Avant de commencer, j'aimerais tous vous remercier pour votre enthousiasme, vos messages et vos commentaires (pour ceux qui ont pris le temps d'en laisser), qui me vont droit au coeur.

Je rappelle que cette fanfic existe aussi en version intégralement illustrée sur le site "shivarajahfanfics" ( www (point) shivarajahfanfics (point) com ) bien que sa mise en ligne souffre toujours quelques chapitres de retard par rapport à la version simple car trouver les dizaines d'illustrations et les mettre en page est très long. Merci 1000 fois à Shiva de se donner autant de mal !

Bonne lecture et bons baisers de Claude Neix !


XII : Comme un cheval qu'on égorge

de

par Claude Neix

Corrections et documentation : Shiva Rajah

o-o-o

" La nature n'abandonne personne au point

de lui ôter tout moyen d'autodéfense. "

Jacob Grimm

Les lumières de la salle de conférence s'éteignirent et les trois frères apparurent sur l'écran, au centre du plateau d'un simulateur de combat, armés jusqu'aux dents.

Ils avaient grandi et étaient devenus de superbes jeunes gens.

L'aîné, Loz, affichait déjà une carrure impressionnante, des épaules larges et robustes, des reins étroits, joliment cambrés, et des jambes puissantes.

Yazoo, lui, était tout en finesse et en souplesse. De grands yeux tristes éclairaient son visage angélique et il ne quittait pas son jumeau de plus de trois pas. Kadaj était le plus petit du trio mais paraissait robuste et hargneux comme un jeune loup.

Leur combat était orchestré comme une danse, et leur maîtrise avait de quoi surprendre.

— Quel âge ont-ils ? demanda Tseng, admiratif.

— Les jumeaux, dix-sept ans. Kadaj, douze.

— Impressionnant...

Yazoo rata un appui acrobatique sur le bras de Loz qui plia brutalement.

Les lumières se rallumèrent, les monstres disparurent et Kadaj jura comme un corps de garde en se précipitant vers ses frères, dont l'un avait durement atterri sur le dos et l'autre se roulait sur le sol en se tenant l'avant-bras, les larmes aux yeux.

— Mais ce n'est pas croyable d'être aussi empoté ! hurla une voix masculine inconnue dans le micro. Qu'est-ce que tu as dans les biceps, J8 ? Du coton ?

Kadaj réagit au quart de tour et bondit sur la vitre fumée qui les séparait des scientifiques, frappant à coups de poings et de pieds, fou de rage.

— Viens ici, si tu as quelque chose à nous dire, ordure ! Allez, ose le dire en face ! Viens ! Viens ! Viens, je t'attends !

Yazoo se redressa tant bien que mal et tituba vers lui pour le ceinturer par derrière et le faire reculer.

— Arrête, Kadaj... On va avoir des ennuis. Arrête, je t'en prie.

Mais son cadet ne l'entendait pas de cette oreille et se débattait comme un beau diable entre ses bras, insultant les scientifiques et les géniteurs de ces derniers dans un même élan de grossièreté.

— Kadaj, ça suffit ! Tu vas te...

Un violent coup de coude accidentel de son cadet l'étourdit et il tomba à genoux, relâchant son étreinte.

Kadaj, à nouveau libre de ses mouvements, en profita pour asséner un coup de pied terrible à la vitre teintée, qui vibra comme la peau d'un tambour.

— Sors de ton trou, salopard ! hurla-t-il de plus belle.

Une petite trappe pivota dans le plafond du simulateur et Yazoo lutta pour se remettre debout.

— Non, arrêtez... gémit-il.

— Viens me voir ! s'égosillait toujours son jeune frère, qui, aveuglé par la colère, n'avait rien remarqué. Allez, viens me voir !

— Je vous en prie, non ! supplia Yazoo, à moitié sonné. C'est encore un petit garçon ! Il ne sait pas ce qu'il dit ! Non ! Kadaj !

Il voulut se jeter sur celui-ci pour le protéger du rayon bleu qui jaillit de la petite trappe mais n'en eut pas le temps.

