31 décembre.
Hermione a peigné ses cheveux pendant une heure, avec toute sorte de potions et d'onguents, pour qu'ils soient lisses et brillants. Elle a posé quelques fards sur ses paupières, du rouge sur ses lèvres, une tiare de petites perles rouges sur sa tête. Face à son miroir, elle semble se revoir il y a 24 ans, au bras de Viktor Krum, quand enfin, pour la première fois, on l'avait non plus regardé comme un rat de bibliothèque, mais comme une vraie femme. Sa robe de satin rouge était un peu encombrante, mais cette création de Tinsard et Brodette mettait en valeur son teint et un port de tête qu'elle espérait altier.

Elle descendit les escaliers. Rose avait une jolie robe d'un violet profond, comme celle d'Albus, en plus féminine. Hugo portait une robe bleue nuit, James avait choisi des broderies or sur la robe que son père avait porté il y a 24 ans. Il était déjà grand, elle lui allait plutôt bien. Personne ne l'aurait soupçonné si coquet. Harry et Ron portait des robes noires et grises, sobres et elegantes. Et Ginny... Oh Ginny. A cet instant, Hermione la détestait.

Le poids qu'elle avait pris depuis qu'elle avait abandonné le sport était gracieusement dissimulé sous des cascades de tulles et de dentelles noirs d'une robe bustier mettant avantageusement en valeur sa poitrine. Ses cheveux étaient relevés en un délicat chignon maintenu par un ruban de dentelle noir. Elle était superbe. Simple, mais rayonnante, comme toujours. Comme toujours depuis qu'elles étaient adultes, elle allait éclipser son amie.

"Oh Hermione tu es superbe !" s'écria Ginny, la trop jolie Ginny, en courant l'embrasser.
"T'as pas un peu grossi ?" lâcha Ron.

Sous le regard assassin de sa soeur, il s'empressa d'ajouter "mais, heu... ça te va bien !".

Hermione l'ignora, royalement.

La salle des fêtes était bondée. Immense, toute dorée, du sol au plafond. Elfes libres et sorciers se mélangeaient dans l'allégresse générale. La "joyeuse" bande serrait les mains qui passaient, embrassaient les joues connues, faisait des signes respectueux aux vagues connaissances. "Bonjour Madame Weasley, bonjour Monsieur Weasley, bonjour Madame Potter, bonjour Monsieur Potter ! Je suis heureux de vous revoir ! » lança une petite tête blonde en s'approchant d'eux. Il avait les cheveux gominés, et une robe de soie verte foncée, presque noire, très brillante et soyeuse. Il rejoignit Albus et Rose près du buffet, qu'ils attaquèrent ensemble. Tout de suite après cette apparition, on chercha les Malfoy du regard, presque automatiquement. On comprit qu'ils entraient lorsque l'assistance se tut, que les éclats de rire laissèrent place aux rumeurs et aux murmures.

Au bras d'un Draco plus pâle que la mort, dans une élégante robe de soie noire très cintrée, Astoria resplendissait. Elle portait une robe verte émeraude à la fois très près du corps, et au bas très évasé, pour danser sans doute. Un immense décolleté dans le dos laissait voir des omoplates un peu trop saillants, mais surtout que Draco gardait toujours sa main livide sur la peau d'abricot de son épouse.

Après avoir serré quelques rares mains tendues, ils s'assirent dans un divan non loin des Potter-Weasley. En tout cas assez près pour que ces derniers entendent Astoria supplier son mari d'aller danser sur l'une des chansons des MagicDeadalives. "Alleeeez Draco (on eut dit une petite fille), viens, c'est la chanson de notre mariage ! S'il-te-plait...". A contrecœur il se levait. Ce n'était pas danser qui le gênait, c'était le public, ce public qui, bien sur !, ne lui voulait pas du bien.

Pourtant, petit à petit, au fil de la danse, les couples formés sur la piste semblaient cesser d'exister. Les Malfoy mélangeaient tango, rock endiablé, valse, slow... Un mélange improbable, mais ils ne se quittaient jamais des yeux, de leurs yeux si amoureux...

Hermione, dans les bras de son mari qui la faisait tournoyer mollement, eut un petit hoquet de dégout, à peine perceptible.