Et un nouveau chapitre, un ! J'espère qu'il vous plaira et je remercie (enfin) tous les personnes qui me suivent pour cette histoire, également celles qui me laissent un commentaire ! J'adore avoir vos avis, c'est quelque fois ce qui me donne l'envie de continuer et de trouver de nouvelles idées !
Bonne lecture !
Chapitre 12 : Miroir
Le matin qui suivit la sortie nocturne d'Harry pour récupérer le souvenir de Slughorn, le brun raconta à ses amis tout ce qu'il s'était passé. Normalement, ils devaient s'exercer à transformer le vinaigre en vin durant ce cours de sortilège, mais seule Hermione y arrivait sans difficulté. Ses deux amis, quant à eux, étaient trop pris dans la conversation que pour réellement se concentrer sur l'exercice.
Harry leur raconta sa rencontre avec Slughorn, l'enterrement d'Aragog, la détresse d'Hagrid (« Je lui enverrai un hibou après le déjeuner pour prendre de ses nouvelles, j'espère que ça lui remontera le moral ! », se désola Hermione, bien que légèrement scandalisé par l'idée qu'il ait été ami avec une araignée géante), la façon dont il a récupéré le souvenir. Ensuite, il expliqua à Ron et Hermione qu'il s'était rendu dans le bureau de Dumbledore et que celui-ci lui avait expliqué ce qu'il savait à propos des horcruxes. Ce dernier mot fit froncer les sourcils à Hermione qui n'en avait jamais entendu parler auparavant. Elle promit aux garçons de faire des recherches dans la section de la bibliothèque dédiée à la magie noire.
Le professeur Flitwick s'approcha de leur table pour voir leur avancée il félicita Hermione qui maitrisait parfaitement le sort et incita les garçons à encore s'entrainer avant de repartir vers une autre table de sa démarche sautillante. Ron lança un sort vers son verre de vinaigre sans grande conviction, mais celui-ci était inchangé.
- « Au fait, j'ai raconté à Hermione ce qu'on avait découvert de Malefoy, elle l'avait aussi remarqué ! »
Malgré l'air réjoui de Ron, Harry parut inquiet et un peu agacé en apprenant cette nouvelle. Il se pencha légèrement en avant pour jeter un coup d'œil à Hermione qui avait pincé les lèvres en entendant à nouveau le nom de Drago. Cependant, Harry ne l'interpréta pas de la même façon et crut que, contrairement à ce qu'affirmait Ron, Hermione n'était pas du tout d'accord avec ce qu'ils avaient découverts.
- « Ron », commença Harry, mais Hermione prit rapidement la parole pour mettre les choses au point :
- « Les garçons, je suis d'accord avec vous concernant Malefoy (ils sourirent tous les deux, prêts à répliquer), MAIS (leur sourire se fana légèrement et ils grimacèrent) vous pensez vraiment que c'est le moment de lui chercher des noises ? Harry, tu viens de découvrir le plus grand secret de Voldemort, Dumbledore te fait confiance et je suis sûre que bientôt il t'apprendra encore d'autres choses pour que tu puisses vaincre Voldemort. Alors il est vrai que le comportement de Malefoy est étrange, qu'il semble malade, qu'il n'agisse pas comme d'habitude, mais en attendant il nous laisse tranquille. S'il veut s'attirer des ennuis, qu'il le fasse tout seul, vous ne pensez pas ? Vous devriez plutôt vous préoccuper de vos devoirs et des examens qui approchent », finit-elle en transformant à nouveau son vinaigre en vin dans un soupir de contentement.
Les deux garçons se regardèrent sombrement, réfléchissant à ce que venait de leur dire Hermione.
- « Elle n'a pas tort, Harry… Si ça tombe, c'est juste pour faire son intéressant et intégrer le Club de Slug. » Le brun haussa les épaules, peu convaincu. Cela faisait depuis leur première année à Poudlard que Malefoy cherchait le moindre prétexte pour leur mettre des bâtons dans les roues, il n'arrivait pas à croire qu'une chose aussi futile qu'une invitation à des soirées privées soit sa seule obsession.
- « Si tu le dis… Mais s'il arrive quelque chose, je vous l'aurais prévenu. » Hermione leva les yeux au ciel.
