Note de la traductrice :

Bonjour tout le monde ! Bienvenue à tous mes nouveaux lecteurs et revieweurs, et gros bisous à tous mes anciens ! p C'est grâce à vous que j'arrive à garder cette même énergie que je mets à traduire cette superbe histoire, même si cela me prend parfois beaucoup de temps. Mais ça vaut largement le coup si c'est pour avoir en retour de si belles reviews, sincèrement ! :) *calins*

Ce chapitre-ci est assez long, et on vit pleinement une nouvelle petite aventure avec Eirlys et tous les amis de Thor. Vous allez voir, l'action est bien au rendez-vous ! ^^ Et je crois que vous allez me détester pour la fin… (Mais c'est pas ma faute, hein ? C'est celle de l'auteur ! :p) Aller, bonne lecture à tous, et comme toujours j'espère du fond du cœur vos petits mots d'encouragement après votre lecture. Bisous !

L'histoire originale appartient à l'auteur NeverQuiteAwake. Je ne fais que la traduire.


CHAPITRE DOUZE

Dans la tempête


Un nouveau jour se leva, amenant avec lui le début d'une nouvelle aventure. J'arpentai toute la longueur du Pont Arc-En-Ciel, la tête penchée en arrière, admirant le rose et l'or du lever de soleil se mélangeant au noir total au-dessus du Bifrost. M'arrêtant à l'entrée de l'observatoire, je jetai un rapide coup d'œil à tous ceux arrivés. La plupart des membres de notre compagnie se tenaient prêts, habillés chaudement pour m'épargner la quantité de magie que j'aurais dû utiliser pour eux. Maintenant nous n'attendions plus qu'une personne Thor devait encore venir.

« Qu'est-ce qui a causé ce délais ? » demanda Hogun.

Fandral soupira. « Ça peut être n'importe quoi. Trop de bière la nuit dernière ? » Il regarda Volstagg, qui ne put que hausser des épaules en réponse. « Trop de jeunes demoiselles la nuit dernière ? Peut-être les deux ? »

« Nous aurions dû le réveiller » me dit Loki. « J'aurais dû savoir qu'il nous ferait attendre. »

A la pensée d'aller essayer de réveiller Thor pour le trouver avec une jeune fille dans son lit, je rougis jusqu'aux deux oreilles. « Je crois que ça aurait peut-être été malavisé » répliquai-je. Même si Loki ne me regardait pas, je vis un sourire sec étirer un coin de sa bouche.

Je regardai par-dessus mon épaule et vis Heimdall se tenant parmi nous sur le pont. Sa patience surpassait clairement celle de mes amis. Immobile, il regardait droit devant lui avec son épée plantée devant lui. Il ne fit aucun commentaire sur l'absence de Thor, même si je suspectai qu'il puisse percevoir le prince capricieux avec son regard omniscient.

Sif poussa un soupir et se posta devant le gardien du Bifrost. Les poings serrés devant son torse, elle s'inclina devant lui. « Vous avez toute ma gratitude pour nous accorder le passage jusqu'à Nidavellir » dit-elle. « Je comprends que vous ne permettez pas souvent à des citoyens de voyager là-bas. »

Heimdall lui accorda un signe de tête d'approbation. « Le climat ne permet pas d'y envoyer beaucoup de visiteurs. »

Avant que quoi que ce soit ait pu être ajouté, le bruit de tonnerre de pas approchant attira notre attention. Nous restâmes silencieux, tournant la tête pour voir Thor approcher. Son sourire idiot était perceptible, même à une telle distance.

