Salut tout le monde :)

Me revoici avec le chapitre 12, qui je le sens, était attendu. Je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, et vous laisse découvrir cette suite !

PS: j'utilise une musique qui est déjà passé dans PLL - les plus gros fans inconditionnels reconnaîtront peut-être - si vous avez un peu de temps, je vous conseille de l'écouter pour vous mettre dans l'ambiance. Elle s'appelle "siempre tú" de diego Bonneta.

Bonne lecture,


Chapitre 12

La vérité, toute la vérité.


« Il faut qu'on parle »

Alison resta silencieuse, le corps immobile et le regard figé sur celui de Spencer. Une voiture klaxonna plus loin, dans l'allée, suivi d'une autre. Une dizaine d'étudiants en sortirent, se dirigeant joyeusement vers une fête, là où la musique était plus forte. La blonde avait conscience de l'agitation qu'il régnait autour d'elle, de cette mélodie que l'orage peinait à couvrir; mais chaque son lui parvenaient étouffé. Lointain.

C'était comme entendre un cri à travers l'eau.

Il y avait une ambiance étrange qui flottait dans l'air, une ambiance qu'Alison elle-même ne pouvait vraiment décrire. Le temps semblait ne plus répondre à aucune règle en cet instant; le regard accusateur de Spencer la déstabilisait au point que chaque seconde se transformait en véritable éternité, mais paradoxalement, cette éternité-là paraissait ridiculement courte pour expliquer avec justesse ce qu'elle avait traversé.

— Où as-tu trouvé ça ? demanda Alison d'une voix fébrile.

Ses yeux fixaient d'un air désemparé le contrat de location d'appartement.

— Je suis passée déposer le bracelet d'Emily chez toi pour que tu puisses l'avoir et lui offrir ce soir, après ton job, expliqua froidement Spencer. Le concierge m'a vu. Il devait te donner un document, et comme ça avait l'air important, je lui ai proposé de te le transmettre.

Malgré l'obscurité, Spencer vit nettement le visage en face d'elle virer au blanc pâle. Alison entrouvrit la bouche comme si elle était sur le point de dire quelque chose, mais se ravisa au dernier moment. Que pouvait-elle avancer pour sa défense ? Comment seulement fournir une explication à quelque chose qui n'en avait pas. Alison avait l'impression d'avoir été lancé, sans arme, au cœur d'une bataille à laquelle elle n'était pas préparée. Un combat perdu d'avance.

Le regard de Spencer était sombre. Avec le contrat de location d'appartement, l'adolescente était parvenue à une conclusion qu'elle n'était pas certaine de pouvoir gérer à cet instant. Elle éluda la vraie question qui trottait dans sa tête, et en posa une autre, moins directe.

— As-tu un rapport avec Alison DiLaurentis ? demanda l'enfant des Hastings, d'un ton déterminé.

— Ce papier, tu l'as montré à quelqu'un d'autre ? esquiva-t-elle le sujet.

Alison le regretta aussitôt. Une étincelle foudroya le regard de la brune.

— Ce n'est pas la question que je t'ai posée !

— S'il te plaît, Spencer, supplia Alison d'une voix brisée où vibrait le désespoir. Quelqu'un d'autre est-il au courant ?

— Non ! hurla-t-elle pratiquement.

Les regards des étudiants qui affluaient de l'autre côté de la rue, se retournèrent dans leur direction. Spencer baissa la tête. Alison tentait en vain de trouver un moyen de réagir alors que les deux jeunes filles redevenaient transparentes aux yeux des lycéens, qui se frayaient un chemin vers la soirée. Une élève de première, de bonne taille et aux cheveux blonds dégagés, ouvrit la porte. Ni l'esprit de Spencer, ni celui d'Alison ne pouvait gérer cette banalité maintenant. Toutes les deux étaient prises au piège à l'intérieure d'une bulle, leur bulle, qui les isolait du reste du monde.

Le vacarme sonore de la musique se succédait. Tout ce que Spencer entendait, tout ce qu'elle ressentait, était le bourdonnement incessant des basses qui lui donnait la sensation de tournis.

La brune brisa le silence.

— Qui es-tu ? demanda-t-elle.

Elle avait retrouvé l'usage de sa voix. Spencer ne savait pas exactement à quel moment cette faculté était réapparue, mais les mots consentaient de nouveau à franchir ses lèvres. Ce qui n'était pas le cas d'Alison. La blonde sortie subitement de sa léthargie. Les paroles de son amie résonnèrent dans sa tête. Il fallait qu'elle réponde, maintenant, avant que Spencer ne l'écoute plus.

