Bonjour à tous, cela fait un bail ! Alors voilà je vais commencer par le commencement. Non je ne compte pas abandonner cette fiction, j'ai horreur des travaux inachevés, mais voilà le fait est que je sors tout juste d'une longue traversée du désert qui a duré 1 an. Je vis dans une région dont je ne suis pas originaire, j'ai quitté ma famille pour faire mes études auprès d'un jeune homme que je connais depuis l'âge de mes 13 ans et avec qui j'ai passé 9 ans de ma vie, or quand cette personne m'a quittée je me suis retrouvée totalement seule dans une ville qui m'était étrangère, sans famille et sans réels amis, car les seuls amis que j'avais étaient également les siens. Bref je sais bien qu'on se fout pas mal de ma petite vie, c'était juste pour vous expliquer le pourquoi du comment de mes non-publications. Je n'avais plus le courage de faire quoi que ce soit pour être honnête, mais bon maintenant tout va mieux donc je vais essayer de reprendre là où j'en étais, même si cela va s'avérer difficile, depuis le temps que je n'ai pas tapé sur un clavier…..Nous verrons bien, j'espère que vous ne serez pas déçus ! Ce chapitre sera certainement plus court que les précédents mais j'espère qu'il vous plaira autant.

Peeta est en train de border Prim qui regarde la télé sur notre canapé. Il lui pose avec délicatesse un plaid sur les épaules avant de lui servir une tasse fumante de thé. Je le regarde faire sans dire un mot. Je suis mal-à-l'aise. J'ignore quoi faire en cet instant. Je vais épouser ce garçon dans une malheureuse petite semaine. Garçon que je n'ai pas choisi d'épouser. Garçon des pains. Garçon qui a sauvé ma vie ainsi que celle de Prim. Garçon que je n'aurai certainement jamais épousé s'il n'avait pas sauvé ma sœur. Garçon qui est amoureux de moi depuis ses cinq ans. Garçon que Gale hait plus que tout. Garçon pour qui j'ai certainement une affection particulière mais que je n'aime pas.

Non je ne l'aime pas. Je le connais à peine. Et pourtant je dois faire comme si j'éprouvais réellement des sentiments amoureux envers lui. Cela fait partie du marché conclu avec son paternel. Sans compter le fait que je vais devoir aller vivre chez lui avec ma sœur. Comment vais-je expliquer cela à Gale sans déclencher une catastrophe ? Comment lui dire que je me suis vendue aux Mellarks ? Gale sera fou de rage. Comment ai-je pu en arriver là ? Comment ai-je pu me mettre dans une situation aussi apocalyptique ?

- KATNISS !

Je sursaute. J'étais totalement absorbée par mes sombres pensées. Prim me regarde avec l'air d'attendre une réponse, tandis que Peeta me fixe avec des yeux compatissants.

- Qu'y-a-t-il petit canard ? je réponds l'esprit encore troublé.

- Peeta a proposé de nous confectionner des petits pains et il voulait savoir si nous les voulions nature ou au fromage. Je voulais savoir ce que tu préférais, c'est pour ça que ça va faire maintenant une éternité que je t'appelle dans le vide pendant que tu rêvasses ! me dit mon petit canard sur un ton de reproche.

- Au fromage, je réponds distraitement.

J'entends Peeta et Prim échanger quelques mots auxquels je ne prête pas attention puis je sens Peeta s'approcher de moi.

- Tu veux bien me donner un coup de main Katniss ? me demande-t-il avec une voix pleine de sous-entendus.

J'acquiesce dans un murmure avant de le suivre jusqu'à ma cuisine, laissant Prim regarder la télé dans le salon. À peine arrivés dans la cuisine, Peeta se retourne vers moi le visage inquiet.

- Tout va bien Katniss ? m'interroge-t-il en posant une paume chaude sur ma joue.

Ma voix est tellement fluette et tremblante que je ne la reconnais plus lorsque je m'adresse à lui.

- Euh…oui je vais bien…..Prim va mieux alors ça va….pourquoi tu….

- Je ne sais pas, on aurait dit que tu te sentais mal tout à l'heure. Est-ce que tu es fatiguée ? As-tu mal quelque part ? me questionne-t-il tout en passant sa main sur mon front comme pour juger de ma température.

