Bonjour mes amours !

Je publie plus tard que d'habitude aujourd'hui, j'étais un peu (beaucoup) à la bourre ce matin. D'ailleurs, je commence à avoir du mal, de manière générale, parce qu'il me reste deux semaines de cours et que je commence les examens dans moins d'un mois. Je fais ce que je peux pour pouvoir avancer dans l'écriture de TALYPE, mais je vous avoue qu'en ce moment, ma journée type c'est 7h départ de la maison, 18h retour à la maison, douche/souper puis révisions/lectures/préparations jusqu'à 21h30/22h voire 23h...donc je suis claquée et après, je n'ai plus l'énergie nécessaire pour écrire.

De ce fait, j'ai décidé de mettre en suspens le défi du mois, et de faire mon possible pour vous publier quand même un chapitre par semaine de cette fic-ci. Pour le défi du mois, ce n'est que partie remise (tout défi non publié dans les temps est simplement reporté) et si jamais j'avais du retard dans TALYPE, je promets dès juillet de publier plus souvent jusqu'à rattraper le retard accumulé sur mon planning (du style deux chapitres par semaine !).

Bon courage pour celleux qui se trouvent dans une situation similaire à la manière...

Je voulais aussi vous préciser quelque chose : il semble qu'il y ait eu confusion dans le précédent chapitre. Alooors. Il y a deux mois qui se sont écoulés entre le départ de Ginny et ce chapitre. Mais je crois que tout le monde est un peu vite parti en besogne : j'ai écrit que Pansy a l'intention de tenter une histoire avec Ginny. Je ne parle nullement des sentiments et des envies de Ginny ici (je ne dis qu'elle en a ni qu'elle n'en a pas ; mais vous connaissez les Serpentard, ils ont toujours gagné d'avance). De plus, je n'ai jamais précisé son orientation sexuelle. En admettant que Ginny ait des sentiments ou du désir pour Pansy : on ne sait rien, sinon que durant son adolescence, elle est sortie avec des garçons, qu'elle a aimé Harry et qu'elle a une famille avec lui. Ce n'est pas significatif d'une hétérosexualité, sans l'exclure pour autant. Ce n'est pas non plus significatif d'une homosexualité refoulée. Cela pourrait être de la bisexualité, une rencontre inattendue qui ne modifie pas son hétérosexualité ou toute autre orientation sexuelle à la quelle elle pourrait s'identifier. Attention aux raccourcis, mais je ne vous en veux pas, c'est révélateur de la société cisnormée et hétéronormée dans laquelle on vit... (*cisnormée et hétéronormée : où la norme et les références se font en fonction de l'attribution à la naissance du sexe féminin ou masculin et à des relations amoureuses et/ou sexuelles entre hommes et femmes).

Sur ce, mes notes d'auteure sont déjà très longues. xD Je vous laisse avec la réponse aux reviewers anonymes :

Eva : Ah je ne sais pas ce qui t'a fait penser à un Blaise/Ginny, parce que je n'ai jamais sous-entendu une telle chose ! Mais je suis contente d'avoir surpris tout le monde concernant un rapprochement entre Ginny et Pansy. Ouiii Drago ne pouvait pas renier les liens du sang et Elia est vraiment adorable. :p Je n'avais pas du tout pensé à un rapprochement entre les prénoms d'Hermione et de Mia, c'est marrant ahah L'intérêt pour la suite de l'histoire est ailleurs...mais finalement, peut-être pas tant que ça... (a) Merci beaucoup ! :D

Fan : Tout simplement parce que je n'en ai pas envie... Ça ne me parle pas. J'ai d'autres projets pour cette fic.

