Le chapitre 12! :) Merci de continuer à lire!
Le prochain chapitre d'ici trois jours! Bonne lecture :)
Chapitre 12 : Trahison ou protection?
Je suis sur le perron de mon logis, Embry à mes côtés. Il n'est que dix heure du matin et je sens déjà que cette journée s'annonce des plus magnifiques. Embry ne travaille pas aujourd'hui et Jacob a dit qu'il voulait laisser le devoir des loups de côté quelques instants. Par conséquent, je suis libre de passer la journée avec Embry. Je sors les clés de ma poche, en chahutant avec Embry par la même occasion, puis je les enclenches dans la serrure de ma maison. Étrangement, sans que je ne pousse la porte pour l'ouvrir, je la sens être tirée afin de nous laisser entrer, comme si quelqu'un a ouvert la porte. Je rentre dans la maison avec Embry, et mon cœur loupe un battement lorsque j'entends la porte claquée. Je sens bien vite que ce n'est ni moi, ni Embry qui avons provoqués cela. Je me retourne et mon cœur se met à battre deux fois plus vite, si il est encore possible qu'il batte à une vitesse supérieure. Je vois... ma tante Gloria, se tenir les bras croisés en arborant un grand sourire, visiblement contente de me voir. Je réalise qu'elle a toujours aimée me faire peur, quelle que soit les circonstances. Je lui saute littéralement dans les bras et elle faillit tomber à la renverse, avant d'avoir le réflexe de me rendre mon étreinte. Nous restons dans cette position un petit moment, à nous communiquer mutuellement notre joie de nous revoir. Embry, semble légèrement désemparé, j'imagine qu'il ne sait pas comment réagir dans ce genre de situation. Je finis par me dégager de l'étreinte de Gloria et j'entame gaiement les présentations.
- Embry, voici Gloria, ma tante. Dis-je souriante. Plus officiellement, Gloria, voici Embry, mon... Dis-je hésitante.
A ce moment là, je sens la main d'Embry serrer chaleureusement la mienne, comme pour m'encourager.
- Mon compagnon! Je lance pleine d'assurance.
Je sais que ma tante n'a jamais beaucoup aimée que je fréquente des garçons de trop près, elle tolère les amourettes mais elle n'apprécie pas que cela aille plus loin. Elle me répète sans arrêt que c'est dangereux de se mêler aux humains de cette façon, car ils pourraient apprendre notre secret, un peu comme Bella. Je cherche le moindre signe de désapprobation immédiat chez ma tante, mais je ne vois rien. Elle semble plutôt préoccuper à ne pas respirer, j'oublie qu'elle n'est pas habituée à l'odeur des loups de la réserve. Après un long moment gênant, je sens la main d'Embry fuir la mienne puis il dépose un rapide baiser sur ma joue, avant de s'enfuir de la maison, prétextant qu'il a autre chose à faire, finalement. Dés que je sens la porte, claquer, je sens aussitôt la voix de ma tante m'assaillir de ses sermons archaïques.
- Ma chérie, je t'ai déjà dis que tu ne devrais pas fréquenter les humains au delà du flirt! Me dit-elle, sèchement.
Je sais bien que je n'ai aucune raison de craindre ma propre tante, mais lorsqu'elle m'aborde de cette voix si brillamment agressive et pleine de charisme, je ne peux m'empêcher de tressaillir devant elle. D'autant plus que ses jupes et ses hauts de grandes classes ne font que renforcer la puissance de ses mots. D'habitude, je ne proteste que vaguement et je la laisse s'emporter, puis je finis toujours par lui obéir car je déteste horriblement me brouiller d'une quelconque façon avec Gloria. Mais cette fois, il est hors de question que je la laisse me dicter ce que je dois faire, je ne veux pas qu'elle se mêle de ma relation avec Embry, puis je suis assez grande pour savoir ce qui est bon pour moi ou pas. D'ailleurs, je n'attends pas plus longtemps pour lui faire connaître le fond de ma pensée.
- Désolée Gloria, mais ça ne te regarde pas! Je lui réponds, frustrée.
Je tente de m'enfuir dans la cuisine pour mettre fin à la discussion, mais comme je devrais m'y attendre, Gloria ne semble pas de cette avis.
- Mégane, ce genre de situation est dangereuse pour un vampire et je m'inquiète pour toi. Me dit-elle en se calmant.
