Comme d'habitude, je suis complètement nulle pour tenir ce que je dis à propos de mon rythme de publication.
Faisons comme si je n'avais rien dit, d'accord ?
Un chapitre dans lequel il se passe pas mal de choses, encore une fois. Je me bouge pour continuer à écrire, ayant retrouvé de l'inspiration en lisant vos adorables reviews. Vous êtes tous des amours, vous n'avez pas idée à quel point votre soutient compte.
Bref, je me tais et je vous laisse lire.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.


Does he know who you are
Does he laugh, just to know
What he has
Does he know when you're sad
Does he know where your lips begin


Chapitre 12 : Aveux

Emma porta son verre à ses lèvres, prenant une gorgée de whisky. Elle étendit son bras sur le comptoir et jeta un coup d'œil à la pendule du café Granny, qui affichait vingt et une heures passées.

- Bon, soupira-t-elle. On a un problème.

- Vraiment ? se moqua Regina. Tu parles de ma sœur disparue dans la nature avec ses pouvoirs magiques et ses connaissances au sujet de l'échange ? Ou bien de l'Auteur, qui ne va pas tarder à découvrir que tu n'es plus enfermée dans la page et probablement vouloir se venger ? Ou encore du fait qu'il risque de tuer Henry lorsqu'il saura que Zelena a découvert notre secret ?

- Oui, c'est ce que j'entendais par « problème », en effet.

Emma repoussa son verre, s'appuya sur un coude et se tourna vers son amie, qui regardait dans le vide d'un air las.

- Dis-moi, commença-t-elle.

Elle s'interrompit, hésitant à poursuivre.

- Quoi ? la relança la reine.

- Est-ce que tu vas bien ?

Ce n'était pas la question qu'elle avait eu l'intention de poser, mais elle voulait vraiment connaître la réponse.

- Oui, je vais bien. Malgré tout.

Emma prit un instant pour admirer la force de son amie, une des qualités qui l'impressionnait le plus parmi toutes celles qu'elle possédait.

- Est-ce que... Est-ce que tu as envie de refaire l'échange ? demanda-t-elle, osant enfin aborder le sujet.

Regina fronça les sourcils, se mordit la lèvre et parut sur le point de répondre, mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Elle semblait en proie à la plus grande hésitation. Alors qu'elle se redressait, plongeant son regard dans celui de la Sauveuse, la porte du café Granny s'ouvrit à la volée et Henry surgit en criant :

- Maman ! Maman !

Alarmée par son entrée brutale, Emma descendit de son tabouret et s'approcha vivement de son fils. Elle remarqua aussitôt la plume qu'il tenait à la main, et qui était environnée d'une étrange lueur bleutée.

- Où est-ce que t'as trouvé ça ? demanda-t-elle.

Le garçon s'accouda au bar et répondit, le souffle court :

- Je l'ai volé à l'Auteur. Il était dans ton bureau.

Regina s'approcha de son amie, la prenant par le bras pour attirer son attention.

- Tu sais ce que ça signifie ? murmura-t-elle.

- L'Auteur n'a plus de pouvoirs, comprit la Sauveuse. Nous pouvons faire en sorte que tout revienne à la normale.

- Je crois qu'il m'a suivi, intervint Henry. Je suis passé par le raccourci derrière la mairie et je pensais que je l'avais semé mais je crois l'avoir vu qui me suivait il y a pas cinq minutes...

Emma se précipita hors du restaurant, espérant pouvoir attraper Isaac avant qu'il ne parvienne à s'échapper. Comprenant ce qu'elle avait l'intention de faire, Regina la suivit, après avoir ordonné à Leroy – qui prenait son repas chez Granny – d'emmener Henry dans la maison du Sorcier, c'est-à-dire le plus loin possible de l'Auteur. Celui-ci n'était probablement plus en mesure de faire du mal à qui que ce soit, ne disposant plus du pouvoir de la plume, mais elle se méfiait tout de même de ce dont il était capable. C'est pourquoi elle fut profondément soulagée en découvrant qu'Emma tenait Isaac sous l'emprise de sa magie, l'empêchant de prendre la fuite. Regina se rapprocha et fit en sorte que tous trois se matérialisent dans le bureau du Shérif.