« Tu es terriblement en retard » dit Sif tandis qu'il descendait lentement de sa monture, laissant son étalon se mélanger à nos propres coursiers. « Thor, qu'est-ce qui a pu te retarder autant ? »

« Désolé, Sif. » Thor marchait à grands pas sur le pont, souriant toujours. « J'ai dormi plus que je n'aurais dû. » On aurait pu dire qu'il souriait d'un air narquois. « Enfin, à vrai dire, je pense avoir dormi bien moins que je ne l'aurais dû. »

Personne ne posa la moindre question sur ce qu'il sous-entendait – bien que j'aperçus le petit sourire entendu que Fandral lui adressa, comme s'ils partageaient une plaisanterie obscène. Sif, d'un autre côté, ne fit que froncer les sourcils. « Bien, alors pouvons-nous enfin partir ? » Elle tourna sur ses talons et alla à l'intérieur de l'observatoire du Bifrost, Heimdall à ses côtés.

« Quelle impatience, Sif » dit Thor en ricanant avant de la suivre. « Ce n'est pas comme si Drekisbane allait disparaitre si tu attendais un peu plus longtemps. Skjoldis est morte il y a des millénaires. Drekisbane est probablement restée intacte depuis. »

Prudemment, je rejoignis Sif à la pointe du Bifrost, où se tenait la voie de départ. Regarder le vide sombre devant moi n'arrêtait jamais de m'envoyer de terribles frissons dans tout le corps.

« Ce n'est pas de l'impatience, Thor » remarqua-t-elle. « Tu as fait attendre tout le monde. » J'ai envoyé un coup d'œil oblique à Sif pour remarquer sa posture raide, ses mâchoires serrées. C'était étrange de la voir aussi vexée, surtout en considérant le fait que Thor nous faisait attendre particulièrement souvent.

« Je me suis excusé. » Thor apparut à ses côtés. Il semblait s'en vouloir sincèrement. « Qu'attends-tu de plus de moi ? Dis-le. »

« Rien. Je n'attends rien de plus de toi. » Elle adressa à Thor un sourire raide. « Tu es là, alors allons-y. »

Thor sembla se relaxer, mais pas moi. Malgré le regard interrogatif que je lui envoyai, le sien ne dévia pas du grand néant.

Derrière nous, Heimdall enfonça sa lourde épée dans le piédestal, activant ainsi le Bifrost. Des rais de lumière crépitèrent et s'éparpillèrent dans toutes les directions tandis que l'observatoire commençait à tourner. « Les éléments de Nidavellir sont une force avec laquelle il vous faudra compter » prévint Heimdall. Il me regarda alors, et j'aurais pu jurer avoir vu une étincelle d'humour dans les yeux. « Même si je suppose que vous n'avez pas besoin de vous embarrasser avec de telles futilités. »

Puis le Bifrost, pleinement chargé, nous envoya voyager à travers le vaste vide de l'espace. Cette sensation troublante d'être projeté d'un monde à l'autre était une chose à laquelle je ne pourrais jamais être habituée. Avec tous ces filets de lumière et de ténèbres défilant tout autour de nous, je pouvais à peine comprendre ce que je voyais avant que nous fûmes arrivés sur la surface de Nidavellir.

J'atterris sur la neige, enfoncée jusqu'aux genoux dans la poudreuse. La terrible sensation de ce froid intense fut si soudaine que je faillis pousser un cri. Serrant les dents, j'envoyai un sort sur notre groupe de sept pour repousser le froid. Les frissons qui menaçaient de me recouvrir le corps cessa instantanément, la température hivernale ne devenant plus qu'une fraicheur supportable. Ma magie n'était pas encore assez forte pour bloquer les éléments, et je devais enrouler plusieurs fois mon écharpe autour de mon cou pour me protéger contre le vent et la neige en train de tomber.

« Par les Nornes ! » s'exclama Frandral au milieu du hurlement du vent. « Je ne sais pas pourquoi je vous laisse toujours me convaincre de voyager dans tous les pires endroits des Neuf Royaumes ! »

Tournant sur moi-même, j'observai les alentours. Ou plutôt j'essayai. Les rafales de neige étaient épaisses et déchainées tandis qu'elles tournaient tout autour de nous. Je pouvais à peine voir à plus de quelques mètres devant moi. Même si les flocons blancs tourbillonnaient terriblement, c'était la tempête qui nous rendait réellement aveugles. Les douloureuses rafales de vent rendaient très difficile de garder les yeux ouverts. Je ne pouvais pas sentir son froid, mais il frappait néanmoins mon visage, produisant des larmes dans les coins de mes yeux.

