(Auteuse absente)
Harry : Hum... Voilà, bonjour à tous chers lecteurs. Comme la semaine à été assez courte pour notre auteur, celle-ci n'a honteusement pas pu répondre à vos reviews.
Draco : ... tu m'aimes ?
Harry (l'ignore totalement) : Elle vous demande de l'excuser pour cette horrible erreur, et vous supplie de ne pas lui en vouloir. En contre-partie, elle a chargé une fois de plus moi et Draco de vous transmettre ce nouveau chapitre car malgré tout elle vous adore trop pour vous privé d'un chapitre.
Draco : Potter.
Harry (ignore toujours) : De plus, suite à des problemes de GREVE de FAC il est possible qu'elle reprenne ses cours cette semaine et qu'elle n'ait pas le temps de publier le chapitre 13 d'ici la semaine prochaine.
Draco : Réponds-moi !!
Harry : Donc encore une fois, désolé de sa part ! Elle m'a aussi transmis de vous dire que les 400 reviews ont été atteinds à sa plus grande joie (ouais elle m'a pleuré dans les bras en plus) et qu'elle remercie Cha' pour ce 400eme review. Si elle peut lui faire un quelconque cadeau, elle en serait très contente...
Draco : Tu m'aimes ?
Harry : Bon sang oui je t'aime !! Mais tu vois pas que je suis occupé là ?
Draco : . . .
Harry (énervé): BONNE LECTURE A TOUS !
Chapitre 12 – Bois !
Parce qu'il n'était pas si rancunier que ça, Harry pardonna à son amant sa maladresse. Ce qui était fait était fait après tout, et il ne pouvait pas revenir là-dessus.
Cependant, malgré les efforts surhumains que Charlie déployait pour le rendre heureux, le brun ne retrouvait pas sa bonne humeur.
Une semaine était passée depuis sa perquisition au manoir Malfoy, et Harry n'était quasiment pas sorti de chez lui. D'après Hermione, il s'enfermait dans ses remords et sa rage.
Lucius Malfoy avait appris sa visite chez lui et était allé se plaindre directement au ministre de la magie. Ce dernier avait répondu en sa faveur et interdisait maintenant toute tentative à l'encontre de son nouveau conseiller. Malfoy Senior était intouchable, son plan se déroulait à merveille.
Harry n'arrivait pas non plus à sortir son fils de ses pensées. Draco Malfoy n'avait pas bougé du domaine familial, et Harry le soupçonnait d'être trop faible pour ça. Il n'arrivait pas à se remettre de la vision qu'il avait eue de ce Malfoy mourant. Il avait tellement changé... Il était bien loin du jeune aristocrate arrogant à la coiffure parfaite et au teint frais. Ce vampire fou et affamé ne lui ressemblait pas, et pour la première fois depuis qu'il avait appris sa véritable nature, Harry se posait des questions quant à sa transformation. Car il avait bien changé pendant la guerre. Que lui était-il arrivé? Il ne savait pas vraiment à qui poser cette question, peut-être qu'Hermione saurait faire de meilleures suppositions que lui.
En ce samedi après-midi, Harry avait rendez-vous avec la jeune femme et son meilleur ami pour se rendre sur le chemin de traverse où la boutique des jumeaux Weasley explosait les records. Cela faisait bien longtemps qu'Harry n'y avait pas mis les pieds, et Hermione avait eu cette idée en pensant que peut-être leurs bêtises ou leurs remèdes pourraient l'aider à retrouver sa bonne humeur.
Charlie avait décidé de ne pas les accompagner, au grand soulagement du brun. Ses petites attentions étaient touchantes, mais vraiment trop étouffantes.
Il retrouva ses amis devant le glacier Fortarôme et ensemble, ils rejoignirent la troupe de sorciers amassés devant une des plus grandes boutiques du Chemin de Traverse.
L'enseigne du magasin était violette et les mots "Weasley, Farces pour sorciers facétieux" y clignotaient dans un orange flamboyant. La vitrine, elle, était tellement colorée et décorée que les clients postés devant celle-ci ne savaient pas où donner de la tête. Ici et là des bonbons multicolores virevoltaient par magie, sur des présentoirs étaient disposés divers parfums ou produits de beauté miracle, et d'immenses boites orange et violettes s'empilaient aux quatre coins de la vitrine, où les mots 'Farces' et 'Attrapes' s'entrelaçaient malicieusement.
Les trois amis durent faire des pieds et des mains pour se frayer un passage à l'intérieur de la boutique. Et bien que celle-ci fût immense, y circuler était quasiment impossible. Les gens se bousculaient devant les étalages bancals dignes du désordre ordonné qui régnait dans la Maison Weasley.
Harry vit un jeune garçon de 11 ans à peine avaler une gomme verte et se transformer en fille. Sa mère poussa un hurlement, très vite étouffé par le brouhaha des autres sorciers et sorcières.
-Harry, Ron ! Par ici ! Leur hurla soudainement Fred derrière son comptoir.
Il leur souriait et tentait de demander à ses clients de s'écarter pour les laisser passer. À côté de lui, Georges s'activait avec deux autres de leurs employées à servir les clients.
-C'est la folie, hein ? Grâce à nos ventes à l'étranger, notre chiffre d'affaire a triplé ! Leur cria de nouveau le jumeau pour se faire entendre.
Son sourire touchait presque ses oreilles, jamais Harry ne l'avait vu si heureux, et cela lui rendit un peu de baume au cœur.
