Disclaimer : rien n'est à moi
Note de la traductrice : je sais, ça fait un certain temps que je n'ai pas updaté, et en plus, je ne vais pas répondre aux reviews cette fois ci... Ne me lancez pas de pierres, pitié ! Je vous promets de me faire pardonner (très vite, si tout se passe comme prévu ; )
Chapitre Douze
Harry prononça les incantations qui permettraient à Narcissa d'entrer chez les Dursley, puis entra dans la maison, suivi par Draco et une Narcissa invisible. Il jurait à voix basse, se demandant comment il avait fait pour se retrouver dans une situation pareille.
Narcissa retira la cape dès qu'elle fut entrée dans la cuisine, ce qui se révéla être une mauvaise idée, car Petunia sortait justement de la cuisine pour voir qui entrait.
« Harry? » interrogea Petunia.
« C'est la mère de Malfoy, » dit brièvement Harry. La situation était bien trop surréaliste pour ne serait ce qu'envisager de faire des présentations formelles. Il ricana en voyant les deux femmes se lancer des regards dédaigneux.
« Vous avez quelque chose en commun, toutes les deux, » dit il malicieusement. « Vous avez toutes les deux élevé des enfants gâtés qui se sont beaucoup amusés à me pourrir la vie pendant toute mon enfance. Vous devriez vous féliciter l'une l'autre pour un travail bien fait. »
« Potter! » siffla Draco, alors que les deux femmes le regardaient, choquées.
Harry ferma les yeux et inspira profondément. Il avait probablement passé un peu trop de temps avec Snape cet après midi. « Désolé, » marmonna-t-il.
« Ton oncle rentre bientôt, » dit Petunia d'un ton sec.
« Génial, » répondit Harry, avant de se tourner et de monter les escaliers. Il entra dans sa chambre et se laissa tomber sur son lit, pensant laisser Draco présenter Victoria à sa grand-mère.
Cependant, les choses ne se passèrent pas comme il l'avait prévu. A peine entrés dans la chambre, Draco et Narcissa se figèrent, le regard fixé sur Fumsec. Harry devait le reconnaître, c'était un oiseau impressionnant, mais il semblait totalement déplacé dans cette petite chambre. Winky ferma tranquillement la porte et amena Victoria à Harry avant de retourner s'asseoir dans un coin de la pièce.
Draco quitta finalement Fumsec du regard pour se tourner vers Harry. « Où est ce que tu as trouvé un phénix ? »
« Il était à Dumbledore, » répondit Harry. « Apparemment, maintenant il est à moi. »
« Il semblerait que je vous ai sous estimé, » dit Narcissa, regardant Harry, stupéfaite.
Harry haussa les épaules, ignorant sa remarque, mais elle ne semblait pas accepter cela.
« Monsieur Potter, les phénix ne se soumettront qu'à un sorcier extrêmement puissant, » insista Narcissa.
Harry haussa de nouveau les épaules. Il était à peu près certain que Hermione lui avait déjà dit quelque chose du genre. On lui avait déjà dit qu'il était puissant, mais il n'était pas vraiment sûr de ce que cela signifiait. Il n'avait même pas encore dix-sept ans, et il lui restait encore une année à Poudlard. Ce n'était pas comme si il était réellement incroyable ou quoi que ce soit. Et de toutes façons, ce n'était pas quelque chose dont il avait envie de discuter avec Narcissa.
« Tu n'en à rien à faire, Potter? » demanda Draco, incrédule, comme Harry restait silencieux.
« Rien à faire de quoi? » demanda Harry. « Fumsec est avec moi seulement parce que Dumbledore me l'a laissé, ou un truc du genre. Il est avec moi parce que je suis l'icône de la Lumière, » dit il d'un ton sarcastique. « Ça n'a rien à voir avec mes capacités en tant que sorcier. »
Fumsec chanta quelques notes d'un air réprobateur, et Harry se demanda comment le phénix pouvait arriver à faire ce genre de chose, ou si c'était seulement son imagination. « Désolé, Fumsec, » dit il néanmoins.
Draco eut un rire presque hystérique. Il se tourna vers sa mère. « Tu vois ce que je voulais dire? » demanda-t-il.
Narcissa hocha lentement la tête. « Il n'est pas tel que je l'imaginais, » acquiesça-t-elle.
« Je ne sais pas de quoi vous êtes en train de parler tous les deux, mais je suis ici, » s'irrita Harry.
« Encore une mauvaise journée, Potter? » demanda Draco, adressant un sourire amusé à Harry.
« On peut dire ça comme ça, » marmonna Harry.
« Tu sais, tes manières laissent vraiment beaucoup à désirer, » dit Draco, avançant la chaise de bureau, la seule de la pièce, pour que sa mère s'y assoie.
Harry éclata de rire. « Excuse moi d'avoir un peu de mal à me faire à l'idée que j'accueille deux mangemorts dans ma chambre chez les Dursley, » dit il d'un ton sarcastique. « J'ai bien peur que ça ne fasse pas partie de mon champ d'expérience. J'ai pas moins de trois Malfoy dans ma chambre, » dit il, secouant la tête à cette réalisation.
