Bonjour à tous ! Voilà un nouveau chapitre, un pas en avant sans pas en arrière !
Je crois que j'ai trouvé mon rythme de publication : un chapitre pour une fic lue ! Ouais, ça vous aide pas !
Que vous dire ? Merci à toutes (je pense pas me tromper en disant qu'on peut laisser tomber le genre masculin... ^^), à SNT59 pour sa review et le mot « turpitude » que je m'autodéfie de placer dans ma fic, Amazonélo (tu as reçu mon mp ?), Beatrice, Emma Came.
Et aussi pour vous faire partager quelque chose que j'ai découvert y a peu : A Very Potter Musical par Starkid :D C'est en anglais mais toute une équipe s'est chargée d'en faire une version sous-titrée. Suffit juste de rajouter « vostfr » dans la barre de recherche youtube (ah oui, j'avais pas précisé ça). Ensuite, y a A Very Potter Sequel, pas traduit par la même équipe mais y a eu une traduction aussi. En ce moment, j'écoute « Get Back to Hogwarts » en boucle ainsi que « Granger Danger », où Draco se rend compte qu'il est amoureux d'Hermione ! Franchement c'est hyper marrant. Draco est joué par une fille qui s'appelle Lauren Lopez, elle le rend vraiment … hilarant. Et Rogue, c'est un bonheur aussi dans cette pièce xD
Et je suis contente, parce qu'en prenant « Granger Danger » j'ai réussi à enlever la voix de Lauren et donc, à chanter dessus, en duo avec le gars qui fait Ron, s'il vous plait ! *-* Alors voilà.
Fin du racontage de ma vie, voici le nouveau chapitre ! Je fais pas mal de recherches pour vous !
Chapitre 12 : On n'a pas le droit de te parler
« Est-ce que c'est vrai qu'c'est parce que t'es violet
Qu'on nous interdit de te voir
Qu'on n'a pas le droit de te parler
Ma mère me le dit tous les soirs
Et dans mon lit quand il fait tout noir
Je pense à toi, j'en ai marre de faire des cauchemars »
- Bonne nuit. Bien sur qu'elle va passer une bonne nuit, la petite Gryffondor, avec sa potion de sommeil sans rêve. Mais moi … Moi je ne peux pas me permettre de dormir sans qu'on puisse me réveiller. C'est trop dangereux. Alors dormez bien, Miss Granger, moi, je ne peux pas me le permettre.
Et Hermione dormait. Sans aucun trouble, paisible, comme une Ange. Severus Rogue l'imagina deux secondes. Deux. Minuscules. Secondes. Et il se remit à la préparation de sa potion.
Hermione se réveilla en pleine forme le lendemain matin. Une nuit reposante au possible. Inespéré sans sa Création, comme elle se plaisait à l'appeler. Elle n'allait quand même pas devenir dépendante de cette nouvelle potion! Elle soupira. Se leva, se prépara, et rejoignit Ron & Harry en salle commune. Ils se rendirent tous au petit déjeuner, et la première chose que fit Hermione fut de regarder à la table des professeurs. Pas de trace de Rogue. Elle rongea distraitement l'ongle de son pouce avant de se reprendre et de se nourrir. Mais au fond d'elle, elle était … inquiète. Oui, c'était ça, pas besoin de se le cacher : elle était inquiète. Mais ce depuis longtemps, depuis qu'elle avait appris son appartenance à l'Ordre. Si Dumbledore lui faisait confiance, alors ELLE se devait de lui faire confiance. Dumbledore était un homme sage, qui malgré sa gentillesse, ne devait pas accorder sa confiance à tout le monde. Mais s'il l'accordait à Rogue, il avait ses raisons, et puis, il lui avait avoué être de son côté … et … Hermione le croyait. Ce n'était pas une confiance aveugle, non, mais une confiance raisonnable. Sa faiblesse de la nuit dernière, son aide à l'Ordre, le sauvetage en troisième année … Elle ne pouvait que croire en lui. Fort. Très fort. Trop fort. Elle s'étouffa avec son jus de citrouille.
- Bah alors Hermione ! Qu'est-ce que t'allais dire ?
Elle s'étouffa encore quelques secondes avant de se reprendre.
- Ca va, ça va. J'étais dans mes pensées.
- Hermione pense à quelqu'un! Minauda Ginny.
- Je t'en prie, Ginevra, ne dis pas de sottise !
- A peine, répondit-elle avec un coup de coude pour son aînée.
