Désolée, désolée pour le délai ! J'ai eu de gros soucis dernièrement, je vais pas tout exposer sur ffnet, mais en gros mon cheval a eu un gros pépin de santé et il s'est fait opérer cette semaine, c'était la course et je n'avais pas la tête à publier...
Mais bon me revoilà ! Je reprends mes publis, j'espère que ça va continuer à vous plaire ^^
Chapitre 12 : Les Poufsouffle aussi aiment Pré-au-Lard
Aux trois balais, Kevin, Owen et Eleanor étaient tranquillement assis avec une bièraubeurre et discutaient avec animation du premier match de Quidditch qui allait opposer Gryffondor à Serpentard. Eleanor ne s'intéressait qu'à moitié à la conversation, et pour cause : Owen et Kevin venaient de lui offrir un livre illustré sur les veaudelunes et elle s'était plongée dedans dès leur arrivée au bar.
Alors qu'Owen partait sur un discours visant à descendre Harper, l'attrapeur de Serpentard, qui ne valait pas Ginny à ses yeux, il se fit bousculer et renversa sa bièraubeurre sur la table. Heureusement, le livre d'Eleanor n'avait pas été touché et cette dernière ne semblait même pas avoir remarqué l'incident.
Owen se leva et découvrit Malcolm Baddock qui était accompagné de Georgia Fingerald. Malcolm était un garçon aux cheveux blonds avec un visage aristocratique aux traits fins. Il était très beau mais son sempiternel air suffisant lui enlevait tout charme. Derrière lui se trouvait Georgia : elle était la plus belle fille de leur année.
Kevin avait toujours trouvé que c'était un joli gâchis qu'elle soit à Serpentard. Ses cheveux noirs et raides tombaient élégamment sur ses épaules et ses grands yeux couleur océan reflétaient toute la malice du monde. Son teint pâle les faisait ressortir et cela lui donnait un charme fou. Pendant qu'Owen et Baddock se disputaient elle semblait fermement s'ennuyer et fixait Kevin qui se sentit rougir. Il détourna la tête, gêné, et renversa un peu de sa bièreaubeurre en essayant de boire une gorgée pour se donner contenance.
Malheureusement, l'éclat de liquide tomba sur le bord du livre d'Eleanor qui, plongée dans l'extase de sa lecture, n'avait encore rien vu. C'est tremblant que Kevin désigna la tâche jaunâtre causée par sa boisson. Eleanor se redressa, prête à lui faire une scène sur sa maladresse lorsque le professeur Hagrid, trop peu concentré sur ce qu'il faisait, se prit le lustre de l'auberge en pleine tête, renversant les trois boissons qu'il tenait dans ses énormes mains.
Cet évènement eut pour conséquence de calmer sensiblement l'ambiance Aux Trois Balais. Les deux Serpentard présents à la table des Poufsouffle se concentrèrent plutôt sur le professeur que sur leur groupe et ils purent recommencer à discuter tranquillement pendant que Hagrid se confondait en excuse auprès de Madame Rosmerta.
Vers quatorze heures, ils filèrent à la poste de Pré-au-Lard pour envoyer une lettre aux parents de Kevin qui avait pour destinataire final Laura. En effet, ils avaient estimé qu'il serait plus prudent de la faire partir de Pré-au-Lard plutôt que de Poudlard.
Les rues du village sorcier n'étaient pas aussi animées qu'en temps de paix, mais les élèves de Poudlard y mettaient tout de même un joyeux bazar pour le plus grand bonheur des habitants. Ils semblaient ravis de l'animation durant cette sortie. On entendait même un son ressemblant à de la guitare, un élève de Poudlard devait organiser un petit concert improvisé pour animer la sortie.
En arrivant devant la poste de Pré-au-Lard, ils eurent la surprise de découvrir qu'un sorcier de la brigade magique était chargé d'ouvrir chaque lettre avant l'envoi. Mais maintenant qu'ils avaient pénétré dans la poste après avoir enclenché la poignée de la porte ils allaient devoir trouver autre chose, une excuse. Et il fallait réagir très vite !