« Tiens, » dit il en soulevant Victoria pour que Draco la prenne. « Présente Victoria à sa grand-mère. »
Narcissa n'était pas tout à fait aussi froide et distante que dans le souvenir de Harry, mais il la vit s'adoucir considérablement quand Draco lui tendit Victoria. La petite fille ne semblait pas vraiment en confiance avec cette étrangère, alors Draco la gardait dans ses bras, mais restait proche de sa mère. Harry regarda pendant quelques minutes Narcissa jouant avec le bébé, pendant que Draco lui parlait d'elle avec animation.
Harry avait l'impression d'être de trop, et s'allongea sur le lit en fermant les yeux, essayant de les ignorer. Il devait se forcer à se rappeler que Victoria n'était pas à lui. C'était eux qui formaient une famille. Il était juste quelqu'un qui essayait de les aider et de les protéger pendant un moment.
Harry se leva brusquement et évita de croiser leurs regards en sortant de la chambre. Il s'arrêta au pied des escaliers, réalisant par les voix qui provenaient de la cuisine que son oncle et son cousin étaient à la maison. Il pouvait les entendre raconter leur journée à Petunia alors qu'ils dînaient.
Harry ne s'était pas senti aussi seul depuis très, très longtemps. Comme hypnotisé, il ouvrit la porte du placard sous les escaliers. Il fixa un moment l'espace étroit, remarquant que son vieux matelas était toujours poussé dans le coin. Il entra, et tira sur un endroit du mur qui se détacha, lui permettant de retirer quelques feuilles de papier.
« Potter? »
Harry se retourna brusquement, cognant sa tête contre l'une des marches. Il grimaça tout en fusillant Draco du regard.
« Qu'est ce que tu fais là? » demanda Draco, regardant le placard étroit, ses yeux s'attardant sur le matelas et le trou dans le mur.
« Rien, » dit Harry. « Dégage de là avant que mon oncle ne nous trouve. »
Harry bouscula Draco hors de son chemin, sortit et ferma doucement la porte avant de remonter les escaliers, soulagé qu'ils n'aient pas attiré l'attention de son oncle.
Draco était juste derrière lui quand ils entrèrent dans sa chambre. « C'est quoi, ces papiers ? » interrogea le blond.
« C'est rien, » répondit sèchement Harry, avant d'ouvrir sa malle et de les glisser à l'intérieur.
« C'est évident qu'ils sont quelque chose, » rétorqua Draco.
« Non, ils sont exactement ça. Rien, » dit Harry amèrement.
« Potter, qu'est ce que c'est? » insista Draco.
« La ferme, Malfoy! » s'écria Harry. « Peut être que ces putains de papiers sont la raison pour laquelle je fais tout ce que je peux pour t'aider, merde! Maintenant, si tu veux que je t'aide, laisse tomber! »
« C'était là que tu dormais avant, n'est ce pas? » demanda Draco, ignorant l'avertissement de Harry.
Harry lui lança un regard furieux. « Ça ne te regarde pas, » dit il d'un ton glacial.
Draco le défiait aussi du regard, et la scène ressemblait étrangement à leurs anciennes disputes. Seulement, d'habitude, il n'y avait pas de bébés en pleurs à l'arrière plan. Harry se retourna brusquement et réalisa que Narcissa tenait une Victoria extrêmement énervée. Draco se précipita vers elle, la prit des bras de sa mère, et la tendit à Harry.
Harry prit Victoria automatiquement et commença à la bercer, tout en regardant Draco sans comprendre. « Tu réussis toujours à la calmer, » expliqua celui-ci en haussant les épaules.
Harry soupira, sentant sa colère s'évaporer alors qu'il commençait à parler de manière rassurante à Victoria, réussissant à la calmer. Il s'assit sur le lit, s'appuyant contre la tête du lit, Victoria contre lui.
Entre le coup sur sa tête et le stress, sa tête lui faisait mal, et il était certain que ça ne ferait qu'empirer. Il se rendit compte qu'il ne faisait pas vraiment une bonne impression à Narcissa. L'insulter en la comparant à une moldue, se disputer avec son fils, et faire pleurer sa petite fille n'aiderait certainement pas à la convaincre de changer de camp.
« Potter, tu saignes, » dit Draco.
« Ah? » fut la réponse désinvolte de Harry. « Ça pourrait expliquer pourquoi j'ai mal à la tête. »
« Tu t'es cogné assez violemment, » dit Draco d'un ton inquiet.
Harry grogna. « Ce n'est ni la première fois, ni la dernière, » répondit-il.
« Laissez moi regarder, » dit doucement Narcissa.
Harry la regarda avec circonspection, mais se redressa et se tourna légèrement. Il sentit ses doigts effleurer les bords de la blessure. « Je ne pense pas que ce soit très grave. Voulez vous que je vous soigne? » demanda-t-elle.
Harry ferma les yeux. Est ce qu'il faisait confiance à cette femme au point de la laisser pointer une baguette sur sa tête? « Je veux bien, » dit il.
Il sentit des picotements étranges autour de la blessure alors qu'elle lançait le même sort que celui que Snape avait enseigné à Harry.
« Je pourrai lancer un sort de nettoyage d'ici quelques minutes, quand ce sera complètement guéri, » dit Narcissa.
« Merci, » marmonna Harry. Il tourna les yeux vers Draco et se rendit compte que celui ci le regardait étrangement. « Qu'est ce qu'il y a ? » demanda-t-il, sur la défensive.
« Comment est ce que tu peux rester assis calmement, et simplement laisser ma mère te soigner, comme ça? » demanda Draco.