Cecile : Merci. :D Tu es vraiment très proche de l'idée pour justifier le comportement d'Hermione ! Oh oui, Molly risque d'être envahissante... Pas tout à fait concernant Ginny et Pansy... Comme tu dis, il manque encore quelques pièces du puzzle pour comprendre. Tout ce qui concerne la relation (passée et actuelle) entre Drago et Hermione finira par être exploité, mais ça va prendre du temps. :p Beaucoup de temps ahah Complet, complet... Non mais je suis trop sadique pour ça ! ahah Merci beaucoup ! :D

LittleRock14 : Salut ! :D Merci ! C'est chouette que tu t'intéresses aussi à une intrigue secondaire, surtout vu le temps que va prendre le Dramione. Comme dans la vraie vie, ça risque d'être un fameux désordre, mais tout sera plus clair "à la fin". La réaction d'Astoria devait être secondaire (même si prévue dans mon esprit), mais j'y songe de plus en plus... Merci pour ta review !

Comme toujours, merci à l'Impératrice Charlotte.


Something wrong - something right

Quelque chose va mal, quelque chose va bien

Something missing

Il manque quelque chose

Something black - something light

Quelque chose de sombre, quelque chose de lumineux

Something different

Il y a quelque chose de différent

Don't you ever feel you need to speak to me that way?

Ressens-tu toujours ce besoin de me parler de cette façon ?

.

All this noise in my head

Tout ce bruit dans ma tête

Ringing through and echoing

Sonnant et résonnant à l'intérieur

Simple things just take too long, long, long

Des choses simples qui prennent tant de temps

It's not like I'm not listening

Ce n'est pas comme si je n'écoutais pas

But you just keep on flipping it

C'est juste que tu continues à les renverser

.

Try to leave the past behind me

J'essaie de tourner la page

But you just keep reminding me

Mais tu ne cesses de me rappeler

And throw it in my face so wrong, wrong, wrong

Et de me le jeter en pleine face

.

Something different, Godsmack.


Chapitre 11 : Something different (Quelque chose de différent)

Maman, tu ne devineras jamais qui est venu me rendre visite à Poudlard ! Il est venu me dire bonjour, on a été se promener dans le parc de l'école. Il m'a parlé de ses parents, de quand il était à Poudlard avec toi, de ses amis et ce qu'ils font maintenant. Tu savais que le Pr. Zabini est son ami ? Tu le sais sûrement, oui. Il a été gentil et je lui ai même fait un câlin à la fin… Dis Maman, on pourrait l'inviter quand je reviendrai à la maison pendant les vacances ? S'il te plaît ?

Je pense fort à toi et je t'aime.

Élia.

.

Hermione replia la lettre, froissée à force d'avoir été lue et relue. Elle avait demandé à Malefoy de garder un contact avec Élia, pas de lui rendre visite. Elle était en colère, triste… et elle avait peur. Peur qu'il prenne une place démesurée dans la vie de sa fille. Elle savait que c'était ridicule, mais elle ne savait pas de quoi il était capable. Quelle idée de faire un enfant avec quelqu'un en qui on n'avait pas confiance, franchement… !

Mais les choses étaient ce qu'elles étaient. À présent, Hermione devait bien composer avec ses choix. Certes, elle n'avait pas choisi de tomber enceinte, mais personne ne l'avait forcée à avoir des rapports sexuels avec Malefoy, personne ne l'avait forcée à mener sa grossesse à terme. Tout cela, elle l'avait voulu. Et aujourd'hui, sa fille était une préadolescente, qui avait besoin de son père pour se construire, et qui lui formulait explicitement son besoin de passer du temps avec lui. Quelle mère serait-elle si elle lui refusait cela ?

C'était dur, très dur. Néanmoins, parole de Gryffondor, elle avait décidé d'accéder à la demande d'Élia : elle avait invité Malefoy à passer chez elles le soir de son retour. Il avait accepté, prévoyant de passer après l'heure du repas.

C'était le matin même du départ pour la gare de King's Cross, et elle était déjà anxieuse à l'idée de la soirée en approche.

