Note de l'auteure (honteuse, très honteuse même, mais satisfaite de son ENORME chapitre) : C'est re-moi ! Non, je ne suis pas morte, je n'ai pas été enlevée par des aliens... Et le pire, c'est que je n'ai même pas eu de panne d'inspiration. J'espère que votre intérêt pour cette fiction n'a pas disparu, et si malheureusement c'est le cas, sachez que je comprendrais Je suis désolée de vous avoir laissé dans l'attente, mais pour ma défense, je suis en première année de classe préparatoire littéraire et j'étais submergée de boulot et de stress à n'en plus finir... Le rythme est plus cool. Merci à ceux qui auront le courage de lire la conclusion de cette fanfiction. Elle compte beaucoup pour moi, c'est ma fic la plus aboutie.
J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas. J'attends vos impressions plus que jamais, même si c'est pour me balancer des tomates... Le moment que tous attendent - le mariage de Lady et d'Hélios ! - arrive enfin dans ce chapitre final. Ceci, et bien d'autres choses encore que je vous laisse découvrir. Je ne sais pas encore si je publierai la seconde partie, mais si c'est le cas, sachez que cela prendra du temps. Je tiens à vous faire lire une histoire de qualité, murie, et qui ne développe pas uniquement le Chibiusa/Hélios classique.
Profitez de cette fin de chapitre. N'oubliez pas les reviews s'il vous plait c'est le dernier chapitre ! *supplie avec un regard attendrissant à donf*
Chapitre XII :
La fin d'un règne et le début d'un autre…
Le jour de la cérémonie arriva enfin. La Princesse Lady Sérénité s'était encore réveillée aux premières lueurs du jour, mais elle était toujours étendue sur son grand lit blanc quand Diana vint lui dire de descendre petit-déjeuner en compagnie de ses parents, d'Hélios, des Sailors et de Sanji Tsukino qui s'était exceptionnellement joint à eux.
"Diana, je ne veux pas me lever. Je ne veux pas descendre. Je veux rester seule.
_ Lady, s'indigna le félin. J'espère que tu plaisantes !
_ Non, je ne plaisante pas, répondit la jeune fille aux cheveux roses d'une voix sans timbre. Je suis très sérieuse au contraire…
_ Mais… Enfin Lady, aujourd'hui, c'est le jour de ton mariage ! Ce n'est pas une journée pour rester à ne rien faire voyons, assura la chatte grise, effrayée par l'air décidé que le visage de sa maîtresse affichait. Ils t'attendent ! Et puis, c'est sûrement le jour le plus important de toute ta vie !
_ Justement.
_ Comment ça 'justement' ?!
_ Je ne veux pas me marier et je ne veux pas monter sur le trône de maman ! explosa Lady. Cette vie-là, je ne veux pas la vivre, tu comprends Diana ?! Je ne veux pas ! Et je n'ai rien à faire de ma destinée ! Peu importe ce que disent Galaxia et Kohaku Sensei ! Je veux rester Néo-Sailor Moon ! Je ne veux pas devenir Reine, je ne veux pas de mes guerrières à mes cotés !
_ Mais Lady, tu n'as pas le choix !
_ On a toujours le choix dans la vie, répliqua froidement Lady en se redressant sur son lit.
_ Non c'est faux. Enfin… C'est peut-être vrai pour la majorité des gens, mais pas pour toi.
_ C'est injuste, s'écria la jeune guerrière.
_ Evidemment que c'est injuste Lady… Mais c'est comme ça ! Tu ne peux rien y faire.
_ Mais… Pourquoi est-ce que moi je suis obligée d'assumer 'ce rôle' qui m'empoisonne déjà l'existence, alors que le commun des mortels peut choisir sa propre voie sans qu'on lui force la main ?!
_ Lady… Écoute, je crois que tu es un peu stressée. C'est tout à fait normal ; c'est un grand jour pour toi aujourd'hui… Mais, mais il faut que tu descendes. Tu as besoin de prendre des forces. Et puis, tu sais bien que Sanji n'est pas patient du tout… Tu ne voudrais tout de même pas qu'il soit furieux contre toi par un si beau matin de décembre, n'est-ce pas ?
_ Non Diana. Mais je…
_ Il y a un souci ? s'enquit Olivia Tomoe qui venait d'apparaître dans la chambre princière.
_ Lady souffre du stress prénuptial, se désola Diana.
_ Du quoi, demandèrent les deux jeunes filles en chœur.
