Bonjour, bonjour ! Bienvenue dans ce chapitre 12, quelques révélations au programme aujourd'hui, bonne lecture !

Chap 12 : Le congrès

Le dimanche matin, April reçut un hibou de son maître de stage pendant le petit déjeuner. C'était un papier à en-tête tout à fait officiel où il lui demandait de bien vouloir préparer une valise pour trois jours et de faire signer à ses parents l'autorisation jointe de quitter le territoire de Grande Bretagne dans le cadre de son stage.

Elle dissimula tant bien que mal l'excitation que cette autorisation déclenchait en elle et ses parents la signèrent sans même la lire en entier. Ils semblaient avoir une confiance aveugle en Draco. Après tout, c'était un sang pur de noble naissance, beaucoup trop vieux pour en vouloir à la vertu de leur fille. Ils ne pouvaient pas être plus dans l'erreur.

Lorsqu'elle arriva au bureau le lendemain, Draco l'attendait déjà dans l'antichambre en habit de voyage, une petite valise à la main.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Il faut qu'on se dépêche où nous allons rater le portoloin !

- Mais non, monsieur Malefoy ! intervint Johanna. Je vous assure que vous êtes parfaitement dans les temps.

- Je préfère être prudent. Johanna je vous laisse gérer pendant mon absence.

- Allez-y, monsieur Malefoy, je m'occupe de tout, ne craignez rien !

- Bien.

Ils se rendirent au Département des Transports Magiques où Draco avait réservé un portoloin. Lorsqu'ils atterrirent, April découvrit un grand hall lumineux. Une jeune femme en robe de sorcière vert pomme les accueillit d'un ton jovial dans une langue qu'April ne connaissait pas. Draco lui répondit en anglais et la jeune femme reprit avec un léger accent :

- Excusez-moi, bonjour ! Bienvenue à l'hôtel du peuplier. Vous êtes là pour le congrès ?

- Tout à fait, nous avons réservé au nom de Malefoy.

- Suivez-moi, vos chambres sont au premier étage.

Ils la suivirent dans l'imposant escalier en l'écoutant.

- La première conférence ne commence qu'à 10h. En attendant, vous pouvez prendre un petit déjeuner dans la salle de restaurant au rez-de-chaussée. Nous sommes arrivés, voilà votre clef, monsieur Malefoy, et voici la vôtre, miss. Je vous laisse vous installer, n'hésitez pas à faire appel à moi si vous avez besoin de quoique ce soit, monsieur Malefoy, finit-elle avec un sourire aguicheur.

- Ça ira, merci, coupa April en la renvoyant.

La jeune fille attendit que l'employée disparaisse dans l'escalier.

- Je peux savoir ce qu'on fait là ? C'est quoi cette conférence ?

- Va t'installer, je t'expliquerais ensuite, dit-il avant de s'enfermer dans sa propre chambre sans lui laisser le temps de répliquer.

Draco entra dans une petite pièce coquette avec une salle de bain attenante. Il installa ses affaires en souriant. L'attitude d'April envers l'employée de l'hôtel l'avait à la fois amusé et rempli de fierté. Elle lui était soumise, totalement et irrémédiablement, mais il restait tout de même en elle une part d'arrogance qui la poussait à le marquer comme sa propriété, bien qu'ils sachent l'un comme l'autre que c'était elle qui lui appartenait et non l'inverse.

En ronchonnant, April ouvrit sa propre porte et découvrit une chambre identique à celle de Draco de l'autre côté du couloir. Elle posa son sac sur la commode et enleva sa cape d'hiver, son bonnet et ses gants. Elle eut juste le temps de faire le tour et d'admirer la vue sur l'océan qu'on frappait déjà à sa porte. Draco entra sans attendre de réponse.

- Alors ? Ça te plaît ?

- Si je savais pourquoi je suis là, j'apprécierais beaucoup plus, répliqua-t-elle.

- Nous allons rester trois jours ici pour participer au Congrès Européen sur l'utilisation des potions en milieu médicomagique. Mais je te préviens que, même si j'ai bien l'intention de profiter de mes nuits ici, on est là pour travailler avant tout ! la devança-t-il tandis qu'il voyait ses lèvres s'étirer en un sourire coquin.

- D'accord, dit-elle d'un ton ennuyé avant de rajouter : il est 8h30, on fait quoi jusqu'à 10h ?

- Tu es vraiment incorrigible ! lui répondit-il avec un rictus. Si tu veux tout savoir, je n'ai rien mangé ce matin et un petit déjeuner me tenterait bien.

Elle poussa un cri de dépit et se jeta sur lui.