Alison releva les yeux. Son estomac faisait le yo-yo; elle tenta de rassembler ses idées mais réalisa que son esprit était incapable de raisonner logiquement. Ses pensées se bousculaient tour à tour, s'emmêlaient, sans qu'elle puisse en dégager quelque chose de cohérent ou décider comment réagir. Alors elle ne fit rien.

— Tu entends ce que je te dis ? s'énerva Spencer. Qui es-tu ?

— Je suis la fille que tu as bousculé par inadvertance à fête de Noel Kahn, il y a un mois, celle à qui tu t'es confié au sujet d'Emily. Celle que tu as accompagnée à la bijouterie hier et…

— Ce n'est pas ce que je veux savoir, coupa Spencer rageusement, sans détacher son regard du sien.

Ses yeux étaient d'un sombre effrayant. Cette découverte l'avait bouleversé au-delà de tout ce qu'Alison aurait imaginé. Elle se demanda l'espace d'un instant s'il existait une chance, pour qu'un jour, toutes les deux puisse reconstruire ce qu'elles étaient en train de perdre.

— Alors que veux-tu savoir ?

Toute la colère de Spencer retomba d'un seul coup. Depuis qu'elle avait découvert l'existence de ce contrat de location, la brune n'avait cessé d'exiger une explication. A présent, elle n'était plus sûre de vouloir savoir. La vérité à quelque chose d'effrayant, parfois.

L'adolescente prit une grande inspiration.

— Es-tu Alison DiLaurentis ?

— Oui, avoua son amie.

Spencer crut qu'elle ne respirait plus. Elle fixa le vide. Alison. La fille qu'elle avait cru morte, celle qu'elle avait pleuré pendant des nuits entières, son amie, était debout en face d'elle à quelques millimètres. Elle se tenait là, tranquillement immobile, la pluie trempant sa veste à la doublure pratiquement inexistante, et cela comme si de rien n'était. Comme si toutes années n'avaient jamais existé. Comme si la souffrance qu'avait engendrée sa disparition, n'était qu'une simple parenthèse dans sa vie. A cette pensée, l'enfant des Hastings sentit la colère monter en elle, d'une manière incontrôlable. Comment avez-t-elle pu lui faire endurer ça, lui mentir ?

Alison retint sa respiration. Elle observa Spencer lever sa main pour la gifler mais ne fit rien. La blonde ferma les paupières et attendit le coup sans broncher. Plusieurs secondes s'écoulèrent, rien ne se passa alors elle rouvrit les yeux.

L'adolescente ne savait expliquer ce qui venait de se produire. Peut-être était-ce sa position, appuyée contre la portière de la voiture, totalement sans défense, et elle, mon amie, en état de force. Ou alors le fait de la voir aussi vulnérable devant elle, qui avait réveillé son vieil instinct de protection. Peut-être leur amitié. Quoiqu'il en soit, la main de Spencer s'était arrêtée juste devant sa joue, pas plus loin. Son corps tremblait tout entier, de froid ou d'épuisement, impossible de savoir.

L'éclat des phares d'une voiture les éblouies un instant. Après un silence assourdissant, Spencer retira sa main avec lenteur, presque trop, et Alison la regarda faire sans rien dire.

— Pourquoi ? interrogea la brune d'une voix étonnamment calme, mais l'enfant des DiLaurentis savait que ce n'était qu'une façade.

La jeune fille savait que cette maîtrise de soi lui coûtait énormément et qu'elle lutait pour ne pas laisser la colère l'envahir de nouveau. Elle voyait le reflet de cette guerre intérieur qui se jouait chaque seconde à travers les yeux de son amie.

— Je n'avais pas le choix, dit-elle enfin. J'étais obligé de le faire, tu comprends ?

— Qu'est-ce qui t'obligeais à disparaître, Alison ? Pourquoi simuler ta propre mort ? Tu imagines ce que tu nous as fait enduré, pas seulement moi, mais aussi tes parents, ton frère… Emily.

— Ça a commencé par des texto anodins. Jusqu'à ce qu'ils ne le soient plus. La personne me lançait des messages de morts et des défis, signant toujours par la lettre 'A'. Tu n'y étais pas, Spencer. Je vivais dans la peur constante.

— Pourquoi tu ne nous en as pas parlé ? On est tes amis, Ali ! On aurait pu t'aider !

