Je suis de retour sur cette fic et nom de Dieu, c'est BON d'être à la maison !

Alors, ouiiiiiiiii je sais, ça fait longtemps ! J'aurais mille excuses à vous servir, mais comme je sais que personne ne va lire cette intro, je vous dis juste : J'SUIS DESOLEEEEEEEEEEEE TT-TT

Bref, passons...ben c'est tout en fait ! Tout de suite, réponse à la review anonyme !

Fifolle : Non, je te juuuuure 0:3 Merciiiii X3 (MOI J'OSE ! MOUHAHAHAHAHAHAHA !) Trop de compliments, je t'aime toi *coeur*

Enjoy o/


Les couloirs du bordel étaient plongés dans une obscurité seulement transpercée par les raies de lumières s'échappant des portes. Dans ce noir omniprésent, les pieds de Deria et du Geek résonnaient comme des pas d'enfants. Mais ce n'étaient pas les seuls sons qui emplissaient l'espace, la prostituée étant occupée à donner des instructions à son tout nouveau protégé :

- Tu t'occupes de cette affaire rapidement, puis je te montrerais quelles seront tes tâches en tant que bras droit...tu auras intérêt à vite les enregistrer dans ton petit crâne, je pars dans 16h pour un ou deux paradis fiscaux qui ont décidé de devenir un peu trop honnête à mon goût...et si en revenant, je suis, ne serait-ce qu'un tout petit peu déçue de ton travail...eh bien je suppose que je rentabiliserai mes pertes avec la vente de tes organes...enfin, ceux qui seront encore en état après la petite "punition" que je t'infligerai...

Le gamer, qui continuait de marcher nonchalamment, mais docilement, au côté de la blonde, lâcha :

- Reçu cinq sur cinq...rapporte-moi un souvenir !

Malgré le ton de la plaisanterie, la catin entendait bien la soumission qui transpirait de la voix légèrement cassée du gosse. Elle s'en lécha les lèvres de satisfaction, comme un chat se lécherai les babines après une chasse.
Au bout de dix minutes de marche, les deux tueurs s'arrêtèrent devant une porte aussi semblable que les autres, à la différence que de celle-ci s'échappaient des brides de voix étouffées. La jeune femme remarqua malgré la pénombre le léger tressaillement du nerd lorsqu'il reconnut les voix en question. Il s'agissait de celles de Maître Panda et de Mathieu. Le premier semblait tenter de calmer le second. Sans succès compte tenu du ton qui montait.
Peu à peu, les mots devinrent assez audibles pour être compréhensibles :

- Comment veux-tu que je me calme ?! On a été enlevé, on m'a écrit une putain d'adresse au couteau sur le torse, ça fait 4h qu'on poireaute dans cette pièce humide, ligotés comme des sauciflards de merde, et le pire, c'est qu'on ne sait pas où sont le Geek et le Patron et JE NE SUPPORTE PAS DE LAISSER CES DEUX-LÀ SANS SURVEILLANCE !

- Mathieu, pour la dixième fois, je te dis que crier ne servira à rien et ARRÊTES DE PARLER DU PATRON CAR JE SUIS SÛR QUE C'EST LUI QUI EST DERRIÈRE TOUT ÇA !

- Peace, gros, il veut sans doute juste nous faire jouer dans un de ses films nudistes rigolos, et il nous fait la surprise.

-...ET ÇA DEVRAIT NOUS CALMER ?!

La prostituée poussa un léger ricanement avant de se tourner vers le no-life pour lui susurrer d'une voix moqueuse :

- Ta famille semble ne pas beaucoup apprécier ton prédécesseur...dommage pour eux, ils vont bientôt aller le retrouver six pieds sous terre !

L'adolescent ne répondit pas, et se contenta de fixer le battant en bois, un air indéchiffrable sur le visage. Alors qu'elle allait reprendre la parole, il mouva ses lèvres et laissa s'échapper de sa gorge une requête :

- Deria...j'ai une demande à t'adresser...peu m'importe ce qu'il m'en coûtera, je dois la formuler...

