De l'action, de la baston, des gnons...que du bon^^

Bonne lecture à vous!


CHAPITRE 12 : Second round

Malefoy s'attendait à des représailles...mais à son grand soulagement, personne n'essaya de lui administrer une correction. Recroquevillé sur le banc et la garde remontée, il rit de ses mesures défensives qui auraient été vaines si ç'avait été Hagrid l'assaillant...ou Hermione...ou même Madame Chourave. Ses craintes s'évanouirent et il commença à se décontracter.

Hermione croyait son nouvel associé sincère. Une perte de mémoire était une conséquence plausible aux abus de cet énergumène de Malefoy. Et ça tombait à pic ! Avec de la chance, il aurait zappé l'épisode de la bibliothèque, et aussi et surtout, fait l'impasse sur son « je l'aime », qui, même accompagné d'un « bien » sur le tard, restait une déclinaison du verbe « aimer ». Pleine d'espoir, elle le questionna avec prudence :

« Comment peux-tu avoir tout oublié ?

- Tu prends une 'tite pillule bleue, une 'tite pillule rose et t'arroses avec de la tise ! Blackout assuré, et migraine aussi...

- Ce "blackout" a duré longtemps ou pas ?

- Pourquoi ça te préoccupe ?Et comment veux-tu que je le sache, vu que l'essence même du blackout est de ne pas se souvenir ?

- Dis simplement le dernier événement dont tu te rappelles !

- Euh... Je marchais dans les couloirs...je me réveille ici. T'as même parlé d'un passage à la bibliothèque, mais je ne me souviens pas y avoir mis les pieds ! ».

Pinocchio aurait succombé à l'étirement de son nez, mais pas Malefoy ! Bien que mentir soit un acte répréhensible, il jugeait le faire pour la bonne cause. En affirmant ne pas se souvenir de ses poèmes, de ses musiques et autres déclarations affectueuses, il rendait un grand service à Hermione. Il comprenait pourquoi elle aurait préféré que leur conversation soit tombée aux oubliettes. Cette capacité à anticiper les besoins de sa partenaire lui inspira un sentiment de fierté.

Si Hermione était crédule, toute revigorée que le « blackout » de Malefoy comprenne leur discussion de la veille, ses professeurs restaient perplexes. L'amnésie de Malefoy arrangeait bien ses affaires : en plus d'éluder leur question, il ne revenait pas sur des faits qui étaient gênants. « Bourré, on est productif, mais pas dans le bon sens du terme », pensa Pomona. « Il a dû en faire de la mouise le blondinet ! » pensa Hagrid. Ils se doutaient que son prétendu blackout n'était qu'une ruse pour sauver sa peau. Cependant, ils s'en contenteraient, pas mécontents qu'on leur épargne le récit d'un massacre qu'ils n'auraient pas supporté ! Il leur suffisait d'yeux et le résultat de sa nuit d'ivresse était déjà assez éprouvant. Pomona imaginait l'explosion des aubergines et l'éclatement des citrouilles. Pour ne pas s'attarder trop sur ces idées déplaisantes, elle prit des initiatives :

« Avant tout, expliqua-t-elle en pointant tour à tour Hagrid et Malefoy, il faut vous soigner ! J'ai de quoi arrêter le saignement et résorber le bleu...

- Et contre les migraines, vous n'avez rien ?

- Si, mais j'ai mieux : j'ai un remède contre les gueules de bois ! Ça correspond plus à tes symptômes non ? »

Malefoy maugréa une réponse inaudible. Il fit la moue d'un gamin de sept ans à qui l'on refuse un caprice et bouda dans son coin. L'avantage de ce comportement enfantin fut qu'on ne l'entendit plus. Hermione aurait aimé qu'il ait cette attitude pendant leur discussion à la bibliothèque, peut-être aurait-il été moins bavard, moins familier...

Elle sourit de le voir régresser de la sorte et regretta de ne l'avoir pas connu avant Poudlard. Les colères du petit Malefoy devaient être spectaculaires ! Son regard se posa sur le bleu du jeune homme. Elle trembla en pensant aux corrections sévères que Lucius Malefoy avaient certainement employées pour calmer son fils. Sa bonne humeur passagère laissa place à une profonde tristesse. Elle imaginait ce qu'avait été l'enfance de Malefoy : obligé de réussir, d'obéir et d'adhérer aux idéaux de la famille, contraint de courber l'échine devant un père autoritaire et mauvais. Mais Hermione dut s'en tenir à une esquisse du tableau. Pomona continuait de distribuer des directives :

« Hermione, tu m'accompagnes à la serre ! Vous, pendant notre absence, vous remettez un peu d'ordre !

- Vous ne serez pas long ? s'inquiéta Hagrid.

- Non. Pourquoi ?

- Parce que ma patience a ses limites, et que Malefoy me met facilement en rogne !

- Oh, Hagrid ! Vous saurez bien vous tenir dix petites minutes quand même ?

- Oui, pour toi, ma Pomme, j'y arriverai, lui murmura-t-il à l'oreille, mais fais vite, je t'en conjure! »

Quand Pomona disait qu'elle s'absenterait « dix petites minutes », Hagrid la prenait toujours au mot...et il poireautait alors facilement deux fois plus longtemps. Pour sa Pomme, « dix petites minutes » signifiait qu'elle mettrait sans doute moins de quatre heures...mais jamais moins d'une demie-heure. Mais Hagrid ne tira pas la leçon de ses erreurs passées et comprit encore l'expression de travers !

Pomona avait calculé qu'elles auraient au moins besoin d'une grosse demie-heure pour prendre tout le nécessaire et revenir. Elle saisit Hermione par le bras et l'entraîna à vive allure, soucieuse de retrouver deux personnes vivantes à son retour. Leur demander de ranger la maison n'était qu'un moyen de les occuper – les biens matériels comptaient moins à ses yeux que la bonne santé de son « Nounours », d'abord...mais aussi de Malefoy.