- « Ce que les anglais peuvent être têtus parfois. »
A la fin de la pause déjeunée, Hermione fit signe à ses amis avant de se diriger seule vers la bibliothèque, n'ayant plus cours pour le reste de la journée, à l'inverse des garçons. Elle fit d'abord un crochet par la volière afin d'envoyer la lettre à Hagrid, comme elle se l'était promis plus tôt dans la journée.
Arrivée à la bibliothèque, elle s'arrêta quelques secondes sur le pas de la porte pour profiter de la bonne odeur de parchemin et de vieux livres qui parvenait jusqu'à ses narines. Elle adorait tellement cet endroit il y avait quelque chose d'authentique qui la faisait paraitre plus belle aux yeux d'Hermione. La bibliothèque de Beauxbâtons était magnifique elle aussi, mais dans un style plus retenu, formel, superficiel, avec son architecture style Louis XIV. Alors que celle de Poudlard… Les grandes étagères en bois étaient tout aussi imprégnée d'Histoire que le sont les livres qu'elle soutient.
Tout en continuant de rêvasser, Hermione s'installa à sa table habituelle, un peu reculée et près de la fenêtre. Elle déplia ses parchemins et ses bouquins pour commencer ses devoirs. A peine avait-elle eu le temps d'écrire le titre qu'un autre livre claqua devant elle, lui faisant lever le nez vers Ginny. Celle-ci se laissa tomber sur la chaise à côté de son amie tout en soupirant. Elle ramena ensuite le livre qu'elle avait laissé tomber sur la table près d'elle et y posa ses bras repliés pour ensuite y poser sa tête, tournée vers la brune.
- « Coucou Mione ! Tu as passé une bonne journée ? La mienne a été épouvantable, j'ai rompu avec Dean au déjeuner, ça s'est assez mal passé, pas besoin de te le préciser je suppose. Tu fais quoi ? Un devoir ? Je dois aussi faire les miens, mais j'en ai tellement ! On a bientôt nos BUSE et à voir les professeurs, on dirait qu'ils veulent tout sauf qu'on ait du temps pour les réviser ! »
- « Bonjour à toi aussi. »
Ginny soupira et laissa sa tête retomber sur ses bras.
- « Alors, c'est fini avec Dean ? » La tête de Ginny bougea vaguement et Hermione prit cela pour un oui. En même temps, elle déposa sa plume quelque chose lui disait qu'elle n'en aurait pas l'utilité avant un petit temps. « J'en connais un qui va être ravi lorsqu'il va l'apprendre », fit-elle avec malice.
Ginny releva légèrement la tête, rougissante, mais un petit sourire qu'elle ne put réprimer vint s'étaler sur ses lèvres et elle sembla durant quelque instant perdue loin, dans un hypothétique avenir avec un certain brun à lunette… Elle soupira d'aise avant de reporter son attention sur le visage moqueur de la brune.
- « Moque-toi seulement, je te rappelle que tu as encore certaines choses à me dire. »
Hermione se renfrogna immédiatement. Elle avait complétement oublié cette conversation qu'elle avait eue avec son amie à cause des récents événements et découvertes rapportées par Harry. Elle se laissa retomber contre sa chaise en croisant ses bras contre sa poitrine, comme pour se défendre face à son amie. Ginny comprit son stratagème et pencha la tête sur le côté pour prendre son air de chien battu. Lorsque Hermione la vit ouvrir la bouche, elle sut immédiatement que c'était pour l'amadouer avec de douces paroles ou encore des excuses parce que Ginny se sentait triste, Ginny se sentait seule, Ginny avait passé une mauvaise journée… Du coup, avant même que la rousse n'ait le temps d'émettre un seul son, Hermione soupira et déclara d'un ton excédé :
- « D'accord ! Tu as gagné ! »
Ginny se retint de montrer son air victorieux et se contenta d'un énorme sourire qu'elle n'arrivait pas à cacher. Hermione eut une moue amusée en la voyant et ne put s'empêcher de sourire à son tour devant son amie. « Décidément, elle peut faire ce qu'elle veut de moi ! »
- « Bon… Que voulais-tu savoir au juste ? », demanda-t-elle en remballant sa plume dans sa boite pour ne pas l'abimer. Elle était certaine à présent qu'elle ne l'utiliserait pas.
