contrôlais plus mes actions.
« Calme-toi… Je suis sûr que ça va aller. » Murmura Harry optimiste.
« J'espère que tu as raison, mais même s'il en ressort libre… ça ne change rien au fait qu'il a perdus 14 ans de sa vie. » Murmurais-je à mon tour sans le regarder, tout en fixant devant moi.
« Après longues discutions… Nous reconnaissons Sirius Orion Black non coupable pour toutes les accusations lui ayant été porté. Concernant son évasion de la prison d'Azkaban, nous pensons qu'il a déjà purgé sa peine en ayant été durant 14 ans enfermé dans une cellule. Toutes les charges sont désormais abandonnées et considérées comme nulle. » Déclara Fudge, ce qui me fit sortir un soupir de soulagement.
Dès lors, les chaines se trouvant sur les chevilles et les poignets de Sirius disparurent et un grand sourire se dessina sur son visage. Rapidement et en quelques enjambées, il nous rejoignit et s'installa à côté d'Harry.
XXX
Deux heures après que le procès de Sirius se termina, je me trouvais encore dans cette salle d'audience pour un nouveau procès, mais, cette fois-ci, il s'agissait de celui de Pettigrow. Entre temps, j'avais réussi à ce qu'Harry rentre, tandis que Sirius était resté, car il était un témoin clé.
Je ne comprenais pas pourquoi ils avaient encore besoin de nos témoignages lorsqu'ils avaient toutes les preuves nécessaires ainsi que nos souvenirs et ceux de Pettigrow. Je ne comprendrais jamais les méthodes du Ministère.
Enfin, le témoignage de Sirius se termina et je fus appeler à témoigner à mon tour. Les secondes ainsi que les minutes s'écoulèrent et je devenais de plus en plus agacé par leurs questions à la con.
« Dites-moi un peu… » Commença une bonne femme rondelette habillé, tout en rose en dessous de son manteau de sorcier. « Quelle est la nature de votre relation avec Monsieur Sirius Black ? » Demanda-t-elle d'une voix douceâtre et insupportable.
« Et en quoi ça peut vous concerner ? » Demandais-je à mon tour.
« C'est pour le bien de ce procès, Miss Potter… Pour s'assurer que vous êtes réellement partiale dans votre témoignage concernant Peter Pettigrow. » Répondit-elle d'une voix douceâtre et écœurante.
« Comment osez-vous ! » Rétorquais-je avec des yeux plissés.
« Madame Ombrage… ça suffit ! Pouvez-vous tout de même répondre à la question, Dame Potter ? » Fit Fudge, tout en utilisant correctement mon statut.
« Je décrirais ma relation avec Sirius… d'amicale. » Répondis-je simplement en retenant mon envie de sauter à la gorge de cette femme. « Mais cela ne concerne pas ce procès. » Ajoutais-je avec connaissance.
Après cela, les questions fusèrent dans tous les sens et je me sentais épuisé de répéter et répondre la même chose à chaque fois.
Au bout de longtemps, le procès prit fin avec le baiser du détraqueur pour Pettigrow et une peine jusqu'à la fin de ses jours pour Azkaban. Pour dire que j'étais extatique était un euphémisme. Je n'étais pas du genre à vouloir facilement la mort d'une personne, mais ce qu'il avait fait, était la pire des choses.
En sortant de là, j'étais fumante et je n'avais qu'une envie, c'était de transformer cette vieille chouette d'Ombrage en crapaud rose. Elle m'agaçait. Elle m'irritait avec ses questions à la con. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire quel genre de relation j'entretenais avec Sirius ? C'était mes affaires pas les siennes.
Le meilleur avait été pour la fin lorsque j'avais croisé le regard de ce requin de Skeeter. Si elle avait pu transplaner, elle l'aurait fait dans l'immédiat. Dans mon regard, il y avait eu pleines de promesses. Des promesses de ruiner sa vie et sa carrière.
Sortir du Ministère n'avait pas été une mince affaire. Je n'étais pas étonné en soit étant donné que c'était les deux procès du siècle. Sirius et moi avions été pris en embuscade par de nombreux journalistes. Heureusement, une équipe d'Aurors était intervenu et nous avait escorté jusqu'à la sortie. Après cela, Sirius nous avait fait transplaner et pour dire que j'étais surprise en atterrissant dans les murs du square était un euphémisme grandiose.
« En tant qu'héritier Black, j'ai la faculté de transplaner à l'intérieur des murs de ce taudis. » Murmura Sirius avec suffisance lorsqu'il vit mon regard étonné.
« Je m'en doutais, mais je ne pensais pas qu'il était possible étant donné que c'est sous Fidelitas. » Dis-je encore sous l'étonnement.
« Magie de sang. » Se contenta-t-il de répondre avant de nous faire descendre vers la cuisine.
XXX
Après le procès de Sirius, mais aussi celui de Pettigrow, les jours s'écoulèrent tout doucement et la vie continua normalement. De ce que j'avais pu voir et de ce que j'en avais été présente, Harry n'avait toujours pas pardonné ni à Hermione, ni à Ron. Je pouvais voir que Ron se sentait mal à ce sujet, mais il aurait dû savoir mieux, que d'écouter les ordres de Dumbledore. Hermione avait essayé plusieurs fois de parler à Harry, mais il l'ignorait royalement.