-Tout ça, c'est grâce à toi Harry ! Et à Nev' aussi ! Sa dernière trouvaille sur la plante ginseng nous a permis de fabriquer de puissant stimulant cardiaque ! Avec elle, vous pouvez courir un marathon pendant des heures sans vous fatiguer !
Tout en parlant, il avait réussi à attirer son frère et ses amis derrière le comptoir, à ses côtés. Georges vint leur serrer la main et ajouta avec un clin d'oeil:
-Mais en vrai, ce n'est pas le fait de pouvoir courir longtemps qui attire les clients ! Vous en voulez un peu ?
Harry et Ron explosèrent de rire.
-Non ça ira, merci Georges.
-Vous devriez nous attendre dans l'arrière-boutique, nous prenons notre pause dans quelques minutes. On pourra parler plus tranquillement après ! Ajouta Fred.
Le trio accepta et disparut derrière le rideau vert de l'arrière-boutique.
Là, le silence régnait. Ils y trouvèrent Neville, lunette de protection sur les yeux, en train de faire ses expériences. Ils se saluèrent chaleureusement et s'assirent autour de son établi. Harry raconta ses mois passés en Chine, et sur la pression de Ron, avoua sa relation avec Charlie. Neville en fut tellement surpris qu'il ne réagit pas aussitôt. Il finit par le féliciter sans grand enthousiasme, et relata à son tour ses journées de travail avec les jumeaux. Apparemment, même s'il régnait une très bonne ambiance entre eux, ce n'était pas la joie tous les jours. Il leur fallait gérer une montagne de colis, et des demandes de plus en plus fortes.
Lorsque les jumeaux revinrent enfin, Hermione en profita pour leur demander s'il ne leur restait pas une onde apaisante pour ses douleurs maternelles, et Ron harcela Neville sur sa vie amoureuse.
Harry se retrouva donc seul avec Fred, et ils commencèrent à parler de tout et de rien jusqu'à ce que la conversation dérive.
-Toujours rien en ce qui concerne Lucius Malfoy? Demanda Fred.
Le sourire d'Harry se fana aussitôt.
-Non. Il est devenu intouchable.
-Et... pour Draco ?
Harry fronça des sourcils et évita le regard insistant du rouquin.
-Il s'est calmé, mais il n'y a toujours rien pour l'inculper. Et puis... Je crois que son état physique empire.
Fred ne répondit rien. Intérieurement, il était partagé entre le fait de dire à Harry la vérité, ce qu'il savait, ou le laisser régler cette histoire lui-même.
-Fred, toi qui en sais pas mal sur les vampires, sais-tu comment on en devient un ? Lui demanda finalement Harry.
-C'est dans les gênes. Chaque vampire naît d'abord humain, puis à sa majorité il perd une partie de son âme et meurt à demi pour devenir ce qu'il est censé être, lui répondit-il calmement.
-Il perd une partie de son âme ? Répéta Harry, étonné.
-Oui, une cérémonie est organisée et on lui retire une partie de son âme. À ce qu'il paraît, c'est très douloureux, ajouta Fred.
Il feignit de ne pas remarquer l'éclair de stupeur qui traversa le visage de son ami, et poursuivit :
-Après, soit le sorcier réagit bien, soit il réagit mal. Je veux dire par là que soit il accepte son destin et se fait une joie et une fierté de devenir un mort-vivant, soit il pleure la partie de son âme perdue, et ne s'en remets pas. Avec Georges on s'est toujours demandé ce que ça ferait d'être vampire. On trouvait ça cool étant jeune : tu ne dors pas la nuit, tu peux voler, tes capacités magiques sont accrues... mais en fait, nous aimons trop les friandises pour ça ! Plaisanta Fred. Et puis nous n'aurions jamais pu ouvrir cette boutique. Il existe encore beaucoup d'inégalité dans le monde sorcier, et les vampires y sont craint et rejetés. Enfin, mis à part Lucius Malfoy.
Harry l'écoutait silencieusement, pensif. Il était sûr à presque 100% que Malfoy n'avait jamais voulu devenir un vampire. Il était fier de sa famille et de ses origines, mais ce mec était bien trop attaché à sa propre personne que se séparer d'une partie de lui-même. Alors, se séparer de son âme, cela devait lui être inconcevable.
Et pourtant, Harry ne pouvait pas nier que son rôle de vampire lui allait à merveille. Enfin, avant, lorsqu'il buvait encore son sang.
Neville et Ron étaient revenus à leur hauteur, et le silence qui régnait entre Fred et Harry les laissaient perplexes.
-Harry, commença doucement Fred avec hésitation.
Ses yeux cherchèrent ceux de Neville et de son frère.
-Il y a une chose qu'on ne t'a pas dite à propos de Malfoy.
Harry redressa brusquement sa tête.
-Eh bien voilà, lorsque tu étais dans le coma à l'infirmerie à Poudlard, nous sommes allés te voir Georges, Nev' et moi. Mais tu n'étais pas seul.
-Malfoy était là, continua Neville.
À présent, le silence se faisait pesant dans l'arrière-salle. Harry écoutait attentivement Fred et Neville, appréhendant la suite. Qu'allait-il encore apprendre?