Je me calme moi aussi et je m'installe au petit bar de la cuisine avec un verre d'eau. Gloria ne tarde pas à s'asseoir en face de moi.
- Je sais que tu ne veux que mon bien, mais je peux te jurer qu'Embry n'est pas qu'un simple humain. Dis-je en soupirant. Je lui fais confiance, et tu dois me faire confiance. Je continue.
Elle me sourit et pose délicatement sa main glacée sur la mienne, comme pour me tenir en confiance.
- Pardonne moi, ma chérie. Me dit-elle, véritablement navrée. Je t'ai élevée comme ma fille et je sais que j'ai élevée une Mégane forte et capable de prendre les bonnes décisions.
Curieusement, je ne suis pas étonnée de son changement d'avis très soudain, je sais qu'elle ne veut pas qu'il y ai la moindre dispute entre nous à propos d'une telle idiotie, ce serait trop infantile après tout ce que nous avons vécus ensemble. Je lui dis que ce n'est rien, puis elle me sourit d'avantage.
Les heures files si vite en sa compagnie. Durant la journée, nous n'avons fait que parler tout en restant dans la maison. Je lui ai dis qu'il est préférable qu'elle reste à la maison le temps qu'elle serait là. Nous avons parlés de bien des choses, mais nous avons longuement parlés du drame qui a eu lieu il y a peu. Elle m'a consolée et m'a rassurée une bonne partie de l'après-midi, et je dois dire que son réconfort m'a été des plus favorable. J'en avais grand besoin.
La nuit est tombée bien rapidement et je n'ai pas vue Embry de la journée. Malgré un pincement au cœur du faite de ne pas avoir pu côtoyer mon compagnon d'avantage, je tente de ne pas laisser paraître ma déception en présence de Gloria. Alors que je suis en train de touiller ma tasse de café, Gloria semble réfléchir en faisant mine de lire un bouquin. Je vois bien que quelque chose lui torture l'esprit, mais je ne peux savoir ce que c'est sans émettre une incertitude plus que justifiée. Je décide de jouer cartes sur table avec Gloria et d'aller droit au but, la question qui me brûle la langue depuis quelques jours va enfin pouvoir connaître une réponse, si le cœur lui en dit. Je vais enfin savoir par quel miracle malencontreux ma tante est au courant de mes capacités à vivre aussi humainement que possible.
- Comment tu es au courant? Je demande subitement.
Elle ne détourne pas son regard de son maudit livre, mais je peux l'entendre soupirer, comme lorsque je lui ai demandée des réponses quand aux faits que mon humanité soit de retour. Elle me cache quelque chose, et savoir qu'elle est encore capable de jouer à ce jeu là avec moi me frustre avec insistance. Elle ne décrète pas me répondre, espérant sûrement que je laisse tomber, mais si elle se permet de penser ça de moi, c'est qu'elle ne me connaît pas aussi bien qu'elle le conçoit.
- Vas-tu te décider à me répondre? Je croyais en avoir finis avec les cachotteries! Je m'impatiente.
Je l'entends soupirer une seconde fois, mais cette fois-ci me semble plus longue et plus bruyante que la précédente. Je la vois se lever en claquant avec violence les pages de son livre. Elle dépose l'objet de sa lecture évasive sur la table basse, puis elle se lève et me rejoint à la table du salon. Sans y prêter plus d'attention, je remarque que j'ai à présent arrêtée de tourner la cuillère dans mon café, devenu tiède. Je pose mon regard sur Gloria et je remarque depuis fort peu longtemps qu'elle me paraît... mal à l'aise. Je connais la moindre de ses mimiques et je serais prête à parier ma main que lorsqu'elle tapote sa main sur sa cuisse, comme présentement, elle est nerveuse, très nerveuse.
Mais angoissée de quoi? Je n'ose comprendre sa réaction.
Aurait-elle quelque chose à me dire? Oui, je crois bien qu'il s'agisse d'une affaire similaire. Je pense qu'elle s'est finalement décidée à me révéler la vérité sur mes interrogations sans réponses, mais elle ne semble pas sûr que cela ne me laisse pas indifférente. Je sais que je devrais lui en vouloir de me cacher un secret après tout ce temps, mais je ne peux pas, je ne peux pas avant d'avoir connaissance des moindres faits. Je reconnais à présents dans ses yeux la même quiétude que lorsqu'elle est angoissée, il n'y a plus de doute possible : Elle compte me révéler quelque chose, mais ma réaction l'effraie. Est-ce si grave que ça? Je ne pense pas être en mesure de la haïr, peu importe si elle me dupe ou me ment.