Je comprenais ce qu'elle devait ressentir, mais c'était elle qui avait créé ce problème entre eux. Merde ! Elle était censée être l'une des sorcières des plus intelligentes de sa génération et, en plus, elle était une née-moldue. Elle aurait très bien pu contacter Harry par la poste moldue. Des fois, je comprenais Hermione et, d'autres, j'avais l'impression d'être face à une inconnue. Il allait vraiment falloir qu'elle choisisse ses priorités si elle voulait garder Harry dans sa vie parce que si ça continuait comme ça, leur amitié allait s'effondrer une fois pour toutes.
Les choses avaient également changées en très peu de temps. En effet, j'étais très occupé avec l'Ordre, car Voldemort semblait avoir commencé ses assauts dans le monde sorcier et moldu. Bref, c'était à peine si j'avais vu mon frère depuis le procès de Sirius. Je devais courir entre les réunions de l'Ordre, les interventions de l'Ordre lorsqu'il y avait une attaque de mangemorts, mais j'étais aussi occupé avec ma formation afin de devenir professeur. Je n'avais pratiquement plus une minute consacrée à moi. Sans parler de mes nuits qui étaient agitées et troublées par des cauchemars. Je dormais à peine et je n'en pouvais plus.
« Tu as l'air comme si tu n'avais pas dormi depuis des siècles… » Dit une voix familière en arrivant dans le salon où je me trouvais avec un tas de parchemins et livres en tout genre m'entourant.
Étant donné que j'étais tellement concentré dans ce que je lisais et étudiais, je sursautai de frayeur en entendant la voix me parvenir. Aussitôt, ma main alla à ma baguette posée sur la table basse, où j'étais accoudé, et je visai l'intrus avec pour remarquer Severus avec un sourire narquois. Soupirant, je remis ma baguette où elle se trouvait initialement, puis je mis ma main dans mes cheveux et je lançai un regard noir à Severus qui se prenait un malin plaisir depuis quelques temps à me faire peur de toutes les manières possibles et imaginables. Il s'en amusait d'ailleurs un peu trop à mon gout. Franchement, je ne pouvais pas lui en vouloir de s'amuser comme il le pouvait par ces temps sombres avec toutes les attaques.
À présent, il travaillait uniquement pour l'Ordre et non plus pour Voldemort. En effet, avant que Pettigrow se fasse capturé par mes frais, il avait espionné ce qui se passait à Poudlard dans sa forme de rat et il avait surpris plusieurs conversations entre Dumbledore et Severus. Disons que dès qu'il avait pu, Voldemort avait fait en sorte de vouloir Severus mort pour sa trahison.
« C'est peut-être parce que je n'ai plus dormi normalement depuis un certain temps. » Répondis-je avec lassitude avant de refermer mes bouquins, puis de les faire disparaitre afin qu'ils retrouvent leur place dans ma chambre.
« Cauchemars ? » Demanda-t-il avec soucis en se tenant toujours là où il s'était arrêté dans l'embrassure de la porte.
« Ouais… Je ne sais pas si je peux dire que ce sont des cauchemars… C'est plus comme des flashbacks. » Répondis-je simplement avant de me lever et de m'étirer. « Alors… Tu me cherchais ? » Demandais-je pour changer de sujet.
« Je voulais te rappeler que tu dois aller au Chemin de Traverse pour les fournitures de Pot - … de ton frère. » Déclara-t-il en se corrigeant à la fin lorsque je plissai les yeux.
« Merci. Je vais aller me préparer, puis j'irais rejoindre Harry en bas. » Fis-je en souriant avant de le passer et tourner à droite afin de monter les escaliers jusqu'à mon étage.
XXX
Une bonne demi-heure plus tard, je rejoignis les autres dans la cuisine après m'être rafraîchis et m'être habiller d'autres vêtements. Je portais un jean noir moulant, une chemise à manche trois quart de couleur prune et une paire de bottes noirs sans talons. Par-dessus le tout, j'avais mis mon manteau noir de sorcière avec le blason Potter brodé dans le dos.
« Tu es prêt à y aller ? » Demandais-je à Harry après avoir salué tout le monde dans la cuisine.
« Bien sûr. » Dit-il en se levant et en donnant un regard douteux à Fred.
À cela, je réprimai un sourire amusé, car je savais ce qui se passait. En effet, j'avais été trouvé Fred et je lui avais expliqué ce qui se passait avec Harry. Depuis, il essayait d'avoir Harry seul afin de de faire le test, mais avec tout ce monde dans cette maison, il était impossible. Avec l'imagination et la créativité de Fred, je savais qu'il allait trouver un moyen bientôt.
« Es-tu sûr de vouloir aller sur le Chemin de Traverse rien que vous deux, ma chérie ? » Demanda avec soucis Molly.
« Oui, Molly… Je suis plus que capable de protéger mon frère et, en plus, je veux être un peu seule avec mon frère. Je ne pense pas que c'est un crime. En plus, certains de l'Ordre seront à proximité s'il se passe quelque chose ou si nous sommes attaqués. » Répondis-je en connaissance de cause et sans tourner autour du pot.
