Hellooooooo!
Ça fait un bout de temps que j'ai pas publié je sais je sais ;) Mais disons que je suis en plein déménagement et que je sors tout juste de ma periode d'examens (enfin finiiiiiiii) donc j'ai pas vraiment eu le temps d'écrire ces dernières semaines. Je profite des vacances pour reprendre un peu d'avance :)
Alors, concernant ce chapitre! Il est IMPORTANT (enfin à mes yeux mdr), parce qu'il va mettre en branle le reste de l'histoire. Le chapitre d'après sera important aussi, il est déjà écrit, je le publierai sans doute dans deux semaines.
Voilà pour aujourd'hui, bonnes vacances à vous ;)
CHAPITRE 11 : Le masque tombe
J-2.
Ce fut la première chose que se dit Eléa en se levant ce matin-là. Tandis qu'elle s'entortillait les cheveux devant son miroir pour une énième coiffure loufoque, elle se le répéta comme un mantra.
J-2, J-2, J-2.. Barbe-Blanche avait été formel, dans deux jours, ils seraient repartis. Eléa sentit une panique désormais familière lui nouer les entrailles.
Elle savait qu'elle ne pourrait pas partir avec eux. Ils ne lui avaient de toute façon pas demandé.
« Et pourquoi le feraient-ils ? » pensa-t-elle rageusement.
Elle n'était qu'une gamine ne connaissant rien du monde. Une petite fille peureuse avec un don affaibli. Une menteuse. Une lâche.
Eléa savait pertinemment ce qu'elle serait en embarquant avec eux : un boulet. Et elle était déterminée à n'être le boulet de personne, quoi qu'il lui en coûte.
Barbe-Blanche ne savait pas vraiment comment aborder la question avec Eléa. Il avait cette étrange impression que la jeune fille lui dirait non s'il lui demandait d'intégrer l'équipage. Assis tranquillement sur son siège remis à neuf, il se frottait pensivement la moustache tout en réfléchissant.
« Un problème, Oyaji ? » l'interrompit Marco.
Le capitaine tourna la tête vers son fils debout sur le pont, qui l'observait avec un sourcil relevé.
« Hmm.. j'essaye de trouver une technique d'approche pour que la gamine ne nous envoie pas bouler si je lui demande de nous rejoindre ».
Marco haussa négligemment les épaules en répondant :
« On a qu'a l'embarquer de force, comme avec Ace. Avec un peu de chance, elle n'essayera pas de te tuer toutes les cinq minutes, elle ».
Barbe-Blanche eut un rire bref en repensant à toutes les fois où son second commandant avait tenté d'avoir sa tête après qu'on l'ait fait monter à bord. Il redevint vite sérieux et déclara à son bras droit :
« Je ne pense pas que ce soit la bonne méthode à employer avec elle. Ace c'était différent, il était déjà pirate, mais je ne peux pas forcer quelqu'un qui n'a jamais quitté son île à partir en mer comme ça. Il faut qu'elle nous rejoigne de son plein gré. »
Il rajouta en soupirant :
« Mais elle m'a tout l'air d'être une sacrée tête de mule celle-ci ».
Marco eut un petit sourire à ces mots. Il espérait sincèrement qu'Eléa accepterait de les rejoindre. C'est vrai qu'elle était encore jeune, et qu'elle ne connaissait pas grand-chose du monde, mais son don de guérison pourrait être très utile à l'équipage. De même que ses talents encore non exploités en dessin et cartographie. Et il s'était bizarrement très vite attaché à la jeune fille, comme une sorte de petite sœur miniature qu'on aurait envie de protéger.
Il prit un instant de réflexion, puis finit par dire :
« Peut-être qu'il faudrait en parler avec Charles. Elle s'entend bien avec le vieil homme, non ? Il pourrait la convaincre plus facilement. »
Barbe-Blanche se frotta pensivement la moustache, puis répondit avec un grand sourire :
« Voilà qui est une excellente idée, fils ».
Le capitaine était descendu à terre en début d'après-midi en direction du village pour s'entretenir avec le doyen. Celui-ci l'avait accueilli chaleureusement, lui préparant une tasse de thé qu'il buvait actuellement dans le salon. Jusqu'ici, la conversation avait été anodine. Mais Barbe-Blanche était décidé à rentrer dans le vif du sujet.