« Je ne suis pas calme, » répliqua Harry. « C'est juste que j'ai déjà assez de mal à essayer de comprendre tout ce qui se passe, sans devoir subir un mal de crâne insupportable encore en plus. Comme ta mère m'a soigné au lieu d'essayer de me tuer, je gagne deux choses. D'abord, je peux enfin réfléchir sans que ma tête n'explose. Ensuite, je sais maintenant que je peux faire confiance à ta mère, au moins dans une certaine mesure, puisqu'elle a réussi à se retenir de me tuer. »
« C'est tordu, comme moyen d'éclaircir la situation, » dit Draco.
« Je suis d'accord, » dit Harry. « Mais ce n'est pas une méthode que j'utiliserai avec n'importe qui. Il n'y a aucun moyen que je laisse ta tante s'approcher de moi avec une baguette si je peux l'en empêcher. »
« C'est probablement une sage décision, » admit Draco.
« Mr. Potter, vous n'avez rien à craindre de moi, » dit calmement Narcissa. « Et vous semblez l'avoir déjà réalisé. »
Elle s'avança vers lui, inspectant la tête de Harry avant de lancer quelques sorts de nettoyage pour enlever le sang. Elle passa une fois de plus ses doigts dans les cheveux de Harry, vérifiant qu'il était totalement guéri et que tout le sang était parti. « Vous êtes guéri, mais une potion anti-douleur permettrait de faire disparaître la migraine, » dit Narcissa.
« Rupture de stock, » marmonna Harry. « Mais même sans, je me sens déjà beaucoup mieux. »
Draco plongea sa main dans sa poche et en sortit deux fioles, et en tendit une à Harry. « Tiens. J'ai récupéré quelques potions tout à l'heure, » admit il, en jetant un regard inquiet à sa mère. « Tu n'avais plus l'air d'en avoir après m'en avoir données. »
Harry réalisa que Draco avait dû prendre la potion des affaires de Snape, comme il l'avait lui-même fait. Il ouvrit la fiole et en but le contenu avec reconnaissance, sentant immédiatement la potion prendre effet.
« Draco m'a expliqué comment vous l'avez soigné, » dit Narcissa.
Harry haussa les épaules. « Oui, enfin ce n'était pas grand chose, » dit il, gêné. « C'était juste une blessure superficielle. »
Narcissa lança un regard appuyé à son fils, avant de se retourner vers Harry. « D'après ce que je viens de voir, je crois que vous et Draco avez des notions différentes de ce qu'est une blessure grave ou non, » dit elle.
Harry envoya un sourire moqueur à Draco. « Peut être, » acquiesça-t-il, s'amusant de voir la grimace que Draco faisait à sa mère.
« Je trouve tout de même intéressant le fait que, bien qu'il s'agisse selon vous d'une blessure superficielle, vous sortiez en plein milieu de la nuit à la recherche de potions et de sorts de guérison, » ajouta Narcissa, effaçant le sourire du visage de Harry.
« Ecoutez, je devais sortir de toutes façons, » dit Harry. « J'ai juste récupéré ce dont j'avais besoin à Poudlard pour pouvoir l'aider en rentrant. »
« D'après ce que j'ai compris, vous avez aidé Draco régulièrement depuis un mois, » continua Narcissa.
« Mrs Malfoy, je ne suis vraiment pas d'humeur à supporter un autre discours Malfoy, » dit Harry d'un ton fatigué. « Si vous pouviez juste en venir au point, j'apprécierait. Cette journée a déjà été difficile, et j'ai encore pas mal de choses à faire. »
Narcissa haussa les sourcils, surprise, et sourit légèrement. « Vous n'êtes pas vraiment du genre à attirer les gens de votre côté par des belles paroles, n'est ce pas ? »
« Non, absolument pas, » répondit sérieusement Harry. « C'est à vous de prendre vos propres décisions. Je ne vais pas choisir à votre place, même si je voudrai pouvoir le faire, » admit-il. « Ce que je fais, c'est vous proposer de vous protéger dans la mesure du possible si vous décidez de changer de camp. »
Narcissa regarda sa petite fille, puis son fils. « Vous avez aidé Draco, même sans qu'il ne change de camp, » dit elle doucement.
Harry serra contre lui la petite fille endormie. « Victoria a besoin de son père, » dit il. « Je ferai tout ce que je peux pour éviter que cette guerre ne sépare d'autres enfants de leurs parents. »
Ses yeux se dirigèrent instinctivement vers sa malle. Il détourna son regard rapidement, seulement pour croiser celui de Draco. Ce dernier se dirigea lentement vers la malle, et Harry se sentit incapable de l'en empêcher. Il semblait avoir perdu toute envie de se battre.
Narcissa souleva Victoria de ses bras et l'allongea dans son lit, et Harry la laissa faire. Draco reprit la liasse de papiers et la tendit à Harry.
Harry l'accepta, les mains tremblantes, et commença à regarder les différentes feuilles. Il n'avait pas menti à Draco. Ces feuilles n'étaient rien. Ce n'étaient que des dessins d'enfants, dessinés avec des crayons de couleur. Des bâtons qui représentaient des silhouettes, sans aucune valeur artistique.