- « Est-ce que tu as revu Malefoy ? Est-ce que vous vous êtes reparlé ? Comment est-ce qu'il a été avec toi ? Je veux dire en privé, on sait tous comment il a été avec toi en public. Ha et aussi, est-ce que vous vous êtes revus ? Tous les deux, rien qu'à deux ? Vous vous êtes embrassés ? », finit-elle précipitamment en portant ses deux mains devant sa bouche. Ginny dansait littéralement sur sa chaise tellement elle était excitée en avance des confidences qui allaient lui être faites. « La pauvre, elle va être tellement déçue », pensa narquoisement Hermione.
- « Je n'ai pas vraiment revu Malefoy, enfin si mais… », elle fit une pause pour se remettre les idées en place, mais se sentit de plus en plus oppressée par le regard insistant de Ginny qui s'était entretemps penchée par-dessus la table pour se rapprocher au maximum d'Hermione, comme pour ne pas perdre une miette de ce qu'elle disait. « En fait, la première fois qu'on s'est revus devant un local, il m'a insulté. Les fois suivantes aussi. On s'est revu une fois à deux dans un couloir, mais il m'a quasi insulté ou tout du moins ignoré. On a eu une vraie conversion à Noël, c'est vrai, mais c'était juste pour mettre les choses au clair. »
- « Et… ? »
- « Et rien. On ne s'est plus parlé depuis. Les choses ont été assez claires. »
Ginny resta stoïque l'espace de quelques secondes, puis fronça les sourcils. Hermione pouvait presque sentir son cerveau fulminé sous sa chevelure de feu.
- « Vous ne vous êtes pas remis ensemble ? Pas même un bisou ? » Cette dernière question fit sourire Hermione elle adorait Ginny, surtout quand celle-ci mettait sa cape de super-romantique.
- « Non, rien du tout. On ne s'est plus parlé, je te dis. Même dans les couloirs, il m'insulte à peine maintenant. Je ne sais pas du tout à quoi tu t'attendais… »
Ginny soupira en reculant pour se remettre convenablement sur sa chaise. Elle tendit ensuite sa main pour prendre celle d'Hermione les yeux perdus dans le vague, elle caressait sa paume tout en parlant :
- « Je ne sais pas. En fait, j'avais cru que j'aurais pu t'aider à entretenir un amour secret et interdit avec Malefoy. Ça aurait été trop drôle, on aurait été comme deux espionnes devant te fixer des rendez-vous secrets partout dans l'école et on aurait communiqué à l'aide de code secret », s'esclaffa-t-elle.
Hermione leva les yeux au ciel, mais ne put s'empêcha de sentir un pincement au cœur en entendant les paroles de son amie. Elle lui serra la main qu'elle tenait et intercepta son regard pour la regarder droit dans ses iris marron.
- « Tu n'imagines pas comme je suis heureuse de t'entendre dire ça. »
Comme muées par un même mouvement, toutes deux se levèrent et se prirent dans les bras l'une de l'autre. Elles restèrent ainsi quelques minutes, sans qu'aucune ne bouge, sans que personne ne vienne troubler ce moment parfait. Hermione entendit alors, chuchoté tellement bas qu'elle ne sut si Ginny l'avait vraiment dit : « C'est normal, les amis c'est fait pour ça. »
Le lendemain matin, Hermione arriva dans la grande salle en compagnie de Ron. Ils parlaient de la prochaine sortie à Prés-au-Lard et des achats qu'ils devront y faire. C'était la dernière de l'année, étant donné que les examens arrivaient à grand pas et que, bientôt, les étudiants n'auraient plus le temps de penser à autre chose qu'à leurs évaluations.
Au moment où ils s'assirent à leurs tables aux côtés de Neville et d'Harry, les hiboux et autres chouettes entrèrent par les grandes fenêtres pour délivrer leurs courriers. Neville reçut une lettre de sa grand-mère qui le sermonnait sur ses révisions, ainsi qu'une boite de vitamines pour « te tenir en forme, autant le corps que l'esprit ! » Cela avait bien fait rire les Gryffondors, beaucoup moins Neville qui maugréait encore contre sa grand-mère un peu trop envahissante. Soudain, alors qu'Hermione discutait avec lui des propriétés de certaines plantes aquatiques, une lettre tomba en plein sur son toast qui (« Merci Merlin ! ») n'était pas encore beurré.