_ Du 'stress prénuptial', répéta la petite chatte avec une once d'amusement dans la voix. Elle a peur de se marier, et elle nous fait un petit caprice…
_ Mais pas du tout, protesta la future mariée, ce n'est pas un caprice, et je n'ai nullement peur de marier ! C'est juste que je ne veux pas. Je ne veux pas monter sur le trône de Cristal-Tokyo… Qu'ils ne comptent pas sur moi !
_ Mais… Tu as pensé à Hélios ?
_ Hélios ? Pourquoi ?
_ Parce que Lady, lui doit sûrement rêver de se marier avec toi aujourd'hui. Il t'aime au cas où tu ne le saurais pas encore ! Et je n'ose imaginer l'état dans lequel il doit se sentir en ce moment, voyant que tu tardes à le rejoindre, expliqua la jeune fille brune aux reflets violets. Tu sais, depuis qu'il est descendu, il n'a pas prononcé le moindre mot…
La Princesse Lady Sérénité, en entendant ces paroles, ne put contenir davantage ses larmes. Elle laissa s'échapper toute la pression qu'elle avait accumulée depuis le songe que Galaxia lui avait envoyé. Mais ses sanglots, loin d'être expansifs, étaient au contraire silencieux. Diana, désemparée, regardait passivement la Guerrière du Silence prendre sa meilleure amie dans ses bras.
_ Diana, vas leur dire que j'arrive, et que si j'ai mis tant de temps, c'est que tu as du me réveiller, d'accord, demanda la nouvelle Guerrière de la Lune en essuyant ses larmes.
_ Oui Lady. J'y vais.
Dans la Salle des festins, le Roi Endimon, la Néo-Reine Sérénité, Sanji Tsukino et les Sailors au grand complet, attendaient patiemment la future mariée, en parlant de l'organisation de la cérémonie. Hélios, lui, restait à l'écart. Dans sa tête, il revoyait Mini-Bunny, dans son petit pyjama. Puis, l'image de Sailor Mini Moon s'imposa dans son esprit. Son regard enfantin mû par le courage et la détermination. Cette pensée s'envola elle aussi pour laisser place à quelque chose de beaucoup plus intime… Le futur Roi fut gêné de la tournure que prenaient ses souvenirs, et se concentra sur son assiette vide.
Pourquoi Lady met-elle tant de temps à venir ? Peut-être ne veut-elle plus… Non, c'est impossible. Elle m'aime trop pour me refuser… Pour m'abandonner aujourd'hui. Le 25 décembre sera un jour gravé dans ma mémoire. Ce sera même le plus beau jour de ma vie… Et de la sienne aussi. Enfin, je l'espère…
"Ah enfin… Voilà la fainéante, s'exclama Sanji en entendant le claquement des talons de sa cousine dans le couloir. C'est pas trop tôt ! J'avais pas cuisiné pour rien tout de même !
_ Bonjour, salua Lady Sérénité d'une voix morne, en arrivant dans la pièce.
Le cœur d'Hélios fit un bond dans sa poitrine en reconnaissant la voix de sa bien-aimée. Il redressa la tête, et quand, enfin, il croisa son regard, il oublia le poids de ses futures responsabilités. Dans la salle, il n'existait plus à ses yeux que celle, qui s'avançait vers la table avec grâce. Lady s'assit à coté de son bien-aimé, et prit la main du jeune homme dans la sienne sous la table pour se donner du courage.
_ Nous y voilà. C'est sûrement notre dernier matin gourmand, n'est-ce pas mes amies ?
_ En effet mon Roi, répondirent les Sailors d'une même voix.
_ Alors autant en profiter. Que chacune et chacun d'entre vous se serve.
Sanji Tsukino, en voyant tout le monde prendre ce qu'il avait préparé pour ce matin-là, ne put s'empêcher de penser à ce que deviendrait sa vie et celle de tous les cristal-tokyoïtes quand les Sailors et les Souverains seraient morts. Il avait toujours refusé d'y penser. Mais cette réalité était devant ses yeux. C'était la dernière fois qu'il voyait sa tante, son oncle et leurs amies. Il ne comprenait pas comment ils arrivaient à être si calmes alors que le lendemain, Hélios et Lady seraient pratiquement seuls à cette table.
