Chapitre 12


Un fou pour en remplacer un autre…

- Pétunia ?

La jeune femme releva son regard acide vers son mari et plissa les yeux. Il n'est peut-être plus nécessaire de faire sa description, elle n'avait pas du tout changé, restant fidèle à elle-même, petite femme grande fine et horriblement malveillante. Son mari lui avait changé… Mais pas comme on le voudrait, non sa haine avait quintuplé, jamais il n'eut été plus méchant et incroyablement désagréable. Ce couple de dément n'avait pas de magie. Il l'avait d'ailleurs en horreur. Cependant cela ne les empêchait pas d'être plus redoutable qu'un grand mage noir. Ils avaient tellement bien peaufiné leur plan « ingénieux » pensaient-il, qu'il était rare de voir plus déterminé. Il fallait juste qu'il patiente. Mais la patience n'était pas leur fort…

- Qui a-t-il ? S'exclama Pétunia.

- Où est le gosse ?

- Sorti je crois ! Dans le jardin.

Vernon Dursley se leva de sa chaise pour aller se placer devant la cuisinière. Il regarda par la fenêtre ses yeux de porcins plissé au maximum. Enfin, un grondement sorti de sa gorge quand il vit le corps du petit qui était assis par terre. Il regardait vers le ciel comme s'il attendait quelque chose. Son neveu était depuis le tout début un poids, une gêne qu'il devait supprimer. Pétunia s'approcha, et croisa les bras, le regard aussi affreux que celui de son mari posé sur le petit innocent qui n'avait rien demandé de toute sa vie pour mériter cela.

- On ne peut rien faire pour l'instant. Il faut attendre sinon la fortune nous passera sous le nez !

- A dix-huit ans, on le tue sans laisser de trace et on lui vole sa fortune ! On sera riche !

- En effet !

- Foutu Potter ! Brailla Vernon.

- Chut, pas si fort, il pourrait t'entendre ! Il me fait vraiment peur, dès fois j'ai l'impression qu'il peut lire dans mes pensées !

- Je lui règlerais bien son cas tout de suite, moi !

- Prenons notre mal en patience.

- Maman ! Hurla-t-on.

- Oui, j'arrive mon tout petit Dudleynichou !

Vernon Dursley resta devant la fenêtre un bon moment. Dans sa tête il imaginait les pires scénarios de mort et de douleur qu'il pouvait affliger à Harry Potter. Dehors ce même jeune homme laissait le soleil lui brûler la peau. Ici il se sentait bien. Il s'entrainait à fermer son esprit et écoutait les criquets, les abeilles et les guêpes. Même les voitures qui passaient ne faisaient plus de bruits. Ici il était bien. Il réfléchissait à ce qu'il devait faire. Car il le savait, il savait tout ! Il devait partir très vite. Sinon… Jamais il ne le rencontrerait.

Vernon Dursley n'était rien. Juste un homme bête ! Il ne le faisait pas peur. Mais il devrait bientôt partir. Et les jours se rapprochèrent…


Nouvelle vie

La nuit était tombée sur Londres depuis quelques temps déjà. Dans la rue plus que quelques hommes marchaient encore. Et de tous se découpait une magnifique jeune femme aux cheveux brun lisse. Elle se tenait droite et était habillée avec style et élégance. A ses côtés marchait le petit jeune homme qui était son fils. Narcissa et Draco Malfoy était connu dans ce quartier pour y avoir de nombreuses fois passé. Leurs cousins habitaient ici et ils venaient passés quelques fois des fêtes ou des soirées. Et aujourd'hui ils sortaient de soirée.

Ils y avaient vu des choses ! Des couples qui se séparent, des femmes étendre leurs linges, des hommes tondre leurs pelouses. Ils avaient tout vu sauf cela ! Draco, du haut des ses onze ans se sentit comme attiré par un endroit. Un endroit qui se trouvait dans cette ruelle étrange. Il regarda tout d'abord, juste pour savoir s'il avait quelque chose à craindre. Mais la chose qui l'attirait semblait trop bienveillante pour qu'elle lui fasse du mal. Il se détacha donc de sa mère et ralentit la cadence. Celle-ci s'arrêta en le voyant dévier sa route.

- Draco, mon ange ?

L'enfant se retourna vers elle, hésitant à devoir lui parler ou non, à devoir continuer sa course ou non. Puis la chose l'appela encore et il tourna la tête vers elle. C'était si doux et si bon, il se sentait tellement bien… Alors il recommença à marcher vers lui. Cela se précisait. C'était à côté d'une poubelle. Narcissa le rejoignit et contourna l'obstacle. Puis soudain elle sursauta. Derrière il y avait un enfant de l'âge de Draco tout crasseux et sale. De lui, elle ne pouvait que distinguer ses yeux verts très fatigués.