Je sursautai lorsque Loki m'attrapa le bras et me poussa entre lui et Fandral. Tous ensembles, nous formions un cercle serré autour de la forme de Sif tandis qu'elle essayait de lire son plan et d'observer sa boussole.

« Et, vraiment, quelle merveilleuse idée de nous faire voyager ici pendant la mauvaise saison ? » dit Fandral, la voix assourdie par son manteau de fourrure.

« C'est la meilleure saison de l'année ! » cria Sif par-dessus la tempête naissante. Elle se tenait droite et rangea son plan en sûreté. « Suivez-moi. Nous ne sommes pas loin. Heimdall a bien fait son travail, comme toujours. »

Elle commença à marcher, et le reste d'entre nous marchâmes sur ses pas en file indienne. C'était une lutte sans merci, avançant péniblement à travers la neige montant aux genoux. Par chance pour moi, je pus cheminer derrière Volstagg le guerrier à la forte carrure dégageait à lui seul un chemin pour moi et tous ceux derrière.

Tandis que nous nous risquions le long des pentes neigeuses de Nidavellir, luttant contre le vent et la glace, j'aurais pu jurer avoir entendu Fandral se plaindre derrière moi. La tempête était trop sévère pour que mes oreilles puissent décoder ses mots, ce que je considérai comme une bénédiction.

Plusieurs minutes après le début de notre expédition, un frisson parcouru ma colonne vertébrale. La température semblait être en train de chuter. Sous ces conditions météorologiques de plus en plus périlleuses, mon sort de protection ne pouvait plus repousser tout le froid. Au mieux, je pouvais repousser une grande partie de sa morsure glaciale et m'assurer que mes amis et moi ne mourrions pas de froid.

Notre voyage nous conduisit à travers les collines de Nidavellir, un terrain doucement vallonné de neige sans fin. Il ne fallut pas attendre longtemps avant que nous atteignîmes le pied de la montagne – et le ciel était si encombré de neige que nous ne pouvions pas distinguer la paroi rocheuse avant d'être juste devant. Sif semblait certaine de l'endroit où nous nous dirigions et, sans préambule, nous commençâmes à grimper. Une trace avait été gravée sur le versant de la montagne, bien qu'apparemment il n'avait pas été utilisé depuis très longtemps. Ce n'était composé que de glace et de roche, et nous avons chacun failli chuter de la montagne Fandral a dû m'attraper par derrière lorsque je faillis tomber à la renverse.

A l'instant même où notre groupe atteignit le bout du chemin, nous nous arrêtâmes tous et observâmes ce que nous avions trouvé.

Une caverne se tenait devant nous, monstrueuse et imposante. Avec une telle stature, j'étais sûre qu'elle rivaliserait en hauteur avec la grande entrée du palais d'Asgard. La caverne s'obscurcissait de plus en plus à mesure que l'on regardait de plus en plus profondément à l'intérieur. Nous ne restâmes bouche bée qu'un moment avant de nous précipiter à l'intérieur pour nous abriter de la neige et de la tempête amère. L'entrée est si imposante, me disais-je, que ça serait impossible que tout soit enterré sous la neige.

« Est-ce ici ? » demanda Thor en enlevant sa capuche.