Mais à peine avaient-il eu le temps de faire trois pas que le sorcier de la Brigade se précipitait vers eux, ses pas résonnaient sur le sol de la poste sorcière comme un marteau sur la table du juge dans les films moldus. Il s'avança vers eux et demanda d'une voix sévère :
- Que voulez-vous envoyer comme courrier ?
- Je voulais juste savoir combien cela me coûterait d'envoyer ce livre, répondit Eleanor d'un air mal assuré en sortant son livre sur les veaudelunes, je ne sais pas si j'ai les moyens, sinon j'attendrai de rentrer à la maison à Noël pour l'offrir à mon frère.
Joli mensonge, pensa Kevin, le frère d'Eleanor était en cinquième année à Serdaigle, mais comment le policier pourrait-il le savoir ?
- Puis-je voir ce livre ?
Eleanor lui tendit le cadeau que les deux garçons venaient de lui offrir, heureusement qu'ils n'avaient pas fait de petit mot personnalisé dedans sinon ils seraient foutus. Ils retinrent leur souffle pendant que le policier faisait des gestes compliqués avec sa baguette. Au bout d'un moment interminable, il leur rendit le livre avec un sourire rassurant.
- C'est bon vous pouvez passer.
Eleanor s'avança vers le comptoir, ses mains tremblaient tellement que le livre tomba, il fit un bruit sourd en entrant en contact avec le sol. La vendeuse paraissait désolée pour eux et fit un sourire encourageant aux trois adolescents, accompagné d'un clin d'œil :
- Ça fera deux gallions et neuf mornilles.
Eleanor fouilla dans ses poches et sortit un gallion. Elle déclara, faussement penaude :
- Mince, c'est tout ce qu'il me reste, tant pis. Désolée pour le dérangement Madame.
- Ce n'est pas grave ma grande, allez plutôt vous amuser dehors !
Les trois amis prirent congé de l'angoissante boutique en essayant de ne pas paraître trop pressés. En sortant, le vent s'était mis à souffler et ils resserrèrent leur cape autour de leur cou. Kevin suivit les conseils de son père et proposa à ses amis qu'ils aillent à la cabane hurlante. Ils arrivèrent essoufflés en haut de la montée qui permettait d'y accéder. Rien n'avait changé si ce n'est que le vent s'engouffrait par les fenêtres créant un bruit qui aurait pu les effrayer en pleine nuit.
- Je ne sais pas pourquoi ton père t'a dit ça dans ta lettre Kevin, dit Owen, on se les caille et y'a rien à voir, d'ailleurs si personne n'est ici c'est bien que c'est ennuyeux à mourir !
Kevin n'eut pas le temps de répondre qu'une main sur son épaule le fit sursauter. Il se retourna et ne distingua personne. Il dit d'une voix blanche :
- Qui est là.
- C'est moi, Papa, j'ai cru que vous n'alliez jamais venir !
- Papa ! s'exclama Kevin, heureux d'entendre sa voix.
- Chut, pas si fort, je ne suis pas censé être là. J'ai une lettre de Laura pour vous. Tiens.
Un parchemin se baladait seul en l'air et Kevin le saisit et le mit dans sa poche.
- Je vous conseille de la lire avant de rentrer et de la brûler, j'ai peur qu'ils vous fouillent avant de passer les portes du château.
- D'accord Papa, on a aussi une lettre pour Laura pour toi, on a essayé d'aller à la poste pour l'envoyer, heureusement on a trouvé autre chose sinon on était cuits !
C'était déstabilisant de ne pas voir les expressions de son père. Il l'imaginait bien froncer des yeux devant leur imprudence. Il donna la lettre à son père, puis impatient il demanda :
- Alors, les nouvelles du monde ?
- Elles ne sont pas très bonnes. Apparemment, Harry Potter a infiltré le ministère il y a quelques temps, mais c'est compliqué de savoir si c'est vrai et ce qu'ils ont pris. Il parait que ça y a mis une sacrée pagaille ! Au moins on sait qu'il est toujours vivant et en fuite. Le ministère fait une politique de plus en plus répressive. Mais peu importe, c'est quoi cette histoire de Doloris ?