- Mon pauvre petit mais que fais-tu ici… ?

- Je me suis enfui, murmura le petit très faiblement.

- Mère, fit Draco en s'écartant brusquement comme piqué par quelque chose. On devrait partir.

Cette chose, elle était trop bienveillante, trop douce et trop belle. Elle commença à lui faire peur. Il recula encore.

- Allons Draco, on ne peut pas le laisser ici ! Viens je vais t'emmener à l'hôpital !

- Non, s'exclama l'enfant en se levant. Je ne veux pas retourner chez eux. Ils veulent me tuer pour de l'argent.

Narcissa écarquilla les yeux sans comprendre. Comment un enfant pouvait émettre de tel propos… C'était horrible.

- Mais…

- S'il vous plait… murmura l'enfant. Faîtes comme il a dit, passez votre chemin…

Narcissa se releva et réfléchit rapidement. Elle le regarda de pied en cape, il ne portait pas de chaussures, ses pieds étaient sales et elle était sûr de pouvoir voir du sang dessus. Pas que cela, il ne portait qu'un simple t-shirt et avait des bleus sur les bras et son cou. Cela l'attrista grandement et elle fronça les sourcils, déterminée.

- Non ! Je ne peux pas faire cela, je ne peux pas te laisser comme ça. Suis-moi…

- Mère ?

- Viens Draco. On va l'emmener !

- Mais mère ! Il ne peut…

- Cela suffit, obéit jeune homme !

La femme tendit sa main vers Harry et celui-ci hésita. Il regarda le petit qui le tuait du regard. Il ne savait pas pourquoi il avait été attiré vers cet endroit mais là encore, il se mit à ressentir ce quelque chose qu'il ne pouvait distinguer mais qui le faisait se sentir tellement bien. Et puis cela lui sauta aux yeux. C'était lui ! Il le sentait. C'était le petit garçon qui émanait de lui cette aura de bonheur qui voudrait le toucher comme une caresse… Draco fut stupéfait, pourquoi ce sentait-il tellement bien ? Il se mit à aimer cette sensation qui juste un peu avant l'avait effrayé. Maintenant qu'il savait de qui elle venait, il se mit à aimer. Il se mit à l'aimer…

Le petit Harry, tout doucement, prit la main tendue de la jeune femme. Dans sa tête, des images affluèrent unes à unes montrant une vie que la sorcière, il en était sûre, n'aurait jamais voulu qu'il voit. Il ferma les yeux, cherchant à les faire taire mais n'y arriva pas alors il lâcha brutalement la main de Narcissa. Les images cessèrent partant avec une douleur qui l'avait assainie en même temps. La brune le regarda sans comprendre sa réaction.

- Je suis désolé ! S'exclama-t-il vivement en voyant son air triste.

- De quoi ? Fit-elle chaudement.

- Je suis un sorcier moi aussi. J'ai lu dans vos pensées alors je m'en excuse ! Je n'ai pas réussi à contrôler mon pouvoir.

La femme fut stupéfaite. Elle fit :

- Tu m'expliqueras ça à la maison d'accord ?

Le petit homme hocha longuement la tête et regarda une dernière fois le petit blond. Celui-ci ne disait rien. Il le regardait longuement avec dans sa tête de mauvaises idées mais dans son cœur qui battait très vite une sensation de bienheureux. Il ne fallait pas qu'il sache ce qu'il provoquait chez lui… C'était contre nature. Jamais il ne devrait savoir…


Le départ

- Harry ?

Le petit brun se réveilla lentement, emmitouflé dans des draps de soie. Une vingtaine de jour avait passé depuis qu'ils l'avaient découvert. Jamais le brun ne s'était aussi bien senti. Il n'avait plus à redouter son oncle, il n'avait plus à faire quoi que se soit. Il était bien traité par la dame qu'il considérait plus comme sa tante que comme sa mère. Il était au près de l'enfant qu'il voyait tous les jours dans ses rêves. Un sentiment de béatitude coulait dans ses veines tellement il était bien. Il aimait ça. Narcissa, qui était venu le réveiller, s'assit sur son lit et caressa avec douceur sa joue. Elle lui offrit le plus beau des sourire et murmura :

- Tu te réveilles, poussin ? On doit y aller.