« A vrai dire Charles, je suis venu ici pour vous parler de quelque chose de particulier.
Vraiment ? demanda le vieil homme en relevant la tête de sa propre tasse. Il y a un problème ?
Oh non non, pas de problème. »
Il hésita un instant sur la formulation à prendre, puis finit par dire précautionneusement :
« C'est à propos d'Eléa. Je ne sais pas si vous le savez, mais depuis quelques semaines, elle passe le plus clair de son temps en notre compagnie, et disons.. que je me pose quelques questions. »
Charles sembla se refermer comme une huître.
« Il n'y a pas grand-chose à dire. C'est une jeune fille comme une autre.
Ah ? Donc, un don de guérison est une chose que possèdent toutes les jeunes filles, je suppose ? »
Le doyen écarquilla les yeux en réponse :
« Elle.. elle vous a parlé de ça ?
Oui. Elle a sauvé la vie d'un membre de mon équipage après un petit accident en forêt ».
Avisant l'air estomaqué de son interlocuteur, Barbe-Blanche demanda :
« Vous avez l'air surpris. Est-ce que c'est si étonnant que ça ? Après tout, le village au complet est au courant il me semble.
Et bien, disons qu'Eléa.. n'aime pas parler de ça en principe. C'est pourquoi je suis très étonné qu'elle vous ait délibérément montrer ses capacités. Même moi, je l'ai rarement vu faire. »
Le doyen sembla regarder le capitaine pirate d'un œil nouveau.
« Elle doit avoir vraiment confiance en vous pour vous l'avoir montré. C'est vraiment.. »
Barbe-Blanche n'avait jamais aimé tourner autour du pot. Aussi, il coupa la parole au doyen et annonça de but en blanc :
« J'aimerai qu'elle rejoigne mon équipage ».
Charles recracha son thé de surprise, et fut pris d'une violente quinte de toux qui inquiéta le géant. Tuer le vieil homme par étouffement n'était pas vraiment ce qu'il avait prévu pour cette visite. Celui-ci finit par reprendre difficilement son souffle, et releva la tête.
« Pardon ? s'étrangla-t-il.
Vous m'avez très bien entendu. »
Le capitaine attendit quelques instants que l'idée ait fait son chemin dans l'esprit du vieil homme, avant de reprendre calmement :
« Vous n'auriez pas à vous inquiéter, nous prendrions bien soin d'elle. Malgré son apparence fragile, c'est une jeune fille forte et courageuse. Vous savez qu'elle mérite mieux que de passer sa vie sur une île perdue où tout le monde la déteste. Au moins, avec nous, elle pourrait travailler son don elle aurait des gens à qui parler, avec qui s'amuser. Elle pourrait..
Non » l'interrompit Charles.
Barbe-Blanche haussa très haut les sourcils devant ce refus catégorique.
Avisant son regard surpris, le doyen continua :
« Vous ne comprenez pas, Eléa.. ne peut pas venir avec vous. Ce serait trop dangereux.
Une vie en mer est toujours dangereuse, rétorqua-t-il. Mais c'est le prix à payer pour avoir une vie digne de ce nom. Nous la protégerons si c'est ce qui vous inquiète ».
Charles secoua encore une fois la tête.
« Non c'est.. ce n'est pas possible. »
Après un instant d'hésitation, il finit par dire dans un souffle :
« Certaines choses doivent rester là où sont. Pour sa propre sécurité. »
Barbe-Blanche fixa le vieil homme avec impassibilité.
« Elle ne nous a pas tout dit n'est-ce pas ? ».
Devant le silence de son interlocuteur, il continua :
« Oui, je m'en doutais un peu. Vous savez, les secrets ne sont pas vraiment un problème. Tant que ce n'est pas quelque chose du genre : c'est une ancienne criminelle assoiffée de sang venue se cacher sur cette île en attendant son heure ou..
Eléa n'a rien d'une criminelle ! Je vous défis de dire quoi que ce soit de ce genre à son sujet ! » s'énerva soudainement Charles.
Le capitaine regarda sans broncher le doyen reprendre lentement son calme. Il finit par briser le silence qui s'était installé.