- Mégane, je ne suis pas venue ici pour te rendre une simple visite de courtoisie, tu t'en doute certainement à présent. Commence calmement Gloria à mon attention. Je sais que tu vas m'en vouloir, mais tu es désormais assez âgée pour comprendre.
Je redoute de plus en plus ses aveux, je sens qu'une grande duperie se cache sous ses airs de femme irréprochable et je ne sais pas comment réagir. Elle semble hésiter un très long moment, et à l'approche de l'annonciation inévitable de son lourd fardeau, elle devient de plus en plus effrayer à mesure que les secondes défilent.
- Tu n'es pas simplement une vampire. Finit-elle par claquer.
Je durcis mon regard et je ne prête même pas attention au langage désinvolte que je prends à cet instant, je suis trop impatiente pour me soucier de quoique ce soit d'autre. Ses hésitations m'agace plus que de raison.
- Décidément on ne peut rien te cacher! Cesse de tourner autour du pot. Je lui dis.
Elle semble comprendre mon état et ne relève pas mes paroles, elle doit penser que c'est normale, et pour sûr, ça l'est. Je sais que ce qu'elle va me dire ne va me plaire, je ne la connais que trop bien.
- Mégane, je ne t'ai pas transformée il y a deux ans... Elle marque une longue pause tandis que je me perds dans la confusion la plus totale. Tu es née vampire.
- Quoi? Je lui demande abasourdie.
Je serre ma tasse de café dans les mains, mais je fais attention à ne pas la briser. Je ne peux pas croire un mot de ce que me raconte cette femme. La vérité est plutôt que je ne veux pas y croire. Je ne veux pas croire un tel boniment, comment cela pourrait-il être possible? J'ai des souvenirs de ma transformation, de ma vie avant ce douloureux événement, de mes amis et des moments que j'ai passée avec ma tante, tout cela est bien réel, alors je n'ose en comprendre d'avantage. Comment cela pourrait-il ne pas exister? Je suis complètement perdue, je n'arrive pas à me faire à cette idée. J'attends que Gloria continue son récit, dans l'incompréhension la plus totale. Son regard animé de peur et de désolation me confirme que je ne dois plus paraître gaie ou souriante présentement, je pense plutôt afficher une mine haineuse et confuse à la fois, bien que cela reste parfaitement involontaire. Je n'arrive pas à savoir ce que je ressens, la surprise est si grande et la duperie si vaste. Elle décide de poursuivre, mais je retiens difficilement ma voix de lui hurler ma colère en l'interrompant.
- Tu n'es pas comme les autres vampires, à ta naissance tu es née mortelle... mais tu es également née immortelle. Me dit-elle de sa voix toujours sûr.
La tasse m'éclate d'entre les mains, mais je n'y prête pas attention bien que ce soit involontaire. Je me lève furibonde du siège d'où je suis assise. Ma tante fait de même en me voyant agir ainsi, puis je réalise alors : Si ce qu'elle me raconte est vrai, comment est-il possible que j'ai des souvenirs de ma transformation? Malgré la colère oppressante qui me submerge, je lui pose la question avec une pointe d'agacement que je ne puis réprimé.
- Tu l'ignore Mégane, mais j'ai un don moi aussi. M'annonce t-elle aussi calmement que possible. Je peux manipuler la mémoire. Je t'ai fais croire que je t'avais transformée en vampire moi-même, mais il n'en est rien. J'ai utilisée mon pouvoir sur toi dans le but de te faire oublier ton immortalité jusqu'au plus profond de ta conscience. Me dit-elle, cette fois ci d'une sensibilité certaine à l'accablement. Je n'avais pas le choix, je devais attendre que tu sois assez forte pour pouvoir te protéger par toi-même.
- Tu m'as manipuler à ta guise durant toute ma vie?! Je lui dis en m'emportant.