- J'espère que la cellule sera à votre goût, se moqua la Sauveuse, en poussant l'Auteur derrière les barreaux.

Elle se tourna ensuite vers Regina, la remerciant du regard.

- Où est Henry ? demanda-t-elle.

- J'ai demandé à Leroy de l'emmener dans la maison du Sorcier.

- Excellente idée. On devrait y aller aussi. Et peut-être prévenir mes parents. L'heure de vérité a sonnée !

Regina acquiesça tout en baissant les yeux, incertaine de ce qu'elle était supposée ressentir.

- C'est terminé, conclut-elle.

Emma sourit à cette réflexion, apparemment rassurée par la tournure qu'avaient pris les évènements.

- Vous auriez pu tout avoir, Regina, intervint l'Auteur.

Il était assis en tailleur sur le lit de sa cellule, une expression sombre et sérieuse sur le visage.

- Il aurait suffit que vous acceptiez ma proposition, poursuivit-il. Vous auriez pu avoir tout ce pourquoi vous vous êtes battue tout au long de votre vie. Grâce à moi, tout était possible. Pensez-y... Pensez à votre plus cher désir. J'en aurais fait une réalité. Mais vous en avez décidé autrement et maintenant... Maintenant, vous savez ce qui vous attend.

- Laissez la tranquille ! s'énerva Emma. Tout ce que vous dites n'est qu'un tissu de mensonges. Et plus rien ne nous oblige à vous écouter.

Regina acquiesça vivement et suivit son amie hors du bureau du Shérif, s'efforçant d'oublier ce qu'elle venait d'entendre.

OooOooOooO

- Echangées ? répéta Blanche, les yeux écarquillés.

Emma hocha la tête en signe d'assentiment. Elle laissa son regard errer jusqu'à l'entrée de la bibliothèque de la maison du Sorcier, dans laquelle elle se trouvait depuis une bonne demi-heure. Elle avait eu le temps de raconter toute l'histoire à l'Apprenti, qui avait élu domicile dans la demeure de son maître, et qui était maintenant occupé à discuter avec Henry de l'étrange phénomène qui s'était produit avec la plume. Elle avait également téléphoné à ses parents pour leur demander de la rejoindre et leur avait enfin avoué la vérité. David accusait le choc, les sourcils haussés, réfléchissant apparemment à toutes les implications de cette révélation.

- Je comprends mieux, soupira Mary-Margaret. J'étais certaine que quelque chose n'allait pas, mais ça... Quand je pense que je...

Elle leva un regard un peu honteux sur Regina, réalisant soudain avec qui elle s'était comportée en mère poule. Henry, lui, secouait la tête, l'air de ne pas y croire.

- J'aurais dû le deviner ! s'exclama-t-il. J'arrive pas à croire que j'ai été aussi aveugle !

- Tout le monde l'a été, fit remarquer Emma.

Elle jeta de nouveau un regard vers l'entrée de la pièce. Elle avait envoyé un SMS à Killian avec son portable, récupéré dans la poche de sa veste rouge, donnant rendez-vous à son ex petit-ami dans la maison du Sorcier et l'informant qu'il allait enfin connaître toute la vérité. Et pourtant, les minutes passaient et il n'arrivait toujours pas...

- En fait, Zelena est la seule à avoir compris ce qui se tramait, s'amusa Regina. Et elle était enfermée.

Blanche prit un air encore plus coupable.

- Je n'ai pas reconnu ma propre fille, s'affligea-t-elle. J'aurais dû comprendre... L'évanouissement, ce comportement distant pendant le dîner juste après, la rupture avec Crochet... Lui non plus ne sait rien, j'imagine ?

- Nous ne pouvions en parler à personne, expliqua Emma.