Et c'était parti pour une nouvelle journée de cours. Métamorphoses, Défense contre les forces du mal… toujours la même routine. Mais le temps passait, irrémédiablement. Et heureusement qu'il passait ! Les cours n'étaient pas les choses les plus intéressantes à Poudlard. Enfin, pas pour la plupart des gens. Hermione, elle, les trouvait passionnants. Mais elle avait tout de même hâte de quitter l'école de sorcellerie. Elle voulait avoir sa propre vie, passer à la pratique. Mais quelle pratique ? Elle aimerait faire tellement de choses ! Comment choisir ? Elle avait tellement de rêves. Depuis qu'on lui avait appris qu'elle était une sorcière, elle avait tout donné pour se faire sa place dans ce monde, en témoignaient ses notes, et maintenant ? Elle excellait dans tout, aimait tout : comment choisir maintenant? Elle attendait le déclic, elle avait encore deux ans pour trouver sa voie. Et elle avait l'intuition que ce déclic pourrait ne plus être très long à venir …
Elle passa une journée ordinaire et, après un diner pas trop copieux – elle espérait que ça l'aiderait à dormir - elle décida de se rendre aux cachots. Elle avait entendu – non sans inquiétude – l'absence de Rogue à son cours de 3ème année.
Hermione se retrouva donc plutôt vite devant la salle de classe de Rogue. Elle avait entendu du bruit en passant près de la porte et s'était arrêtée, aux aguets. C'avait été un gros juron en même temps qu'un bruit sourd, puis plus rien.
- Professeur?
Pas de réponse.
- Professeur Rogue, c'est Hermione Granger. Laissez moi entrer s'il vous plait.
Toujours rien, mais elle entendait à présent de nouveaux bruits, étouffés par la porte. De son côté, c'était d'un calme affolant.
- Je vous en prie professeur Rogue, je ... Je ... Je vais défoncer la porte !
- Mais oui, Miss Granger, lui répondit-on de l'intérieur.
Elle ouvrit la bouche en o de sa façon de lui répondre. Comment osait il? Ne croyait il pas en sa conviction?
De rage, la jeune femme se jeta contre la porte. Raté, forcément, trop peu d'élan. Elle se recula donc un peu et repartit à l'assaut de la porte. Une deuxième fois, puis une troisième, et une quatrième.
- Il va pas me laisser continuer à me faire mal comme ça! Surtout parce que le bruit doit le déranger.
En effet, alors qu'elle allait s'élancer, la porte s'ouvrit sur un professeur Rogue livide et visiblement aigri.
- Vous devriez partir Miss Granger.
- Au contraire je devais venir. Qu'est-ce qui vous est arrivé?
- Je vais répéter, idiote prétentieuse arrogante gamine. Partez maintenant!
Il refermait la porte quand elle se jeta dessus. Rogue, surpris, et visiblement dénué de forces, ne put donc que la laisser entrer. Elle referma la porte derrière elle. Il soupira. Confrontation.
- Je sais que vous êtes tranchant pour vous protéger. Je ferai abstraction de toutes les mauvaises choses que vous direz à mon propos. Je suis là pour vous aider que vous le vouliez ou non.
- M'aider? Vous croyez vraiment que vous pouvez m'aider? C'est votre potion qui m'a mis dans cet état!
- Parce que vous cherchez à en abuser! Elle n'est à utiliser qu'en cas de danger! Vous devez vous en passer professeur ... Vous devez vous battre contre.
- Ou utiliser des ingrédients qui ne provoquent aucune addiction.
- Aucun des ingrédients n'en provoquait. VOUS y avez réagi. Je n'ai eu aucun problème !
- Vous avez été stupide de tester cette potion sur vous!
- Voilà que vous recommencez ! Vous avez approuvé les ingrédients de cette potion. Elle est inoffensive.
- Apparemment pas pour tout le monde.
Il y eut un silence, puis le Maître des potions se tourna et s'avança vers la jeune Gryffondor. Elle plissa d'abord les yeux puis les baissa.
-Regardez moi Miss Granger.
En effet il allait mal. Il avait laissé tomber toutes ses barrières devant elle, ne conservant que sa langue de vipère - encore un attribut de serpent - et il lui montrait un visage de lui qu'elle n'aurait jamais voulu voir. Il était pâle, ses yeux, entourés de cernes, étaient rouges et semblaient être encore plus enfoncés dans leurs orbites qu'à l'accoutumé. Il semblait courbaturé et ses mains tremblaient. Hermione se pinça les les lèvres.
- Eh bien, répondit Hermione, plus très sûre d'elle, je ne sais pas, moi ... Laissez moi ... Vous changer les idées ! Apprenez moi les potions, rajouta t'elle après l'avoir vu froncer les sourcils, laissez moi vous assister et vous empêcher de la prendre et d'en fabriquer. Au maximum. Professeur ...