- Je vais bien, je lui assure essayant de retrouver un timbre normal.

- Katniss si jamais tu te sens mal, tu dois me le dire, tu n'as pas à te cacher, je m'occuperai de toi. Si toi aussi tu as attrapé la grippe je prendrai soin de ta sœur et toi, tu n'as pas à t'en faire. Me déclare-t-il avec solennité, ses pupilles cherchant les miennes.

- Je t'assure je vais très bien, c'est juste que je suis inquiète pour Prim et que j'ai passé une nuit difficile. Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi.

J'essaie de mettre le maximum de conviction lorsque je prononce ces mots afin qu'il cesse de me passer au tamis avec ces questions. Peeta semble me croire car je l'entends soupirer de soulagement avant de le sentir passer ses bras chauds et puissants autour de moi. Je reste immobile, mon corps tendu et ma respiration saccadée. Peeta inhale mon odeur, son nez fourré dans mes cheveux en bataille. Sa prise se resserre sur moi, comme s'il ne voulait plus me laisser partir. Les vibrations de sa voix chatouillent mon oreille lorsque je l'entends me dire avec un sérieux que je n'ai pu observer que rarement chez lui.

- Ne me dis pas de ne pas m'inquiéter pour toi. J'en suis incapable. Je m'inquièterai toujours pour toi Katniss.

Je ne réponds rien à cela car à vrai dire je n'ai rien à répondre. Ce sentiment de malaise ressenti tout à l'heure ne me quitte pas, au contraire il s'accroît et me rend fébrile, c'est pourquoi je ne me dégage pas de l'emprise de Peeta. Je crains trop de tomber si mon corps quitte ses bras. Peeta me sert d'appui, et apparemment il continuera à me servir d'appui pour l'avenir. Après tout, c'est en partie pour ça que j'ai accepté ce marché de dupes avec son père, afin d'utiliser de l'utiliser comme soutien. Je sais que c'est cruel et matérialiste de ma part de penser ainsi, mais malheureusement je n'y peux rien c'est ainsi. Peeta est désormais l'élément indispensable qui ouvrira de nouveaux horizons à Prim. Il n'est que le vil pion dans le jeu que son père et moi avons instauré. Oh je devrais ressentir de la culpabilité, de la peine, de la compassion pour ce pauvre infortuné amoureux transi qui ignore tout des enjeux de notre future union ! Mais tant de bons sentiments, ça ne me ressemble pas. Je suis bien trop préoccupée par l'avenir de ma sœur pour me soucier de l'éthique.

Je laisse encore Peeta me caresser les cheveux avec tendresse pendant un moment, le temps de reprendre mes forces et de recouvrer suffisamment de présence d'esprit pour jouer le rôle que l'on m'a assigné. Enfin lorsque je me sens mieux, je quitte doucement les bras du garçon des pains.

- Nous devrions préparer les petits pains si nous ne voulons pas que Prim s'impatiente. Prim n'est pas d'un naturel patient, je souffle feignant un sourire timide.

- Oui bien sûr Katniss. Je m'y mets de suite, me répond Peeta avec entrain.

Je sors les ustensiles nécessaire à la conception de nos pains et regarde Peeta mélanger rapidement les ingrédients et pétrir avec adresse la pâte. Comme lorsqu'il dessine, il paraît extrêmement concentré, bien qu'il dessine et cuisine avec une aisance qui lui est propre. Pendant qu'il est à son œuvre, je fais semblant de découper des dés de fromage, tout en l'observant attentivement. Comme je le ferai avec une proie, je le détaille scrupuleusement. Ses sourcils sont légèrement froncés, ses épaules roulent à chaque mouvement pour pétrir la pâte, et ses biceps se contractent faisant ainsi ressortir la musculature acquis par des années de pratique. Il pourrait très certainement me briser un os rien qu'à la force de ses bras, fort heureusement pour moi, d'après ce que je connais de lui, jamais il ne ferait cela, même en colère. Mes yeux s'arrêtent sur les quelques bleus qui parsèment ses bras. Peeta à la carrure d'un loup mais le caractère d'un agneau, et c'est tant mieux ! Pour le bien-être de Prim et le mien, j'ai tout intérêt à ce qu'il soit un agneau, car je ne supporterai pas qu'il nous fasse subir ce que sa folle de mère lui fait subir. Je serai capable de tuer quiconque s'en prendrait à ma petite sœur ! Mon inspection ne semble pas avoir échappé à mon futur « époux » car je sens des yeux inquisiteurs se poser sur moi.