Intriguée, et légèrement agacée, la criminelle répliqua :

- Quoi ? Tu veux en sauver un ? Tu veux les tuer de manière douce ? Tu veux que je me charge d'appuyer sur la détente ?

Son interlocuteur fit de lents mouvements de tête pour répondre par la négative et lâcha enfin :

- Je veux que tu me permettes de continuer à me faire passer pour le Patron devant eux.

D'abord surprise, puis incrédule, elle s'avança du frêle tueur de manière langoureuse, et lui glissa à l'oreille :

-Voyons, gamin...pourquoi continuer ce cirque ?...Pourquoi te faire passer pour plus faible que toi ?...N'as-tu pas envie de leur montrer ton vrai visage ?...

Le jeune homme se sentit flancher, mais réussit néanmoins à se défaire de l'emprise de la tentatrice et lui répondit :

- Non, je veux qu'ils continuent de croire que le Geek est faible. Et ce pour une très bonne raison.

Curieuse, la dépravée murmura :

- Ah oui ? Et laquelle ?

L'adolescent se tourna alors vers elle avec un sourire dément et ricana :

- Pour le plaisir de les avoir dupés toute leur vie sans qu'ils ne s'en soient jamais rendus compte !

La prostituée poussa un léger soupir. Ce mioche était vraiment immature. Mais elle devrait faire avec. Alors elle ouvrit la porte d'un coup de talon après l'avoir déverrouillée, et entra dans la pièce, suivie de son fidèle petit jouet. Les murs, le sol et le plafond étaient en béton. De larges tuyaux passaient çà et là, transportant l'eau dans tout le bâtiment et laissant tomber quelques gouttes au passage, provoquant en permanence un petit bruit régulier, et aucun meuble ne cachait les traces de moisissures apparentes. Les Sommet étaient là, attachés de manière complexe pour qu'ils ne puissent être qu'à genoux, à même le sol. À part quelques égratignures sur le visage, et un peu de sang sur le T-shirt du schizophrène, Mathieu et le Hippie ne semblaient pas blessés. Par contre, Maître Panda présentait plusieurs ecchymoses, son œil droit légèrement fermé par un large bleu, son kigurumi était taché de sang à plusieurs endroits, et la bouche et le menton du chanteur étaient tout aussi écarlates. Voyant cela, la catin s'attendit à ce que le nerd réagisse, qu'il serre les dents ou les poings. Mais ce dernier était calme, et ne semblait nullement surpris ou effrayé par l'état de l'animal.
L'étonnement de la jeune femme fut vite coupé par la voix du vidéaste qui se mit à gueuler :

- Ah ben c'est pas trop tôt, Patron ! Maintenant la plaisanterie a assez duré, tu vas nous détacher et plus vite que ça !

Un rire rauque lui répondit, et le gamer, tout à son rôle, se rapprocha et lança à son créateur :

- La plaisanterie, Mat', c'est que tu crois que je vais t'obéir...

- Putain de merde, Patron, je suis pas d'humeur à me taper une de tes pseudos rébellion à la noix ! Alors tu nous détaches, tu dis à la dame d'arrêter de fixer mes couilles, et tu nous ramènes à la maison ! Et si tu as fait du mal au Geek, je te jure que...

- Il est mort.

Cette annonce fit l'effet d'une bassine d'eau froide sur les trois prisonniers. Totalement engourdi, avec l'impression d'être privé de tout sentiment, Mathieu ne put que murmurer avec un sourire jaune :

- C'est…c'est pas drôle comme blague, tu le sais ça ?…

Le présentateur était incapable d'imaginer la chose possible et pourtant il sentait la conviction dans la voix brisée de sa partie obscure. Bien sûr que le jeune homme au chapeau savait que sa personnalité perverse était un monstre, un tueur. Mais au fond de lui, il avait toujours cru que quoiqu'il arrive, jamais il n'aurait permis que du mal soit fait à leur innocent frère. Que le lien qui les unissaient tous était plus fort que quelques penchants sadiques.