A cette phrase, le brun se releva d'un coup. Il sourit de toutes ses dents. Aujourd'hui était un jour particulier et il avait tellement hâte d'y être. Narcissa fut conquise par son sourire. Il faut dire que sans ses sales vêtements et les souillures sur sa peau, le petit bout de chou était carrément à croquer. Elle chuchota :

- Va prendre une douche, je vais réveiller Draco.

- Ok ! J'y vais tout de suite.

Le petit homme se leva sous le sourire de sa mère adoptive. Il regarda un court moment ses valises avant de filer sous la douche, tout heureux. De son côté, Narcissa alla réveiller Draco qui eut la même réaction mais beaucoup plus calme. La première chose qu'il dit fut :

- Harry est-il prêt ?

Narcissa sourit et hocha la tête.

- Il partait se laver quand je l'ai quitté. Fais de même, mon fils et je vous attends en bas pour petit déjeuner.

- Oui, Mère.

Narcissa alla attendre dans la salle à manger en réfléchissant longuement. Elle jouait avec le feu en gardant l'enfant ici. Elle n'avait fait aucun papier et n'avait pas consulté ni la police ni l'hôpital. Elle espérait que l'enfant disait vrai quand il disait qu'il était menacé de mort. La seule chose qui prouvait ces dires était les innombrables marques sur son corps, des marques de maltraitance… qu'aucun enfant ne devrait porter. Le jour où elle l'avait trouvé, elle lui avait fait subir un grand lavage… Et ce qu'elle avait vu l'avait marqué à vie.

Cela lui avait fait remonter aux jours où son mari, Lucius Malfoy, était encore vie. Un jour pris d'une colère immense, il avait failli la tuer alors qu'elle n'avait rien fait du tout. Il y avait juste quelque chose qui l'avait contrarié. Le résultat fut terrible, elle fut sauver au prix d'un séjour à St Mangouste, l'hôpital sorcier. Il avait disparu du jour au lendemain sans laisser de traces et Narcissa fut bien la dernière à tenter de le retrouver. Elle espérait au fond d'elle que jamais plus il ne réapparaitrait. Son dernier cadeau fut qu'il la laissa richissime à vie et possédant un petit garçon d'un mois tout au plus qu'elle a chéri jusqu'à ce jour comme la plus belle chose au monde. Et il fut doublé par l'arrivée du jeune petit homme…

Harry et Draco arrivèrent presque en même temps, habillé élégamment. Harry était vraiment un beau petit, et chaque fois qu'elle le voyait, Narcissa était heureuse d'avoir pris ces risques pour lui. Malheureusement, cela n'étant pas très légal, elle redoutait le jour où on le lui enlèverait. Pour l'instant, elle s'occuperait de lui comme elle le ferait avec Draco. Celui-ci restait à l'écart. Il ne donnait pas son avis. Pas parce qu'il n'était pas d'accord mais plutôt parce qu'il se sentait encore mitigé. Il se sentait étrangement attiré par l'autre et il était sûr que cela n'était pas normal. Il l'aimait comme il tomberait amoureux d'une fille… Malheureusement il était un garçon et cela l'empêchait de se sentir complètement bien.

- 'Cissa ? Appela Harry alors qu'il déjeunait dans la grande salle à manger une tartine et un verre de lait.

- Oui mon ange ?

- On va te manquer ?

- Bien sûr !

- Beaucoup ? Renchérit Draco en buvant un verre de jus de mangue, son fruit préféré.

- Enormément. Mes deux petits chéris qui entre enfin à Poudlard. C'est magnifiquement triste ! Surtout, soyez-vous même ! Et rendez-moi fière !

- Tu pourras toujours être fière de moi, Mère ! Fit Draco.

Harry sourit :

- Moi aussi !

Quand ils arrivèrent au Poudlard Express, ce fut le même cinéma. Elle leur fit promettre de bien se comporter et d'être gentils. Et surtout de ne pas se chamailler entre eux, car elle avait pu sentir une certaine tension de Draco vers Harry. Puis elle les prit dans ses bras et ils rentrèrent dans le train. Ils se mirent dans un compartiment puis Harry ouvrit une fenêtre pour faire coucou à Narcissa qu'elle lui rendit avec des baisers volés. Draco se joint à lui et le train partit. Quand ils ne purent plus la voir, ils se rassirent. Harry était tout sourire. Celui de Draco s'effaça bien vite. Il y avait quelque chose qui n'allait pas. Harry finit par s'en apercevoir et son regard s'attrista…

- Tu me détestes, pas vrai ?