La prêtresse Chihiro Kohaku attendait patiemment que la future Reine Lady Sérénité, accompagnée de ses deux demoiselles d'honneur, vienne la rejoindre dans le hall d'entrée du Palais de Cristal. Elle avait longuement planifié la cérémonie de couronnement. En toute sincérité, elle devait avouer que le mariage des futurs souverains n'était qu'un élément mineur, une futilité. Et c'était justement ce qui inquiétait quelque peu l'ancêtre. Hélios semblait très mûr, conscient du rôle qu'il aurait à jouer plus tard, mais la Princesse, elle, attachait plus d'importance au fait de devenir la femme de son bien-aimé que de monter sur le trône. Elle lui semblait si naïve qu'elle comprenait la demande que lui avait faite la Néo-Reine Sérénité. Sa fille n'avait pas encore le charisme nécessaire pour gouverner sur le monde et sur la cité de Cristal-Tokyo. Et plus grave encore, elle ne paraissait pas du tout en avoir envie. Or, c'était une des conditions sine qua none. Sans ce désir, la Seinsei Kohaku savait qu'elle ne pourrait rien enseigner à la jeune fille aux cheveux roses.
Enfin, la prêtresse aperçut les deux jeunes filles qui feraient office de demoiselles d'honneur à la princesse. Une jeune femme rousse et une autre aux cheveux gris clair, qui se poussaient dans l'entrée sans prendre garde à la magnificence des lieux.
De parfaites représentantes du Peuple, pensa-t-elle non sans une pointe d'amusement. Il est tout à fait singulier que des petites gens fassent partie d'une cérémonie si importante. Mais après tout, la Néo-Reine Sérénité, avant de se faire couronner, s'appelait bien Bunny Tsukino, alors pourquoi pas ?
"Bonjour Sensei.
_ Bonjour mesdemoiselles.
_ Est-ce que Lady est là ?
_ Lady ? Vous voulez sans doute parler de la Princesse Lady Sérénité ? Et bien, elle doit encore être en compagnie de sa famille…
_ Ah, merci.
_ Bonjour Sensei Kohaku, bonjour Nojiko, bonjour Nami, salua ladite princesse. Veuillez pardonner mon retard.
Les deux sœurs furent un peu surprises du ton employé par Lady. Elle n'était vraiment pas la même personne quand elle était au Palais. Mais ce qui les frappa encore davantage, ce fut l'expression qu'elles pouvaient lire sur le visage de leur amie. Elles ne reconnaissaient pas la jeune fille qui était venue à la Belmerine. La jeune fille affichait un air grave qui ne lui était pas familier.
_ Il est temps de vous préparer Princesse.
_ Bien Sensei.
Hélios, de son coté, était en train de se préparer avec l'aide de plusieurs habilleuses et de Sanji Tsukino. Ce dernier, à la demande du Roi Endimion, était en quelque sorte son témoin. Son costume de mariage était composé d'un grand manteau bleu saphir brodé de fils d'or, sous lequel se cachait son ensemble de couronnement. Cet ensemble de couronnement ne dépaysait pas du tout Hélios. En réalité, c'était presque le même que son vêtement habituel.
Plus l'échéance de la cérémonie approchait, et plus le jeune homme était nerveux. Il ne savait pas ce qui l'angoissait le plus entre son couronnement et son mariage. Même si monter sur le trône était bien plus important, il craignait que Lady ne refuse d'être sa femme. Il l'aimait, mais ces derniers temps, elle lui semblait beaucoup plus distante. Et l'attendre ce matin, n'avait fait qu'accentuer ses doutes. Avant qu'il ne s'en rende compte, Sanji avait quitté la pièce et avait laissé place au Roi Endimion.
Dans le mutisme le plus complet, le Prince de la Terre détaillait celui qui lui faisait face. L'ancien Gardien d'Elusion se tenait droit, et se tordait les mains avec anxiété, attendant manifestement un geste de son supérieur. Mais le Roi était parti dans ses souvenirs. Il revoyait Sérénité, toute jeune Reine à la maternité de Cristal Tokyo, tenant leur Petite Lady dans ses bras. Puis le premier mot de sa fille, ses premiers pas, et toutes les premières fois qui ont marqué sa vie de père.
En observant Hélios, il se rendit compte qu'il lui donnait sa Mini-Bunny. Purement et simplement. Et cette simple constatation fit naitre un pincement au cœur du Roi Endimion. Il allait devoir offrir sa fille, son bien le plus précieux, à un autre. Et cet homme devrait la protéger, et l'aimer de toute son âme. Comme tout mari se doit de le faire pour la femme qu'il aime. Mais Hélios et Endimion se connaissaient depuis une éternité et ce dernier ne doutait pas que l'ancien Gardien d'Élusion sache rendre Lady heureuse.
"Hélios, écoutes-moi bien attentivement. Ce que j'ai à te dire est très important.
_ Bien Majesté.