- C'est pas une blague, Mat'. Le gamin est mort, et c'est moi qui l'ai tué.

À ces mots, le reviewer se mit à hurler et à pleurer. Ne pouvant s'affaler au sol à cause de ses liens, il resta dans sa position de départ, et laissa éclater toute sa tristesse. Jamais il n'aurait pu imaginer une telle souffrance dans son être. Passer du vide émotionnel à l'explosion de désespoir aussi rapidement lui était intolérable. Il ne voulait pas croire, il ne pouvait pas croire. Il sentait encore la présence du cadet, comme un fantôme. Mais il devait se résigner. Il venait de perdre deux membres de sa famille. Celui qu'il chérissait comme un petit frère n'était plus de ce monde, et celui qui avait été le premier à être à ses côtés les avait trahis.
Pendant que ses cris résonnaient contre les murs, les deux autres captifs ne bougeaient pas. Le Hippie continuait de fixer le vide, tentant peut-être de s'échapper de cette funèbre révélation en se laissant porter par ses hallucinations. Maître Panda, lui, avait le regard rivé sur celui qu'il exécrait tant, et se laissait lentement consumé par sa douleur et sa haine, réveillant son instinct animal dans l'espoir de se libérer des cordes qui l'entravait.
Impassible à tout ce qui l'entourait, le no-life sortit lentement son pistolet et le chargea, avant de se diriger nonchalamment vers le pacifiste et se planta devant lui, canon contre le front.

- Une dernière volonté, bouffeur de soja ?

Aussi impassible que son bourreau, le camé dit simplement :

- J'aurais voulu être assis un peu plus confortablement, gros...c'est pas une position idéale pour le dernier trip...

Esquissant un sourire malsain, le Geek répondit de sa fausse voix :

- Je peux rien faire pour ça, mais je peux t'offrir un petit truc bien plus agréable que tes saloperies d'herbes...

Sans bouger l'arme de sa cible, le gamer se tourna vers la tueuse qui se tenait en retrait, apparemment en train de s'ennuyer, et lui lança :

- Deria, je crois savoir que tu aimes sentir le goût de la peur et du désespoir de tes victimes...

Sortant de ses pensées, la prostituée releva la tête avec un petit rictus carnassier et se rapprocha de son protégé pour susurrer :

- En effet, gamin...c'est une saveur particulièrement délectable, surtout dans la bouche de futurs cadavres...

- Comme avec le Geek ?...

À la mention du nom, les pleurs de Mathieu redoublèrent et Maître Panda se tendit davantage. Quant à la catin, elle hésita à entrer dans le jeu de son pantin, se demandant où il voulait en venir. Mais après tout, si ça pouvait lui permettre d'en finir au plus vite...

- Oh que oui...et ses larmes étaient si savoureuses...l'innocence et la pureté rajoute du piquant...mais voyons la saveur de celui-ci...

Se penchant dans un mouvement souple, elle attrapa le Hippie à la gorge pour plaquer ses lèvres contre les siennes. Le drogué ne présenta aucune résistance, bien qu'il semblait étouffer à cause de la langue qui pénétrait de force le fond de sa bouche. Lorsqu'elle eut fini, elle lâcha sa pression sur le cou du pacifiste et se releva, son rouge à lèvres toujours aussi impeccable. Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille et conclut :

- Un peu trop calme et passif, mais tout de même sympathique...

Le gosse, toujours son sourire dément fixé aux lèvres, susurra :

- Peut-être seras-tu plus satisfaite avec ces deux-là ?...