Sif l'imita, puis enleva son écharpe. « Oui, ça doit être ça. »

« Si c'est le bon endroit, comment l'épée a-t-elle pu rester aussi longtemps sur place ? » demandai-je, me déplaçant pour m'accroupir entre Sif et Hogun. « Quelqu'un l'aurait forcément déjà trouvée. »

« C'est assez suspect. Malgré la dangereuse escalade, cette caverne semble plutôt remarquable » dit Loki, ce qui lui valut un coup d'œil curieux de Sif. « Si l'épée n'a pas déjà été trouvée, je suspecte qu'il y ait quelque chose qui la garde. »

Thor sourit. « Bien. Cela fait bien trop longtemps que je n'ai pas eu une bonne bataille. »

Raffermissant son expression, Sif avança et sortit sa lance du fourreau de son dos. « Alors soyons prudents. »

Loki marcha auprès d'elle, une sphère de magie dans la main pour éclairer le chemin.

La caverne était profonde, s'enfonçant pendant ce qui semblait être plus d'un kilomètre. Cela me rappela la caverne de cristal d'Alfheim, excepté que cet endroit était lisse et circulaire plutôt qu'escarpé et plein de stalactites et stalagmites. Celui-ci n'était pas naturel, assurément. Quelqu'un avait dû le creuser dans la montagne il y a bien longtemps. Les murs de ce passage étaient nus, et les seules ombres qui dansaient ici étaient les nôtres.

Je lançai un regard à Hogun et je vis dans ses yeux la même anxiété que dans les miens. « Je n'aime pas ça » dit-il doucement.

« Je suis d'accord » répliquai-je. « Quelque chose ne semble pas correct. » Je suivais du regard Loki et Sif qui nous conduisaient de plus en plus profondément dans l'obscurité. Ils chuchotaient tous les deux furieusement.

« Regardez ! » dit soudain Thor. « Vous avez vu ça ? » Il montra du doigt une silhouette sur le sol à quelques pas de nous.

Nous approchâmes à pas lents et prudents. Mon regard ne se détourna pas de la silhouette sombre elle ne bougeait pas, mais ça ne signifiait pas qu'elle était inoffensive. A chacun de mes côtés, Loki et Sif semblaient tous deux aussi méfiants, examinant précautionneusement nos alentours. Personne ne savait quelle sorte de chose pourrait être cachée dans les murs ou sous la pierre sous nos pieds. A la pensée de me diriger droit dans une trappe, mon cœur remontait dans ma gorge.

Lorsqu'on atteignit la silhouette sombre sans incident, je soupirai de soulagement. Baissant les yeux sur la silhouette immobile, je vis que c'était un nain. Il était mort – depuis pas mal de temps d'ailleurs. Il était totalement gelé, des glaçons collés à son front et dans son épaisse barbe raide.

« Est-ce que vous pensez qu'il est mort de froid ? » demanda Fandral en s'accroupissant devant le corps.

Je fronçai les sourcils et jetai un coup d'œil au loin, troublée à la vue de ce corps. J'ai déjà vu mon compte de morts dans les maisons de guérison, mais personne à une telle durée après leur mort. Alors que je me détournai du nain décédé, je remarquai un certain nombre d'objets à une certaine distance de là où nous étions. « Qu'est-ce que c'est ? » murmurai-je. Avançant plus près, je m'agenouillai pour regarder de plus près.

Loki s'approcha de moi tandis que j'examinai deux épées, un bouclier et une hache. « Personne ne porte autant d'armes sur lui » remarqua-t-il.

« A-t-il été tué ? » demanda Volstagg. « Il semble pratiquement indemne. »

« Du poison, peut-être ? » suggéra Sif. Elle me questionna d'un regard.

« C'est possible » acquiesçai-je en jetant un petit coup d'œil au corps. Mon estomac se souleva, mais je continuai. « Un poison à action rapide ne laisse aucune trace extérieure. Un peu comme le venin de jorgandr. » Je ne pus m'empêcher de regarder un bref instant en direction de Loki. Il leva un sourcil en réponse. « Il n'a pas pu mourir de froid. Il est chaudement vêtu le froid de la caverne n'aurait pas pu le tuer. »

« Je n'appellerais pas ça une caverne » dit Sif. « C'est un tunnel. Quelqu'un a creusé ce tunnel. »

« Oui, il n'y a aucun doute là-dessus » dit Loki. Je clignai des yeux de surprise lorsqu'il tendit la main pour m'aider à me remettre sur mes pieds. J'acceptai son aide et me redressai. « Quelqu'un a voulu séduire d'imprudents aventuriers ici. » Il jeta à Sif un regard appuyé, ce que celle-ci ignora aisément.