« Si tu es sûr… » Fit-elle de façon sceptique et dubitative, ma faisant soupirer dans la frustration.
« Molly… Je vous aime et tout, mais je sais prendre soin de mon frère. Je l'ai fait pendant des années et je le ferais encore pendant de très longues années jusqu'à ce que je quitte ce monde. Je n'abandonnerais jamais mon frère. Je préférais être tué que de le voir se blesser. » Dis-je en retenant un hurlement d'exaspération et d'irritation de sortir par mes lèvres.
« Molly… Laisse Isa faire. Il n'arrivera rien à Harry. » Apaisa Arthur en sentant la tension se lever et en sachant comment je pouvais être.
« Très bien, mais je n'aime pas ça. Elle vient sortir de Poudlard. Elle n'a pas l'expérience pour le faire. » Abdiqua-t-elle, tout en creusant sa tombe de plus en plus profondément.
« Ah oui ! Pas assez d'expérience ? Alors… Dites-moi un peu comment j'ai réussi à sortir du Tournoi des Trois Sorciers ? Comment je me suis sortis de ce duel avec Voldemort ? Pour rappel, Molly… J'ai été personnellement formé par Alastor, l'un des meilleurs Aurors qu'il puisse exister ! Un petit détail que vous semblez oublier… Vous n'êtes pas la mère d'Harry ! » Fulminais-je durement avant de me retourner sans attendre de réponse, pour ensuite sortir de la cuisine avec mon frère et claquer la porte dans la colère en même temps.
Par la suite, Harry me prit la main et, de l'autre, j'invoquai son manteau, puis nous fîmes notre chemin vers l'escalier dans le but de monter vers le rez-de-chaussée afin de sortir de cette maison.
Après une quinzaine de minutes, j'ouvris la porte d'entrée du square et nous nous glissâmes à l'extérieur, puis nous fîmes notre chemin dans les rues de Londres en prenant la direction du Chaudron Baveur. En cours de route, Tonks et Kingsley nous rejoignirent.
Lorsque nous pénétrâmes dans le pub sorcier, Tonks et Kingsley se séparèrent de nous et partirent de leur côté, même si je savais qu'ils n'allaient pas s'éloigner de beaucoup de nous et qu'ils allaient garder un œil ouvert sur nous. Harry et moi, nous ne trainâmes pas dans les parages du pub et nous marchâmes vers la cour arrière où se situait l'emplacement nous permettant de nous rendre au Chemin de Traverse.
Rapidement, je tapotai le mur de briques, puis celui-ci se sépara en deux afin de nous donner l'accès au passage du Chemin de Traverse. Sans tarder, Harry et moi, nous nous avançâmes, tout en nous tenant par la main, tandis que ma baguette était dans ma main cachée par la manche de mon manteau.
Le Chemin de Traverse d'habitude rempli de monde était pratiquement désert et c'était vraiment quelque chose de déroutant à voir. Il n'y a presque personne. Il n'y avait aucun enfant courant dans la rue commerçante ou occupé à regarder une vitrine ou une autre avec des yeux fascinés et émerveillés. Non, tout était calme et l'air était rempli de tension, d'appréhension et de peur. Certains magasins étaient fermés, tandis que d'autres avaient été vandalisé. Les vitres étaient brisées et l'intérieur était complètement détruit. C'était assez de preuves disant que les mangemorts étaient déjà arrivé et avaient déjà agi. La plus étrange des choses était le fait que la boutique d'Ollivander avait été détruite et l'on pouvait certainement voir des traces de lutte. J'espérais qu'il n'était rien arrivé à cet homme hors du commun.
Après avoir été acheté tout le nécessaire dont Harry allait avoir besoin cette année pour ses différents cours, nous fîmes notre chemin vers une nouvelle boutique qui avait ouvert il y avait peu de temps. En réalité, il s'agissait de la boutique des jumeaux qui avait été créé grâce à la récompense du tournoi que je leur avais donné en sachant ce qu'ils voulaient faire. Il y avait eu d'ailleurs de nombreux arguments et disputes sur l'ouverture de la boutique avec Molly et les jumeaux, mais, pour finir, ils avaient fait ce qu'ils voulaient parce que, de toute façon, ils étaient tous les deux de l'âge et elle n'avait plus rien à leur dire sur la question ou de leur dire quoi faire.
Les jumeaux avaient décidé de l'ouvrir maintenant avec tout ce qui se passait depuis le retour de Voldemort afin de changer les idées des gens et je trouvais que c'était une excellente idée. Ils savaient tous les deux que ça n'allait pas être facile avec leurs cours qu'ils allaient devoir encore suivre à Poudlard, mais ils allaient le faire. Lorsqu'ils n'allaient pas être présents dans la boutique, les employés travailleront normalement et j'irais faire une tour à la boutique de temps en temps afin de voir si tout se passait bien. Ayant à présent l'âge légal, ils pouvaient sortir du château le week-end et c'était ce qu'ils comptaient faire. Ils savaient que ça ne serait pas facile cette année, car ils avaient également rejoint l'Ordre, mais les jumeaux n'étaient jamais facilement découragés. Au contraire, si je savais bien quelque chose à propos des jumeaux, c'était qu'ils étaient déterminés et qu'ils faisaient tout en leur pouvoir pour aboutir à leurs fins.