_ Nous nous sommes entretenus avec Sailor Galaxia. Alors quand la cérémonie sera terminée, nous allons nous retirer discrètement, Sérénité, les Sailors et moi. Je compte sur toi mon ami. Fais preuve de courage. Tu sais, notre mort n'est rien d'autre qu'un endormissement. En tant que Prince de la Terre, je reviendrais probablement d'ici quelques millénaires dans les jardins d'Élusion, là où est ma place… Nous t'attendons. Il est temps.
Hélios sentit qu'il était inutile d'insister. C'était fini. C'étaient sûrement les dernières paroles que le Roi Endimion partagerait avec lui. Son cœur battait à une vitesse phénoménale, mais son cerveau semblait s'être endormi ; sa mémoire refusait de fonctionner. Le futur marié avait beau essayer de se rappeler de son existence avant son arrivée à Cristal-Tokyo, aucune image ne lui revenait.
Dès que le groupe sortit du Palais de Cristal, des cristal-tokyoïtes sortirent de chez eux pour apercevoir le Roi Endimion, La Néo-Reine Sérénité ou La Princesse Lady Sérénité en costumes d'apparat. Conformément à la tradition, la famille de la mariée voyageait à part. Hélios s'était déjà rendu à l'endroit de la cérémonie, accompagné de Sanji Tsukino et de Zoko Roronoa, ses deux témoins. Les Sailors au grand complet, Nojiko et Nami suivirent les trois jeunes hommes peu de temps après.
Lady restait muette. Elle ne voulait pas parler car elle ne savait pas se qui se passerait si elle ouvrait la bouche. Elle avait tant rêvé de ce moment !
Dans mes rêves d'enfant, j'imaginais déjà mon mariage avec Hélios… Le 25 Décembre 2999… C'est le plus beau jour de ma vie. Je vais devenir sa femme ! Ça y est, le convoi s'est arrêté. On est devant le temple qui a marié mes parents. Hélios, mon Prince, es-tu déjà en place ? Quelle sera ta réaction quand tu me verras en robe de mariée ? Mais aurais-je seulement la force de te rejoindre devant l'autel ? Mes jambes me paraissent si lourdes… Maman me sourit, compatissante. Elle est passée par là aussi je suppose. Nami et Nojiko viennent me voir, elles aussi ont l'air heureux. Il n'y a donc que moi pour prendre ce moment au sérieux ?! Ah non. Papa aussi semble tendu ... Mais qu'attendons-nous au juste ? Pourquoi est-ce si long ?
"Lady, appela doucement le Roi Endimion. C'est l'heure. Viens, prends mon bras.
_ Oui Papa.
_ Chouette ! C'est à nous d'entrer en scène ! Et ne t'inquiètes pas Lady. Tout ce passera bien. Nojiko et moi, on va être les plus grandes demoiselles d'honneur qui aient jamais existé !
_ Je vous fais confiance mes cousines, répondit la princesse, se détendant beaucoup au contact des deux jeunes filles.
La marche nuptiale retentit. Ils entrèrent. Lady avait l'impression que tout se passait au ralenti. Elle voyait toutes les Sailors se retourner sur son passage et lui sourire. Olivia adressa un clin d'œil à Nami et Nojiko, et serra brièvement la main de Lady quand celle-ci arriva à sa hauteur. Malgré ses larmes, la princesse arriva à distinguer Sanji Tsukino et Zoko Roronoa qui portaient le même costume et semblaient ravis, bien que Zoko soit un peu crispé. Sanji, surpris de la voir ainsi, la contemplait comme si elle était la plus jolie femme au monde. Cela la fit rougir. Enfin, elle vit Hélios. Il était d'une pâleur extrême, mais aux yeux de Lady, cela accentuait encore sa beauté. Dans ses yeux, elle pouvait voir tout l'amour et l'admiration qu'il lui portait. Il avait les yeux brillants. C'est à peine si elle entendait ce qui était dit. Il n'y avait que lui. Son prince. Et ce serait ainsi pour tout le reste de ma vie, se promit-elle.
_ …Tenez-vous la main à présent. Ces liens de satin enroulés autour de vos deux poignets, relient vos âmes… vos cœurs… et votre destinée. A partir de cet instant, vous ne faites plus qu'un. Que votre entourage et l'Univers tout entier en soient témoins. Vous pouvez vous embrasser.