A cet instant, le mur à l'opposé de la pièce pivota, cédant le passage à deux hommes. Regina fronça les sourcils en découvrant que Killian – qu'elle n'avait déjà vraiment pas envie de voir – était venu avec un invité encore plus indésirable. Voyant le regard que sa « petite-amie » lui lançait, le pirate expliqua :

- J'ai pensé que je n'étais pas le seul à avoir le droit d'entendre la vérité.

- Et je suis de son avis, compléta Robin.

Regina poussa un long soupir de découragement. Elle sentait que c'était à son tour de faire des confidences, bien qu'elle n'en ait pas la moindre envie. Elle se releva donc du fauteuil sur lequel elle était assise et fit face aux deux hommes, qui la suivaient d'un regard prudent.

- Très bien, commença-t-elle. L'Auteur a échangé ma vie avec celle d'Emma, pour des raisons obscures dont je suis certaine qu'il ne me les a pas toutes confiées. Nous ne pouvions pas vous en parler puisque l'Auteur menaçait de tuer Henry si nous refusions de jouer le jeu. Vous avez des questions ?

Les yeux de Killian firent la navette entre la blonde et la brune, l'air d'espérer qu'on lui annonce que c'était une blague.

- Quand ? demanda-t-il finalement. Quand est-ce que c'est arrivé ?

- Le soir où nous sommes parties à la recherche de l'Auteur, expliqua Emma.

Le visage de Crochet se décomposa lorsqu'il se repassa les souvenirs de ce soir-là, du baiser qu'il avait déposé sur les lèvres de celle qu'il croyait être sa petite-amie, de tout le comportement qu'il avait adopté par la suite, de ce qu'il lui avait dit au moment de la rupture...

- Mais, balbutia Robin. Est-ce qu'on peut... Inverser la situation ?

Il semblait, quant à lui, avoir repris espoir.

- C'est ce que nous essayons de déterminer, répondit froidement Regina.

Elle adressa un sourire sadique à Killian, ravie de constater qu'il semblait se sentir humilié et trahi. Elle se tourna ensuite vers l'Apprenti, l'interrogeant du regard. Le vieil homme se redressa et prit un ton professionnel pour répondre à sa question silencieuse :

- Henry est le candidat potentiel que nous recherchions, ce que la plume a mis en évidence. Grâce à la baguette de mon maître, je pense pouvoir nommer officiellement votre fils en tant qu'Auteur. Cela va nécessiter une petite cérémonie, qui n'a pas eu lieu très souvent, étant donné que la passation de cette fonction ne se faisait généralement qu'à la mort de l'Auteur précédent. J'espère que vous avez tous bien conscience des risques.

- C'est ce que tu veux, mon chéri ? s'enquit la reine, toujours soucieuse de prendre en compte les désirs de son enfant. Tu veux devenir Auteur ?

L'adolescent eut un sourire un peu tremblant.

- C'est une grande responsabilité, répondit-il. Et je pense que personne ne devrait avoir un tel pouvoir. Mais vous avez besoin de mon aide, Maman et toi, et je ferais tout mon possible.

Emma descendit de la table sur laquelle elle était assise et vint serrer Henry contre son cœur. Elle releva la tête le temps de tendre la main pour saisir Regina par le bras, l'entraînant avec elle dans l'étreinte. La brune laissa échapper un petit rire ravi et enlaça les deux personnes les plus importantes de sa vie. Un peu plus loin, Robin se pencha vers Crochet et murmura :

- Tu crois que...

- Non. Ta théorie était stupide et tu étais très loin de la vérité. Ne pense plus à ça, camarade.

Le voleur fit la moue mais n'ajouta rien, attendant impatiemment que son ex petite-amie se détache des bras de la blonde, qui ne semblait pas disposée à la laisser partir. Henry finit par protester doucement, écrasé dans l'étreinte de ses deux mères. Celles-ci reculèrent, le laissant respirer. Ils échangèrent tous trois un regard plein de tendresse.

- Il est temps, déclara l'Apprenti.

Il tendit la main, dans laquelle apparut une baguette. Aussitôt, il la brandit au dessus de la tête d'Henry et articula distinctement une formule dans un autre langage, que personne ne comprit excepté Regina. Celle-ci attendit en retenant son souffle, les yeux rivés à son garçon.