— Comment ! La fille que j'étais s'était mis à dos toute la ville. La population entière de Rosewood aurait pu être suspect !

— Alors on aurait interrogé chaque habitant, un par un, jusqu'à découvrir celui qui t'as fait ça !

— C'était pas si simple, Spencer. Je me fichais qu'il me menace, mais pas qu'ils s'en prennent à vous. Je n'avais plus le choix. Je devais partir avant que l'une de vous ne soit blessée.

— Alors dit-moi pourquoi je me sens comme tel, blessée ?

Spencer avait voulu hurler mais sa voix s'était brisée, un simple souffle à travers cette nuit d'automne. Une larme roula sur sa joue.

— Je t'ai cru morte, Alison. On s'était disputé ce soir-là, j'ai cru que c'était de ma faute si… que je t'avais…

— Chut, murmura son amie en la serrant entre ses bras, pleurant à son tour.

Le corps de Spencer tremblait contre le sien. Toutes les deux conservèrent cette position immobile l'une contre l'autre jusqu'à ce que la pression retombe. Alors il ne restait plus que l'apaisement et la chaleur de cette étreinte, familière à leur cœur.

— Je ne voulais pas vous abandonner, Spencer. Ça me tuait tous les jours de l'intérieur, un peu plus. Mais c'était toujours mieux que de vous perdre.

— Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis, revenir ?

— Je n'ai pas changé d'avis. Je me suis promis qu'un jour ou l'autre, je trouverais le moyen de nous réunir de nouveau. Il m'a fallu cinq ans de sacrifices, semer 'A', changer d'identité, mais j'ai réussis. Je suis là maintenant. Je suis vraiment là.

Spencer renforça son étreinte contre son corps. Alison essuya ses larmes.

— Pardonne-moi, supplia-t-elle.

La brune acquiesça doucement. Ses yeux rencontrèrent les prunelles émeraude de son amie.

— Mais je veux que tu fasses quelque chose.

L'enfant des DiLaurentis resta silencieuse, les yeux humides et le cœur retourné. Après cette révélation, elle se sentait vidé physiquement, mais aussi plus libre. Spencer recula d'un pas et l'observa avec une intensité inqualifiable.

— Ali, tu te trompais. Les secrets ne nous rapprochent pas, ils nous séparent. C'est pour ça que tu dois parler à Emily et lui dire la vérité. Demain. Avant qu'elle l'apprenne autrement et que tu la perdes. Pour toujours.

La brune fit glisser son regard sur le sien et n'y lu que l'incertitude et la peur. Elle posa une main rassurante dans son dos.

— Tout ce passera bien avec Emily, Ali. Je te le promets.

Et Alison la croyait.

- x -

Deux jours plus tard,

La lumière se reflétait par intermittence à travers les vitres teintées du centre aquatique. Sydney Driscoll marchait au côté d'Emily près des bassins et semblait tenir une conversation avec les autres coéquipières, dont le sujet lui était inconnu. Honnêtement, ce détail était pour l'heure la dernière de ses préoccupations. Le coup bas de Lawrence et la vente du bracelet lui était resté en travers de la gorge tout le week-end. L'idée que sa petite-amie ait eue à sacrifier un objet de valeur à cause de sa crédulité lui était insupportable. C'était décidé, après l'entrainement, Emily lui parlerait.

La brune baissa les yeux sur son portable et consulta distraitement ses messages. Lou ne lui avait pas répondu et cela depuis deux jours. Ça ne lui ressemblait pas. De l'extérieur, Emily avait l'impression qu'elle l'évitait, du moins, c'était la sensation que ça lui donnait. Avait-elle fait quelque chose de mal sans s'en être rendue compte ? La jeune fille se remémora la soirée de samedi et chercha en vain une explication qui ne venait pas.

Emily soupira. Encore un problème qu'il lui fallait régler.

La voix de Sydney cessa de résonner à ses oreilles. Emily lui jeta un coup d'œil et la surprit à l'étudier du regard. Ce n'est qu'avec un temps de retard considérable qu'elle réalisa alors que la lycéenne s'adressait à elle, depuis le début.

— Tout va bien, Em ? questionna-t-elle, soucieuse. Tu m'as l'air affreusement distraite aujourd'hui.

La nageuse détourna les yeux, mi-surprise, mi-gênée de l'avoir ignoré inconsciemment.

— Oui, répondit la brune un peu hésitante.

— Ça n'a pas l'air, remarqua la seconde en arquant un sourcil.