Cette conclusion fut accueillie par tant d'applaudissements que les murs du temple en tremblèrent. A l'extérieur, des badauds y répondaient avec la même ferveur. Sanji, allant à l'encontre de tout protocole, sauta littéralement sur le dos d'Hélios, bientôt imité par Zoko, qui contrairement à son habitude, oublia pour un instant toute hiérarchie. Tant et si bien que le baiser traditionnel des mariés ne put être échangé. Olivia se leva, quitta l'assistance et se joignit à Nami et Nojiko pour serrer Lady dans ses bras. De nombreux rires fusèrent de l'assistance, mais la Néo-Reine Sérénité et le Roi Endimion, malgré la satisfaction qu'ils éprouvaient, ne pouvaient se réjouir pleinement. Leur fille étant mariée, ils savaient que le Destin ferait son œuvre dans peu de temps et que c'était dernière fois, tout comme leurs amies Sailors, qu'ils pouvaient voir les cristal tokyoïtes.
La cérémonie terminée, les nouveaux mariés se dirigèrent vers la sortie du temple. Leur émotion était si grande qu'ils avaient l'impression de flotter. La rumeur des conversations et les acclamations des invités ne parvenaient ni aux oreilles de la Princesse Lady Sérénité ni à celles de son époux. Ils étaient coupés du monde. Aucune sensation, aucun élément venu de l'extérieur ne semblaient les atteindre. La seule chose qui les rattachait à la réalité, c'était le triple ruban de satin rouge qui était toujours enroulé autour de leurs mains entrelacées.
Une fois à l'extérieur, ils furent éblouis par le petit soleil qui illuminait les rues bondées de Cristal Tokyo en ce 25 décembre. La clameur populaire était assourdissante. Une masse impressionnante de personnes – plus imposante que lors de tous les autres rassemblements auxquels la jeune fille avait assistés – applaudissait et lançait des pétales de roses blanches et roses sur l'heureux couple. Néanmoins, ils purent regagner leur moyen de locomotion sans encombre, le peuple s'écartant respectueusement pour les laisser passer au fur et à mesure qu'ils avançaient. Quant à la Néo-Reine Sérénité, au Roi Endimion, aux Sailors et à tous les autres invités, ils eurent un peu plus de mal à se frayer un chemin parmi la foule.
Ce n'est qu'une fois installés sur la banquette que les deux jeunes gens reprirent complètement leurs esprits. Puis la lente procession qui devait les reconduire jusqu'au Palais de Cristal pour qu'ils soient intronisés commença. Leur moment de béatitude était passé, et ils n'ignoraient pas qu'ils vivaient là leurs derniers instants d'insouciance ; ce sentiment était plus encore fort dans le cœur d'Hélios, qui savait que le Roi Endimion, la Néo-Reine Sérénité et les Sailors allaient quitter cette planète d'ici quelques heures. Toutefois, l'ancien Gardien d'Élusion était si heureux d'avoir pris Lady pour femme que même cette sombre réalité ne put diminuer l'exultation qu'il ressentait.
_ Hélios ? Ce n'est pas un rêve n'est-ce pas ? demanda-t-elle d'une voix tremblante en effaçant les sillons que des larmes de bonheur avait laissé sur ses joues.
_ Non ma Précieuse, tout ceci est bien réel.
_ Oh, je t'en prie, jures moi que tu ne partiras plus jamais, maintenant que je t'appartiens de tout mon cœur et de toute mon âme… Et qu'il en sera ainsi jusqu'à la fin des temps…
_ Je ne partirai pas, répondit le jeune homme d'une voix enrouée par l'émotion, c'est impossible. Dès l'instant où tes yeux si expressifs se sont posés sur moi, j'ai su en mon cœur que jamais je ne pourrais te faire souffrir ou m'éloigner tout à fait de toi. Et à présent, tes yeux envoutants sont encore embellis par la tendresse qui se lit dans ton regard… Comment pourrait-il alors en être autrement ? J'ai reçu ton serment de vivre toujours pour moi. Ah ! Reçois le mien de consacrer ma vie entière à ton bonheur ; reçois-le, et sois sûre que je ne le trahirai jamais…
Puisqu'aucun mot au monde n'était suffisant pour traduire exactement le sentiment extatique et la gratitude de la jeune fille, elle opta pour la seule réponse qui lui paraissait acceptable. Elle se jeta au cou de son mari et l'embrassa à pleine bouche. Il comprit parfaitement le message et s'empressa d'y répondre. Cet interlude leur permit de puiser dans le cœur de l'autre la force nécessaire pour affronter la prêtresse Kohaku pendant la cérémonie de couronnement et accomplir leur Destin.
La fête battait son plein. La Princesse Lady Sérénité et Hélios étaient devenus les nouveaux souverains de l'empire de la Lune. Les invités discutaient joyeusement et le repas était proprement succulent. Tous les ambassadeurs officiels étant repartis, et il ne restait que la jeune génération. Chacun dansait et chantait de temps en temps, dans une ambiance chaleureuse.