J'inspire et ferme les yeux lentement pour me calmer, puis j'expire. Cela m'aide toujours à me calmer dans des situations égales à tant de frustration et de colère. Elle me dit qu'elle n'a fait cela que dans le but de me protéger des Volturi. Je ne prête même pas attention à sa remarque, qui n'est d'ailleurs qu'une vaine tentative pour me rassurer, puis je lui pose ma seconde question. Une question à laquelle je connais dors et déjà la réponse, mais à laquelle j'ai besoin de confirmation. Entendre cela me fait mal, je ne peux pas croire qu'elle m'est trahie de la sorte.
- Et comment Laura et les autres ne sont pas rendus compte de ma « prodigieuse croissance »? J'ai grandit avec eux, que je sache?! Je lui demande, la voix tremblante avec ironie mal jaugée.
Je sens que des larmes viennent embuées mes yeux, mais je ne faiblis pas pour autant, je veux connaître le fin mot de l'histoire. J'arrive tout de même à garder mes larmes pour moi. Voyant qu'elle ne répond pas, je prends la parole une seconde fois, je vais le dire moi-même à haute voix si elle a trop honte de clamer ses actes devant moi.
- C'est une autre de tes manigances? Je lui demande, bien consciente de la réponse.
Gloria me répond d'un presque inaudible « Oui » en hochant de la tête, mais cela ne me fait ni chaud, ni froid. Ma transformation elle-même est factice.
Je connais la vérité, à présent. Mes doutes se sont confirmées par cette conversation. Je savais que ma tante me cachait des choses, mais de là à avoir jouer avec mon esprit et m'avoir manipulée de la sorte, je ne m'y attendais en aucun cas. Même dans mes rêves les plus fou, je n'aurais jamais imaginée une telle manipulation. Je n'oserai plus jamais la regarder comme ma tante, comme celle qui m'a élevée et qui a toujours pris soin de moi même dans les moments les plus durs. Désormais, je verrai Gloria comme une parfaite inconnue. Je ne la verrai plus que comme la femme qui m'a honteusement trahie et qui me demande de lui pardonnée. Je sais que je ne devrais pas maudire son nom avec une telle rapidité et une telle conviction, après tout elle a fait cela pour me protéger, je sais que c'est vrai. Mais je n'arrive pas à mettre de côté le fait qu'elle est trahie ma confiance,il y avait forcément une autre solution. Elle me répète une nouvelle fois que si les Volturi l'avait apprit, ils tenteraient de me tuer et qu'elle n'a oser me faire cela que pour me protéger, me garder en vie. Les larmes coulent sur mes joues et je n'arrive pas à restreindre mes émotions. Je sens bien que son repentir est sincère, mais je n'arrive plus à garder la même image valorisante de Gloria, que je tiens depuis ma plus tendre enfance. En me voyant pleurer, je vois très bien que cela la bouleverse, mais lorsqu'elle tente de poser une main réconfortante sur mon épaule, je ne peux m'empêcher d'exprimer un recule. Je ne suis pas sûr de ce que je ressens à son égard, mais je suis certaine que je ne pourrai pas passer la nuit en sa compagnie. J'ai besoin de réfléchir, de me centrer sur tout ce qui vient d'arriver et tout ce que m'a appris ma tante. J'ai besoin de me confiée et de vider mon sac, qui soit dit en passant, est remplit jusqu'à ne plus pouvoir contenir quoique ce soit. Ce n'est pas seulement les révélations désastreuses de Gloria qui m'assaillent, ce sont tous les événement que j'ai vécue ce dernier mois. Tout le poids des responsabilités que je devrai endosser seule, ma véritable condition d'hybride, le fait de ne plus pouvoir parler à Laura comme je l'aurais fait dans cette situation si elle était encore en vie, tout cela vient frapper les parois de mon crâne pour prendre d'assaut mon esprit. Oui, j'ai indéniablement besoin de me confier et pour cela, il n'y a qu'une seule personne dont j'ai besoin : Embry. La nuit porte conseille et j'ai besoin de temps pour pardonner, car même si ce qu'elle a fait est terrible et malgré tout ce que je peux dire, elle l'a fait pour une bonne raison et elle reste ma seule famille. Je ne peux pas lui tourner le dos de cette façon. En ce qui concerne ma logique, les mauvais actes n'effacent pas les bons.
- Je... Je dois réfléchir. Dis-je, tremblante. Reste ici cette nuit, s'il te plaît. Je poursuis sur un ton des plus confus et mal assuré.