- Qu'est-ce qu'il y a Katniss ? m'interroge-t-il un sourire en coin.

Surprise d'avoir été prise sur le fait, je me mets à rougir bêtement et c'est piteusement que je rétorque :

- Ri….Rien. Pourquoi ?

- Je ne sais pas, tu me fixais étrangement, lâche Peeta sans se départir de son sourire.

- Désolée, je ne me rendais pas compte, je marmonne gênée.

- Oh ne t'excuse pas, ça ne me dérange pas. Bien au contraire. Je suis plus que flatté de savoir que tu m'observes avec autant d'attention, déclare-t-il, son visage clairement fendu par un sourire sincère.

- Je…..je vais voir si Prim n'a besoin de rien, j'esquive.

- Tu te défiles Katniss….répond le garçon des pains.

Je fais mine de ne rien entendre, me lève avec un peu trop de précipitation, et file dans le salon sous les yeux rieurs de Peeta. Arrivée dans le salon, je trouve mon petit canard à la même place, en train de regarder je ne sais quelle émission absurde du Capitole. Je m'assois près d'elle et lui ouvre mes bras afin qu'elle vienne s'y blottir. Ce qu'elle fait immédiatement. Je lui caresse alors tendrement les cheveux et m'enquit de son état.

- Tu te sens mieux petit canard ?

- Oui beaucoup mieux. Grâce à toi et Peeta. Merci Katniss….me souffle-t-elle.

- Tant mieux alors, j'en suis heureuse. Je me suis faite beaucoup de soucis. Je lui avoue sans détour.

- Je sais. Je suis désolée.

- Tu n'as pas à être désolée de quoi que ce soit Prim, je lui assure.

Ma petite sœur esquisse un petit sourire et se blottit d'avantage contre moi. Je commence alors à lui chanter la berceuse qu'elle aime tant.

- Katniss comment as-tu fait pour payer le médecin et les médicaments ? me questionne soudainement ma sœur.

À cette question je me fige quelques instants avant de reprendre contenance. Je ne peux pas dire que c'est moi car Prim est maline et elle connait parfaitement la situation précaire dans laquelle nous sommes. Le mieux est de lui dire la vérité, ou du moins une partie. De toute façon dans une semaine nous devrons vivre avec Peeta et je devrais l'épouser alors autant lui dire maintenant. Je ne peux pas avouer à ma sœur que je me suis vendue, elle en souffrirait trop. Devant elle aussi, je vais devoir jouer la comédie de l'amoureuse, pour son bien-être. Je me résous à répondre avec prudence.

- C'est Peeta qui a payé.

- Peeta ? répète-t-elle.

- Oui, je confirme.

- Je ne suis qu'à moitié surprise en fait…je pense qu'il doit beaucoup tenir à toi Katniss, pour faire tout ce qu'il a fait, déclare Prim.

- Oui…..sans doute, je couine.

- Oh Katniss, il n'y a aucun doute ! Personne n'agirait ainsi pour quelqu'un d'autre s'il n'était pas un tant soit peu intéressé par la personne. Et je ne doute pas que Peeta est intéressé par toi ! Ne vois-tu donc pas la façon dont il te regarde ?! s'exclame ma sœur.

Face à sa réaction, je me dis que c'est peut-être le bon moment. Le bon moment pour l'emmener sur le terrain sur lequel je comptais l'emmener.

- Oui sûrement…Prim que penses-tu de…..Peeta ?

- Je l'aime beaucoup Katniss ! Je le trouve formidable ! Il est tellement gentil, prévenant, drôle, ses gâteaux sont une merveille et en plus il est joli garçon ce qui ne gâte rien ! La question ce serait plutôt qu'est-ce que TOI tu penses de lui ?! répond ma sœur avec un regard rempli de sous-entendus.