- Félicitations, Henry, dit alors l'Apprenti de sa voix grave. Tu es désormais Auteur. Ce travail implique une très grande part de responsabilité, comme tu sembles l'avoir compris. J'espère que tu te montreras digne de la tâche qui t'a été confiée.

- Il le sera, assura Emma, confiante.

Son fils se tourna vers elle, le sourire aux lèvres. Il saisit la plume, qui s'illumina à nouveau avant de redevenir normale, achevant la cérémonie. Il s'approcha ensuite de l'étagère la plus proche et prit un livre aux pages vierges, l'ouvrant sur la table. Tout le monde se rapprocha. Blanche et Charmant se prirent par la main, se rassurant mutuellement à travers ce contact.

- Qu'est-ce que j'écris ? s'enquit Henry.

- Laisse-toi porter par ton inspiration, conseilla l'Apprenti. Tu sais déjà ce qui doit être changé.

L'adolescent acquiesça gravement. Il resserra sa prise sur la plume, la trempa dans l'encrier – que Regina avait eu la présence d'esprit d'aller récupérer dans son bureau – et se pencha sur le volume.

Emma Swan et Regina Mills, libérées des manigances d'Isaac, retrouvent leurs vies respectives. Les modifications apportées par Isaac sont effacées.

Henry inscrivit le point final, satisfait. L'Apprenti approuva d'un hochement de tête.

- Alors ? s'enquit Robin, impatient.

Comme pour répondre à sa question, une lumière soudaine s'échappa du livre, aveuglant toutes les personnes présentes dans la pièce. Lorsque la magie retomba, se dissipant dans l'atmosphère, Emma et Regina étaient étendues sur le sol, évanouies. Les autres se rapprochèrent dans le même mouvement, excepté l'Apprenti, qui resta en retrait pour tout observer. Blanche se pencha sur sa fille, qu'elle voyait de nouveau comme étant sa fille, et posa une main sur son épaule pour la secouer doucement. Du coin de l'œil, elle vit David faire de même avec Regina, et échangea un petit sourire gêné avec lui, craignant d'avance ce que son ancienne ennemie risquait de lui dire à son réveil.

- Ca a marché ? demanda Emma, en émergeant de l'état d'inconscience dans lequel elle avait été momentanément plongée.

- Oui, murmura Mary-Margaret.

Elle serra la jeune femme dans ses bras et souffla à son oreille :

- Je suis désolée de ne pas avoir compris, ma chérie.

- C'est bon, Maman. Ta vie aurait été en danger si tu avais compris. Remercions les talents d'actrice de Regina !

Emma se tourna vers son amie, la tête toujours appuyée contre celle de sa mère. Elle sourit en découvrant que son père aidait la brune à se relever, l'air gêné mais déterminé.

- Regina, commença-t-il, avant de s'éclaircir bruyamment la gorge sans rien ajouter.

- Oui ?

- A propos de ces derniers jours...

- Oui ?

Blanche se leva pour rejoindre son mari, l'air aussi embarrassée que lui.

- Nous espérons que tu ne nous tiendras pas rigueur de notre comportement de parents protecteurs, compléta-t-elle.

Regina éclata de rire, un soupçon moqueuse.

- Protecteurs ? répéta-t-elle. Vous êtes carrément étouffants ! Votre fille a plus de trente ans, vous ne pensez pas qu'il est temps d'arrêter de la materner ?

Captant le regard d'Emma, qui semblait la pousser à l'indulgence, la reine soupira et reprit :

- Ne vous en faites pas, je n'ai pas l'intention de vous reprocher quoi que ce soit, étant donné que ce comportement ne m'était pas destiné. La situation est compliquée pour tout le monde alors je crois que le mieux serait de ne plus en parler. A moins que vous ne vouliez vraiment évoquer les câlins, les surnoms affectueux et cette manie que vous avez de veiller sur votre fille comme si elle avait dix ans...

- C'est bon ! l'interrompit David. Je suis d'accord, le mieux serait de ne plus en parler. Jamais.