- « Ça vient de qui ? », demanda Ron, la bouche plein de céréales, une petite goutte de lait pendant à la commissure des lèvres.
Ginny, qui venait d'arriver, leva les yeux au ciel avec une grimace de dégout.
- « Ferme la bouche quand tu manges, Ron ! »
- « C'est une lettre de mes parents », répondit néanmoins Hermione, comme loin de la dispute qui naissait à côté d'elle.
- « Tu penses que c'est grave ? », l'interrogea Harry d'une voix douce. Il s'était décalé d'un siège pour ne pas être pris dans la tempête Weasley qui commençait à faire rage à côté d'eux.
Hermione releva soudain la tête, comme émergeant de l'eau, et adressa un sourire rayonnant à son ami. En même temps, elle plia la lettre et la rangea dans son sac pour la lire plus tard, à l'abri des regards.
- « Non, je ne pense pas ! C'est sans doute la réponse à celle que j'ai envoyé la semaine passée. »
Harry hocha la tête, comme peu convaincu, mais n'insista pas. Si Hermione voulait lui en parler, elle le ferait en temps voulu. Ils finirent tous leur petit-déjeuner dans le silence (Ginny et Ron s'envoyaient de temps à autre des œillades meurtrières) puis allèrent en cours. Ce jour-là, Harry, Ron et Hermione n'avaient pas les mêmes matières, cette dernière ayant Runes.
A la sortie des deux heures passées à déchiffrer ces écritures archaïques, Hermione était lessivée, mais elle ne retourna pas immédiatement à la salle commune des Gryffondors. De toute façon, les garçons ne s'inquiéteraient pas de son absence, pensant qu'elle serait en bibliothèque. Elle se réfugia alors sur les marches des escaliers qui menaient à la tour d'astronomie à cette heure-ci, normalement aucun élève ne devait y avoir accès, elle serait donc tranquille.
Les mains légèrement tremblantes, elle sortit la lettre de son sac et la contempla quelques secondes pour se donner le courage de l'ouvrir. Elle attendait effectivement une réponse de ses parents, pour cela elle n'avait pas menti. Néanmoins, elle avait peur de celle-ci et une étrange impression s'était insinuée en elle, donnait naissance à une énorme boule dans son ventre. Finalement, elle inspira une grande bouffée d'air et décacheta l'enveloppe pour en sortir la lettre écrite – elle la reconnut – de la main de sa mère. Rien que de voir son écriture lui fit monter les larmes aux yeux ses parents lui manquaient terriblement, même si elle essayait parfois de l'oublier pour ne pas se laisser abattre.
Ce qu'elle redoutait était en fin de compte là, entre ses mains : ses parents, comme elle leur avait conseillé, avait décidé de quitter la Normandie. Ils allaient s'établir quelque part en Asie pour s'éloigner au maximum de l'Europe et du Mage Noir qui y sévissait même eux, alors qu'ils n'étaient que des moldus, avaient entendus parler d'agissement étranges et inquiétants. Des amis sorciers (sans doute des parents de ses propres amis de Beauxbâtons) allaient les aider à quitter le pays sans trop se faire remarquer et leur donner les moyens nécessaires pour s'installer sur l'autre continent sans être repérés.
Hermione ne remarqua qu'elle pleurait que lorsque certaines lettres s'effacèrent sous les gouttes d'eau salée et lorsqu'elle eut du mal à lire certaines phrases tant sa vision était floue. Elle étouffa un sanglot dans sa main, s'accordant ainsi une pause dans sa lecture, le temps d'assimiler ce que sa mère lui disait. Elle reprit une respiration plus ou moins régulière et lut le dernier paragraphe :
Onuphrius et Euphrasie nous aideront du mieux qu'ils pourront, j'en suis sûre. Pour cette raison, tu ne dois pas t'inquiéter pour nous, préoccupe-toi avant tout de ta propre sécurité, c'est ce qui me tient le plus à cœur. Ma chérie, cela me fait de la peine de l'écrire, mais je pense que tu comprendras, tout comme ton père et moi, la nécessité de cette demande : pour notre sécurité, nous ne pourrons te dévoiler l'endroit exact où nous serons. Pour cette même raison, on ne pourra plus t'écrire… J'ai cependant su gagné un moment de répit et jusqu'à dimanche, nous serons encore en France, si tu désires nous écrire.
