Chapitre 12 : About a girl.
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Le lendemain, je me suis levée, et ai commencé à fouiller dans ma malle avant de me rappeler cruellement que je n'avais plus de fringues.
Souvenir qui en fait aussitôt ressurgir un autre, celui d'une conversation entre ma mère et une de mes tantes.
« Ne me dis pas que tu n'as jamais détourné l'uniforme ! s'est exclamée ma mère. »
« Comment tu voulais que je fasse ? »
« Commence par raccourcir la jupe. Après, tu déboutonnes les deux premiers boutons de ton chemisier, tu mets des talons, un trait d'eye-liner, un peu de mascara et tous les garçons se mettent à ramper à tes pieds. »
Remerciant mentalement ma mère pour ces conseils ô combien précieux, je m'enferme dans la salle de bain.
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Une demi-heure plus tard, lorsque j'en ressors, je suis méconnaissable. Cravate dénouée et tout le tralala.
C'est de la provoc pure et dure. Je parie tout ce que vous voulez que je vais me faire convoquer dès que je franchirai les portes de la Grande Salle.
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Vivien, en me voyant arriver :
« Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de ma meilleure amie ? »
« Ligotée dans le placard ai-je affirmé avec un petit sourire. Bon, on y va ? »
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J'ai à peine posé un pied dans la Grande Salle que Remus intervient et m'emmène dans son bureau.
Deux jours de colle pour « tenue indécente ».
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J'ai séché le cours de danse – enfin, si on peut appeler ça un cours de danse. Personnellement, j'opterais pour : bordel sans nom ayant pour ambition de ressembler vaguement à un cours de danse – et je suis allée voir Hagrid.
Il m'a gratifié d'un sourire éblouissant quand je suis entrée chez lui. Le pauvre se fait vieux, et des rhumatismes le clouent au lit la moitié de l'année.
« Voyez-vous ça, Miss Potter… Que me vaut l'honneur de votre visite Miss ? »
« L'envie de te voir, tout simplement. »
« On s'est vus il y a 3 semaines Lily. »
Je hausse les épaules.
« Et alors ? »
Il rit doucement.
« Assieds-toi. »
J'obtempère. Il me contemple, songeur.
« Tu ressembles de plus en plus à Lily… mais avec le caractère de James, ça, c'est sûr ! »
Hagrid est le seul avec qui j'accepte de parler de ma famille.
« Ah ils formaient une sacrée bande tous les quatre ! Aussi soudés que Daniel, Vivien et toi ! Et je peux te jurer que vous êtes leurs dignes héritiers, toujours fourrés dans des coups foireux ! Sauf que eux épargnaient Gryffondor. Je me souviens d'une fois où … »
Je souris et je me cale confortablement dans un fauteuil, prête à entendre les exploits de mon illustre ancêtre …
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« Ah, ça, il n'y a pas à dire, ils étaient forts ! Le nombre de fois où j'ai dû aller les chercher dans la Forêt .. la moitié de ma vie que j'y ai passé à les chercher ces maudits gamins ! s'exclame Hagrid. »
J'ai les joues toutes rouges à force de rire.
« D'une certaine manière, tu es la seule des Weasley à leur ressembler… dit-il en avalant la dernière gorgée de son gin. »
« La seule à avoir ce foutu caractère qui te pousse à faire n'importe quoi et à t'en sortir blanche comme neige grâce à ton grand sourire – non Lily, pas la peine de protester, tu sais que c'est vrai, j'en ai fait l'expérience ! reprend-il en souriant. Par contre, je doute que Remus se laisse y prendre. »
« Remus qui, d'ailleurs, aimerait bien savoir ce que Miss Potter fait ici. »
Je me retourne. Remus se tient au seuil de la porte. Il me fixe, une lueur réprobatrice dans les yeux.
« Dans mon bureau. Maintenant dit-il simplement. »
Je me lève et, avec un gracieux sourire, remercie Hagrid de son hospitalité. J'envoie ma tasse dans l'évier d'un coup de baguette et passe devant Remus la tête haute. J'entends Hagrid rire
« Sacré gamine, elle ira loin ! »
Sauf si mon parrain me tue dans les deux secondes qui suivent, ce qui a à peu près 99,9 pour cent de chance d'arriver.