Les jumeaux m'avaient beaucoup demandé mon avis sur une telle ou une telle chose et, finalement, j'étais devenu associé à part entière avec eux. Je les aidais souvent quant aux idées de produits, mais aussi à la confection. L'avantage était que j'avais hérité du talent de ma mère pour les potions et de celui de mon père pour les sortilèges.
Enfin de compte, nous pénétrâmes dans la boutique et, ensemble, mon frère et moi, nous parcourûmes les différents rayons, tout en nous emparant de ce qui nous intéressait. Certains produits étaient vraiment très ingénieux et, de ce que les jumeaux m'avaient dit, même les Aurors et le Ministère leur faisaient des commandes.
Une heure plus tard et après avoir discuté ainsi que plaisanter un peu avec les jumeaux, nous sortîmes de la boutique et nous fîmes tranquillement notre chemin vers le Chaudron Baveur, tout en parlant de tout et de rien.
« Alors… » Commença d'une voix hésitante Harry au bout de quelques minutes.
« Crache le morceau. » Dis-je simplement en l'invitant d'un geste de la main.
« J'ai remarqué que toi et Sirius, vous vous étiez rapprochés et que vous passiez beaucoup de temps ensemble. As-tu des sentiments pour lui ou est-ce seulement une attirance physique pour lui ? » Demanda-t-il du but en blanc.
« C'est si évident. » Répondis-je en éludant la question un peu.
« Je suis ton frère et je te connais par cœur. En plus, j'ai vu tes yeux briller beaucoup plus lorsqu'il entre dans une pièce ou qu'il est là tout simplement. » Fit-il remarquer. « Alors… Qu'en est-il ? » Demanda-t-il avec un sourcil relevé, me montrant qu'il savait ce que je faisais.
« Merde ! Ça craint parfois d'avoir un frère qui connait tout de toi ! » Murmurais-je sous mon souffle, le faisant ricaner. « En fait… Je ne sais plus trop quoi. Je suis si confuse. Je n'ai jamais ressentis ça et c'est si nouveau, si soudain que je ne sais pas ce que je dois faire ou comment je dois réagir en sa présence. Merde ! Il connait le secret que j'ai caché de tout le monde. Seuls, toi, les jumeaux et Ginny le connaissent en profondeur. » Déclarais-je frustré avec moi-même.
« Pourquoi ne lui en parles tu pas ? » Demanda Harry.
« T'es malade ou quoi ! » M'exclamais-je avec incrédulité.
« Pourquoi ? » Demanda-t-il confus.
« Peut-être parce que - … » Commençais-je à dire, tout en m'arrêtant brusquement dans mon élan en sentant le changement soudain de température. Ce n'était certainement pas normal.
En levant les yeux vers le ciel, je vis un groupe de détraqueurs voler vers Harry et moi. Aussitôt, je plaçai Harry derrière moi et je sortis ma baguette de ma manche.
« Surtout, ne fais pas de magie, sauf si c'est vraiment nécessaire ! » Lui ordonnais-je fermement sans quitter le ciel des yeux en examinant le nombre de ces sales créatures.
Eh bien… Nous n'étions pas dans la merde… Il devait en avoir une dizaine. Je me secouai, puis, avec force et détermination, je brandis encore plus ma baguette vers eux.
« EXPECTO PATRONUM ! » Rugis-je, tout en pensant à de merveilleux et heureux souvenirs qui pour la plupart concernaient mon frère et mon temps à Poudlard à faire des farces avec les jumeaux. «EXPECTO PATRONUM ! » Hurlais-je une nouvelle fois avec d'autant plus de force et de détermination.
L'instant suivant, un puissant jet de lumière blanche surgit de ma baguette, m'aveuglant presque, et mon renard apparut, pour ensuite courir à la rencontre des détraqueurs dans le but de les chasser. Il fut très vite rejoint par un lynx et par un lièvre.
En quelques minutes, les détraqueurs furent disparus et je baissai ma baguette, mais en la gardant tout de même en main. Je me tournai alors vers Harry pour le trouver un peu pale, mais, aussi non, il n'y avait aucun dommage. Me souvenant de ce qu'avait fait Remus dans le Poudlard Express après que nous avions été attaqué la première fois, je sortis mon sac sans fond, puis j'en sortis une tablette de chocolat et la lui remis.
« Que font ces détraqueurs ici ? Ils ne devraient pas se trouver à Azkaban à garder les cellules ? » Demanda Tonks, tout en regardant autour d'elle et en ayant encore sa baguette dans la main.
« Deux possibilités… » Dis-je en examinant Harry avec attention pour voir s'il n'avait vraiment rien ou effet secondaire. « Soit… Quelqu'un du Ministère les a envoyés dans le but de nous attaquer… Soit ils étaient sous les ordres de Voldemort, mais je ne crois pas en ce dernier. Pour que cela puisse être possible, il faudrait que le Ministère soit en sa possession et, en plus, s'il voulait nous attaquer, il n'utiliserait pas des détraqueurs. Il utiliserait ses mangemorts et il se serait déplacer en personne. » Répondis-je d'une voix pensive.