- Oublions toute cette histoire, renchérit Mary-Margaret.

Regina acquiesça, un peu triste tout à coup. Elle qui s'était sentie faire partie de la famille se sentait désormais comme une orpheline. Cette pensée la ramena à Emma et elle tourna la tête pour la regarder, se figeant à la vue de la scène qui s'offrait à son regard. Killian n'avait pas attendu plus que nécessaire pour se précipiter sur la blonde et l'étreignait maintenant amoureusement. La reine éprouva un sursaut d'espoir en voyant que son amie tentait de se dégager, mais elle fut vite déçue. Crochet avait de nouveau attiré l'attention de sa petite-amie en lui murmurant des mots doux à l'oreille. Lorsqu'il se pencha pour l'embrasser, Regina se détourna vivement.

- Tout va bien ? s'enquit Robin.

Il avait rejoint la brune, qui se retint de lever les yeux au ciel. Il était la dernière personne au monde qu'elle avait envie de voir.

- Ca allait, jusque là, répliqua-t-elle, sincère.

Le voleur fronça les sourcils.

- J'espère que je ne suis pas responsable de ce changement d'humeur ? s'inquiéta-t-il.

Regina soupira. Elle posa les mains sur ses hanches, captant le regard amusé que Blanche posait sur les vêtements qu'elle portait, et qui étaient toujours ceux d'Emma.

- Il faut qu'on parle, insista Robin, qui désespérait d'obtenir des réponses à ses questions.

- Oui, tu as raison, reconnut la reine.

Elle osa un dernier coup d'œil en direction de la Sauveuse, qui tordait le cou pour regarder dans sa direction.

- Tu vas bien ? demanda David, éprouvant une inhabituelle sollicitude pour celle qu'il considérait comme étant sa fille encore quelques heures auparavant.

Regina acquiesça, le corps un peu tremblant. Elle se tourna vers Robin et le prit par la main, laissant la magie les environner et les emporter loin de la bibliothèque. Au moment où elle disparaissait, elle entendit Henry s'exclamer :

- Sympa ce tailleur, Maman !

Un sourire triste se dessina sur son visage, et tout s'effaça.

OooOooOooO

Regina réapparut dans son bureau et relâcha aussitôt la main de Robin, faisant même plusieurs pas en arrière pour lui exprimer son désir de rester loin de lui. Le voleur comprit le message : l'expression de son visage se mua en un masque de tristesse et de colère.

- Où est-ce qu'on en est ? demanda-t-il.

- Au même point qu'avant de refaire l'échange.

- Mais c'est Emma qui m'a quitté, n'est-ce pas ? D'une façon plutôt cruelle, de plus. Est-ce qu'elle te l'a dit, au moins ?

Regina croisa les bras sur son ventre, adressant à son ex petit-ami son regard le plus menaçant. S'il s'avisait de critiquer Emma, il allait le regretter.

- Oui, j'étais parfaitement au courant, répondit-elle. Quoi qu'elle ait pu te dire, sache que j'aurais dit la même chose.

- C'est faux, protesta Robin. Tu n'es pas comme ça. Et tu m'as pardonné...

Il fit un pas en avant mais s'arrêta aussitôt, refroidit par l'expression de la reine, qui semblait sur le point de lui coller son poing sur la figure.

- Je ne t'ai pas pardonné, rétorqua-t-elle sèchement. J'ai voulu le faire, pour nous donner une seconde chance. Mais cet échange m'a ouvert les yeux sur notre relation et sur les sentiments que tu penses éprouver pour moi.

- Que je pense éprouver ? Tout était vrai, Regina ! J'ai vraiment des sentiments pour toi. Pourquoi crois-tu que je suis là ?

- Tu avais des sentiments pour moi, quand tu couchais avec ma sœur ?

Robin prit un air mi-coupable, mi-énervé.

- Je croyais qu'on avait laissé cette histoire derrière nous, soupira-t-il. Il faut que tu comprennes la situation dans laquelle je me trouvais...