Elle acquiesce de la tête tristement, puis je prends mon manteau et sors de la maison précipitamment. Je sais ou habite Embry alors ma seule préoccupation à cet instant n'est pas le chemin de sa maison, il me l'a déjà décrit, mais est-ce que le dénommé Sam ne va pas encore tenté de m'ôter la vie pour avoir pénétrée sur ses terres? Je me mets en route vers la maison d'Embry, en pleine nuit et dans l'obscurité la plus implacable. Les larmes coulent toujours silencieusement. Je suis bel et bien une mortelle, doté de l'immortalité vampirique, quel paradoxe! Je ne peux m'empêcher de repenser à Laura. Je rêve tant de me confier une dernière fois à son écoute, d'entendre sa douce voix et de sentir son parfum doux et déraisonnablement dosé. Elle me manque tellement. J'ai besoin de mes amis, j'ai besoin de revoir le doux sourire de Matt pour me redonner courage et j'ai besoin des stupides blagues de Liam pour me faire rire. Il m'est tellement difficile d'affronter cette situation. Je tente de me montrer forte et de ne pas me perdre dans des sanglots interminable et emplis de douleurs oppressantes, mais jour après jour, minutes après minutes et secondes après secondes, je n'arrive plus à jouer le jeu. Je sais que je ne peux pas rester toute ma vie aux côtés d'Embry ou encore à faire du camping vingt-quatre heures sur vingt-quatre, mais dés que je ne fais rien, dés que mon esprit n'est plus en activation constante, je m'effondre. La douleur est trop forte et le manque est trop pénible, la disparition de Laura et des garçons m'a laissée un néant au plus profond de mon cœur et Dieu sait que je n'arrive à le combler qu'avec Embry. Comme si cela n'était pas suffisant, il vient maintenant s'ajouter au tableau le fait que je sois hybride. Je tente de me persuader que Gloria m'a manipulée sans vergogne, mais je sais bien que cela est faux.
Je continue de marcher, empruntant des routes et des sentiers bien sombres mais appartenant cependant au trajet décrit par Embry. Heureusement, il n'habite pas loin de la limite de la Push, non pas que traverser une réserve indienne me dérange, mais je pense que j'aurais eu du mal à me remémorer le chemin à suivre. Je continue de marcher, et après ce qui me semble être de longues minutes à vagabonder dans l'ombre, je trouve enfin le nom de la rue que m'a donné Embry. J'aperçois une magnifique Volvo V40 garée devant une grande maison et je me rends compte que la voiture d'Embry doit probablement être garée devant sa maison, cela s'effondre sous le sens. Je ne prends pas la peine d'essuyer mes yeux car je sais pertinemment qu'il se rendra compte que j'ai pleurée. J'arrive sur le pas de la porte très chaleureux de la demeure d'Embry, et j'élance ma main vers la porte dans le but de frapper doucement. Lorsque je vois Embry en short affalé sur le canapé de son salon pour regarder la télé comme en ont l'habitude les hommes machos, je me prends à sourire. Je n'imaginais pas Embry prendre la position d'un mâle machiste pour regarder ce qui semble être un match de football américain. Je me dis que je devrais peut être faire demi tour, je n'ai aucune envie de l'embêter, mais lorsque je me retourne pour partir, cette idée ne me paraît plus aussi brillante. Je me replace donc une nouvelle fois devant la porte d'entrée, revigorer par un plein d'assurance qui tombe à pic, puis je frappe doucement deux fois sur la porte d'entrée. J'ignore quel réaction il va avoir, mais j'espère simplement que si je le dérange, il me le fera comprendre, après tout il est déjà vingts-deux heure. A l'entente du petit bruit qu'ont émis mes deux misérables coups sur la porte, il tourne la tête vers la fenêtre à travers laquelle je peux le voir, puis lorsqu'il croise mon regard, un immense sourire s'affiche sur sa petite bouille d'ange que j'aime tant. Il se lève rapidement pour venir m'ouvrir. Lorsque la porte s'ouvre, il n'hésite même pas et m'ouvre un passage pour entrer. Je n'hésite guère non plus à mon tour et j'entre, avant qu'il ne referme la porte. Je lui fais un sourire gênée, mais lui ne semble prendre en compte que sa joie indescriptible de me voir débouler chez lui à une heure aussi tardive.