Mais à une époque, ces dessins étaient les images que Harry avait de sa famille. Il passait beaucoup de temps avec ces dessins, parce qu'il n'avait aucune véritable famille avec qui passer du temps. Il avait grandi et avait oublié depuis longtemps jusqu'à l'existence de ces feuilles, après tout, il s'agissait seulement de rêves d'enfant.
La plupart des dessins étaient joyeux et colorés. Harry et ses parents. Même quelques uns dont Harry savait qu'ils étaient censés le représenter avec les Dursley. Des dessins avec des sourires heureux et des grands soleils jaunes. Le dernier dessin était comme les autres, mais Harry avait pris un cayon noir et effacé toutes les autres personnes. Il avait dessiné un éclair sur son visage. Il était seul, entouré par les ténèbres.
Ça n'avait pas été un de ses meilleurs jours, de toute évidence.
L'expression de Harry se durcit et il renvoya la liasse à Draco. « Tu voulais à tout prix savoir ce que c'était, » dit il sèchement. « Regarde. C'était la famille dont je rêvais, et que je cachais pour moi tout seul. J'avais oublié ces dessins. Bien avant que je ne quitte mon placard, j'avais abandonné l'idée d'appartenir un jour à une vraie famille. »
Harry se tourna vers Narcissa. « Je pensais sincèrement ce que j'ai dit. C'est à vous de prendre votre propre décision. J'espère juste que vous saurez faire le bon choix pour votre famille. »
« Croyez moi quand je vous dis que pendant les six dernières années, depuis que j'ai découvert la vérité sur le monde sorcier, je me suis parfois demandé si mes parents avaient fait le bon choix. Si ils avaient soutenu Voldemort, est ce qu'ils seraient encore en vie aujourd'hui ? Est-ce que j'aurai grandi dans une vraie famille, gâté comme votre fils ? » demanda Harry, la voix tremblante d'une fureur à peine contrôlée.
Narcissa et Draco le regardaient, choqués. « Oh, croyez moi, » dit Harry. « Ce n'est pas quelque chose que j'ai jamais dit à personne. Ce n'est pas quelque chose dont je sois fier, et c'est vrai, je ne l'ai jamais pensé très longtemps. Au fond, je suis fier du choix que mes parents ont fait. Mais cela n'empêche pas les regrets. »
Il inspira profondément. « Voilà où je veux en venir. Réfléchissez vraiment bien à ce que vous voulez. Je ne peux rien vous promettre. Je sais parfaitement bien que je ne suis qu'un gamin de seize ans. Voldemort est bien plus vieux et a beaucoup plus d'expérience. Il a plein d'atouts en ce moment. Votre famille a été capable de survivre jusque là, et pour le moment vous êtes encore bien vus par Voldemort. Si vous pensez que vos chances de survie sont plus élevées avec lui, alors allez y. »
Harry se leva et marcha jusque la porte, avant de se retourner pour faire face à ses deux invités. « Mais je vais vous dire une chose. Je refuse de perdre cette putain de guerre. »
Il sortit de la maison, furieux, sans savoir où il allait. Il était en colère et confus. Et il savait qu'il avait très mal géré cette situation. Il se trouva un endroit pour transplaner, et alla à Grimmauld Place, espérant que Snape en était déjà parti.
Il claqua la porte après être rentré, ayant oublié le portrait de la mère de Sirius suspendu au mur, jusqu'à ce qu'elle commence à crier. Au lieu d'essayer de la faire taire, Harry se mit à crier à son tour, rendant insulte pour insulte. Quand cela ne suffit plus à le satisfaire, il sortit sa baguette et commença à lui lancer tous les sorts qui lui venaient à l'esprit. Le portrait se contenta de crier plus fort.
La colère de Harry face à l'injustice de ce monde sembla s'accroître. Le fait que rien ne pouvait blesser le portrait le rendait encore plus furieux. Il voulait le détruire.
« Monstre! Espèce de créature répugnante, déchet du monde sorcier! » cria Mrs. Black.
« Monstre?! » s'écria Harry. « Ce n'est pas moi qui essaye de détruire le monde! » Et il lança un autre sort au portrait.
« Saleté de Sang Impur! »
« Je vous emmerde, vous et vos préjugés! » hurla Harry.
« Comment oses-tu bafouer la maison de mes ancêtres ! »
« Vos ancêtres?! » cracha Harry. « Est ce que les ancêtres ne sont bien que dans les familles de sang pur? »
« Levicorpus ! »
« Je suis sûr que mon père adorait ce sort! C'était un connard ! C'était un connard, mais il m'aimait quand même ! J'en suis certain ! » cria Harry.
« Fils de Sang de Bourbe ! »
« La ferme! » s'écria Harry, furieux. « Sectumsempra ! »
« Magie Noire! La Magie Noire revient dans la Demeure des Black! » cria le portrait, mais elle semblait excitée cette fois ci.
« Qui est ce que ça intéresse? » cria Harry. « C'est juste un putain de sort! Ça ne vous fait même pas le moindre dommage ! » ajouta-t-il amèrement.