En moins de temps qu'il n'en faut pour dire, le corps de l'adolescent fut secoué par un choc électrique intense et s'écroula, inanimé.

— Kadaj !

Yazoo serra le jeune corps inerte contre lui en un geste de protection désespéré et vit Loz se redresser péniblement à genoux, le visage grimaçant baigné de larmes.

— Loz ! Loz, ça va ?

Se dernier pivota lentement vers lui en tenant son bras blessé, dont le coude formait un angle impossible. L'articulation avait cassé net et son avant-bras pendait, uniquement tenu par les muscles et les ligaments.

— Loz !

— Merde ! Il ne manquait plus que ça ! ronchonna la voix masculine. Allez me récupérer cet abruti !

Trois hommes armés entrèrent dans le caisson de simulation.

Le plus âgé garda le canon de son arme pointé sur Kadaj inconscient tandis que les deux autres traînaient Loz à l'extérieur sans la moindre sollicitude.

— Quels enfoirés ! cracha Cid au premier rang des spectateurs.

Shelke arrêta la vidéo à la demande de sa soeur et cette dernière s'avança sous l'écran.

— J'ai choisi cette séquence pour mettre en évidence deux éléments d'importance. Le premier est que, à l'époque où cette vidéo a été tournée, Hojo avait revu ses priorités, cessé de s'impliquer personnellement dans le projet depuis deux ans et avait confié ses "spécimens" à deux de ses collaborateurs.

— Avait revu ses priorités ? intervint Barret. Je croyais qu'il n'y avait rien de plus important, pour lui, que ses expériences sur les humains et Jenova.

— C'est exact. Et c'était toujours le cas. Mais, à cette époque, moi et mon équipe travaillions parallèlement sur la structure moléculaire du mako. Nous avions mis au point une méthode de purification qui divisait par vingt la quantité de mako nécessaire au fonctionnement des structures d'exploitation. Nos travaux avaient bien sûr pour but la diminution de l'utilisation de cette source n'énergie et la protection des ressources de la planète mais Hojo, lui, était surtout intéressé par un autre aspect du mako purifié : la facilité de son assimilation par un organisme vivant avec des risques réduits d'empoisonnement.

— Encore son obsession de créer une armée de "super-soldats" dopés au mako ?

— Oui, Barret. Je me suis bien sûr opposée à l'approfondissement de l'étude de cet aspect de ma découverte mais... Vous savez tous ce qu'il en a résulté, et à quoi nous avons échappé de justesse dix ans plus tard, termina-t-elle avec un regard désolé à sa soeur en tapotant sa prothèse.

Rufus détourna le regard et Vincent lui posa une main sur le bras, compatissant.

— Pendant qu'Hojo entreprenait ses nouvelles expériences sur des "spécimens" selon lui plus "stables" que nos trois argentés, dont ma propre soeur, reprit la scientifique, ses collaborateurs en charge des trois frères de Sephiroth — écartés du nouveau projet — voulurent faire du zèle. Et j'en arrive ici au second point important de l'enregistrement que vous venez de voir : subissant parfois plus de dix-huit heures d'entraînement intensif par jour, désocialisés, maltraités, épuisés, les garçons atteignirent rapidement leurs limites, tant physiques que cognitives, ce qui n'était pas fait pour servir les exigences de leurs nouveaux bourreaux.

— Pourquoi un tel acharnement ? s'enquit Elena.

— L'ambition, répondit Vincent, surprenant tout l'auditoire. Les anciens assistants d'Hojo voulaient prouver à la Shinra que les élèves avaient dépassé le maître, qu'ils avaient été injustement mis de côté et pouvaient faire aussi bien que leur ancien mentor si ce n'est mieux. Une course contre la montre avait débuté ; l'équipe qui fournirait la première les meilleurs "super-soldats" à la Shinra, obtiendrait des crédits de recherche et des possibilités inimaginables. Mais les anciens élèves d'Hojo avaient commis une erreur de taille, en pensant que les cellules de Jenova pouvaient pallier aux pires abus, sévices ou lésions. Ils avaient pris Sephiroth pour référence en oubliant qu'il avait fallu à ce dernier des années pour développer totalement ses capacités et que ses frères - ou ses fils, comme vous préférerez - n'étaient encore que des adolescents. Précoces, certes, mais adolescents tout de même. Ils n'avaient encore ni la maturité physique, ni la stabilité psychique nécessaires au rôle qu'on voulait leur imposer. Ces apprentis sorciers voulurent alors forcer la main à la nature.