Le Prince de Sang Mêlé récemment recouronné soupira. Elle n'avait pas l'intention de laisser tomber. Enfin, peut être qu'une semaine en compagnie de l'horrible bâtard des cachots la ferait renoncer. C'était sa seule chance.
- C'est bon, Miss Granger.
- Bien, le coupa-t-elle avant qu'il ne rajoute ce qu'elle redoutait. Que fait on ce soir Professeur?
- Vous n'êtes pas sérieuse.
- Il n'y aurait au contraire pas plus sérieux que moi. Je crois que vous ne comprenez pas professeur ... Vous êtes pourtant intelligent, et un bon legilimens : vous devriez savoir.
- Et vous, si vous étiez aussi intelligente que vous voulez bien le montrer, vous n'auriez jamais proposé cette … stupidité.
- Vous aurez beau dire, tout ce que je fais est réfléchi.
- Et voilà où ça nous mène ! Belle réflexion, Miss Granger.
- Vous êtes vraiment insupportable !
- Et 10 points en moins pour Gryffondor !
La jeune femme se renfrogna. Pourquoi aider quelqu'un comme lui ?
- Bon, vous avez gagné, reprit-elle, je me tais. Mais je vous suivrai comme votre ombre : vous n'aurez pas la possibilité de concocter cette potion à nouveau. Et d'ailleurs, je vais m'assurer que les flacons que vous avez d'avance disparaissent dans un Evanesco. Poussez-vous, allez, poussez-vous !
Elle n'avait pas peur, l'avait déplacé sur le côté d'un mouvement de main, touchant par la même occasion sa hanche, en aucun cas gênée par ce contact. Elle se dirigea vers la porte des appartements du professeur, espérant que ça allait passer crème. Elle ferma les yeux, avança la main en direction de la poignée, essaya de ne pas trembler, puis elle ouvrit la porte alors que Rogue semblait se reprendre.
- Où allez-vous ? Dit-il en s'élançant vers elle.
- Voyons, vous ne les auriez pas mis dans la réserve des élèves. Ils sont forcément chez vous. Alors soit vous me dites où exactement, soit je retourne tous vos quartiers.
- Vous perdriez tous les points de votre maison avant de pouvoir commencer.
- Les points contre votre vie, ça me va.
Elle s'était tournée, ses yeux noisette dans ceux du professeur des cachots. Ne pouvait-il pas simplement reconnaître, pour une fois qu'il avait besoin d'elle ? Severus Rogue poussa un soupir. Un long soupir, un soupir de résignation. Hermione avait gagné. Elle lui sourit.
- Ramenez les moi professeur.
Il tourna le dos dans un grognement et se dirigea vers sa chambre. A pas feutrés, Hermione le suivit : elle ne voulait pas qu'il ait le temps d'en cacher quelques unes.
C'était une chose étrange de se retrouver dans la chambre de Rogue, avec lui. La rouge et or le comprit en franchissant la porte. Elle tressaillit il fit de même aucun des deux ne vit la réaction de l'autre. La jeune femme porta son regard sur le lit du maître des potions et ne réussit à en détacher le regard que lorsque celui ci capta un mouvement à sa gauche. Rogue se retournait vers elle, des fioles à la main, et lui tendit, le bras raide. Elle, les saisit en tremblant. Elle se retourna vite tandis que son professeur regardait lui aussi le lit. Ce ne fut que quand elle eut quittée la pièce que la tension cessa, l'électricité entre eux retomba, il put enfin détourner son regard. Et il sortit à son tour.
Hermione de son côté tremblait encore, en sortant le plus rapidement possible de la demeure de son professeur, tout en régulant ses pas tout de même pour ne pas qu'il ait l'impression qu'elle fuie. Ca lui ferait trop plaisir.