Ce que moi je pense de Peeta Mellark ? Vaste question depuis que je suis contrainte de marier avec lui ! Tout ce que j'éprouve pour lui est confus. Il y a quelques heures j'aurais sûrement dit que c'est un garçon plein de bons sentiments, gentil, drôle, attentionné et aux multiples talents mais maintenant je ne sais plus trop quoi dire, c'est pourquoi je choisis la voie de la facilité.

- Heu…..tout pareil que toi ! je me contente de répondre.

- Toujours aussi avare de compliments…Est-ce que vous sortez ensemble ? m'interroge Prim avec des yeux avides.

- Pas vraiment…je marmonne mal-à-l'aise.

Ma sœur m'a tendu la perche, il ne me reste plus qu'à la saisir.

- Mais…mais si je…..si j'étais…enfin je veux dire, si j'étais avec lui…..vraiment avec lui, tu en penserais quoi ? je balbutie.

Je suis affreusement confuse, aborder un sujet comme celui des garçons, avec ma petite sœur, je n'ai pas l'habitude. C'est atrocement gênant. Prim ne semble pas remarquer ma gêne, et elle réfléchit un court instant avant de répondre à ma question.

- Tu sais Katniss, j'adore Peeta, vraiment, et je serai très heureuse que tu sois avec lui, mais uniquement si c'est ce que tu veux toi aussi. Ce qui compte pour moi c'est ton bonheur.

Je souris tendrement et serre ma sœur dans mes bras. Ma douce et tendre Prim, je ne peux décemment pas lui dire la vérité, elle se sentirait bien trop coupable. Je vais devoir jouer mon rôle à la perfection et faire semblant d'aimer sincèrement Peeta si je ne veux pas que ma sœur découvre la vérité et qu'elle soit malheureuse.

- Alors est-ce que c'est ce que tu veux Katniss ? Être avec Peeta ?

- Oui, je réponds en essayant de mettre le plus de conviction possible dans ce seul mot.

Notre étreinte fraternelle est interrompue par Peeta qui nous rejoint dans le salon.

- Les pains seront bientôt chauds mesdemoiselles Everdeen, puis-je vous servir un rafraîchissement en attendant ?

- Tu sais préparer du thé glacé ? lui demande Prim.

Peeta porte une main sur son cœur, un air faussement offusqué sur le visage.

- Comment ? Vous doutez de mes capacités d'homme à tout faire Miss Everdeen ?! Sachez que je suis en mesure de tout préparer et de tout faire pour combler vos envies ! Vos désirs sont des ordres ! s'écrie-t-il à la blague.

Prim rit, et la voir rire ainsi après m'être autant inquiétée me soulage et je le reconnais me contamine. Mes lèvres s'étirent en un sourire franc en direction de Peeta. Je lui suis reconnaissante d'avoir sauvé ma sœur, même si cela doit m'ôter la liberté, mais je lui suis également reconnaissante de la faire rire comme il le fait à l'instant.

- Bon je vais vous préparer ça, nous annonce Peeta en souriant.

- Tu as besoin d'aide ? je lui propose, un peu embêtée à l'idée de le laisser tout faire tout seule depuis hier.

- Oui bien sûr, si tu veux ! me répond-t-il le visage rayonnant.

J'embrasse Prim sur le front et la laisse devant son émission pour aller filer un coup de main à Peeta en cuisine.

- Je vais sortir les pains du four, je te laisse faire infuser du thé qu'on placera ensuite dans ton frigo, m'indique-t-il.

- Ok.

Je fais donc infuser du thé pendant que Peeta vérifie que ses pains son chauds. Il les sort du four et l'arôme du pain et du fromage se répand dans toute la pièce, chatouillant mes narines de leur agréable parfum. Je me lèche les babines d'avance ! Mon thé fini d'infusé je le transvase dans une carafe que je place dans le frigidaire. Peeta fait réchauffer la soupe qu'il a préparée avec son père hier soir, et j'avoue que maintenant que je n'ai plus rien à faire à part attendre, je me sens un peu bête. Il se retourne vers moi et me lance une œillade bienveillante.

- Si tu as fini Katniss tu peux rejoindre Prim, je vous apporterai le tout dès que ce sera prêt, me propose-t-il.

- Non je vais t'aider à tout porter, je contre.