« Nous en parlerons plus tard. En ce moment, il faut rentrer au siège afin de limiter les attaques possibles et de vous mettre en lieu sûr. » Dit Kinsley d'une voix pressante et ferme, tout en restant sur ses gardes.
« Allons-y ! » Me mis-je d'accord en m'emparant de la main d'Harry et en le trainant à ma suite dans un pas précipité vers le Chaudron Baveur afin que nous puissions nous rendre au square.
Après un certain temps à nous précipiter le long de la rue interminable commerçante, nous atteignîmes l'intérieur du pub et sans attendre ou un regard sur les occupants de l'endroit, je tirai mon frère dans l'une des cheminée.
Une fois que nous fumes correctement installés dans l'espace de la cheminée, je m'emparai d'une poignée de poudre de cheminette, tout en tenant toujours la main d'Harry, puis je jetai un sort silencieux autour de nous.
« 12, square Grimmaurd ! » Annonçais-je avec force avant de jeter la poudre sur le sol.
En une fraction de secondes, Harry et moi, nous fumes engloutis dans un élan de flammes vertes, puis nous fumes entrainer dans un tourbillon de couleurs et de lieux divers. Je ne pouvais pas voir avec exactitude à cause de la vitesse avec laquelle nous voyagions. Finalement, je sentis mes pieds heurter durement le sol, tout en me sentant déséquilibrer avec mes jambes tremblantes.
Après un instant à me remettre de mes émotions, je regardai autour de moi pour constater que nous étions dans le salon du square. Je fixai alors mon attention sur mon frère pour le voir affalé sur le sol sur ses fesses. À cela, je ricanai moqueuse.
« Vas-y… Moque-toi… » Maugréa-t-il en se relevant avant de sortir de la cheminée et je le suivis immédiatement.
À peine eus-je mis mes pieds en dehors de la cheminée qu'un élan de flammes vertes se fit dans la cheminée pour faire ensuite apparaitre Tonks et Kingsley. Je ne me préoccupai pas à les attendre parce que je sortis du salon avec Harry et je dévalai les escaliers en courant jusque dans la cuisine.
Lorsque j'ouvris la porte à la volée, tous les regards se tournèrent vers moi et j'entrai en les ignorant, tout en titubant et avec l'aide d'Harry qui me soutint en m'ayant attrapé de justesse lorsqu'il avait remarqué mon balancement.
« Que se passe-t-il ? » Demanda Remus en se levant.
« Détraqueurs… Chemin de Traverse… » Dis-je péniblement en fermant les yeux, tout en essayant de me concentrer.
« Molly ! Du chocolat ! Vite ! » Ordonna-t-il d'une voix pressante.
« Que se passe-t-il ? Normalement ça ne l'affecte pas autant ! » Demanda Ginny avec inquiétude pour que je sente ensuite ma main être prise dans une autre, tandis que mon frère m'aida à m'assoir.
« Normalement, c'est le cas, mais étant donné qu'elle ne dors pas bien ces derniers temps, elle manque d'énergie. » Répondit Harry, pour ensuite fourrer quelque chose dans ma main.
J'ouvris alors mes yeux pour réaliser que c'était un morceau de chocolat. Je lui fis un petit sourire en remerciement, puis je croquai un petit morceau et je me sentis immédiatement un peu mieux.
« Nous avons été attaqué par un groupe de dix détraqueurs et ça doit être le travail de quelqu'un du Ministère. Je ne sais pas pour quelle raison par contre. » Soupirais-je en lançant un regard noir à Severus lorsqu'il déposa une potion devant moi. « Dis-moi que tu n'es pas sérieux ? » Demandais-je avec ironie.
« Tu peux soit la prendre avec facilité ou alors je peux te la forcer dans la gorge… à toi de choisir. » Fit-il avec malice.
« Tu ne ferais pas ça ? » M'indignais-je en plissant les yeux.
« Tu veux parier ! » Rétorqua-t-il avec un sourcil relevé dans le défi.
« Si je suis malade, ça sera de ta faute ! » Lui reprochais-je en dé bouchonnant la bouteille, pour ensuite vider le contenu dans ma gorge.
Une fois ingurgité, je me levai, tout en faisant la grimace de dégout, tout en lui lançant un regard noir lorsque je sentis l'ensommeillement me prendre petit à petit avant que je commence à m'effondrer sur le sol pour être pris dans les bras de Sirius avant que je m'écrase dessus.
« Non, mais tu n'es pas bien, Rogue ! » Fulmina-t-il en colère.
« C'était le seul moyen pour la faire dormir. » Se justifia ce dernier avant que je perde entièrement conscience.
XXX
Quelques heures après que Severus m'avait trompé en me donnant cette maudite potion de sommeil, je me retrouvais dans la cuisine assise à la table avec un verre de whisky pur feu. La pièce était seulement illuminée par des bougies installées sur la table. Il faisait nuit et je m'étais levé après avoir fait un cauchemar des plus intenses et des plus éprouvants que je n'avais jamais eu jusqu'à présent. J'étais agité et j'essayais de ne pas penser à ce rêve, mais c'était peine perdue. J'étais la seule personne dans la cuisine. Tout le monde dormait tranquillement et c'était pour le mieux parce qu'honnêtement, je ne voulais faire face à personne d'autre. Je voulais être laissé seule à ruminer dans mon coin.
