Chapitre 12 : Il ne vaut mieux pas écouter aux portes...
Nicklaus tenait fermement le poignet de Sophia en l'air l'obligeant ainsi à se rapprocher de lui. Leurs visages étaient seulement séparés de quelques centimètres.
K : Vous fuyez.
S : Et que fuirais-je ?
K : L'évidence.
S : Lâchez-moi, dit-elle d'un ton sec.
K : Donnez-moi une bonne raison de le faire.
Sophia lança alors un regard glacé à Nicklaus.
P : Sophia ! Cria Petrova depuis l'entrée du château.
Nicklaus et Sophia regardèrent dans la direction du château. Ils étaient cachés par le massif de roses.
S : Si vous ne voulez pas qu'elle s'approche et nous voit je pense qu'il serait temps de lâcher mon poignet.
Nicklaus s'exécuta et avant même qu'il ne s'en rendre compte, Sophia en rage contre lui ne put se retenir et le gifla.
Sophie et Elena sursautèrent.
E : Ça je ne l'avais pas vu venir, dit Elena surprise.
Sophia, toujours en colère annonça à Nicklaus :
S : Que les choses soient claires. Une telle chose n'aura pas lieu de se reproduire. L'évidence dont vous faites allusion n'existe que dans votre imagination.
Nicklaus était maintenant énervé, son regard contenait à présent de la colère.
S : Arrêtez d'être intéressé par la nouveauté et soyez fidèle à ma sœur. Après tout, elle sera bientôt votre épouse.
Nicklaus ne répondit rien et regarda Sophia s'éloigner en direction du château. Sur le visage de Nicklaus on lisait maintenant de l'appréhension. Qu'allait-il se passer maintenant ? Sophia avait dit vrai, le mariage approchait... Qu'était-il en train de se passer ? Nicklaus avait-il de l'intérêt pour Sophia juste parce qu'elle apportait de la fraîcheur à son quotidien ? Comment être sûr ?
La lumière blanche envahit de nouveau l'espace et le trio se réveilla
E : Renvoie-nous là-bas Sophie !
S : Ton corps pourrait ne pas le supporter.
E : On a qu'à faire comme la dernière fois, endors nous pendant une semaine, Laurent n'aura qu'à passer...
S : D'accord, Elena, je vais l'appeler.
Dix minutes plus tard, Sophie avait tout arrangée avec Laurent
S : C'est bon on peut y retourner.
Le trio s'allongea et Sophie récita la formule.
La lumière blanche apparut et disparut de nouveau
Anton, Sophia et Petrova étaient dans la partie du château qui leur était réservée.
Ant : Que racontes-tu là Sophia ! S'écria Anton.
S : Je dois repartir, on a besoin de moi là-bas !
P : Je viens juste de retrouver ma sœur, elles attendront ! Elles m'ont déjà privé de toi pendant plus de cinq mois ! As-tu une idée de ce que j'ai pu ressentir sans toi ?
S : Petrova...
P : Non! Dit-elle d'un ton sec en exprimant clairement sa colère. Tu ne repartiras pas !
S : Petrova... reprit Sophia avant d'être de nouveau coupée.
P : J'ai dit NON ! Petrova attrapa Sophia par les épaules et la secoua. Tu ne pars pas, Petrova prit alors Sophia dans ses bras. Ne me laisse pas encore une fois. Petrova pleurait. Elle s'agrippait de plus en plus à Sophia tout en laissant échapper des sanglots.
Ant : Petrova à raison, nous sommes une famille, nous ne devons plus être séparés de la sorte.
S : Mais...
Sophia fut arrêtée par l'étreinte de Petrova.
P : Ne me laisse pas.
La lumière blanche fit de nouveau son apparition
Notre trio se trouvait cette fois dans les couloirs du château. Petrova se dirigeait vers le séjour. Soudain on entendit les voix de Nicklaus et Sophia, ils semblaient se disputer.
Petrova s'avança pour aller voir ce qu'il en était. Elle s'arrêta pourtant au niveau de la porte menant au séjour. La scène qui se produisait alors sous ses yeux, et sous ceux de notre trio, l'empêchait d'avancer plus loin.