— Sydney, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Je t'assure. C'est juste… pas une bonne journée. On a tous nos mauvais jours.

— J'imagine, admit-elle sans conviction. A quel point celui-ci est mauvais ?

Emily lui lança un regard amusé.

— Comme celui où je suis resté frustrée pendant des heures devant le stand de glace, parce que ma mère refusait catégoriquement de m'en acheter une.

Sydney éclata de rire.

— Je te passerais bien le numéro anti-suicide de Rosewood, mais si tu disparaissais, le fait est que ça libère quand même une place de capitaine dans l'équipe des Shark ! plaisanta-t-elle.

— Très classe Sydney. Très classe, répondit Emily, hilare.

Toutes les deux se dirigèrent vers le vestiaire pour changer de tenue. Le cours de sport était le dernier de la journée, les filles traînaient toutes dans les douches et prenaient le temps de lisser à tour de rôle leurs cheveux, au séchage automatique de l'école.

L'enfant des Fields troqua rapidement son maillot de bain contre un T-shirt au col en V et un pantalon noir. La nageuse ne s'attardait jamais. Elle se sentait toujours mal à l'aise dans ce genre de situation - en présence de fille. Même si aucune de ses coéquipières ne lui avait fait de remarques, Emily préférait éviter l'alimenter des rumeurs stupides sur sa sexualité, si elle passait trop de temps dans les vestiaires.

La brune balaya du regard le couloir à la recherche de Lou mais ne trouva personne. Toute cette histoire l'inquiétait de plus en plus. Sa petite-amie devrait déjà être là, son travail était supposé avoir commencé il y a plus d'un quart d'heure maintenant.

Emily était en train décider s'il était sage ou non de lui rendre visite à son appartement après les cours, lorsque Lawrence la dépassa. L'incident du bracelet refit surface comme un boomerang lancé en plein figure. Elle intercepta son bras.

— Tu es contente de toi ?

La jeune fille la dévisagea d'un air surpris, presque innocent, qui fit bouillir ses nerfs. Emily roula les yeux avec agacement.

— De quoi parles-tu ? questionna sa coéquipière en toute impudeur.

— De ça, répliqua l'enfant des Fields en agitant le bracelet de son père devant ses yeux.

L'espace quelques secondes, Emily aperçut l'étonnement s'insinuer en elle. Mais cette rupture ne dura qu'un instant. Déjà son regard redevenait froid et impassible.

— Tu en as mis du temps pour t'en rendre compte, la provoqua-t-elle. Je t'aurais cru plus perspicace.

Lawrence la bouscula et força le chemin jusqu'à la sortie, mais Emily interposa son bras. Les vestiaires étaient vides à présent. Désert.

— Ecoute-moi Lawrence, je crois t'avoir tendue suffisamment de perches pour arranger les choses entre nous mais tu n'en as saisit aucune. Tu veux jouer ? On va jouer. La fin de l'année, la coach Fulton va partir et on m'a proposé de la remplacer pour la saison suivante, en plus de mes études. Je vais l'accepter ce poste et passer le plus possible aux entraînements, derrière ton dos, à te regarder chaque minute, chaque seconde, paniquer à chaque fois que tu seras dans l'eau. Je veux que tu ressentes ce que ça fait de manquer désespérément d'oxygène et de ne pas pouvoir l'obtenir. Il te reste l'année de terminale, Lawrence, et crois-moi, je vais m'assurer que cette année reste la plus longue de ton existence.

Sa coéquipière la défia du regard, la bouche légèrement entrouverte, un sourire indécent au coin des lèvres, sous lequel flottait néanmoins une profonde inquiétude sous-jacente.

— Tu sais Em, ça se saurait si les roses fragiles et inoffensives pouvaient blesser quelqu'un.

La nageuse avança d'un pas et soutint son regard avec assurance.

— Méfies-toi, Lawrence. Les roses ont des épines.

Les deux filles se toisèrent un long moment, en silence. La tension était palpable dans les vestiaires, presque électrique, personne ne pouvait prévoir la prochaine réaction. Des pas résonnèrent dans leur dos.

Emily dévia pour la première fois ses yeux de sa coéquipière pour les poser sur la fille qui venait de faire irruption. La nageuse reconnue sans mal Lou, des perches et un tas d'autres équipements de natation sous le bras.

— Tout va bien ici ? interrogea immédiatement la nouvelle arrivante, un regard noir porté en direction de Lawrence.