-C'est ce jour-là qu'on a appris qu'il était un vampire. Il ne t'a pas mordu, rassure-toi. On ne sait pas ce qu'il t'a fait en fait, mais lorsqu'on est allé te voir, tu brillais... enfin, ton cou brillait. Je crois qu'il te cache quelque chose, ajouta l'herboriste.
Cette phrase fut comme un signal d'alarme pour le brun. C'en était trop, il n'attendrait pas plus longtemps que Malfoy aille vers lui. Marre qu'il joue au con, qu'il lui cache des choses ! Harry allait aller le voir et régler leurs affaires sur-le-champ !
Il remercia les jumeaux et Neville de leur franchise, et leur demanda de l'excuser.
-Ron, Hermione, on se voit demain, dit-il avant de transplaner.
OoOoOoOoO
Noir.
Blanc... Peut-être gris aussi.
Il ne voyait plus rien, car il n'avait plus la force d'ouvrir ses yeux.
De toute façon, le monde tournait beaucoup trop vite autour de lui.
Draco fut pris d'un nouveau haut-le-cœur et se pencha par-dessus le balcon pour vomir.
Un jet de sang sortit de sa bouche et atterris plus bas rejoindre une marre rouge déjà trop grande.
Une main froide caressa son dos, l'encourageant à tenir bon.
Qui était-ce déjà ? Ah oui, Mathéo... Draco avait renvoyé tous les autres chez eux. Le jeune blond avait été le seul à refuser de partir, et depuis il l'aidait tant bien que mal à supporter l'horrible douleur qui lui détruisait les intestins.
Il avait avalé une quantité phénoménale de sang pour essayer de se guérir, de se nourrir comme il pouvait, mais rien n'y faisait. Son organisme rejetait toute sorte de nourriture, y compris la nourriture 'normale' et l'alcool.
L'alcool... Draco grimaça en repensant à la bouteille de chartreuse verte qu'il s'était sifflé la vieille, espérant qu'elle le saoule et qu'elle calme la douleur. Grossière erreur ! Rien ne l'avait plus fait crier de douleur que ce liquide brûlant dans ses veines.
-Par Merlin Draco, qu'est-ce que je peux faire? Lui cria désespérément Mathéo penché au-dessus de lui.
Draco se laissa glisser sur sol de pierre, une jambe tendue devant lui et l'autre repliée contre sa poitrine.
Il n'y avait rien à faire, il fallait juste attendre que ça passe. Si ça passait...
Il serra son genou de ses mains tremblantes et essaya de respirer un peu d'air pur.
Ils étaient sur le balcon de sa chambre. Ce dernier, fort heureusement, était abrité du soleil, mais cela n'empêchait pas l'air d'être beaucoup trop chaud et étouffant, surtout pour un vampire comme lui. Sa chemise blanche était trempée de sueur, et le jeune vampire blond à ses côtés respirait aussi fort que lui.
L'été... Quelle horrible saison pour leur race ! Heureusement que l'automne approchait.
« Si je survis jusque-là ! » Pensa amèrement le blond.
Alors qu'il se pliait à nouveau pour vomir, la cloche d'entrée résonna dans le manoir. Le jeune vampire sembla hésiter, puis se décida à aller ouvrir. Après tout au point où ils en étaient rendus, toute aide était bonne à prendre !
Lorsqu'il réapparut, Draco était allongé face contre terre.
Le monde tournait décidément trop vite pour lui.
Il entendit des cris, puis quelqu'un l'appeler.
-MALFOY ! Putain, mais quel con ! Malfoy, réponds-moi ! Qu'est-ce que t'as foutu encore, hein ?! T'es complètement inconscient ma parole ! Criait la voix cassée et paniquée de l'homme.
Draco voulut répondre à cet appel, mais sa voix se bloqua dans sa gorge où une nouvelle vague de sang cherchait à s'échapper.
Il sentit qu'on le secouait comme un prunier et qu'on attirait son corps contre un autre, plus chaud, plus vivant.
Il se força alors à ouvrir ses yeux et sourit béatement en reconnaissant son invité :
-Potter, je t'ai manqué ?
-Ta gueule et bois !
Draco secoua de la tête, repoussa le bras que lui tendait le Gryffondor et tenta de se dégager de son étreinte. Mais Harry resserra sa prise et s'entailla lui-même le poignet.
-Je te dis de boire, imbécile !
Sa voix eut un sursaut de panique et Draco capitula.
Cette odeur était délicieuse... Il se redressa lentement et ses lèvres touchèrent la peau satinée du brun. Il suça d'abord doucement son sang, s'appliquant à ne pas vomir la masse infâme qui pourrissait déjà dans son corps, puis sa soif s'éveilla au goût de ce liquide exquis, et il accéléra ses sucions.
Boire de nouveau ce sang était comme renaître ! Les taches noires et blanches devant ses yeux disparaissaient, ses forces lui étaient rendues, il respirait de nouveau.
Ses mains attrapèrent le bras de Potter et il se redressa pleinement en position assise. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau et il finit par y enfoncer aussi ses dents.
Il entendit le brun pousser un cri de douleur, et le vit se contorsionner pour qu'il arrête de boire.
Pas encore, pas encore, pensait Draco.
Il avait besoin de plus, de tellement plus que les dernières fois ! Depuis cinq mois qu'il avait épuisé ses stocks, il avait dépassé le stade de la faim !
-Malfoy, a... arrête !