- Cette histoire n'appartiendra jamais au passé. Cet enfant va naître, l'enfant de Zelena, ton enfant. Votre enfant. Tout ça est réel. Tu ne peux pas décemment attendre de moi que je te pardonne.

Regina prit une grande inspiration, tâchant de calmer la colère qui montait en elle. Au cours des derniers jours, cette histoire de trahison et de bébé était devenue très secondaire dans son esprit. Elle ne se sentait plus concernée, voilà tout.

- Ecoute, reprit-elle plus doucement. Je suis passée à autre chose. Et tu ne peux pas me le reprocher, étant donné la vitesse à laquelle tu es passé à autre chose, toi aussi.

- C'est Emma, c'est ça ? demanda Robin, les yeux brillants de colère.

Regina haussa un sourcil, s'efforçant de conserver une expression sereine. Etait-elle si transparente ? Personne ne devait savoir. Et Robin encore moins que les autres.

- Emma ? répéta-t-elle, mimant la surprise.

- Est-ce que... Est-ce qu'il y a quelque chose entre vous ? voulut savoir le voleur, l'air soudain incertain.

Son regard s'était fait suppliant. Il espérait une réponse négative.

- Oui, répliqua aussitôt Regina. Tu veux savoir ce qu'il y a entre nous ? Je vais te le dire : il y a de la confiance. Chose que je n'éprouverai plus jamais envers toi.

- Ce n'était pas le sens de ma question...

- Qu'est-ce que tu crois, au juste ? Tu n'as pas vu Emma dans les bras de Crochet, il y a quelques minutes de ça ?

- Je l'ai vu. Et j'ai vu la douleur dans ton regard.

Regina se détourna. Elle devait trouver quelque chose à dire, sauver les apparences, vite. Si Emma l'apprenait, si Emma savait...

- Je vois, soupira Robin.

Il semblait las, soudain.

- Je garderai ton secret, déclara-t-il. Par respect pour toi, et parce que j'ai de toute évidence beaucoup à me faire pardonner.

Regina n'osa pas lui faire face. Elle craignait que son regard n'en dévoile trop.

- Pars, murmura-t-elle. Je veux être seule.

Sa voix n'avait pas tremblé. Robin hésita un instant, la main tendue vers l'épaule de son ex petite-amie. Puis il comprit que tout était terminé et mesura alors l'étendue des erreurs qu'il avait commises. Il avait eu le plus précieux des trésors et le temps lui avait permis de se rendre compte qu'il ne l'avait pas mérité.

- Je suis désolé, souffla-t-il.

Regina attendit que le bruit de ses pas se soit suffisamment éloigné pour s'effondrer sur son canapé, le corps agité de sanglots douloureux. Elle ne pensait qu'à Emma, la peur de la perdre plus que jamais présente en elle. Cela faisait mal... Trop mal. Elle ne le supportait plus. Peut-être était-il temps de prendre un peu de distance ? Loin des Charmants, loin de la Sauveuse... Se retrouver face à elle-même, chez elle, à nouveau maîtresse de sa propre vie. Oui, c'était ce qu'elle allait faire. Elle en avait besoin.

OooOooOooO

Une semaine s'était écoulée. Emma avait retrouvé sa vie comme si elle ne l'avait jamais quitté, se réjouissant de la complicité qu'elle partageait avec ses parents, de la présence habituelle et réconfortante de Killian et du fait qu'elle n'avait plus besoin de faire semblant d'être quelqu'un d'autre. Après avoir passé une bonne nuit de sommeil pour se remettre de ses émotions, dans les heures qui avaient suivies l'échange, elle avait décidé de passer voir Regina chez elle pour lui proposer de venir dîner au loft. Elle ne voulait pas la laisser seule, pas maintenant qu'elle savait à quoi son existence ressemblait au quotidien, et surtout pas après avoir vu la tendresse exaspérée dans le regard qu'elle avait posé sur les Charmants, dans la bibliothèque. Hélas, Regina avait fait preuve d'une froideur dissimulée sous un air fatigué, prétendant qu'elle avait beaucoup de choses à régler et ni le temps ni l'envie de venir partager un repas avec la « famille parfaite ».