Il fit signe à Shalua de poursuivre.

— Comme je vous l'ai dit, si Hojo s'intéressait tant au mako purifié, c'était en raison de ses qualités d'assimilation par l'organisme avec des risques réduits d'empoisonnement. Les cellules de Jenova - lorsqu'elles n'étaient pas rejetées par l'organisme dans lequel elles étaient injectées, bien sûr - avaient beau réduire ce risque d'intoxication, les quantités de mako non purifiés acceptables étaient quand même minimes et présentaient de grands risques de malformation et de dégénérescence.

— Le problème des scientifiques était donc insoluble, nota Tseng.

— En effet. Nos apprentis sorciers optèrent donc pour un calcul aussi stupide que dangereux : si mako égal puissance et que les cellules de Jenova facilitaient l'assimilation de celui-ci, alors plus le pourcentage de cellules de Jenova serait important dans un organisme donné, plus la quantité de mako tolérée par ce même organisme serait élevée. Et pour tester leur théorie, Hojo leur avait laissé le cobaye idéal...

Elle fit signe à sa soeur, qui reprit la projection.

Des exclamations choquées et des jurons retentirent dans la salle lorsqu'un Yazoo hurlant de terreur apparut sur l'écran géant.

Sanglé comme un animal à une table de dissection, il se débattait avec l'énergie du désespoir pour échapper aux injections mortelles.

— Échec total, annonça Shalua d'une voix forte pour se faire entendre entre les cris stridents et Shelke arrêta à nouveau la vidéo. Son organisme réagit presque immédiatement combattant les nouvelles cellules comme s'il s'agissait de véritables virus.

— Pourquoi ? demanda Tseng, surpris. On leur en a pourtant déjà injecté alors qu'ils n'étaient que des fœtus, non ?

Shalua hocha la tête.

— Là réside peut-être l'explication : leur système immunitaire était encore trop faible pour combattre l'envahisseur et l'a assimilé. Mais ce n'est qu'une supposition. Ne restait donc qu'une solution - bien digne d'anciens disciples d'Hojo : repousser les limites et tant pis pour les risques.

— À savoir ?

— Saturer les organismes des garçons de mako concentrée jusqu'à la limite critique en espérant que les cellules de Jenova transmises par leur géniteur et par les injections prénatales seraient suffisantes pour leur éviter un empoisonnement mortel. Mais un autre problème, technique celui-là, se posait : comment injecter une telle concentration de mako sans dégâts ? Jusque là - comme dans les cas des miliciens du Soldat, par exemple - on procédait par voie cutanée. En laissant baigner le corps du sujet dans une solution plus ou moins concentrée, le mako pénétrait dans l'organise peu à peu par les pores de la peau. Hormis les effets secondaires plus ou moins violents, l'assimilation en elle-même, de par la légère concentration de principes actifs, était pour ainsi dire indolore et sans conséquences physiques immédiatement néfastes. L'injection directe de mako concentrée, en revanche, pose de nombreux problèmes. Shelke...

La vidéo reprit et les spectateurs frémirent d'horreur dans leur chaises en voyant le corps dénudé et inconscient de Yazoo, couvert de plaies suintantes et de ce qui ressemblait à des brûlures d'acide à vif.

— Oh ! Merde... C'est quoi, ça, encore ? gémit Reno, au bord de la nausée.

— Des essais, laissa tomber Shalua d'une voix étranglée.

— Des... quoi ?!

