Thème : Retenue

Nombre de mots : 630

Pour une histoire de calculette

Athrun corrigeait dans le plus grand silence ses copies sur la table du salon jusqu'au moment où un claquement de porte le fit sursauter et tirer un grand trait dans l'encadré réservée à sa note.

« Et mince…, soupira-t-il en s'armant d'un effaceur.

- Connard ! Entendit-il sa fille pester à l'autre bout du couloir. »

Il releva la tête, surpris. Mais qu'arrivait-il à sa fille ? Après qui s'énervait-elle comme cela ? Tout de même pas son grand frère ? Il la vit arriver dans la pièce en trainant des pieds, elle semblait à la fois de très mauvaise humour et dépitée.

« Tu t'es disputée avec Ryu? Lui demanda-t-il.

- Non, du tout ! Je suis super contente de le voir !

- On ne dirait pas…

- Je sais. On va dire que j'ai eu une journée pourrie.

- C'est-à-dire ? »

Elle poussa un long soupire puis s'installa en face de son père. Alors qu'elle s'apprêtait à répondre à sa question, il la prit du cours et s'inquiéta :

« Où est ton frère ?

- Reparti chercher Yukio et acheter des fleurs à Maman, lui apprit-elle.

- D'accord. Bon alors raconte-moi, que s'est-il passé ? »

Elle posa son sac de cours sur ses genoux, fouilla dedans, en sortit un papier qu'elle tendit à son père.

« Il s'est passé ça. »

Il parcourut du regard la feuille.

« Quoi ? Mais qu'est-ce qu'il t'a pris Léonore ?! S'écria-t-il. Tu sais bien qu'on s'en fout des notes ! Ce qui compte c'est…

- Je t'arrête tout de suite Papa, je n'ai jamais eu l'intention de tricher. »

Il haussa un sourcil et la dévisagea les bras croisés sur son torse.

« Ah bon ? Je suis curieux d'entendre ton explication.

- On avait un test de physique et j'avais oublié ma calculette à la maison, commença-t-elle. Du coup, à la pause, j'ai demandé à cet idiot d'Eiji de me passer la sienne. Jusque là tout va bien. Mais suite à des tricheries au dernier test, la prof est passée vérifier les calculettes et m'a appris qu'il y avait toutes les formules nécessaires à la réussite du test dedans. J'ai tenté de lui expliquer que ce n'était pas ma calculatrice, que je ne savais pas pour les formules mais elle n'en a eu rien à faire et m'a mis ces deux heures de retenue… »

Au fur et à mesure de son récit, son débit n'avait fait que s'accélérer. Il était devenu tellement rapide qu'elle en était à court de souffle.

« Respire Léonore, respire.

- Je te promets Papa que je ne savais même pas qu'elles y étaient ! Je me suis juste servi du mode calcul et graphique, pas du mode programme !

- Calme-toi Léonore. Je te crois !

- C'est vrai ?

- Oui, je te connais suffisamment pour savoir quand tu me dis la vérité. J'irais voir ta prof Lundi d'accord ?

- Non surtout pas !

- Pourquoi ? Demanda-t-il surpris de son refus.

- Parce que tu vas en faire tout une histoire !

- Je ne vais pas laisser une vieille harpie mettre deux heures de retenues sans raison à ma fille ! Se défendit-il.

- Elle n'est pas vieille, elle est même plus jeune que toi

- Vieille harpie ou pas, je ne laisserais personne donner des retenues à ma fille alors qu'elle n'a rien fait !

- Papa laisse tomber, j'irais les faire ses deux heures de retenues. Je les mérite.

- Hors de question ! Je t'interdis d'y aller ! Donne-moi le nom de ta prof, je vais aller lui causer moi !

- Papa…

- Léonore, je ne rigole pas !

- Promets-moi que tu ne la malmèneras pas trop ?

- J'essayerai. »