Elle avait prononcé ces derniers mots avec une sorte de haine contenue qui avait blessé Emma. Celle-ci n'avait pas insisté, se promettant de refaire une tentative dans les jours suivants, inquiète de voir Regina se renfermer à nouveau sur elle-même. De retour au loft, elle avait demandé à Henry d'aller rejoindre sa mère adoptive, et le garçon lui avait répondu qu'il en avait justement l'intention. Après lui avoir fait promettre de veiller sur Regina, Emma s'était sentie un peu plus légère. Elle avait tenté de ne pas paniquer, de laisser le temps à son amie de retrouver elle aussi sa vie. Le lendemain, en rentrant à la maison après une journée au bureau du Shérif, la Sauveuse avait trouvé un carton qui l'attendait dans sa chambre. Il contenait les vêtements que Regina avait porté lorsque l'échange avait été refait – soigneusement pliés et sentant bon la lessive – ainsi que le pyjama en soie qu'Emma lui avait confié adorer. Le tout était accompagné d'un mot.

Emma,
Je te fais parvenir tes affaires, ainsi que ce pyjama dont je te fais cadeau, et m'excuse de ne pas te les remettre en main propre. J'ai besoin de temps pour réorganiser mon existence, qui comme tu le sais a subi un certain nombre de bouleversements.
Je sais que tout ira bien de ton côté.
Amicalement,
Regina.

Emma avait froncé les sourcils, surprise par la phrase précédant la formule de politesse. Les mots de l'Auteur – qui se trouvait maintenant dans la cellule qu'avait anciennement occupée Zelena – lui étaient revenus en tête.

Sans vous, Regina aurait une meilleure vie à retrouver.

C'était la vérité. Regina s'était-elle fait la même réflexion, une fois revenue à sa vie ? Que voulait-elle dire par « tout ira bien de ton côté » ? De son côté à elle, comment iraient les choses ? Emma craignait de trop bien le savoir... Tout comme elle craignait de connaître la responsable de cette situation, et qui n'était autre qu'elle-même. Regina lui en voulait-elle encore ?

Vous pensez que Regina vous veut à ses côtés ? Qu'elle a besoin de vous ?

Emma s'était sentie désespérée en se remémorant ces mots. Car cette petite lettre que Regina lui avait laissée ressemblait à un adieu, comme si désormais elle pouvait se passer de leur amitié. Comme si elle avait besoin d'être loin d'elle pour se retrouver. Comme si la complicité qu'elles avaient partagée au cours des dernières semaines n'avait été due qu'à l'échange, à la situation dans laquelle elles se trouvaient à ce moment-là.

Tout en refoulant le mélange de tristesse et de colère qu'elle ressentait, Emma avait mis de côté les vêtements de Regina et s'était empressée de les ranger dans le carton, qu'elle était allée déposer devant la porte de la maison du maire. Puis elle s'était enfuie comme une voleuse, craignant de croiser le regard de son amie si elle devait y lire du mépris plutôt que cette tendresse affectueuse à laquelle elle s'était habituée. Ce soir-là, Emma était allée se coucher plus tôt que d'habitude, se sentant étouffer dans l'atmosphère confinée du loft. Elle avait enfilé le pyjama en soie et, une fois allongée sous les couvertures, s'était surprise à pleurer. Elle qui était supposée avoir tout retrouvé se sentait comme si elle avait tout perdu.

OooOooOooO

- Regina ! Je sais que tu es là ! Ouvre-moi !

Emma frappa contre la porte du bureau du maire. Elle attendit un instant, l'oreille tendue. Il lui semblait percevoir une respiration, mais c'était peut-être seulement son imagination.

- Regina..., murmura-t-elle. S'il te plait, je veux seulement qu'on discute. J'ai croisé Belle et elle m'a dit que tu lui avais rendu ses livres. Je pensais que tu voudrais m'attendre pour ça. On aurait pu y aller ensemble et expliquer toute la situation à Belle, même si finalement ces recherches n'ont jamais rien donné... Tu sais, elles me manquent, ces recherches.