- Merci, c'est gentil.

Le ton de sa voix respire la gentillesse et la douceur, Peeta se plie en quatre pour nous. Il m'adresse un doux sourire avant de s'en retourner à ses fourneaux.

- Peeta…

- Oui ?

Il me fait à nouveau face, ses prunelles azures me fixant avec attention.

- C'est à moi de te remercier. De ce que tu as fait. Pour Prim, je lâche, mes yeux rivés aux siens.

Cette fois-ci les pupilles bleues océan de Peeta me fixent avec intensité. Il délaisse sa tambouille pour s'approcher de moi. Il se place devant moi, son corps à quelques centimètres du mien.

- Tu n'as pas à me remercier Katniss, murmure-t-il d'une voix rauque.

- Si je le dois, tu n'étais pas obligé de le faire, je proteste.

Peeta prend entre ses doigts une de mes mèches de cheveux et la fait glisser le long de ses doigts. Il est si près de moi que je peux sentir sa respiration balayer mon visage. Je peux inhaler son odeur de cannelle qui le suit partout. Je peux voir cette rangée incroyable de longs cils blonds s'agiter dès lors qu'il cligne des yeux. Je peux compter chacune des petites taches de rousseur qui parsèment son nez.

- Katniss j'apprécie beaucoup Prim, c'est une petite fille tellement adorable, et je l'apprécie d'autant plus car je sais combien elle est importante pour toi. Je ne supporterai pas qu'il lui arrive malheur. Tu dois comprendre que les personnes qui sont importantes pour toi deviennent importantes pour moi, déclare-t-il d'une voix si douce qu'on croirait une berceuse.

- Pourquoi ? je ne peux m'empêcher de l'interroger.

Peeta émet un petit rire sourd qui manifeste combien cela paraît évident pour lui, et c'est dans un murmure qu'il me répond :

- Ça me semble évident Katniss….Je ne veux rien d'autre que ton bonheur et je sais que ton bonheur passe par le bien-être des gens que tu aimes.

- Pourquoi veux-tu mon bonheur ?

- Parce que si tu es heureuse, je suis heureux. C'est pourquoi tu n'as pas à me remercier. Si tu es d'accord je prendrai toujours soin de toi et de ta sœur Katniss, toujours, car tu es tout ce que je veux, tout ce que j'aime et que rien ne compte hormis on bonheur.

Face à cette déclaration je me sens toute chamboulée. Les mots de Peeta m'ont réellement touché, car il leur a insufflé tellement d'amour, de dévotion et de sincérité, que je ne peux qu'être bouleversée. Je dois avouer que je suis attendrie, alors c'est sans calcul, aucun, que je franchis les quelques centimètres qui nous séparent pour sceller avec légèreté mes lèvres aux siennes. Peeta les accueille avec la tendresse qui le définit, ses paumes chaudes se posent sur mes joues qu'il caresse avec ses pouces. C'est un tourbillon de sensations qui naît alors en moi, comme une étrange chaleur qui se répand dans tout mon corps. Tous mes muscles s'engourdissent, j'ai des fourmilles dans les jambes, et une étrange faim se fait ressentir. De quoi ai-je faim au juste ? Son odeur délicieuse de cannelle m'enveloppant n'aidant pas, je n'arrive plus à discerner clairement les choses. Je crois que j'ai faim de lui ? De lui ? Je ne comprends pas. Tout ce que je sais, c'est que muée par cette faim qui me tord le ventre ma langue a passé la barrière de ses lèvres et que nos langues exercent un ballet nouveau.

Ces dernières se caressent mutuellement avec une exquise lenteur. C'est mon premier vrai baiser, enfin je veux dire, le premier baiser où la langue d'un autre vient s'entremêler à la mienne. C'est agréable, le problème c'est que cet échange a comme allumé un incendie en moi, me faisant totalement perdre la notion de ce qui m'entoure. Je réalise que mes mains sont en train de fourrager les cheveux de Peeta au moment où celui-ci met fin à notre baiser pour me regarder avec un air mi- surpris, mi- ravi et je ne sais pas trop mi- excité ? À ce moment-là je me dis que je me suis peut-être un peu trop laissée emporter par mon attendrissement…