Et la magie ! Il sentait à nouveau sa magie fuser en lui ! C'était incroyablement bon, délectable, délicieux ! Il en voulait encore ! Cette saveur sucrée, douce, envoûtante à souhait... Il était au paradis.
-MALFOY !
Il se sentait à nouveau fort, incroyablement fort et puissant.
Et il reprenait ses esprits petit à petit.
Ses yeux pourpres étaient redevenus rouges vifs, et il fixait à présent ceux émeraude du Gryffondor. Il y lut la peine et la souffrance. Ces yeux-là étaient beaucoup trop humides... Avaient-ils pleuré?
Cette pensée le choqua et il s'arrêta aussitôt.
Harry poussa un profond soupir de soulagement. Il voulut retirer son bras de l'emprise du vampire, mais Draco le retint.
-Tu pleures? Demanda-t-il, troublé.
-Bien sûr que oui, tu me fais mal ! Fut la réponse sèche.
Draco relâcha sa prise, mais ne s'écarta pas de lui. À la place, il posa ses deux mains de part et d'autre de ses genoux et lui murmura :
-Pourquoi es-tu revenu, Potter ?
-Pour ne pas te laisser mourir ! Ta fierté te perdra, Malfoy ! Qu'est-ce qui t'a pris ? Est-ce si difficile que ça d'admettre que tu ne peux pas te passer de moi ?
Harry regretta ses mots au moment où ils sortirent de sa bouche. Sa phrase possédait un double sens, et pour lui elle signifiait beaucoup.
Quand le jeune garçon blond lui avait ouvert la porte du manoir et qu'il lui avait expliqué la situation, son sang n'avait fait qu'un tour. Il s'était précipité vers les escaliers et avait suivi le vampire jusque dans la chambre. Une seule pensée le hantait : « Pourvu qu'il ne soit pas trop tard ! ».
Comment Malfoy avait-il pu être aussi buté ? Ils avaient été ennemis, OK, mais des ennemis proches ! Bon sang ils avaient même couchés ensembles ! Cela ne signifiait donc rien pour le blond ? Ne lui faisait-il pas confiance ?
En fait, c'était lui qui ne pouvait pas se passer du Serpentard blond, il ne l'avait jamais pu. Même lorsqu'il ne lui avait plus adressé la parole après la guerre. Ces mois avaient été les plus durs de sa vie. Malfoy comptait trop pour lui, c'est ce qu'il avait tenté de lui faire comprendre dans sa lettre. Et aujourd'hui, il laissait son cœur réagir sans contrainte.
Car Harry ne se voyait pas vivre sans lui.
Il l'aimait trop pour ça.
Et cet amour le détruisait un peu plus chaque fois que le blond se refusait à lui.
Comment avait-il fait pour tomber amoureux de cet espèce d'imbécile imbu de lui-même ? Il le détestait pourtant au début... N'est-ce pas?
-Tu as raison, tu es bien mon calice, répondit calmement Draco. Mais acceptes-tu, toi, d'être ma subsistance à vie? Tu te vois, Potter, à 40 balais encore en train de me donner la tétée ? Moi pas ! Il faut que cela cesse d'une façon ou d'une autre.
Que répondre à ça ?
Rien. La vérité était bien de trop importante pour que Malfoy l'accepte. Il l'aurait rejeté sur-le-champ.
Car oui, il se voyait bien à 40 ans toujours à ses côtés. Peut-être pas à le nourrir, mais à l'embrasser jusqu'à plus soif. À lui faire l'amour jusqu'à l'épuisement. À se disputer avec lui pour des broutilles et à voler à ses côtés sur le dernier balai à la mode... Oui, il se voyait faire toutes ces choses avec lui, car... il l'aimait. Merlin, oui il aimait son caractère buté, sa fierté d'aristocrate, son humour piquant, sa jalousie brûlante et son sourire sexy et ravageur.
Et même si cela lui paraissait invraisemblable, il ne se voilerait pas la face comme lui.
Harry se leva, serrant son poignet ensanglanté contre son torse.
-C'est pour ça que tu m'as menti sur la potion ? Parce que tu ne voulais pas que je continue à te nourrir ? Demanda-t-il posément.
-Oui.
Un silence s'installa entre eux.
Draco se leva à son tour et épousseta inutilement ses vêtements froissés et tachés de sang.
-Et maintenant ? Est-ce que tu vas enfin me dire toute la vérité ? Demanda gravement Harry.
Draco jeta un coup d'œil à Mathéo.
Il l'avait presque oublié, celui-là.
Le vampire n'avait pas bougé d'un pouce depuis qu'il avait amené Harry dans la chambre. Il était littéralement pétrifié par ce qu'il venait de voir. Et il était bien conscient qu'il détenait là un secret de la plus haute importance : Harry Potter, le vainqueur du monde sorcier, était le calice de Draco Malfoy !
Il frissonna de peur lorsque Draco le regarda avec insistance et impassibilité.
Interloqué, Harry tourna lui aussi son regard vers le blond.
-Un jour, peut-être, finit par dire Draco.
Harry soupira. Il prit sa baguette et murmura un sort de bandage pour son bras.
-Je rentre, je suis mort de fatigue. Je repasserais demain, dit-il d'une voix morne.
-Hors de question, je préfère venir chez toi. Je ne veux pas qu'on te voie ici, répliqua sèchement Draco.
Harry s'énerva un peu et répondit sur le même ton :
-Et puis quoi encore ? Je ne veux pas de toi chez moi !
-Tu as une meilleure solution ?