Nicklaus tenait alors fermement les poignets de Sophia alors que celle-ci tentait de se libérer.
S : Pourquoi vous faites cela ! Je vous ai déjà dit d'arrêter ce genre de comportement ! S'écria Sophia.
K : Cela fait un mois maintenant, ne croyez-vous pas que s'il s'agissait de « la nouveauté » mes sentiments à votre égard auraient changés ? Répondit Nicklaus énervé.
S : Vous vous méprenez, voilà tout.
K : Une méprise ? C'est impossible. Et ce qui me rend encore plus entêté c'est votre comportement !
S : Excusez-moi ?
K : Vous avez bien entendu mes propos ! Nicklaus rapprocha alors ses mains du visage de Sophia.
Vous croyez que je ne vois pas que vous êtes tout aussi troublée que je le suis ?
Sophia resta silencieuse.
K : Je le vois à chacune de nos rencontres votre cœur bat plus vite, je peux le sentir, votre respiration est plus lente et vous évitez mon regard. Pourquoi feriez-vous cela ? Si vos convictions étaient suivies de votre cœur, alors pourquoi fuir le regard de l'ennemi ?
S : Lâchez-moi maintenant, répondit Sophia alors confuse.
K : Vous avez peur de l'évidence. Mais moi je m'y suis fait. En remettant en doute mes sentiments il y a un mois j'ai pu réaliser que le temps n'affaiblissait pas mon affection pour vous.
S : Vous oubliez un détail dans votre récit. Ma sœur. N'est-elle pas aussi la détentrice de vos sentiments ? Votre sincérité n'irait-elle pas aussi vers elle ?
K : Mes sentiments pour votre sœur sont profonds et sincères, mais ils sont différents à présent. L'affection que j'ai pour votre sœur reste de l'affection, ni plus ni moins. Mes sentiments envers vous vont au-delà de cela.
Petrova était en larmes. Elle s'éclipsa discrètement, puis couru dans sa chambre, se jeta sur son lit et pleura toute la matinée.
La lumière blanche apparut puis disparut
Les deux sœurs étaient dans la chambre de Petrova.
P : J'ai bien réfléchi et si tu dis que ces sorcières ont besoin de toi alors j'accepte de te partager.
S : Tu... tu es sincère ? Demanda Sophia apeurée.
P : N'est-ce pas ce que tu voulais ? Répondit Petrova d'un ton sec.
S : Quelque chose ne va pas ? Tu sembles énervée...
P : Je suis parfaitement calme, répliqua Petrova en restant tout aussi sèche.
S : Tu crois que je ne vois pas que quelque chose ne va pas ! Répondit Sophia en haussant la voix.
P : Je te dis que tout va bien ! Répliqua Petrova en haussant la voix elle aussi.
Sophia était désemparée, jamais elles n'avaient haussé la voix l'une contre l'autre de cette façon.
S : Je... je...je ne comprends pas.
P : Je te fais confiance grande sœur, dit alors Petrova en baissant le ton. Si tu dis qu'il est important que tu partes, si tu penses que c'est mieux comme ça, alors...Petrova commençait à pleurer alors je te fais confiance. Petrova avait maintenant le visage recouvert de larmes. Je sais que tu feras le bon choix pour nous tous.
Suite à cette phrase, Sophia comprit que la discussion avait soudain changé de sujet. Il ne s'agissait plus des sorcières, mais d'elle même. « Je te fais confiance », cette phrase résonnait dans la tête de Sophia. Sophia essaya alors de se souvenir d'un détail qui pourrait expliquer la réaction de Petrova.
Une seule chose lui venait à l'esprit, la seule chose qu'elle avait à se reprocher. Petrova savait pour elle et Nicklaus. Cette acceptation ressemblait plus à présent à une requête. Petrova voulait que Sophia parte, Petrova voulait récupérer l'amour de Nicklaus.
Petrova était à présent en sanglots.
S : D'accord, j'ai compris.
À ce moment précis Petrova se jeta dans les bras de Sophia et la serra très fort.
P : Merci.