Mais dans l'immédiat, elle avait une bien meilleure perspective pour sa journée : elle venait d'entendre un véhicule se garer dans son allée. Aucun doute, là-dessus, il s'agissait d'Harry.

Depuis que Ginny avait quitté le domicile familial, il utilisait beaucoup plus sa voiture, parce qu'étant seul avec trois enfants et un adolescent à charge, c'était le moyen de transport le plus pratique.

Elle se leva pour aller l'aider, ouvrant la porte au moment où il sortait de la voiture. Ils s'enlacèrent brièvement, mais ce fut visiblement déjà trop long, puisqu'ils entendirent une portière s'ouvrir.

« James ! », s'exclama alors Harry d'une voix sévère. « Qu'est-ce que je t'avais dit ? »

« De rester attaché, mais… »

Harry soupira, moins par exaspération que par amusement. Un vrai Gryffondor, celui-là.

« Ben alors il n'y a pas de « mais ». Tu refermes la portière et tu attends que je vienne l'ouvrir moi-même. »

James lança un regard plein d'espoir en direction de sa marraine, mais cette dernière lui répondit d'un regard appuyé. Abdiquant, le fils aîné obéit.

Harry secoua la tête.

« Il est fatigant… »

« Comme nous l'étions nous-même face à l'autorité ? », lui suggéra Hermione, lui souriant.

« Dans cet ordre d'idée », admit-il en riant.

Sans plus attendre, ils allèrent libérer les crapules, Harry prenant dans ses bras la petite dernière et Hermione se chargeant d'assister du regard les plus grands. La petite famille entra dans l'habitat, James et Albus s'installant dans le salon devant un dessin animé, Harry et Hermione dans la cuisine.

Lily avait pris place sur les genoux de son papa, s'occupant avec un livre de coloriage.

« Comment ça va, à la maison ? », demanda Hermione à son meilleur ami, qui soupira.

« Dur. J'essaie de gérer, heureusement que Molly est là pour aller chercher James et Albus à l'école et pour les garder quand je travaille le weekend. Lily passe dans tous les foyers Weasley. Et les enfants réclament tout le temps leur mère. »

« Toujours aucune nouvelle ? »

« Aucune. »

Ils se turent, de sorte que seuls le bruit des pastels sur le parchemin et le son de la télévision se faisaient entendre.

« Et toi, du nouveau avec Malefoy ? »

Hermione haussa les épaules, tentant un air détaché, mais Harry ne fut pas dupe.

« Hermione… »

« Il a été voir Élia à Poudlard », le coupa-t-elle d'une voix lasse.

« Il essaie de nouer une relation avec sa fille. »

« Oui », souffla Hermione en évitant son regard.

« Et ça ne te plaît pas. »

Elle releva la tête, croisant le regard émeraude de son meilleur ami.

« Je ne sais pas de quoi il est capable. Je ne sais pas à quoi m'attendre. Je lui ai dissimulé l'existence de sa fille pendant douze ans. Est-ce qu'il ne risque pas de me le faire payer ? »

« Possible », répondit-il, alors qu'Hermione se figea, horrifiée. « Mais pas certain. Il a mûri. Je crois qu'il a d'autres Fléreurs à fouetter. Ce qui ne veut pas dire qu'il te rendra la vie facile pour autant. »

« Je l'ai invité ici ce soir. À la demande d'Élia… »

Harry ne sembla pas surpris.

« C'est bien. Tu lui donnes l'occasion de voir sa fille, même si ça te fait peur. Honnêtement, je vois mal comment ça pourrait mal se passer dans ces conditions. »

« J'espère que tu as raison », souffla derechef Hermione.

« Regarde, papa », les interrompit Lily. « Il est joli, mon dessin ? »

« Il est très beau, ma princesse », lui répondit Harry, l'embrassant sur la tempe.

Satisfaite, la petite fille replongea dans son entreprise, tandis qu'Hermione songeait à tout le désordre que son retour avait causé.