« Ce nain n'a pas pu être seul » remarqua Fandral. « Deux épées, un bouclier et une hache ? Ils ne peuvent pas être tous à lui. »

Nous tombâmes tous dans un silence contemplatif. Quelque chose de terrible était arrivé au nain et sur tous les hypothétiques compagnons qu'il pouvait avoir eu, et cela pouvait très bien nous tomber dessus aussi. Je fronçai les sourcils et examinai nos options. Si nous avancions plus encore, nous pourrions marcher droit dans une trappe. Si nous faisions demi-tour, nous serions venus jusqu'ici pour rien. Et Sif ne supporterait pas ça elle ne pourrait pas accepter que tous nos efforts aient été en vain.

C'est Thor qui rompit le silence. « Nous devons découvrir qui entraine des gens dans cette caverne. S'ils ont posé un piège pour nous, nous devrions les rencontrer de front. Ils ont déjà perdu leur élément de surprise. »

« Nous ne savons pas ce qu'est cette trappe » riposta Loki. « Nous ne savons même pas qui ou quoi nous attend. »

« Mon frère, je dis que nous devons continuer à avancer » dit Thor sur un ton catégorique. Fronçant les sourcils, Loki baissa le regard et ne rentra plus en conflit avec lui. « S'ils veulent la bagarre, alors ils auront la bagarre. »

Thor marcha plus avant, Sif derrière lui et avec une même ardeur – bien que je pensais que son enthousiasme provenait du fait de trouver Drekisbane et non de l'idée de marcher aveuglément dans un piège. Le reste d'entre nous échangea des coups d'œil circonspects avant de les suivre.

Le passage s'enfonçait plus profondément dans la montagne. Plus profondément nous marchions, plus lumineuse se faisait la caverne, et nous fûmes bientôt capables de voir même sans l'aide de la magie de Loki. Personne ne dit mot lorsque le tunnel commença à s'élargir, comme un cône, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus être considéré comme un tunnel. Je me raidis, mes yeux se tournant dans toutes les directions tandis que nous progressions jusqu'à une énorme caverne à couper le souffle.

L'intérieur de la caverne était illuminé, comme si nous nous tenions à l'extérieur. Tendant le cou, j'examinai nos alentours. La place était plus grande que toutes les pièces que j'ai jamais vues, plus grande encore que le hall d'entrée d'Asgard. Deux salles de la taille de la librairie du palais auraient pu tenir à l'intérieur, l'une au-dessus de l'autre. Le plafond se recourbait à son sommet, atteignant un niveau maximal à son centre où se trouvait une ouverture. La lumière du soleil se déversait depuis ces hauteurs, avec des filets de neige.

Nous progressâmes avec précautions, le sol devenant inégal sous nos pieds. La caverne elle-même avait été formée de façon naturelle, mais il n'y avait aucun doute sur le fait que quelqu'un avait creusé le tunnel depuis lequel nous étions arrivés. Dans quel but ? me demandai-je. Pourquoi voudrait-on piéger tous ceux qui rechercheraient Drekisbane ? Sans compter quelques rochers et assez de glace pour remplir un lac, la grotte semblait vide.

« C'était une très mauvaise idée » murmura Fandral sur ma gauche.

« N'aie crainte, Fandral » dit Sif. « Nous devons nous charger du quelconque piège qui pourrait nous être tendu. Pour le bien de tous ceux qui nous suivrons. »

Je restai près de Sif, Fandral et Hogun tandis que nous marchions. Nous gardions des yeux méfiants et grands ouverts sur tout ce qui nous entourait, bien que je ne vis rien de menaçant dans nos parages. Je ne pouvais entendre que le hurlement du vent très loin au-dessus de nous et le bruit de nos bottes contre la glace et la pierre.