-...
Non, bien sûr que non, il n'avait pas de meilleure solution. Malfoy avait raison. Il fallait juste qu'il arrive à virer Charlie de chez lui l'espace de quelques heures.
Charlie ! Que lui dirait-il ? Il devait avoir une sérieuse conversation avec le rouquin.
-Bien, alors je passerai dans la soirée, et on reparlera de tout ça, conclut Draco, agacé.
Harry acquiesça et sortit de la pièce. Draco le suivit pour s'assurer qu'il ne dévale pas les marches de l'escalier sur les fesses – il lui avait pris beaucoup de sang, cela l'étonnait qu'il soit encore debout. Mais avant de sortir de la chambre, il plaqua le jeune vampire blond au mur et lui chuchota d'un ton glacial :
-Tu n'as rien vu, rien entendu. Si j'apprends que tu as raconté cette histoire à qui que ce soit, je te tuerais lentement et cruellement.
Il lui arracha ensuite son collier et le laissa tomber au sol comme une vulgaire loque.
OoOoOoOoOoO
Harry rentra directement chez lui. Il inventa une excuse bidon pour expliquer à son petit ami l'état déplorable dans lequel se trouvait son bras. Les marques de morsures et de griffures étaient clairement identifiables. Un chien ou une créature enragée était la seule explication plausible, mais bien sûr peu probable. Charlie crut à peine son mensonge, mais ne posa pas plus de questions, se concentrant sur le nettoyage de la plaie.
Harry se coucha tôt, sans un mot.
Le lendemain, alors que lui et Charlie devaient voler ensemble sur leur dragon pour leur faire prendre l'air, Harry prétexta avoir toujours mal au bras. Il convainquit Charlie de sortir seul une heure ou deux, et envoya aussitôt un hibou à Malfoy pour le prévenir.
Le blond arriva dix minutes après que le hibou lui fut envoyé.
Harry était dans son jardin personnel, en haut de l'immeuble. Il avait choisi son appartement spécialement pour ça: parce que le toit était compris dans la location et qu'il offrait, en plus d'une vue imprenable sur Londres, un accès facile et privilégié à leurs dragons. Bien sûr, Harry avait érigé des barrières magiques autour de ce petit nid, rendant ainsi les dragons invisibles aux yeux des autres. Ils possédaient leurs propres petits enclos pour dormir et se nourrir. Cependant, Draco et Ashley ne restaient pas ici tous les jours, la plupart du temps, ils élisaient domicile dans le jardin des Weasley, beaucoup plus spacieux.
Harry nourrissait Draco en lui murmurant des paroles apaisantes, et il fut surpris quand le dragon s'énerva d'un seul coup. C'est à ce moment-là qu'il se retourna pour voir le vampire arriver. Malgré la douce chaleur toujours ambiante, Malfoy s'était drapé d'une longue cape noire, à laquelle il avait sûrement jeté un sort pour qu'elle réfléchisse les rayons du soleil et garde au froid sa frêle peau blanche de vampire. Il portait également, chose qui surprit Harry, une paire de lunettes de soleil noires.
C'était vrai qu'il faisait particulièrement beau aujourd'hui, mais n'ayant jamais vu le blond avec des lunettes, Harry ne put retenir un sourire.
Malfoy, lui, grimaçait de dégoût.
-On n'aime pas la vue, Malfoy ? Lui demanda Harry d'un ton joueur.
Le blond grogna pour la forme et vint se poster à côté de lui, dans l'ombre du dragon, à l'abri du soleil.
Contrairement à ce qu'aurait pu croire Harry, Draco lui donna un grand coup de langue sur la joue. Il était apparemment heureux de le revoir.
-Eurk, tu pourrais calmer ta bestiole, c'est dégoûtant, pesta Malfoy.
-Draco n'est pas dégoûtant. Je suis même surpris qu'il se souvienne de toi, répliqua Harry d'une voix douce.
Malfoy ne répondit pas. Il n'avait jamais connu le nom du dragon bleu de Potter... Jusqu'à maintenant. Il savait que son prénom était très utilisé par les dragonniers pour nommer leurs protégés, mais il n'avait jamais pensé que Potter était si commun. À moins que ce prénom cache autre chose.
Cela le mit mal à l'aise et il continua la conversation sur un ton plus froid.
-On peut retourner à l'intérieur ? Je cuis ici, et nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous si j'ai bien compris.
Harry acquiesça et lui fit signe de le suivre.
Il l'emmena dans sa petite cuisine et se servit un verre d'eau. Pas besoin de demander à Malfoy ce qu'il voulait boire, il le savait déjà.
-Bon, mettons les choses au clair, commença Harry. Je suis ton calice, tu ne peux pas te passer de mon sang et je suis prêt à te l'offrir à condition que tu l'acceptes sans rechigner et que tu m'aides à faire tomber ton père.
Draco éclata de rire à ces mots. Au moins, il était clair !
-Que je t'aide à faire tomber mon père ? Et puis quoi encore ! C'est un enfoiré fini et je le hais, mais le faire tomber n'est vraiment pas dans mes intérêts ! Depuis qu'il est occupé à jouer les ministres, je peux faire tout ce que je souhaite au Manoir, répondit-il avec un grand geste de la main. Non, Potter, j'accepte ton offre, mais pour mon père je ne peux rien te promettre. Je le « ferai tomber » quand je l'aurais décidé, pas avant.