À présent que tout le monde avait accepté l'existence d'Élia, il fallait composer avec les dommages collatéraux. Le point positif dans tout cela, c'était le soutien indéfectible qui unissait Harry et Hermione dans les difficultés.

OoOoO

L'étreinte qu'Élia lui fit en descendant du train rendit tout son entrain à Hermione. Un mois et demi était passé depuis la fin des vacances de fin d'année, mais l'absence de sa fille la pesait. Son retour était comme un baume au cœur.

« Bonjour, Harry. Bonjour, James et Albus. Bonjour, la petite Lily », fit Élia.

Elle lança un regard d'espoir en direction d'Hermione.

« On va rester tous ensemble ce soir ? »

Hermione secoua la tête, et elle eut le temps de voir la déception se peindre sur son visage avant qu'elle ne se tourne vers Teddy.

« Ils vont chez mamie Molly, ce soir. Et nous, on reçoit de la visite. »

« Qui vient ? », lui demanda-t-elle d'une voix intéressée.

« Mmmh…devine ? »

« Papy et mamie ? »

Hermione sourit. La perspective du plaisir qui allait suivre la nouvelle diminuait un peu le poids dans son estomac.

« Non. Quelqu'un que tu as demandé à revoir dans ta dernière lettre. »

« Papa ? Je vais revoir mon papa ! Teddy, tu as entendu ça ? », s'exclama-t-elle vers son ami, tous sourires.

Hermione échangea un regard avec Harry, qui l'encouragea d'un clin d'œil. Elle espérait vraiment que tout allait bien se passer.

OoOoO

Hermione s'était réfugiée dans la cuisine avec un grand bol de Chocobave de grenouille chaud – une production de chez Honeydukes – en espérant pouvoir se consoler. Elle entendait sa fille parler avec animation dans la pièce d'à côté.

Elle leur laissait de l'intimité mais, en même temps, elle se rassurait que leur rencontre se fasse sous son toit. Comme si elle pouvait encore contrôler quelque chose, empêcher Malefoy de lui prendre sa fille.

Comme il lui avait pris sa vie la seule fois dans son existence où elle avait décidé d'arrêter de penser.

« Maman ? »

Hermione sursauta. Sa fille se tenait à quelques mètres d'elle, Malefoy dans l'embrasure de la porte. Elle devait renvoyer un spectacle pitoyable dans son pyjama elle imaginait bien le dépit transparaître sur son visage. Mais bon, après tout… elle n'était pas là pour plaire.

« Oui, ma chérie ? »

« Papa va rentrer, alors je vais me brosser les dents et aller me coucher, d'accord ? Je suis fatiguée avec le voyage et la semaine de cours. »

« D'accord mon cœur. Viens me faire un câlin avant. »

Elle serra Élia contre elle, lui souhaitant la bonne nuit, avant de faire face à Malefoy. Elle sentait que s'il n'était pas encore parti, c'était parce qu'il avait quelque chose à lui dire.

« Malefoy ? »

Il attendit qu'Élia quitte la pièce avant de sortir une enveloppe de la poche de sa veste. Sans un mot, il lui tendit.

Elle était refermée par un sceau qui indiquait Cabinet d'avocats Londres. Hermione se figea.

« Qu'est-ce…qu'est-ce que c'est que ça, Malefoy ? »

« Un document de mon avocat. J'ai demandé à reconnaître Élia. »

Droit comme un i, il la fixait, le visage neutre. Comment pouvait-il lui faire ça ?

« Pourquoi tu fais ça ? », lâcha Hermione d'une voix rauque.

« Parce que je ne te fais pas confiance », répondit-il en haussant les épaules, l'air détaché. « Tu recevras une convocation pour le centre de prélèvement dans le courant de la semaine. L'audience aura lieu dans un mois. Ta présence n'est pas obligatoire. Mais je n'ai pas besoin de te le dire, ça. Tu connais la législation magique. »

Et il tourna les talons, laissant Hermione avec cette nouvelle. Elle ne réalisa que lorsqu'elle entendit la porte d'entrée se refermer.