Ce n'était pas vraiment un cauchemar ou un rêve banal, mais plutôt comme une série de souvenirs. Je ne comprenais pas pourquoi ça refaisait surface après tout ce temps et pourquoi maintenant. Il y avait quelque chose qui clochait et quelque chose avait provoqué ces souvenirs à revenir. Je n'étais pas sûr de ce qui se passait, mais je pensais que quelqu'un avait joué avec ma mémoire. J'allais découvrir pourquoi et qui, même si j'avais une vague idée de qui était cette personne.
« Trouble du sommeil ? » Demanda une voix, me faisant sursauter de surprise.
« On peut dire ça… » Répondis-je en levant les yeux de mon verre pour voir Sirius appuyé contre le chambrant de porte avec ses bras croisés.
« Cauchemar ? Ça pourrait être la seule raison pour laquelle tu bois, surtout en sachant que tu n'es pas vraiment une personne qui boit pour le plaisir de le faire. » Supposa-t-il en connaissance de cause.
« Tu as raison… J'ai eu un cauchemar. Enfin, si l'on peut appeler ça ainsi. » Soupirais-je en baissant mes yeux, pour ensuite tournoyer mon verre et observer le liquide ambré bouger dans un tourbillon.
« Que veux-tu dire ? Je pensais que la potion que t'a donnée Rogue allait empêcher cela ? » Demanda Sirius en se poussant du cadre de la porte, pour ensuite venir s'assoir à la table.
Rapidement, il invoqua un verre de l'armoire, puis il prit la bouteille de whisky et versa le liquide dans le verre.
« Et toi ? Trouble du sommeil aussi ? » Demandais-je avec un sourire effronté lorsqu'il souleva un sourcil, voyant que j'essayais de changer de sujet.
« Ton frère a déjà essayé cette ruse et ça ne fonctionne toujours pas. » Fit-il remarquer avec un sourire en coin avant de porter le verre à ses lèvres.
« Ne me doute pas qu'il a essayé. La potion de Severus a fonctionné pour un temps, mais… Finalement, ça n'a plus eu d'effet. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais ce n'était pas vraiment un cauchemar. C'était plus comme des souvenirs, des flashbacks. Quelque chose que j'ai vécu, mais que mon inconscient a bloqué. Je ne sais pas. Je n'ai pas d'explications. » Fis-je en fronçant les sourcils, tout en me mordant la lèvre dans la frustration.
« De quoi s'agissait-il ? » Demanda-t-il concerné.
« La mort de maman. Jusqu'à présent, c'était vague. Après tout, je n'avais que quatre ans, mais, maintenant, c'est clair. J'ai revécu ce qui s'est passé. Je me souviens de tout. Je suis soulagé qu'Harry fût trop petit et trop jeune pour se rappeler de cela. Je - … J'ai décidé de me lever après avoir essayé de me rendormir, mais je n'y suis pas parvenu. À chaque fois que je ferme les yeux, je vois - … Je vois maman le supplier, je vois cette lumière verte significative la frapper dans la poitrine, je la vois tombé sur le sol et ne plus se relever… Mais ce que je vois surtout, c'est ce regard vide. Ses yeux verts devenus ternes et morts. » Dis-je avec chagrin et d'une voix tremblante sans le regarder, tout en ayant des larmes coulant le long de mes joues.
Je fus tellement perdu par les souvenirs de la mort de ma mère que je n'avais pas remarqué Sirius se déplacer et venir s'installer sur mon côté. Un moment plus tard, je le sentis me prendre dans ses bras, pour ensuite me bercer et me réconforter, tout en chuchotant des mots rassurant dans le creux de mon oreille. Je n'avais jamais vu ce côté de Sirius, mais je devais dire que je l'aimais.
« Je ne peux pas dire que je comprends ce que tu ressens parce que je ne le fait pas, mais je sais ce que ça fait de perdre tes meilleurs amis. Lily et James étaient devenus ma famille et lorsque j'ai trouvé leurs corps, j'ai failli m'effondrer, mais je ne l'ai pas fait. Tu sais pourquoi ? Parce que j'avais un infime espoir que toi et ton frère, vous vous en étiez sortis et que vous aviez survécu. Par contre, je sais ce que ça fait de ne pas pouvoir dormir la nuit parce que lorsque je ferme les yeux, je revois cette cellule à Azkaban. Je revois ces immondes créatures. Je ne sais pas comment j'ai fait toutes ces années pour me garder sain d'esprit. Patmol est surement responsable de ce fait. Je ne peux pas dire que tu vas oublier, parce que tu ne le feras jamais, mais avec le temps, tu t'y habitueras et tu vivras avec. » Dit-il avec conviction, tout en me gardant dans les bras et en essayant de me consoler, mais aussi de calmer mes pleurs comme il le pouvait.