De nouveau dans la salle de classe, elle se sentit enfin respirer. Ici, elle redevenait une élève et lui, son professeur, sans aucune ambiguïté. Ca la rassurait. Elle prit quelques secondes pour que ses inspirations redeviennent lentes et régulières, avant d'ouvrir les flacons un par un et, un par un, leur lancer un Evanesco. Mais l'entrée dans la classe du professeur Rogue fit raidir le moindre de ses muscles, et raviva la vitesse de sa respiration. « Mon Dieu non... »
Il avait raison, elle n'avait finalement pas assez réfléchi. Mais comment aurait-elle pu penser qu'elle aurait pu nourrir de tels sentiments pour le professeur Rogue ? C'était impensable, et pourtant, elle ne pouvait pas se tromper maintenant. Cette tension alors qu'il s'approchait d'elle, son regard insistant pour le lit quelques secondes plus tôt... Allons bon, elle n'avait que 16 ans ! Et lui … et lui ? La jeune femme mordit l'intérieur de sa lèvre. « Réveille toi, réveille toi ! »
Elle voulait partir, fuir cette fois. Mais c'était précipité, et puis, elle avait dit qu'elle le suivrait comme son ombre. Non, si elle l'aimait vraiment comme son pauvre esprit le pensait au moment présent, elle se devait de rester et de le protéger. Mais quelle douleur pour son pauvre petit cœur ! Tout en elle était pauvre à l'instant présent. Misérable petite existence. Elle se prit à vouloir être née vingt ans plus tôt, se prit à vouloir le changer. Peut être, si elle avait été là, n'aurait il pas rejoint Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Elle se plut à le penser, une demie seconde, puis revint au moment présent. Comme si elle aurait pu changer sa vie ! Non, elle aurait été insignifiante face au prince de Sang Mêlé, cet être d'une intelligence inouïe et d'une froideur plus inouïe encore.
- Miss Granger ?
Elle releva brusquement la tête. C'est vrai, il était là … Enfin plutôt, ELLE, était là. Elle était l'intruse. Mais elle ne pouvait pas partir. Elle se força à se reprendre et sourit, un peu tristement.
- Oui ? Pardon, j'étais partie dans mes pensées.
- Ca, je n'en ai cure, lui répondit-il. Vous voulez vraiment m'aider ? Prenez ces parchemins de première année et mettez y une note préalable. Nous verrons si vous vous souvenez encore de vos premières années.
Il les déposa sur son bureau habituel et elle même alla y prendre place. Lui, retrouva la sienne, son grand bureau austère, où il avait, quelques secondes auparavant, envisagé de l'allonger. Mais non, il ne pouvait pas lui faire ça.
Pas à Lily.
Il était donc assis à son bureau, corrigeant faussement des copies de quatrième année. En vérité, il était plus loin que ça. Bien plus loin.
Lily, vingt ans plus tôt. Lily la Sang-de-Bourbe. Lui et son erreur. Cette erreur qui l'avait détruit. Bien sur, elle traînait avec son petit groupe d'amis miteux, ces bâtards, mais pour autant, elle avait encore de la compassion pour lui, le rejoignant parfois, lui parlant toujours. Mais après ce fameux jour, tout avait été fini, bien fini. Il l'avait perdue … perdue à jamais. Comme le montrait cet abruti balafré, ami de l'ange qui se trouvait dans cette pièce...NON ! Pas un ange, rien de ce qui pourrait s'y apparenter. Une diablesse, une tentatrice, qui voulait la séparer de Lily. Lily, le dernier beau souvenir dans ce monde. Lily, la seule qui comptait. La seule, alors pourquoi avait-il eu une telle pensée pour la jeune Gryffondor ici présente ? Il releva la tête. Elle lui ressemblait. Bien sur, ce n'était pas la même couleur de cheveux, mais chacune avait des reflets de l'autre. Ces cheveux tombant sur leurs épaules, parfois un peu bouclés, et ce caractère... Chacune se battait pour ses amis : Lily s'était battue pour lui et il n'avait pas su l'accepter … Et là, alors que cette fillette voulait elle aussi lui apporter son aide, il la refusait … Allait il toujours refaire les mêmes erreurs ? Il l'observa plus longuement. Elle était plongée dans sa correction, comme Lily se plongeait autrefois dans ses devoirs. Fille de moldus, elle savait qu'il faudrait en faire plus que les autres pour trouver sa place. Et elle acceptait son sort. Et Hermione était meilleure que tous les autres.
Hermione...
Elle l'avait déjà appelé Severus, il ne lui avait jamais rendu la pareille. Comment même avait-il pu accepter tant de familiarités ? Non, il n'avait pas accepté. Mais elle se l'était permis quand même : c'était son caractère. Prendre des droits qu'elle n'avait pas. Enfreindre les règles. Il lui en avait voulu plusieurs fois, ou plutôt, à son petit groupe : il s'était mis en danger en troisième année pour les secourir tous les trois. Il avait tenté de stabiliser Potter sur son balais lors de la première année. Il avait fait tant de choses pour eux, dans l'ombre ! Et ils étaient incapables de s'en rendre compte. Sauf pour le loup-garou, bien sur. Remus … C'était lui qui préparait sa potion Tue-Loup, et rien que cela, avait instauré entre les deux hommes une entente tacite. Depuis le début, Remus avait suivi. Jamais il n'avait accentué le malaise de Rogue comme Black et Potter l'av aient fait. Il n'était pas un ami, mais Severus avait une sorte de … respect pour cet homme qui se battait pour la bête en lui. Alors qu'il n'en avait pas et n'en aurait jamais pour Black et Potter. Potter fils était aussi irréfléchi. Il ne le supportait pas. Mais il ne pouvait nier qu'il ressentait du respect, et malheureusement plus, pour son amie moldue.