Elle posa rapidement les affaires dans le bac prévu à cet effet et se plaça au côté d'Emily, dans un geste protecteur.

— Je te prierais de t'éloigner de ma petite-amie. Maintenant, menaça Alison.

Malgré sa contrariété à l'égard de Lou et le fait qu'elle l'ait clairement évitée du week-end, Emily sentit toute sa volonté vaciller d'un coup en l'entendant soutenir en public leur relation.

La jeune fille quitta finalement le vestiaire. Une fois qu'elles furent seules, la blonde détourna la tête dans sa direction. Elle portait une chemise de couleur indigo qui faisait ressortir à son avantage l'éclat de ses yeux, d'une manière magnifique.

Perdue à travers la profondeur de regard émeraude, Emily n'avait pas remarqué la position étrange de son bras droit, ainsi plié dans son dos. Alison le dégagea et en sortie un bouquet de fleur. Celui-ci était composé d'une dizaine de roses rouges, et quelques blanches, qui venaient sublimer l'ensemble.

Emily lui offrit un large sourire qui fit fondre le cœur d'Alison.

— Elles sont magnifiques, murmura-t-elle touchée par la délicate attention. C'est en quel honneur ?

Sa petite-amie baissa les yeux.

— C'était pour m'excuser, murmura-t-elle en évitant son regard. Je n'ai pas vraiment été disponible ce week-end. Je voulais te parler de quelque chose d'important, mais je ne savais pas comment m'y prendre.

Ses yeux s'humidifièrent. Emily posa le bouquet sur l'un des bancs et prit le visage d'Alison entre ses mains.

— Hey, qu'est-ce qui se passe ?

— J'ai peur, Emily.

— De quoi ? questionna la seconde en rencontrant ses yeux.

Elle avait l'air tellement bouleversé. Sa voix vibrait de désespoir.

— De te perdre. Il faut que je te dises quelque chose sur moi, et… je suis terrifiée à l'idée que quand je l'aurais fait, tu m'abandonnes, confessa-t-elle enfin.

— Hey, souffla-t-elle à souffla Emily au creux de son oreille. Rien de ce que tu pourras me dire, ne m'éloignera de toi. Je t'aime.

Malgré ses efforts, les larmes de la blonde redoublèrent. L'enfant des Fields essuya les gouttelettes qui perlaient sur sa joue et l'embrassa sur le front avec douceur. Elle se demandait ce qui pouvait perturber à ce point sa petite-amie.

La nageuse conserva son regard fixé sur celui d'Alison, attendant patiemment qu'elle se confie. Après un long moment, ses sanglots s'atténuèrent et une éclaircie illumina soudain son beau visage.

— Tu veux bien danser ?

La question déstabilisa Emily. Elle était tellement préoccupée par l'état de Lou que son esprit avait fait complètement abstraction de la musique qui tournait à la radio, en toile de fond. Elle entoura ses bras autour de son cou pour toute réponse et s'oublia dans l'étreinte de sa petite-amie, bercé par la mélodie d'ambiance qui réchauffait l'atmosphère.

Nothing can compare, to the way you make me feel

Blinded by your stare,

Tell me this is real…

Alison fit vriller gracieusement Emily sur elle-même dans un geste parfaitement maitrisé, puis donna une petite impulsion, de sorte que son corps s'abaissa vers le sol. La blonde passa une main sous son dos avec un timing impeccable; sa tête avait basculée en arrière, mais pas suffisamment pour risquer qu'elle se fasse mal. A ce stade, L'enfant des Fields était trop étourdit par l'incroyable douceur d'Alison et son talent presque irréel, si bien que le temps semblait s'être arrêté, et la musique avec.

Siempre tú, when I'm dreaming.

Only you keep me beating,

Salváme, with your angel eyes

Cause I can't get you out of my mind.

Siempre tú.

Alison réserva les dernières notes du morceau pour la conquérir complétement. Elle passa une main sur son avant-bras, fit pivoter son poignet avec juste ce qu'il fallait de force pour qu'elle retrouve entrainée contre son torse. Le cœur d'Emily se stoppa dans sa poitrine. Son visage avait atterri à quelques millimètres du sien, sans le heurter ni l'effleurer, si proche, qu'elle sentait son souffre chaud s'engourdir contre sa joue. Cet instant était parfait.