« Crucio! »
« Pas le moindre dommage, mais vous faites une excellente cible pour m'entraîner, » se moqua Harry. « Bellatrix dit que je dois sincèrement le vouloir pour lancer ces sorts. Je veux tellement faire disparaître Voldemort, je n'ai pas de soucis à me faire pour mon intention. Je n'ai sûrement pas envie de faire de la magie noire mon nouveau hobby, mais il faudra bien que je les apprenne à un moment ou à un autre ! » cria-t-il. « Merde, je suis censé tuer Voldemort. Vous avez entendu, espèce de vieille peau ? »
« Non, non! Hors de ma vue, créature impure! »
« Avada Kedavra! » cria Harry. Il regarda, stupéfait, le portrait tomber à terre devant lui. Il trébucha en arrière, et se laissa glisser le long du mur opposé, ne réalisant pas vraiment ce qui venait de se passer. Mrs. Black continuait de crier, mais le son était assourdi, car son portrait était maintenant couché sur le sol.
Il entendit un bruit et tourna la tête, regardant Snape entrer dans la pièce.
« Il semblerait que vous ayez découvert la clé aux sorts de collage de cette maison, » dit Snape plaisamment. « C'était hautement improbable que l'un de ceux qu'ils considéraient comme faisant partie des non fréquentables lance le sortilège de mort, particulièrement à un portrait. »
Harry se mit debout tant bien que mal, la main plaquée sur sa bouche, et se précipita vers les toilettes, où il vida le contenu de son estomac, jusqu'à ce qu'il ait l'impression d'avoir vomi son estomac lui-même. Il se rinça la bouche et alla dans la cuisine, où il se laissa tomber sur l'une des chaises.
« Buvez ça, » ordonna Snape, plaçant une tasse de thé devant Harry. Harry n'était pas vraiment sûr de vouloir savoir ce que le sorcier y avait ajouté. Il but une gorgée, prudemment, puis décida qu'au moins, ça avait bon goût.
« C'était une démonstration assez impressionnante, » dit Snape.
« Je n'avais pas réalisé que vous étiez encore là, » répondit faiblement Harry.
« Est ce que ça aurait changé quoi que ce soit ? » interrogea Snape.
Harry y réfléchit un moment en avalant une autre gorgée de thé. « Sans doute pas, » finit-il par admettre. « Mais j'étais en colère, et je suis venu ici parce que je pensais que je serai seul. »
« Quand vous avez reçu votre message tout à l'heure, vous marmonniez que vous 'alliez le tuer', » dit Snape d'un ton neutre.
Les yeux de Harry s'élargirent démesurément. « Non, je n'ai tué personne, j'ai juste... oh mon dieu, » dit il faiblement. « Je viens juste de lancer le sortilège de mort. »
« Avec succès, » confirma Snape.
« J'aurai pu tuer quelqu'un, » dit Harry, sentant de nouveau son estomac se soulever. Il jeta un coup d'oeil à sa tasse, certain que ce qu'il y avait dedans était la seule raison pour laquelle il n'était pas de nouveau en train de vomir.
« Si vous aviez visé une personne à la place d'un portrait, cette personne serait morte à présent, » dit Snape.
Harry avala péniblement sa salive.
« Je vous ai encore sous-estimé, Potter, » dit Snape, posant un regard calculateur sur Harry. « Jusqu'à il y a peu, je n'ai jamais vraiment cru que vous soyez capable de gagner cette guerre. »
« Et vous le croyez, maintenant? » réussit à articuler péniblement Harry.
Snape hocha la tête. « Je ne connais qu'une seule personne aussi déterminée que vous, » dit il doucement.
Harry le regarda, une lueur de compréhension dans les yeux. « Vous, » dit il.
« Moi, » acquiesça Snape.
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Harry rentra chez les Dursley, l'esprit encore embrumé, et monta les escaliers jusqu'à sa chambre. Snape lui avait ordonné de finir son thé, puis l'avait renvoyé chez lui pour se reposer jusqu'au matin.
Il n'avait pas protesté.
Il entra dans sa chambre, et cligna des yeux, confus par la vue qui s'offrait à lui. Il avait réussi à oublier toutes les personnes qui se trouvaient dans sa chambre. Draco, Narcissa, Victoria, Winky, Hedwige et Fumsec se tournèrent tous vers lui quand il entra.
« Potter? Tu vas bien? » demanda Draco, le regardant avec inquiétude.
Harry le regarda un moment avant de répondre. « Pas vraiment, » admit-il.
Stupéfait, il laissa Narcissa le conduire jusqu'à son lit. Il la regarda avec inquiétude quand elle s'assit près de lui et passa un bras autour de ses épaules.
« Qu'est ce qui s'est passé? » demanda Narcissa.
Sa question le fit immédiatement replonger dans ses pensées concernant le fait qu'il venait de lancer avec succès le sortilège de mort. Il ne réalisa pas qu'il était redevenu aussi pâle que lorsqu'il était entré.
« Est ce que tu as déjà réussi à lancer le sortilège de mort? » demanda brusquement Harry à Draco, qui pâlit brusquement.
« Non, » dit Draco d'une voix à peine audible. « Il faut le vouloir sincèrement. »
Harry hocha la tête d'un air absent.
« Avez vous tué quelqu'un, Mr Potter? » demanda Narcissa d'un ton égal.
Harry grimaça en lui lançant un regard de côté. Narcissa et Snape avaient tous les deux réussi à lui poser calmement cette même question essentielle, et cela le perturbait. Il lui répondit néanmoins.