Zoko Roronoa faisait un concours de beuverie avec les domestiques du Palais de Cristal. Il en était à sa troisième bouteille de rhum et deux de ses concurrents avaient déjà déclaré forfait, ce qui confondait Hélios. Véra, alias Sailor Vesta, la quatrième guerrière affiliée à la protection de Lady – qui, ainsi que ses trois sœurs, était revenue à la vie quelques heures auparavant grâce à Sailor Galaxia – racontait quelques histoires drôles à Nami et Nojiko. Carla, plus connue sous le nom de Sailor Pallas, faisait ostensiblement du charme à Sanji Tsukino et aux serveurs qui passaient devant elle. Julia, ou Sailor Junon, légèrement éméchée, discourait sur la parité homme-femme avec Olivia qui riait de voir la jeune femme si véhémente.
Sofia, autrement dit Sailor Cérès, avait remarqué que la Néo-Reine Sérénité, le Roi Endimion et les Inners, Sailor Vénus, Mercure, Mars et Jupiter, manquaient à l'appel. Elle se demandait où ils pouvaient bien être… Les Outhers, Sailor Uranus, Neptune et Pluton s'avancèrent discrètement de leur protégée en lui demandant de les suivre dans un endroit plus tranquille. Olivia s'excusa en se levant et promit à Julia de reprendre le cours de leur conversation un peu plus tard. La jeune mariée, intriguée par l'air grave et presque peiné que les trois femmes affichaient, demanda s'il y avait un problème. Sofia n'entendit pas leur réponse car elle fut submergée par des acclamations admiratives de l'assistance célébrant le bretteur, qui, sans paraitre ivre le moins du monde, déboucha sa quatrième bouteille de rhum tandis qu'un autre de ses adversaires sortait de la salle en courant, sous les éclats de rires de Kuina, la demi-sœur de Zoko, et documentaliste du palais.
Olivia Tomoe suivait ses trois parents jusqu'à leurs appartements. Elle sentait que quelque chose n'allait pas, que la conversation qui allait avoir lieu était d'une importance capitale, et qu'elle n'augurait sûrement rien de bon. Frédérique engagea brusquement la conversation :
"Olivia, ça a assez duré. Il faut qu'on te parle.
_ Allons Frédérique, tempéra Séverine de sa voix grave et profonde. Est-ce une façon de commencer une discussion ?
_ Ça fait des mois et des mois que nous aurions dû parler de cela avec elle ! s'emporta Sailor Uranus. Maintenant, il n'est plus temps d'attendre ! Il ne nous reste qu'une bonne heure, peut-être même moins ! Nous aurions dû la préparer, comme Sérénité et Endimion ont fait avec Lady ! De quoi avons nous l'air à présent, hein ?! Quel genre de parents…
_ Haruka-papa, coupa Olivia en sentant une sueur froide couler le long de sa colonne vertébrale, qu'est-ce qu'il y a ?
_ Olivia-chérie, répondit tendrement Mylène en regardant sa fille avec douceur, je suis sincèrement désolée. Nous n'avons pas eu le courage de t'en parler plus tôt… Nous ne voulions pas te faire de la peine, toi qui étais si heureuse pour Lady… Et tu t'es fait de nouveaux amis avec Sanji, sa fiancée, le bretteur et son autre demoiselle d'honneur… Nous ne voulions pas entacher ton nouveau bonheur… Nous t'aimons tant Frédérique, Séverine et moi… J'espère que tu le sais.
_ Bien-sûr que je le sais Michiru-mama, assura la jeune fille, émue et un peu inquiète de cette déclaration. Autant que je vous aime…
Les yeux de Sailor Uranus et Neptune s'emplirent de larmes et, ne pouvant continuer, elles se tournèrent vers Sailor Pluton en quête d'une aide quelconque. L'ancienne guerrière aux cheveux vert foncé s'agenouilla devant Olivia et prit ses mains frêles dans l'étau de ses mains brunes. Troublée par cette réaction, Sailor Saturne sentit ses yeux la piquer à son tour. Frédérique avait dit qu'elles n'avaient plus le temps… Une heure tout au plus… Comme la Néo-Reine Sérénité et le Roi Endimion… La vérité commença à se faire jour dans son esprit, mais elle refusait encore d'y croire.