« Loki, Volstagg. Avec moi » murmura Thor dans le silence. Désirant examiner les alentours plus profondément, Thor, Loki et Volstagg se séparèrent de notre groupe de quatre pour couvrir plus de terrain.

Fandral commença à s'opposer à cette idée. « Je pense que nous devrions rester – »

Il ne put finir sa phrase qu'un large filet fut projeté dans notre direction. Fandral réagit bien plus rapidement que nous. Il dégaina son épée et trancha en deux le piège de cordage avant qu'il ne puisse toucher terre. Les morceaux tombèrent loin l'un de l'autre, en formant deux tas.

Le souffle coupé, je jetai un coup d'œil vers Thor, Loki et Volstagg pour les voir momentanément coincés sous leur propre filet. Loki sortit une de ses dagues et les libéra rapidement avant de projeter sa lame dans la direction d'où le filet était apparu. Il effectua ceci d'un seul geste et si rapidement que je ne pouvais me rendre compte de ce qu'il avait fait en premier.

Le hurlement de fureur qui suivit me glaça le sang. Chacun de nous se tendit en l'entendant, tournant la tête pour chercher dans la caverne sa provenance. Fandral me tira brusquement par le poignet pour me rapprocher de lui, me plaçant entre Hogun et lui.

Puis ils jaillirent tout autour de nous, leurs pas faisant vibrer le sol au-dessous de nous. Ils s'étaient cachés derrière et sous des rochers, et même dans des grosses fissures des murs. Plus d'une douzaine d'entre eux se tenaient là, imposants au-dessus de nous, plus larges que Thor lui-même. Leurs corps étaient recouverts de poils de la tête aux pieds. Des fourrures et une armure en cuir ornaient leurs épaules, ce qui les faisait sembler encore plus volumineux et robustes.

« Des trolls des cavernes » gronda Sif.

Tout en poussant des grognements, ils bondirent vers nous, des lances et des épées à la main. La peur me transperça immédiatement de part en part, et je poussai des cris de surprise lorsque Fandral me tira un peu plus en arrière. « Reste derrière moi » dit-il. « Tu n'as rien à craindre avec moi à tes côtés. » Je remarquai le sourire désinvolte qu'il m'envoya avant de commencer à frapper le troll des cavernes le plus proche.

Je restai dos à lui tandis qu'un bon nombre de ces énormes brutes nous entouraient. Je pouvais voir leurs sourires, même sous toute cette fourrure. Ils nous regardaient comme s'ils avaient trouvé un magnifique trésor.

Un troll armé d'une lance fit un premier mouvement vers moi, et je projetai une barrière pour bloquer son attaque. Il était si puissant que mon bouclier éclata avec un seul coup. Avant que je ne me mette à paniquer, Fandral tourna autour de moi et transperça le troll en plein ventre.

Le rire de triomphe de Fandral mourut sur ses lèvres lorsqu'il remarqua que le troll ne tombait pas à terre. « Baisse la tête ! » cria-t-il, et nous nous accroupîmes tous les deux au plus près du sol, évitant tout juste le troll des cavernes qui fut jeté vers nous depuis l'arrière.

En nous voyant pris au piège parmi trois trolls, je sentis une sorte d'hystérie monter en moi. Je ne savais pas quoi faire. Mes barrières de magie ne tiendraient pas contre leur force, et je n'avais aucun autre armement avec lequel me défendre.

Au moment où l'un d'eux allait m'empaler avec son épée, une dague fendit les airs et se planta profondément dans le cou du troll. La créature tomba raide morte devant moi, et du sang s'écoula partout sur le sol. Je me sentis au bord de la nausée à cette vue.

Je jetai un regard rapide en direction de la provenance de la dague et aperçus Loki m'adressant un signe de tête. En un clin d'œil, il retourna dans la bataille aux côtés de Thor.