Harry serra des dents, mais se dit que ça valait mieux que rien.
-Très bien. En retour, si cette situation de calice te dérange tant que ça, je peux demander à Hermione de nous aider, elle trouvera peut-être quelque chose, elle.
Draco prit mouche.
-C'est ça, allons voir Mademoiselle je-sais-tout, elle aura peut-être une solution !
-C'est à prendre ou à laisser, Malfoy ! L'avertit Harry.
Draco enleva enfin ses lunettes de soleil et accepta son offre.
Harry constata avec bonheur que ses iris étaient presque revenues à la normale. Encore une semaine et il retrouverait le gris de ses yeux qu'il aimait tant.
-J'ai soif, dit Draco, coupant ainsi court à la conversation.
Harry se leva de sa chaise et s'approcha de lui, le cou tendu.
Draco l'ignora et chopa son bras pour mordre dans son poignet.
-Pourquoi pas le cou? Demanda Harry, mi-surpris, mi-vexé.
-Parce que.
Draco sortit ses crocs et mordit dans une veine bien juteuse.
Il n'était pas bête, il savait comment réagirait le brun s'il le mordait au cou.
Il ne voulait pas recommencer comme avant. Il n'avait pas failli mourir pour fuir cette situation pour retomber dedans de pleins pieds quelques mois plus tard !
-Tu me dois encore des explications, poursuivit Harry.
Le brun profitait que sa bouche soit pleine pour s'exprimer librement.
-J'ai appris que tu étais venu me voir à l'infirmerie, lorsque j'étais dans le coma... Pourquoi?
Harry le sentit se crisper, mais Malfoy n'arrêta pas de boire à son poignet.
-Et que m'as-tu fait, après m'avoir fait avaler cette potion, Malfoy ? Je veux la vérité, sinon je romps notre contrat.
Harry sentit Malfoy soupirer sur son bras puis relâcher sa pression. Il s'essuya élégamment la bouche et se leva de sa chaise pour lui faire face.
Ils étaient très proches l'un de l'autre. Harry fixait ses lèvres sans le vouloir. À cet instant, il avait une folle envie de l'embrasser.
-Je t'ai repris ce qui m'appartenait. Mais lorsque je me suis aperçu que tu étais bien mon calice et que je mourrais de soif, j'ai perdu la tête et je suis venu te vider de ton sang, lui répondit Draco sans la moindre once de honte dans la voix.
-QUOI ?! Explosa Harry. Alors, c'est à cause de toi si j'ai passé plus de trois semaines à Ste Mangouste ?
-Je crois, oui.
Harry le repoussa violemment, le regard noir. Il le savait ! Il savait que sa chute de tension n'avait rien de normal ! Putain, mais quel enfoiré ! Que lui cachait-il encore ?!
-Et pour Poudlard ?
-Je ne vois pas de quoi tu parles, articula le blond.
-Tu te fiches de moi?!?
-Non, ça ne te regarde pas c'est tout.
Ils se défièrent du regard. La tension entre eux était palpable. Finalement, il y avait des choses qui ne changeraient jamais.
Cependant, Harry était autant en colère après lui qu'il était excité. Malfoy sentait bien cette excitation, et y voyait là un danger sans fond.
Ils restèrent ainsi immobiles un bon moment. Puis Harry se rapprocha de lui, hésitant. Son comportement changea alors du tout au tout.
-Tes cheveux sont redevenus blonds, murmura-t-il.
Malfoy ne voulait pas lui avouer la vérité ? Très bien, il l'attaquerait par un autre angle.
Le brun se fit légèrement aguicheur. Sa voix redevint douce et ses yeux se plissèrent en deux fentes noires, laissant à peine éclater le vert de ses yeux.
-Recule Potter, pas de ça entre nous.
-Pourquoi ? Ce n'est pas comme si c'était nouveau, répondit calmement Harry.
Malfoy le foudroya du regard.
-La dernière fois ne compte pas! Je n'ai fait ça que pour..., répliqua froidement Malfoy.
-Me consoler ? Finit Harry, amusé.
Draco se mordit la langue, et Harry fit un pas de plus.
-Arrête ça Potter.
Harry voulut lui répondre et franchir la dernière barrière qui les séparait...Quand la porte d'entrée claqua et que la voix de Charlie raisonna dans le living room:
-Harry je suis rentrée ! Tu es là ? Il faut que je te parle !
-Merde, souffla Harry en plaquant Malfoy contre le mur le plus proche.
Le jeu était fini, retour aux choses sérieuses : Charlie ne devait pas les voir ensemble. Car il comprendrait, où alors il poserait bien trop de questions.
-Tu es en haut? Continua Charlie.
Il passa devant la cuisine sans les voir et Harry le vit monter les escaliers pour rejoindre le toit.
Il poussa un soupire contre le cou de Draco, mais ce dernier n'y fit pas attention.
-C'était qui, ça ? S'écria-t-il glacialement.
Surpris par son changement d'humeur, Harry se recula un peu pour mieux voir son visage.
-Tais-toi, il va nous entendre ! C'était Charlie Weasley.
-Et qu'est-ce qu'il vient foutre chez toi ?
La jalousie parlait pour lui et se lisait sur son visage. Harry en fut surpris et étonnement réjouit. Elle lui avait manqué, cette jalousie.
-C'est mon petit ami, lui répondit-il simplement.