La musique prit fin, sans qu'aucune des deux adolescentes n'osent faire le moindre geste. Non pas qu'elles ne le voulaient pas, mais tout simplement parce qu'elles n'y avaient pas pensé. Il semblait soudain qu'un autre monde s'était ouvert dans les vestiaires, un monde dont elles n'avaient jamais soupçonnées l'existence et où seule Emily et Alison comptaient. Les deux adolescentes avaient perdu la notion d'espace et de durée, chaque son, chaque touché, chaque non-dit, se voyait tout à coup doté d'une intensité inégalée.

La nageuse renforça le poids de ses doigts frêles entrelacées avec ceux de sa petite-amie, les serra, les conserva dans sa paume; émerveillée de ressentir avec une profondeur incroyable les moindres secousses du temps.

Ce sentiment de plénitude se prolongea quelques minutes, peut-être des heures, avant d'être troublé par le regard d'Alison, qui venait de s'assombrir. Une ombre s'insinua à travers ses nuances émeraude. La tristesse précédente resurgit et Emily pouvait dire que la blonde luttait pour retenir ses larmes.

— Lou… murmura-t-elle doucement en reculant.

La main d'Alison était resté cramponnée à son T-shirt malgré-elle, d'une manière presque désespérée.

— S'il-te-plait, parle-moi, supplia Emily. Dit-moi ce qui te fait du mal.

Alison renifla. Elle sorti de sa poche un de ces bracelets brésilien à l'aspect étrangement familier et le fit glisser dans sa paume pour toute réponse. La nageuse l'examina sans comprendre. Confuse, elle releva la tête en direction de sa petite-amie et ce qu'elle vit lui coupa le souffle. Ses yeux, habituellement d'un vert émeraude éclatant, avait cédé leur place contre un bleu-glace pure qu'elle aurait reconnu entre tous.

La brune observa les lentilles de contact dans la main d'Alison.

Tout ce dont elle se souvient ensuite, c'est que la pièce s'est mise à tourner.


Voilà pour le chapitre 12. J'espère que ça vous a plu. J'attends avec impatience vos retours. C'est la première fois que j'écris quelque chose de ce genre avec une grosse révélation, je ne sais pas quoi en penser à part que j'espère de tout cœur que ça a plu et m'en être pas trop mal sorti. Si vous passez par là, ça serait génial de me laisser vos impressions. Alors, a votre avis. Comment Emily va-t-elle réagir ?

Sinon à part ça, Marlène King à pas arrêté de laisser des indices Emison toute la semaine! Entre "sexy in the sheet, shy on the street", les cadres photo de la tour Eiffel, le fait qu'elle demande comment on traduit 'teacher' en français, Sasha qui apparaît dans les snapchat de Shay Mitchelle... ça le sent le Emison les amis ! finalement, après 6 saisons, beaucoup de mensonges (oui, je parle de TOI, Marlène King), Paige et son grand romantisme quand il s'agit de noyer Emily, Shower Harvey, Lorenzo et la palme du plan drague pourri avec sa proposition d'hamburger, on y arrive. On y arrive et ça va être magnifique :)

A la semaine prochaine!

Jenncaron: Merci pour ton commentaire très sympathique. J'espère que ce chapitre là t'ai plu tout autant. Pour la série, ça à l'air sur la bonne voie. Je suis trop heureuse et j'attends avec impatience le retour.

Nath672 : Heureuse que tu te soit régalée sur les 2 derniers chapitres. C'était un plaisir de les écrire en tout cas. Spencer et Alison se rapprochent comme tu vois, c'est vraie qu'elles se ressemblent niveau caractère et j'adore écrire des scènes entre elles deux. pour ce qui du cas d'emily, il va falloir attendre un peu avant de connaitre sa réaction :)

Elsaflow: j'ai essayé d'écrire la suite le plus vite que possible car je savais que l'attendais avec impatience. J'espère que ça t'a plu et que t'as prit plaisir à la lire. maintenant, je pense que tu me détestes parce que tu dois avoir encore plus hâte de lire le moment Emison en prévision, mais bon... Il fallait bien que je coupe quelque part, alors autant être sadique hein, mdr! Pour la série, Marlène à pas arrêté de semer des petits indices ces derniers temps sur le Emison, je suis sûre à 99,9999999999% que ça va arriver dans la saison 6B. Et comme tout fan de Emison qui se respecte... je suis super exicité. J'en dors plus la nuit. Littéralement. Je check le compte "shipping emison" sur twitter toute les heures pour de nouvelles infos. Franchement je me fais peur moi-même. je pense que je suis légèrement obsessionnelle quand il s'agit d'Emily et Alison. Juste un peu...