Fandral et moi nous tenions à présent avec deux trolls menaçants de chaque côté de nous. Celui qui tenait la lance fut le premier à réagir après la mort de son camarade. Je rassemblai toutes mes forces et bloquai son cou, reculant en chancelant sous sa force peu avant que mon bouclier ne disparaisse. Fandral saisit l'opportunité pour enfoncer son épée dans la jugulaire du troll.

Je me tournai pour faire face au dernier troll qui s'avançait vers nous seulement pour voir Sif le transpercer droit dans le cœur depuis l'arrière. Lorsque Hogun le frappa à la tête avec sa massue hérissée de piques, je ne pus m'empêcher de tressaillir. Le troll se recroquevilla sur le sol dans un tas de chairs mortes.

Examinant la caverne, je fis rapidement le compte de ceux qui restaient. A ce qu'on pouvait voir, nous surpassions en nombre les trolls une simple demi-douzaine restait toujours en vie. Ils semblèrent le réaliser en même temps et, avec un hurlement sauvage, ils s'enfuirent de la caverne sans un regard en arrière.

Thor et Volstagg lancèrent des exclamations tandis qu'ils disparaissaient dans le même passage, les ombres avalant leurs formes floues. D'un autre côté, je me penchai en avant et appuyai mes mains sur mes genoux pour reprendre mon souffle. L'utilisation de ma magie m'épuisait toujours autant, pour mon plus grand désarroi. Sans mentionner que toute cette violence et ce sang me troublaient totalement. J'en avais vu beaucoup dans les maisons de guérison, mais voir quelqu'un prendre une vie me laissait toute tremblante.

« Est-ce que ça va ? » me demanda doucement Fandral. Je sentis sa main sur mon épaule.

Acquiesçant, je me relevai. « Oui. Merci, Fandral. »

« Est-ce que quelqu'un est blessé ? » demanda Sif en regardant tout autour d'elle.

« Une simple blessure superficielle. » Thor montra son bras. Il y avait une longue coupure au bas de son bras, formant une marque qui remontait jusqu'à son protège-bras en métal. Je fus assez surprise de voir le Tout Puissant Thor être blessé il était généralement considéré comme le plus robuste à Aesir. « Ces trolls sont des créatures repoussantes et vicieuses. Plus fortes que je n'aurais cru qu'elles seraient. Mais pas assez fortes ! »

Je dus étouffer un léger rire. Même avec une blessure – certes mineure – il ne pouvait s'empêcher de vanter ses hauts faits. Posant tendrement ma main sur son bras, je fermai les yeux et laissai un flot de magie passer à travers mes doigts. La déchirure de son bras se referma lentement et fut bientôt remplacée par une ligne rouge assez laide. « Heureusement, ce n'était pas trop profond » remarquai-je. Si la coupure avait été assez profonde pour couper des veines et des muscles, je n'aurai pas été capable de soigner la blessure.

Thor me lança un sourire éclatant. « Merci beaucoup, mon amie. »

Volstagg se déplaça tout autour de nous, observant soigneusement la caverne comme pour s'assurer que les trolls étaient bien tous partis. « Que pensez-vous que ces trolls des cavernes faisaient ici ? »

« Ils attiraient les passant pour les prendre au piège et les prendre comme esclaves » répondit Loki. Il retourna un des cadavres de trolls avec le bout de sa botte. « Mais je ne pense pas que ce soit eux qui ont creusé ce passage. Bien trop précis pour eux. »

Sif avança en se faufilant entre Thor et moi, le pas léger tandis qu'elle regardait droit devant elle. « Vous voyez ça ? » dit-elle en montrant un chemin devant elle.

Nous suivîmes du regard la direction qu'elle indiquait et vîmes un bloc de glace se tenant juste sous l'ouverture de la caverne. Depuis notre distance, il était difficile de discerner plus de détails, en particulier à cause du soleil brillant si fort au-dessus de nous. Avec hésitations, je marchai dans les pas de Sif. J'avançai aussi près que je l'osai, m'arrêtant au bord de ce que je compris être une fosse sans fond.