— Les scientifiques firent des essais de type d'injection et de divers pourcentages de concentration de principes actifs. Au-delà de vingt pour cent de mako pur, la solution, extrêmement acide, a le temps de faire fondre la peau et les muscles avant d'être totalement assimilée.

Reno se prit la tête dans les mains, consterné, incapable de détacher les yeux de la peau si pale, si fine, rongée par les plaies purulentes.

— Putain de bordel de merde... Dis-moi que, s'il est dans le gaz, c'est parce qu'on l'a shooté avant de faire ça !

Shalua préféra ne pas réponde et le turk laissa échapper un grognement qui aurait pu passer pour un juron étouffé.

— Il a résulté de ces "tests" que, pour les scientifiques en charge du projet, le meilleur moyen de procéder était par injections médullaires de doses à quarante sept pour cent de mako.

Laissant la scientifique poursuivre ses explications, Reno se pencha en avant, à l'oreille d'Elena.

— Toi qui as dû apprendre par coeur "l'encyclopédie médicale pour petite filles sages", chuchota-t-il. C'est quoi, des injections modulaires ?

— Médullaires, le reprit la jeune femme avec un regard glacial. Des injections dans la cavité médullaire.

— Tu ne peux pas être un tantinet plus claire ?

— Le trou dans les vertèbres qui contient la moelle épinière, abruti.

Agacée, Elena lui fit signe de regarder l'écran.

Yazoo avait été étendu sur le ventre et attaché à un lit par de solides sangles de cuir épais. Il se débattait dans ses liens comme un animal pris au piège mais Reno n'avait d'yeux que pour la seringue remplie de liquide verdâtre que tenait un homme en blouse blanche ganté et masqué d'un écran anti-projections.

Chose étrange, la seringue ne comportait pas d'aiguille et le turk en comprit vite la raison en voyant un second homme s'approcher avec un curieux objet en forme de T qui ressemblait davantage à un outil de menuisier qu'à un instrument médical.

Après avoir choisi un endroit précis entre les omoplates, il raffermit sa prise sur son ustensile, laissant dépasser l'épaisse aiguille creuse de son poing fermé entre les troisièmes phalanges du majeur et de l'annulaire, comme s'il s'apprêtait à déboucher une bouteille de vin. C'est d'ailleurs le même mouvement circulaire qu'il effectua pour enfoncer l'aiguille entre deux vertèbres.

Yazoo étouffa un cri dans les draps aseptisés et la plupart des regards se détournèrent de l'écran, le coeur au bord des lèvres.

Reno, lui, était paralysé à la fois par la nausée et par une sorte de fascination morbide.

En trois puissantes rotations, l'homme avait enfoncé l'aiguille de quatre bons centimètres dans l'épine dorsale et son confrère fixa la seringue au centre de la barre transversale du T, dont le corps était l'aiguille creuse.

Yazoo sanglotait tout doucement et se forçait à l'immobilité, chaque contraction musculaire augmentant probablement la douleur provoquée par la tige de métal glacial plantée entre ses deux vertèbres.

Barret se leva brutalement.

— Tu es vraiment obligé de nous monter ça, Vincent ? explosa-t-il, profondément ébranlé. Tu crois qu...

Il ne put finir sa phrase, coupé en plein élan par le cri inhumain qui retentit alors dans les haut-parleurs.

Tifa, le visage détourné de l'écran, dut serrer ses mains l'une contre pour s'empêcher de se boucher les oreilles, ce que n'hésitèrent pas à faire Yuffie et Elena.

Jamais elles n'avaient entendu un tel hurlement.

Ce qui n'était pas le cas de Rude, qui paraissait s'être changé en statue de pierre.

Oui... Il se souvenait même très bien de ce genre de cri, jamais il ne pourrait l'oublier.

Quel âge devait-il avoir ? Huit ? Neuf ans peut-être. Son père, anthropologue amateur passionné de traditions rurales, l'avait emmené passer des vacances dans un petit village du sud de la région des prairies. Ils étaient arrivés le jour de la mise à mort d'un cheval blessé. Rude avait cru qu'il était grand, alors, presque un homme - huit ans, quand même ! - et qu'un homme devait supporter la vue de la mise à mort d'un futur steak.