« Juste un portrait, » dit il. « Mais le sort était lancé avec succès. C'était suffisant pour la décoller du mur. »
« Elle est enfin décollée du mur? » demanda Narcissa, stupéfaite, sachant de toute évidence à quel portrait Harry faisait allusion. « Je ne pensais pas que c'était possible. »
Draco la regarda, mais Harry réussit à afficher un petit sourire ironique. « Tout le monde a essayé, mais elle était toujours accrochée là. » Il s'assombrit. « Je n'essayais même pas de la décrocher, » dit-il doucement.
Il regarda Narcissa. « J'ai claqué la porte et ça l'a réveillée. Je me suis disputé avec elle parce qu'elle ne voulait pas se taire. Et on criait tous les deux, et j'ai commencé à lancer des sorts. C'était pas comme si je blessais qui que ce soit. Et on s'est disputé sur la magie noire et j'ai… J'ai fini par lancer le sortilège de mort et elle est tombée. »
Il se rapprocha inconsciemment de Narcissa, acceptant le confort qu'elle semblait lui offrir. « Je sais que je devrais tuer pour finir cette guerre. C'était juste un choc de dire les mots et de savoir que je les pensais sincèrement, » dit il.
Il y eut des coups frappés à la porte, et Harry soupira. « Qu'est ce qu'il y a encore ? » marmonna-t-il, mais il se leva pour ouvrir la porte.
Tante Petunia était sur le point de parler à Harry quand elle se rendit compte de la présence de tous les occupants de la chambre. Il lui fallut un moment pour se remettre du choc avant de regarder de nouveau Harry. « Tu as un visiteur. J'ai refusé de le laisser entrer, mais il insiste pour te voir. Il a dit qu'il était un Ministre, où je ne sais quoi, » l'informa-t-elle.
« Scrimgeour ?! » s'exclama Harry.
Petunia hocha la tête. « C'est ça, » dit elle.
« Merde! » s'exclama Harry, en colère. « Qu'est ce qu'il peut bien me vouloir maintenant? » Il se tourna vers Draco et Narcissa, qui semblaient tous les deux choqués et en colère d'avoir été trahis.
« Je ne vous ai pas dénoncé, » leur assura Harry. « Je ne sais pas pourquoi il est ici. »
Il se tourna ensuite vers Petunia. « Eloigne Oncle Vernon et Dudley. Je me fous de ce que tu leur diras, ou de comment tu vas le faire, mais fais le, » lui ordonna-t-il.
Petunia hocha la tête et disparut. Harry referma la porte pour le moment et se plaça face à Draco. « Je ne t'ai pas dénoncé, » répéta-t-il fermement. « Tu as dit que tu me faisais confiance, alors prouve le maintenant. Ne fais rien de stupide. Contente toi de rester ici, et laisse moi m'occuper de ça. »
Draco finit par hocher lentement la tête, et Harry put le voir se détendre légèrement.
« Mr Potter, il y a encore du sang sur votre chemise, » dit calmement Narcissa, bien que son visage soit blanc et anxieux. « Je pense qu'il serait plus prudent de ne pas éveiller de soupçons. »
Harry tourna la tête pour essayer de voir le dos de sa chemise, tout en l'enlevant. Il la retira, et Winky lui tendait déjà un T-shirt propre. « Merci, » dit-il, sa voix assourdie par le vêtement qu'il passait sur sa tête. Draco s'avança vers lui et passa ses doigts dans les cheveux de Harry.
« Ça ne va pas arranger les choses! » s'exclama Harry, repoussant les mains de Draco.
« Au moins, maintenant, on n'a plus l'impression que tu viens juste d'enfiler un T-shirt, » marmonna Draco.
Harry le regarda avec irritation. « Je ne veux pas me trouver face à lui couvert de sang, mais sinon je me fous complètement de mon apparence. »
Il ouvrit la porte, soupira fortement, et descendit les escaliers. Il sortit dans le jardin, où Scrimgeour l'attendait.
« Qu'est ce que vous voulez? » demanda froidement Harry.
Scrimgeour lui sourit d'un air lugubre. « Ce n'est pas vraiment une maison très accueillante, ici, » dit-il sèchement.
« Venez en au fait, Scrimgeour, » dit Harry. « Pourquoi êtes vous ici? Ou plutôt, qu'est ce que vous voulez que je fasse, maintenant? »
« J'avais espéré que vous auriez changé d'avis pendant ce mois, maintenant que vous avez eu un peu de temps pour réfléchir, » dit Scrimgeour. Il regarda attentivement l'expression sévère de Harry. « Il semblerait que j'ai eu tort. »
Harry ricana. « Je vous l'ai dit il y a un mois, et je vous l'ai dit à Noël. Je n'ai pas l'intention de devenir votre petite icône pour 'remonter le moral', » dit il sèchement.
« Le peuple a besoin de toi, Harry, » dit Scrimgeour, sa voix devenant plus froide et plus dure.
« Vous savez, je pense que vous avez raison, » dit Harry pensivement. « Les gens ont besoin de moi parce que j'essaye vraiment de faire tout ce que je peux pour sauver leur monde. Contrairement au Ministère, je me fous complètement de mon image. Je me contente de faire ce que j'ai à faire. »
L'expression de Scrimgeour se fit colérique. « Le Ministère fait tout ce qu'il peut pour sauver les gens. »
Harry eut un rire sarcastique. « Oui, et c'est pour ça que vous avez enfermé des gens comme Stan Shunpike. Parce que vous vous souciez des gens, » ironisa-t-il. « C'est pour l'image, Scrimgeour. Ce n'est pas pour les gens. Votre souhait de me voir approuver publiquement l'action du Ministère est juste pour améliorer votre image, pas pour aider les gens. »
« Le peuple a besoin d'avoir confiance dans le Ministère, sinon les choses vont très mal tourner, » aboya Scrimgeour.