_ Olivia ? Tu sais que j'ai appelé Sailor Sedna afin qu'elle me remplace n'est-ce pas ? Nous avons parlé à Sailor Galaxia. Et… Bientôt, très bientôt hélas, nous devrons te quitter…
_ Mais Pûu-mama, non ! Pas vous, ce… Ce n'est pas vrai ! Vous n'avez pas à… à mourir aussi ! Nous sommes à l'extérieur du… du système solaire ! C'est… C'est absurde !
Elle pleurait tout à fait à présent. Et en voyant le visage de ses parents ravagé par la douleur, elle comprit que c'était inéluctable. Elle se jeta aux pieds de Frédérique, la suppliant de dire ou faire quelque chose. Elles ne pouvaient pas la laisser seule ! Leur mort à ses yeux était inutile, et surtout douloureuse, atrocement douloureuse. Rien que d'y penser, Olivia souffrait physiquement.
_ Olivia, mon trésor… Nous sommes fatiguées… Nous veillons sur cette Terre depuis plus d'un millénaire… Et nous n'aurons pas notre place sous le règne de Lady et d'Hélios. Nos souverains sont et resteront la Princesse Sérénité et le Prince Endimion… Nous sommes les compagnes de Sailor Vénus, Mercure, Mars et Jupiter. Nous allons nous fondre de nouveau dans la soupe primordiale, parce que c'est ainsi que l'histoire a été écrite… C'est notre destin.
_ Non Haruka-papa… Non… Alors laissez-moi partir avec vous, implora la jeune fille en sanglotant. Ce que tu dis est aussi vrai pour moi non ? Je vous en supplie… Pourquoi se séparer ? Que vaudra ma vie si vous ne serez pas là pour la partager ? Si vous devez mourir, alors laissez-moi mourir aussi !
_ Non ! s'écrièrent en chœur Séverine, Frédérique et Mylène.
_ C'est hors de question ! s'insurgea Sailor Uranus avec une touche d'hystérie colorant sa voix. Je t'interdis même d'y songer ! Tu es ma fille, la prunelle de mes yeux… Tu dois vivre ! Tu es si jeune encore… Olivia, je comprends ta réaction, mais… Tu es ce que nous avons fait de mieux… Tu es ce qui a donné un sens à notre existence… Tu ne peux pas mourir avec nous, ça serait une aberration…
_ Je m'en fiche ! Je refuse d'être seule !
_ Tu ne seras pas seule… Tu seras avec Lady, Hélios, les Astéroids Sailors et tes nouveaux amis, expliqua Sailor Neptune en aidant la jeune fille à se relever. Contrairement à nous, tu as ta place dans le monde qu'ils vont construire. Et ne crains rien, nous avons tellement d'amour pour toi, que jusqu'à ton dernier souffle, nous serons avec toi. Tu es une partie de nous, la fusion de nos cœurs, et ce pour toute l'éternité…
_ De plus, même si nous le voulions, ce serait impossible, ajouta Sailor Pluton en lui caressant les cheveux. Souviens-toi, tu es la Guerrière du Silence et de la Destruction, mais aussi de la Renaissance. Tu ne peux pas mourir de par ta volonté ou même celle de Galaxia… Le Destin seul doit décider de ton heure, et ce n'est pas aujourd'hui… Il en est ainsi. Ça ne servirait à rien de le nier.
Les paroles de ses parents finirent par convaincre Olivia. Résignée, elle les enlaça tour à tour, les couvrit de baisers mouillés par les larmes et renouvela ses serments d'amour. Quand leur courte agonie commença, elle les aida à s'allonger. Malgré leurs protestations, elle refusa de quitter leur chevet. Ses deux mamans et son papa avaient besoin d'elle, se répétait-elle comme une enfant. Elle resterait auprès d'eux jusqu'à la toute fin. C'était sa place. Il lui semblait que maintenant qu'elle devait les quitter, son affection pour eux avait atteint son apogée. Séverine partit la première, en lui souhaitant d'être heureuse et de lui pardonner pour ne pas lui avoir dit plus tôt qu'elle devait mourir. Frédérique et Mylène la suivirent peu temps après, enlacées l'une contre l'autre, après lui avoir souhaité tout le bonheur du monde.
Étrangement, après leur décès, même si des larmes coulaient abondamment sur ses joues, Olivia ne ressentit quasiment aucune tristesse : la jeune fille savait que nonobstant leur séparation, Michiru-mama, Haruka-papa et Pûu-mama l'aimaient plus que tout. Et c'est cette certitude qui lui permit de regagner les lieux de la fête. Sailor Junon l'avait attendue, et lui adressa un sourire désolé quand elle comprit ce qui s'était passé. Sanji Tsukino qui apportait le cinquième dessert, posa bruyamment son plateau pour aller la serrer dans ses bras et lui assurer son soutien. Ces réactions lui firent si chaud au cœur qu'elle ne vit pas Lady Sérénité et Hélios se lever si brutalement qu'ils manquèrent de peu de renverser la table, avant de se précipiter vers la sortie aussi vite que possible. Tout ceci passa inaperçu auprès des invités qui n'étaient pas dans la confidence ; ils continuaient de danser, chanter et discuter comme si de rien était.