La blonde se retient de pousser un soupir d'agacement. Il croyait quoi ce mioche ? Qu'elle n'avait que ça à faire, de jouer à la petite famille brisée ?! Elle allait rapidement mettre fin à cette misérable mise en scène, histoire que son puéril joujou passe à autre chose !
Rageusement, elle alla devant le vidéaste et recommença son petit manège. Sa proie ne résista pas, tout occupée qu'elle était à se vider le corps de toute goutte d'eau ou de morve. La jeune femme s'amusa à l'étouffer avec sa langue, jusqu'à presque le conduire à l'asphyxie puisqu'il ne pouvait respirer par son nez dégoulinant. Le lâchant enfin, pour lui permettre de prendre une grande inspiration entrecoupée de ses interminables sanglots, la criminelle se dirigea vers le dernier individu, qui était celui qui l'intriguait le plus.
En effet, il ne semblait manifester aucun désarroi, aucune crainte malgré la situation dans laquelle il se trouvait. Plus étonnant encore, il ne semblait nullement affecté par la présence si proche de la prostituée, alors que d'habitude, l'aura qu'elle dégage fige sur place tous ceux qui la perçoivent. Cela n'avait pas été le cas avec le type au chapeau et le camé, le premier étant détruit mentalement par le chagrin, et le second étant totalement drogué. Mais cet homme en costume de panda…quel était son secret ?
Curieuse, elle se pencha vers lui et envahit la bouche sanguinolente avec sa langue, léchant avidement le mélange de salive et d'hémoglobine.

Clac.
Un bruit de dents qui s'entrechoquent.

Aussitôt la catin recula du chanteur, la bouche dégoulinante d'une grande quantité de sang. De son sang. Hébétée, elle vit l'animal cracher à terre une moitié de langue. De sa langue.
Elle comprit alors comment il faisait pour ne pas être intimidée par sa présence. Ce n'était plus un humain qu'elle avait en face d'elle, mais une bête écumant de rage et de fureur, tirant sur ses liens pour se libérer et déchiqueter sa proie, ignorant la douleur, la tristesse et le danger.
Avant de pouvoir reprendre ses esprits, Deria se retrouva plaquée ventre au sol, le pied de son ancien allié lui rentrant impitoyablement dans la colonne vertébrale. Elle était habituée à bien des souffrances, les balles, les fractures, les os cassés, mais celle qui envahissait sa tête et tambourinait son crâne était si intense et si neuve qu'elle n'arriva pas à se calmer et à reprendre le dessus. De plus, la perte importante de sang l'engourdissait, et elle faisait tout son possible pour ne pas s'étouffer avec. Tandis que des tâches noires commençaient à lui troubler la vision, elle capta enfin la gravité de sa position.
Elle allait mourir.
C'était si parfaitement clair, si inéluctable, qu'elle ne put que se mettre à rire. Le son qui sortit de sa gorge ne fut qu'un horrible gargouillis, projetant davantage de tâches carmin au sol.

- Eh ben Deria…toi qui étais si fière, tu perds la tête maintenant que tu es tombée de ton trône ?...

Les paroles de son ancien jouet la firent encore plus rire. Elle n'était pas folle, elle n'avait même jamais été aussi lucide. Elle était juste hilare de constater que finalement, c'est un véritable gamin qui allait mettre fin à ses jours. Ce dernier continua :

- Tu te souviens de ce que tu m'avais dit ? " Tu ne seras jamais le plus fort…pas tant que je respirerais…". Et ben ça m'a trotté dans la tête…et il se trouve que tu avais raison…et tu avais également raison sur un autre point…

Pointant son pistolet vers la tête de la criminelle, le nerd lâcha :

- Je suis un gamin…et comme tous les gamins, je ne suis satisfait d'un jeu que quand j'ai battu le boss final.

Il tira plusieurs fois, vidant son chargeur, et mettant fin aux ricanements de la tueuse, ainsi qu'à sa vie. Aussi facilement que s'il avait appuyé sur A pour donner le coup de grâce au dernier monstre d'un donjon.
Quand il fut certain que ce n'était plus qu'un cadavre qui se trouvait sous son pied, il frappa le ventre violemment, envoyant valdinguer le corps à l'autre bout de la pièce et siffla de sa vraie voix, assez bas pour que sa famille encore estomaquée par les évènements ne l'entende pas :

- ça, c'est pour avoir déchiré mon slip préféré, connasse.


Reviews ? :33

(EDIT : contrairement à ce que beaucoup pense, non, ce n'est pas la fin, il reste plusieurs chapitres :3 )