« Alors donnez leur une raison de faire confiance au Ministère, » dit Harry d'un ton incrédule. « Vous n'y avez jamais pensé ? »
Harry secoua la tête, ayant du mal à comprendre cette attitude. « Il y a une raison qui faisait que les gens suivaient Dumbledore, et ce n'était certainement pas parce qu'il approuvait l'action du Ministère. C'est parce qu'il croyait fermement en ses idéaux et ne se laissait pas influencer. Quand la situation empirait, il faisait ce qu'il pouvait pour la changer. Il n'allait certainement pas se cacher derrière une image, ou faire des choses aussi stupides que d'enfermer des gens sans raison. »
Il fit une pause pour réfléchir. « Scrimgeour, la raison pour laquelle les gens ne vous font pas confiance, c'est que vous n'arrivez pas à définir une position. Vous voulez mettre un garçon de seize ans devant vous, et vous pensez que ça fera en sorte que les gens vous fassent confiance. » Il fit une pause. « Vous avez sans doute raison, en fait, » admit-il.
Scrimgeour sembla méfiant quand Harry lui dit qu'il avait raison sur quelque chose, et Harry lui adressa un sourire moqueur. « Il y a des gens qui sont prêts à me suivre, parce qu'ils voient que je fais vraiment tout mon possible pour gagner les batailles et la guerre, » dit-il. « Je refuse de laisser ces gens me voir approuver les actions du Ministère, parce que ça leur ferait perdre confiance en moi. »
Scrimgeour inspira profondément. « J'avais peur de recevoir ce genre de réponse, » dit il. « Je suis venu prêt à négocier avec vous. »
« Négocier comment? » demanda Harry, suspicieux.
« Il a été porté à mon attention cet après midi que vous prenez soin d'un bébé, » dit Scrimgeour, regardant attentivement Harry.
Ce dernier ne put s'empêcher de se raidir. Mr Weasley avait probablement laissé échapper un renseignement au Ministre, mais c'était de toute évidence trop tard pour demander aux Weasley de ne pas révéler l'existence de Victoria.
Il fusilla Scrimgeour du regard. « Laissez ce bébé tranquille, » dit-il d'un ton menaçant.
« Les origines de ce bébé semblent être inconnues, » continua Scrimgeour, ignorant l'avertissement de Harry. « Cela me semble suspect, et il faudrait enquêter à ce sujet. »
« Vous pensez que ça va me convaincre de soutenir le Ministère? » demanda Harry, hors de lui.
« Je suis prêt à négocier, » répondit froidement Scrimgeour.
« Vous voulez négocier avec la vie des gens? » rétorqua le jeune sorcier. « Avec la vie d'un bébé ? »
« Si c'est nécessaire pour le bien général, » répondit Scrimgeour.
Harry se retourna brusquement, donnant un coup de poing dans le mur pour éviter de frapper le Ministre de la Magie.
« Allons, Harry, est ce que ce genre de comportement est réellement nécessaire? » demanda Scrimgeour d'un ton paternaliste.
« Ça l'est si vous voulez que votre visage reste intact, » grogna Harry.
Scrimgeour, surpris, recula d'un pas. Harry eut un sourire dédaigneux, tout en réfléchissant à toute vitesse à ce qu'il allait faire.
« Je suis disposé à signer immédiatement des papiers, qui vous nommeront en tant que père de l'enfant. Sans que nulle autre question ne soit posée, » dit Scrimgeour. « Mais vous viendrez au Ministère où vous prononcerez un discours dans lequel vous apporterez votre soutien au Ministère. »
« Non, je refuse de soutenir le Ministère de cette façon, » gronda Harry. « En particulier un Ministère qui utilise la vie d'un enfant comme moyen de négociation. »
« Alors je serai obliger de vous retirer l'enfant, » dit Scrimgeour.
« Merde! » s'exclama Harry, se passant une main dans les cheveux en signe de frustration, sans réalisant qu'il mettait une fois de plus du sang dans ses cheveux, cette fois ci provenant de sa main blessée.
« Vous n'avez pas la moindre idée d'où vous mettez les pieds, » dit il furieusement. « Pourquoi est ce que vous ne pouvez pas me laisser tranquille, et me laisser faire ce que j'ai à faire pour gagner cette putain de guerre ? »
« Le public a besoin d'être rassuré, encore plus depuis que Dumbledore nous a quitté, » dit Scrimgeour, d'un ton plus cordial. « Ça ne me plaît pas non plus de devoir en arriver là. »
Harry commença à arpenter le jardin, essayant de déterminer ce qu'il allait faire. Draco le tuerait si il perdait Victoria. Mais il ne serait pas exactement fou de joie si Scrimgeour le nommait tuteur de l'enfant, non plus. Mais qu'il soit damné si il laissait le Ministre lui prendre Victoria. Il avait fait cet article en cinquième année qui avait atteint les gens. Est-ce qu'il pouvait encore faire quelque chose comme ça ?