Quand Olivia était revenue, le visage ruisselant de larmes, Hélios avait compris instantanément de quoi il en retournait. Zoko lui avait offert une diversion de choix, et il avait fait semblant d'ignorer l'absence du Roi Endimion et de la Néo-Reine Sérénité. En réalité, malgré ce qu'Endimion lui avait dit le matin, il avait naïvement espéré qu'ils finiraient par réapparaitre. Lady quant à elle avait simplement paniqué. Ils couraient tous les deux dans l'escalier Ouest, en espérant, en ce qui concernait Lady, que sa frayeur soit irrationnelle, et pour Hélios, qu'il ne soit pas déjà trop tard. Ils se ruèrent dans les appartements royaux et ne les trouvant nulle part ailleurs, pénétrèrent dans leur chambre. La Néo-Reine Sérénité et le Roi Endimion étaient sur leur lit, pâles comme la mort et tremblants de tout leurs corps.
Lady Sérénité éclata en sanglots bruyants et courut jusqu'à leur lit. Elle paraissait avoir complètement perdu la raison. Hélios, quant à lui restait pétrifié, les yeux fermés, refusant de pleurer. Il devait se montrer fort pour sa femme. Il l'avait promis au Roi Endimion…
_ Papa ! Maman ! Ouvrez les yeux, ditesquelque chose ! N'importe quoi ! Ne me quittez pas ! Je ne veux pas vous perdre maintenant, vous entendez ? Je vous aime ! Je vous aime tant ! Ne partez pas !
Hélios ouvrit ses paupières qu'il avait baissé pour empêcher ses larmes de couler, fit un pas vers sa femme et supplia les Souverains de toute l'intensité de son regard.
_ Ma chérie, appela Sérénité avec une voix qui semblait venir de très loin. Je… Je t'aime plus que tout au monde. Tu sais, le médaillon… que je t'ai montré… le jour de… notre anniversaire ? Fais-moi une dernière faveur… Mets le autour de ton cou et ne… le quittes jamais. J'ai froid. Adieu. Soyez heureux.
La Reine ferma les yeux pour ne plus jamais les rouvrir. Son corps inerte se transforma en poussière d'étoiles blanches. Hélios et Lady avaient vraiment trop attendu…
_ Lady… Je regrette de… ne connaître personne… d'autre que nous… pour t'enseigner… comment ta mère… et moi avons gouverné… sur le monde et Cristal Tokyo… Une nouvelle ère s'annonce avec… notre mort… Je t'en prie Lady, méfie-toi. On en veut… peut-être à… la Dynastie de la Lune… Il faut bien… vous entourer. N'accordez pas… votre confiance… trop facilement…
Le visage du Roi Endimion se déforma en un rictus de douleur.
_ Hélios, mon ami… où es-tu ?
_ Je suis ici Majesté, répondit le jeune homme en prenant une des mains d'Endimion et en la couvrant de ses propres larmes. Je suis à coté de vous.
_ Il ne me reste… que peu de temps… si peu de temps avant… de retrouver Sérénité… Mais s'il te plait… promets-moi de protéger Lady. Aime-la de… toutes tes forces. C'est par elle que…. viendra ton bonheur… Elle t'offrira ce qui… t'as toujours manqué, une famille. C'est le plus précieux… des cadeaux. Je ne… peux plus tenir davantage… Adieu, murmura le Roi avant que son cœur ne s'arrête à tout jamais.
Il se changea lui aussi en poussière d'étoiles. De couleur noire, cette fois.
La Reine Lady Sérénité et le Roi Hélios s'effondrèrent au pied des restes du couple qui avait protégé la Terre et liée avec la Lune plus que n'importe qui. En partant vers des cieux qui devaient s'avérer plus cléments, ils emportaient une partie de Lady. Sa jeunesse, son insouciance… Elle hurlait de douleur dans les bras d'un Hélios qui sanglotait et n'osait réaliser l'abominable perte.
Tous deux pleurèrent jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une seule larme en eux. Il vint alors par la suite une sorte de tranquillité. Les jeunes mariés avaient l'impression qu'il n'arriverait plus jamais rien…