Après cela, plus rien ne fut dit et nous restâmes dans cette position avec moi dans ses bras et lui caressant mes cheveux dans un geste apaisant et calmant. J'étais tellement bien dans ses bras que je ne me rendis pas compte que mes yeux se fermèrent et que je m'endormis.
XXX
Point de vue de Sirius :
Je souris lorsque je me rendis compte qu'Isa s'était endormie d'épuisement après sa crise de larmes. Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir de réagir de la sorte. J'aurais certainement fait de même. Cela devait être dur à vivre. Non seulement, elle avait perdu une fois ses parents, mais elle avait dû revivre le meurtre de sa mère.
Je relevai subitement la tête lorsque j'entendis un raclement de gorge. Je vis immédiatement Harry se tenant près de la porte avec des yeux remplis de larmes contenues. Il fixait sa sœur avec inquiétude.
« Je me doutais qu'il se passait quelque chose avec Isa… Depuis toujours, nous avons ce lien qui nous permet de savoir lorsque l'autre ne va pas bien ou est blessé. Nous le ressentons, même si nous ne sommes pas au même endroit. » Expliqua-t-il avant que je puisse lui demander.
En réponse, j'hochai la tête dans la compréhension, puis, délicatement, je pris encore plus correctement Isa dans mes bras dans un style de mariée, puis je me levai et marchai avec elle toujours dans mes bras vers la porte de la cuisine et vers Harry.
Le passant avec un clin d'œil, je me dirigeai vers l'escalier, puis je montai les marches jusqu'au rez-de-chaussée, pour ensuite marcher jusqu'à la cage d'escaliers principale. Rapidement, je grimpai les marches de celle-ci jusqu'à mon étage et j'allai placer Isa dans son lit, tout en veillant à ce qu'elle allait bien.
En sortant de la pièce, je ne fus pas surpris de voir Harry, mais je fus surpris cependant par la présence de Fred et de George qui me regardèrent avec préoccupation. Soupirant et mettant une main dans mes cheveux, je les invitai silencieusement à me suivre et je les menai jusque dans le salon où j'allumai un feu de cheminée, puis je m'installai dans l'un des fauteuils solitaires, tout comme Harry, Fred et George s'installèrent dans le canapé.
« Qu'est-ce qui s'est passé pour la mettre dans un état pareil ? Je ne l'ai jamais vu si troublé. C'est à peine si je l'ai déjà vu pleurer. » Demanda Harry sans perdre de temps.
« La potion de Rogue n'a pas beaucoup fait effet. Durant un moment, ça l'a fait, mais à la fin… Isa a eu des cauchemars. Cependant, ce ne sont pas des cauchemars normaux. C'était plus comme des souvenirs. » Expliquais-je en restant vague en ne sachant pas comment le décrire.
« Quels souvenirs ? » Demanda George avec préoccupation.
Je ne répondis pas tout de suite et je me contentai de me lécher les lèvres afin de les humidifier, tout en observant mon filleul et les deux autres. Je pouvais voir qu'il pensait à quelque chose, mais qu'il refusait d'y croire.
« Elle - … Elle a revécue la mort de Lily dans les moindre détails. » Répondis-je dans un souffle sans quitter des yeux Harry qui regardait le feu dansant dans la cheminée, mais même s'il ne faisait pas attention à Fred, George ou moi, je pouvais voir sa mâchoire crispée ainsi que son état perturbé.
Finalement, il me fit un sourire las, tout en se frottant la nuque, pour ensuite glisser une main dans sa chevelure rebelle, la même que James, et se lever sans dire un mot, pour enfin marcher vers la porte du salon et sortir de la pièce. À cela, je pinçai les lèvres dans une ligne et je me réinstallai plus profondément dans le fauteuil, tout en regardant devant moi dans la réflexion et la contemplation.
« Crois-tu que ça va aller ? » Demanda George avec inquiétude en tournant sa tête vers la porte.
« Je ne sais pas, mais une chose que je sais… C'est qu'en ce moment, Harry est allé rejoindre Isa. Je pense qu'ensemble, ils vont surmonter cela comme ils l'ont toujours fait. Ils ont besoin de l'autre. » Répondis-je honnêtement en tournant mes yeux sur la paire.
« Alors… » Commença Fred avec un sourire narquois, me faisant plisser les yeux dans la méfiance. « Tu nous explique ce qui se passe avec notre Isa ? » Demanda-t-il avec malice.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Demandais-je, jouant les ignorants.
« Tu sais très bien ce que nous voulons dire… Nous avons pu remarquer les regards que tu lui adressais ou la façon dont tu la regardais lorsqu'elle ne fait pas attention. Dis-nous… Qu'est-ce que tu attends ? » Demanda à son tour George en entrant dans le sujet sans attendre.
« Êtes-vous conscients que je pourrais être son père ? Merlin ! J'ai l'âge de son père et il était mon meilleur ami. Il m'aurait tué pour penser à sa fille de cette façon ! » Protestais-je.
« Arrête de te trouver des excuses… En plus, tu sembles oublier quelques faits importants… Un… Isa est de l'âge et ce n'est pas une chose étrangère que des hommes plus âgés soient avec des femmes plus jeunes qu'eux… » Entama Fred avec un grand sourire béat.