Le mystérieux bloc de glace se tenait au sommet d'une plate-forme, qui flottait dans les airs au centre de la fosse. Les seules choses qui soutenaient cette étrange estrade étaient des sortes de branches de pierre qui rejoignaient chaque côté de la cavité. Avançant pouce par pouce, je pus distinguer quelque chose de gelé dans la glace. Quelque chose de doré et brillant. Et je savais que Sif n'allait pas laisser une roche suspendue, même aussi fragile, l'empêcher de s'emparer de cet objet.

Il n'y avait qu'un chemin pour traverser le sombre abîme noir : un pont de roche et de glace de moins d'un mètre d'épaisseur. Sif et moi nous tenions à un bord, le regardant avec incertitude.

« Peut-être que c'est moi qui devrais le franchir » offrit Thor en regardant l'abysse par-dessus le bord.

« Non, tu serais trop lourd » répondit Sif. La moue sur le visage de Thor m'aurait fait rire aux éclats si je n'avais pas commencé à imaginer mes amis tombant dans ce gouffre sans fond. « Je vais y aller seule. Tout le monde reste derrière. J'ai bien peur que ce sol n'ait encore jamais été foulé auparavant. »

Je fis un pas en arrière, observant le pont avec un certain malaise. Je voulais parler et dire à Sif de ne pas essayer d'avancer, mais ses pieds étaient déjà sur ce pont lamentable avant que je ne puisse retrouver ma voix. Elle avança petit à petit, les bras tendus à ses côtés pour lui faire garder son équilibre.

A chaque pas, des cailloux et de la poussière de neige tombaient de chaque côté. Je tressaillis et les vis tomber dans le noir sans fin au-dessous. Je me mis à prier les Nornes pour que Sif puisse rejoindre l'autre côté en sécurité, mais cela ne m'apporta que peu de réconfort. J'avais toujours une boule dans la gorge, et mon cœur battait à tout rompre comme si c'était moi qui avançais au-dessus de l'abysse.

Lorsque Sif fut à mi-chemin, je fus à deux doigts de pousser un soupir de soulagement. Mais quel que soit le soulagement que j'ai pu ressentir, il fut de très courte durée.

La première chose que j'entendis fut le crack de la glace et de la roche, un son aigu et sourd comme le point d'impact du tonnerre. A côté de moi, Thor se tendit, ayant assurément entendu quelque chose lui aussi.

Puis la roche sous Sif céda.

Hurlant son nom, je tendis mes bras en avant par désespoir. Avec chaque parcelle d'énergie qu'il me restait, je l'enveloppai entièrement dans une barrière d'énergie, la suspendant dans les airs. Aussi douloureux que cela était, je me forçai de maintenir le sort. Ma tête me martelait douloureusement, une sonnerie incessante résonnait dans mes oreilles. Je serrai les dents, essayant de toutes mes forces de la sortir de ces profondeurs.

Mais je n'étais pas assez forte.

Ma magie avait échoué. Des points noirs tournaient autour de ma vue. Je fus consciente assez longtemps pour percevoir Thor plongeant pour rattraper Sif, une main tendue devant lui, Mjolnir serrée étroitement dans l'autre. Les ténèbres me submergèrent, et la dernière chose que je ressentis fut quelqu'un enveloppant ses bras autour de ma taille, me tirant hors du bord de l'abîme qui s'émiettait sous moi.


Note de l'auteur :

Bam ! Un vrai cliffhanger (en quelques sortes).

Comme toujours, je voudrais remercier ma superbe beta, Hr'awkryn. Merci aussi à tous ceux qui ont laissé une review, mis en favori et qui suivent l'histoire.

S'il vous plait, une petit review ! Chaque commentaire, même un mot, réchauffe mon cœur.