- Ah, tu avais autre chose en tête peut être ? demanda le blond d'un air innocent avant d'éclater de rire et de l'enlacer.

Il l'allongea sur le lit et passa ses mains froides sous ses vêtements. D'un geste habile, il dégrafa son soutien-gorge et empoigna ses petits seins. Il était redevenu aussi doux qu'avant, mais April sentait que quelque chose n'était pas comme d'habitude. Mais comme il semblait néanmoins de bonne humeur, elle décida que c'était le bon moment pour en parler.

- Draco ?

- Oui, ma douce ?

- Je voudrais te poser une question, mais je ne veux pas que tu te fâches et ça ne me dérangera pas si tu me dis simplement que tu ne veux pas en parler.

- Je t'écoute, dit-il après quelques secondes.

- J'aimerais savoir pourquoi vous vous détestez, avec madame Weasley.

Il soupira. Evidemment, elle voulait parler de ça. Il ne savait pas comment lui expliquer leur histoire, ni même s'il devait lui raconter leur histoire, mais au final, elle ne voulait savoir que la raison de leur haine et ça il pouvait le lui dire.

- Si tu ne veux pas en parler, c'est pas grave, répéta-t-elle devant son mutisme.

- On a fait Poudlard ensemble et on s'est toujours détesté, lui répondit-il quand même.

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas trop, à vrai dire. Au début, c'était parce qu'elle est née moldu…

April fit la grimace. En bonne sang-pur, elle avait été éduquée avec les mêmes principes que Draco sur les différences de naissance entre sorciers, même si c'était dans une moindre mesure que le blond.

- … mais en réalité, continua-t-il, je pense que même si elle avait été une sang-pur, nous n'aurions pas pu nous entendre, à l'époque.

- Pourquoi ?

- Elle était insupportable ! Une petite miss-je-sais-tout, toujours à lécher les bottes des profs, tu ne l'aurais pas aimée non plus.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Il parait qu'elle est très gentille et intelligente.

Draco lui jeta un regard interloqué. Imaginer April et Granger, assises autour d'un thé à papoter et rire avait quelque chose de surréaliste. Comme voir sa copine et son ex-copine faire du shopping ensemble : pas bon signe.

- Fais pas cette tête. J'ai pas du tout l'intention de devenir sa meilleure amie, reprit la jeune fille avec une moue de dégoût.

- Je croyais qu'elle était si gentille et si intelligente, se moqua-t-il.

- Elle ne t'aime pas, lui dit la brunette en haussant les épaules comme si ce simple fait justifiait son inimitié à l'égard de cette femme.

Encore une fois, il avait oublié à quel point elle dépendait de lui, à quel point elle voyait le monde à sa façon comme s'ils n'étaient qu'une seule et même personne. S'il lui disait d'un coup qu'ils avaient été proche avec Granger et qu'ils avaient finis par devenir amis avec le temps, alors elle changerait d'avis aussitôt sans la moindre hésitation, sans la moindre question.

Il mit fin à leur discussion, décidant qu'ils avaient assez papoté pour aujourd'hui, et il commençait à avoir vraiment faim.

Encouragé par le fait d'être dans un pays étranger, un pays où le nom de Malefoy était largement moins connu qu'en Angleterre et où sa tête ne disait rien à personne, Draco se laissa aller à avoir un comportement beaucoup plus affectueux en public avec April. Certes, les regards se tournaient vers eux lorsqu'il lui prenait la main ou lorsqu'elle lui volait un baiser mais, ici, il s'en fichait. Un soir, ils dînèrent même dans un restaurant sorcier avant de se rendre à une exposition de peinture dont le thème était basé sur les lieux magiques célèbres. Puis, ils firent l'amour dans un recoin de la galerie d'art, prenant le risque de se faire prendre en flagrant délit. La peur décupla le plaisir d'April, mais l'empêcha aussi de lâcher complètement prise et il fallut toute la rassurante autorité de son maître de stage pour qu'elle jouisse enfin.

April aurait menti si elle avait dit ne pas apprécier cette situation et le nouveau comportement de son amant envers elle. Elle le savoura quelques heures, comme l'adolescente qu'elle était, puis son esprit rationnel reprit le dessus. C'était une jeune fille très intelligente et mature pour son âge, ou du moins l'était-elle assez pour savoir que ça ne durerait pas. C'était l'attitude d'un petit ami officiel, ce qu'il ne serait jamais, et April le savait. Draco n'était pas du tout enclin à officialiser leur relation et à la défendre bec et ongles contre tous. Malgré ça, elle ne lui en voulait pas. Elle avait déjà mis tant de temps à le convaincre de la prendre, elle était prête à se contenter de ça jusqu'à la fin de sa vie tant qu'il voudrait bien d'elle.