Évidemment qu'elle connaissait la législation magique. Une potion de reconnaissance ADN allait prouver la compatibilité génétique entre Malefoy et sa fille, et la science faisant foi, le Mangenmagot allait lui accorder sa reconnaissance paternelle sans condition et tous les droits qui en découlaient.

Elle ne pouvait rien faire. Parce qu'avec ses mensonges, si elle intentait un procès contre Malefoy pour l'empêcher d'exercer ses droits en tant que père, elle allait perdre. Elle ne pouvait qu'espérer qu'il ne demanderait pas un droit de garde.

OoOoO

Le lundi suivant, Hermione se rendit chez ses parents en compagnie d'Élia. Harry devait les y retrouver un peu plus tard. Sous la proposition de Jean, ils avaient décidé qu'ils fêteraient le Carnaval tous ensemble. Puisqu'il s'agissait d'une célébration moldue, les enfants d'Harry n'avaient jamais eu l'occasion d'assister à une parade, et d'après lui, ils étaient plus qu'enthousiastes à cette idée.

« Mais c'est ma petite-fille préférée ! », s'exclama Henri à peine la porte d'entrée ouverte.

« Tu n'en as qu'une », lui répondit Élia en riant.

Elle le dépassa pour aller rejoindre sa grand-mère qui lui tendait les bras pour un câlin.

« Et ma grande », fit alors Henri à sa fille, avant de l'embrasser. « C'est chouette que vous soyez là. Et ta mère est contente de partager ça avec sa petite-fille maintenant. »

Hermione sourit. Elle se souvenait de ses propres Carnavals d'enfance. Elle en avait de bons souvenirs pas tellement grâce aux costumes – qui la grattaient le plus souvent -, mais surtout grâce à l'ambiance qui régnait, toute cette diversité colorée.

Même si elle devait bien admettre qu'après tant de bruit, elle appréciait se retrouver au calme. Elle prenait alors un bain moussant, et passait des heures à retirer les confettis coincés dans sa crinière. Bien souvent même, elle en retrouvait encore le lendemain et le surlendemain. Comme des bribes de moments heureux qui se rappelaient à elle.

En arrivant dans la cuisine avec son père, qui s'installa à table en dépliant son journal, elle trouva sa mère et sa fille en pleine conversation, pendant que Jean préparait les palettes de couleurs pour son maquillage arc-en-ciel, destiné à s'accorder à la combinaison de licorne d'Élia.

« …voir Teddy. Il est super gentil. On est tout le temps ensemble à Poudlard. Enfin, il est chez les Poufsouffle, et il est plus vieux d'un an, donc on ne se voit pas tout le temps non plus, mais tu vois. On se comprend un peu, parce que lui non plus il n'a pas grandi avec son papa. Mais le mien, il est toujours vivant et, lui, il a Harry depuis tout petit. Mais je crois qu'il est un peu triste quand même, parce que ce n'est pas son vrai papa. Hein, maman ? »

Hermione regarda sa fille, peu surprise par son débit de parole. Lorsqu'elles vivaient en France, Élia était plutôt taiseuse, c'était une enfant calme mais depuis qu'elles étaient venues en Angleterre, c'était une nouvelle enfant qu'Hermione découvrait. Une enfant qui lui ressemblait beaucoup plus, et une enfant qui semblait beaucoup plus heureuse, la confortant dans son choix de revenir.

« Je ne sais pas, mon cœur. Je suppose que ça ne doit pas être facile d'être orphelin et de grandir avec d'autres personnes qui ne sont pas nos parents et nos frères et sœurs. Mais Harry comprend ça, lui aussi l'ayant vécu. Et c'est un excellent papa, ça se voit. »

Élia sembla réfléchir, fronçant les sourcils pendant que sa grand-mère lui appliquait un peu de parme.