-Pardon ?!? Ton quoi ? Ce bouseux ?
Harry se retint de rire. Et dire que Malfoy l'avait rejeté, il avait une minute à peine !
-Oui, et tu devrais partir tant qu'il est en haut.
Harry se détacha de lui et le poussa vers la sortie. Le vampire du se contorsionner le cou pour lancer des éclairs de haine au pauvre escalier qui n'avait rien fait.
-Nous reparlons de ça aussi, Potter, lâcha-t-il avant de passer la porte.
Harry s'appuya dos contre le battant et se permit de souffler un bon coup. Il l'avait échappé bel cette fois.
Mais son cœur lui jouait encore des tours, et Harry pensa qu'il devait mettre ça au clair très vite avant de devenir fou. Il devait rompre avec Charlie et, quand le moment opportun se présenterait à lui, faire comprendre à Malfoy qu'il voulait plus que leur vieille relation vampire-calice. Enfin pour ça, il fallait déjà que le blond lui fasse confiance et lui avoue ses cachoteries...
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Aussi Grand Survivant fut-il, Harry n'arriva pas à rompre avec Charlie ce jour-là ni le jour suivant. Il s'était pris d'affection pour cet homme attentionné, et la culpabilité le rongeait. Il ne voulait pas le faire souffrir, lui qui lui avait tant donné.
Charlie Weasley avait été son mentor, son ami, avant de devenir son amant. Et cela représentait beaucoup pour lui. De plus, c'était le frère de son meilleur ami, et il ne voulait pas vexer ce dernier non plus. En effet, Harry se voyait mal lui expliquer qu'il avait laissé tomber son frère pour sortir avec Draco Malfoy. Enfin, si le blond voulait de lui. Ron deviendrait sûrement fou de rage ! Et Harry n'était pas prêt à affronter cette colère. Le rouquin avait tellement fait pour lui, ces dernières années... Il ne voulait pas le décevoir encore une fois.
Il garda donc sa relation avec Malfoy secrète. Enfin, quasi secrète, car comme il l'avait promis à Malfoy, Harry mit sa meilleure amie dans la confidence. Hermione fut, comme à son habitude, très compréhensive. Elle lui assura de mener sa propre enquête sur le sujet et de garder le secret sur sa relation avec le blond.
Au début, Harry réussissait à voir le vampire quelques minutes tous les jours. Puis ses amis commencèrent à se poser des questions, et lorsque lui et Hermione furent à court d'excuses, il décida de diminuer le nombre de leur rendez-vous.
Malfoy allait de mieux en mieux. Ses cheveux étaient de nouveaux blonds, ses yeux gris, seule sa peau restait parfaitement blanche et froide. Et ça, c'était le seul bon point de leur accord. Car malgré la réticence du brun, le vampire continuait de voir sa bande et de sortir boire du sang de moldu. Il avait juré à Harry de ne plus jamais tuer personne, il pouvait se contrôler maintenant. Mais le train de vie débridé des morts-vivants faisait partie de lui à présent, et il ne pouvait s'en détacher.
Pour contrer ces sorties intempestives et malsaines, Harry envoya un hibou à Zabini. Dans sa lettre, Harry l'incitait à revoir son meilleur ami. Peut-être que si le blond se souvenait de sa vie passée, de ses véritables amis, alors il deviendrait plus raisonnable.
Son père, par contre, n'était toujours pas raisonnable. Jamais Harry n'avait vu Mr Weasley si enragé, pas même lors de la guerre. L'élection du prochain ministre de la magie se faisait l'année suivante, et Arthur Weasley était sûr et certain que le vampire aristocrate profiterait de cette occasion pour proposer sa candidature. La haine qu'il éprouvait envers cet homme ne datait pas d'hier, et contrairement à celle qu'il avait ressentie pour le Lord Noir, elle était beaucoup plus personnelle.
Le père de Ron fit donc jurer Harry de l'aider à détruire « cet immonde suceur de sang », bien qu'il ne savait pas comment. Harry avait accepté, bien entendu. En fait, il n'attendait qu'une seule chose pour envoyer Malfoy Senior pourrir à Azkaban : l'aide de son fils. Malfoy refusait catégoriquement de lui dire où était la réserve de sang de son père. Harry l'accusa une fois d'y puiser, ce à quoi le blond répondit qu'il avait un meilleur garde-manger à portée de main et qu'il se foutait royalement du sang congelé de son père.
-Dans ce cas, tu devras te passer de ton garde-manger pour les jours à venir ! Avait répliqué Harry, énervé.
Il n'était pas resté longtemps fâché.
Cinq jours plus tard, il revenait au manoir, inquiet de l'état de santé du blond.
Ce fut Zabini qui lui ouvrit les portes. Apparemment, il partait tout juste.
Les deux jeunes hommes restèrent bêtement stoïques, surpris de voir l'autre en face de soi. Puis Harry se reprit et le salua. Blaise bougonna un bonjour en retour, et continua son chemin en lui balançant par-dessus son épaule :
-Bien joué Potter, il est redevenu comme avant : un vampire imbuvable et capricieux !
Intrigué par ces mots, Harry avait suivi un elfe de maison jusqu'au salon du premier étage dans lequel se trouvait le blond.
Une bouffée de colère et de jalousie l'envahit lorsqu'il saisit les mots du Noir.