Emma reprit sa respiration et ajouta très vite, avant de ne plus s'en sentir capable :

- En fait, les recherches, je m'en fous complètement. C'est toi qui me manque.

Il lui sembla percevoir un bruit étouffé, comme un sanglot.

- Regina, murmura-t-elle encore. S'il te plait, ouvre-moi.

Silence complet. La Sauveuse s'adossa à la porte et se laissa tomber sur le sol, vaincue par la détresse qu'elle ressentait et qui s'intensifiait de jour en jour, sans qu'elle n'y puisse rien.

- Il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit, reprit-elle à voix basse. Quand j'étais enfermée dans la page, dans le jardin ou peu importe ce qu'était cet endroit... Bref, quand j'étais là-bas, Isaac est venu me voir. Il a dit que tu me méprisais. Que tu n'avais pas besoin de moi, que tu ne voulais pas de mon amitié. J'ai besoin de savoir si c'est vrai.

Emma ferma les yeux.

- Parfois, j'ai l'impression que tu m'apprécies, poursuivit-elle doucement. Je me dis que tu m'as offert ton pyjama, que tu es venue me chercher quand je me suis enfermée toute seule comme une idiote dans cette fichue page, que tu as protégé ma relation avec Killian autant que tu l'as pu même si moi j'ai mal agi avec Robin...

De l'autre côté de la porte, Regina se figea, la main à quelques centimètres de la poignée.

- Mais si tu n'ouvres pas cette porte, alors que je sais que tu es juste là, alors ça voudra dire que cette amitié qui compte tellement pour moi n'a pas compté pour toi. Que je me suis trompée et que tu ne m'apprécies pas.

Emma attendit, espérant que ses derniers mots produiraient l'effet qu'elle attendait. Plusieurs minutes passèrent, dans un silence pesant. Elle finit par se relever, ravalant un sanglot, et décida de laisser Regina bouder si elle en avait l'intention. Pourquoi se souciait-elle de ce qu'elle pensait de toute façon ? Elle non plus n'avait pas besoin de cette amitié. Mais à qui je compte faire croire une bêtise pareille, songea Emma, agacée par son propre sentimentalisme. Mais c'était plus fort qu'elle. Deux semaines sans Regina et elle devenait folle à force de s'inquiéter et de faire des théories. Elle s'était même mise à harceler Henry, dès qu'il rentrait de chez sa mère adoptive, lui demandant chaque détail sur tout ce que la reine avait pu dire ou faire. C'était en train de tourner à l'obsession. Et c'était ridicule.

- Tu te trompes ! s'exclama-t-elle soudain, énervée. Tu disais que tout irait bien pour moi mais c'est faux !

Emma posa la tête contre la porte.

- Je ne peux pas être heureuse si toi tu ne l'es pas, avoua-t-elle, troublée par cette vérité.

Elle fit volte-face et s'en alla vivement, le cœur battant à cent à l'heure. En descendant les escaliers de la mairie, son téléphone sonna et elle s'empressa de décrocher, les mains tremblantes. C'était Killian, qui lui proposait de la rejoindre au port. Elle lui assura qu'elle venait immédiatement, sautant sur l'occasion pour penser à autre chose.

Quelques pas plus loin, derrière la porte de son bureau, Regina se laissa tomber au sol à son tour, des larmes plein les yeux. Et puis, soudain, elle se redressa, une détermination nouvelle l'envahissant. Alors qu'elle allait se précipiter dans le couloir pour rejoindre Emma et tout lui avouer, une voix retentit dans son dos, la faisant sursauter.

- Alors là, soeurette, il va falloir que tu m'expliques.


Si t'aimes pas mes fins tape dans tes mains… Clap clap !
( Je sais, c'était déjà ma petite blague sur Hindsight. Que voulez-vous, on se refait pas…)
Ne me haïssez pas. Le prochain chapitre arrivera en avance (normalement) et il marquera une nette amélioration dans la relation d'Emma et Regina (et ça c'est certain). Merci de votre patience et de votre soutient, vous êtes tous des amours. On se retrouve très vite pour la suite !