« Mmmh ! Comme parrain, c'est bien. Mais quand même, il ne remplace pas le vrai papa de Teddy. »

Hermione acquiesça, songeuse. Implicitement, sans doute même inconsciemment, Élia lui faisait comprendre qu'aucun homme qu'elle côtoierait ne pourrait remplacer Malefoy dans son rôle de père. Même si elle avait adoré Sébastien, ce n'était pas lui. Même pour Hermione… En fin de compte, cette demande de reconnaissance paternelle, aussi douloureuse fut-elle, était peut-être bien pour Élia. C'était la preuve qu'il la reconnaissait réellement comme sa fille.

Hermione soupira, et Jean lui renvoya un regard éloquent. Elle avait compris qui occupait ses pensées.

À ce moment-là, la sonnette d'entrée retentit et Henri referma son journal pour aller accueillir les nouveaux arrivants.

« Élia, ma chérie, tu vas ouvrir la porte avec papy ? »

Sans chercher à en savoir plus, elle sauta sur ses deux pieds et suivit son grand-père. Jean attendit quelques secondes avant de laisser sa curiosité s'exprimer.

« Qu'y a-t-il ? Et ne dis pas rien, je suis ta mère, je vois bien qu'il y a quelque chose. »

« Le père d'Élia a demandé une reconnaissance paternelle. Oui, je sais, c'est légitime », expliqua Hermione, coupant sa mère qui s'apprêtait à répondre. « Et je crois qu'Élia a besoin de ça, même si c'est douloureux. »

Jean acquiesça, n'ayant visiblement rien à redire de ses propos. Entendant de l'excitation dans le couloir de l'entrée, elle se dépêcha d'ajouter quelques mots.

« Tu penses qu'il se montrera à la hauteur ? »

« Étonnamment, je crois, oui… »

Les enfants firent alors irruption dans la cuisine telle une fanfare désordonnée. La connivence avec sa mère avait donné du baume au cœur à Hermione, au point qu'elle envisageait à présent la possibilité de lui dévoiler l'identité du père, ce qui ne lui était jamais arrivé jusque-là. Ses barrières commençaient à tomber.

Croisant son regard, Harry s'approcha pour la prendre dans ses bras. Depuis le départ de Ginny, ils avaient pris pour habitude de s'enlacer à chaque occasion, comme pour combler leur besoin mutuel de soutien.

« On a le même costume ! », s'écria Élia.

Hermione porta alors attention aux enfants. Elle constata que sa fille avait raison : Teddy portait bel et bien une combinaison de licorne. James, quant à lui, portait la vieille cape – apparemment raccourcie – datant de la première année d'Harry, ainsi qu'un chapeau pointu Albus avait un déguisement de pirate et Lily était parfaite dans son rôle de lion, se déplaçant à quatre pattes sur le carrelage, rugissant.

Il ne fallut pas deux secondes à Jean pour attraper le petit lion, le plaçant sur ses genoux.

« Graou ! », rugit Lily en tentant d'être féroce.

« Est-ce que je vous dessine des moustaches de lion, jeune fille ? »

Lily acquiesça en rugissant.

Élia chuchotait dans un coin avec Teddy, pendant que James et Albus paraissaient se défier dans un duel sans pitié.

Hermione se tourna vers Harry. Du bout des lèvres, elle lui dit « il faut que je te parle ». S'excusant, ils sortirent sur la terrasse, refermant la porte derrière eux. Il ne faisait pas très chaud, mais la journée était ensoleillée, ils avaient donc un espoir d'éviter un cortège sous la pluie.

« Tout va bien ? », s'inquiéta Harry alors qu'ils prenaient place sur la table d'extérieur.

Sa voix douce, rassurante, fit sourire Hermione. En quelques mots, elle lui exposa les démarches de Malefoy.