Malfoy était entouré de toute sa bande, et ses joyeux vampires buvaient et festoyaient sans aucune gêne. Ici un vampire aux cheveux mi-court et noir violait presque une moldue à demi consentante sur un sofa, alors qu'en face trois autres dents pointues s'enfilaient une bouteille rouge en pariant sur jusqu'où le couple était capable d'aller. Là une vampire suçait le sang de son acolyte, et Harry fut surpris de voir que lui aussi était en train de la sucer.
Il ne savait pas qu'ils pouvaient faire ça entre eux.
Et au milieu de tout ce beau monde, Draco Malfoy était alité sur un sofa à la romaine, et aspirait le liquide rouge d'un jeune blond aux yeux creux.
Harry vit rouge lorsqu'il reconnut le vampire qui lui avait ouvert la porte du manoir, quelques jours plus tôt. Il aurait dû avoir pitié de son état déplorable, le blond semblait épuisé à l'extrême, mais au contraire une bouffée de jalousie s'empara de lui à la simple pensée que peut-être Malfoy passait ses pulsions sur lui.
Il n'avait pas tout à fait tord, remarque.
Harry s'avança vers eux. Les autres le regardèrent avec des yeux noirs et certains grognèrent même lorsqu'il passa devant eux. Harry vit Malfoy les faire taire d'un regard tueur, et il se redressa pour accueillir son hôte. Bien sûr, dès qu'il était entré dans la pièce, Draco n'avait senti que lui, et il s'était arrêté de boire le sang insipide de Mathéo, mais Potter semblait quand même furieux.
-Tu le mords au cou, lui ! Cracha Harry une fois arrivé à sa hauteur.
Draco se retint de lui donner une baffe. Ils étaient en public, personne ne savait pour eux. Il se pinça l'arête du nez et ordonna à tout le monde de quitter les lieux.
-Tu ne vas pas me faire une scène de ménage, Potty. Je le mords au cou si je le veux, tu n'as rien à dire là-dessus, répondit-il une fois qu'ils furent seuls.
-Si justement ! Pourquoi tu refuses de le faire avec moi ? Cela ne te gênait pas avant ! Répliqua sèchement Harry.
Il voulait le sentir contre lui bon sang ! Harry ne dormait plus la nuit, il rêvait toujours du corps de Malfoy et à chaque fois il se réveillait en sueur. Il avait besoin de ressentir ce plaisir malsain qu'il avait ressenti lorsqu'ils étaient à la fac. Malfoy le faisait bander dix fois plus que Charlie, et cet état d'excitation lui manquait.
-Tsss, tu n'as pas déjà un petit ami ? Il ne te comble pas assez, peut-être ? Susurra Draco, énervé.
Il avait très bien compris où il venait en venir. Et cela agaça Harry encore plus.
-Cela ne te regarde pas. Je te parle de principes Malfoy.
-À d'autres, Potty.
Harry serra des poings et après un sec « Bien ! » il fit demi-tour, mais pas pour très longtemps. Il fut arrêté par le rire de Malfoy.
-Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? Cracha-t-il, hargneux.
-Tu es venu rien que pour ça ? Demanda Malfoy.
Harry le jugea de la tête au pied. Outre le fait qu'il soit bien habillé et qu'il tienne debout, le blond ne lui paraissait pas en grande forme. Il soupira et revint vers lui, le bras tendu.
Draco l'accepta et mordit aussitôt dedans.
En le voyant faire, Harry se dit qu'il était décidément trop faible pour lui résister.
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Draco Malfoy regardait son pendentif en or tourner lentement devant ses yeux.
Vivant, il se sentait plus vivant que jamais.
Plus d'une semaine que le sang de Potter coulait dans ses veines et déjà sa puissance de vampire de premier rang lui était revenue, intacte.
C'était un peu comme récupérer un fragment de cette âme qui tournoyait devant lui.
Draco sourit machiavéliquement. Oui, pour la première fois de sa vie de vampire, il se rendait compte que, peut-être ce n'était pas plus mal comme ça. Le sang de Potter, une partie de lui-même dans un collier. Il avait pensé de cette façon aussi, lorsqu'il avait goûté à son sang les toutes premières fois. Puis sa raison l'avait emporté sur sa passion, et sa fierté l'avait mené à la déchéance. Il n'avait jamais souhaité mourir, juste se débarrasser de ce besoin irascible de boire son sang et de le voir et le toucher, par la même occasion. Il avait eu peur de son comportement avec lui, beaucoup trop doux et gentil pour être normal. Potter était lui aussi beaucoup trop amical avec lui, et il avait peur de comprendre où il voulait en venir.
Rien que son comportement de cet après-midi l'avait énervé au plus haut point. Il n'avait pas le droit d'être jaloux ! Ils n'étaient pas un putain de couple, bon sang !
Et c'était hors de question, bien sûr. Ils étaient ennemis, juste ennemis. Mais ça, il avait l'impression que le brun l'oubliait vite. C'était pour ça qu'il ne voulait pas le mordre au cou. Il ne voulait pas l'exciter, car il savait qu'il ne tiendrait pas lui non plus et qu'il se jetterait sur lui. Et que tout recommencerait comme avant.
Oh non, surtout pas, il ne devait surtout pas céder.
Même s'il en crevait d'envie...
À suivre...
Harry : Merci à Agadou encore une fois pour cette correction de chapitre.
Draco : Pas ma peine de laisser une review à l'auteuse, elle en a trop.
Harry (le frappe): N'importe quoi !