Kevin saisissait à travers les trémolos dans la voix de son père qu'il avait peur de la réponse de son fils. Il grimaça, il n'avait pas raconté cet épisode à Eleanor et Owen qui le fixaient avec attention.
- Quand j'étais en retenue en début d'année, le professeur Carrow en a lancé un à un élève. C'est horrible comme sortilège Papa ! Neville est tombé de sa chaise et il criait comme s'il n'avait jamais eu une telle douleur de sa vie.
- Neville Londubat ? demanda son père d'une voix tremblante.
- Oui, tu le connais ? s'exclama Kevin, étonné. Il aurait tout donné pour voir la tête de son père et savoir son opinion sur cet élève qu'il admirait tant.
- J'ai bien connu sa mère. Alice était une amie de ta mère, pauvre garçon. Il paraît qu'il était très maladroit. Je ne connais que de vue sa grand-mère, une sacrée bonne femme d'ailleurs !
Kevin avait des milliers de questions à poser : pourquoi pauvre garçon ? Que lui était-il arrivé ? Pourquoi parlait-il de la mère de Neville au passé ? Mais il sentit la main sur son épaule se resserrer, ce n'était pas le moment.
- Et sinon, c'est quoi ce club dans lequel tu t'es engagé ?
Kevin sentit que son père souhaitait changer de sujet, preuve que c'était une question sensible. Il lui parla pendant de longues minutes de l'AD, de ce qu'ils faisaient en réunion et des actions qu'ils organisaient pour déstabiliser les Carrow et le directeur. Il sentait à la fois la fierté et l'angoisse dans la voix de son père dans ses différents commentaires. Avant de les quitter, il le prit dans ses bras et lui fit un tendre baiser sur le front. Pour la première fois depuis qu'il était entré à Poudlard, Kevin n'eut pas honte de s'abandonner à leur étreinte, peu importe la présence de ses amis, il en avait besoin.
Rasséréné par cette visite, il dit au revoir à son père qui partit en transplannant. Kevin reconnut le « pop » caractéristique. Son père était parti. Il aurait eu tant de choses encore à lui dire. Bêtement, ses yeux se remplirent de larmes. Il se rendit compte que ses parents lui manquaient affreusement. Et comprenant de plus en plus le contexte de guerre, il comprit que peut-être c'était la dernière fois qu'il le voyait vivant. Et cela le terrifiait.
Les trois amis s'assirent sur un banc, il sentait une certaine retenue de la part d'Eleanor et Owen. Il s'excusa auprès d'eux de la situation et leur expliqua être désolé qu'ils n'aient pas la même chance que lui. Owen et Eleanor le rassurèrent, lui répétant qu'il n'y avait pas de problème, mais l'atmosphère se détendit immédiatement et Kevin comprit qu'il avait bien fait d'insister sur le sujet. Il était humain qu'ils soient jaloux car leurs parents devaient également leur manquer. Il avait de la chance d'avoir un père si présent et prévenant pour lui. À cette pensée, une bouffée d'amour monta en lui.
Il sortit la lettre de Laura et ils la lurent tous ensemble, penchés par-dessus l'épaule de Kevin.
Salut les amis !
J'espère que tout se passe bien pour vous à Poudlard. Je pense souvent à vous et vous me manquez beaucoup. Il faut dire que la vie ici est ennuyeuse, personne n'a le droit de faire de la magie – même les adultes – sinon nous risquons d'être repérés. Donc on passe nos journées à étudier de la théorie où à regarder la télévision. Vous savez c'est la boîte moldue qui montre des images et des sons, je vous l'avais montrée à la maison ! Je joue aussi beaucoup aux jeux vidéo, j'ai découvert un nouveau truc. C'est pratique c'est une console que l'on tient dans la main, ça s'appelle une Game-Boy, je vous montrerai. J'adore le jeu Pokemon, on doit élever et entraîner au combat des petites bêtes bizarres, je vous présenterai le Pikachu, il est trop chou. Et on fait une quête c'est super sympa. Je me balade tout le temps avec et ça tue bien le temps. La semaine dernière le four est tombé en panne et sans magie, bah on a dû attendre le réparateur moldu qui a fait une tête bizarre quand le maître de la maison d'accueil a voulu le payer en gallions. Heureusement mes parents et ceux des autres connaissent bien les livres sterling – la monnaie moldue – et donc on a pu régler ce petit souci sans problème.