Hermione...
C'était un prénom si doux qu'il avait envie de prononcer. Mais il ne devait rien en faire. Ni devant elle, ni même seul. Cela signerait son arrêt de mort. Le point de non-retour. C'était impossible. Le professeur de potions ne pouvait pas se permettre de se compromettre, de l'entraîner dans sa folie. Elle avait le droit à son enfance – bien que déjà bien volée par tout ce qu'elle avait vécu – elle avait le droit d'être heureuse avec quelqu'un qui la mériterait. Tant que ce n'était pas Weasley : il n'aimait pas la manière dont il la regardait. Non, pas Weasley. Ni Potter, si par un quelconque hasard, il venait à se détourner de Weasley cadette. Alors l'histoire recommencerait. Non, quelqu'un d'intelligent, qui saurait l'apprécier à sa juste valeur et pas seulement pour recopier ses parchemins. Il aurait tellement voulu être celui ci...
- Professeur.
Il leva ses yeux, froids de ses pensées, et elle tressaillit.
- J'ai fini, reprit-elle.
Il consulta l'horloge au fond de la salle. Non, il ne pouvait pas s'être perdu dans ses pensées aussi longtemps ! Il n'avait pas avancé … il le fallait.
- Bien, alors partez Miss Granger.
- Vous êtes certain ? Vous n'avez pas besoin de moi ? Je … il n'est pas trop tard, je peux rester encore.
- Vous n'imaginez pas l'heure qu'il est, Miss Granger, répondit-il en désignant d'un geste vague l'horloge.
Elle se détourna de lui et la consulta elle même. Il était plus de vingt-deux heures. Deux heures qu'elle était avec lui ! Et elle n'avait rien vu passer.
- Réellement, je vais bien professeur, je …
- Allez vous-en, vous m'agacez.
La jeune femme garda le silence quelques secondes, sans bouger. C'est lui qui se leva, s'approchant de la porte de son appartement. Elle ne le suivit pas. Oh non. Ca aurait été trop compliqué pour elle. Et même s'il ne le savait pas, il se disait bien qu'elle ne le suivrait pas : il avait senti comme une gène pour elle d'être chez lui la même que la sienne, mais en pire. S'était-il trompé ? Non. Elle ne le suivrait pas. Alors pourquoi … ?
Elle s'était levée, s'était élancée vers lui.
- Professeur !
Avait attrapé son poignet droit.
- Professeur …
Son poignet gauche. Elle tenait ses grandes mains blanches entre les siennes, bien plus petites, un peu plus hâlées.
- Ne vous servez pas de la potion, murmura-t-elle. Ne vous en servez pas.
Il planta ses yeux foncés dans les siens. Une seconde, il s'y perdit avant de se rappeler qu'elle était son élève, qu'elle devait trouver quelqu'un de méritant, et pourtant, il aurait tellement aimé passer sa main dans sa chevelure de lionne...
Une autre seconde, un doute. Hermione entrouvre les lèvres, tremblante. Elle sent le regard de l'homme brûler son visage. Il évite de se détacher de ses yeux, ou il ne répond plus de rien. Elle, ne le lâche plus. Tous les deux soupirent.
- Promettez.
- Promis.
Ils avaient parlé en même temps. Elle sourit, un sourire triste. Il lui adressa le même, même s'il était difficile de se rendre compte que c'était un sourire. Elle lâcha ses mains à contrecoeur. Quel sentiment étrange pour ce professeur de potions. Tant de questions dans leurs têtes. « Depuis quand ? » et « Pourquoi ? ». Aucune réponse.
Elle aurait aimé rentrer avec lui dans cet appartement, le regarder s'endormir. Le regarder s'éveiller. Comment pouvait-il être, au réveil ? Etait-il froid dès le matin ? Ou lui fallait-il quelques minutes pour enfiler son masque ? Elle voulait savoir … Elle aurait tellement aimé savoir, mais il avait tourné le dos, et refermé sur elle la porte.
- Bonne nuit, professeur, murmura-t-elle ce soir encore.
- Bonne nuit, Miss Granger.
Petite question, est-ce que l'évolution soudaine de la situation est... trop soudaine? :/
J'espère que ça vous a plu tout de même!