« Oui je le savais déjà, je voulais juste voir votre réaction. »
Puis il transperça du regard l'homme en face de lui :
« Mais j'ai raison pour la seconde partie n'est-ce pas ? Elle se cache ici. Et en la gardant sur cette île, vous cherchez à la protéger de quelque chose.. Ou quelqu'un. »
Il vit la panique monter chez le vieil homme, qui tentait désespérément de ne pas la montrer.
« Il tient vraiment à elle » réalisa Barbe-Blanche. Cela lui fit chaud au cœur de savoir que la jeune fille avait au moins quelqu'un sur cette île sur qui elle pouvait compter.
« Vous savez.. commença-t-il. Chacun des membres de mon équipage m'appelle Oyaji. Et ils ne le font pas parce que je leur ai demandé. Ils le font parce que je les considère comme mes enfants. Parce que je les aime comme mes enfants. »
Il regarda le doyen droit dans les yeux.
« Endosser ma bannière signifie devenir un de mes enfants. Cela signifie que peu importe les obstacles ou les ennemis, je me battrai jusqu'à mon dernier souffle pour les protéger et pour qu'ils réalisent leurs rêves. Je souhaite qu'Eléa nous rejoigne. Et ce n'est pas des paroles en l'air que je lance sans avoir conscience des conséquences. »
Il adressa un petit sourire à Charles.
« Vous tenez à elle, ça se voit. Et vous faites ce que vous pensez juste pour la protéger, je le comprends. Mais ici, elle ne pourra jamais avoir la vie qu'elle mérite. Je peux lui assurer les deux : une protection et une vie digne d'elle. Et s'il faut pour ça que nous nous opposions à la terre entière, et bien nous le ferons. Il suffit simplement que vous me fassiez confiance » conclut-il.
Le silence perdura pendant plusieurs minutes après le discours du capitaine. Charles ne cessa de le dévisager sans un mot, puis soupira. Le vieil homme sembla se ratatiner sur lui-même, comme écrasé par le poids des années, avant de murmurer :
« Je ne vous connais pas. Pas vraiment en tout cas. La logique voudrait que je me taise, et pourtant.. je ne peux m'empêcher d'avoir envie de vous faire confiance. »
Il releva la tête, son regard devenant subitement aussi tranchant qu'une lame.
« Peu importe votre puissance, je vous garantis que si vous utilisez ces informations dans le but de lui nuire, je trouverais un moyen de vous le faire payer. Au centuple. »
Barbe-Blanche hocha humblement la tête.
« Ce ne serait que justice. Je vous écoute ».
Prenant une profonde inspiration, le doyen entama :
« J'espère que vous étiez sérieux en disant que vous étiez prêt à vous battre contre le monde entier, parce que c'est littéralement ce que vous allez devoir faire. Tout s'est passé il y 13 ans… »
Eléa courrait à en perdre haleine, les larmes lui brouillant la vue. Elle n'avait pas eu l'intention d'écouter la conversation, vraiment. Elle voulait seulement voir Charles pour lui faire part de sa tristesse face au départ des pirates. Elle désirait juste un peu de réconfort. Au lieu de cela, les paroles qu'il avait échangées avec Barbe-Blanche tournaient en continu dans son crâne, destructrices et impitoyables.
« Famille massacrée », « Bain de sang », « Île incendiée », « Orpheline », « Gouvernement mondial »…
Les sanglots lui déchirant la gorge, elle trébucha, et tomba à genoux devant l'endroit où elle était venue se réfugier : la tombe de sa grand-mère.
Recroquevillée au sol, elle pleura pour sa famille disparue, sur les quelques souvenirs de ses parents et de son île qu'elle gardait précieusement dans sa mémoire. Elle pleura sur l'horreur du monde, sur la corruption des hommes.
Et elle pleura en regardant l'horizon, sachant d'avance ce qu'elle allait voir. L'unique raison pour laquelle elle avait enterré sa grand-mère dans cette partie reculée de l'île. L'unique point de vue où l'on pouvait apercevoir au loin ce bout de terre calciné et abandonné. Son île natale.
« Koji… » souffla-t-elle.
Et le murmure de la dernière survivante du Buster Call se perdit dans le vent.
Bon, alors voilà voilà ^^ J'ai l'impression d'avoir été super prévisible avec ce chapitre, vous vous en doutiez un peu de qui elle était non ?
J'espère que ce ça vous aura plu quand même.
Byyyyyyyyyye