« … Deux… Isa parait plus âgée que ce qu'elle est vraiment. Son état émotionnel et mental sont plus matures que quiconque, parce que, très jeune, elle a dû prendre soin de son frère. Elle n'a pas eu de temps pour être un enfant ou un adolescent. À Poudlard, elle semblait déjà si adulte que parfois c'en était déroutant… » Poursuivit George.
« … Et enfin… Trois… Depuis quand tu te soucis de ce que les autres pourront dire. En plus, je ne veux pas être cruel en disant cela, mais… James n'est plus là. De toute façon, je pense au fond de moi qu'il l'aurait peut-être accepté. C'est vrai quoi ! Qui de mieux que son meilleur ami pour prendre soin et aimer sa fille ? » Conclu Fred en connaissance de cause.
« Qui vous dit qu'elle me voit de cette façon ? » Demandais-je avec un sourcil relevé, tout en étant sceptique et douteux à ce sujet
« Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu'elle fond littéralement pour toi… Pourquoi penses-tu que son accord avec Cédric durant le tournoi a pris fin à peine le lendemain qu'il ait été fait ? » Demanda George.
« Quel accord ? » Le questionnais-je.
« Relation sans sentiments et sans engagements. » Répondit Fred.
« Attends… Tu veux dire - … » Commençais-je.
« Amis avec des avantages… » Termina George. « Ne me dis pas que tu pensais qu'elle était encore vierge ? » Dit-il incrédule.
« Non, bien sûr que non. Je suis juste surpris. » Répondis-je.
« Quoi qu'il en soit… Le lendemain du dit accord, Isa est allé trouver Cédric afin d'y mettre un terme. D'après ce qu'elle nous a dit, parce qu'elle n'a aucun secret pour nous, elle se sentait mal, mais aussi coupable. Comme si elle avait trompé quelqu'un. Bien entendu, elle nous a pas dit le qui est cette personne mystérieuse, mais il ne nous a pas fallu longtemps avant de faire la connexion avec toi. Surtout lorsque nous avons vu votre interaction lorsqu'Harry et elle, sont arrivés ici. C'était simple comme bonjour. Le plus évident était lorsqu'elle s'en est prise à Remus, mais aussi à maman afin de te défendre. Ce que tu as entendu n'est pas un dixième de ce qu'elle a dit à Remus en fin d'année lorsqu'il était à Poudlard. Nous n'étions pas là, mais Harry nous a raconté. Elle n'a certainement pas mâché ses mots avant de les dire. En plus, elle a aidé à prouver ton innocence en donnant des preuves concrètes. Tu sais ce qu'elle a fait… Elle a permis que certains journaux de James soient utilisés comme témoignage. Bien sûr, elle a donné une copie, mais elle l'a tout de même fait. Elle était prête à sacrifier un morceau d'elle pour que tu sois un homme libre. Je pense que c'est assez d'une preuve qu'elle a des sentiments plus qu'amicaux pour toi. Avant de faire quoi que ce soit… Réfléchis-y vraiment. Sois sûr de toi. Je ne veux pas la voir blesser. Elle a vécu assez. Elle n'a jamais mérité cela. Elle serait prête à sacrifier sa vie pour ceux qu'elle aime. Ne la blesse pas ou ne lui fais pas du mal. » Expliqua Fred d'une voix vacillante à la fin de son récit.
« Je pense que tu comprends maintenant pourquoi notre mère n'est pas une grande fan d'Isa. Elle l'apprécie et tout, mais seulement lorsqu'Isa n'est pas aussi rebelle et si franche. » Plaisanta George afin de détendre l'atmosphère s'étant remplie de tension indésirable.
« Nous n'allons pas intervenir ou empêcher quoi que ce soit qui pourrait avoir lieu entre vous deux, mais un petit conseil cependant… Ne blesse pas Isa d'une quelconque manière, car tout ce que tu faisais à l'époque des Maraudeurs, ne sera rien par rapport à ce que, nous, nous ferons pour lui avoir causé des dommages quel que soit la nature de ceux-ci. » Déclara Fred farouchement sans aucune crainte de ses sous-entendus, tout en se levant et il fut très vite suivit de George.
« Vous êtes conscient que je pourrais faire de votre vie un enfer ? » Dis-je d'une voix trainante.
« Nous en sommes tout à fait conscient, mais Isa est très importante pour nous et elle en vaut la peine. Nous sommes capables de faire tout pour elle. » Se contenta de répondre George avant qu'ils ne quittent tous les deux la pièce.
Après leur sortie, je secouai la tête et j'eus un sourire amusé pour le culot qu'ils venaient de faire preuve. Je ne pouvais pas croire le culot que pouvaient avoir ces morveux.
Finalement, je soupirai et je me levai à mon tour, puis je sortis également du salon et redescendis vers la cuisine.
Point d'Isabella :
Je me réveillais soudainement et je me rendis bien vite compte que je me trouvais dans ma chambre au square et dans mon lit. Je tournai la tête en sentant un bras me traversant la taille. Je souris en voyant mon frère, puis je refermai les yeux. Sirius avait certainement dû venir me remettre dans mon lit.