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Remus s'assoit.
« Lily, Lily, Lily soupire-t-il. Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? »
« Me renvoyer à la maison ? suggérais-je. »
« Hors de question réplique-t-il immédiatement. »
« Pourquoi ? »
Il ouvre la bouche pour répondre mais se ravise. Je comprends et soupire.
« Qu'est-ce qu'il t'a promis si tu arrivais à me transformer en Mélanie Wilkes ? Une semaine de vacances tous frais payés ? Un coup de pouce pour ton avancement ? Le remboursement accéléré de tes prêts immobiliers ? Une place dans l'université de son choix pour Kate ? »
« Tu sais bien que je n'aurais jamais accepté quoi que ce soit. Je fais ça pour toi Lily. »
« Lilian. »
« Peu importe. Tu es ma filleule et je t'adore, mais tu es insupportable. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Je me mure dans un silence buté. Il soupire de nouveau.
« Pourquoi est-ce que tu ne viens plus me voir pour tout me raconter comme tu le faisais avant ? »
« La dernière fois que j'ai fait ça, j'avais 6 ans le coupais-je. De toute façon, avec tes idées à la con, t'irais me cafter à mon père. »
« Reste polie je te prie. »
« Tu vois ! m'exclamais-je. C'est exactement pour ça que je ne te dis plus rien ! Tu joues au dirlo strict, mais le look à la MacGo ne te va pas du tout ! Franchement, je préférais quand tu n'étais que prof. »
« Qu'est-ce qu'il se passe ? répète-t-il. »
« Tu veux dire, à part le fait que je sois enceinte de Dan ? »
Gros blanc. Puis, il se met à enfler. J'ai cru qu'il allait exploser.
« Je plaisante ai-je rapidement ajouté. »
Il expire lentement.
« Bon, alors, je suis collée ? demandais-je nonchalamment. »
« Non. De toute façon, ça ne servirait à rien. Tu t'en fous éperdument. »
Exact. Par contre, Vivien va bientôt me dépasser si je ne suis pas collée bientôt. Ai intérêt à conserver mon avance.
« Mais une ou deux séances de plus avec le psy te ferait le plus grand bien. »
Je lâche une exclamation dédaigneuse.
« Un psy. Mais bien sûr. Et tu crois vraiment que ça va servir à quelque chose ? Enfin merde Remus, tu me connais, je vais fixer le plafond pendant toute la durée de la séance et il va faire un rapport de merde comme quoi je suis un cas désespéré bon à enfermer à Sainte Mangouste. Leur baratin j'y crois pas. Depuis qu'on m'a sorti que mon père était mon modèle, mon idéal et que je m'identifiais à lui, j'ai laissé tomber. Et encore, ça, c'était même pas un psy mais Hermione. Alors tu imagines les conneries que les autres abrutis profiteurs vont me sortir ? »
Il soupire pour la troisième fois.
« Bordel Lily, ton père l'a exigé. J'y peux rien. Rien du tout fait-il en détachant chaque mot. »
« J'irais pas. »
Il ferme les yeux.
« Tu peux sortir m'indique-t-il d'une voix lasse. »
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POV Remus Lupin, 57 ans, directeur de Poudlard.
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Conflit, conflit, conflit … Cette gamine a-t-elle autre chose en tête ? Franchement, je me le demande. J'adore Lily. Evidemment. C'est ma filleule. Elle était toujours fourrée chez nous quand elle était petite. En fait, elle passait la moitié de son temps chez nous, et l'autre chez Fred et Jessica.
Bref. Depuis qu'elle est entrée dans l'adolescence, nos rapports se sont dégradés. Lily a toujours eu de gros problèmes avec l'autorité, et plus particulièrement la figure paternelle. J'ai cru comprendre, d'après ce que Hermione – à mots couverts – m'en a dit, que Lily était en conflit perpétuel avec son père. Personne n'en a jamais su la cause mais quand Daniel m'a lancé en pleine face que MacGonagall connaissait mieux Lily que moi, je me suis renseigné. Résultat : j'ai maudit la solidarité des Gryffondors. Personne n'a dit un mot.