- Je... Je commence. Je ne vous dérange pas au moins? Je lui dis quelque peu embarrassée.
- Absolument pas, ma puce. Puis de toute façon ma mère n'est pas là. Me dit-il.
Il a à peine terminé sa phrase qu'il fronce les sourcils. Il voit sûrement que j'ai pleurée il y a peu, d'où son actuelle inquiétude.
- Ça va? Ça s'est pas bien passé avec ta tante? Me demande t-il.
- Pas exactement non. Je lui réponds en tournant les yeux.
Il me prend dans ses bras et sans chercher à me questionner ou obtenir des explications trop hâtives, il me demande si je veux parler. J'acquiesce d'un petit signe de tête contre son torse nu et brûlant, puis nous allons nous asseoir dans le canapé. Je découvre pour la première fois sa maison et malgré les circonstances dans lesquels je me suis autorisée à y pénétrer, je dois avouer qu'elle est d'une beauté rarement égalée. Je pose mon regard sur mes mains puis je relève les yeux vers Embry. Je remarque qu'il me regarde avec inquiétude, il semble réellement se soucier de ce qu'il s'est passé.
- Embry, il faut que je t'avoue quelque chose. Je lui dis, incertaine.
Il ne dit rien et décide de ne pas m'interrompre. Devoir lui avouer ma vraie nature de but en blanc n'est déjà pas facile, mais je ne veux pas avoir à me répéter, je ne suis pas encore sûr de réaliser moi-même ce que cela implique.
- Je... Je suis une... Dis-je hésitante.
Les mots restent coincés dans ma gorge, je n'arrive pas à le dire à voix haute. Je n'arrive pas à m'avouer à moi-même ce que je suis en réalité. Embry ne dis rien, mais il prend ma main dans la sienne, comme pour m'encourager. Sa douce chaleur se répand dans ma main et je décide d'aller au bout de la chose.
- Je suis comme Renesmée. Je lâche subitement.
- Attends... Quoi? Me dit-il surpris.
- Je suis née vampire et humaine à la fois. Ma transformation et tout ça, c'est des conneries. Dis-je abattue.
- Tu devrais pas être contente? Me demande t-il, confus par mon comportement.
- Non, tu ne comprends pas! Dis-je en me levant subitement.
Je ne suis pas en colère, ou tout du moins pas contre lui, mais j'ai besoin de parler ouvertement.
- Toute ma vie jusqu'à aujourd'hui je croyais être une vampire transformée à ses dix-sept ans, mais du jour au lendemain, ma tante débarque et m'apprend qu'elle a un don caché et que pour me protéger des Volturi, elle m'a effacée de l'esprit la part de vampire qui est en moi. Dis-je en m'emportant. Elle m'a gravée un tissue de mensonge dans le crâne!
Embry m'explique alors qu'il est désolé et qu'il me comprend, mais que je ne devrais pas en vouloir à Gloria car elle n'a fait que me protéger. Je soupire bruyamment.
- Ce n'est pas que ça, Embry. Je lui dis. Je n'avais pas besoin d'apprendre cela, en ce moment. L'enterrement de Laura, de Liam et de Matt est la semaine prochaine et il faut que je gère tout ça. Tout me tombe dessus en même temps, dis-je en sanglotant, et je ne peux pas supporter ça toute seule, je n'y arrive plus.
Je finis en m'effondrant dans les bras chaud d'Embry. Il murmure qu'il sera toujours là pour moi et je reste blottis dans ses bras de longues minutes durant, puis il dépose un tendre baiser sur le front. Il me propose d'aller se coucher et j'accepte car je suis éreintée. Nous montons dans sa chambre, et je tente de ne plus penser à rien d'autre qu'au néant. Il fouille dans son armoire et en sort un long t-shirt trois fois trop grand pour moi. Il me demande si ça va aller, puis il se retourne pour se changer, à ma demande. J'enfile le long t-shirt qu'il me prête, puis je m'enfouis sous les couvertures du grand lit à Embry. Ce dernier me rejoint une fois qu'il n'est plus vêtue que de son boxer, et je me blottis dans ses bras. Je dépose un doux baiser sur ses lèvres et je ne tarde pas fermer les yeux.
Je me sens glisser au loin pour rejoindre un doux sommeil, partagé avec ce qui me semble bien être mon « âme sœur »...