« Qu'est-ce que tu en penses ? Tu crois que je devrais me méfier ? »

« Ce qui est sûr, ce qu'il est dans son droit. Quant au fait de te méfier… je ne sais pas. Mais c'est étonnant. Tout le monde va savoir qu'il a une fille de sang-mêlé et que tu en es la mère. Je ne suis pas sûre que ses copains au sang-pur vont apprécier. Sans parler de sa femme. »

Hermione n'avait plus du tout pensé au mariage de Malefoy, trop préoccupée par les intentions de son ancien amant. Elle grimaça.

« C'est plutôt intriguant. Aurait-il à ce point changé ? »

Harry la regarda intensément, et Hermione comprit qu'elle allait encore avoir droit à ses questions. Elle se pinça les lèvres.

« Qu'est-ce que tu en penses ? Je doute que tu aies pu coucher avec lui s'il avait continué à manifester du mépris à ton égard, Hermione. Alors ? Toi, tu penses qu'il a changé ? »

Hermione soupira.

« Tu as raison. J'ai cru qu'il avait changé. Au moins pendant quelques jours… »

« Mais ? »

« Mais j'en sais rien, Harry. La vérité, c'est que je n'en sais fichtrement rien. J'ai couché avec lui », lui répondit-elle en baissant la voix. « J'étais perdue, il était perdu. On a mis entre parenthèses notre animosité. Et… »

Elle s'arrêta, pas certaine de vouloir formuler cela à voix haute. Douze ans après, c'était comme déterrer un mort. Et les Inferis n'étaient pas particulièrement bien réputés.

« J'ai vu un autre homme, à ce moment-là », soupira-t-elle. « Je me sentais bien avec lui, je me suis oubliée. Est-ce que ça a du sens ce que je dis ? »

« Ça en a, oui. On a tous eu besoin de s'oublier un peu pour avancer. Regarde Ginny qui s'est lancée dans notre histoire alors que ce n'était pas ce qu'elle voulait… », illustra-t-il. « Et ça ne m'étonne pas que tu ne le reconnaisses pas aujourd'hui. On parle de Malefoy, forcément qu'il porte un masque. Si vous étiez perdus…, ça explique beaucoup de choses. La question est : est-ce que vous pouvez à nouveau dépasser votre animosité ? Pour Élia ? »

Hermione soupira à nouveau.

« Il faudrait, pas vrai ? »

Harry opina. Puis son visage se fendit en un sourire taquin.

« Quoi ? »

« Tu ne m'as même pas parlé de ton rendez-vous avec Walden ! »

Hermione rit, soulagée qu'il change de sujet.

« Un désastre. Maaaais… »

« Mais ? »

« Ce n'est pas un mauvais coup. »

Incrédule, il la dévisagea quelques secondes, avant d'éclater de rire.

« Ce n'était pas si désastreux alors. Tu vas le revoir ? »

« Sais pas. Peut-être, s'il le demande. Ça m'est égal, en fait. »

« J'ai bêtement cru que tu cherchais une relation stable. »

Hermione haussa les épaules. Tout ça n'avait pas vraiment d'importance à ses yeux.

« Tout ce qui m'importe, c'est le bonheur d'Élia. »

« Tu ne pensais pas que ça allait durer avec Sébastien ? »

Elle secoua la tête.

« J'ai toujours su que ça ne durerait pas. Lui aussi, d'ailleurs. Il était gentil avec nous, il apportait une présence masculine non négligeable. Mais je savais que j'allais rentrer en Angleterre et que lui resterait auprès de ses proches. On ne se le disait pas, mais on le savait. »

« Oh ! », fit Harry, surpris. « Mais Élia est grande maintenant. Tu es seule la plupart du temps. Tu n'y penses pas ? »

Hermione sourit, attendrie par l'inquiétude qu'elle discernait chez son meilleur ami. Non, elle ne pensait pas à tout ça.