J'espère que tout s'arrangera très bientôt et que je pourrais à nouveau te serrer dans mes bras. Je ne cesse de penser au moment où je te retrouverai enfin, mon trésor.
Nous t'aimons,
Papa et Maman
Dimanche… Cela ne lui laissait que cinq jours. Hermione sentait ses forces la quitter, ses larmes ne se tarissaient pas sur ses joues, le tremblement de ses mains ne s'arrêtaient pas et bientôt elle ne parvint plus à réfréner ses sanglots. Elle remit la lettre du mieux qu'elle le put dans son sac, sans trop l'abimer. Après tout, elle était à présent l'une des dernières choses qui lui restait de ses parents…
Elle prit son sac sur son épaule sans vraiment faire attention à ses gestes et se précipita hors de la cage d'escalier où elle s'était initialement réfugiée. Elle réfléchit à peine quelques secondes quant à savoir à quel endroit aller la salle commune était hors de question, elle ne voulait pas affronter ses amis dans cet état. La bibliothèque ne serait pas un refuge idéal, elle allait de toute façon faire trop de bruit et attirer l'attention sur elle, c'était tout sauf ce qu'elle désirait à cet instant précis. Tout à coup, la solution s'imposa à elle avec tant de facilité qu'elle se sentit bête de ne pas y avoir pensé plus tôt. D'une démarche précipitée, regardant à peine devant elle, si ce n'est pour éviter des personnes, elle se dirigea vers les toilettes des filles du deuxième étage.
Arrivée dans le couloir, elle pressa le pas pour s'y retrouver le plus vite possible. Elle poussa la porte d'un coup, essayant tout de même de ne pas faire trop de bruit et de cette manière attirer l'attention d'une quelconque personne. Une fois dans la pièce, elle s'adossa à la porte et se laissa glisser le long de celle-ci jusqu'à qu'elle soit par terre, les genoux repliées contre elle. Elle déposa sa tête sur ceux-ci et laissa ses larmes coulées. Le premier choc était passé et à présent elle pleurait en silence de temps à autre, un minuscule gémissement, comme une plainte silencieuse, s'échappait d'entre ses lèvres.
Tout à coup, un sanglot se fit entendre. Hermione n'y prêta pas attention, jusqu'à ce qu'un deuxième le suive. Elle releva la tête et fronça très légèrement les sourcils même ce simple geste lui était douloureux, tant son visage avait été crispé par les larmes cette dernière heure. Elle passa sa manche sur son visage pour essayer les larmes qui y étaient encore figées et se releva tout doucement. Malgré ses jambes tremblantes, elle parvint quand même à se relever et contourna d'un pas lent les lavabos qui étaient au centre de la pièce. Elle entendit encore une fois un sanglot elle aurait voulu fuir, quitter ses toilettes. Elle n'avait pas envie de croiser quelqu'un, encore moins si cette personne était dans le même état que le sien. C'était égoïste, mais elle avait déjà assez à faire avec sa propre peine. Cependant, la curiosité était trop forte depuis le temps qu'elle venait se réfugier ici, c'était la première fois qu'elle y croisait quelqu'un, mis à part Mimi Geignarde.
- « Il va me tuer… Je n'y arriverais jamais… » C'était à peine des murmures, étouffés par les sanglots de la personne qui prononçait ces paroles.
Soudain, elle se figea dans son mouvement. Elle venait d'apercevoir la personne qui émettait ces sanglots elle était prostrée sur un lavabo et était dos à Hermione. Ses mains étaient crispées de part et d'autre de la porcelaine blanche, son visage penché de telle façon qu'Hermione voyait à peine le haut de son crâne. Le miroir en face de lui ne reflétait que ses cheveux, des cheveux blonds.
Alors qu'Hermione avait pris la décision de faire demi-tour et de se réfugier à un autre endroit, Drago releva la tête pour se regarder dans le miroir. Il croisa son regard et tous deux se figèrent. A miroir interposé, ils se regardaient, choqués de voir autant de douleur sur le visage de l'autre, mais surtout que quelqu'un les ait surpris dans ce moment de faiblesse.