Je suis avec Dennis et Colin ainsi que Sally-Anne qui est en septième année à Poufsouffle, on s'amuse bien et Dennis est très sympa. On s'entend bien : heureusement qu'il est là, il a toujours des idées amusantes ! Sans lui la vie dans la maison serait vraiment ennuyeuse.
J'ai hâte que la guerre finisse pour vous retrouver, ainsi que Poudlard. Il parait que Harry Potter a fait des siennes au ministère, il semblerait qu'il est toujours vivant et qu'il se bat. J'aimerais tellement pouvoir faire pareil !
Profitez de l'immense parc de Poudlard qui me manque, je me sens à l'étroit dans cette bâtisse d'où nous ne pouvons pas sortir. Et vous me manquez beaucoup, je pense à vous tous les jours.
Bon je file, Dennis vient me chercher pour aller faire les quatre cents coups, je vous fais des gros bisous et à bientôt j'espère !
Laura
Kevin, Owen et Eleanor échangèrent un regard, ils se sentaient tous un peu coupables. Même si Laura leur manquait, ils n'y pensaient pas tant que ça tellement ils étaient occupés, mais elle semblait vraiment s'ennuyer.
- Bon, elle a l'air d'aller bien, dit Owen d'une petite voix, la gorge serrée.
- Vous avez compris quelque chose à ses histoires de jeux et tout ? demanda Eleanor.
- Pas du tout, répondit Kevin en étouffant un rire, mais ça ne m'étonne pas de Laura, elle nous racontera quand on la reverra !
D'un coup de baguette, Kevin enflamma le parchemin et regarda le papier se consumer dans sa main. Il était partagé entre plusieurs sentiments qu'il n'arrivait pas vraiment à définir. Il était heureux d'avoir de ses nouvelles, il ressentait également une pointe de jalousie lorsqu'elle avait évoqué Dennis et un peu de remord de ne plus trop penser à elle. Le chemin du retour fut silencieux, les mots auraient été de trop entre les trois amis.
Comme son père l'avait prédit, ils furent fouillés minutieusement en rentrant au château. Dans la grande salle ce soir-là, Kevin ne cessait de sentir un regard sur lui. Il finit par regarder vers les Serpentard et découvrit que Georgia le fixait. Elle lui fit un grand sourire et se détourna. Il rougit et se dit qu'elle était vraiment très belle. Il se mordit l'intérieur des joues pour reprendre contenance et se força à se concentrer sur la conversation des élèves de son année qui parlaient avec animation de la sortie qu'ils venaient de faire.
Lorsqu'il s'endormit quelques heures plus tard, un visage au teint pâle lui souriait et des yeux bleus pétillaient en le regardant. Un sourire flottait sur les fines lèvres de Kevin, cependant, sa nuit fut peuplée de rêves étranges où Laura apparaissait très souvent, triste et inconsolable. À chaque fois qu'il allait la voir, elle disparaissait et était remplacée par une Georgia souriante. Mais tellement souriante qu'elle effrayait Kevin.
Et voilà un nouveau chapitre, bon vous la voyez venir mon intrigue avec la petite Serpentard.
Je trouvais ça intéressant à traiter, après, à voir si je vais me sortir de tout ce que j'ai posé comme contexte car là ça commence à faire pas mal pour Kevin, j'espère que ça ne fait pas trop. Surtout que je n'ai pas encore décidé de l'évolution de ce personnage, j'hésite ! Et puis il a pas encore fini d'en voir celui-là... le pauvre !