« Je suis une femme indépendante, sais-tu ? », répliqua-t-elle avec amusement, avant d'ajouter : « Puis je t'ai toi. »

Ils se regardaient avec tendresse quand la porte-fenêtre s'ouvrit, laissant passer la tête de Jean Granger.

« Les enfants sont prêts. On ne devrait plus tarder si on veut une bonne place pour le cortège. »

Hermione acquiesça, se relevant. Ils revinrent dans la cuisine, où un félin leur sauta dessus, toutes griffes sorties. Albus avait un cache-œil et une cicatrice dessinés sur le visage, James n'avait rien, mais faisait semblant de lancer des sorts et Teddy…arborait le même maquillage qu'Élia.

« Regarde Maman, je lui ai fait le même maquillage qu'à moi ! Ça lui va très bien, je trouve », expliqua-t-elle fièrement.

Hermione échangea un regard avec Harry, avant de hausser les épaules. Bon, après tout, c'était le Carnaval. À quel autre moment pouvait-il se permettre de se grimer, sinon aujourd'hui ?

OoOoO

La convocation pour le prélèvement ADN d'Élia ayant fini par arriver, Hermione se rendit au laboratoire rattaché au Bureau des Aurors à la fin de la semaine, soit deux jours avant qu'Élia ne reprenne le Poudlard Express.

Lorsqu'elle arriva dans le Bureau, Harry lui fit signe, lui indiquant qu'il voulait lui toucher un mot après son passage au laboratoire.

Prenant la direction dudit laboratoire, elle présenta sa convocation.

« Mme Granger. Votre fille étant mineure, j'ai besoin de votre accord écrit pour effectuer l'acte. »

Sans un mot, Hermione acquiesça, prenant la plume que lui tendait le laborantin.

« Merci », dit-il en prenant alors sa baguette, la pointant sur Élia. « Prête ? Ça ne prendra que quelques secondes. »

Patiente, elle hocha la tête. Comme promis, quelques secondes plus tard, une mèche de cheveux pendait au bout de la baguette, avant d'être scellée dans un sachet plastique, telle une pièce à conviction.

« Et voilà », commenta-t-il. « Vous êtes libres de disposer. »

Hermione n'ayant pas de question – elle connaissait de toute façon l'issue à l'avance -, elle serra la main de l'expert, allant retrouver Harry, Élia sur ses talons.

« Tu voulais me voir ? »

« Oui », confirma-t-il en levant les yeux de ses documents. « Tiens. »

Il lui tendit une carte d'invitation, sur laquelle elle put lire en lettres d'émeraude : Vous êtes magiquement invité à l'anniversaire d'Albus Severus Potter, qui se tiendra le dimanche 6 mars 2011 au Terrier, à l'occasion de ses cinq ans. Nous vous attendons avec plaisir pour l'heure du goûter.

Hermione releva la tête vers son meilleur ami, présageant la suite avant même qu'il ne l'expose.

« J'ai envoyé la même à Ginny… J'espère qu'elle reviendra ce jour-là, au moins pour son fils. »

Ne sachant que dire, Hermione fixa Harry, décelant toute sa tristesse à travers ses pupilles. Elle aussi, elle espérait qu'elle reviendrait. Elle aussi.


Hermione se bouge de plus en plus...mais Drago aussi ! Certain.e.s d'entre vous s'attendaient à un passage en Justice, et même si ce n'est pas tout à fait le cas ici, il y a de l'idée ! Drago veut en tout cas que sa paternité soit légalement reconnue. Qu'en pensez-vous ?

Vous êtes de plus en plus à me demander la réaction d'Astoria. J'y songe pour la suite...

Certains éléments de la journée Carnaval ne sont pas anodins, je vous laisse découvrir lesquels...

Et enfin, pensez-vous que Ginny viendra à l'anniversaire d'Albus ? Que va-t-il s'y passer ?

Je vous envoie plein de paillettes de licorne, à très vite ! :D