Je ne soutiens pas Harry dans sa tentative de changer la personnalité de Lily, et je le lui ai clairement fait comprendre. Même si je suis totalement d'accord avec lui sur le fait que cette gamine a un grain. Mais comment en aurait-il pu être autrement ? Elle est tout le temps sous les projecteurs. Tenez, pas plus tard qu'hier, une photo d'elle au Brocéliande avec un article qui la descendait en flamme est paru dans la rubrique « People » de la Gazette. « Lilian Potter, héritière indigne ? » N'importe quelle gamine de 14 ans aurait été mortifiée. Pas elle. Elle a contacté un avocat et veut attaquer la Gazette en justice pour diffamation.
Elle s'est forgée un mental de gagnante, explose tout le monde en cours, a un caractère de cochon, et rien à foutre des autres. Et pour ces raisons, j'admire Lily. Parce qu'elle a réussi à se démarquer de son père. Même si, pour ça, elle a foutu en l'air ses relations avec Harry.
Ma chère et tendre débarque dans le bureau, me fourre Lynne dans les bras et débite d'une traite : « Soirée-entre-filles-tu-t'occupes-de-ta-fille-je-reviens-tard-ce-soir. » Elle sort en coup de vent. Je soupire et pose Lynne par terre, qui va aussitôt embêter Irénée, ma chouette hulotte. Certaines choses sont éternelles.
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Mais pas ma tranquillité. Deux heures plus tard, Daniel entre.
« Salut P'pa fait-il nonchalamment. »
Je lève les yeux au ciel et dissimule un sourire.
« Qu'est-ce que tu as encore fait ? »
Il hausse les épaules.
« Bah, tu me connais, on a traité Lily de pétasse, j'ai balancé quelques petits sorts et ça a dégénéré. »
« On ? ai-je relevé. »
Daniel reste de marbre. Je soupire.
« Qui t'envoie ? »
Il hausse un sourcil.
« A ton avis ? »
« Jon, évidemment. 3 jours de retenue, 20h-22h. »
Je le congédie d'un geste de la main.
« Papa… »
Je relève la tête.
« Merci fait-il doucement avant de refermer la porte. »
Je souris et me replonge dans le compte-rendu du dernier conseil d'administration.
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POV Amy Potter, 14 ans, Gryffondor.
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Bien. Il est présentement 2h du mat, la salle commune est déserte. J'étale la Carte sur une table.
Si j'étais un Maraudeur, où est-ce que je planquerais des fringues ??
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¾ d'heure plus tard, j'y suis toujours.
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Considérant les choses sous un autre angle, je reformule ma question
« Où est-ce que je ne mettrais jamais les pieds, donc je ne
risque pas de retrouver mes fringues là-bas ??? »
Hum. Terrain de Quidditch. Salles communes de Serpentard, Serdaigle
et Poufsouffle. Apparts privés des profs. Salle interdite, salle des
sacrifices, ancien labo, vieux labo, labo antique. Liste non
exhaustive, bien entendu.
Je range la Carte en sifflotant. Enfin un peu d'action. Je commençais à m'ennuyer. Tiens, pour la peine, je vais commencer à chercher dès maintenant. Ça va être très drôle. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas engagé de courses-poursuites avec les profs qu'ils doivent être un petit peu rouillés.
Je m'en vais aller les dérouiller. Mwahahahaha. Vivien descend les escaliers, les cheveux en pétard.
« Tu fous quoi là Amy ? demande-t-il en bâillant. »
« Je me prépare à une escapade nocturne répondais-je en plongeant sous la table pour récupérer ma chaussure. »
« A cette heure-ci ? »
Je le regarde, ahurie.
« Evidemment. Sinon, c'est plus une escapade nocturne. Retourne te coucher Vivien soupirais-je. »
« Nan fait-il d'un ton buté. J'ai dit à Dan que je veillerais sur toi. »
Je le gratifie d'un sourire navré et, prenant ma baguette précautionneusement, je lui balance un sortilège de Sommeil. Deux secondes plus tard, il ronfle sur le sol. Je le mets sur le canapé. Je lui adresse un pardon silencieux, mais la fin justifie les moyens. Je sors de la Salle Commune silencieusement.
