Chap 11 :
« J'ai trouvé quelque chose ! » s'écria Kyert. Tandis qu'Aga était à la fenêtre pour guetter le retour des Bola Kaïs, Ronon avait demandé aux garçons de chercher les cartouches manquantes.
« Ce pistolet de détresse est notre meilleur atout. » avait-il expliqué à Amélia. « Les Bola Kaïs sont très superstitieux. Ce genre d'arme qui projette des flammes colorées parvient à les effrayer. »
« Oui mais pas suffisamment pour qu'ils nous laissent tranquilles. » observa-t-elle.
« Non. Nous avons besoin de plus d'armes. »
C'est à ce moment-là que Kyert les avait interrompus avec sa découverte.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Ronon en se levant et en rejoignant Amélia près du mur où le garçon se tenait.
« On dirait une trappe. » répondit le gamin.
Dans le sol poussiéreux se dessinaient les contours d'un battant presque invisible. Seule la poignée circulaire fixée au panneau dépassait.
« Peut-être un puits… » supposa Ronon. « Cette cache pourrait nous être utile si nous devions échapper à un feu. »
Belk avait saisi l'anneau et tenté de tirer dessus mais succès. « ça semble bloqué » annonça-t-il.
« Je vais essayer » lança le Satédien.
« Tu penses que c'est prudent de faire ça ? » fit Amélia « Tu oublies que tu… »
Trop tard. Ronon avait attrapé le cercle de fer avec sa main droite et tiré de toutes ses forces. Avec un grincement de gonds rouillés, le battant se souleva. Ronon se figea soudain alors qu'une douleur lancinante courrait à présent le long de son flanc meurtri. Au même moment, Amélia vit une tâche de sang grandir à travers le bandage entourant sa taille.
« Et voilà ! Ta blessure s'est rouverte ! » Amélia râla, se dépêchant de trouver quelque chose pour contenir à nouveau le saignement. Rageant contre l'attitude imprudente de Ronon, elle jurea quand elle se tailla avec un morceau de poterie brisée. Tout en suçant son doigt, elle parvint à trouver de petites serviettes et appliqua l'une d'elle contre la blessure du Satédien. Pendant ce temps, les garçons avaient relevé complètement la trappe et découvert ce qu'elle cachait. Mais à leur grand désespoir, cela n'offrait aucun moyen de s'échapper d'ici. Il y avait un tunnel s'enfonçant dans le sol mais il était si étroit que seule une personne plutôt menue pouvait tenter de s'y glisser. Quand Belk laissa tomber un petit bout de bois dans le boyau obscur, ils purent entendre au bout de quelques secondes un petit « splash ».
« C'est bien un puits. Mais impossible de savoir à quel point il est profond. » fit Ronon. « et l'espace est trop étroit pour nager »
« Tu vois ? Tu as aggravé ta blessure pour rien ! » s'exclama Amélia en jetant déjà la premierère serviette imbibée de sang.
Les yeux de Ronon fixèrent alors l'étoffe écarlate sur le sol.
« En fait… » commença-t-il « Nous avons une autre arme à notre disposition… »
Amélia mit quelques secondes à comprendre où il voulait en venir. « Tu n'es pas sérieux ! Tu veux attirer la panthère ici ? »
« Pourquoi pas ? Cet animal peut nous débarrasser définitivement des Bola Kaïs restants ! »
« Mais il n'attaquera que si ils saignent ! » ajouta Kyert.
« Alors il nous faut trouver un moyen de les faire saigner ! » lança Ronon sur un ton menaçant.
« Si seulement je n'avais pas laissé mon arc près du bassin ! » ragea Amélia.
« Cela aurait été trop dur de nager avec. » lui rappela le Satédien.
« Est-ce qu'on ne pourrait pas en fabriquer avec de qu'on a ici ? » demanda Aga.
Belk hocha la tête « Le bois est trop vieux et cassant. Et je doute qu'on trouve quoi que ce soit de suffisamment droit pour faire office de flèches. »
« On pourrait faire des frondes à la place ! » proposa Kyert en testant les élastiques d'un pantalon d'uniforme.
« Mais qu'est-ce qu'on utiliserait comme munitions ? » demanda Belk.
Tout le monde scruta le sol de la pièce.