Draco se remit droit et fit :

- Mère a dit de la rendre fière, elle n'a pas dit de le faire ensemble. Peu importe porteras-tu mon nom, tu n'es pas un Malfoy ! Tu ne le seras jamais !

Il fallait qu'il s'éloigne le plus de lui avant que ce qui le dérangeait ne soit visible. Il ne fallait pas qu'il sache qu'il était si étrange et… anormal. Sinon, il le détesterait et le traiterait de sale. Parce que dans sa si petite tête c'est ce qu'il pensait être. Pas normal et sale. Il se leva alors et Harry s'exclama :

- Où vas-tu ?

- Je connais pas mal d'amis qui m'attendent !

- Je peux…

- Non ! Potter ! N'essaye même pas d'interférer dans ma vie à l'école ou là, je te détesterais !

Et il sortit. Le petit brun ne savait pas combien cela lui avait fait mal de dire cela, combien cela l'avait rendu triste au plus haut point… Mais il devait se protéger, et le protéger aussi de lui. Il savait que se serait dur de rester loin de lui, il savait toujours inexplicablement où il était car il y avait cette chose qui le lui indiquait. Cette chose qui le rendait heureux en sa présence. Quelque chose qu'il ne comprenait et contrôlait pas. Une espèce d'aura, comme de la magie qui le poussait vers son frère adoptif. Il fallait qu'il s'en échappe. Et c'est ce qu'il fit, à contrecœur.

Harry s'adossa au fond de la banquette de compartiment en soupirant. Il sentit son cœur se déchirer. Il n'arriverait jamais à rester à l'écart de Draco… C'était pour lui quelque chose de vitale, il devrait être là, il devra le voir, au moins une fois par jour, il n'avait pas attendu tout ce temps pour le voir le quitter aussi facilement. Il soupira encore mais se décida, déterminé, qu'il le verrait au moins une fois par jour quitte à passer discrètement dans sa chambre s'il n'était pas mis ensemble. La porte du compartiment s'ouvrit, le faisant relever la tête. Il espéra, avec excitation, qu'il avait changé d'avis et était revenu le chercher. Mais en faîte il se retrouva face à un petit homme roux qui ne passa que la tête à travers la porte. Il avait son âge et un grand sourire aux lèvres.

- Je peux m'asseoir ? Il n'y a plus de place nulle part.

Harry sourit et hocha la tête.

- Bonjour !

L'autre s'installa et lui tendit la main.

- Ron Weasley.

Harry la serra chaleureusement.

- Harry Malfoy…

Le roux écarquilla les yeux et se crispa.

- Malfoy ?

Il plissa alors les yeux se rappelant ce que son père lui avait dit. Les Malfoy n'avaient qu'un seul fils et il s'appelait Draco pas Harry. Et en plus il était blond. Il se demanda alors si ça pouvait être un cousin ou autre. Il demanda :

- Tu n'as pas du tout la tête d'un Malfoy !

- Oui, c'est… parce que j'ai été adopté.

Le visage du roux s'éclaira et il sourit, prêt à lui offrir le bénéfice du doute.

- Alors tu dois être différent !

Harry ne répondit pas. Il savait tout sur les Malfoy, où plutôt surtout sur Lucius, redouté avant sa disparition. Il comprenait sa réaction cependant, après tout ce que 'Cissa avait fait pour lui ses trois dernières semaines, il ne laisserait personne dire du mal d'eux. Cependant Ron ne continua pas, il était assez intelligent pour comprendre qu'il ne fallait pas qu'il insulte un Malfoy devant un autre Malfoy, adopté soit-il ! On toqua à nouveau à la porte et une fille l'ouvrit. Elle était brune et avait de longs cheveux auburn en bataille et mal coiffé. La fille leur fit un sourire.

- Bonjour ! Je peux m'asseoir ?

Harry hocha la tête. Il les regarda tour à tour. Lui, ils savaient déjà qui ils étaient et qui ils seraient. Il avait eu des visions sur eux, il savait qu'il s'entendrait bien avec eux au dépit de son entente avec Draco, ce qu'il regretta le plus car il lui ferait payer son amitié avec eux. Cependant, Hermione Granger, car c'était bien elle qui était rentrée dans le compartiment, et Ron seraient les derniers au courant de cela ! Seul 'Cissa et Draco savaient pour son étrange pouvoir et personne d'autre le saurait ! C'est la seule chose qui le lierait à travers les âges avec le blond… Aussi sombres ces années seraient-elles.


A suivre...