« Qui sont les parents de l'enfant? » demanda tranquillement Scrimgeour, regardant Harry avec étonnement. « D'où vient-elle ? »
Harry réalisa qu'il avait plongé dans le piège tendu par Scrimgeour. Le Ministre avait peut être espéré, mais il ne s'était pas attendu à ce que Harry réagisse aussi fortement à ses menaces. Il était temps de renverser les rôles.
« Tout comme moi, sa famille a été tuée, et elle a été abandonnée ici. C'est une autre victime de la guerre, » dit froidement Harry. « De mon point de vue, votre comportement n'est pas mieux que celui de Voldemort. Vous en prendre à un enfant. »
Scrimgeour sursauta, comme si Harry l'avait giflé.
« Voilà le marché, » dit Harry. « Vous allez signer des papiers qui me nomment parrain de Victoria et qui me donnent la garde de l'enfant. J'ai besoin de savoir que vous n'essayerez pas l'utiliser contre moi dans le futur, et je ne vous laisserai pas me l'enlever. Jusqu'à ce que la guerre soit finie, elle portera le nom de Victoria Potter. »
« Le fait de s'appeler Potter permettra de la protéger aux yeux du public, » dit il froidement. « C'est dommage que vous me forciez à en arriver là, parce que cela en fera une cible pour Voldemort. Donc, si vous avez la moindre compassion, je vous suggère qu'une fois que vous aurez rédigé ses papiers, vous gardiez tout cela secret aussi longtemps que possible. Parce que si quoi que ce soit arrive à cette petite fille, vous serez le premier à qui je demanderai des comptes. »
Scrimgeour, incrédule, écarquillait les yeux. « Vous n'avez pas le droit, » commença-t-il.
« J'en ai parfaitement le droit, » déclara Harry. « C'est vous qui avez provoqué cette situation, pas moi. J'ai réussi à toucher le public, » dit il avec dédain, « dans ma cinquième année. Je le ferai encore. Je refuse absolument d'approuver publiquement les actions du Ministère. Cependant, je m'abstiendrai de les dénoncer publiquement. J'écrirai aussi un article dans lequel je ferai de mon mieux pour rassurer les gens. Mais je le ferai à ma façon, pas à la votre. Le public ne vous fait pas confiance. Vous voulez que je sois une icône ? Très bien, alors n'essayez pas de me transformer en un laquais du Ministère. »
« En parlant de ça, je ne pense pas que vous ayez eu la bonne idée de vous débarrasser de Ombrage, n'est ce pas? » demanda Harry avec colère. « Commencez par nettoyer le personnel du Ministère, et libérer les gens comme Stan Shunpike que vous avez emprisonné sans raison, et là je ferai un commentaire public comme quoi le Ministère semble faire un effort. »
« Mais si vous ne faites rien, n'espérez pas que je vous soutienne, » dit Harry.
« Vous ne pouvez pas me dicter ce que je dois faire, » dit froidement Scrimgeour.
« Je ne peux pas? » demanda Harry d'une voix menaçante. « Essayez de m'enlever Victoria, et je vous promets que le public saura que vous utilisez des bébés innocents comme moyen de pression. »
« Le public refusera de croire ça, » s'indigna Scrimgeour.
« Si vous êtes venu me chercher, il y a une raison, » dit Harry d'un ton méprisant. « D'après vous, qui vont-ils croire, vous ou moi? »
Scrimgeour hésita un moment, réalisant que Harry avait raison.
« Nous avons un accord? » demanda Harry.
« Vous êtes dur dans vos négociations, Harry Potter, » dit Scrimgeour.
Harry se contenta de hocher la tête.
Le Ministre soupira. « Je vais m'occuper de rédiger les papiers vous nommant parrain de Victoria et vous donnant le droit de garde. Je vais aussi commencer les procédures pour libérer les prisonniers. Mais il me faudra beaucoup plus de temps pour étudier le cas des employés du Ministre. »
« Si vous voulez une aide réelle et honnête sur ce sujet, alors je vous conseille de vous adresser à Arthur Weasley, » dit Harry. « Pas Percy Weasley. »
« Très bien, » acquiesça Scrimgeour à contrecoeur.
« Je vais commencer à m'occuper de l'article ce soir, mais rien ne sera publié tant que vous n'aurez pas rempli votre part du marché, » dit froidement Harry.
Scrimgeour étudia le jeune sorcier d'un air critique. « Je me demande si j'ai pris la bonne décision en essayant de vous confronter, » dit il.
Harry haussa les épaules. « Si votre but véritable est d'aider les gens et de les rassurer en même temps, alors vous vous y êtes pris de la mauvaise façon, mais vous obtiendrez quand même les résultats, » dit Harry.
« Peu de gens oseraient essayer de discuter avec le Ministre de la Magie comme vous l'avez fait, » dit Scrimgeour.
Harry sourit tristement. « Peu de gens ont la responsabilité de la sécurité du Monde Magique sur leurs épaules. »
Scrimgeour parut surpris un moment avant de hocher la tête. « Vous devriez recevoir un hibou d'ici peu, et je vous tiendrai informé, » dit-il.
« Merci, » dit Harry, hochant la tête en retour.
« Je vous souhaite bonne chance, Harry Potter, » dit Scrimgeour avant de s'éloigner.
Harry le regarda jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue, puis rentra de nouveau dans la maison.
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