« J'ai une idée » lança Amélia, ramassant et inspectant un morceau de la poterie éparpillée au sol. « Je viens de me couper avec ça. Les bords sont très tranchants. »
« Parfait » annonça Ronon avec une lueur de satisfaction dans le regard.
OoooooooO
« Je crois que je les ai vus à travers les arbres ! » s'écria Aga.
« Ok, vas-y !» lança Ronon à Amélia. Avec un signe de tête, elle enleva la serviette du dos du Satédien. Le saignement avait diminué mais pas complètement cessé, ce qui inquiétait plutôt la jeune femme. Puis elle jeta les deux serviettes ensanglantées par la fenêtre.
« Combien ? » demanda Ronon en pressant une nouvelle étoffe sur sa blessure. S'assurant que la fenêtre soit bien solide, elle jeta un coup d'œil au niveau de la ligne des arbres.
« Ils sont cinq » répondit-elle. « Ils doivent avoir laissé un homme pour garder la porte. ».
Puis elle ramena un nouveau bandage qu'elle déroula autour de la taille de Ronon, par-dessus le morceau de tissu.
« On ne peut pas les laisser approcher trop près » ajouta-t-il avec impatience alors qu'Amélia tentait d'ajuster le mieux possible son pansement.
Elle leva les yeux vers lui et se rendit compte qu'il était de plus en plus pâle. Il avait perdu beaucoup de sang. Mais sa main serrait fermement un des éclats d'argile et sa voix était ferme. Kyert avait été désigné comme deuxième tireur et il avait pris place près de la fenêtre.
« L'animal est là ! » s'exclama Aga en montrant du doigt un point sur la gauche de leur champ de vision.
Une forme sombre et tachetée bondit près des serviettes pleines de sang et commença à les malmener tel un chien s'acharnant sur un os.
« Ils sont presque à portée de tir… » murmura Kyert, calant un des bouts d'argile contre l'élastique.
Les Bola Kaïs approchaient lentement et avec prudence. Visiblement, le récit de leurs camarades au sujet des « feux colorés » avait fait forte impression. Mais comme ils avaient compris qu'à part cela, les moyens de défense des occupants de la maison étaient plus que limités, ils avaient repris de l'assurance. L'intuition de Ronon à propos de l'incendie du bâtiment s'avérait exacte. Deux des ennemis portaient des torches à la main.
Ronon et Kyert les laissèrent venir plus près pour être certains d'atteindre leur cible Les Bola Kaïs n'eurent pas l'occasion de comprendre ce qui leur arrivait. Soudain, les éclats tranchants fendirent l'air et vinrent taillader leurs visages et leurs bras alors que quelques secondes plus tard, un gigantesque démon noir fondaient sur eux. L'animal les dépeça avec ses mâchoires aux dents affûtées comme des rasoirs puis se délecta de leur sang. Amélia détourna les yeux de la scène atroce au dehors et alla voir le garçon blessé. Il était à présent réveillé et lui sourit avec gratitude alors qu'elle lui offrait un verre d'eau.
« Notre médecin va arriver dans quelques heures à présent et elle prendra soin de toi. » lui assura-t-elle.
« Ça ira. Une flèche dans la jambe n'est pas si grave comparé au fait d'être dévoré par des cannibales. »
Amélia frissonna.
« Ils allaient réellement vous manger ? »
Vag acquiesça. « C'est pour ça qu'ils nous ont amené ici. Ils ont dit que la viande trempée dans l'eau du bassin était particulièrement tendre et juteuse une fois cuite. On s'attendait à mourir de façon atroce quand vous… »
Soudain, le garçon se figea, le regard terrorisé. Et quand Amélia se retourna elle vit la porte de la grande chambre s'ouvrir lentement. Les enfants avaient déplacé la barricade lors de leurs recherches et, de ce fait, l'issue n'était plus totalement bloquée.
« Ro… » fut tout ce qu'Amélia eut le temps d'articuler avant que la porte ne s'ouvre entièrement avec fracas. Le Bola Kaï fondit sur elle. Le visage de l'homme était tuméfié et maculé de terre. Ainsi, l'homme soufflé par l'explosion quelques heures plus tôt n'était pas mort en dé sa main, son couteau descendait dangereusement vers la gorge d'Amélia.
A suivre ...