La jeune fille avait du mal à tenir la cadence. Décidément, quand Pomona le voulait, elle se mouvait de manière vive et agile. On aurait dit qu'elle lévitait au-dessus de l'herbe fraîche. Une image plutôt comique s'imposa à Hermione : son professeur participant au marathon de New York, et elle ne put s'empêcher de ricaner. Pomona rebondit sur ce ricanement. Elle demanda :

« Tu as l'air soulagée que Malefoy ne se souvienne de rien ! Je me trompe ?

- Non, pas du tout ! Enfin, si, vous vous trompez totalement ! Exaspérée peut-être, mais pas soulagée ! se défendit-elle ardemment.

- Tant mieux !...parce qu'il se rappelle de tout ! »

Les espoirs d'Hermione furent réduits à néant. Elle voulut des explications :

« Comment pouvez-vous en être certaine ?

- Qu'il prétende avoir tout oublié est une méthode pour ne pas raconter ce qu'il a pu faire comme conneries. Pardon, réctifia-t-elle : comme bêtises !

- Mais pourquoi en êtes-vous persuadée ?

- Suffit de voir sa tête ! Quand il a vu qu'on ne réagissait pas, il a pensé qu'on gobait son histoire. Il est devenu tout mou, tout tranquille. Avant, il était tendu comme un string. Pardon, se corrigea-t-elle, il était raide.

- On peut lui laisser le bénéfice du doute...

- Tu fais comme tu veux ! Mais si j'étais toi, quoi qu'il se soit passé entre vous, je le tiendrais pour acquis, parce qu'il s'en souvient très bien. »

Madame Chourave avait mis le doigt sur un point sensible, et elle se sentit un peu bête d'avoir fait cette démonstration par a+b si le résultat déplaisait tant à Hermione. Peut-être aurait-elle mieux fait de la laisser se bercer d'illusions ?

De son côté, pour une fois, la gente masculine rangeait convenablement. Ils craignaient les remontrances de Madame Chourave si la maison était encore en désordre à son retour. Ils s'exécutaient en silence. Cette guerre froide, (peu chaleureuse !) ne ferait aucune victime... Pourtant Hagrid ralluma les hostilités en s'exclamant :

« La carte de l'oubli, hein ? Grand classique ! Si facile, si pratique...si lâche !

- …

- Tu évites encore la question, c'est ta marque de fabrique, la lâcheté, on dirait !

- Non, j'évite le conflit, c'est différent ! riposta Malefoy.

- On peut parler calmement, non ? Et puis, il n'y a aucun conflit, vu que c'est TOI, et TOI seul, qui es en tort ! Et, il n'y a que MOI qui aie des raisons d'être fâché contre TOI !

- C'est dingue, ça ! Je vous aide, et vous trouvez encore à redire !

- Tu m'aides après avoir détruit mon potager et mit le boxon dans ma maison...

- Je vous aide après vous avoir porté assistance !

- Tu m'as porté assistance après m'avoir frappé ! »

C'était inévitable ! Aucun des deux belligérants ne se remettrait en question pour mettre un terme à la dispute. Les arguments de l'un et de l'autre étaient parfois justes, parfois non, mais leur véracité importait peu. Ce qui comptait était d'avoir le dernier mot. Ce n'était ni plus ni moins qu'un combat de coq ! Or, si Malefoy était le coq le moins fort sur le papier – car ressemblant à une allumette face au demi-géant – il était également le plus fortuné des deux. Il pensa avoir trouvé la solution à ses problèmes. Il dit :

« Vous faites pas de bile, je vais vous donner de quoi vous refaire un potager deux fois plus grand !

- Tu parles d'argent ? Mais il n'est pas question d'argent ! Mon potager a une valeur sentimentale, comme le tapis que tu as détruit !

- Pathétique ! Faute d'avoir des enfants à chérir, vous donnez votre amour à un potager, et à un tapis! C'est ridicule...

- J'ai bien conscience que c'est l'alcool qui t'égare...mais celle-là, tu ne l'auras pas volée ! »

Le poing d'Hagrid s'abattit sur le nez de Malefoy. Un craquement se fit entendre. C'était la plus grande tristesse du colosse de n'avoir pas encore fondé de famille. Malefoy avait ravivé sa douleur et sa colère. S'il regretta son acte immédiatement, Hagrid ne s'excusa pas pour autant, Malefoy étant allé trop loin. Il avait mérité son châtiment.

Pomona et Hermione revinrent (trente-cinq minutes après leur départ). Elles reproduisirent la même erreur que la fois précédente en entrant sans toquer à la porte. Chargée comme une mule, incapable de voir ses pieds, Hermione ne vit rien tout d'abord. Mais à la remarque de son professeur – « T'as gardé ta chemise toi au moins ! » – elle déposa bouteilles, flacons, ustensiles en tout genre...par terre et regarda à son tour.

Hagrid, avec un vieux chiffon, nettoyait le sang qui dégoulinait sur le torse nu de Malefoy. A l'aide d'un second chiffon, qu'il maintenait sur le nez du garçon, il essayait de stopper l'hémorragie...mais sans grand succès. Pomona ne put s'interdire un second commentaire :

« J'ai comme une impression de déjà vu ! Pas toi Hermione ?

- Non, je ne crois pas...à moins, ajouta-t-elle en regardant Malefoy avec insistance, que je sois sujette à des TROUS DE MÉMOIRE ! ».


Tadaaaaa...

:) Le treizième chapitre sera sur les écrans dans une semaine, ou une semaine et demie.

Elmerlelephant