Le reste du Congrès se passa agréablement bien. Leurs journées étaient passionnantes (surtout pour April qui découvrait tout ça), leurs nuits luxurieuses et April ne lui parla plus de Granger, ce qui permit à Draco de l'oublier lui-même pendant quelques jours. Cependant, à mesure que la matinée du dernier jour s'écoulait, son humeur s'assombrit et ce fut pire encore lorsqu'il reçut un hibou de sa secrétaire l'informant qu'une personne du Département de la Justice Magique avait inlassablement cherché à le joindre. Il céda sous la pression au moment de partir.

Il était dans le couloir à côté de sa valise quand April sortit de sa chambre avec la sienne. Le regard gris du Serpentard remonta doucement sur elle. Elle portait des bottines fourrées marron en daim sur un collant couleur chair, une petite jupe plissée grise en laine et un gros pull blanc traversé par l'anse de son sac en bandoulière de cuir marron. Enfin, ses cheveux bruns, épais et détachés, s'échappaient de son bonnet de laine grise.

Elle lui adressa un sourire qui disparut aussitôt que leurs regards se croisèrent. Ses yeux à lui était comme un ciel lourd d'orage et elle n'eut le temps de voir que ça avant qu'il ne l'attrape par la taille et la nuque et la force à re-rentrer dans sa chambre.

Il lui retira brusquement son pull, découvrant qu'elle ne portait que son soutien-gorge dessous. Puis il ouvrit uniquement le haut de son jean et libéra son sexe déjà prêt de son caleçon. Draco la jeta ensuite sur le lit et déchira ses collants.

De son avant-bras, il soutint son poids et de l'autre, il lui agrippa la cuisse droite pour mieux la besogner. Il allait sûrement lui laisser des marques, mais c'était si bon, elle était si bonne ! April gémissait sous lui, elle avait étendu les bras au-dessus de sa tête, poignets croisés.

Elle savait que Draco aimait la voir comme ça, elle savait que cela étirait tout son corps, la mettait en valeur, et qu'elle lui montrait ainsi sa position de dominée. Elle lui avait même proposé de l'attacher au lit pendant le Congrès, mais il avait refusé. Il préférait qu'elle se soumette de son propre chef comme elle était en train de le faire car il ne se faisait pas confiance non plus et il voulait qu'elle puisse le repousser s'il perdait le contrôle comme il l'avait fait dans sa cuisine.

Le fait qu'elle soit toujours libre de ses mouvements le rassurait, même s'il savait au fond de lui qu'elle ne le repousserait pas, même s'il dépassait ses limites. Après tout, elle ne l'avait pas fait cette fois-là, elle avait subi la douleur en silence pour son propre plaisir à lui.

April géra mieux sa souffrance cette fois-ci. La première fois dans la cuisine, elle s'était laissé surprendre. Elle n'avait pas réalisé les émotions que sa discussion avec son meilleur ami avait fait remonter à la surface et elle n'avait pas anticipé la douleur qu'il pouvait lui infliger en lui faisant l'amour.

Aujourd'hui, c'était différent. Elle ne savait pas ce qui l'avait déclenché, mais elle l'avait lu dans son regard sombre quand elle était sortie dans le couloir et elle s'y était rapidement préparé. Elle savait que, contrairement aux longues et voluptueuses nuits qu'ils avaient partagées dans cet hôtel, cette baise ne serait qu'un exutoire rapide et que le seul plaisir qu'elle en retirerait serait de le voir jouir et de le sentir un peu plus apaisé après. C'était une récompense qu'elle goûtait particulièrement.

April avait toujours cru qu'une relation devait être à double sens, elle se rendait compte à présent à quel point elle avait tort. Il aurait pu lui demander n'importe quand de le satisfaire, ne jamais rien avoir en retour, elle n'en serait pas frustrée pour autant. Elle était heureuse de lui donner et non de recevoir. Il pouvait tout lui prendre, son cœur, son âme et son corps, elle ne résisterait pas, c'était son vœu le plus cher.

Dans un dernier grognement il vint en elle alors que les parois de son intimité commençaient à la brûler sérieusement, mais c'était pourtant sa main qui agrippait sa cuisse qui lui faisait le plus mal. Elle était certaine d'avoir des bleus qui dureraient plusieurs jours, mais elle les chérirait comme la marque de sa propriété. Ils se lavèrent rapidement après un dernier tendre baiser et se préparèrent à rentrer.

oOo

Chapitre suivant vendredi ou samedi midi au plus tard ! A la semaine prochaine ^^