Hélas, la mise à mort ne fut pas comme il l'avait imaginée, ou vue dans les films, rapide et nette d'une balle entre les deux yeux, et le cheval ressemblait à tout sauf à un morceau de viande.

Il s'agissait d'un animal bien vivant, au regard doux frangé de longs cils, à la robe brillante et à la jolie crinière blonde. Le garçonnet avait ressenti la douleur de l'équidé avec en empathie terrifiante, comme si les muscles, tendons et veines qui se décollaient lentement de l'os sous le va-et-vient insupportable du fil aiguisé du couteau du boucher étaient ceux de sa propre gorge.

Mais le pire étaient les cris...

Rude n'oublierait jamais les hurlements de la pauvre bête, cette impression que ses cordes vocales sanguinolentes allaient se détacher et jaillir de la gorge progressivement tranchée pour venir s'écraser avec un bruit mat et gluant sur ses chaussures de randonnée neuves. Oui, c'était un cri semblable qui s'était échappé des haut-parleurs.

Le piston de la seringue poussa les dernières gouttes de mako dans la moelle épinière de Yazoo qui haletait, à présent, la bouche grande ouverte sur un hurlement muet. La souffrance qu'il endurait était devenue trop grande pour s'exprimer par des cris mais, hélas pour lui, il ne perdit pas connaissance.

— Ça ira, Shelke, intervint Vincent d'une voix tout juste audible.

La jeune fille arrêta la projection et la tension dans sa salle de conférence retomba un peu.

— Mais quels... Quels enfoirés ! laissa échapper Cloud.

Barret, lui, s'était laissé retomber sur sa chaise et secouait gravement la tête, le visage dans les mains.

— Rude ? s'inquiéta Reno en voyant le visage décomposé de son acolyte. Ça va, mon pote ?

— Non, répondit ce dernier, les poings serrés, saisi d'une rage incontrôlable qu'il ne savait contre qui tourner. Non, ça ne va pas.

A moins, bien sûr, qu'on ne lui fasse la grâce de le laisser quelques secondes avec les hommes en blouse blanche.

Oh, oui... Juste quelques secondes.

— Juste quelques secondes avec ces salopards... siffla-t-il entre ses dents.

Il sentit la main de Reno se poser sur son épaule et essaya de reprendre un semblant de contrôle de soi.

Shalua s'avança et toussota.

— Les tests sur J9 permirent de déterminer posologie en mesure d'être supportées par ses deux frères en fonction de leur résistance, leur âge et leur poids respectifs.

L'auditoire, mortifié, se replia sur lui-même dans des attitudes diverses de rage impuissante ou d'épuisement consterné, attendant les conclusions avec anxiété.

— J9, reprit-elle d'une voix blanche, reçut dix-huit injections pendant neuf jours, à raison d'une toutes les douze heures, avant de commencer à présenter des signes évidents d'empoisonnement.

Elle vit Cid fermer les yeux et presser sa main sur sa bouche pour ne pas jurer.

— J10, trente-huit, poursuivit-elle, déclenchant des réactions effarées. Mais J8, comme les scientifiques s'y attendaient, fut celui qui résista le mieux.

Elle sentit l'auditoire retenir son souffle.

— Il en reçut soixante-douze, laissa-t-elle tomber d'une voix tout juste audible, aussitôt recouverte par des exclamations choquées.

— Soixante-douze ? répéta Tifa, incrédule.

Shalua acquiesça tristement.

— À raison d'une toute les douze heures, oui.

— Tu veux dire qu'ils... qu'ils lui ont fait subir ça pendant plus d'un mois ? insista son amie en tendant un doigt tremblant vers l'écran.

— Plus de cinq semaines, en effet.

Une chape de plomb tomba sur l'assistance.

— Quelques secondes... répéta Rude entre ses dents, les mâchoires serrées à craquer. Qu'on me laisse juste quelques secondes avec ces fils de pute !

...à suivre

J'ai le droit de me faire un peu de pub ? ^_^

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